Difficile cohabitation entre itinérants et commerçants près de la Place Dupuis

https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/le-15-18/segments/reportage/210342/sans-abri-itinerance-montreal-village-gai

L’ambiance dans le Village gai a quelque peu changé depuis que l’Hôtel Place Dupuis a été choisi par la Ville de Montréal pour devenir un centre d’hébergement pour itinérants. Chaque soir, entre 50 et 100 personnes font la file plusieurs heures pour pouvoir entrer dans l’hôtel, et les altercations sont fréquentes. Des commerçants du secteur se plaignent d’une recrudescence de certains comportements nuisibles.

Des itinérants de différents secteurs de la ville ont convergé vers le Village gai depuis l’ouverture du centre d’hébergement. C’est la police qui m’a dit d’aller à la Place Dupuis, affirme Pierre, qui vivait auparavant dans l’ouest de l’île.

En raison des mesures sanitaires, l’entrée dans l’hôtel se fait au compte-gouttes, ce qui crée une importante file d’attente chaque soir. Il fait “frette”, tu deviens agressif, tu es impatient, témoigne Sandra. Et on se lève tôt. À 6 h 30-7 h, ils viennent cogner à ta porte pour que tu descendes.

Cette forte concentration de personnes marginalisée effraie certains passants, comme Alexandra, qui travaille dans une boutique de vêtement devant la Place Dupuis : Le soir, pour aller au métro, ça fait un peu peur. Il y en a qui boivent, il y en a qui dealent de la drogue, il y a des prostituées.

Il y aurait aussi plus d’actes répréhensibles qui sont commis dans les rues, selon le directeur général de la Société de développement commerciale (SDC) du Village gai de Montréal, Yannick Brouillette. Il y a une recrudescence des comportements problématiques dans le Village, soutient-il. On parle de violence, et de trafic et de consommation de stupéfiants sur la voie publique.

La semaine passée, on a appelé la police deux fois à cause d’un itinérant qui ne voulait pas se tasser, raconte la propriétaire de la boutique de vêtements Ozer, Raphaëlle Imbault. Il n’était pas méchant, mais il était vraiment perdu. La semaine passée, juste sur le coin, il y a quelqu’un qui a uriné.

Yannick Brouillette, de la SDC, demande à la Ville d’augmenter la présence policière dans le secteur de la Place Dupuis, mais aussi d’embaucher des travailleurs sociaux, des agents de liaison et des psychologues pour traiter avec la population itinérante.

L’administration municipale a déjà annoncé qu’elle allait mettre en place une brigade de cohabitation sociale avec un numéro de téléphone que les commerçants pourront composer en cas de problème.

Honnêtement, je crois que cette “cohabitation difficile” est en partie alimentée par les médias. On compte plus le nombre d’articles qui évoquent les problèmes d’itinérance dans le secteur, que je commence à me demander s’ils n’ont pas leur rôle à jouer dans le sentiment d’insécurité. J’habite dans le Village et même si je sors pas très souvent en ce moment, pandémie oblige, j’ai pas été témoin d’agressivité plus que d’habitude de la part de cette population depuis l’ouverture du refuge.

La partie qui dit “quelqu’un a uriné” ça me fait juste rire - comme si uriner dans un coin était le seul fait d’un itinérant. Cette proprio semble avoir la mémoire courte, les gars éméchés qui veulent se vider la vessie à la sortie des bars c’est monnaie courante :rofl:

Ceci dit, je salue l’initiative d’un numéro spécial pour les commerçant qui permet de ne pas avoir nécessairement recours à l’intervention policière.

1 Like

J’habite près du village aussi et je dois dire que depuis la fin de la rue piétonne (et même un peu avant) je ne prends plus mes marches sur Ste-Catherine. Je ne m’y sens pas du tout à l’aise.

Même sur René-Lévesque, rendu autour de la Maison du Père, ça devient peu invitant… en plus que là il fait noir hyper tôt…

Ca me rappelle la chronique de Patrick Lagacé parue y’a 2 mois:

Je salue par contre la présence accrue de travailleurs sociaux et intervenants pour les aider.

Edit:
Je ne veux pas insinuer que itinérance = psychiatrie. Par contre, avec la pandémie, c’est prouvé que les consommations de drogues dures, surtout chez cette population vulnérable, ont augmentées. Les risques de violence associés aussi, et surtout, l’imprévisibilité des individus intoxiqués. Et les environs St-Hubert/Ste-Catherine sont déjà connus pour être un coin habituel pour cette population.

1 Like

Un plan de cohabitation accueilli avec scepticisme par les citoyens

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

L’arrondissement de Ville-Marie a présenté jeudi les mesures qui seront mises en place pour assurer une meilleure cohabitation entre les citoyens et les itinérants qui fréquentent les nouveaux refuges aménagés, notamment à l’Hôtel Place Dupuis.

Une brigade d’intervenants sociaux, une brigade de propreté, plus d’éclairage, plus de policiers, des agents de sécurité, un agent de liaison avec la ville…

Publié le 19 novembre 2020 à 20h43

ISABELLE DUCAS
LA PRESSE

L’arrondissement de Ville-Marie a présenté jeudi les mesures qui seront mises en place pour assurer une meilleure cohabitation entre les citoyens et les itinérants qui fréquentent les nouveaux refuges aménagés à l’Hôtel Place Dupuis (nuit) et au Grand quai du Vieux-Port (centre de jour).

Des agents d’accueil seront aussi ajoutés à l’entrée et à la sortie de l’Hôtel Place Dupuis, et un système de réservation par carte magnétique permettra d’éviter les trop longues files d’attente, ont expliqué les responsables municipaux.

Le plan a été dévoilé lors d’une séance d’information virtuelle suivie par une centaine de personnes, en début de soirée.

Mais ces mesures n’ont pas semblé convaincre les citoyens du secteur qui participaient à la rencontre.

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Des agents d’accueil seront ajoutés à l’entrée et à la sortie de l’Hôtel Place Dupuis, et un système de réservation par carte magnétique permettra d’éviter les trop longues files d’attente.

Plusieurs d’entre eux ont affirmé vivre dans l’insécurité en sortant de chez eux en raison de la concentration d’itinérants et de vendeurs de drogue, autour de la Place Dupuis et dans le Vieux-Montréal.

Certains ont été pris à partie par des sans-abris ayant des problèmes de santé mentale.

Depuis que l’Hôtel Place Dupuis a été transformé en refuge, « le quartier s’est transformé instantanément », affirme Christian Marcotte, père de deux enfants, qui habite à 500 mètres de là.

« Je ne peux plus envoyer mes deux enfants à l’école tous seuls. Les gens se piquent sur le trottoir. Est-ce qu’on attend qu’il se passe quelque chose avec un enfant ? Est-ce que vous me dites que ma place, comme famille, n’est pas au centre-ville ? », a-t-il demandé, affirmant lancer « un cri du cœur » aux responsables municipaux.

« On entend votre cri du cœur, et on va déployer les ressources nécessaires pour que vous soyez en sécurité », a répondu le directeur de l’arrondissement, Marc Labelle, ajoutant notamment que les seringues seraient ramassées pour la sécurité des enfants.

Voyons donc c’est complètement ridicule… Honnêtement je vais au IGA de la Place Dupuis tous les jours et il n’y a pas vraiment de différence, encore moins de l’aggressivité.

Oui c’est dérangeant, oui c’est pas beau, oui c’est sale. Ce n’est pas dangereux, ils ne sont pas méchants et ne veulent que se réchauffer dans un refuge.

La ville a fait la bonne chose en ajoutant des intervenants. Je me demande ce que les gens veulent de plus, à part faire disparaitre ce segment de la population et pelleter ce problème dans un autre quartier.

2 Likes

De la à dire qu’il n’y a pas d’agressivité non. Je ne suis pas d’accord. Est-ce que le coin brasse? Oui, Est-ce que c’est nouveau? Non, absolument pas. Est-ce qu’il y a plus d’évènements qui demande des interventions? Je pense que oui.

Je travail dans le coin depuis plusieurs années et ça toujours été difficile. C’est un coin où il y a une concentration de service pour les personnes dans le besoin et surtout en itinérance. Avec l’ouverture de l’hôtel comme refuge, il va de soi qu’il y a une augmentation de la population itinérante dans la zone. Dire qu’il n’y pas plus de problème suite a ça, est de l’aveuglement volontaire.

Vers 4h hier matin j’ai du faire une demande d’intervention par les policiers pour une femme qui est venu frappé sa tête sur la porte de mon bus a au moins 4 reprises avec une violence rarement vu. Ce n’est pas la première fois que je vois cette femme qui se fait montré la porte du refuge pour agressivité. Et elle est souvent intoxiqué.
Le parc Émilie gamelin c’est transformé en toilette a ciel ouvert. Je suis d’accord avec les commerçants et les résidents.

Il y a comme un paradox avec tout ces services. Les gens qui vivent dans la rue ont souvent des problèmes de consommation, ou encore des problèmes de santé mentale ou même un combinaison des deux. Je ne crois pas qu’ont aide vraiment les gens en leur interdisant l’accès parce qu’il sont agressif ou encore intoxiqué. Je crois justement qu’ont devrait les prendre en charge plutôt que remettre le problème à la rue. Je comprend l’enjeu de sécurité, ou encore le budget pour avoir des intervenants. Mais je crois qu’ont balais le problème sous le tapis depuis longtemps. Il serait vraiment temps de faire un choix de société et de réellement faire quelque choses.

4 Likes

Pour la question de l’intoxication dans les refuges, un wet shelter vient (ou va?) ouvrir à Montréal. C’est un concept qui a fait ses preuves dans d’autres grandes villes et qui j’espère sera un succès ici et fera des petits. Comme tu l’exprimes, il y a encore trop d’angles morts dans la prise en charge des personnes en situation d’itinérance, et il est grand temps qu’on fasse mieux.

Mon point c’est plus que beaucoup de gens du Village voudraient simplement que la Ville déplace le problème ailleurs et critiquent l’administration Plante parce qu’il y a eu l’ouverture du refuge. Je trouve ça hypocrite. Les problèmes dans le quartier datent de bien avant l’arrivée de Valérie Plante au pouvoir. Je considère aussi que la Ville a fait pas mal tout ce qu’il était possible de faire qui entre dans le champ de compétence municipal.

Le problème, il vient du provincial et du fédéral. Le vrai problème, c’est pas que les services soient concentrés dans un quartier ou un autre, mais plutôt que la toxicomanie est encore perçue de bien des façons comme un problème de sécurité publique plutôt qu’un enjeu de santé publique.

Le problème, c’est qu’on manque de travailleurs sociaux pour s’occuper de ces gens la parce que cette profession est bien trop sous-payée et sujette à des mauvaises conditions.

Dans un sens encore plus macro, le vrai problème, c’est toute la question de la santé mentale et de sa gestion par notre gouvernement provincial. S’il y a bien une chose que cette pandémie illustre bien, c’est ça. Malheureusement, un itinérant, ça n’a pas beaucoup de leviers pour faire bouger le gouvernement en santé mentale. Par contre, une mère débordée qui pète une dépression à cause de l’isolement et du télé-travail, j’ai beaucoup d’espoir que ça résonnera dans le Salon Bleu, considérant que c’est la clientèle cible du parti au pouvoir.

\endrant

2 Likes