L’idée que les gens qui adoptent le vélo comme mode de transport étaient seulement des utilisateurs du transport collectif ne correspond pas du tout à ce que j’observe dans mon milieu de travail. Sur un échantillon d’une vingtaine de personnes, je dirais que parmi les gens qui viennent assez régulièrement en vélo, 75% viennent en voiture quand ils ne prennent pas le vélo (à cause de la météo, chaine de déplacement, etc.) et 25% transport en commun. Mais ça doit dépendre de pleins de facteurs comme la distance du déplacement, la performance du transport collectif pour leur trajet, la disponibilité d’une voiture dans le ménage, etc.
Je suis intéressé par contre si quelqu’un est au courant d’études qui ont été faites sur le sujet à Montréal, pour qu’on se base sur autre chose que nos impressions.
Et par ailleurs, la même discussion se pose pour le transport collectif et sa place en ville. Est-ce qu’on veut accommoder le transport collectif ou l’encourager ? Est-ce qu’on donne une place minimale à des arrêts d’autobus de base et ça suffira pour les gens qui n’ont pas d’autres alternatives que le transport en commun. Est-ce que le transport collectif c’est pour les pauvres, les étudiants et les écolos ? Ou on veut encourager le transport collectif et créer un service performant qui opère un transfert modal? Auquel cas ça prend de l’espace de voirie pour accomplir ça, soit pour faire des voies réservées, idéalement 24h/24, ou des emprises de tramway ou de métro aérien. Et ça va inévitablement revenir à la discussion initiale que j’ai évoqué pour le vélo, à savoir si l’utilisation de nos rues revient prioritairement à la sacro-sainte voiture ou si on priorise parfois d’autres modes de transport.
Si vous dites qu’il faut encourager le transport collectif, parce que c’est vraiment ça qui fait une différence et pas le vélo, j’espère que vous serez de ceux à être outré si la mairie actuelle d’Ahuntsic-Cartierville remet le stationnement dans la voie réservée pour bus d’Henri-Bourassa.






