Conférences internationales à Montréal

Discussion sur les conférences internationales à Montréal


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Conférence des Nations unies sur la biodiversité | 64 millions pour convier le monde à Montréal


PHOTO archives AGENCE FRANCE-PRESSE
La ville de Kunming, en Chine, a accueilli la première partie de la COP15 l’automne dernier.

(Ottawa ) Le gouvernement Trudeau met 64 millions de dollars sur la table afin d’accueillir à Montréal en octobre la deuxième partie de la Conférence des Nations unies sur la biodiversité (COP15).

Publié à 5h00
Joël-Denis Bellavance
La Presse

L’espoir de voir le grand rendez-vous sur la biodiversité dans la métropole est donc près de se concrétiser. Cet évènement pourrait attirer entre 12 000 et 15 000 personnes venant de quelque 190 pays – une manne économique importante tandis que les restaurants, les hôtels et l’industrie touristique commencent à se relever de deux ans de pandémie.

Depuis quelques semaines, le gouvernement Trudeau multiplie les démarches en coulisses pour sauver la tenue de cette importante conférence, a appris La Presse de plusieurs sources.

Les travaux de la COP15 ont été lancés à Kunming, en Chine, en octobre 2021, en format hybride, et ils devaient se poursuivre du 25 avril au 8 mai derniers dans cette même ville. Mais ils ont dû être reportés à quatre reprises déjà à cause des mesures de confinement strictes imposées par Pékin pour maîtriser les cas de COVID-19.

En réponse à l’incertitude qui plane sur la conférence en Chine, les Nations unies ont commencé à évaluer d’autres options, rejetant l’idée qu’elle soit de nouveau repoussée.

En mettant de l’argent sonnant sur la table, Ottawa se trouve à répondre à la secrétaire exécutive de la Convention sur la diversité biologique (CDB), Elizabeth Maruma Mrema, qui disait récemment que Montréal pourrait être « l’option par défaut », si « le gouvernement est prêt à en assumer le coût ».

De passage à Montréal il y a une dizaine de jours, elle avait évoqué la possibilité que la métropole prenne le relais de Kunming si la situation sanitaire en Chine ne s’améliorait pas. Elle évaluait alors les chances que Montréal accueille l’évènement « à 8 sur 10 ». La métropole abrite déjà le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique des Nations unies.

Un défi pour le pays hôte

Le ministre de l’Environnement, Steven Guilbeault, et la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, mènent conjointement depuis quelques semaines les efforts du Canada visant à prendre le relais de la Chine dans l’organisation de la COP15 sur la biodiversité.

Le premier ministre Justin Trudeau a donné sa bénédiction à leur démarche, et un budget initial de quelque 64 millions de dollars a été approuvé la semaine dernière pour l’organisation de la conférence, selon nos informations. L’ONU exige que le pays hôte paie les frais liés à l’organisation de la rencontre.

« Le Canada s’engage à soutenir la réussite de la COP15 en 2022, y compris l’adoption d’un ambitieux Cadre mondial pour la biodiversité post-2020. Nous comprenons que le Bureau de la COP15 étudie toujours les options pour l’emplacement de la COP15 en 2022 », a indiqué une source au ministère de l’Environnement.

Le pays hôte d’une telle conférence internationale dispose normalement de deux ans pour l’organiser. Le Canada devra donc mettre résolument les bouchées doubles pour relever le défi d’organiser une telle conférence en quatre ou cinq mois seulement, a-t-on indiqué.

« On essaie de sauver la COP15. Ce n’est pas confirmé à 100 %, mais ça augure bien. Les Chinois ne peuvent pas l’organiser cette année. Il y a eu des tractations pour savoir qui pourrait la récupérer. C’est sûr que ce sera un énorme défi. Il faudra mobiliser tout le monde très rapidement », a indiqué une autre source gouvernementale bien au fait du dossier.

Cibles de conservation ambitieuses et mesurables

Un texte présenté en juillet 2021, qui sert de base aux discussions de la COP15, fixait notamment comme cibles, d’ici 2050, « qu’au moins 30 % des zones terrestres et des zones maritimes […] soient conservées grâce à des systèmes de zones protégées et d’autres mesures de conservation efficaces », ou de limiter les pollutions agricoles ou plastiques. Les pourparlers devaient aussi permettre d’établir un volet financier et des moyens pour suivre les engagements des États.

L’Union européenne a déjà fait savoir qu’elle comptait défendre un cadre « ambitieux, avec des objectifs mesurables et assortis d’échéances, avec des jalons et des cibles pour que tous les écosystèmes mondiaux soient restaurés, résilients et protégés de manière adéquate d’ici 2050 ». La protection « d’au moins 30 % des terres et des océans d’ici 2030 » est notamment évoquée, de même que des processus de contrôle et de financement.

Un rapport publié en 2019 par la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), qui relève de l’ONU, soulignait que plus d’un demi-million d’espèces terrestres ont un habitat insuffisant pour leur survie à long terme. Ces espèces risquent donc de disparaître, à moins que leurs habitats ne soient restaurés.

Plus inquiétant encore, le taux d’extinction des espèces s’accélère, ce qui provoque de graves conséquences sur les populations humaines et risque d’éroder les fondements mêmes de nos économies, la sécurité alimentaire et la santé, avait rappelé le président de l’IPBES, Robert Watson, lors de la publication du rapport.

Avec La Presse Canadienne

Protéger 30 % des terres et des océans

La biodiversité se détériore rapidement dans le monde entier et ce déclin va s’aggraver si rien n’est fait pour freiner son érosion. La Conférence des Nations unies sur la biodiversité (COP15) vise à rallier les gouvernements de 196 pays autour d’un plan commun pour protéger la biodiversité au cours des prochaines décennies. Le texte au cœur des négociations permettrait de protéger 30 % des terres et des océans d’ici à 2030 au niveau mondial, en hausse par rapport aux objectifs de 2020 (17 % de la surface terrestre et 7 % des zones marines et côtières). À l’heure actuelle, cet objectif est soutenu par plus de 90 pays.

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Montréal accueillera une conférence de l’ONU sur la biodiversité en décembre

Des membres des médias regardent un discours du président chinois Xi Jinping lors de la première partie de la COP15, à Kunming, en octobre 2021.

Photo : AFP

Radio-Canada

Publié à 5 h 17

La métropole québécoise sera l’hôte de la COP15, un sommet majeur de l’ONU sur la biodiversité, du 5 au 17 décembre prochain.

La première partie de la 15e Conférence des parties (COP

) de la Convention sur la diversité biologique des Nations unies avait eu lieu à Kunming, en Chine, à l’automne 2021. La rencontre s’était tenue selon une formule hybride, c’est-à-dire que des dirigeants y ont participé en ligne.

La deuxième partie de la conférence devait se tenir au même endroit, mais les règles sanitaires et les confinements à répétition dans plusieurs villes chinoises ont forcé les Nations unies à envisager un autre endroit que Kunming.

C’est à partir de ce moment que le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique des Nations unies, dont le siège se trouve à Montréal, a commencé à envisager de tenir la deuxième partie de la COP15 dans la métropole.

L’organisme onusien a confirmé dans une lettre qu’il tiendra cet important sommet à Montréal du 5 au 17 décembre. Même si ce sommet se tient au Canada, c’est la Chine qui présidera la COP15, indique-t-on. Le logo et la thématique sont maintenus.

Le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique des Nations unies travaillera de pair avec les gouvernements chinois et canadien pour assurer la logistique en prévision de cette conférence. Le gouvernement chinois s’est notamment engagé à financer le voyage des ministres issus des pays en voie de développement.

En conférence de presse dans la région de Québec lundi, le ministre fédéral de l’Environnement, Steven Guilbeault a parlé d’un événement prestigieux pour le Canada.

Une COP particulièrement importante

Trente ans après la signature de la Convention sur la diversité biologique au Sommet de la Terre de Rio, la prochaine COP est particulièrement importante, selon Elizabeth Maruma Mrema, la secrétaire administrative de la Convention sur la diversité biologique. C’est le cas, dit-elle, en raison des preuves scientifiques récentes selon lesquelles la perte de biodiversité se produit à un rythme sans précédent.

Lors d’un discours à Montréal au début du mois, Elizabeth Maruma Mrema a fait référence à un rapport particulièrement alarmant publié en 2019 par la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES

), qui relève de l’ONU.

Plus d’un demi-million d’espèces terrestres ont un habitat insuffisant pour leur survie à long terme et risquent de disparaître, dont plusieurs d’ici à peine quelques décennies, à moins que leurs habitats ne soient restaurés, selon ce rapport.

Le taux d’extinction des espèces s’accélère, ce qui a de graves conséquences sur les populations humaines et risque d’éroder les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le monde entier, avait rappelé le président de l’IPBES

, Robert Watson, lors de la publication du rapport.

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Protection de la biodiversité Le Canada doit donner l’exemple, estime Greenpeace

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Ottawa a adopté un décret d’urgence pour stopper des travaux de prolongement d’un boulevard à Longueuil, qui empiétait sur l’habitat essentiel d’une espèce menacée, la rainette faux-grillon.

Au moment où le déclin de nombreuses espèces d’oiseaux, d’amphibiens et de mammifères s’accélère au pays, Greenpeace Canada propose l’adoption d’une nouvelle loi plus contraignante pour protéger la biodiversité. L’organisation demande au Canada de donner l’exemple alors que Montréal accueillera en décembre prochain la Convention sur la biodiversité biologique.

Publié à 6h00

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Éric-Pierre Champagne

Éric-Pierre Champagne La Presse

Un dur constat

Actuellement au Canada, 1231 espèces sont protégées en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Un rapport préparé par Greenpeace Canada, dévoilé lundi, rappelle néanmoins que les populations d’espèces menacées au pays ont diminué de 59 % depuis 1970. En plus de 40 ans, les populations d’oiseaux des prairies ont diminué de 69 %, celles des oiseaux insectivores, de 51 % et celles des oiseaux de rivage, de 43 %. Quant aux mammifères (43 %), aux reptiles et amphibiens (34 %) et aux poissons (20 %), leurs populations ont aussi connu des reculs importants. Dans la majorité des cas, les activités humaines sont à l’origine de la destruction des habitats de nombreuses espèces.

Le cas des hirondelles

Au Québec, les populations de certaines espèces d’hirondelles ont diminué d’au moins 90 % depuis 40 ans. Un déclin qui illustre parfaitement une réalité qu’on pourrait comparer à un jeu de Jenga. La diminution des populations d’insectes serait l’une des principales causes de la disparition progressive des hirondelles. Les changements climatiques et l’utilisation massive de pesticides sont deux hypothèses avancées pour expliquer le recul des populations d’insectes. À l’image des pièces de bois du jeu Jenga, chacun de ces éléments vient affaiblir l’ensemble quand on retire un morceau. Jusqu’à l’effondrement complet d’une espèce, par exemple.

Des objectifs ratés, des lois défaillantes

Le rapport intitulé Protéger la nature, protéger la vie indique que plusieurs objectifs du Canada en matière de biodiversité n’ont pas été atteints au fil des ans. Par exemple, la cible de 17 % d’aires protégées terrestres en 2020 n’a pas été respectée à l’échelle canadienne. « Les lois canadiennes échouent systématiquement à protéger la biodiversité », conclut notamment Greenpeace. Les lois fédérales et la plupart des lois provinciales n’exigent même pas l’évaluation des impacts des projets d’exploitation minière, pétrolière et gazière, des barrages et d’autres ressources sur la biodiversité, à l’exception d’un nombre restreint de projets jugés majeurs. » Selon l’organisation, la LEP n’a pas permis de protéger adéquatement les espèces en péril au pays, et la Loi sur les espèces sauvages du Canada ainsi que la Loi sur la convention concernant les oiseaux migrateurs « sont désuètes et doivent être réformées ».

Une loi sur la nature et la biodiversité

« À la lumière de cette crise écologique sans précédent et de ce système législatif défaillant, nous croyons qu’une solution législative s’impose de toute urgence », conclut le rapport de Greenpeace. La loi suggérée s’inspirerait de la Loi sur la responsabilité en matière de carboneutralité, qui force notamment la reddition de comptes du gouvernement fédéral sur les questions touchant les changements climatiques. « Ce qu’on veut, c’est un mécanisme pour suivre les objectifs et rendre des comptes au public chaque année », explique Salomé Sané, chargée de la campagne nature et alimentation chez Greenpeace Canada. « On souhaite que le ministre de l’Environnement [Steven Guilbeault] s’engage à promulguer un texte de loi au niveau fédéral. »

« Le temps pour agir est limité »

« Ce rapport est vraiment d’actualité. Il est au diapason des discussions actuelles sur la biodiversité », signale Jérôme Dupras, professeur au département des sciences naturelles à l’Université du Québec en Outaouais. À l’image des feuilles de route pour le climat, il croit que la biodiversité est mûre pour ce genre de proposition. Selon Alain Branchaud, directeur général de la Société pour la nature et les parcs au Québec, « une loi similaire à la loi sur la carboneutralité faciliterait certes l’élaboration d’une stratégie pour l’atteinte des cibles de protection de la biodiversité et contribuerait à la mise en place d’une approche pangouvernementale tout en augmentant la transparence sur les actions fédérales ». Cependant, M. Branchaud juge qu’une telle loi ne pourrait se substituer aux lois existantes. « Il faudra éviter de perdre notre temps avec des mécanismes d’autoflagellation improductifs. Les gouvernements, les nations autochtones et les organisations du pays doivent avant tout travailler ensemble et avec détermination vers l’atteinte de résultats concrets. Le temps pour agir est limité. »

« Un rattrapage à faire »

« Les questions touchant la crise climatique ont une à deux décennies d’avance sur la biodiversité. Le climat prend beaucoup de place dans le débat public. Il y a un rattrapage à faire », rappelle Jérôme Dupras. L’expert en évaluation économique des services écosystémiques indique que les enjeux de diversité biologique sont souvent plus complexes que les questions climatiques. « La biodiversité, c’est mobile, invisible et silencieux », dit-il. Il n’en demeure pas moins, précise-t-il, que les deux enjeux sont intimement liés. « La biodiversité, c’est littéralement ce qu’on mange, ce qu’on boit et ce qu’on respire. Et la moitié des médicaments sur le marché viennent de la nature. »

En savoir plus

  • 25 %

Moins du quart des populations de rainette faux-grillon qui subsistent à ce jour au Québec « seraient capables de se maintenir à moyen terme si les conditions demeuraient telles quelles ».

Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

80 %
L’agriculture est responsable de 80 % de la déforestation dans le monde. Or, entre 75 % et 80 % de ces terres agricoles servent uniquement à produire des aliments pour le bétail.

Greenpeace