Centre-ville de Montréal Des détaillants démunis face à l’itinérance
Des gens qui crient dans le magasin, qui ont des demandes farfelues, qui frappent sur le comptoir ou d’autres qui couchent littéralement devant la porte d’entrée du commerce. Les problèmes d’itinérance et de santé mentale nuisent à l’expérience de magasinage et incitent même parfois les clients à se tourner vers des boutiques ou des centres commerciaux « plus tranquilles », constatent des détaillants.
La présence de sans-abri et les enjeux de santé mentale ne datent pas d’hier. Mais les détaillants interrogés, à Montréal et en région, affirment tous que le problème est plus persistant. Si bien que Détail Québec, comité sectoriel de main-d’œuvre du commerce de détail, a organisé récemment un webinaire pour outiller les propriétaires et employés de magasin à « intervenir avec discernement auprès de clientèles en situation de vulnérabilité ».
Pour remédier à la situation, la SDC et la Ville ont mis en place un projet pilote en formant une brigade de nettoyage avec une dizaine de sans-abri embauchés pour maintenir la propreté du centre-ville. Selon Mme Hébert, l’expérience est un grand succès. Mais reste que les détaillants doivent maintenant s’adapter à cette nouvelle réalité. Certains sans-abri comptent même parmi ses clients réguliers. « J’en ai un qui vient une fois par mois acheter son pot de caramel. On lui fournit une cuillère. Ça fait partie de son petit bonheur. »