La CAQ nous a prouvé qu’elle n’est pas le gouvernement approprié pour innover et réaménager une autoroute qui doit être repensée sur tout son parcours. D’ailleurs au lieu de se concentrer sur la problématique de la métropolitaine, elle perd son temps avec son projet chimérique de troisième lien à Québec. De l’argent qu’il faut plutôt dans les infrastructures existantes croulantes de la métropole.
À quoi s’attendre pour la structure surélevée ?
À la Ville de Montréal, on s’attend déjà à ce que la structure aérienne soit simplement « refaite à l’identique », sans améliorations notables. « On a communiqué avec eux notre volonté de ne pas refaire la 40 à l’identique, mais malheureusement, les échos qu’on a, c’est qu’ils souhaitent bel et bien faire ça », a reconnu Sophie Mauzerolle au conseil municipal.
Cette possibilité choque Francis Lapierre, qui rappelle que quatre des cinq intersections les plus dangereuses de Montréal se situent aux abords de l’autoroute Métropolitaine, à savoir le croisement avec les axes Saint-Michel, Marien, Langelier et Lacordaire.
Ensemble, ces intersections totalisent 736 collisions de 2018 à 2022, selon la Ville.
Les structures aériennes de l’autoroute font débat depuis plusieurs années. Certains réclament leur enfouissement, ce qui dégagerait de l’espace au-dessus. L’idée d’un tunnel se heurte toutefois au tracé du métro, qui occupe déjà une partie du sous-sol.
D’autres, comme M. Lapierre, plaident pour un boulevard urbain au sol, avec le passage d’un tramway et de pistes cyclables, notamment. « Mon point de vue est minoritaire actuellement, j’en suis conscient, mais je pense que la souffrance des gens liée à cette infrastructure-là, elle devrait compter. Il y a moyen de régler le problème pour de bon, quitte à payer un peu plus cher. »
Sophie Mauzerolle affirme que la Ville a déjà réclamé « certaines modifications » au Ministère pour rendre les intersections plus sécuritaires pour les piétons et les cyclistes, notamment. Des projets de réaménagement de rues en cours vont aussi « inévitablement venir améliorer l’expérience », estime l’élue.
Ce qu’on fait avec la Métropolitaine, c’est ce qu’on appelle “la fuite vers l’avant”. On met de l’argent pour essayer de prolonger sa vie utile, en espérant que le diachylon va tenir jusqu’au bout.
Pierre Barrieau, de l’Université de Montréal
Selon M. Barrieau, le démantèlement d’une telle structure impliquerait des sommes « colossales », mais surtout de « figer un tronçon fondamental dans le réseau autoroutier canadien ».
L’expert appelle à ne pas reproduire les mêmes erreurs qu’avec le tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, dont le budget « augmente encore […] pour une structure qui va durer 25 ans ». « C’est la même chose [pour l’autoroute Métropolitaine] : on parle d’une réfection avec des impacts phénoménaux sur la mobilité pour 25 ans, alors qu’une structure moderne durerait de 125 à 150 ans. »
À ses yeux, un projet bien monté et bien ficelé, payé en partie par le fédéral, « pourrait soudainement devenir un vaste chantier de transport dans le nord de Montréal et ouvrir la porte à plein de discussions ».
1. Lisez l’article « Métropolitaine : Un chantier qui tient réveillé »