Autopartage & covoiturage

Communauto Près de 300 véhicules de plus cet été à Montréal

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Selon l’entreprise, les déplacements « systématiques », surtout ceux entre la maison et le travail, sont aujourd’hui beaucoup moins importants dans son achalandage, pandémie et télétravail oblige.

Malgré la pandémie, la croissance ne semble pas vouloir s’arrêter chez Communauto. L’entreprise québécoise d’autopartage, déjà bien installée dans la métropole, annoncera ce jeudi l’ajout de près de 300 véhicules à son parc montréalais, dont une cinquantaine seront entièrement électriques.

Publié le 8 avril 2021 à 6h00

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Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« On va être en mesure de dépasser les 1000 voitures FLEX en libre-service dès cet été. On devrait aussi atteindre presque 1300 voitures en station, seulement pour Montréal », confirme à ce sujet le vice-président de l’organisation, Marco Viviani, en entrevue avec La Presse.

Dans le détail, ce sont 260 véhicules qui seront ajoutés sur l’île de Montréal, dont 180 seront consacrés au mode FLEX, sans réservation. De ce nombre, 50 voitures seront « 100 % électriques », avec une autonomie de plus de 400 kilomètres. « Avec cette addition, c’est plus d’une centaine de véhicules 100 % électriques qui seront à la disposition des usagers. Au total, 50 % de notre parc est composé de véhicules 100 % électriques ou hybrides. Nous en aurions beaucoup plus si ce n’était de la difficulté pour les manufacturiers de nous les fournir », a quant à lui soulevé le président de l’entreprise, Benoit Robert.

Si de fortes baisses d’achalandage ont été observées en avril dernier (-60 %) ou en novembre et en décembre, vu les mesures restrictives, Communauto demeure positive que l’été 2021 sera fort achalandé. « L’an dernier, en juin, juillet et août, on a eu 40 % d’achalandage en plus. Certaines semaines, on atteignait même 50 % de plus, et notre nombre de voitures n’était pas suffisant », soutient Marco Viviani, faisant référence à la « pénurie » de véhicules qui avait été observée dans certains quartiers.

[Nous avons fait de notre mieux] pour tendre vers le meilleur équilibre possible entre la prudence qui doit orienter nos décisions et le besoin de disposer d’une offre suffisante.

Benoit Robert, président de Communauto

Le territoire de desserte FLEX sera agrandi et englobera dorénavant les arrondissements de LaSalle et de Montréal-Nord, tandis que Cartierville et Saint-Laurent auront maintenant accès aux véhicules en station. On prévoit aussi bientôt « l’ouverture d’un point de service FLEX » sur la Rive-Sud de Montréal. Ainsi, les voitures de Communauto seront disponibles en station dans 17 arrondissements ; seuls Pierrefonds-Roxboro et L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève n’y auront pas encore accès. Le service FLEX, lui, sera disponible dans seulement 12 des 19 arrondissements de Montréal.

Nouvelles réalités

Selon l’entreprise, les déplacements « systématiques », surtout ceux entre la maison et le travail, sont aujourd’hui beaucoup moins importants dans son achalandage, pandémie et télétravail oblige.

Les gens sont davantage à la maison, ils font plus d’activités à proximité et ont moins besoin de se déplacer ou d’avoir une voiture personnelle. L’autopartage s’ajuste bien à ça. Pendant la pandémie, on s’est vraiment rendu compte que c’était une offre de déplacement essentielle.

Marco Viviani, vice-président de Communauto

D’ailleurs, plusieurs autres villes canadiennes verront des ajouts de service d’ici l’été. On prévoit notamment un ajout de 20 véhicules à Québec. À l’extérieur de la province, Toronto obtiendra 120 voitures de plus, pendant qu’Halifax en aura aussi une vingtaine. Quant aux villes d’Ottawa et de Calgary, elles recevront une dizaine de voitures supplémentaires. Outre-mer, Communauto ajoutera 20 véhicules à Paris, en France, où son marché demeure pour l’instant beaucoup plus marginal qu’au Canada. En tout, on estime que 4000 véhicules seront en circulation d’ici la saison estivale dans une quinzaine de municipalités.

D’ailleurs, l’entreprise n’exclut pas une autre phase de croissance à l’automne prochain, mais tout dépendra de la situation de la COVID-19 et de l’évolution de la troisième vague, dont l’impact demeure « difficile à prévoir » sur un horizon de quelques mois.

« Cet été, si les gens répondent comme l’an dernier, on risque d’être encore un peu serrés, donc c’est certain que si tout repart à l’automne, à mesure qu’on est vaccinés, peut-être qu’on devra encore ajouter des véhicules », conclut M. Viviani. À Montréal, on prévoit que « les trois quarts des nouveaux véhicules » seront mis en service d’ici la fin du mois de juin.
https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2021-04-08/communauto/pres-de-300-vehicules-de-plus-cet-ete-a-montreal.php

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Ce seront des Kia Niro. :sunglasses: :electric_plug:

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Plateforme de mobilité pour entreprises

Netlift fait peau neuve


PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE | « On écoute le marché, on s’ajuste, on repositionne la compagnie », explique Marc-Antoine Ducas, cofondateur et PDG de Netlift, qui annonce ce mercredi qu’elle se consacrera uniquement au transport pour entreprises et organisations clientes.

Le covoiturage domicile-travail qui avait fait le succès de Netlift depuis 2014 n’est plus. Aux prises avec une baisse de 95 % de son chiffre d’affaires en 2020, l’entreprise montréalaise annonce ce mercredi sa transformation en « plateforme de mobilité corporative », utilisant sa technologie pour concocter des réseaux de transport sur mesure pour ses entreprises clientes.

Publié le 3 novembre 2021 à 6h00 | KARIM BENESSAIEH | LA PRESSE

L’annonce vient en fait boucler une année de transformation au cours de laquelle on a expérimenté avec profit ce modèle. « En 2021, nous avons eu une hausse de 466 % du chiffre d’affaires, on a largement dépassé ce qu’on faisait en 2019, se réjouit Marc-Antoine Ducas, cofondateur et PDG de Netlift. On écoute le marché, on s’ajuste, on repositionne la compagnie. »

Cauchemar logistique

Le télétravail et les confinements qui ont marqué l’année 2020 ont pratiquement tué le modèle classique de covoiturage, où un travailleur proposait avec sa voiture un transport contre rétribution, généralement entre la banlieue et Montréal.

« Au plus fort de la pandémie, même les employés du système de santé, parmi les rares qui devaient se rendre sur les lieux de travail, se voyaient déconseiller le covoiturage par la Santé publique », rappelle M. Ducas.

La campagne de vaccination, qui a officiellement commencé au Québec le 14 décembre 2020, a alors ouvert un nouveau marché pour Netlift. La logistique du transport des patients, des vaccins et des employés était un casse-tête pour lequel le réseau de la santé n’était pas préparé. « Des hôpitaux nous ont dit qu’ils étaient dépassés, raconte le PDG. Ils ont utilisé notre plateforme, qui n’avait pas été créée dans ce but. Ils ont essayé de prendre un tournevis pour planter des clous, et ça a marché. »

Il donne en exemple un des clients de la première heure, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Nord-de-l’Île-de-Montréal.

On parle de 16 sites, de milliers de personnes déplacées dans le contexte de la pandémie, de dépistage. Ils avaient des autobus, du taxi collectif, c’était un défi logistique colossal. Nous, on était la plateforme qui prenait les commandes et redistribuait tout ça. Sans les bons outils, les gens auraient passé leurs journées au téléphone.

Marc-Antoine Ducas, cofondateur et PDG de Netlift

Il s’agissait d’un marché totalement « insoupçonné » pour Netlift, souligne-t-il, qui a permis de mettre à profit tous les outils de géolocalisation, d’organisation des horaires, de prise de rendez-vous et de facturation déjà utilisés. « Pour être très candide, on ne savait pas qu’on était bons à ce point là-dedans. »

Réseau sur mesure

Ce sont ensuite d’autres employeurs, notamment du secteur manufacturier, qui ont fait appel à Netlift pour coordonner le navettage de leurs employés. Une entreprise manufacturière de Drummondville qui devait faire venir tous les jours des employés de Montréal a ainsi utilisé cette plateforme pour organiser leur transport en misant essentiellement sur le covoiturage, mais en incluant le temps de déplacement dans les heures de travail.

Nous, maintenant, on crée un réseau de transport pour l’employeur, on utilise des autos, des taxis, des autobus. On peut par exemple passer des contrats avec des entreprises gérant des autobus comme La Québécoise ou Galland. On devient vraiment un intermédiaire.

Marc-Antoine Ducas, cofondateur et PDG de Netlift

L’ancienne formule de Netlift, basée sur des engagements entre consommateurs, n’est plus viable, estime le PDG. « C’est impossible d’être profitable. Il n’y a pas de consommateur qui va vouloir payer 40 $ pour son trajet, et les automobilistes ne vont pas faire des lifts à 1,59 $. On a essayé de trouver une formule avec le gouvernement du Québec, en vain. Il n’y a pas d’appétit au Québec pour des solutions comme celle-là. »


Autre article :

Quand l’autopartage a trop la cote


Adil Boukind, Le Devoir
Victime de son succès, l’entreprise Communauto doit aussi composer avec une pénurie de véhicules neufs et des délais de livraison beaucoup plus longs que la normale.

Anne-Marie Provost
22 novembre 2021

Un certain mécontentement enfle à l’égard de Communauto. Depuis plusieurs mois, des utilisateurs signalent avoir plus de difficultés qu’avant à réserver les voitures. L’utilisation du service d’autopartage a monté en flèche pendant la pandémie, et l’entreprise espère que l’achat de 500 à 700 voitures supplémentaires pour l’année prochaine aidera à corriger le tir.

« Depuis six mois, c’est vraiment intense, c’est pire », lance Geneviève Bujold. La résidente de Rosemont utilise Communauto depuis l’année dernière, après s’être débarrassée de sa voiture « bonne pour la scrap ». « Avant, je devais être un peu patiente pour trouver une voiture. Mais là, je suis incapable toute la journée. J’ai acheté la passe à 80 $ par mois, et ça devient frustrant », dit-elle. Elle voit encore des avantages, mais approche du point de rupture.

Les fins de semaine sont particulièrement éprouvantes pour certains, et les commentaires abondent en ce sens sur les réseaux sociaux. Selon ce que Le Devoir a constaté, certaines personnes réservent une voiture le samedi et le dimanche un mois à l’avance, quitte à annuler à la dernière minute.

Les fins de semaine ont toujours été plus difficiles, rapporte Catherine Dion, membre de Communauto depuis une vingtaine d’années. Elle constate toutefois que ça empire depuis quelque temps. « Mais le matin, pour emmener mon fils à l’école, je n’ai jamais de problèmes », nuance-t-elle.

Des utilisateurs de Longueuil et de Québec avec qui Le Devoir a discuté font également écho à cette situation. Tous s’entendent pour dire qu’ils apprécient encore le service, mais qu’ils sentent la pression.

Une « mauvaise passe »

« On manque de voitures, reconnaît Marco Viviani, vice-président, développement stratégique chez Communauto. Nous avons ajouté plus de 300 voitures cette année à Montréal, mais ce n’était pas suffisant pour le type d’utilisation qui se fait et la croissance qu’on a eue. »

Au moment de faire la commande de voitures, dans un contexte de pandémie, il était difficile pour l’entreprise d’avoir une idée claire de ce que serait la situation à l’été 2021. « On pensait qu’on aurait recommencé à voyager et qu’il y aurait un certain retour à la normale, ce qui ne s’est pas concrétisé », dit-il.

Beaucoup de Québécois ne sont pas sortis du pays pendant leurs vacances et ils ont été nombreux à utiliser Communauto pour sortir de la ville et visiter la province.

L’entreprise est aussi touchée par la pénurie de véhicules neufs et doit composer avec des délais de livraison beaucoup plus longs que la normale, sans compter les retards imprévus. « Quand il y a des délais de six mois, c’est dur de se rattraper, explique Marco Viviani. Prévoir longtemps à l’avance dans une situation de changement, c’est difficile. » Il y a également eu des retards dans la livraison cet été.

Une centaine de véhicules doivent néanmoins être ajoutés d’ici Noël à Montréal. L’entreprise prévoit également commander entre 500 et 700 véhicules à l’échelle du Québec pour l’année prochaine. « De cette façon, on pense pouvoir absorber la croissance de l’année dernière, le déficit de cette année et la croissance de l’année prochaine », précise-t-il, tout en insistant à nouveau sur le fait que les « prévisions sont difficiles à faire ».

« On ne sait pas si on sera encore tous au Québec l’été prochain. Ce qu’on essaie de faire, c’est de grandir suffisamment pour garantir une disponibilité. Mais pas trop, parce que ça entraînerait un déficit, qu’on devrait compenser en augmentant les tarifs, dit-il. C’est une mauvaise passe, on espère que ça ira mieux l’année prochaine. »

Une plus grande utilisation

Communauto fait face à une popularité grandissante depuis quelques années, avec plus d’utilisateurs que la normale qui se sont inscrits. Mais c’est surtout l’utilisation des véhicules qui a grimpé en flèche. « C’est surtout de juin à septembre. Nous avons eu une augmentation de l’ordre de 40 % des heures d’utilisation par véhicule en 2020 et en 2021 », rapporte Marco Viviani.

Le comportement des gens et leurs habitudes de transport ont changé avec le confinement et le télétravail. « Nous sommes dans une période où, en mobilité, il est trop difficile d’établir des tendances. Les gens ont beaucoup modifié leurs habitudes de mobilité, pendant un grand laps de temps », avance Jean-Philippe Meloche, professeur à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal.

La peur de prendre le transport en commun a eu une incidence certaine. Pierre Barrieau, chargé de cours à l’Université de Montréal et spécialiste en planification des transports, explique que les gens utilisent les voitures Communauto plus longtemps, ce qui les rend moins disponibles.

« Comme les gens ont des horaires plus flexibles, ils se permettent des sorties supplémentaires, dit-il. Il y a aussi un aspect sociologique : comme les gens souffrent du confinement, il y a un désir de sortir de la maison pour, par exemple, aller voir les feuilles d’automne dans les Laurentides. Il y a plus de kilomètres et d’heures, donc ça fait pression sur Communauto. »Comme les locations sont plus longues, une voiture sera moins réservée dans une journée ou une semaine.

Il y a aussi un enjeu de « perception, pense Marco Viviani. On arrive à avoir une voiture, mais ça prend un peu de patience. L’enjeu est de dire dans combien de temps il y aura une voiture de disponible proche de chez moi. En 2019, on était autour de 10 minutes d’attente. Maintenant, c’est plus long, c’est environ 20 minutes ».

L’entreprise aimerait donc ajouter une alerte sur l’application pour prévenir les abonnés quand une voiture se libère. Il est également prévu d’intégrer, en 2023, un système sur lequel des gens pourraient rendre disponible leur voiture personnelle, un peu comme la plateforme Turo.

Comme les gens souffrent du confinement, il y a un désir de sortir de la maison pour, par exemple, aller voir les feuilles d’automne dans les Laurentides. Il y a plus de kilomètres et d’heures, donc ça fait pression sur Communauto.

— Pierre Barrieau

Un respect qui s’effrite ?

L’entreprise Communauto, qui a été fondée en 1994, connaît une belle croissance. Le service d’autopartage dépasse maintenant les 100 000 abonnés, et 7 % des ménages l’utilisent à Montréal.

Si certains ne voient pas vraiment de changements, d’autres se demandent si l’augmentation du nombre d’utilisateurs s’accompagne d’une perte de l’esprit de communauté et de respect.

« Les gens ne savent pas qu’ils doivent mettre de l’essence dans la voiture, la qualité des abonnés a peut-être baissé, ils sont moins informés, estime Catherine Dion. Je pense que les gens consomment la voiture plutôt que de comprendre qu’ils utilisent un service partagé, avec une responsabilité. »

Simon Turgeon, un utilisateur de Longueuil, remarque que les voitures sont plus sales et que le réservoir d’essence est souvent rempli à moins d’un quart. « Je reste satisfait et je l’utilise quand même beaucoup. Mais il faut améliorer le respect entre utilisateurs », pense-t-il.

De son côté, Communauto pense que la diffusion du service entraîne une utilisation moins « soigneuse », mais ne croit pas que la situation soit très différente de celle d’avant. « C’est difficile à quantifier, souligne Marco Viviani. Intuitivement, je vous dirais qu’il y a eu un changement avec l’introduction du service FLEX, que les gens utilisent sur une période plus courte, car ils peuvent être pressés. » Il ajoute qu’il est maintenant possible de faire des signalements au moyen de l’application.

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C’est vrai que la propreté c’est pas terrible et il y a même des voitures rouillées. Je me demande si Communauto est prête à faire face à aux problèmes mécaniques d’une flotte de voitures qui sont surutilisées. Dommage qu’il y a pas vraiment de concurrence, le seul concurrent proche c’est Turo, mais c’est pas tout le monde qui connait.

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De ce que j’ai compris, Turo a un modèle différent, les gens offrent leur voiture personnelle sur la plateforme, non?

Je me demande si ça permet un meilleur entretien des véhicules, ça doit varier beaucoup d’un locateur à l’autre… Et les clients ne savent pas si la voiture a un problème sérieux qui est parfois invisible, donc difficile de se fier aux notes.

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