Architecture et urbanisme - Discussion générale et actualités

Radio-Canada a un super reportage photos du bédéiste Michel Rabagliati et son lien avec l’architecture de Montréal

L’Association des architectes en pratique privée du Québec (AAPPQ) a fait de lui un membre honorifique/ambassadeur

Le choix de Michel Rabagliati comme membre honorifique de l’AAPPQ a fait l’unanimité, selon Thomas Gauvin-Brodeur, membre du conseil d’administration de l’association et dirigeant de la firme Leclerc architectes, à Montréal.

« C’est un trait avec une ligne claire, dit-il à propos du style du bédéiste. Il y a toute une série de détails qui peuvent sembler anodins, mais plus on relit les œuvres de Michel Rabagliati, plus on regarde les noms des rues, les noms des commerces, plus ça nous plonge dans des ambiances. Il a réussi à saisir l’essence de ce qu’était Montréal. C’est un très, très bel ambassadeur. »

Il est en train de travailler sur une nouvelle BD qui sortira en 2026 sur la COVID, les cônes orange et autres :wink:

Toutefois, son regard d’observateur ne se limite pas à l’émerveillement. Dans son prochain livre, il compte illustrer les facettes plus sombres de ce qu’il appelle la « ville post-pandémie ». En déambulant dans Montréal, Paul constate la « dégradation » de lieux familiers.

À nouveau, le bédéiste proposera un exposé réaliste du quotidien de la population montréalaise, qui doit composer avec la multiplication des nids-de-poule, le bruit des travaux, les forêts de cônes orange et la banalisation de l’itinérance, comme sur cette maquette, tirée de son prochain album et mettant en scène le métro.

Michel Rabagliati pousse d’ailleurs des soupirs bien sentis face à des travaux qui perturbent la circulation ou encore quand il est interrompu par le vacarme d’un camion. « Grosse ville sale », s’exclame-t-il à quelques reprises sur un ton espiègle.

En version reportage radio :arrow_heading_down:

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Pour ceux qui sont intéressés par les CCU, un nouvel épisode du balado Autre perspective de Kollectif traite du sujet.


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Un dossier intéressant, mais quel manque de culture et de respect;
Un dossier complet sur l’architecture, sans nommer un seul architecte.

C’est honteux et méprisant.

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C’est une omission, un manque et recherche ou un mauvais travail journalistique si on veut, mais peut-on réellement parler d’un mépris et d’un manque de respect ? Je trouve l’accusation quand même chargé et une telle reproche vient souligner un intention négative.

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En fait le mépris ne vient pas de cet article en particulier mais bien du fait que les médias ne nomment absolument jamais les architectes. Et ce même si les firmes concernées, Kollectif, l’OAQ et l’AAPPQ les sensibilisent de manière récurrente à l’enjeu. Mais à chaque fois la réponse est que «ça n’intéresse pas vraiment les gens» et que l’«information n’a pas été jugée pertinente et aurait alourdie le texte».

Avez-vous déjà lu un article sur un film qui ne nomme pas le réalisateur?
Sur un livre qui ne nomme pas l’auteur?
Jamais. C’est impensable, inconcevable.

Alors pourquoi en architecture on trouve ça normal d’invisibiliser le travail des créateurs?
On peut jouer sur les mots, mais je ne vois pas d’autre réponse qu’une certaine forme de mépris pour la profession.

À noter, ce manque de respect est un enjeu international. Depuis que Kollectif a lancé la campagne #quiestlarchitecte pour dénoncer ce problème, de nombreux ordres et associations à l’international ont témoigné du même enjeu et plusieurs ont même repris la campagne.

Alors non, je ne crois pas que le mot «mépris», qui se définit comme étant le «fait de considérer comme indigne d’attention» soit exagéré. C’est même précisément ça.

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Réparons cette injustice :slightly_smiling_face:. Principaux bâtiments cités :

  • Édifice Marie-Guyart, 1972, architecte Édouard Fiset (1910-1994).

  • Édifice Jean-Talon, 1972, architecte Évans Saint-Gelais (1928-2012).

  • Édifice Jean-Durand, 1967, architectes Paul Gauthier (1935-2013), Gilles Guité (1935-2025), Jean-Marie Roy (1925-2011), Noël Mainguy (1925-2011).

  • Pavillon Carlton-Auger, 1969, architecte Jacques de Blois (1932-2008).

  • Grand Théâtre de Québec et Conservatoire de musique, 1973, architectes Victor Prus (1917-2017), Maria Fisz Prus (1919-2017).

  • École secondaire de La Seigneurie, 1976, architecte ?.

  • Complexe immobilier Les Jardins Mérici, 1972, architectes Paul Gauthier (1935-2013), Gilles Guité (1935-2025), Jean-Marie Roy (1925-2011).

  • Résidence Viger, 1970, architecte Marcel Bilodeau (1938-2022).

  • Maison particulière, rue de la Carrière-Vézina, 1968, architecte ?.

  • Siège de la CNESST, 1968, architectes Gérard Venne (1910-1991), G. Fernand Caron (1905-1963), Robert Blatter (1899-1998).

(Je renonce pour la palanquée de pavillons du campus de l’Université Laval…)

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Je t’ai posé la question, car j’étais curieux de savoir ce qui motivait cette réaction. Je pense être d’accord avec ton point de vue.

Les architectes sont les grands oubliés de la sphère publique. Étant à la fois créateur et technicien, on a tendance reléguer l’architecte à l’une ou l’autre de ces catégorie lorsque c’est plus facile. Quand on parle de culture, l’architecte est un technicien sans nom. « Après tout, qui va créditer son technicien en ventilation », la pensée est similaire. Lorsqu’il s’agit de structure ou de cinéma, l’architecte devient l’artiste pelleteux de nuage, déconnecté de la réalité.

Je trouve ça curieux que le grand public puisse nommer les artistes derrières les œuvres protégées par 4 murs d’un musée. Par contre, lorsqu’il s’agit de savoir qui a conçu les 4 murs, c’est le silence. Pourtant, une grande partie de notre culture, de nos expériences quotidiennes et de notre environnement immédiat est le fruit du travail de ces professionnel.les.

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Les programmes de théologie resteront des programmes professionnels en passant.

Loans available to architecture students in the USA will be reduced under the terms of president Donald Trump’s One Big Beautiful Bill, as architecture will not be considered a professional degree.

Under the terms of the One Big Beautiful Bill, the provision of student loans in the USA will be overhauled starting 1 July, 2026, with borrowing amounts set to be determined by whether a degree is considered professional or not.

Architecture not a “professional degree”

Architects, along with several careers including other nursing and accounting, will not be considered as “professional degrees”, a move that was criticised by the American Institute of Architects (AIA).

“The American Institute of Architects strongly opposes any proposal or policy that fails to recognize architects as professionals, particularly when designating which degrees qualify for student loan caps,” said the AIA in a statement.

“The title of ‘architect’ is earned through years of rigorous education, extensive professional examinations, and a demanding licensing process,” it continued.

“To classify otherwise dismisses the expertise, professional standards, and dedication that define the profession.”

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L’avenir de l’architecture aux États-Unis n’est pas brillant avec cette administration au pouvoir.

On se rappelle de la tentative, lors du premier mandat, de forcer la construction de nouveaux édifices gouvernementaux dans un style Néoclassique (ou Beaux-Arts Américain).

Ça n’est pas mieux avec la démolition sans scrupule de l’aile Est de la Maison Blanche.

C’est encore pire à voir la taille démesurée de la nouvelle salle de bal.

Et le clou dans le cercueil, la prochaine génération d’architectes américains ne sera peut-être plus. Sans aide financière, la formation aux États-Unis est exorbitante… C’est symptomatique d’un pays qui renie toute valeur à cette profession.

J’avais croisé un commentaire sur internet qui disait que pour comprendre l’état d’une société, on ne regarde pas ses individus, mais ses réalisations. Alors, que sera de l’architecture américaine dans 10 ou 15 ans sans cette nouvelle génération.

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Un des plus grands architectes des temps modernes, Frank Gehry, est mort vendredi matin en Californie. Il avait 96 ans.

C’est ce qu’a confirmé son cabinet d’architectes, Gehry Partners, par voie de communiqué.

M. Gehry a passé les 18 premières années de sa vie à Toronto avant de déménager avec sa famille en Californie.

Son nom est associé à certains des immeubles les plus célèbres au monde, comme le musée Guggenheim à Bilbao, en Espagne, le musée Vitra en Allemagne, la Tančící dům (« maison dansante » en tchèque), à Prague, et le Walt Disney Concert Hall, à Los Angeles.

https://www.cbc.ca/news/canada/toronto/frank-gehry-obituary-death-9.7005021

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Quelle audace cet homme avait. RIP.

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Frank Gehry est un architecte de renom mais ce n’est pas lui qui est derrière le Musée Guggenheim de la 5è Ave. à New York mais plutôt un autre architecte de renom, Frank Lloyd Wright. Frank Gehry est toutefois l’architecte du célèbre musée Guggenheim à Bilbao en Espagne.

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Originale comme architecture pour une maison

Maison bunker en béton : une architecture radicale | Une brique dans le ventre

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Cette maison semble agréable à vivre de ce qu’on en voit, mais je me pose la question : que devient la ville si chacun se retranche dans un bunker, dans un bloc de béton digne de l’Organisation Todt ? Qu’est-ce que dit cette architecture de notre époque ?

C’est tout de même mieux en terme d’effort architectural que 90% de ce qui se construit actuellement. C’est original et assumé.

Moi je dirais que c’est un minimalisme mur-atlantique typique des années 40 :face_savoring_food:

Ceci dit je ne voudrais pas de ce type d’habitations comme voisin. En fait, je m’en vais lobyer mon arrondissement pour interdire ce type de bâtiment.

Urbanisme et patrimoine Les catastrophes évitées par Montréal

PHOTOMONTAGE LA PRESSE

[
Maxime Bergeron
Maxime Bergeron La Presse

](https://www.lapresse.ca/auteurs/maxime-bergeron)

Pourriez-vous imaginer le Vieux-Montréal avec une autoroute plantée dans son cœur ?

Publié à 5 h 00

Le mont Royal, surplombé par une tour (et un restaurant tournant) de 300 mètres ?

Le quartier Milton-Parc, rasé pour faire place à une forêt de gratte-ciel ?

Ou encore : l’avenue McGill College, dotée de la vue la plus spectaculaire sur la montagne, sacrifiée pour faire place à un gros centre commercial ?

Ces scénarios ne sont pas fictifs : ils sont tous passés à un cheveu de se matérialiser. La catastrophe patrimoniale a été évitée à bien des reprises dans la métropole, grâce à quelques pionniers de l’urbanisme.

Et un organisme en particulier a joué un rôle de premier plan : Héritage Montréal.

Dinu Bumbaru : ce nom vous dit quelque chose ?

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Dinu Bumbaru, vieux routier d’Héritage Montréal, avec l’architecte et philanthrope Phyllis Lambert, en 2019. Ils ont tous deux joué un rôle inestimable dans la protection du patrimoine montréalais.

Il ressurgit dans les médias dès qu’une vieille affaire est menacée. Le directeur des politiques d’Héritage Montréal a revisité avec moi certains projets aberrants qui ont failli défigurer la métropole, à l’occasion des 50 ans de son organisme.

Le plus insolite ? Cette tour de 300 mètres – l’équivalent de 100 étages – que le maire Jean Drapeau a voulu ériger sur le mont Royal en 1986, à la fin de son dernier mandat.

Radio-Canada souhaitait remplacer sa vieille antenne de télécommunications sur la montagne. Mais Drapeau, fidèle à lui-même, a doublé la mise : il a proposé un projet dopé aux stéroïdes, lui qui avait tant fantasmé sur le mât incliné du Stade olympique.

Le chic du chic à l’époque : cette tour aurait comporté un restaurant rotatif à son pinacle. Un nouvel emblème pour Montréal, ultramoderne. Imaginez.

« Le maire Drapeau et sa personnalité commençaient à susciter beaucoup d’opposition, se rappelle Dinu Bumbaru. Ça a coalisé beaucoup de gens, ainsi qu’Héritage Montréal. On a demandé en 1986 au gouvernement du Québec, à Lise Bacon, qui était ministre à l’époque, le classement du mont Royal. »

Les efforts des opposants ont porté leurs fruits. Drapeau a fini par lâcher le morceau.

Il aura fallu attendre jusqu’en 2005 pour que Québec accorde un statut patrimonial au parc du Mont-Royal. Mais les premières graines avaient été semées.

Non loin de là, la courte avenue McGill College a failli être condamnée au début des années 1980. Pour vous situer, elle va de la Place Ville Marie jusqu’à l’Université McGill, dans l’hypercentre de Montréal.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

L’avenue McGill Gollege (et le mont Royal) vus de la Place Ville Marie

Un promoteur – Cadillac Fairview – ambitionnait de construire un centre commercial… au milieu de la rue. Ce mur-écran aurait annihilé la meilleure vue sur la montagne…

IMAGE FOURNIE PAR L’OCPM

Un encart publicitaire, publié dans Le Devoir en 1984, démontre de quelle façon la vue sur la montagne aurait été obstruée par le projet envisagé.

Levée de boucliers, campagnes publicitaires dans les journaux : Héritage Montréal a tout fait pour attirer l’attention sur ce fiasco annoncé. Le mouvement a fait boule de neige.

C’est là qu’il y a eu vraiment une alliance assez improbable, mais qui a été très efficace, entre les milieux d’affaires, de l’immobilier, Héritage Montréal, les milieux professionnels et les facultés universitaires, pour que Montréal se dote enfin de règles d’urbanisme.

Dinu Bumbaru, directeur des politiques d’Héritage Montréal

Des gratte-ciel ont poussé autour, mais McGill College – et sa trouée visuelle – a survécu.

Une destruction de masse du patrimoine a été évitée dans le Vieux-Montréal, dans les années 1960, avant même la naissance d’Héritage Montréal. C’était l’ère du progrès, de l’automobile, du béton, de la banlieue…

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Le grand projet de l’époque : faire passer une autoroute dans le centre historique de la ville, rue de la Commune. « L’autostrade » aurait relié l’échangeur Turcot – et son spaghetti de bretelles – à l’est de Montréal.

Dommage collatéral ? La destruction d’un pan entier du Vieux-Montréal. Un détail, à l’époque…

« Ce n’est pas juste sur la rue de la Commune, c’est aussi des rampes d’accès qui viennent défigurer, charcuter le tissu urbain, les bâtiments historiques, tout y passait, raconte avec effroi M. Bumbaru. C’était un projet complètement de son époque, mais complètement dévastateur. »

Le militantisme d’un couple d’architectes, Blanche et Sandy van Ginkel, a réussi à faire avorter le projet. On peut leur attribuer la sauvegarde du Vieux-Montréal, et la naissance d’un mouvement propatrimoine qui a ouvert la voie à Héritage Montréal et à d’autres organismes. « Il faudrait leur ériger un véritable monument de reconnaissance », croit M. Bumbaru.

Bien d’autres carnages, plus ou moins grands, ont été évités de justesse. Héritage Montréal a souvent été aux premières loges pour se battre auprès des citoyens et sonner l’alerte dans les médias.

IMAGE TIRÉE DE PROPOS MONTRÉAL

L’un des scénarios envisagés pour Milton-Parc. À gauche, on voit le stade Percival-Molson.

Je pense entre autres au quartier Milton-Parc, niché entre le mont Royal et le centre-ville. Il a failli être rasé presque en entier pour faire place à une série de gratte-ciel – un projet réalisé en partie. La forte mobilisation a permis de sauver des centaines de résidences patrimoniales, et de créer ensuite la plus grande coopérative d’habitation au Canada.

Une icône sauvée

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La célèbre pinte de lait fabriquée en 1930 par la Dominion Bridge de Lachine, qui dépérissait à vue d’œil, au centre-ville, a pu être sauvée de la démolition grâce à une campagne orchestrée par Héritage Montréal.

Et une autre démolie

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D’autres batailles ont été perdues. La superbe Maison Redpath, au centre-ville, est ainsi passée sous le pic des démolisseurs en 2014, malgré les levées de boucliers.

Il reste des dizaines d’immeubles en péril aux quatre coins de la métropole. Des casernes de pompiers, d’anciens hôpitaux, des églises, de vieux bains publics… Héritage Montréal les recense dans une carte interactive riche en information1.

Des sites menacés

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Je serais curieux de vous lire : quels immeubles montréalais auraient dû être préservés de la démolition, ou devraient l’être à tout prix ?

https://www.lapresse.ca/actualites/chroniques/2025-12-22/urbanisme-et-patrimoine/les-catastrophes-evitees-par-montreal.php

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Maxime Bergeron qui découvre l’urbanisme. Vaut mieux tard que jamais…

C’est quand même hallucinant qu’il ne se rende pas compte qu’il est quand même assez contradictoire, quand il dénigre la transformation de Camlien-Houde, qu’il soit contre la piéto de Sainte-Catherine ou encore contre le royaume du piéton dans le coeur historique qu’est le Vieux-Montréal. Tous ces lieux ont été aliénés de la même façon que ce qu’il dénonce dans son article…

Mais bon, certaines personnes ça leur prend 20 ans à comprendre ce que d’autres comprennent en quelques mois.

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Oh The Urbanity! a publié une vidéo de Q&R sur l’urbanisme avec des prises de vue de l’édicule de la station de métro Mont-Royal, du parc Jarry, la rue de Castelnau, la place Shamrock

From Montreal Politics to Moving Abroad: Answering Your Urbanism Questions

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La ville de Toronto cherche à assouplir ses règlements pour autoriser à nouveau les magasins dans certaines rues résidentielles, chose assez banale un siècle plus tôt.

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