Patinoires extérieures à Montréal Encore un peu de patience avant de sortir les patins
Seule une quinzaine des quelque 230 patinoires municipales étaient ouvertes, vendredi, selon le site de la Ville de Montréal.
L’arrivée tardive de l’hiver ces dernières années avait considérablement raccourci la saison du patinage. Cette fois, le froid est déjà bien installé, mais la Ville de Montréal n’a ouvert qu’une poignée de patinoires. Elle promet de mettre les bouchées doubles d’ici au congé des Fêtes pour pouvoir accueillir les patineurs.
Publié à 5 h 00
texte : Henri Ouellette-Vézina La Presse
Ce qu’il faut savoir
- Très peu de patinoires sont déjà ouvertes sur l’île de Montréal.
- La Ville se dit à pied d’œuvre, mais rappelle qu’elle dépend des conditions météo.
- L’objectif est d’avoir ouvert la majorité des patinoires d’ici au congé des Fêtes.
Seule une quinzaine des quelque 230 patinoires municipales étaient ouvertes, vendredi, selon le site de la Ville, dont plusieurs dans l’arrondissement de Ville-Marie. Même parmi les 15 patinoires réfrigérées de la métropole, à peine cinq sont ouvertes – celles de l’esplanade Tranquille, du lac aux Castors, du Village, de la TOHU et du parc François-Perrault.
« Les premiers arrosages peuvent débuter lorsque la température demeure sous -4 °C pendant au moins trois jours consécutifs », explique le porte-parole de la Ville, Marc-Antoine Bélanger, en soulignant que les cols bleus doivent d’abord procéder au colmatage des fuites et à la saturation du sol.
Cette année, Montréal a reçu ses premiers flocons le 10 novembre et la température moyenne se maintient sous le point de congélation depuis le début du mois de décembre.
M. Bélanger précise cependant qu’un arrosage abondant par temps très froid, comme ces derniers jours, « peut être contre-productif, car l’eau et la glace ne se lient pas efficacement à ces températures extrêmes ».
« De plus, les équipes doivent rester vigilantes face aux redoux ou aux précipitations, qui peuvent fragiliser ou endommager la surface glacée. Sans cette vigilance, il y a un risque de devoir recommencer certaines étapes, ce qui entraînerait des délais et des coûts supplémentaires », poursuit M. Bélanger.
La Ville maintient tout de même son objectif d’ouvrir la majorité des patinoires d’ici au congé des Fêtes.
Un climat difficile à prévoir
« Le climat devient de plus en plus imprévisible », note Robert McLeman, professeur au département de géographie et d’études environnementales de l’Université Wilfrid-Laurier, à Waterloo, en Ontario. « L’hiver passé, en janvier, on avait des patinoires au Texas, au Tennessee, et même en Caroline du Sud, pendant qu’au Canada, c’était difficile d’en avoir dans bien des régions. On ne peut plus se préparer comme avant. »
La Ville de Montréal maintient son objectif d’ouvrir la majorité des patinoires d’ici au congé des Fêtes.
Avec des bénévoles et des collègues, M. McLeman mène depuis près de 15 ans le projet Rink Watch, pour documenter l’état de la glace de milliers de patinoires au Canada et aux États-Unis.
« C’est devenu trop difficile de gérer des patinoires municipales extérieures. Il y a de moins en moins de jours avec des températures froides, donc les conditions pour en avoir sont de plus en plus restreintes », observe-t-il.
Cette année, on a un hiver qui est très froid. Je n’ai jamais vu ça depuis que je fais Rink Watch. Ça serait fantastique que ça dure, mais j’en doute.
Robert McLeman, professeur à l’Université Wilfrid-Laurier
La professeure spécialisée dans les affaires municipales Danielle Pilette, de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), abonde en ce sens. « La grande difficulté qu’ont les villes de nos jours avec les patinoires, c’est le gel et le dégel », lance-t-elle.
« Même si l’hiver commence fort, il y a régulièrement des dégels ou des précipitations mixtes, donc du verglas et une mauvaise qualité de glace. Les changements climatiques y sont pour beaucoup. […] Ça fait que dans toutes les municipalités, il y a une tendance à la patience avec les patinoires », note la spécialiste.
Selon elle, mieux vaut redoubler de prudence que trop se presser. « La Ville a quand même une certaine responsabilité à garder en tête. Si on ne peut pas assurer une bonne qualité de glace, il est peut-être préférable de ne pas l’ouvrir, tout simplement. »
En chiffres
Sur l’île de Montréal, on compte plus de 220 patinoires, soit plusieurs dizaines de moins qu’il y a 10 ans. Dans les années 1950, la métropole québécoise comptait 70 jours de patinage par année en moyenne. Ces dernières années, cette moyenne est plutôt d’environ 50 jours.
La qualité des patinoires dépend énormément des conditions météo.
De plus en plus de patinoires extérieures sont équipées d’un système de réfrigération. Dorval a par exemple inauguré la sienne, qui a coûté 9,5 millions, il y a quelques mois. Elle est ouverte aux patineurs depuis le 20 novembre.
La fermeture de l’étang du parc Jarry avait marqué les esprits, en décembre 2023. « Les gels et les dégels successifs qui caractérisent nos hivers rendent la glace […] instable et non sécuritaire, tant pour les usagers que pour le personnel d’entretien », avait alors expliqué l’arrondissement.
Avec la collaboration de Marie-Eve Morasse, La Presse
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