Une partie importante d’un contrat substantiel décroché à Toronto par Alstom s’effectuera au Québec.
Alstom a décidé de se tourner vers le Québec pour commencer à fabriquer les nouvelles voitures du métro de Toronto – un important contrat de 2,3 milliards que le géant français vient de rafler dans la Ville Reine –, a appris La Presse. Un élan qui permettra à son usine de La Pocatière de continuer à embaucher.
Résumé
Plus précisément, le complexe situé dans le Bas-Saint-Laurent, qui appartenait autrefois à Bombardier Transport, fabriquera les différentes parties du squelette des nouvelles rames torontoises. On parle de la construction de modules comme les planchers, les toits et les panneaux, des pièces névralgiques de chaque véhicule.
Tout ce matériel prendra ensuite la route de Thunder Bay, où la multinationale française exploite également une usine (autrefois propriété de Bombardier Transport), où s’effectuera l’assemblage final.
Le constructeur de matériel roulant confirmera ses intentions ce jeudi, dans le cadre d’un évènement qui se tiendra à son usine de La Pocatière et auquel doit participer le ministre fédéral de la Transformation du gouvernement, des Travaux publics et de l’Approvisionnement, Joël Lightbound.
Diffusée en Ontario, l’annonce du contrat multimilliardaire obtenu par Alstom ne faisait aucune mention spécifique de la production qui s’effectuera au Québec. La Pocatière jouera donc un rôle clé dans le cadre de l’accord avec la Commission des transports de Toronto qui achètera 70 rames de 6 voitures, ce qui représente 420 véhicules.

PHOTO TIRÉE DU SITE WEB D’ALSTOM
Un aperçu des nouvelles voitures de métro qu’Alstom construira pour Toronto.
Ce n’est pas tout. Si les options pour 150 rames supplémentaires devaient être exercées, ce sont donc 900 unités qui pourraient éventuellement être partiellement construites en territoire québécois.
À l’intérieur de l’usine, les travailleurs s’attendaient à obtenir leur part du gâteau. N’empêche, ce contrat vient bonifier le carnet de commandes du complexe situé dans le Bas-Saint-Laurent, qui compte actuellement plus de 500 employés et qui cherche à recruter 50 personnes de plus.
« Cela nous assure une continuité », affirme à La Presse le président du Syndicat des travailleurs d’Alstom La Pocatière (CSN), Claude Michaud. « L’employeur ne nous parle pas du tout de mises à pied. C’est ma priorité en tant que représentant des travailleurs. »
Il faut aussi s’attendre à ce que le contrat obtenu à Toronto génère des retombées chez les fournisseurs québécois d’Alstom – la multinationale en compte environ 600 à travers la province.
De la prévisibilité
Après des périodes de vaches maigres, marquées par d’importantes réductions d’effectifs, les salariés du géant français n’ont pas le temps de chômer à l’intérieur du complexe. Depuis un an et demi, ils réalisent la construction des 235 voitures pour le métro de Vancouver, en plus de composants des trains de banlieue du New Jersey.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE
Il y a plus de 500 personnes qui travaillent au complexe québécois d’Alstom dans le Bas-Saint-Laurent.
« Avec le contrat du New Jersey qui va finir par être complété, cela [les voitures de métro de Toronto] va venir prendre le relais », souligne M. Michaud.
Selon nos informations, dans le cas du métro de Toronto, le travail devrait commencer vers la fin de 2027 ou au début de l’année suivante à La Pocatière. En parallèle, l’usine québécoise disposera de la capacité de production nécessaire pour d’autres contrats, comme celui du tramway de Québec, si le dossier se concrétise.
Ce contrat torontois a déjà eu des retombées à Saint-Bruno-de-Montarville, où se trouvent le siège social d’Alstom pour la région des Amériques ainsi que son centre d’ingénierie, où travaillent quelque 950 personnes. C’est là-bas que tout le travail de développement initial s’est effectué.
Le site, situé en banlieue sud de Montréal, jouera aussi un rôle en matière de gestion du projet dans le cadre des phases de production à venir. Ici aussi, l’effectif est appelé à poursuivre sa croissance.
En septembre dernier, son intention était de recruter 150 personnes dans des secteurs comme l’ingénierie, l’approvisionnement, les finances, les technologies de l’information et la gestion de projet, notamment.
La dernière année a été marquée par l’obtention de plusieurs contrats d’envergure à travers le monde chez Alstom. La preuve, au troisième trimestre ayant pris fin le 31 décembre dernier, le géant français a décroché pour 9,6 milliards d’euros (15 milliards CAN) de nouvelles ententes, ce qui a permis à son carnet de commandes de franchir, pour la première fois, la barre des 100 milliards d’euros (161 milliards CAN).
Alstom avait obtenu un prêt-subvention de 56 millions du gouvernement Legault pour moderniser son usine québécoise quelques mois après avoir finalisé l’acquisition de Bombardier Transport. En vertu de l’entente, la multinationale devait compter 400 employés à La Pocatière à la fin de 2026. Elle est déjà au-delà de ce seuil.
Alstom au Canada en bref
5000 employés
Quatre sites manufacturiers (La Pocatière, Thunder Bay, Kingston et Brampton)
Siège social des Amériques à Saint-Bruno-de-Montarville
Un centre d’innovation (Saint-Bruno-de-Montarville)
En savoir plus
17,5 %
Taille de la participation de La Caisse dans Alstom. Le bas de laine des Québécois est le plus important actionnaire du géant français.
Source : refinitiv