Ailleurs dans le monde - Transports en commun

Le métro gratuit après 47 passages

PHOTO CHRIS DONOVAN, ARCHIVES COLLABORATION SPÉCIALE

Les frais aux usagers du transport collectif seront plafonnés à Toronto.

Les Torontois n’auront bientôt plus besoin d’acheter un laissez-passer mensuel de transports en commun. La Ville Reine a décidé de plafonner le coût à l’ensemble des usagers de son métro et de ses autobus, un projet que Montréal a à l’œil.

L’idée est simple : les usagers torontois devront payer chaque passage à l’unité au coût de 3,35 $, avec une carte ou avec leur téléphone. Une fois que la facture mensuelle aura atteint les 156 $, soit l’équivalent de 47 passages, leur carte ne sera plus débitée. Les gens pourront continuer à accéder au métro et aux autobus de façon 100 % gratuite.

C’est ce qu’a annoncé la semaine dernière l’administration de la mairesse Olivia Chow. Le tout doit entrer en vigueur en septembre, à peine un mois avant les élections municipales prévues dans la Ville Reine.

Appelé « fare capping » – ce qui signifie plafonnement des tarifs en anglais –, ce principe est déjà utilisé dans d’autres villes canadiennes et nord-américaines. À Ottawa par exemple, OC Transpo le fait depuis quelques mois déjà.

Un tel dispositif permet de rendre « la vie plus abordable pour les usagers des transports en commun », estime la mairesse Chow.

PHOTO SAMMY KOGAN, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

La mairesse de Toronto, Olivia Chow, lors d’un évènement des Fêtes le 29 novembre dernier

« Plus besoin de se demander à l’avance si l’abonnement mensuel est rentable. Plus besoin de payer trop cher si vous n’utilisez pas suffisamment les transports en commun pour rentabiliser votre abonnement », a-t-elle affirmé dans une déclaration, la semaine dernière.

Son administration ambitionne même d’en faire encore plus, en demandant à la Toronto Transit Commission (TTC) de prévoir un plafond tarifaire encore plus bas, à 40 trajets, pour l’exercice budgétaire 2027. Ainsi, un travailleur qui prend les transports en commun chaque jour de semaine atteindrait facilement ce seuil.

Possible à Montréal ?

À l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), on ouvre la porte au plafonnement des tarifs dans la région de Montréal, mais seulement une fois que l’actuel système billettique OPUS, qui repose sur l’achat de titres prépayés, aura été mis à jour.

Une modernisation de notre système de paiement est en cours. […] À terme, cette évolution permettra d’offrir de nouvelles fonctionnalités, dont la possibilité d’appliquer le plafonnement des tarifs, afin de bonifier l’expérience de la clientèle tout en simplifiant davantage la tarification.

Maxime Duchesne, porte-parole de l’Autorité régionale de transport métropolitain

D’ici au début de 2026, il sera possible de valider son passage aux tourniquets du métro et dans les bus avec son appareil mobile, comme l’a rapporté La Presse récemment. C’est déjà possible à Toronto, ainsi que dans plusieurs autres grandes villes comme New York, Chicago ou Londres. Quant au paiement avec une carte bancaire, l’ARTM vise à livrer une solution logicielle d’ici la fin de 2026, voire 2027.

Dans l’intervalle, M. Duchesne rappelle que « plusieurs options s’apparentant au plafonnement des tarifs » sont offertes à Montréal, comme les titres illimités mensuels, hebdomadaires ou de courte durée, à savoir les 24 heures, les 3 jours ou encore les soirées et week-ends illimités.

« Tous ces titres permettent de voyager sans limite pendant une période donnée à prix fixe. Par exemple, un abonnement mensuel devient avantageux dès 28 à 33 déplacements », rappelle le porte-parole de l’ARTM.

Un modèle porteur

Chez le rassemblement d’usagers Trajectoire Québec, le porte-parole Philippe Jacques applaudit l’initiative torontoise.

Je trouve ça très intéressant. Depuis la pandémie, avec le télétravail et en plus toutes les grèves qu’on voit en ce moment, ça donne la possibilité aux gens d’être sûrs de faire le bon choix.

Philippe Jacques, porte-parole du rassemblement d’usagers Trajectoire Québec

M. Jacques estime aussi que d’implanter une telle mesure à Montréal risque d’être complexe tant que la transition numérique de l’ARTM n’est pas terminée. « Ça montre que Toronto a clairement de l’avance sur le plan numérique, mais ça nous donne une idée des possibilités qu’on aura une fois rendu là », raisonne-t-il.

Depuis avril 2024, les usagers montréalais peuvent déjà recharger leur carte OPUS avec un téléphone. Près de la moitié des achats de titres sont maintenant réalisés de cette façon, ce qui démontre l’appétit des usagers.

Une fois que la validation avec le téléphone sera possible à Montréal, « on vise quelque chose comme 70 % des gens qui passeront au numérique », a affirmé au début de décembre le directeur des technologies de l’information de l’ARTM, Sylvain Perras.

Son groupe laisse néanmoins pour l’instant en suspens le système « multimode », qui était prévu pour la fin de 2027. Ce mécanisme aurait permis d’utiliser une seule et même application mobile pour le métro, le bus, le Réseau express métropolitain (REM), voire l’autopartage, le vélopartage, le taxi, le covoiturage ou encore les trottinettes électriques.

https://www.lapresse.ca/actualites/2025-12-15/tarification-mensuelle-a-toronto/le-metro-gratuit-apres-47-passages.php

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