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Conflit au Moyen-Orient /Le pétrole flambe à 90 dollars

(Paris) La flambée du pétrole au-delà des 90 dollars le baril vendredi, alors que la guerre au Moyen-Orient ne montre aucun signe de désescalade, entraîne les Bourses mondiales dans le rouge et ravive les craintes de poussées inflationnistes.

Au septième jour de la guerre déclenchée contre l’Iran par Israël et les États-Unis, Donald Trump a exigé une « capitulation » de l’Iran. « Il n’y aura pas d’accord avec l’Iran, seulement une CAPITULATION SANS CONDITION ! », a-t-il écrit vendredi sur son réseau Truth Social.

Le président américain a ainsi « balayé les espoirs d’une médiation pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient », souligne Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB. « Cela a anéanti les espoirs d’un règlement rapide du conflit. »

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La flambée des prix de l’or noir a repris de plus belle, propulsant les deux références mondiales du brut au-dessus du seuil symbolique des 90 dollars. Une première en près de deux ans pour le Brent, et depuis octobre 2023 pour le WTI américain, qui est ensuite légèrement redescendu.

Vers 11 h 55 (heure de l’Est), le baril de Brent de la mer du Nord grimpait de 6,60 % à 91,05 dollars. Son équivalent américain, le WTI, flambait de 9,84 % à 88,98 dollars.

Le stratégique détroit d’Ormuz demeure au centre du conflit, avec quelque 20 % de la production mondiale de pétrole et près de 20 % du gaz naturel liquéfié (GNL) qui y transite habituellement. Depuis les frappes israélo-américaines lancées le 28 février, les Gardiens de la Révolution bloquent de facto le trafic dans le détroit.

« Le détroit d’Ormuz n’a jamais été fermé auparavant, donc personne ne savait vraiment à quoi s’attendre », souligne Bjarne Schieldrop, responsable de l’analyse matières premières chez SEB.

« Il n’y a pas de manque de pétrole, seulement une désorganisation des flux », explique-t-il. « Cela perturbe totalement les flux » mais aussi « la distribution des produits pétroliers du brut vers les raffineries, puis les produits pétroliers vers les consommateurs ».

Les Bourses flanchent

« Un week-end géopolitiquement agité s’annonce, et l’envie d’acheter des actions est très faible. Personne ne veut pour l’instant attraper un couteau qui tombe, d’autant que le prix du pétrole continue d’accélérer et que la barre symbolique des 100 dollars devient proche », note Jochen Stanzl, chez CMC Markets.

PHOTO SETH WENIG, ASSOCIATED PRESS

À Wall Street, vers 16 h 55, le Dow Jones cédait 1,16 %, l’indice NASDAQ perdait 0,74 % et l’indice élargi S&P 500 reculait de 1,00 %.

La « flambée des prix du pétrole a également des répercussions sur d’autres classes d’actifs, en particulier sur les marchés actions européens, qui sont généralement très sensibles aux coûts de l’énergie », de nombreuses économies européennes important massivement leurs hydrocarbures, explique Fawad Razaqzada, analyste chez Forex.com.

En Europe, la Bourse de Paris a terminé en baisse de 0,65 %, Francfort de 0,94 % et Londres de 1,24 %. En une semaine, l’indice parisien CAC 40 a dévissé de 6,84 %, le DAX de Francfort de 6,70 % et le FTSE 100 londonien de 5,74 %.

Le Dow Jones a reculé de 0,95 %, l’indice NASDAQ a perdu 1,59 % et l’indice élargi S&P s’est replié de 1,33 %.

Lisez l’article « Wall Street clôture en baisse »

Le risque inflationniste plane

Les investisseurs redoutent par ailleurs un regain d’inflation, particulièrement en Europe où les pays importent massivement leurs hydrocarbures, rappelant la vague inflationniste provoquée par la guerre en Ukraine en 2022.

En Europe, le rendement de l’emprunt allemand à 10 ans, considéré comme la référence, s’est hissé à 2,86 %, contre 2,64 % vendredi avant le conflit, une forte variation pour ce marché.

Son équivalent français s’établissait à 3,51 % contre 3,22 % vendredi, et l’italien à 3,61 % contre 3,27 %. Enfin, le britannique flambait à 4,62 % contre 4,23 % vendredi à la clôture.

« Lorsque les prix du pétrole grimpent, cela agit comme une taxe sur la croissance, pesant à la fois sur les marges des entreprises et les dépenses des consommateurs », poursuit-il.

Crédit privé/ Wall Street face à une grave crise de confiance

Auparavant, Blue Owl Capital faisait tout pour attirer l’attention. Ce grand prêteur de Wall Street recevait des conseillers en placement dans des hôtels cinq étoiles, s’annonçait sur des panneaux numériques, commanditait des joueurs de tennis professionnels et un tournoi de pickleball à Central Park.

Depuis quelques semaines, Blue Owl fait jaser Wall Street pour une autre raison. L’entreprise tente de convaincre les investisseurs que son portefeuille de 300 milliards de dollars américains en placements et prêts vaut réellement cette somme.

Malgré un blitz de téléconférences, d’entrevues médiatiques et de communiqués, Blue Owl ne semble pas avoir dissipé le malaise. Au contraire, ses efforts pour rassurer les investisseurs pourraient avoir contribué aux craintes d’une nouvelle grande crise du crédit. Mardi, l’action de Blue Owl a fait un plongeon de 9 %, approchant son plus bas niveau depuis son entrée en Bourse. La situation était plus stable mercredi, puisque l’action a repris 0,68 %, pour clôturer à 10,34 $.

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Le marché se demande si Blue Owl et d’autres géants du crédit privé n’ont pas été beaucoup trop optimistes dans leurs évaluations de prêts pluriannuels négociés privément, liés à des entreprises et des secteurs maintenant menacés par l’intelligence artificielle.

Si c’est le cas, ces prêteurs pourraient bientôt devoir réduire la valeur comptable des prêts accordés à ces entreprises vulnérables ou, pire encore, vendre ces prêts sous la contrainte.

Ruée vers les guichets ?

La note de Rubric Capital estime que Cliffwater pourrait être « le canari dans la mine ». Rubric, fondé par un ancien adjoint du propriétaire des Mets de New York, Steven A. Cohen, prédit que Cliffwater sera « le premier domino de la panique bancaire que nous prévoyons ».

Sollicité pour cet article, Cliffwater n’a pas répondu.

Blue Owl continue de proclamer que ses indicateurs montrent que seulement 1 % de ses prêts risquent de faire défaut et qu’elle ne prévoit aucune détérioration à court terme. Selon son coprésident Craig Packer, le portefeuille de Blue Owl est « attrayant et bien diversifié ».

PHOTO BRENDAN MCDERMID, ARCHIVES REUTERS

Craig Packer, coprésident de Blue Owl Capital

Pourtant, Blue Owl a été forcé d’agir il y a deux semaines quand des investisseurs de l’un de ses fonds ont demandé à récupérer une partie de leur mise.

Blue Owl a alors vendu pour 1,4 milliard de dollars de prêts, dont certains à un assureur étroitement affilié dont Blue Owl dans un premier temps pas divulgué le nom.

Un autre prêteur, New Mountain Capital, lui a emboité le pas la semaine dernière, bradant une série de prêts à des prix inférieurs à l’évaluation qu’il en avait faite, afin de rembourser ses investisseurs. Et lundi, le colosse Blackstone a annoncé qu’il honorerait des demandes de retrait records de son plus grand fonds de prêts.

Sur le qui-vive

Depuis, à Wall Street, tout le monde – investisseurs en capital de risque, banquiers d’affaires, gestionnaires de fonds spéculatifs – se demande qui pourrait être forcé de vendre et à quels prix. Le conflit en Iran ne peut que compliquer les choses : d’abord, la volatilité frappe en premier les plus faibles à Wall Street ; ensuite, les plus grands prêteurs privés ont compté sur l’argent des gouvernements du Moyen-Orient pour croître.

« C’est une crise de confiance », constate Victor Hong, ex-gestionnaire de risques en banque d’investissement.

« Quand on apprend que d’autres se retirent, on ne veut pas être le dernier », renchérit Steve Curley, investisseur et codirecteur chez 55 North Private Wealth.

On assiste au premier test majeur pour le crédit privé, terme générique décrivant des fonds de capital-investissement gérés par Blue Owl, Blackstone, Ares et d’autres firmes, qui agissent comme des banques peu réglementées et prêtent directement aux entreprises grandes et petites. Contrairement aux actions, aux obligations d’État ou, disons, au pétrole, ces placements ne sont pas négociés publiquement.

Historiquement, l’argent que prêtent ces fonds provient d’investisseurs institutionnels comme des caisses de retraite qui placent leur argent pour des années, voire une décennie.

Ce secteur a explosé pour dépasser 3000 milliards de dollars américains et cette source se tarit. Les prêteurs de crédit privé ont alors mobilisé des fonds auprès de particuliers, par le truchement de fonds communs et d’autres produits aux noms techniques comme « sociétés de développement d’entreprises » ou « fonds à intervalle ».

Ils font tous la même chose : collecter de l’argent auprès d’investisseurs fortunés et l’investir dans des entreprises de crédit privé et des prêts individuels, moyennant des frais.

Investisseurs nerveux

Le hic, c’est que ces nouveaux fonds ont dit aux souscripteurs qu’ils pouvaient retirer leur argent assez rapidement, à un trimestre d’avis dans certains cas. Ce n’était pas un problème tant que des investisseurs continuaient à leur confier de l’argent. Mais maintenant que ce n’est plus certain, les fonds détiennent des placements pluriannuels qu’ils doivent liquider avant terme pour payer des gens nerveux qui veulent récupérer leurs billes au plus vite.

Si trop d’investisseurs exigent leur argent en même temps, les fonds peuvent choisir de ne pas tous les rembourser.

Tous ne sont pas nécessairement alarmés ; un investisseur, Robert Picard de Hightower Advisors, qui s’est exprimé à la suggestion de Blue Owl, a déclaré qu’il était confiant parce que beaucoup des prêts en question sont à long terme.

Il a qualifié les entreprises comme Blue Owl de « meilleurs gestionnaires de fonds et prêteurs dans l’économie américaine actuelle ».

Bien sûr, les moments d’incertitude à Wall Street créent aussi des occasions, et les opportunistes reniflent le crédit privé dans l’espoir de profiter de ses difficultés.

Boaz Weinstein, gestionnaire de fonds spéculatif célèbre pour avoir contribué à faire tomber le tristement célèbre London Whale Trader de JPMorgan Chase en 2012, prédit que Blue Owl aura tellement de mal à honorer les demandes de rachat qu’il ne propose que 65 cents par dollar aux investisseurs qui veulent récupérer leur argent immédiatement.

Un autre fonds spéculatif, Rubric Capital, dans une note aux investisseurs largement diffusée à Wall Street, prédit une cascade de défauts de paiement de crédit privé qui résulteraient en partie d’une « inadéquation entre les actifs et les passifs ».

La note montre du doigt le gestionnaire d’actifs Cliffwater, plus grand exploitant de « fonds à intervalle », particulièrement actif dans la vente de crédit privé aux particuliers.

Le plus grand fonds de Cliffwater, lancé en juin 2019, n’a depuis déclaré que trois mois de rendements de placement négatifs. Il gère maintenant 33 milliards de dollars. La première occasion de retrait pour les investisseurs se présente la semaine prochaine.

Ruée vers les guichets ?

La note de Rubric Capital estime que Cliffwater pourrait être « le canari dans la mine ». Rubric, fondé par un ancien adjoint du propriétaire des Mets de New York, Steven A. Cohen, prédit que Cliffwater sera « le premier domino de la panique bancaire que nous prévoyons ».

Sollicité pour cet article, Cliffwater n’a pas répondu.

Dans une note adressée à ses clients après avoir été sollicitée par le New York Times, la société a qualifié les inquiétudes de Rubric d’« excessives et rabâchées », ajoutant que Rubric n’avait pas contacté l’entreprise avant de diffuser son analyse.

Stephen Nesbitt, PDG de Cliffwater, a par la suite nié qu’il y ait une inadéquation entre actif et passif, ajoutant que le fonds est noté A par Standard & Poor’s et qu’il dispose de liquidités suffisantes pour face à plus d’un an de demandes de rachat potentielles.

Ces liquidités, selon les documents publics, seraient obtenues en empruntant davantage d’argent.

Les projecteurs restent braqués sur Blue Owl, dont les dirigeants aimaient autrefois décrire l’entreprise comme « ennuyeuse ». Créée en 2016 pour prêter à des entreprises considérées comme trop risquées pour les banques traditionnelles, elle a fait son entrée en Bourse en 2021 au prix de 10 $ l’action.

Le titre de Blue Owl a maintenant chuté de 60 % par rapport à son sommet de janvier 2025.

Cet article a été publié dans le New York Times.

De Blue Owl à Blue Hole ?

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Le prix du baril de pétrole pulvérise le 100$ ce soir. On se dirige vers un nouveau choc pétrolier, 50 ans après ceux des années 70, si cette guerre n’est pas contenue.

https://www.cnbc.com/2026/03/08/crude-oil-prices-today-iran-war.html

Avec ses 93 millions d’habitants l’Iran est le pays le plus peuplé du Moyen-Orient avec une population relativement jeune. Il a donc une capacité de résilience considérable et pourra résister longtemps contrairement à l’Irak du temps de Sadam Hussein. Tandis qu’une tentative américaine de combattre au sol serait très difficile à réaliser et extrêmement risquée du côté américain. Comme Trump déteste perdre on peut s’attendre que ce conflit dure malheureusement un bon moment. :grimacing:

Pendant ce temps:

Guerre en Iran Un cardinal s’insurge contre un montage vidéo de la Maison-Blanche

(Washington) Le cardinal américain Blase Cupich, proche du pape Léon XIV, a qualifié d’« écœurant » et de « terrifiant » un montage vidéo de la Maison-Blanche mêlant des extraits de films hollywoodiens à des images réelles de frappes sur l’Iran.

« Une véritable guerre, avec de véritables morts et de véritables souffrances, traitée comme un jeu vidéo, c’est écœurant », a déclaré samedi le cardinal, dans une publication sur le site du diocèse de Chicago, dont il est l’archevêque.

Dans cette vidéo de 42 secondes publiée vendredi sur X, et sous-titrée « La justice à l’américaine », des scènes héroïques hollywoodiennes alternent avec des images diffusées par l’armée américaine montrant de véritables frappes sur diverses cibles.

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Il s’agit d’une « représentation terrifiante » alors que « plus de 1000 hommes, femmes et enfants iraniens » ont été tués par des missiles américains et israéliens, s’est indigné le prélat.

« Notre gouvernement considère la souffrance du peuple iranien comme une toile de fond pour notre propre divertissement, comme s’il s’agissait d’un nouveau contenu à faire défiler en attendant son tour dans la queue d’un supermarché », a ajouté le cardinal américain.

« Nous perdons notre humanité lorsque nous sommes captivés par le pouvoir destructeur de nos forces armées », a-t-il averti.

« Je sais que le peuple américain vaut mieux que cela », a-t-il encore écrit.

Le diocèse de Chicago est l’un des plus grands des États-Unis.

Un comportement méprisant, indigne et inacceptable de la part du président Trump. Cette présidence deviendra la honte et le déshonneur de l’histoire moderne des USA quand les américains se réveilleront finalement. Tout sauf la grandeur de l’État.

Quand la misogynie de Trump est lancée à la face des journalistes

Cochonne. Laide. Stupide. Horrible personne. À la face du monde, des correspondantes à la Maison-Blanche se font dénigrer par Donald Trump sans que personne bronche sur le coup. Pourquoi cette absence de réplique illico aux injures du président ciblant les femmes ? Analyse.

« Une femme journaliste se fait traiter de “cochonne” par le président Trump et qu’arrive-t-il autour d’elle, en temps réel ? Les gens font comme si de rien n’était. C’est cela qui frappe l’imaginaire : le fait que personne autour d’elle ne se soit opposé. »

Présidente et directrice générale du Centre national de droit des femmes, aux États-Unis, Fatima Gross Graves se montre renversée en entrevue par cette absence de réaction.

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Et quand Trump a reproché à la journaliste vedette Kaitlan Collins de ne jamais sourire et d’être à l’origine de présumées piètres cotes d’écoute de CNN, la journaliste chevronnée est restée de glace… tout comme ses collègues. « Je pense que beaucoup de femmes ont pu s’identifier à moi, à ce moment-là », a-t-elle dit au Late Show de Stephen Colbert le mois dernier.

Elle n’a pas été surprise. « Le président m’a traitée de tous les noms, il s’en est souvent pris à moi, a-t-elle déclaré. Il cherche à détourner l’attention des questions que nous posons. » Deux mois plus tôt, sur son réseau Truth Social, Donald Trump l’avait d’ailleurs qualifiée de « toujours stupide et méchante ».

Soit on normalise ça et on plonge dans une misogynie sans précédent, soit ce corps de presse va agir d’une seule voix et dire : ça suffit.

Nicolle Wallace, ancienne directrice de la communication de la Maison-Blanche

En entrevue, Fatima Gross Graves, du Centre national de droit des femmes, persiste et signe. « Je ne dis pas que c’est facile, de trouver le courage de s’opposer au président des États-Unis, mais on parle d’une salle remplie de journalistes qui pourraient s’interposer collectivement. […] Et la loi, qui ne date pas d’hier, est claire : au travail, toute discrimination – particulièrement émanant des plus hautes autorités – est interdite. Les femmes doivent être traitées avec dignité. »

Analyse de Stephan Bureau sur les conséquences mondiales du conflit en Iran et les conséquences sur l’opinion publique aux États-Unis:

Conflit au Moyen-Orient/ Un chef de guerre sans plan

Huit jours après les premiers bombardements en Iran, le président des États-Unis est toujours incapable de formuler clairement ses objectifs.

Si on ne comprend pas les objectifs, difficile de prévoir la fin de la guerre.

D’un autre côté, ça permet de déclarer la victoire n’importe quand. Cette confusion n’est peut-être donc pas seulement le fruit de l’improvisation, mais une tactique de communication du commandant en chef.

On sent qu’il brûle d’envie de crier victoire à tout moment. Comme il n’en définit pas bien le contenu, libre à lui de choisir le moment.

N’empêche : à quelques heures d’intervalle seulement, Donald Trump a déclaré que la guerre est « très complète, à peu près ». Les combats sont « très en avance sur l’échéancier », a-t-il ajouté.

Plus tard, il a déclaré : « nous avons gagné de plusieurs manières » et « nous allons de l’avant plus déterminés que jamais pour atteindre notre victoire ultime, qui mettra fin à ce danger de longue date une fois pour toutes ».

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Quels sont les objectifs précis ? Quelle est cette victoire ultime ?

Neutraliser les capacités militaires de l’Iran, sans doute.

Parfois, il est question de changement de régime. Mais quand c’est le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, qui parle, cette hypothèse n’est pas sur la table.

Il est ensuite question du programme nucléaire iranien, censé avoir été annihilé par les frappes américaines de 2025. Ce n’était manifestement pas le cas.

Preuve supplémentaire du faible degré de planification : le détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial, est à peu près fermé à la circulation. C’était pourtant une des conséquences les plus prévisibles de cette guerre. Avec la hausse des prix du pétrole.

Réponse de Trump : si l’Iran continue à entraver la circulation maritime, « nous allons les frapper si fort qu’il leur sera impossible, ou à quiconque leur venant en aide, de récupérer cette partie du monde ».

J’écrivais la semaine dernière que le renversement de ce régime assassin, tortionnaire, commanditaire majeur du terrorisme, qui enrichit de l’uranium malgré les interdictions, et voué à la destruction d’Israël, est un objectif militaire légitime. Déjà, désarmer ce pays dangereux se justifie. Mais jusqu’où ? Jusqu’à quand ?

J’écrivais aussi que je n’ai aucune confiance en la vision géopolitique de Donald Trump.

Une semaine plus tard, ses justifications confuses, contradictoires, n’ont vraiment rien pour nous rassurer.

La seule constance est l’affirmation de la force de frappe de l’armée américaine, de sa puissance militaire « comme le monde n’en a jamais vu ». Tout en répétant que la guerre sera très courte… mais en admettant que ça peut durer longtemps, comme dit Hegseth, car on ne sait jamais…

Il donne l’impression de projeter une fin imminente du conflit uniquement pour calmer la spéculation sur le prix du pétrole.

Peut-être, malgré ses démonstrations de force, le régime très contesté des mollahs sera-t-il éventuellement renversé à la faveur des évènements. Peut-être pas. Impossible de le prédire. Il se peut que le résultat final soit encore plus de souffrance.

Mais ce qui saute aux yeux chaque jour un peu plus, c’est le degré d’impréparation de l’administration Trump pour autre chose que des frappes militaires dont on ne voit pas la fin. Dans le plan pour l’après-guerre, comme dans les tentatives d’alliance internationale pour l’avant-guerre, on est devant une page blanche.

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Cette carte du site Flightradar24 montre qu’il n’y a plus d’avions civils dans les ciels d’Iran, d’Irak, de Syrie et du Liban.

Photo : Flightradar24

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Dans la Presse

Base aérienne au Koweït | Le camp canadien frappé lors d’une attaque de missiles

Le camp des Forces armées canadiennes (FAC) au Koweït a été touché par une attaque de missiles iraniens, au cours de laquelle un refuge fortifié a été lourdement endommagé, révèle une enquête de La Presse. L’évènement survenu il y a une dizaine de jours n’a pas été divulgué aux parlementaires qui ont tenu un débat d’urgence sur la guerre cette semaine. Les militaires, qui étaient dans un autre bâtiment lors de l’impact, s’en tirent heureusement sans blessures. Il s’en est fallu de peu.

Le 1er mars, quelques heures après le déclenchement des hostilités par les États-Unis et Israël, l’Iran a lancé une grande salve de répliques. Ses missiles balistiques ont commencé à pleuvoir au-dessus des bases américaines au Moyen-Orient. La plupart ont été interceptés en vol par des systèmes de défense, mais pas tous.

L’une des bases visées est la base aérienne d’Ali Al-Salem, au Koweït, où se trouve un important contingent américain. Surnommé « The Rock » par les militaires, ce vaste complexe militaire abrite aussi « Camp Canada », un centre opérationnel canadien actif depuis plus de dix ans. Une équipe de La Presse avait pu visiter les lieux, dont le pourtour était hérissé de systèmes de défense antimissiles, en 2016.
[…]

Par rapport à ce qui se passe en Iran et avec les iraniens vivant à l’étranger, le régime des Mollahs est prêt à tout pour garder le contrôle sur sa population, ses ressortissants dans les pays étrangers et sur le narratif, même à user l’intimidation et à la menace de mort. L’une des joeuses de football iraniennes, après avoir demandé l’asile en Australie pour avoir refusé de chanter l’hymne national durant la Coupe d’Asie, est finalement retournée en Iran, sans doute car sa famille était menacée:

Une footballeuse iranienne restée en Australie change d’avis et décide de rentrer en Iran

La police australienne a aidé deux autres membres de l’équipe féminine de football iranienne à échapper à la surveillance de leurs gardes du corps pour demander l’asile, mais l’une d’entre elles a changé d’avis et décidé de rentrer en Iran. Les autres membres de la sélection sont en Malaisie dans l’attente d’un vol retour.

Par : Stéphanie TROUILLARD

Une des footballeuses iraniennes qui avaient sollicité et obtenu l’asile en Australie a finalement changé d’avis, ont annoncé mercredi 11 mars les autorités australiennes.

La joueuse a pris cette décision après avoir “parlé à certaines de ses coéquipières qui étaient parties”, a indiqué le ministre de l’Intérieur Tony Burke mercredi au Parlement. Celles-ci “l’ont encouragée à contacter l’ambassade iranienne”, a-t-il déclaré. “En conséquence, l’ambassade iranienne a alors appris l’emplacement” des joueuses, a précisé le ministre, qui a dit avoir “donné des instructions pour que les personnes soient déplacées”, ce qui a été fait “immédiatement”.

Sept membres de l’équipe féminine nationale ont obtenu l’asile en Australie après avoir refusé début mars de chanter l’hymne national lors d’un match contre la Corée du Sud en Coupe d’Asie à Sydney, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient. Pour ce geste, les joueuses, dont la capitaine Zahra Ghanbari, avaient été qualifiées de “traîtresses” dans leur pays.

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L’attaquante Mohaddeseh Zolfi, âgée de 21 ans, et son assistante Zahra Soltan Moshkehkar avaient accepté mardi soir l’offre d’aide du gouvernement, après l’obtention de l’asile par cinq joueuses de l’équipe la veille.

Mohaddeseh Zolfi et Zahra Soltan Moshkehkar avaient été séparées du reste de l’équipe avec l’aide de la police fédérale australienne avant d’embarquer sur un vol intérieur pour Sydney. Avant leur départ du pays, les autorités australiennes ont séparé les membres restants de l’équipe de leurs accompagnateurs iraniens à l’aéroport de Sydney et les ont informés des options qui s’offraient à eux. Tous ceux qui sont arrivés à l’aéroport ont choisi de retourner en Iran.

“Nous avons veillé à ce qu’il n’y ait aucune précipitation, aucune pression. L’objectif était de garantir la dignité de ces personnes afin qu’elles puissent faire leur choix en toute liberté”, a déclaré Tony Burke.

Le ministre a précisé que certaines joueuses l’avaient interrogé sur la possibilité d’aider des membres de leur famille à quitter l’Iran. “Bien sûr, les résidents permanents ont des droits, notamment celui de parrainer d’autres membres de leur famille. Mais tout cela n’a d’importance que si ces personnes peuvent quitter l’Iran”, a-t-il expliqué.

Des menaces ?

Selon la chaîne australienne ABC News, la tension “était à son comble” à l’aéroport de Sydney avant le départ de l’équipe. Une des joueuses avait envisagé de rester, mais elle aurait changé d’avis par crainte d’un manque de sécurité pour sa famille. ABC News a entendu un message vocal envoyé par la mère de la jeune femme à un membre de la communauté irano-australienne : “Ne revenez pas (en Iran)… Ils vous tueront.”

D’après un membre de cette communauté, “l’athlète a subi des pressions de la part d’un membre du personnel, qui aurait des liens avec le régime de la République islamique et faisait partie de la délégation officielle de l’équipe en Australie”.

Le site Iran International, basé à Londres, affirme également que le bureau du procureur général de la République islamique a publié mardi une déclaration menaçante à l’encontre des joueuses restées en Australie. Il a demandé aux sportives de rentrer en Iran “pour apaiser les inquiétudes de leurs familles” et a décrit leurs demandes d’asile comme le résultat d’un “complot ennemi” et d’une “agitation émotionnelle”.

Les médias iraniens ont de leur côté rapporté que le bureau du procureur général iranien avait déclaré que les membres restants de l’équipe étaient invités à rentrer “en toute paix et confiance”.

Attente en Malaisie

Le reste de la délégation, qui comptait 26 membres au départ, a quitté l’Australie pour la Malaisie mardi soir. La formation a rejoint un hôtel de Kuala Lumpur, la capitale malaisienne, et attend de reprendre son voyage vers l’Iran, difficile à rejoindre en raison de la guerre qui a conduit à l’interruption de nombreuses liaisons aériennes, a déclaré la Confédération asiatique de football (AFC).

“L’AFC apportera tout le soutien nécessaire à l’équipe pendant son séjour, jusqu’à ce que les modalités de son voyage ultérieur soient confirmées”, a déclaré un porte-parole de la confédération dans un communiqué. L’ambassade d’Iran à Kuala Lumpur a indiqué à l’agence de presse malaisienne Bernama que les joueuses se portaient bien et “souhaitaient rentrer chez elles”.

La présence de l’Iran au Mondial remise en cause ?

Cette affaire intervient à quelques mois du Mondial 2026 organisé conjointement par les États-Unis, le Mexique et le Canada, et auquel l’équipe masculine iranienne doit participer.

⁠Le président de la Fifa ⁠Gianni Infantino a ​déclaré mercredi avoir rencontré le président américain Donald Trump, qui lui a assuré soutenir la participation ​de l’Iran à la Coupe du monde.

L’Iran était le seul pays absent du sommet de planification de la ​Fifa ‌pour les participants à la Coupe du monde qui s’est tenu ⁠la semaine dernière à Atlanta, ce qui a renforcé les interrogations quant à la venue de l’équipe nationale iranienne sur le sol américain ‌cet été, dans un contexte d’escalade du conflit.

L’Iran ​s’est qualifié pour sa quatrième Coupe du monde consécutive, mais ​Mehdi Taj, le président de la Fédération de football de la République islamique d’Iran, a déclaré que la violence des attaques menées ​par les forces américaines et israéliennes n’augurait rien de bon pour la Coupe du monde, qui se déroulera du 11 juin au 19 juillet. “Ces événements ne resteront pas sans réponse (…). Mais ce qui est sûr à l’heure actuelle, c’est qu’avec cette attaque et cette cruauté, on ne peut pas envisager avec espoir la Coupe du monde”, avait-il déclaré à la télévision iranienne.

Selon ABC News, Mehdi Taj, qui est aussi vice-président de la Confédération asiatique de football, est un ancien commandant du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI).

Les Iraniens ont été placés dans le groupe G avec la Belgique, l’Égypte et la Nouvelle-Zélande. Leurs matches sont prévus aux États-Unis : ⁠deux à Los Angeles et un à Seattle. Si les États-Unis et l’Iran terminent tous deux deuxièmes de leurs ⁠groupes respectifs, les ​deux pays pourraient s’affronter en seizièmes de finale, le 3 juillet à Dallas.

Avec AFP, AP et Reuters

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Guerre au Moyen-Orient Les Grands Prix de F1 à Bahreïn et en Arabie saoudite sont annulés

(Shanghai) La guerre au Moyen-Orient a entraîné l’annulation de deux Grands Prix de Formule 1 prévus mi-avril à Bahreïn et en Arabie saoudite, a annoncé dimanche l’organisation mondiale qui chapeaute la très prospère discipline reine du sport automobile.

La suppression de ces deux week-ends d’essais, de qualifications et de courses, les 10-12 et 17-19 avril près de Manama et à Jeddah, attirant chaque année des centaines de milliers de fans, avait été envisagée dès le début du conflit dans le Golfe il y a deux semaines.

« On a confirmé aujourd’hui qu’après de minutieuses évaluations, en raison de la situation en cours au Moyen-Orient, les Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite n’auront pas lieu en avril », a officialisé dans un communiqué la Fédération internationale de l’automobile (FIA) depuis Shanghai, où se tient dimanche le Grand Prix de Chine.

Les deux évènements sportifs, économiques et médiatiques dans ces deux riches pays arabes du Golfe, régulièrement ciblés depuis le 28 février par l’Iran tout proche, ne seront pas « remplacés » par d’autres Grands Prix, notamment en Europe, selon la même source.

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« Priorité à la sécurité »

« La FIA fera toujours passer en priorité la sécurité et le bien-être de nos équipes », a assuré le président de la FIA, l’Emirati Mohammed Ben Sulayem, cité dans le communiqué.

Le dirigeant a dit « espérer le calme, la sécurité et un retour rapide de la stabilité dans la région », où les monarchies et émirats arabes sont frappés par des drones et missiles tirés par leur voisin iranien, en représailles à l’offensive militaire des États-Unis et d’Israël.

Le minuscule royaume de Bahreïn, qui abrite la Cinquième flotte des forces armées américaines et la monarchie saoudienne, alliée des États-Unis, sont « incroyablement importants pour l’écosystème de notre saison de courses » de F1, a encore fait valoir le patron de la FIA, sans fournir la moindre évaluation financière d’une telle annulation.

Le circuit international de Bahrein a de son côté indiqué qu’il « soutenait » la décision de la FIA. « Nous avons hâte d’accueillir à nouveau à Bahreïn des fans du monde entier lorsque la F1 fera son retour », a indiqué la direction du circuit dans un communiqué.

Des médias britanniques, comme la BBC et The Independent, ont évoqué samedi un coût total de dizaines de millions de dollars.

Outre le circuit bahreïni de Sakhir, au centre de cette petite île qui fait face à l’Iran, et celui de Jeddah, au bord de la mer Rouge, le Qatar et Abou Dabi (Émirats arabes unis) accueillent les deux derniers Grands Prix de la saison fin novembre et début décembre.

Le paddock bruissait de rumeurs d’annulation depuis une semaine, lors du premier Grand Prix à Melbourne (Australie) le week-end dernier et à Shanghai.

Une source proche du dossier avait indiqué vendredi à l’AFP que les courses de Sakhir et de Jeddah seraient « annulées ou reprogrammées ».

Domination de Mercedes

La FIA a donc fait cette annonce quelques heures avant le Grand Prix de Chine, le deuxième de la saison pour l’instant archidominée par l’écurie allemande Mercedes.

Son pilote italien, Andrea Kimi Antonelli, sera dimanche à 19 ans le plus jeune détenteur de la position de tête de l’histoire de la Formule 1 en ayant signé samedi la première position sur la grille de départ.

Avant l’annonce des annulations dans le Golfe, Antonelli avait reconnu que la situation n’était « pas bonne ».

Son coéquipier britannique George Russell, 28 ans, également favori pour la couronne mondiale, partira en deuxième position. Il a remporté samedi la course sprint de 100 kilomètres sur le circuit chinois et survole ce début de saison à la nouvelle réglementation pour les moteurs et les châssis des monoplaces.

Le duo Mercedes est talonné par les Ferrari du septuple champion du monde britannique Lewis Hamilton et du Monégasque Charles Leclerc.

Suivent les McLaren-Mercedes du tenant du titre, le Britannique Lando Norris, et de l’Australien Oscar Piastri.

En revanche, les Red Bull si performantes les saisons précédentes sont à la peine, malgré le quadruple champion du monde des pilotes, le Néerlandais Max Verstappen, et le jeune Français Isack Hadjar.

La saison 2026 comptera donc 22 Grands Prix. Après Shanghai, l’énorme logistique de la F1 se déplacera à Suzuka (Japon) fin mars, puis à Miami (États-Unis) début mai.

Conflit au Moyen-Orient /Trump appelle à la rescousse ceux qu’il a méprisés

Après des discours agressifs, après des attaques commerciales sans précédent, bref, après s’être mis à dos à peu près tous les alliés des États-Unis, Donald Trump demande leur aide.

Samedi, le président des États-Unis a demandé aux grandes marines du monde de venir escorter les pétroliers dans le détroit d’Ormuz, fermé depuis le bombardement israélo-américain de l’Iran.

Tentant, n’est-ce pas ?

Suite de la chronique

Il « espère » que la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud et le Royaume-Uni vont venir faire la police sur la mer la plus dangereuse au monde aujourd’hui.

Je ne sais pas qui va être assez imprudent ou désespéré pour lever la main. Mais ça en dit long sur le degré d’amateurisme de cette énorme opération militaire.

Devant le ton belliqueux du président envers ses alliés dans sa stratégie tarifaire depuis un an, ils ont été nombreux à rappeler une évidence : on a beau être le pays le plus puissant au monde, on a toujours besoin d’amis.

Mais Trump fait fi tant des alliances commerciales que des organisations internationales, avec leur lenteur, leurs incessants palabres et leur impuissance.

Les États-Unis seuls peuvent tout régler, et les États-Unis peuvent tout régler seuls. De toute manière, selon Trump, le monde entier a besoin des États-Unis. Donc le monde entier finira par plier, suivre ou obéir.

Plusieurs fois, et bien avant la première frappe américaine en Iran, le haut commandement militaire américain avait pourtant prévenu Donald Trump : les Iraniens vont probablement bloquer le détroit d’Ormuz.

Qu’importe : le président des États-Unis s’est fié à son « instinct », comme il dit. Il a roulé les dés : la déroute militaire iranienne serait telle que le régime n’aurait pas les moyens de réagir sérieusement.

Deux semaines plus tard, ce passage maritime stratégique où transite le cinquième de la production mondiale de pétrole est à peu près complètement bloqué. Officiellement, il n’est fermé qu’aux Américains, aux Israéliens et à leurs alliés. Mais qui veut courir le risque de s’y aventurer ?

L’aviation iranienne a beau être décimée, des opérations de drones assez peu sophistiquées peuvent suffire à attaquer les pétroliers ou à en décourager le passage.

Ce n’est pas une surprise, tout ceci était facile à envisager, et a été exposé maintes fois au président, selon le Wall Street Journal.

Les dommages sont énormes pour l’économie mondiale. Alors maintenant, Trump appelle les autres pays à la rescousse.

« Depuis le début, ç’aurait toujours dû être un effort d’équipe, et maintenant ça le sera », écrit-il sur son réseau social.

Un peu tard pour dire ça…

Devant l’augmentation du prix de l’essence, devant l’impopularité de cette guerre aux États-Unis, la pression est forte sur Trump pour qu’il crie victoire et arrête tout. Mais comment ? En se contentant de dire que les capacités militaires et nucléaires de l’Iran sont largement anéanties ? Il recule dans ses déclarations sur un changement de régime. Il laisse entrevoir un vague arrangement à la vénézuélienne, avec le maintien du régime, mais sous contrôle et menace. Ce n’est pas une mince affaire après des frappes aussi massives…

Quel est le plan post-militaire ? Y en a-t-il seulement un ?

Quand l’OTAN a décidé, il y a 30 ans, de bombarder l’ex-Yougoslavie, où des opérations de nettoyage ethnique à grande échelle avaient lieu depuis des années, la région s’est réorganisée politiquement. Cela s’est fait sous la contrainte, après l’échec répété de la diplomatie. Mais du moins, il en est résulté une série d’États pacifiés.

En Iran, Israël et les États-Unis font étalage de leur puissance militaire incomparable.

Mais jusqu’à quand ? Et après ? Même Napoléon, qui ne s’était pas privé en la matière, reconnaissait l’« impuissance » de la seule force « pour organiser quelque chose ».

Ce serait bien le comble que les alliés méprisés de Trump aillent risquer leur vie pour sa guerre.

Ils sont nombreux à se souvenir des paroles du président, à Davos en janvier. Il disait alors à Fox News que les soldats de l’OTAN n’avaient pas contribué à l’effort de guerre en Afghanistan, restant loin de la ligne de front. C’est évidemment faux : près de la moitié des 3500 soldats de l’OTAN morts là-bas étaient des alliés. Le Canada y a perdu 158 militaires, et le Danemark 44, soit le plus haut ratio par habitant.

Deux mois plus tard, après avoir craché sur eux, il demande aux armées des mêmes pays alliés d’envoyer leurs enfants se faire tuer pour réparer son erreur.

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Il y aura un deuxième tour à la mairie de Paris

Grégoire (PS) 31% à 34%

Dati (coalition centre-droit) 25% à 30%

Sommet Canada-Pays nordiques /Un front uni pour défendre des intérêts communs

PHOTO ADRIAN WYLD, LA PRESSE CANADIENNE

Le premier ministre Mark Carney (au centre) a conclu son séjour en Norvège avec le Sommet Canada-Pays nordiques.

(Oslo) Les premiers ministres du Canada et des pays nordiques ont convenu de poursuivre leurs efforts pour défendre la souveraineté dans l’Arctique et élargir les relations bilatérales en matière de commerce et d’investissement dans un monde où les moyens technologiques et le commerce sont de plus en plus utilisés comme « outils de coercition ».

Le premier ministre Mark Carney a conclu dimanche sa première visite officielle en Norvège en participant à un sommet Canada-Pays nordiques, réunissant également la Suède, la Finlande, le Danemark et l’Islande.

« À une époque marquée par des tensions géopolitiques accrues, des guerres et une multitude de crises, nous sommes unis dans la conviction que la coopération internationale, fondée sur le droit international et sur des valeurs et des intérêts communs, reste le meilleur moyen de renforcer notre sécurité et notre prospérité communes », peut-on lire dans la déclaration commune des dirigeants publiée après la réunion.

La déclaration commune des six dirigeants exprime leur engagement à accroître la coopération « afin d’assurer la sécurité et la souveraineté de nos populations et de bâtir les économies prospères et vertes de demain ».

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PHOTO ADRIAN WYLD, LA PRESSE CANADIENNE

La première ministre islandaise Kristrun Frostadottir, le premier ministre suédois Ulf Kristersson, le premier ministre canadien Mark Carney, le premier ministre norvégien Jonas Gahr Store, la première ministre danoise Mette Frederiksen et le premier ministre finlandais Petteri Orpo posent pour une photo de famille avant le sommet Canada-Pays nordiques à Oslo, en Norvège, le 15 mars 2026.

Ordre mondial

Lors d’une conférence de presse après la réunion, la première ministre danoise Mette Frederiksen a déclaré que l’ancien ordre mondial avait probablement disparu pour de bon.

Nous devons donc construire quelque chose de nouveau : un ordre mondial fondé sur les valeurs que nous défendons.

Mette Frederiksen, première ministre danoise

Au cours de la conférence de presse des six dirigeants, les journalistes ont demandé s’ils étaient prêts à se mobiliser pour défendre le Groenland et le Danemark si un autre allié de l’OTAN tentait de s’emparer du territoire — une référence aux déclarations américaines sur la nécessité de prendre le contrôle de l’île pour des raisons de sécurité nationale.

M. Carney a rappelé que la souveraineté territoriale devait être respectée et que l’avenir du Groenland dépendait de son peuple et du Danemark.

PHOTO THOMAS FURE, AGENCE FRANCE-PRESSE

Le premier ministre canadien Mark Carney discutant avec son homologue danoise Mette Frederiksen

« Nous soutiendrons cela par les mesures nécessaires, en tant que partenaire », a dit M. Carney. L’Union européenne et d’autres pays ont été clairs sur ces principes fondamentaux. Le principe de solidarité a contribué à créer un espace qui aurait toujours dû exister, pour être clair, afin de mettre en place un meilleur parapluie de sécurité dans l’Arctique. Nous sommes donc clairs sur notre position et nous continuerons à soutenir le Danemark et le Groenland. »

Le premier ministre norvégien Jonas Gahr Store et les autres dirigeants ont tous dit qu’ils soutenaient également le Groenland.

« Il s’agit des principes fondamentaux du droit international, de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale, qui ne sont pas simplement des concepts théoriques. Ce sont des réalités concrètes qui déterminent la manière dont nous préservons la liberté et la démocratie », a déclaré M. Store.

Ces réalités concrètes incluent les menaces militaires croissantes dans l’Arctique. M. Carney a déclaré que la Russie représentait la plus grande menace pour la sécurité physique, mais qu’il existait d’autres menaces « à plusieurs niveaux ».

L’OTAN mène actuellement ses exercices d’entraînement biennaux « Cold Response », au cours desquels 32 000 soldats issus de 14 pays, dont les États-Unis, mènent une série d’exercices militaires dans le nord de la Norvège et de la Finlande.

PHOTO BERNADETT SZABO, ARCHIVES REUTERS

Un véhicule de combat d’infanterie CV90 tire lors des exercices militaires « Cold Response » de l’OTAN près de Bardufoss, dans l’Arctique norvégien, le 13 mars 2026.

« Nous devons comprendre que la Russie est notre plus grande menace, et qu’elle restera une menace pour les pays nordiques et arctiques. C’est pourquoi nous devons aller de l’avant pour renforcer ensemble la sécurité dans l’Arctique », a souligné le premier ministre finlandais Petteri Orpo.

M. Carney a été interrogé sur l’état d’avancement d’une offre conjointe germano-norvégienne visant à fournir des sous-marins au Canada, ainsi que sur la possibilité d’acheter des avions de chasse suédois Saab, et sur la question de savoir si ces sujets avaient été abordés lors de la réunion.

Le premier ministre canadien a répondu que les offres concernant les sous-marins — l’entreprise coréenne Hanwha étant l’autre concurrent — étaient actuellement à l’étude et a rappelé qu’il s’agissait d’un processus indépendant dans lequel il ne s’impliquerait pas.

M. Store a déclaré qu’il respectait le processus mis en place au Canada.

Avant la réunion avec les dirigeants nordiques, M. Carney a rencontré le ministre des Finances norvégien et le PDG de la Norges Bank.

M. Carney devrait quitter Oslo pour Londres dimanche après-midi. Il doit y rencontrer lundi le roi Charles III et le premier ministre britannique, Keir Starmer. Il s’agira de sa septième rencontre avec son homologue britannique en un peu plus d’un an.

Après cela, le premier ministre restera en Europe pour ses vacances tandis que le reste de la délégation rentrera au Canada lundi. Il a souligné jeudi qu’il resterait en contact étroit avec son équipe tout au long de son congé.

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Grégory Doucet et Jean-Michel Aulas au coude-à-coude à Lyon ; à Bordeaux, le maire sortant, l’écologiste Pierre Hurmic, devance de justesse le macroniste Thomas Cazenave

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Le deuxième tour va être différent à Paris, Marseille et Lyon par rapport aux autres villes. Dans toutes les villes dès qu’une liste finit en tête au deuxième tour ça lui donne la majorité absolue (50% des conseillers comme prime de victoire + son pourcentage de la tarte). à Paris, Marseille et Lyon la majorité simple au deuxième tour donne moins de prime et ça va forcer des compromis. Il n’y a pas d’élection direct à la mairie c’est comme ici pour le PM. Leurs maires sont élus par les conseils.

Au Téléjournal

Premier tour d’élections municipales sous tension en France

En France, près de 49 millions de personnes étaient appelées aux urnes (15 mars 2026) pour le premier tour des élections municipales marquées par un climat politique tendu. Selon les estimations, le taux de participation s’élève à 57,6 %, une hausse par rapport à 2020 en pleine pandémie de COVID-19, mais une baisse comparativement à 2014. À Paris, la droite ambitionne de mettre fin à 25 années de domination de la gauche. Le Rassemblement national espère également ravir Marseille, la deuxième plus grande ville du pays.

Le résumé de la journée de Camille Kasisi-Monet


Texte de l’AFP sur le site de Radio-Canada

L’extrême droite en dynamique, percée de la gauche radicale : les deux partis, qui ont fait des municipales en France un test en vue de la présidentielle de 2027, sortent confortés du premier tour dimanche dans un scrutin qui voit globalement la gauche se maintenir, notamment à Paris.

Le parti d’extrême droite français Rassemblement national (RN) arrive en tête dans plusieurs villes et le parti de gauche radicale La France insoumise (LFI) crée la surprise dans d’autres.

Cependant, dans les deux plus grandes villes de France, la gauche sortante fait de bons résultats. À Paris, le socialiste Emmanuel Grégoire est largement devant l’ex-ministre de droite Rachida Dati. Et à Marseille, le maire proche du Parti socialiste Benoît Payan arrive en tête, bien que talonné par le député du Rassemblement national Franck Allisio.
[…]

Trump a joué la plus mauvaise carte de son jeu (la force brute unilatérale avec Israël) et attend maintenant que l’OTAN l’appuie pour le sortir de son propre piège. Or le mandat de l’OTAN est de défendre un de leurs membres s’il est attaqué par une force étrangère. Ce qui n’est absolument pas le cas, puisque ce sont les USA qui ont attaqué l’Iran (deux fois plutôt qu’une) et sans aucune consultation du côté de la communauté internationale. Il est aussi très clair que les populations européennes refuseront vigoureusement de participer à l’élargissement du conflit.

On constate aussi la figuration inutile du Conseil de Paix de Trump qui reste sagement en retrait.

L’Iran prêt à aller « aussi loin » que nécessaire

(Jérusalem) L’Iran a assuré lundi être prêt à aller « aussi loin » que nécessaire dans la guerre au Moyen-Orient, alors que les puissances occidentales écartent toute mission de l’OTAN pour rouvrir le détroit d’Ormuz après des pressions en ce sens de Donald Trump.

Le président américain doit s’adresser à la presse sous peu, a-t-il annoncé sur son réseau social, sans donner de détails sur le format.

Dix-sept jours après l’attaque israélo-américaine sur Téhéran, le conflit embrase le Moyen-Orient et inquiète la planète tout entière, tant pour les risques qu’il fait peser sur l’économie mondiale et l’approvisionnement en pétrole, que pour l’instabilité géopolitique qu’il génère.

Les États-Unis et Israël « ont compris à quel genre de nation ils avaient affaire : une nation qui […] est prête à poursuivre la guerre jusqu’au bout, où qu’elle mène, et à aller aussi loin que nécessaire », a lancé le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi.

« Guerre plus vaste »

« L’OTAN est une alliance pour la défense du territoire » de ses membres, a répondu Berlin, et « il manque le mandat permettant de [le] faire intervenir » au Moyen-Orient.

Le premier ministre britannique, Keir Starmer, a également écarté une mission de l’OTAN, mais affirmé travailler avec ses partenaires, en Europe, dans le Golfe et avec les États-Unis, sur un plan « viable » pour rouvrir le détroit.

Il a pour autant souligné la complexité de la tâche et exclu que Londres se laisse « entraîner dans une guerre plus vaste ».

« Il est dans notre intérêt de maintenir ouvert le détroit […], nous sommes en train de discuter […] du côté européen », a fait valoir de son côté la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas.

Quant à la Chine, Donald Trump a menacé d’y reporter un voyage prévu fin mars si elle refusait de s’impliquer, soulignant qu’elle « importait 90 % de son pétrole via le détroit ». Il n’a obtenu qu’une réponse laconique de Pékin, qui a assuré rester « en communication » avec Washington sur cette visite.

(…)

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Le bonhomme orange déclenche une guerre contre l’Iran et veut maintenant l’aide de l’OTAN et de la Chine pour se sortir du pétrin qui lui coûte environ 2 G$ / jour en dépenses militaires.

Donald Trump dit avoir demandé à sept pays de déployer des navires dans le golfe Persique pour maintenir le détroit d’Ormuz ouvert.

Le président menace de « conséquences très mauvaises pour l’avenir de l’OTAN » si les pays de l’alliance refusent d’obtempérer.

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Conflit au Moyen-Orient/ Veuillez déposer votre tête dans ce piège

Du point de vue de Donald Trump, c’est une offre que les autres pays ne peuvent pas refuser : l’aider à sécuriser le détroit d’Ormuz pour que reprenne le transport maritime de pétrole, de gaz et d’autres biens. Et pourtant, ils la refusent. Notamment parce qu’ils n’ont aucune raison de le faire.

Le président a exhorté la Chine, le Japon, la Corée du Sud, la France et le Royaume-Uni à escorter les navires dans cet étroit corridor, où transite le cinquième du pétrole mondial.

Le ministre de la Défense du Canada, David McGuinty, a dit ne pas « avoir l’intention » de se joindre à cette campagne. Il n’en a pas vraiment la capacité non plus. Nous avons 12 frégates vieillissantes, dont seulement trois sont opérationnelles.

D’autres pays pourraient en théorie aider les États-Unis. Mais pour eux, les dangers sont immédiats, alors que les gains restent hypothétiques.

Pour la politique partisane, la réflexion est simple. Cette attaque des États-Unis et d’Israël est impopulaire. Même les États-Uniens sont contre. Aucun chef de gouvernement n’a intérêt à se rallier à cette cabale.

Pour la diplomatie, c’est également assez simple. Les États-Unis n’ont pas consulté leurs anciens alliés avant de lancer l’attaque à la fin de février. Ils ne les ont pas invités non plus. Ils n’étaient pas prêts à contrer cette prévisible perturbation du détroit par l’Iran. Et ils n’utilisent pas toutes leurs capacités de le faire. Pourquoi accomplir la sale besogne à leur place ?

Pour éviter le pire, répond Trump. Il menace de conséquences « very bad » pour l’OTAN.

Or, l’Alliance se prépare à un monde où les États-Unis seront un membre déstabilisateur, qui entretient de vagues projets d’annexion du territoire d’un État membre comme le Danemark. Bref, les États-Unis ont déjà arrêté d’être fiables.

La Chine est dans une situation différente. Elle est proche de l’Iran, dont elle est le principal acheteur de pétrole. Dans un certain nombre de pays asiatiques, le télétravail est encouragé depuis le début de la guerre, et l’énergie, y compris la climatisation, est rationnée. La Chine souhaite donc la désescalade de ce conflit. Mais elle ne doit pas être ébranlée par la plus récente menace de Trump – reporter la rencontre avec le président Xi Jinping. Et surtout, elle ne veut pas se liguer avec Washington. Au contraire, elle n’est pas déçue de voir les États-Unis s’y brûler.
(…)
La semaine dernière, des transporteurs ont demandé l’aide de la US Navy. Elle a refusé. Trop dangereux. Mais si ces braves Français, Anglais et Chinois veulent le faire, ils sont les bienvenus…

(…)

Frappes d’envergure sur l’Iran et le Liban, Trump déçu par ses alliés

Trump surpris par l’Iran

Donald Trump ne cache plus sa frustration face au peu de succès de son appel à ses alliés pour qu’ils participent à la sécurisation du détroit.

« Nous encourageons vivement les autres pays à s’impliquer avec nous […] et avec beaucoup d’enthousiasme », a-t-il déclaré lundi.

Il a par ailleurs admis être surpris par la réponse iranienne à l’attaque du 28 février, en particulier les frappes sur les pays du Golfe.

« Personne ne s’y attendait. Nous avons été choqués », a-t-il affirmé. « Les plus grands experts, personne ne pensait qu’ils allaient frapper » dans le Golfe. « C’étaient, je ne dirais pas des pays amis, […] plutôt des pays neutres ».

Un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux transitent par le détroit d’Ormuz.

Le président américain espérait notamment l’aide des pays de l’OTAN pour le sécuriser. Mais en Europe, l’Allemagne et la Grande-Bretagne excluent une opération de l’Alliance atlantique. Japon et Australie, alliés historiques des États-Unis, ont eux aussi écarté l’envoi de navires de guerre.