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Avec toute cette incohérence et la confusion qui transpire dans l’équipe Trump concernant la guerre d’Iran, on constate une fois de plus le haut niveau d’amateurisme et d’inexpérience du gouvernement Trump et l’équipe qui l’entoure.

Conflit au Moyen-Orient Une guerre qui divise MAGA

(New York) L’effet drapeau n’est pas au rendez-vous. Selon les premiers sondages, la majorité des Américains désapprouvent les frappes américaines contre l’Iran. Ils résistent ainsi au réflexe traditionnel d’appuyer la décision d’un président de partir en guerre. Sur ce plan, la guerre de Donald Trump contre l’Iran est aux antipodes de celles de George W. Bush contre l’Afghanistan et l’Irak, du moins au début.

Mais l’effet drapeau est aussi absent chez plusieurs influenceurs de droite. Et cela inclut certaines têtes d’affiche du mouvement MAGA, de Megyn Kelly à Tucker Carlson en passant par Candace Owens.

Megyn Kelly, animatrice d’un populaire balado, a martelé lundi l’un des arguments les plus souvent entendus depuis le début de l’opération Epic Fury au sein de cette droite qui semble encore croire aux principes de « l’Amérique d’abord » énoncés par Donald Trump lui-même.

« Il existe des divergences considérables quant à ce que nous avons fait [en Iran] », a déclaré l’ancienne star de Fox News. « Mais mon sentiment personnel est que personne ne devrait mourir pour un pays étranger. »

Je ne pense pas que ces [six] militaires soient morts pour les États-Unis. Je pense qu’ils sont morts pour l’Iran et pour Israël.

Megyn Kelly, lundi, dans son balado

Rubio met le feu aux poudres

Le conflit au Moyen-Orient intervient au moment où Israël est critiqué aux États-Unis tant par la gauche que par une partie de la droite. Les critiques visent l’État juif non seulement pour ses actions dans la bande de Gaza, mais également pour son influence sur la politique étrangère américaine. Chez certains tenants du mouvement MAGA, dont l’influenceuse Candace Owens, elles virent à l’antisémitisme.

Mais le secrétaire d’État, Marco Rubio, n’a pas aidé la cause de l’administration Trump lundi en soulignant le rôle d’Israël dans la décision de Donald Trump de donner le feu vert à des frappes américaines contre l’Iran.

Résumé

« Le président a pris une décision très sage : nous savions qu’Israël allait passer à l’action », a déclaré le chef de la diplomatie américaine avant de rencontrer des parlementaires au Capitole. « Nous savions que cela précipiterait une attaque contre les forces américaines, et nous savions que si nous ne les attaquions pas de manière préventive avant qu’ils ne lancent ces attaques, nous subirions des pertes plus importantes. »

Matt Walsh, commentateur et animateur de balado pro-Trump, a réagi avec stupéfaction à la déclaration du secrétaire d’État.

Il nous dit donc clairement que nous sommes en guerre avec l’Iran parce qu’Israël nous y a contraints. C’est en gros la pire chose qu’il pouvait dire.

Matt Walsh, dans une publication sur X

C’était aussi le énième argument présenté par Donald Trump et ses conseillers pour justifier une décision qui contredit la promesse du président de ne pas entraîner les États-Unis dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient.

Objectifs peu clairs

Le commandant en chef a dit tout et son contraire concernant les objectifs et la durée de l’opération. Après avoir évoqué des frappes de « quatre ou cinq jours », il a parlé d’une intervention de « quatre à cinq semaines », sinon plus.

Et après avoir mentionné parmi ses objectifs le renversement de la théocratie iranienne, il a soudainement cessé d’en parler.

Pour certains supporteurs du président, cette incapacité à définir clairement les objectifs de l’intervention militaire est source d’inquiétudes.

Inquiétudes exprimées lundi sur X par Sean Davis, fondateur du site The Federalist, qui a l’habitude d’appuyer aveuglément Donald Trump : « L’absence de message cohérent semble suggérer l’absence d’objectif cohérent. »

Bien sûr, des influenceurs MAGA appuient la guerre de Donald Trump contre l’Iran. Le commentateur Michael Knowles a traduit lundi la confiance totale de certains d’entre eux envers le président.

« Que veut Trump par rapport à l’Iran ? », a-t-il demandé dans son balado. « Éliminer les armes nucléaires ? Libérer le peuple ? Répandre la démocratie ? Pas vraiment. Je pense qu’il veut remodeler l’ordre mondial d’une manière qui profite à l’Amérique. Sa grande stratégie consiste à rendre à l’Amérique sa grandeur. »

Il est évidemment encore trop tôt pour savoir quel effet aura cette guerre sur les élections de mi-mandat. Cependant, on sait déjà que les républicains sont moins enthousiastes que les démocrates à l’idée de se rendre aux urnes en novembre. Il y a un écart important de 14 points de pourcentage entre les deux partis sur cette question.

L’économie explique en partie ce manque d’enthousiasme, de même que les dossiers Epstein, dont la gestion par le département de la Justice a déçu des partisans de Donald Trump. À ces facteurs, il faudra peut-être ajouter une guerre au Moyen-Orient.

Question : « Que cherche à accomplir Donald Trump en ce qui a trait à Cuba ? », demande Diane Bienvenue.

Réponse : Le président américain veut mettre fin au régime communiste à Cuba, objectif poursuivi par la plupart de ses prédécesseurs, à commencer par Dwight Eisenhower en 1960. Le blocus pétrolier auquel il soumet l’île s’inscrit dans cet objectif. Et ses interventions au Venezuela et en Iran, qui ont éliminé deux autocrates, semblent lui faire croire qu’il parviendra aussi à ses fins à Cuba.

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Conflit au Moyen-Orient/ Les leçons oubliées

Après les fiascos qu’ont été les guerres du Viêtnam, d’Irak et d’Afghanistan, les États-Unis ont tiré deux leçons quant à la doctrine sur les conflits armés à l’étranger. D’abord, que toute intervention armée doit avoir des objectifs clairs. Ensuite, qu’il faut un plan de sortie lorsque ces objectifs sont atteints.

Mais l’intervention américaine en Iran s’amorce en ne tenant compte ni de l’une ni de l’autre de ces leçons.

Ainsi, samedi, le président Donald Trump disait vouloir « donner aux Iraniens la chance de se donner le gouvernement qu’ils souhaitent » et de prendre les commandes de leur destin. Comme s’il allait être facile de reconstruire un gouvernement sur un champ de ruines.

Dimanche, il déclarait au New York Times qu’il avait repéré « trois excellents choix » qui pourraient diriger le pays. Puis, lundi, il disait au réseau ABC que les frappes américaines avaient « si bien réussi qu’ils sont tous morts ».

Combien de temps cette intervention américaine pourrait-elle durer ? « Whatever it takes » (le temps qu’il faudra), a dit le président lundi lors d’une cérémonie de remise de médailles. Plus précisément, il a parlé d’au moins quatre ou cinq semaines, « peut-être plus ».

En bref, les objectifs de l’administration Trump sont tout sauf clairs et, bien entendu, le plan de sortie n’existe tout simplement pas à l’heure actuelle.

On est dans le même « whatever it takes » qui a déjà embourbé les forces américaines dans les jungles du Viêtnam et les déserts d’Irak.

Il n’y a pas eu, encore une fois, de débat public au Congrès sur les avantages et inconvénients potentiels d’une intervention américaine dans la poudrière du Moyen-Orient, et ce, même si la Constitution américaine stipule que c’est le Congrès qui a le pouvoir de déclarer la guerre. Ce qui fait que la responsabilité politique, si les choses devaient mal tourner, sera celle de M. Trump et de personne d’autre.

Résumé

Il n’est évidemment pas question de considérer l’Iran comme un acteur pacifique et positif sur la scène internationale. Il s’agit d’un État voyou, l’un de ceux qui soutiennent le plus des groupes terroristes.

Mais on doit poser la question : une fois le régime des mollahs décapité, qu’est-ce qui va empêcher qu’un autre groupe – possiblement encore plus radical – ne s’installe au pouvoir en Iran ?

Ce qui pose aussi la question de l’occupation de l’Iran. L’expression à la mode à Washington ces jours-ci est « no boots on the ground » (pas de soldats américains sur le terrain). Sauf qu’on ne peut pas changer un régime juste en lâchant des bombes, sans une forme ou une autre d’occupation du territoire. Historiquement, en tout cas, cela n’est jamais arrivé.

Donc, combien de temps les militaires américains occuperont-ils l’Iran ? Mystère.

C’est d’ailleurs le principal problème du président. Il est en train de faire exactement le contraire de ce qu’il avait promis pour se faire élire. L’envoi de troupes au sol en Iran risque de diviser son mouvement MAGA comme aucun autre sujet ne saurait le faire. L’un des credo du mouvement est America First, ce qui implique de ne pas envoyer de jeunes Américains mourir dans un autre Viêtnam à de prétendues fins stratégiques.

« Je ne vais pas commencer de nouvelles guerres, je vais arrêter des guerres », avait-il dit le soir de sa réélection, le 6 novembre 2024.

On peut certainement dire que M. Trump n’est pas l’instigateur de cette guerre. Il est clair qu’il s’est rendu aux arguments du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qui stratégiquement est le grand gagnant de cette opération militaire. Les États-Unis voulaient détruire les armes nucléaires iraniennes, mais l’objectif stratégique d’Israël était plus ambitieux, soit de démanteler le régime politique des mollahs.

Mais toute opération militaire comporte des risques : on sait quand ça commence, mais pas comment cela pourrait finir.

En Iran même, la situation reste incertaine et le régime est encore capable de se défendre, comme en fait foi l’attaque de missiles contre l’ambassade des États-Unis en Arabie saoudite et le consulat des États-Unis à Dubaï.

Sans compter que l’on commence déjà à voir le conflit s’étendre au Liban, dans les États du golfe Persique et dans l’ensemble de la région. Encore une fois, on ne sait pas comment cela pourrait finir.

La situation pourrait donc se retourner contre M. Trump, tant sur le plan militaire et diplomatique que sur le plan de la politique intérieure. La fermeture, dans les faits, du détroit d’Ormuz, par lequel passe 20 % de la production mondiale de pétrole, signifie que les prix de l’essence à la pompe vont augmenter, ce qui fera monter le taux d’inflation. Sans oublier ceux qui ont cru à son America First et qui se sentent aujourd’hui trahis.

Dans une année électorale aux États-Unis, c’est une crise sur plusieurs tableaux que Donald Trump a créée et qu’il ne pourra pas éluder.

Analyse, Guerre en Iran : où est la Russie?

Alliée de longue date de Téhéran, Moscou a critiqué les attaques menées par les États-Unis et Israël, mais ne donne pas l’impression de vouloir s’impliquer davantage dans le conflit.

La Russie perd ses alliés

En décembre 2024, le régime de Bachar Al-Assad s’effondre en Syrie. Celui qui a imposé son règne pendant plus d’une décennie de guerre civile est finalement chassé de Damas après une campagne éclair de forces de l’opposition.

La Russie, notamment présente sur la base navale méditerranéenne de Tartous, a fortement contribué aux succès initiaux de Bachar Al-Assad, qui lui ont permis de demeurer en place pendant autant d’années.

Mais quand le régime est tombé, Moscou, dont les efforts et les ressources étaient concentrés depuis deux ans en Ukraine, ne s’est pas porté à la défense de son protégé, si ce n’est qu’en offrant à Assad de s’exiler dans la capitale russe, où il vit toujours.

Plus récemment, le Kremlin a condamné la capture par les forces américaines du président vénézuélien Nicolas Maduro, sans néanmoins se porter à la défense d’un pays longtemps perçu comme étant le plus fidèle allié russe dans la région.

D’ailleurs, si des représentants du gouvernement russe se sont exprimés depuis samedi, le président russe Vladimir Poutine, lui, n’a pas pris la parole pour dénoncer le conflit au Moyen-Orient, si ce n’est que pour offrir ses condoléances pour la mort de l’ayatollah Khamenei.

Et la Chine?

Les critiques contre les frappes menées par Israël et les États-Unis sont également venues de Pékin.

Depuis des années, la Chine entretient aussi des liens étroits avec Téhéran. L’évacuation de quelque 3000 ressortissants chinois qui se trouvaient toujours dans le pays, après les premières attaques de samedi, en est un rappel.

En 2021, les deux pays ont signé un partenariat stratégique de centaines de milliards de dollars pour les 25 prochaines années, prévoyant entre autres l’inauguration d’un chemin de fer de milliers de kilomètres reliant Xi’an, en Chine, à Téhéran.

Sur le plan énergétique, la Chine importe chaque jour environ 1,4 million de barils de pétrole brut iranien.

Le pétrole iranien exporté se rend majoritairement vers la Chine

Photo : Reuters / Darley Shen

Mais le régime iranien est plus dépendant de la Chine que l’inverse. Le brut iranien destiné au marché chinois ne représente que 13 % à 14 % des importations de Pékin, alors qu’il consiste en 80 % des exportations pétrolières de l’Iran, qui fait face à des sanctions de la part de pays occidentaux.

La Chine dispose non seulement d’autres partenaires, mais aussi d’autres priorités. Pékin se prépare à la fin du mois à la visite très attendue du président américain, Donald Trump, celui-là même qui a autorisé les frappes contre l’Iran.

Plutôt qu’adopter une attitude conflictuelle sur le dossier iranien, le président chinois, Xi Jinping, préférera peut-être interpeller son homologue sur des dossiers chers à son pays, comme celui des tarifs douaniers.

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wag Yi, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Ryabkov, et le vice-ministre des Affaires étrangères iranien, Kazeem Gharibabadi.

Photo : Getty Images

Révélatrice des dynamiques au Moyen-Orient, cette guerre donne des indications sur certaines dynamiques qui vont bien au-delà de la région. Du pragmatisme de Pékin… à l’influence de plus en plus limitée d’une Russie aux prises avec un conflit coûteux humainement et militairement en Ukraine.

Selon Chatham House, un groupe de pression britannique, le seul avantage que peut éventuellement tirer Moscou du conflit qui secoue actuellement le Moyen-Orient serait de profiter au maximum de la distraction américaine dans l’espoir de priver Kiev de tout oxygène médiatique et faire oublier la guerre en Ukraine.

Ironiquement, les difficultés que rencontre son allié iranien pourraient même bénéficier à Moscou. La guerre a un impact à la hausse sur les cours mondiaux du pétrole, dont dépend la Russie pour financer ses efforts de guerre en Ukraine.

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La caricature de Côté

Par André-Philippe Côté, Le Soleil

4 mars 2026 à 04h00

(André-Philippe Côté/Le Soleil)

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Conflit au Moyen-Orient/ Carney n’exclut pas d’impliquer le Canada

Un missile balistique abattu par l’OTAN, un navire iranien coulé par les États-Unis en zone internationale et des forces militaires déployées au Liban. L’offensive américano-israélienne contre l’Iran a encore pris de l’ampleur mercredi. Et le Canada n’exclut pas totalement de participer au conflit.

Le Canada pourrait-il s’impliquer militairement dans ce conflit en croissance ? Mark Carney a refusé d’écarter la possibilité, en conférence de presse.

« On ne peut jamais exclure catégoriquement une participation », a statué le premier ministre, en anglais.

« Les États-Unis et Israël ont décidé de mener des actions offensives sans consultation avec le Canada ou aucun autre allié, et ça, nous ne le soutenons pas. Mais nous défendrons toujours les Canadiens et soutiendrons nos alliés lorsqu’ils feront appel à nous », a-t-il poursuivi.

L’élu s’adressait aux médias en compagnie de son homologue australien, Anthony Albanese, à qui il rendait visite dans le cadre d’une vaste mission commerciale internationale.

Mark Carney souhaite une désescalade des hostilités. Une avenue toutefois impossible, selon lui, tant que l’Iran demeure apte « à développer l’arme nucléaire » et à « exporter le terrorisme ».

Sa position contraste avec celle de l’ex-premier ministre canadien Jean Chrétien face à l’offensive américaine en Irak, en 2003. M. Chrétien avait catégoriquement refusé de se joindre aux États-Unis et à la Grande-Bretagne dans leur offensive contre l’Irak de Saddam Hussein. Il avait soutenu sa décision en invoquant l’absence d’appui des Nations unies.

L’OTAN s’en mêle

La tension ne fait que monter, cinq jours après les premières salves américano-israéliennes. D’habitude préservées du tumulte de la région, des villes comme Dubaï et Riyad se retrouvent également plongées dans le chaos, entre ambassades des États-Unis fermées, touristes bloqués, milliers de vols annulés, raffineries et pétroliers visés.

Affaiblissement progressif

La réponse de Téhéran aux offensives s’affaiblit, s’enthousiasme la Maison-Blanche. Selon ses prévisions, l’armée américaine prévoit avoir le contrôle « total » de l’espace aérien iranien dans les heures à venir.

Les tirs de missiles balistiques iraniens sont en très forte baisse, « de 86 % par rapport au premier jour des combats », a statué mercredi le chef d’état-major américain Dan Caine.

Si la force de frappe iranienne est bel et bien affaiblie, les « possibilités d’escalade régionale seront réduites », estime le professeur en science politique de l’UQAM Justin Massie.

Il est aussi possible que [les forces iraniennes] fourbissent leurs armes pour mener des actions plus importantes, des essaims ou des nuées de drones et de missiles pour avoir une capacité de pénétrer les défenses aériennes des pays qu’ils visent.

Justin Massie, professeur en science politique de l’UQAM

L’armée israélienne prévoit poursuivre ses frappes contre l’Iran pendant « au moins » une ou deux semaines, ont rapporté mercredi plusieurs médias israéliens.

Les forces israéliennes ont pénétré mercredi dans plusieurs localités et villages frontaliers relevant de la juridiction des Casques bleus dans le sud du Liban.

Le Hezbollah a affirmé que ses combattants étaient engagés dans des affrontements « directs » avec des soldats israéliens entrés dans la ville libanaise de Khiam, à six kilomètres de la frontière avec Israël.

« Après avoir traqué » une unité de l’armée israélienne qui « tentait d’avancer » à l’intérieur de la ville, les combattants du Hezbollah « ont fait détoner un engin explosif et se sont engagés dans des affrontements directs » avec les soldats israéliens, selon un communiqué du mouvement.

L’OTAN s’en mêle

Il n’en demeure pas moins que l’Iran continue de se défendre. Un missile balistique y a été tiré vers l’espace aérien turc. Sa course a été freinée par les systèmes de défense de l’OTAN, positionnés en Méditerranée orientale. L’incident n’a fait ni victimes ni blessés.

« L’OTAN se tient fermement aux côtés de tous les alliés, y compris la Turquie, au moment où l’Iran poursuit ses attaques indiscriminées dans toute la région », a commenté la porte-parole de l’organisation Allison Hart.

Le missile ne visait pas la Turquie, mais plutôt une base militaire à Chypre, a confirmé un responsable turc sous le couvert de l’anonymat à l’AFP.

Lorsqu’un de ses membres est attaqué, l’OTAN peut invoquer l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord. Celui-ci prévoit qu’une attaque contre l’un d’eux est considérée comme une attaque contre tous, et engage les alliés à appuyer la partie attaquée.

Dans ce cas-ci, il serait surprenant que cet article soit invoqué, puisque la Turquie n’a pas été directement ciblée, croit M. Massie. « S’il y avait eu une salve de dizaines de missiles iraniens s’attaquant directement à la Turquie, oui, ça aurait été considéré », explique le spécialiste en conflits armés.

Il est plus probable, à son avis, que l’OTAN ait recours à l’article 4, qui permet d’entamer des discussions d’urgence pour évaluer une situation, sans déclencher automatiquement d’action militaire.

« Illégal », encore

Pendant ce temps, les États-Unis se sont félicités d’avoir coulé un bateau de guerre iranien dans l’océan Indien, causant la mort de 87 marins. Près de 150 personnes sont portées disparues et plusieurs corps ont été repêchés après le naufrage de la frégate iranienne Dena au large du Sri Lanka, à la suite de ce que des membres d’équipage ont décrit comme une explosion.

« Un sous-marin américain a coulé un navire de guerre iranien qui pensait être en sécurité dans les eaux internationales. Au lieu de quoi il a été coulé par une torpille », a déclaré le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth. Selon lui, il s’agissait d’une première attaque du genre depuis la Seconde Guerre mondiale.

L’assaut soulève son lot de questions, puisqu’il a été effectué dans des eaux internationales, à l’encontre de principes de droits internationaux importants.

Reste que l’attaque demeure un élément d’illégalité parmi tant d’autres depuis le lancement du conflit, rappelle Justin Massie.

« Et ce n’est pas le pire. Dans la hiérarchie de l’illégalité, tuer un leader d’un pays et mener un changement de régime par voie d’armements me paraît pire », relativise-t-il.

Même s’il est difficile de statuer si l’attaque était un « crime de guerre », il est illégal aux yeux de la Charte des Nations unies et du droit international humanitaire, corrobore la spécialiste en droit international rattachée à l’Université Notre Dame Mary Ellen O’Connell.

« De plus, il est clair que les États-Unis ne sont pas restés sur place pour secourir les survivants. Cela constitue une violation des normes maritimes et du principe d’humanité qui s’applique en toutes circonstances en temps de guerre », souligne-t-elle.

Les sénateurs républicains derrière Trump

Du côté des États-Unis, une résolution visant à limiter les pouvoirs de Donald Trump dans la guerre a été rejetée mercredi au Sénat américain. La majorité républicaine soutient massivement l’opération du président au Moyen-Orient.

Avant même le déclenchement du conflit, le sénateur démocrate Tim Kaine avait présenté une résolution pour « ordonner le retrait des forces armées américaines des hostilités contre la République islamique d’Iran qui n’ont pas été autorisées par le Congrès ».

Par ailleurs, l’armée américaine a tué le chef d’une unité iranienne qui a tenté d’assassiner Donald Trump, a affirmé Pete Hegseth mercredi. « L’Iran a essayé d’assassiner le président Trump, et le président Trump a eu le dernier mot », a-t-il martelé, sans toutefois offrir plus de détails.

Avec la collaboration d’Anouchka Debionne, La Presse, et l’Agence France-Presse

Firme d’intelligence artificielle Anthropic/ Le robot répudié par Trump est pourtant utile aux militaires

Quelques heures après avoir ordonné à toutes les agences gouvernementales de cesser « immédiatement » d’utiliser les technologies de la firme d’intelligence artificielle Anthropic, les États-Unis ont lancé une vaste opération militaire contre l’Iran… avec l’aide du robot conversationnel Claude, créé par Anthropic.

Résumé

Comment l’intelligence artificielle a-t-elle été utilisée pour mener les frappes contre l’Iran ?

Pour pouvoir attaquer 1000 cibles en 24 heures, les militaires américains ont eu recours à un système informatique qui a analysé des tonnes de données extraites de satellites, d’activités de surveillance sur le terrain, de cartes géographiques. Ce système informatique, baptisé Maven Smart System, a été mis au point par Palantir, un développeur spécialiste de l’analyse de données. Le robot conversationnel d’intelligence artificielle Claude, créé par la firme Anthropic, est intégré au système Maven et permet, par exemple, de suggérer les meilleures cibles à attaquer à partir des données compilées par ce dernier.

Anthropic savait-elle que son robot Claude était utilisé par l’armée américaine ?

Oui, puisque Claude a commencé à être intégré au système Maven en 2024 et qu’un contrat a été signé en 2025. Mais en janvier dernier, Anthropic a demandé des précisions sur l’utilisation de sa technologie par les militaires américains. Des informations ont révélé que le robot Claude avait été utilisé dans l’opération menée au Venezuela pour capturer le président Nicolás Maduro. La semaine dernière, Anthropic a exigé que sa technologie ne soit pas utilisée pour la surveillance de masse des Américains ou le déploiement d’armes entièrement autonomes.

Cette intervention d’Anthropic a ulcéré la Maison-Blanche. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a dit vouloir que les forces armées puissent utiliser les systèmes d’intelligence artificielle comme Claude sans restriction. Le 27 février, en réponse à Anthropic qui a refusé d’accepter ces conditions, le président Donald Trump a annoncé sa décision de « cesser immédiatement » de faire affaire avec la firme, tout en accordant une période de transition de six mois. « Nous n’en avons pas besoin, nous n’en voulons pas et nous ne travaillerons plus avec eux », a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social.

Quelques heures plus tard, les premières salves américaines et israéliennes frappaient l’Iran.

L’utilisation du robot Claude dans le système informatique employé pour mener les frappes en Iran est-elle contraire à l’accord initial conclu entre Anthropic et le département de la Défense ?

Difficile de dire où se trouve précisément la ligne que la firme d’intelligence artificielle refuse de franchir. La semaine dernière, le responsable de la technologie au Pentagone, Emil Michael, déclarait au réseau CBS que les militaires utilisaient déjà ces systèmes en accord avec la loi américaine qui l’empêche d’exercer une surveillance de masse des citoyens américains. « Rendu à un certain niveau, vous devez faire confiance à votre armée pour qu’elle fasse la bonne chose », avait déclaré Emil Michael. « Mais nous devons nous préparer pour l’avenir », avait-il ajouté pour justifier le refus des autorités de s’engager par écrit à ne pas faire de la surveillance de masse ou pour opérer des armes entièrement autonomes.

Pour Sarah Kreps, spécialiste des nouvelles technologies à l’Université Cornell, « les entreprises qui choisissent de travailler avec des entrepreneurs de la défense et le département de la Défense doivent s’attendre à ce que leurs technologies soient utilisées dans des systèmes militaires opérationnels. C’est l’objectif de bon nombre de ces programmes. Lorsqu’un logiciel est intégré à une plateforme de défense, en particulier une plateforme conçue pour le ciblage ou l’analyse du champ de bataille, il devient inévitablement partie intégrante des décisions liées à la guerre ».

Mais les développeurs d’IA ont aussi une certaine responsabilité quant à l’utilisation de leurs systèmes, dit-elle. Ces clarifications doivent faire l’objet de négociations avant que leurs modèles ne soient intégrés dans des plateformes militaires. Mais comme l’intégration de l’IA dans les infrastructures militaires se fait très rapidement, l’influence des développeurs s’en trouve diminuée.

Est-ce que ce conflit avec le gouvernement américain nuira à Anthropic ?

D’autres développeurs d’IA ont profité de ce conflit pour se rapprocher du gouvernement américain. C’est le cas du compétiteur d’Anthropic, OpenAI, qui a conclu un accord avec le département de la Défense au moment même où Donald Trump répudiait publiquement Anthropic. Lors d’une rencontre avec ses employés, mardi, le PDG Sam Altman a indiqué que l’agence fédérale ne souhaitait pas qu’OpenAI exprime son opinion sur le bien-fondé de certaines actions militaires, selon ce qu’une source a confié au Washington Post.

Mais les citoyens américains, eux, semblent plutôt appuyer Anthropic. Dans la dernière semaine, le robot Claude a, pour la première fois, dépassé son rival ChatGPT (d’OpenAI) pour le nombre de téléchargements de leurs applications mobiles aux États-Unis.

Avec The Washington Post et Associated Press

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Carney est passé bien rapidement de la position “l’ordre mondial basé sur le droit était un leurre mais on, le Canada, va essayer de le rétablir" a la position “si les USA ne respectent pas le droit international dans des guerres impérialistes on va les soutenir”…

C’est pas comme si certains d’entre nous l’avait pas dit que le discours de Davos n’était juste que du spectacle…

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Carney est un peu coincé dans sa position. L’Iran a tiré un missile sur la Turkie, et ce pays est membre de l’OTAN.

Soit que l’OTAN est crédible (possible réponse obligatoire à une attaque sur la Turkie), soit qu’elle ne l’est pas (ce que Trump déclare).

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Nouvelle analyse de Stephan Bureau aujourd’hui sur le conflit en cours en Iran:

L’alternative c’est quoi? Refuser catégoriquement et risquer que Trump nous impose un embargo? L’Espagne le fait parce qu’elle est protégée par l’Union Européenne, mais malheureusement nous n’avons pas ce luxe.

Carney peut aussi dire qu’il appuiera les États-Unis et au final faire le minimum possible sans envoyer de soldats là-bas, ce serait une stratégie plus intelligente que se mettre Donald Trump à dos.

L’autre point important, c’est l’importance de nos relations avec Israel et les pays du Golfe, la Turquie, Chypre. Dans cette optique ça a plus de sens de s’impliquer, ne serait-ce que pour protéger nos alliés.

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Comme rien n’est normal avec Trump, mieux vaut justement demeurer prudent dans nos choix et garder le profil bas, en attendant de régler nos contentieux avec les USA. Personnellement je crois que respecter les lois internationales sont la première priorité, car il faut toujours avoir un regard sur le long terme. Ensuite respecter nos engagements avec nos partenaires, dont l’OTAN, sont essentiels car ils nous servent de parapluie pour contrer les humeurs changeantes du président américain, sans pour autant faire de l’aplatventrisme.

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Autre point également: les négociations de l’ACEUM sont en cours, donc ce n’est vraiment pas le bon moment de se mettre à dos les États-Unis.

Et de plus, l’Iran, depuis 5-10 ans était devenu en quelque sorte la cour arrière du parti communiste chinois en exportant son pétrole en Chine (qui est devenue son principal client) et l’alliée de la Russie dans la guerre en Ukraine en fournissant activement notamment munitions, missiles et drones aux troupes russes. Et pendant ce temps le Canada donne des milliards pour supporter l’Ukraine.

Donc si le Canada venait à dire qu’elle s’oppose au renversement du régime des Mollahs, simplement pour vouloir fourrer son doigt dans l’oeil de Trump (puisque la haine de Trump semble avoir pris le dessus sur le pragmatisme au Canada et au Québec), ça viendrait à être une contradiction profonde avec ses positions passées, surtout que le Canada considère les Gardiens de la Révolution (IRGC), les groupes comme le Hezbollah et le Hamas (soutenus par le régime des Mollah) comme organisations terroristes. Et de plus, nous devrions rappeler également que ce régime des Mollahs a tenu, ou tient encore, des citoyens canadiens comme otages et prisonniers en Iran.

Malheureusement, les lois internationales sont devenues désuètes depuis bien longtemps. On ne cesse d’évoquer “le droit international”, mais qu’est-ce que réellement le droit international s’il ne fait rien contre des régimes totalitaires et mafieux, comme le régime des Mollah en Iran qui ne cesse d’opprimer et massacrer sa propre population et qui a une vision apocalyptique du monde avec son fanatisme religieux? On parle de 30 000 citoyens iraniens massacrés par la “police des moeurs” et les gardiens de la révolution en janvier et février dernier, simplement parce-que les hommes et les femmes iraniennes demandaient plus de liberté…

Et dire cela n’est pas une caution de ce que font Trump et les États-Unis, puisqu’ils viennent de mettre leurs doigts dans un baril de poudre qui est prêt à exploser en tout temps. Mais le Moyen-Orient a malheureusement toujours été ainsi, et je peux l’affirmer, ayant vécu là-bas et voyant comment les sociétés fonctionnent là-bas…

Je pointe tout simplement du doigt que le discours de Davos était du pur spectacle sans aucun fond de réalité, ce que nous étions déjà de nombreux à réaliser à l’époque.

Protéger nos “alliés” d’avoir attaqué un pays souverain, en dehors de tout droit international ? Est-ce que ce genre de raisonnements s’applique aux alliés de la Chine et de la Russie aussi ?

Au moins, je dois reconnaitre à la période tragique que nous vivons, la fin de l’hypocrisie occidentale prétendument basée sur la défense des “droits et libertés fondamentales” contre les autocraties. On peut tous constater qu’il n’a jamais été question de “démocratie” ou de “libertés” dans les interventions occidentales, mais bien de défenses d’intérêts économiques.

Je crois qu’il y a une grosse nuance à apporter quand même… On peut très bien critiquer l’attaque initiale (et c’est ce que Carney a fait au début), mais le résultat est là. On est embarqué la dedans parce que maintenant les Émirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite, le Qatar, Bahreïn, la Jordanie, le Kowaït, Chypre, sont attaqués par l’Iran…

Je crois qu’on est dans une bien mauvaise posture malheureusement, parce qu’on est obligé de contribuer à une guerre illégale.

Je ne vois pas l’intérêt économique d’attaquer l’Iran… Les vrais gagnants ici ce sont les Israéliens. Trump a probablement été forcé de participer pour éviter un plus gros conflit, et il s’est dit que ça ferait une bonne diversion face au scandale Epstein.

Par contre à votre point… Il vous faut plus de recul. C’est clairement documenté depuis longtemps que les actions posées par les USA ont toujours eues un volet économique… J’ai lu sur l’histoire d’Hawaii récemment, c’est tellement flagrant!

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Affaiblir un des plus gros producteurs de pétrole plus proche des intérêts Chinois. Après le Venezuela, (un autre gros producteur de pétrole fournisseur de la Chine) la stratégie semble claire et s’inscrit plus profondément dans une guerre de proxy entre les USA et la Chine.

Merci, mais je n’ai pas découvert hier que les guerres impérialistes menés par les différents blocs (incluant le bloc occidental) avaient pour objectif principal la défense des intérêts économiques de ces pays. Que ça soit la France avec ses fournisseurs d’uranium au Sahel, les USA avec leurs guerres pour l’accès au pétroles au moyen orient, etc.
Et pas seulement Hawai, l’histoire des USA est marqué par ces guerres impérialistes pour défendre les entreprises américaines, on pourrait parler de l’Irak, du Chili, du Panama (un pays fondé par l’intervention américaine), du Congo, du Honduras, de la Colombie, du Guatemala, de Cuba, etc… La liste est longue…

Je constate juste que l’on a arrêté d’utiliser le vernis habituel de la propagande qui consistait à présenter ces guerres comme des guerres pour la démocratie ou la liberté.

Quant à la situation actuelle, c’est en retournant à la table de négociation que l’on sortira de la crise, pas en envoyant l’armée (d’ailleurs, c’est Trump lui même qui était sorti de l’accord sur le nucléaire iranien …).

C’est sûr que c’est difficile d’avoir de la stabilité étant donné que les diverses puissances arrêtent pas de bombarder et de changer les régimes en place. J’aimerais rappeler que Mossadegh avait élu démocratiquement dans un pays qui connaissait un grand mouvement d’émancipation populaire. Qui a décidé de le remplacer pour s’assurer que le pétrole ne soit pas nationalisé ? Qui a décidé d’instaurer une monarchie autoritaire qui a ensuite mené à la révolution islamique ? Ça serait bien d’éviter les discours essentialistes infondés.

Je ne comprends pas pourquoi vous cherchez toujours la confrontation ou faire du pointage du doigt lorsque quelqu’un ne partage pas le même point de vue que le vôtre, ou n’est pas aligné avec votre pensée…

Avez-vous déjà vécu au Moyen-Orient? Je parle de mon expérience ayant vécu là-bas pendant 10 ans et ayant une partie de ma famille du côté paternel qui vient de cette région, faisant partie d’une minorité religieuse qui a été et qui est encore discriminée, voir même attaquée par d’autres fanatiques religieux, forçant ma famille au complet (oncles, tantes, grand-parents, cousins, cousines, etc.) à devoir immigrer ici au Québec, voyant qu’il n’y avait pas d’avenir là-bas pour eux, il y a plus de 40 ans.

Certes, mon père, ma mère d’origine québecoise, ainsi que mes frères et sœurs sommes retournés là-bas à la fin des années 1990/début année 2000 lorsqu’il a fallu que ce soit un gouvernement autoritaire qui impose l’état d’urgence pour garder la paix sociale dans le pays après que l’un de leurs présidents se soit fait assassiné par des fanatiques religieux, simplement parce-que ce dernier voulait avoir la paix avec ses pays voisins et remettre le pays sur le droit chemin de la prospérité après des politiques et idéologies désastreuses. C’était la paix sociale préservée par l’état d’urgence avec des barrages policiers et militaires qui inspectaient les véhicules et vérifiaient les identités au milieu des autoroutes entre les villes, des patrouilles de polices avec des policiers et leurs mitraillettes aux entrées d’institutions telles que les banques, les écoles, musés, etc. car il était probable qu’il puisse y avoir des fous qui voudraient en découdre, surtout que j’avais vécu là-bas durant la période du 11 septembre, de l’invasion de l’Iraq, la “guerre contre le terrorisme”, etc. Mais aussi des attentats à l’intérieur de ce pays s’étaient déjà produit et pouvaient toucher le coeur de l’économie de ce pays reposant principalement sur le commerce et le tourisme. C’était peut-être un gouvernement corrompu et autoritaire (avant qu’il se fasse chasser lors du printemps arabe de 2011-2012, mais pour ensuite revenir avec une main de fer), mais la majorité de la population préférait mieux avoir ce type de gouvernement qu’un “régime des barbus” comme en Iran, pour les citer. Bref, une réalité qui n’a rien à voir avec notre société tranquille et confortable du Québec…

Et tout ça s’était produit bien au-delà du contrôle du “pouvoir impérialiste” des américains que vous aimez dénoncer à bout de champ, car vous ne connaissez pas la réalité sur le terrain dans ces pays, et ni leurs mentalités. Il existe bien d’autres acteurs plus dangereux et fanatiques dans cette région et ce monde que les “impérialistes”…

J’y suis même retourné là-bas il y a presque 10 ans pendant quelques semaines, après le printemps arabe, et voyant la réalité de la vie là-bas, avec mes yeux d’adultes, je voyais bien que, même si je suis attaché à ce pays et y ayant fondé une partie de mon identité car j’y ai vécu pendant presque toute mon enfance et adolescence, je ne voyais pas non plus un avenir pour moi ou ma famille si je voulais retourner y vivre… Et non, ce n’est pas à cause de “l’impérialisme américain”…

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J’ai répondu à une partie précise de ton commentaire qui occulte les réalités historiques et les enjeux politiques d’une région et les remplace par un laconique : “bah, c’est toujours comme ça là bas”. Comme si ça serait d’un ordre naturel des choses pour les populations de cette région. C’est bel et bien un discours essentialiste.

Si tu penses que le renversement de Mossadegh n’a pas de liens avec l’existence de la révolution iranienne et de la tyrannie que vit le peuple iranien, merci de fournir ton explication de la situation.

Je n’ai pas nié cette partie de l’histoire.

Je répondais à votre commentaire qui niait mon affirmation plus haut que “Le Moyen-Orient a toujours été une poudrière prête à exploser”, et je vous expliquais pourquoi, de mon expérience vécue là-bas et de ce que j’ai vu, pourquoi j’affirmais ceci. Ma plus grande critique des américains est qu’ils se mêlent de choses qu’ils ne comprennent pas et que ça finisse toujours par un plus gros désastre que cela ne l’a été précédemment avant qu’ils mettent leurs doigts dedans: on l’a vu en Irak. Je parie que beaucoup d’Irakiens regrettent aujourd’hui le régime de Sadam Hussein et du parti Baas qui, bien que dictatorial et sanguinaire, n’était pas fanatique et instable, surtout pour les minorités religieuses telles que les chrétiens et kurdes…

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Je n’ai pas nié que c’était une poudrière, j’ai nié que c’était quelque chose d’immuable et qui n’avait aucun rapport avec l’influence des grandes puissances. L’europe, par exemple, a été une poudrière pendant longtemps et a su acquérir une relative stabilité politique.

Et malheureusement, le plus gros défi à la stabilité de la région, c’est bel et bien plus de 80 ans d’ingérence et d’intervention dans l’objectif de défendre les intérêts particuliers de certaines puissances dans la région. (au dépend des populations locales) Le terme d’impérialisme ne te plaît peut être pas, mais il est pourtant particulièrement juste pour définir la politique extérieure américaine au cours du dernier siècle dans cette région.

Mon commentaire initial répondait à ce sur quoi nous avons un contrôle, et ce n’est pas les tensions existantes au seins de la population iranienne avec sa diversité linguistique, ethnique et religieuse, mais bien les actions du Canada envers ce pays. Et je regrette que le gouvernement Carney, en mon nom, soutienne l’escalade militaire provoquée par les USA.

Dernièrement, je ne vois absolument pas en quoi les bombardements sur l’iran vont provoquer un résultat différents pour les populations locales que les différentes interventions au moyen-orient qui ont accouchés de l’état islamique, d’al quaida ou du régime des talibans. D’autant plus que l’on soutient ouvertement le Qatar, l’Arabie Saoudite ou Israël qui sont des régimes sanguinaires et tyranniques alors que ces pays soutiennent et financent la déstabilisation de la région.

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D’accord, nous sommes en accord sur un point dans ce cas.

Je pense que vous auriez pu élaborer plus haut au lieu d’aller tout droit dans le “discours infondé” car cela a pu créer de la confusion de ma part:

Peut-être que le Moyen-Orient n’a pas “toujours” pas été ainsi, puisqu’il est vrai que son histoire s’étend sur plusieurs millénaires, et plusieurs époques différentes (antiquité, moyen-âge, etc.). Il aurait été plus juste que j’utilise le terme “époque contemporaine” si on veut parler de nos siècles plus récents…

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Conflit au Moyen-Orient Les États-Unis plus seuls que jamais dans la guerre contre l’Iran

(Washington) Lorsque les États-Unis ont mené la guerre du Golfe en 1991, le président George Bush se vantait d’avoir bâti une vaste coalition comme on n’en avait pas vu depuis des décennies. Lorsque son fils a attaqué l’Irak en 2003, il a essuyé de vives critiques mais a pu compter sur plusieurs alliés indéfectibles.

Une génération plus tard, le président Donald Trump a attaqué l’Iran, aux côtés d’Israël qui poussait depuis longtemps les Américains à frapper les religieux au pouvoir à Téhéran, et il ne cherche quasiment plus à se faire des amis.

Sa stratégie vis-à-vis des autres pays a consisté à les faire plier pour qu’ils coopèrent et à se plaindre bruyamment lorsqu’ils refusent. Le président américain a ainsi fustigé un allié essentiel, le Royaume-Uni, le qualifiant de « très, très peu coopératif » et a déclaré à propos du premier ministre Keir Starmer : « Ce n’est pas à Winston Churchill que nous avons affaire ».

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Il a également menacé de « cesser » complètement les relations commerciales avec l’Espagne après que le premier ministre de gauche, Pedro Sanchez, a refusé de laisser les forces américaines utiliser deux de ses bases dans le sud du pays.

Les États-Unis et Israël n’ont même pas fait semblant de passer par les Nations unies avant de déclencher la guerre qui a rapidement causé la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême iranien.

« Cela envoie essentiellement au monde le message que les États-Unis de Trump se considèrent au-dessus des lois et qu’ils n’estiment même pas nécessaire de prétendre le contraire », affirme Kristina Kausch, directrice générale adjointe du German Marshall Fund, un groupe de réflexion basé à Washington.

Cette guerre ne fait que renforcer les perceptions européennes à propos de Trump, qui a stupéfié le continent en menaçant de s’emparer du Groenland, territoire d’un membre de l’OTAN, le Danemark.

« Le degré d’isolement des États-Unis ou de perte de leur “ soft power ” dépendra de la gravité des conséquences de cette décision », a estimé Mme Kausch au sujet de l’attaque contre l’Iran.

Mais la guerre pourrait malgré tout bénéficier à la Chine. Les forces américaines épuisent rapidement des bombes, des missiles et d’autres ressources qui pourraient servir dans une éventuelle défense de Taïwan, que Pékin revendique.

Les stratèges chinois ont décrit les deux premières décennies du siècle comme une période d’opportunité, les États-Unis étant absorbés par l’Afghanistan et l’Irak, estime Jacob Stokes, chercheur senior au Center for a New American Security.

« Il existe un potentiel de bénéfice stratégique majeur, car Pékin est très satisfait de voir les États-Unis s’enliser de nouveau au Moyen-Orient », a-t-il souligné.

Recentrage sur l’État-nation

Trump a retiré les États-Unis de nombreux organismes internationaux, promettant d’agir seul dans le cadre d’une politique étrangère « America First » et de réaffirmer la centralité de l’État-nation.

PHOTO ATTA KENARE, AGENCE FRANCE-PRESSE

Un panache de fumée s’élève après une frappe sur la capitale iranienne, Téhéran, le 5 mars 2026.

Nadia Schadlow, qui fut conseillère adjointe à la sécurité nationale lors du premier mandat de Trump, a déclaré que la guerre montrait à quel point les pays ne peuvent pas compter sur l’ONU lorsqu’ils estiment que leurs intérêts de sécurité sont en jeu.

« Je crois que l’ONU a de la valeur pour la collaboration, la discussion, le débat. Mais je ne crois pas qu’elle puisse empêcher les guerres, surtout lorsqu’un pays est déterminé et estime devoir agir dans l’intérêt de sa sécurité nationale », explique Mme Schadlow, aujourd’hui chercheuse senior au Hudson Institute.

Il semble que les décideurs ont jugé que la sécurité et l’effet de surprise étaient essentiels et plus importants que la consultation.

Nadia Schadlow, chercheuse senior au Hudson Institute

Les rares soutiens sans ambiguïté en faveur de la guerre sont venus des dirigeants de droite d’Argentine et du Paraguay, du premier ministre australien Anthony Albanese, qui a approuvé l’intervention pour « empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire », et de son homologue canadien Mark Carney qui a toutefois appelé à une « désescalade ».

Le président français Emmanuel Macron s’est opposé à l’attaque, jugeant qu’elle allait à l’encontre du droit international, tandis que le chancelier allemand Friedrich Merz a exprimé l’espoir de voir tomber « le terrible régime » de Téhéran tout en souhaitant une guerre courte.

PHOTO ANDREW CABALLERO-REYNOLDS, AGENCE FRANCE-PRESSE

Donald Trump a reçu le chancelier allemand Friedrich Merz à la Maison-Blanche pour discuter de l’attaque américaine en Iran, le 3 mars 2025.

Washington a montré peu d’intérêt pour les sensibilités des pays amis.

Les États-Unis ont coulé un navire de guerre iranien qui venait d’effectuer une visite de courtoisie en Inde, partenaire de Washington, tuant au moins 84 marins au large du Sri Lanka, après que le ministre de la Défense Pete Hegseth a promis de rejeter les « stupides règles d’engagement ».

Bénéfice stratégique pour la Chine ?

L’Iran, comme le Venezuela dont Trump a capturé le président en janvier, entretenait une relation privilégiée avec la Russie et la Chine, qui se sont révélées incapables ou peu désireuses de défendre leurs alliés face à la puissance de feu américaine.

La Chine s’est également appuyée sur ces deux pays pour son approvisionnement en pétrole, même si elle avait réduit sa dépendance.

Mais la guerre pourrait malgré tout bénéficier à la Chine. Les forces américaines épuisent rapidement des bombes, des missiles et d’autres ressources qui pourraient servir dans une éventuelle défense de Taïwan, que Pékin revendique.

Les stratèges chinois ont décrit les deux premières décennies du siècle comme une période d’opportunité, les États-Unis étant absorbés par l’Afghanistan et l’Irak, estime Jacob Stokes, chercheur senior au Center for a New American Security.

« Il existe un potentiel de bénéfice stratégique majeur, car Pékin est très satisfait de voir les États-Unis s’enliser de nouveau au Moyen-Orient », a-t-il souligné.

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Totalement indécent de la part de la Maison Blanche qui nage en plein délire. Seule une personne profondément dérangée peut approuver ce genre de communication et comportement immoral. J’ai choisi de poster intégralement cet article, car c’est tellement odieux qu’on peut difficilement croire que cela vient du président élu des USA.

Vidéos de la Maison-Blanche : « La guerre n’est pas un film », dit Ben Stiller


Sur des images de frappes en Iran, la Maison-Blanche a repris l’écran qui apparaît dans le jeu « Grand Theft Auto – San Andreas » lorsque le personnage meurt.
Photo : Compte X de la Maison-Blanche

Les vidéos de la Maison-Blanche, qui a décidé de communiquer avec un humour outrancier sur la guerre en Iran, suscitent l’indignation de plusieurs.

La plus récente publication de la Maison-Blanche de ce genre sur X montre des images d’archives de joueurs de baseball en train de frapper des balles, rapidement suivies par de vraies images de frappes américaines au Moyen-Orient.

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La Maison-Blanche a aussi repris le mème populaire tiré du jeu vidéo Grand Theft Auto – San Andreas dans lequel le personnage dit la phrase : Ah shit, here we go again!, qu’on peut traduire par Merde, ça repart!. Suivent ensuite des images des frappes, puis l’écran qui apparaît lorsque le personnage meurt dans ce jeu vidéo du début des années 2000.

La veille, l’administration Trump avait diffusé un clip de 42 secondes avec comme légende Justice à l’américaine. Le clip commence par une scène du film Ironman et cette phrase : On se réveille, papa est rentré (Wake up. Daddy’s home) – une potentielle référence à une expression du patron de l’OTAN, Mark Rutte, qui avait parlé du président Donald Trump en utilisant le terme papa.

Suivent de brefs extraits de plusieurs films ou séries, dont Top Gun : Maverick, Gladiator, Braveheart, Transformers ou Breaking Bad. Les acteurs Tom Cruise, Robert Downey Jr., Mel Gibson, Russell Crowe, Keanu Reeves ou encore Bryan Cranston y apparaissent.

Ces extraits sont entrecoupés d’images diffusées par l’armée américaine, montrant des frappes bien réelles sur divers objectifs.

Parmi elles, le chef du Pentagone, Pete Hegseth, apparaît rapidement, pendant un breffage, prononçant les lettres “F” et “A”. La référence, ici, est une expression grossière très prisée de l’administration Trump, qui désigne son attitude intransigeante face à tout adversaire : FAFO pour « Fuck around, find out », à peu près traduisible en français par “Fais le con et tu verras bien”.

La guerre n’est pas un film

Ben Stiller, réalisateur de Tonnerre sous les tropiques, une satire des films de guerre dont un extrait est repris pendant quelques secondes dans la vidéo de la Maison-Blanche de jeudi, a demandé sur X le retrait de ce clip :

Nous ne vous avons jamais donné notre autorisation et n’avons aucune envie de faire partie de votre machine de propagande.

Une citation de Ben Stiller, réalisateur et acteur

La guerre n’est pas un film, a-t-il ajouté.

Ben Stiller (Photo d’archives)

Photo : La Presse canadienne / Richard Shotwell

Jon Favreau, ancien rédacteur de discours du président Barack Obama et animateur du balado Pod Save America, a accusé la Maison-Blanche de minimiser le conflit avec l’Iran.

Des centaines de personnes sont mortes. Des petites filles sont mortes. Six Américains sont morts. D’autres risquent leur vie, a-t-il écrit sur X. Des millions de personnes au Moyen-Orient sont terrifiées. Ce n’est pas un jeu vidéo. Ce n’est pas un mème. Ce n’est pas une nouvelle occasion de provoquer les progressistes. C’est une putain de guerre.

L’auteur de la chanson La Macarena est lui aussi monté au créneau après que sa chanson entraînante ait été utilisée pour rythmer des images de raids aériens américains sur l’Iran.

Antonio Romero Monge, auteur de la chanson légendaire, a déclaré avoir ressenti un profond malaise après la diffusion d’une vidéo virale de la Maison-Blanche montrant des bombardements sur le territoire iranien accompagnés du rythme de son tube mondial.

La sénatrice Tammy Duckworth (Photo d’archives)

Photo : Reuters / Joshua Roberts

La sénatrice démocrate Tammy Duckworth, vétérane de la guerre d’Irak blessée au combat, a elle aussi critiqué la Maison-Blanche. La guerre n’est pas un putain de jeu vidéo. Six Américains sont morts et des milliers d’autres courent des risques inutiles à cause de votre guerre illégale et injustifiée. Et vous appelez ça une victoire sans faille?, a écrit Mme Duckworth sur X.

De son côté, la porte-parole adjointe de la Maison-Blanche, Anna Kelly, a déclaré : Sous la direction déterminée du président Trump, les héroïques combattants américains atteignent, voire dépassent, tous leurs objectifs.

Les médias traditionnels veulent que nous nous excusions d’avoir mis en lumière l’incroyable succès de l’armée américaine, mais la Maison-Blanche continuera de montrer en temps réel les nombreux exemples de missiles balistiques et d’installations, qui auraient permis à l’Iran de posséder l’arme nucléaire, détruits, a-t-elle ajouté.

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Avec les informations de The Independent, Euronews et ABC News