Oui certains juges de la Cour Suprême sont extrémistes, cependant ces juges jouent actuellement leur propre crédibilité de même que celle de l’institution. Ils devront aussi répondre de leurs décisions face à l’Histoire et c’est la réputation de la Cour qui pourrait être durablement entachée, si cette cour devenait clairement partisane. Un jeu très dangereux aux conséquences imprévisibles, notamment pour la survie de la démocratie américaine, le respect de la Constitution et l’avenir des USA en tant que nation libre.
L’erreur est croire qu’ils se soucient de cela…
Tous ne sont certainement pas indifférents, loin de là. Ce sont tout de même des gens de carrière qui auraient pour la majorité tout à perdre si la démocratie s’effondrait par leur faute aux USA. D’ailleurs personne sur le plan personnel ne voudrait associer son propre nom à la déchéance des valeurs américaines et du non respect des amendements garanties par la Constitution, qui ont été proclamés justement pour éviter ce qui se produit actuellement dans ce pays.
Une chose est sûre: il y aura un après Trump, qui pourrait survenir plus vite qu’on le pense…
La Presse au Qatar/ L’escalade entourant le Groenland préoccupe Carney

PHOTO SEAN KILPATRICK, LA PRESSE CANADIENNE
« La souveraineté et l’intégrité territoriale de n’importe quel pays dans n’importe quel coin du monde sont inviolables », a affirmé le premier ministre Mark Carney.
(Doha, Qatar) Le premier ministre Mark Carney s’est dit préoccupé dimanche par l’escalade entourant les menaces d’annexion du Groenland. Le président américain Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane à huit pays européens qui ont envoyé des militaires sur l’île pour participer à des manœuvres danoises.
Résumé
« Le Canada est préoccupé par l’escalade actuelle, premier point, a-t-il affirmé en conférence de presse. Deuxièmement, la souveraineté et l’intégrité territoriale de n’importe quel pays dans n’importe quel coin du monde sont inviolables. »
M. Carney est à Doha, la capitale du Qatar, où il a rencontré l’émir du pays, le cheikh Tamim ben Hamad Al Thani pour conclure un partenariat stratégique. Il s’agit de la première visite dans ce pays par un premier ministre canadien en exercice. M. Carney est à la recherche d’investissement et le Qatar souhaite financer les projets d’intérêt national mis de l’avant par son gouvernement.

PHOTO SEAN KILPATRICK, LA PRESSE CANADIENNE
Le premier ministre Mark Carney est à Doha, la capitale du Qatar, où il a rencontré l’émir du pays, le cheikh Tamim ben Hamad Al Thani pour conclure un partenariat stratégique.
Questionné sur la situation au Groenland, il a évité de dire s’il considérait les menaces de M. Trump comme de l’impérialisme. « Dans l’ensemble, je ne suis pas d’accord avec l’idée, ça c’est clair, a-t-il répondu. Mais c’est la responsabilité du Canada de trouver des solutions et la solution ici pour l’avenir du Groenland, c’est le choix du Groenland et du Danemark. »
La sécurité du Groenland, c’est la responsabilité ultime de l’OTAN.
Mark Carney, premier ministre canadien
Il a affirmé avoir eu des discussions avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, et plusieurs dirigeants européens sur cette question.
« Le Canada va faire sa part dans la sécurité actuelle de l’Arctique », a-t-il ajouté.
M. Carney s’envolera pour la Suisse lundi afin de participer au Forum économique de Davos. Aucune rencontre pour l’instant n’est prévue avec le président Trump qui participera aussi à l’évènement avec une imposante délégation. Il s’agit de la dernière destination de son voyage entamé le 13 janvier dont l’objectif principal était de renouer des liens avec la Chine. Il sera de retour au pays le 21 janvier.
Face à l’instabilité de l’administration du président américain, le premier ministre Carney cherche à doubler les exportations à l’extérieur des États-Unis au cours de la prochaine décennie pour les faire passer de 300 milliards à 600 milliards. Il tente aussi d’obtenir 1000 milliards de dollars de nouveaux investissements d’ici 2030, entre autres, dans le secteur de l’énergie.
Conseil de la paix
Le premier ministre a expliqué pourquoi il a accepté de faire partie du nouveau Conseil de la paix mis sur pied par Donald Trump, mais il a signalé que les détails restent à être déterminés.

PHOTO SEAN KILPATRICK, LA PRESSE CANADIENNE
Le premier ministre Mark Carney
« J’ai eu une discussion avec le président il y quelques semaines et en principe j’ai dit oui le Canada va faire tout ce que nous pouvons faire pour l’allègement de la situation [à Gaza] », a-t-il raconté.
C’est une situation horrible qui existe encore, mais il faut étudier les détails. Il faut mieux comprendre les modalités et l’efficacité de cette idée de ce Conseil de la paix.
Mark Carney, premier ministre canadien
Pour faire partie du nouveau conseil imaginé par Donald Trump, les États désirant un siège permanent devront délier les cordons de la bourse. Le président des États-Unis entend faire payer 1 milliard de dollars américains aux pays membres, pour une place à la table de négociations.
Une source gouvernementale a indiqué que « le Canada n’avait pas l’intention de payer pour avoir un siège à la table et que cela n’avait pas non plus été demandé au Canada pour l’instant. »
M. Carney a évoqué que son gouvernement pourrait fournir des sommes pour de l’aide humanitaire. « Le Canada souhaite avoir un impact maximal », a-t-il indiqué. Il a rappelé du même souffle qu’il n’y a toujours pas « d’accès sans entrave pour acheminer de l’aide humanitaire à grande échelle vers la population de Gaza ».
« C’est une condition préalable à toute avancée dans ce dossier », a-t-il conclu.
Avec Agence France-Presse et William Thériault, La Presse
D’après le Pew Research Center, des majorités égales de démocrates et de républicains (87 % chacun) estiment que les juges ne devraient pas introduire la politique personnelle dans les décisions.
Toutefois, ce graphique montre que le taux de satisfaction varie selon l’allégeance politique :
Je ne suis pas aussi confiant de cela. Les derniers chiffres semblent indiquer que Trump est en moins mauvaise posture qu’il ne l’était en 2018
Menaces américaines d’annexion/ Le Canada envisage d’envoyer des soldats au Groenland

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE
Les Canadiens rejoindraient les soldats de l’OTAN venus d’Allemagne, de Grande-Bretagne, de France, du Danemark, des Pays-Bas, de Norvège, de Suède et de Finlande.
Les Forces armées canadiennes attendent l’autorisation du premier ministre Mark Carney pour envoyer des troupes au Groenland, un territoire dans le viseur de Donald Trump depuis son élection, en soutien à l’OTAN et au Danemark.
Résumé
Le Canada a élaboré des plans visant à envoyer un petit contingent de soldats au Groenland pour participer à des exercices militaires avec d’autres alliés de l’OTAN, devant les menaces du président américain Donald Trump d’acquérir l’île semi-autonome contrôlée par le Danemark, a appris La Presse, dimanche.
Les Canadiens rejoindraient les soldats de l’OTAN venus d’Allemagne, de Grande-Bretagne, de France, du Danemark, des Pays-Bas, de Norvège, de Suède et de Finlande.
Les Forces armées canadiennes seraient en attente de l’approbation finale de Mark Carney avant d’envoyer les soldats au Groenland, ont précisé les responsables gouvernementaux, dont l’identité n’a pas été dévoilée, car ils n’étaient pas autorisés à discuter de la question publiquement. En matinée, le premier ministre canadien s’est dit préoccupé par l’escalade entourant les menaces d’annexion.
Samedi, Donald Trump a menacé d’imposer de nouveaux droits de douane aux huit pays européens qui ont pris la même décision, soit celle d’envoyer du personnel militaire au Groenland.
Avec Joël-Denis Bellavance, La Presse
Lisez aussi l’article « L’escalade entourant le Groenland préoccupe Carney »
Le Canada ne paiera pas pour un siège au Conseil de la paix pour Gaza, dit Carney
« Le Canada ne paiera pas pour obtenir un siège au Conseil de la paix pour Gaza » du président américain Donald Trump, a déclaré dimanche le premier ministre Mark Carney.
“Le premier ministre Carney a indiqué son intention d’accepter l’invitation, car il est important d’avoir un siège à la table pour façonner ce processus de l’intérieur, même si certains détails doivent encore être réglés de manière appropriée pour officialiser les prochaines étapes”, précise son bureau.
Selon une ébauche du projet de charte consultée par plusieurs médias américains, Donald Trump exige que les pays paient 1 milliard de dollars pour obtenir un siège permanent à son Conseil pour la paix de Gaza.
Résumé
Donald Trump en serait le premier président et chaque État membre aurait un mandat d’une durée maximale de trois ans à compter de l’entrée en vigueur de cette charte, renouvelable par le président, selon le rapport.
AILLEURS SUR INFO : Des colons israéliens incendient un village palestinien de Cisjordanie
La Maison-Blanche n’a pas tardé à se défendre en qualifiant ces affirmations de trompeuses et en précisant qu’il n’y était pas question de cotisation minimale pour adhérer au Conseil de la paix.
Mark Carney nommé au Conseil
Plus tôt cette semaine, le président Trump a dévoilé une liste de personnalités politiques et économiques avec qui il entend orchestrer la reconstruction de la bande de Gaza, le temps d’assurer la transition à un nouveau gouvernement dans l’enclave palestinienne.
Le premier ministre Mark Carney figure sur la liste des personnalités invitées auprès de l’ancien premier ministre britannique Tony Blair et de certains proches de Donald Trump, notamment Jared Kushner, son gendre, et le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio.
Mark Carney a commenté l’offre de M. Trump lors d’une allocution dimanche au Qatar. Il a dit avoir accepté « en principe » de siéger au Conseil, mais il a ajouté qu’il lui faudra au préalable en étudier les détails et mieux [en] comprendre les modalités.
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La liste des personnalités invitées à faire partie du Conseil a été ouvertement critiquée par le gouvernement israélien, qui affirme qu’elle n’a pas été coordonnée avec Israël et qu’elle va à l’encontre de sa politique.
Le Conseil annoncé comprend aussi un diplomate du Qatar, un chef des services de renseignement égyptiens et le ministre des Affaires étrangères turc – tous ces pays ayant joué le rôle de médiateurs en vue du cessez-le-feu –, de même qu’un ministre des Émirats arabes unis.
Aucun responsable israélien n’y figure, ce qui a attisé le mécontentement du gouvernement de Benyamin Nétanyahou.
Avec les informations de La Presse canadienne
À lire et à écouter aussi :
# La Presse à Minneapolis/ La peur ne se voit pas
Ça arrive en allant faire l’épicerie. En se rendant sur le chantier de construction. Ou en sortant fumer une cigarette.
« Clairement, cette administration n’aime pas les gens à la peau brune ou noire, mais son objectif plus large est de militariser les villes et de montrer qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent, comme au Venezuela et au Groenland. Il faut leur montrer qu’on est contre ça », dit Karl.
Résumé
« On était chez Jimmy’s, me raconte un barman qui ne veut pas que j’écrive son nom. Mon ami est équatorien, mais il a un permis de travail en règle. Il a une entreprise de déneigement et d’entretien des terrains. Un gros travaillant. Les gars de l’ICE arrivent devant nous, ils lui demandent ses papiers, il n’a pas le temps de répondre, il est dans leur pick-up. Ça a duré une minute, on ne l’a jamais revu. Il avait une maison ici, une entreprise. Il a été expulsé. Je ne sais pas qui va s’en occuper.
— Toi, ils ne t’ont posé aucune question ?
– Zéro. Je suis blanc… »
Ça arrive à un feu rouge. « Ils ont sorti un gars de sa voiture en marche, me raconte Kevin. Ils l’ont embarqué, la voiture est restée là… »
Ce qui fait peur à Minneapolis, ce ne sont pas les affrontements lors des quelques manifestations isolées. Il y a une sorte de vigile devant le quartier général de l’ICE ; quelques dizaines de manifestants y sont. Samedi, des gaz ont été lancés. Mais tout a été rapidement calmé. Tout ça est loin du centre actif de la ville. On n’en aurait pas conscience si ce n’était diffusé en direct.

PHOTO YUKI IWAMURA, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
Un homme a été aspergé de gaz poivré lors d’une manifestation à l’extérieur du Henry Whipple Building, à Minneapolis, samedi.
Ce n’est pas non plus comme s’il y avait des soldats dans les rues. Tout a l’air à peu près normal. L’ICE est par définition furtif : fourgonnettes banalisées, vitres teintées. Ça ne paraît pas.
Ce qui fait peur, c’est, pour quiconque a le malheur d’avoir la peau un peu foncée, l’impression sourde de pouvoir se faire arrêter n’importe quand par des gens masqués.
« Ma femme avait un restaurant, elle faisait de bonnes affaires, me dit Sam, un Thaïlando-Américain. Mais avec l’ICE, elle a dû fermer il y a deux semaines. »
Pourquoi ?
« Les employés sont des Mexicains. Ils sont en règle, ils ont un permis ou sont même citoyens. Mais ils ont peur. C’est pas des bandits ! Je te dis, y a personne qui travaille plus fort qu’un Mexicain. C’est sept jours sur sept, deux jobs. Mais ils ont peur. Les clients, même chose. On a perdu la moitié de l’achalandage. Elle a fermé. Peut-être qu’en juin elle va rouvrir, ça dépend de ce qui se passe… »
Difficile d’avoir des données précises, mais un site répertorie des dizaines de commerces qui ont fermé, réduit leurs heures d’ouverture ou annulé des évènements pour cause de manque de main-d’œuvre ou de baisse de clientèle depuis que l’ICE a débarqué en masse.
L’opération « Metro Surge », la plus importante aux États-Unis, a commencé en décembre avec 2000 agents au Minnesota. Elle est censée durer trois mois. Le département de la Sécurité intérieure dit avoir dépêché 1000 agents de plus, après qu’un des leurs a tué à bout portant Renée Good.

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Manifestants participant à un rassemblent anti-ICE près d’un bureau de poste à Minneapolis, dimanche
« Tout le monde les hait en ville ! », me dit le barman.
Tout le monde ? Beaucoup de monde, sûrement. Mais pas Joe, chauffeur de bus en banlieue. Je le croise à la sortie du service religieux de l’Église baptiste Eagle Brook, où le service est diffusé simultanément dans les 14 campus du Minnesota. L’âge moyen ici ne dépasse pas 30 ans. Alors que la plupart des églises déclinent, Eagle Brook, qui emploie plus de 200 personnes et fonctionne avec des revenus dépassant les 50 millions, est en pleine croissance.
Ici, pas de politique, même si un je-ne-sais-quoi de républicain flotte dans l’air. Dans son sermon, le pasteur Ted Cunningham ne siffle pas un mot, pas une allusion sur « les évènements » dont tout le monde parle en ville.
« Je prie Dieu pour que tout redevienne paisible », me dit une femme qui n’aime pas le désordre, mais ne veut pas me dire si le problème vient de la police de l’immigration ou des manifestants, ou des deux.

PHOTO ROBERTO SCHMIDT, AGENCE FRANCE-PRESSE
Un lieu de recueillement improvisé a été érigé en l’honneur de Renée Good qui a été abattue par un agent de l’ICE.
Beaucoup de gens n’osent pas le dire mais, tout en déplorant la mort de Renée Good, pensent qu’au fond, elle l’a un peu cherché. Ça se lit en masse sur les réseaux sociaux, et plus agressivement.
Un média local rapporte que l’école des enfants de Renée Good a dû faire l’enseignement à distance après avoir reçu des menaces. Pourquoi ? Parce que des influenceurs d’extrême droite ont dénoncé le programme « progressiste » de l’école.
Joe, lui, veut me dire ce qu’il en pense.
Il était temps qu’on intervienne, je soutiens l’ICE à 100 %. Tous les problèmes, c’est à cause du manque de colonne du gouverneur Walz et du maire Frey. C’est reparti comme en 2020 !
Joe
C’est-à-dire les manifs incessantes Black Lives Matter, pendant des semaines, après le meurtre de George Floyd, survenu ici même.
Zach, 26 ans, et Bruce, 33 ans, travaillent en finance. Les deux sont bénévoles à l’église. « C’est compliqué, dit Bruce. Bien sûr, l’économie nécessite la présence de certains d’entre eux. Peut-être que la méthode n’est pas idéale, mais il faut faire quelque chose avec l’immigration illégale. C’est ce qu’a annoncé Donald Trump, j’ai voté pour lui et il a été élu pour ça, non ? »
« Oui, en gros, il fait du bon travail », dit Zach.
Scott et Heidi Langeberg sortent avec leurs deux adolescents. « La police a beaucoup trop de pouvoir dans ce pays, dit Scott. Au nom de quoi cet agent a-t-il l’immunité ? Il tire dans le visage d’une femme et tout est correct ? C’est insensé. »

PHOTO YVES BOISVERT, LA PRESSE
La famille Langeberg à la sortie de l’église
À cinq minutes de là, la basilique catholique St. Mary’s est pleine en ce dimanche glacial. On ne fait pas semblant que tout est normal. Le père Daniel Griffith a souligné la mort tragique de Renée Good. Avec d’autres leaders religieux, il a pris la défense des Somaliens victimes de discrimination et des immigrants en général. Sur la chaire, on a affiché un portrait de Martin Luther King, qu’on commémore aux États-Unis chaque troisième lundi de janvier.
Rue Lake, dans le quartier des arts, les chenillettes à brosse balaient la neige au lieu de la déblayer, en passant entre les poteaux. Partout, des affiches anti-ICE et des appels à la résistance.

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Slogans anti-ICE affichés dans la rue Lake
Jack, Karl et Kevin, fin vingtaine, reviennent d’une marche anti-ICE organisée par le syndicat des postes. Les postiers voulaient faire comprendre que c’est contre leur volonté si les stationnements des bureaux de poste sont utilisés par les policiers de l’immigration.
Ils me tendent un dépliant de l’Alternative socialiste appelant à la grève générale vendredi.

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Jack, Karl et Kevin
« Clairement, cette administration n’aime pas les gens à la peau brune ou noire, mais son objectif plus large est de militariser les villes et de montrer qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent, comme au Venezuela et au Groenland. Il faut leur montrer qu’on est contre ça », dit Karl.
Pendant ce temps, les dirigeants font un concours de soldats. Les troupes de la Garde nationale de l’État, contrôlée par le gouverneur démocrate Tim Walz, ont reçu l’ordre de se tenir prêtes en cas de désordre. Tout comme 1500 soldats de l’armée américaine, qui pourraient être déployés si le président met en œuvre la loi sur l’insurrection.
Beaucoup de bruit de bottes dans les discours pour une ville qui semble très calme.
Mais la peur est invisible à l’œil nu.
Décryptage Les démocrates, un an plus tard

PHOTO SAUL LOEB, AGENCE FRANCE-PRESSE
Le chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, et son homologue au Sénat, Chuck Schumer
(New York) Il s’agissait du tout premier projet de loi soumis à un vote au Congrès après l’investiture de Donald Trump à titre de 47e président. La mesure visait à rendre obligatoire la détention préventive des migrants arrêtés pour des crimes, même mineurs, y compris le vol à l’étalage.
Ces résultats s’accompagnent par ailleurs d’un changement d’attitude des électeurs face aux deux grands partis. À la fin de 2024, 47 % des électeurs se déclaraient républicains ou politiquement proches des républicains, contre 43 % démocrates ou de tendance démocrate, selon un sondage Gallup.
Au début de 2026, 48 % des électeurs se déclarent démocrates ou politiquement proches des démocrates, contre 40 % républicains ou de tendance républicaine, selon Gallup.
Résumé
Pas moins de 46 représentants démocrates avaient voté en faveur du texte républicain, le 22 janvier 2025, imitant ainsi 12 sénateurs de leur parti. Le lendemain, un groupe de défense des réfugiés les avait accusés de « lâcheté politique ». Lors d’un discours enflammé à la Chambre des représentants, l’élue progressiste de New York Alexandria Ocasio-Cortez s’était écriée : « C’est honteux ! »

PHOTO TIMOTHY A. CLARY, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE
La représentante démocrate de l’État de New York Alexandria Ocasio-Cortez lors de l’inauguration du maire de New York, Zohran Mamdani (au premier rang, à gauche), le 1er janvier
C’était aussi un symbole fort de l’impuissance des démocrates au début du deuxième mandat de Donald Trump. Ce dernier venait de remporter le vote populaire en misant sur la colère des Américains face au coût de la vie et à l’immigration illégale. Et des démocrates n’osaient pas le défier sur une des questions qui avaient coulé la candidature de Kamala Harris, alors que d’autres s’époumonaient en vain.
Un an plus tard, les démocrates ne sont plus aussi vulnérables sur les deux questions qui ont ouvert la voie au retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. En fait, ils ont peut-être pris l’avantage sur le président.
« Abordabilité » : un thème gagnant
En 2025, rien n’aura autant remonté le moral des démocrates que leurs victoires lors des élections locales du 4 novembre dernier. Victoires obtenues par des marges supérieures aux attentes dans plusieurs États, dont le New Jersey et la Virginie.
Et aucun thème n’aura plus souri à leurs candidats que celui de l’« abordabilité ». De toute évidence, les sondages ne mentaient pas.
Les électeurs trouvaient que Donald Trump, obnubilé par sa salle de bal et ses visées expansionnistes, n’en faisait pas assez pour s’attaquer à la crise du coût de la vie. Et ils ont exprimé leur mécontentement aux urnes, donnant à entendre que les gains réalisés en 2024 par le président auprès des Latinos et des jeunes, entre autres, n’étaient pas irréversibles.
Ces résultats ont convaincu les démocrates qu’ils tiennent un thème gagnant à l’amorce d’une année politique qui sera marquée par les élections de mi-mandat, en novembre prochain.
Ces résultats s’accompagnent par ailleurs d’un changement d’attitude des électeurs face aux deux grands partis. À la fin de 2024, 47 % des électeurs se déclaraient républicains ou politiquement proches des républicains, contre 43 % démocrates ou de tendance démocrate, selon un sondage Gallup.
Au début de 2026, 48 % des électeurs se déclarent démocrates ou politiquement proches des démocrates, contre 40 % républicains ou de tendance républicaine, selon Gallup.
Un doublé au Congrès ?
Les démocrates ne peuvent s’attribuer à eux seuls le mérite de ce changement. Donald Trump a apporté sa contribution en adoptant des politiques impopulaires, ses droits de douane étant un des exemples les plus frappants.
Mais le sondage Gallup fait partie des données qui contribuent à l’optimisme des démocrates, un an après le retour de Donald Trump à la présidence. Ils amorcent la deuxième année de son deuxième mandat en rêvant même à la possibilité de devenir majoritaires au Sénat à la faveur des élections de mi-mandat, et pas seulement à la Chambre des représentants.
« [G]râce à une série de succès en matière de recrutement de candidats, au retrait de certains républicains de scrutins importants et à la détérioration de la position politique de Donald Trump, une opportunité se présente désormais », a écrit Dan Pfeiffer, ex-conseiller de Barack Obama, dans une infolettre la semaine dernière.
Pfeiffer réagissait notamment à la décision de l’ex-représentante démocrate d’Alaska Mary Peltola de briguer un siège au Sénat dans cet État en 2026. Les démocrates doivent réaliser un gain net de quatre sièges pour conquérir la chambre haute du Congrès. Outre l’Alaska, le Maine, l’Ohio et la Caroline du Nord font partie des États où ils pensent avoir des chances d’enlever leurs sièges aux républicains.

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La candidate démocrate au Sénat en Alaska, Mary Peltola, lors du lancement de sa campagne à Anchorage, samedi
Ils n’ont pas non plus abandonné l’espoir de créer la surprise au Texas et dans l’Iowa.
Confrontation autour de l’ICE
En attendant, ils auront l’occasion de confronter Donald Trump et ses alliés républicains du Congrès sur ce qui a longtemps été une de leurs cartes maîtresses, soit l’immigration.
Un an plus tard, les démocrates ne sont plus déphasés sur cette question cruciale. Selon un sondage AP/NORC publié le 14 janvier, 61 % des électeurs américains désapprouvent la façon dont Donald Trump gère l’immigration. Ce résultat négatif n’est pas étranger aux méthodes déployées par les agents de la police de l’immigration (ICE) pour arrêter et expulser les migrants en situation irrégulière.
Méthodes qui poussent une pluralité d’Américains (46 %) à appuyer l’idée d’abolir l’ICE, selon un récent sondage The Economist/YouGov.
La confrontation entre démocrates et républicains sur l’immigration pourrait intervenir autour du projet de loi budgétaire qui doit être adopté d’ici le 30 janvier pour éviter une nouvelle paralysie de l’État.
Certains démocrates jonglent avec l’idée de conditionner leur appui à un tel texte à des réformes de l’ICE, y compris l’interdiction de porter des masques et l’obligation d’obtenir des mandats d’arrêt.
D’autres vont plus loin en reprenant un slogan qui aurait été impensable il y a un an : « Abolissons l’ICE ».
Un an de Trump 2.0 Des leçons à tirer du trumpisme
Résumé
« Pour l’essentiel, le pouvoir autoritaire est librement consenti », rappelle l’historien Timothy Snyder dans De la tyrannie.
Publié à 6 h 00
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Ce petit essai devenu un succès de librairie est un précieux manuel de résistance qui permet de mieux comprendre l’ascension au pouvoir d’un Donald Trump tout en nous offrant 20 leçons pour faire face à l’autoritarisme.
Leçon numéro un : ne pas obéir à l’avance.
L’histoire montre que les citoyens tendent à anticiper les volontés d’un État plus répressif et à s’offrir à lui sans qu’il leur demande rien, écrit Snyder. « Un citoyen qui s’adapte ainsi enseigne au pouvoir ce qu’il peut faire. L’obéissance anticipée est une tragédie politique. »
Je repensais à ces réflexions en prenant connaissance des données ahurissantes du Pew Research Center rapportées par mon collègue Marc Thibodeau : 27 % des Canadiens pensent qu’un dirigeant autoritaire ou une junte militaire pourraient efficacement gérer le pays1. En d’autres mots, plus du quart de la population canadienne n’a visiblement tiré aucune leçon de l’histoire et est déjà prête à obéir à l’avance. Pour ceux qui croient que nous sommes à l’abri de la dérive autoritariste observée chez nos voisins du Sud, il y a là un signal d’alarme.
Un autre signe préoccupant, comme le relève le professeur Jason Stanley, spécialiste du fascisme aussi cité par mon collègue, est l’importance des discours xénophobes et anti-immigration de ce côté-ci de la frontière. Même s’ils n’ont pas la même virulence que ceux de l’administration Trump, ces discours de plus en plus normalisés indiquent que le courant autoritaire se fraie un chemin au pays.
D’hier à aujourd’hui, les autocrates ne se sont jamais gênés pour exploiter la peur de l’autre afin de servir leurs propres intérêts. Trump l’a fait de façon spectaculaire en donnant notamment des pouvoirs et des moyens démesurés à l’Agence fédérale de contrôle de l’immigration (ICE), la transformant en police militaire qui exécute ses ordres au mépris de toutes les règles d’un État de droit.
Le but officiel de Trump est d’organiser la plus grande expulsion de l’histoire des États-Unis, en chassant les immigrants qui, pour reprendre ses terribles mots, « empoisonnent le sang » de la nation. Mais dans les faits, c’est le sang même de la démocratie américaine qui se trouve à être empoisonné par le trumpisme.
On assiste à une violation massive, en toute impunité, non seulement des droits des immigrants, mais aussi de citoyens américains. Et on comprend de plus en plus que la mégacampagne d’expulsion de l’ICE qui a été présentée comme une histoire d’immigration raconte en fait une histoire d’autoritarisme qui concerne toute la société américaine, explique la journaliste Anne Applebaum dans l’excellent (et terrifiant) balado Autocracy in America.
Avant même la mort de Renée Nicole Good, Américaine de 37 ans abattue à Minneapolis par un agent de l’ICE qui est un ancien militaire de la Garde nationale, on savait que la transformation de l’ICE n’avait pas seulement des conséquences tragiques pour les cibles désignées par l’administration Trump, mais également pour l’ensemble des citoyens des États-Unis. En octobre dernier, une enquête de ProPublica révélait que plus de 170 citoyens américains avaient été détenus par l’ICE durant les neuf premiers mois du deuxième mandat de Trump. Parmi eux, on comptait une vingtaine d’enfants, dont deux atteints d’un cancer2.
« Il semble que n’importe quel Américain puisse désormais être détenu, harcelé, voire tué », observe Anne Applebaum, lauréate d’un prix Pulitzer pour un essai sur les goulags (Goulag, une histoire)3.
Une récente enquête du Washington Post montrait par ailleurs que l’ICE a cessé de se concentrer sur l’arrestation de migrants dans les prisons locales pour se consacrer à la traque arbitraire de gens ordinaires dans leur collectivité.
Tout en prétendant s’en prendre aux pires criminels violents, l’ICE arrête et garde en détention une majorité de personnes qui n’ont pas de casier judiciaire et ne font face à aucune accusation. Leur nombre a presque triplé depuis le mois de juin 2025.
En plus de prendre pour cible de plus en plus de gens sans histoire, les agents de l’ICE, souvent cagoulés et armés comme des militaires en zone de combat, emploient des méthodes d’arrestation violentes officiellement interdites. Une enquête publiée la semaine dernière par ProPublica recensait plus de 40 cas où des agents d’immigration ont utilisé en toute impunité des techniques d’étranglement bannies depuis la mort tragique de George Floyd4.
Tout ça n’est que la pointe de l’iceberg. Le financement de l’ICE a triplé sous la deuxième administration Trump. Ce qui signifie que l’on risque de voir les raids et les détentions arbitraires augmenter de façon importante à mesure que ces fonds seront dépensés. Tout comme la peur, déjà bien présente dans le quotidien d’Américains ordinaires qui réalisent un peu trop tard ce qui arrive quand un peuple consent librement à vivre dans un état policier.
Nous qui vivons en banlieue de cette tragédie politique annoncée, saurons-nous en tirer des leçons ?
1. Lisez le dossier « Le Canada est-il à l’abri d’une dérive autoritaire ? » 2. Consultez l’enquête de ProPublica sur les citoyens américains arrêtés par l’ICE (en anglais) 3. Écoutez le balado Autocracy in America (en anglais) 4. Consultez l’enquête de ProPublica sur les techniques des agents d’immigration (en anglais)
Conseil de paix/ Trump fixe à 1 milliard de dollars le prix des sièges permanents

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Le Conseil de paix avait été initialement conçu pour superviser la reconstruction de Gaza, mais son projet de charte ne mentionne pas explicitement le territoire palestinien et lui assigne un objectif plus large.
(Washington) Les États candidats à un siège permanent au « Conseil de paix » proposé et présidé par Donald Trump, qui s’octroie la mission de « promouvoir la stabilité » dans le monde, devront s’acquitter de « plus d’un milliard de dollars en espèces », selon la « charte » obtenue lundi par l’AFP.
Parmi eux, la France a rappelé lundi son « attachement à la Charte des Nations unies », « clé de voûte d’un multilatéralisme efficace », selon Paris.
Le Kremlin a indiqué que le président russe Vladimir Poutine avait « reçu une invitation » par « des voies diplomatiques ».
D’autres dirigeants étrangers, dont le président argentin Javier Milei ou le premier ministre hongrois Viktor Orban, proches de Trump, ont eux aussi annoncé avoir été invités.
Résumé
L’instance avait été initialement conçue pour superviser la reconstruction de Gaza, mais sa « charte » ne mentionne pas explicitement le territoire palestinien et lui assigne l’objectif plus large de contribuer à la résolution de conflits armés dans le monde.
« Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits », peut-on lire dans le préambule du document envoyé aux pays invités à y siéger.
Le texte de huit pages critique d’emblée les « approches et institutions qui ont trop souvent échoué », dans une allusion claire aux Nations unies, et appelle à avoir « le courage » de s’en « écarter ».
Il souligne d’ailleurs « la nécessité d’une organisation de paix internationale plus agile et efficace ».

PHOTO JULIA DEMAREE NIKHINSON, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
Le président américain, Donald Trump
Donald Trump est de longue date un critique virulent des Nations unies. Il avait lancé une attaque en règle contre l’organisation, « très loin de réaliser son potentiel » lors de sa dernière Assemblée générale à New York en septembre.
Le 7 janvier, il a signé un décret ordonnant le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales qui « ne servent plus les intérêts américains », selon la Maison-Blanche. Une trentaine des cibles de Washington sont liées à l’ONU.
Comme lors de son premier mandat, il a décidé de retirer les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat et de l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture), que les États-Unis avaient réintégrés sous la présidence de Joe Biden.
Il a en outre claqué la porte de l’Organisation mondiale de la santé et son administration a largement coupé l’aide américaine à l’étranger, amputant les budgets de nombreuses organisations comme le Haut commissariat aux réfugiés ou le Programme alimentaire mondial.
Poutine, Milei, Orban invités
Donald Trump sera le « premier président du Conseil de paix », dont les pouvoirs prévus sont très vastes, stipule la « charte » obtenue par l’AFP.
Le président américain est seul habilité à « inviter » d’autres chefs d’État et de gouvernement à l’intégrer, il peut révoquer leur participation sauf en cas de « veto par une majorité des deux tiers des États membres », et a un droit de regard sur tous les votes.
« Chaque État membre exerce un mandat d’une durée maximale de trois ans à compter de l’entrée en vigueur de la présente charte, renouvelable par le président. Ce mandat de trois ans ne s’applique pas aux États membres qui versent plus d’un milliard de dollars en espèces au Conseil de paix au cours de la première année suivant l’entrée en vigueur de la Charte », ajoute le projet, sans plus de précisions.
Plusieurs pays ou dirigeants ont annoncé avoir été invités à rejoindre le « Conseil » du président américain, sans nécessairement dévoiler leur intention d’y répondre positivement ou pas.
Parmi eux, la France a rappelé lundi son « attachement à la Charte des Nations unies », « clé de voûte d’un multilatéralisme efficace », selon Paris.
Le Kremlin a indiqué que le président russe Vladimir Poutine avait « reçu une invitation » par « des voies diplomatiques ».
D’autres dirigeants étrangers, dont le président argentin Javier Milei ou le premier ministre hongrois Viktor Orban, proches de Trump, ont eux aussi annoncé avoir été invités.
Trump propose ni plus ni moins qu’une institution à caractère privé pour lequel il se réserve un contrôle total (pas seulement financier). Je vois mal les nations européennes et bien d’autres dans le monde se subordonner à une dictature du président américain, dont la feuille de route en matière de diplomatie et de multilatéralisme est dorénavant parmi les pires dans le monde.
D’ailleurs son comportement abusif au niveau commercial avec ses droits de douane punitifs, ne sont-ils pas la démonstration d’une gestion erratique, opaque, immorale, méprisante, unilatérale et outrancière? Ce qui décrédibilise déjà son fameux Conseil de paix qui n’est rien d’autre qu’une sorte d’imposture pour remplacer des institutions honorables, officielles, démocratiques et reconnues mondialement par l’ensemble de la communauté internationale.
Non, la Chine est tout aussi impérialiste que les États-Unis: que fait-on des îles et territoires qu’elle annexe par la force en mer de Chine méridionale qui sont partagés avec le Vietnam, la Malaysie, les Philippines et le Brunei malgré un jugement de la cour internationale en 2016 qui jugeait que ces territoires étaient partagés et n’appartenait pas à la Chine? Les intimidations et les menaces militaires contre Taïwan? Les intimidations et disputes territoriales avec le Japon, poussant le Japon a mettre fin à son pacifisme depuis 80 ans et de se réarmer pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale? L’annexion de force du Tibet et du Xinjiang et les systèmes de surveillances poussés de ses citoyens? Les camps de concentration des Uyghurs mais aussi de ses citoyens ordinaires qui refusent la doctrine du parti communiste depuis l’arrivée de Mao en 1949? Le support implicite de la Chine à la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine? Le lien entre la Chine et le régime des Mollah en Iran qui massacre sa propre population qui demande la liberté en ce moment même? L’allié préféré de la Corée du Nord et le support du dictateur Kim-Jong-Un qui affame sa propre population afin de développer ses armes nucléaires malgré les sanctions internationales? Le kidnapping des “deux Michaels” pendant 3 ans?
On a déjà oublié tout ça?
Simplement parce-qu’on déteste Trump, il ne faudrait quand même pas rejetter une autre forme d’impérialisme (américaine) pour en accepter une autre (chinoise et communiste) qui pourrait être encore pire, comme cette caricature. Sinon (désolé de dire cela) on est bien innocent au Canada…
Trump lie le Groenland au Nobel de la paix qu’il n’a pas eu
Dans un message transmis au premier ministre de la Norvège et à divers ambassadeurs européens, le président américain, Donald Trump, a lié deux choses qu’il convoite : le prix Nobel de la paix, qui lui a échappé, et le Groenland, qu’il voudrait annexer aux États-Unis.
Cher Jonas, étant donné que votre Pays a décidé de ne pas me donner le prix Nobel de la paix pour avoir mis fin à huit guerres — PLUS —, je ne ressens plus l’obligation de penser uniquement en termes de Paix, même si elle restera toujours prédominante, mais je peux maintenant penser à ce qui est bon et approprié pour les États-Unis d’Amérique, a-t-il écrit dimanche dans un message d’abord rapporté par le réseau public américain PBS.
Dans un communiqué publié lundi, le premier ministre de la Norvège, Jonas Gahr Støre, a confirmé la véracité de la nouvelle dans laquelle certains avaient d’abord vu une satire.
Depuis des semaines, Donald Trump inscrit au centre de son justificatif les menaces posées dans l’Arctique par Pékin et Moscou. Il n’y a pourtant aucune mention du Groenland ni même de l’Arctique dans la Stratégie de sécurité nationale dévoilée par son administration, il y a à peine deux mois.
Le président américain présente en outre la Russie comme un adversaire dans ce dossier, ce qu’il ne fait cependant pas quand il est question de la guerre en Ukraine.
Résumé
Le Danemark ne peut pas protéger ce territoire contre la Russie ou la Chine, et pourquoi aurait-il d’ailleurs un “droit de propriété”?, lance Donald Trump dans son message, au moment où l’Europe, sur un pied d’alerte, muscle sa réplique.
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Il n’y a pas de documents écrits, c’est juste qu’un bateau y a accosté il y a des centaines d’années, mais nous avons aussi eu des bateaux qui ont accosté là-bas, y affirme-t-il.
Donald Trump, qui intensifie ses menaces visant le territoire autonome groenlandais au sein du Royaume du Danemark depuis le début de l’année et n’écarte pas l’option militaire, a réitéré qu’il en allait de la sécurité de la planète.
J’ai fait plus pour l’OTAN que toute autre personne depuis sa création, et maintenant, l’OTAN devrait faire quelque chose pour les États-Unis. Le Monde ne sera pas en sécurité tant que nous n’aurons pas un Contrôle Complet et Total du Groenland.
Une citation de Donald Trump, dans un message adressé à la Norvège
Le premier ministre norvégien a précisé dans un communiqué avoir reçu cette réponse après avoir lui-même écrit au président américain en son nom et au nom du président finlandais, Alexander Stubb, pour avoir une discussion visant à apaiser les tensions.
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Dans notre message à [Donald] Trump, nous lui faisions part de notre opposition à l’augmentation des droits de douane qu’il avait annoncée à l’encontre de la Norvège, de la Finlande et de certains autres pays. Nous soulignions la nécessité d’apaiser les tensions et proposions une conversation téléphonique […] le jour même, a-t-il indiqué, réitérant son soutien au Danemark et à l’OTAN.
En ce qui concerne le prix Nobel de la paix, j’ai clairement expliqué, y compris au président Trump, ce qui est bien connu, que le prix est décerné par un comité Nobel indépendant et non par le gouvernement norvégien, a en outre ajouté Jonas Gahr Støre.
Le président américain avait publiquement exprimé sa frustration après l’attribution du prix à l’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado, en octobre dernier. Lors d’une visite à la Maison-Blanche la semaine dernière, celle-ci a « offert » son prix au président américain.
Selon PBS, le Conseil de sécurité nationale des États-Unis a par ailleurs relayé le message envoyé au dirigeant norvégien à plusieurs ambassadeurs européens à Washington.
Nouvelle menace tarifaire
Samedi, Donald Trump a de nouveau brandi le bâton tarifaire pour huit pays européens qui ont condamné ses visées territoriales sur le Groenland, malgré des ententes commerciales conclues l’an dernier avec Londres et l’Union européenne.
La menace d’une surtaxe de 10 %, appelée à entrer en vigueur le 1er février, cible – outre le Danemark, la Norvège et la Finlande – la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, ainsi que les Pays-Bas.
Au cours des derniers jours, les pays visés ont participé à une mission de reconnaissance de l’opération danoise « Arctic Endurance », organisée avec des alliés de l’OTAN.
Mercredi dernier, le Danemark a souligné l’ampleur des divergences qui subsistent avec Washington à l’issue d’une rencontre diplomatique qui s’est déroulée à la Maison-Blanche.
Depuis des semaines, Donald Trump inscrit au centre de son justificatif les menaces posées dans l’Arctique par Pékin et Moscou. Il n’y a pourtant aucune mention du Groenland ni même de l’Arctique dans la Stratégie de sécurité nationale dévoilée par son administration, il y a à peine deux mois.
Le président américain présente en outre la Russie comme un adversaire dans ce dossier, ce qu’il ne fait cependant pas quand il est question de la guerre en Ukraine.
La Chine ne veut pas faire de nous sa 24e province, alors que les États-Unis oui…
Explicitement non. Mais avons-nous oublié l’ingérence dans nos affaires internes canadiennes? La commission d’enquête publique Hogue? L’ingérence dans nos élections internes? Les postes de police secrets?
Et si nous étions tellement inquiets que les États-Unis s’ingèrent dans nos affaires internes et fassent de nous le 51ème état, pourquoi nous n’avons toujours pas de registre des agents étrangers comme recommandé par la commission d’enquête publique Hogue afin d’éviter l’ingérence étrangère dans nos politiques internes?
Et d’ailleurs je pense qu’il serait temps de lâcher cette peur du 51ème état, car si les États-Unis voulaient faire de nous le 51ème état, ils l’auraient fait il y a bien longtemps.
La seule raison pour laquelle Trump mentionnait le 51ème état jusqu’à ce que Trudeau quitte le pouvoir l’an dernier, est parce-qu’il est le troll en chef et il a le flaire pour sentir la faiblesse humaine, ce que Trudeau fils possède le plus car il était le fils à papa. Mais aussi parce-que, et je le remarque au Québec et au Canada, nous avons parfois une mentalité d’enfant de 5 ans… Donc ça incite davantage les “bully” comme Trump à nous bousculer et troller davantage…
Où est ce que tu vois que je rejette l’impérialisme américain pour accepter le chinois. Je rejette l’impérialisme POINT. Je remarque juste l’hypocrisie qui consiste à ajouter tout un tas de qualificatifs lorsequ’il s’agit de commercer avec la Chine que l’on ne constate pas lors de nos négociations avec les USA.
Je constate aussi que les USA ont été un moteur de déstabilisation depuis plus d’un siècle dans de nombreux pays. Et oui, je considère que la chine a été moins impérialiste que les USA dans les 100 dernières années. La liste des interventions militaires américaines, des coups d’états soutenus et des dictatures financées est sans fin. Jamais aucun autre pays n’a participé au renversement d’autant de gouvernements que le les USA. C’est factuel, c’est pas une question d’opinion.
Je ne parle pas de politiques internes (d’ailleurs, je rappelle que si mes parents avaient vécus aux USA pendant leur adolescence, ils auraient été considérés comme des sous citoyens à cause de leur couleur de peau donc bon, encore une fois, arrêtons l’hypocrisie. Ils ont d’ailleurs soutenu l’apartheid en AFS jusqu’à la toute fin considérant Mandela comme un terroriste jusqu’au milieu des années 2000).
Tu parles des deux michaels, est ce que tu veux que l’on parle des juges de la CPI qui sont sous sanctions à titre individuels ? Du cas Julian Assange ? De Steven Donziguer, un avocat qui ne peut plus quitter le pays après avoir défendu le droit des peuples autochtones en Amazonie ? De l’assassinat de Lumumba ? Ou de celui de Allende ? Ou des crimes de guerres en Irak ? Ou les expérimentations sur des civiles à Montréal ? Ou du soutient au génocide en Palestine ?
Encore une fois, mon objectif n’est pas de défendre la Chine, un gouvernement que je méprise, mais bien de pointer du doigt l’hypocrisie assez répandu dans nos médias lorsqu’il s’agit de parler de commerce international.
Ils en ont pas besoin, on est déjà factuellement le 51e état. De quand date le dernier vote à l’onu du Canada qui ne s’alignait pas sur celui des USA ? Ou encore l’arrestation de Meng Wanzhou à la demande des USA pour le crime d’avoir contourné un blocus unilatéral américain sur l’iran en vendant des cellulaires huawei … (D’ailleurs, encore une démonstration de l’extraterritorialité du droit américain mais passons…)
Vous avez raison… C’est vrai que les États-Unis ne font aucune ingérence ici… Franchement. Même l’Inde orchestre des choses ici…
Dans les nouvelles quelqu’un se plaignait que les données des véhicules électriques chinois vont être rappatriés la bas… J’ai du mal à voir comment c’est pire qu’avoir mes données rappatriées dans des centres de données américains…
Malheureusement, les biais et l’hypocrise dans les médias sont très répandus.
Il y avait une époque où j’avais une haute estime des médias, notamment l’époque de journalistes comme Bernard Derome à Radio-Canada (qui est maintenant à la retraite), ou encore le travail important fait pour dénoncer la corruption et la collusion dans l’industrie de la construction et le financement des partis politiques au Québec entre 2010 et 2012. Aujourd’hui, mon estime a diminué quelque peu.
Mais ce n’est pas la première fois non plus que les biais et l’hypocrise dans les médias sont présents: il suffit par exemple de regarder la couverture du New York Times à l’époque de Staline qui cachait ses crimes et l’extermination du peuple Ukrainien durant l’Holodomor dans les années 1930 (qui veut dire extermination par la faim), ou encore nos journalistes, intellectuels et universitaires qui peignaient un portrait rose des régimes sous Lénine ou Mao.
Le plus récent exemple d’hypocrisie est Noam Chomsky, intellectuel de gauche qui ne cessait de répéter que Trump était le plus grand danger au monde. Mais plus tard on s’aperçoit qu’il est également ami avec Epstein (qui est aussi ami avec Trump), et il est dans les bras proche de Steve Bannon (le diable en personne pour plusieurs) qui a orchestré la première victoire de Trump aux élections de 2016.
Le fait qu’un intellectuel à des mauvaises relations n’invalide pas l’idéologie de gauche dans son entièreté ni que ce qu’il disait était foncièrement faux.
Ça invalide la personne en tant que figure politique crédible, mais pas le mouvement politique dans son ensemble.
Je veux dire on parle quand de l’un des plus grands proxénète de notre génération et une bonne partie de ces victimes étaient mineurs.
Pour en revenir au sujet, il est dans l’intérêt du Canada de diversifier ses exportations pour sortir de la dépendance aux USA. Un pays stable et indépendant, c’est un pays qui n’est pas à la merci des caprices d’un seul de ses partenaires commerciaux. (et ça fait plus de 15 ans que je milite pour que l’on essaie de sortir de notre dépendance économique aux USA, c’est pas juste Trump)
Pour ça, ça va nécessiter que l’on descende de nos grands chevaux moraux qui ne sont que de la pure hypocrisie. Hypocrisie qui, par ailleurs, est très largement perçu comme tel dans le reste du monde, notamment dans de nombreux pays du sud global qui s’éloignent tranquillement mais surement des sphères d’influences occidentales. (D’autant qu’en tant que pays colonial et avec le traitement que l’on a des premières nations, on devrait commencer par se regarder dans le miroir. )

