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En même temps on ne sera jamais vraiment indépendants des États-Unis. Même si on doublait les exportations (ce qui est le plan de Mark Carney), les États-Unis représenteraient une part non-négligeable de nos échanges. Réduire la dépendance c’est plus le mot juste je crois.

On ne veut pas non plus tout sacrer là. Les Américains ne sont pas juste Donald Trump. Ils seront là longtemps après lui, et notre proximité géographique et notre culture similaire en font des partenaires idéaux.

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Dans ce cas-ci, je parlais de Steve Bannon qui était le diable en personne, pas Epstein, juste pour être précis. Car Bannon avait créé l’architecture de la première élection de Trump.

Groenland : « Nous ne reculerons pas », dit la cheffe de la diplomatie de l’UE à Trump

La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, affirme que « le Groenland et le Danemark ne sont pas seuls » et que « l’Europe dispose d’une série d’outils pour protéger ses intérêts », dans le contexte des menaces de surtaxes douanières de Washington.

La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas (au centre), la ministre des Affaires étrangères du Groenland, Vivian Motzfeldt (à gauche), et le ministre de la Défense du Danemark, Troels Lund Poulsen (à droite), se sont réunis lundi à Bruxelles pour préparer la riposte européenne aux menaces tarifaires de Donald Trump, qui convoite le Groenland.

Photo : Associated Press / Geert Vanden Wijngaert

Résumé

Face à la détermination du président américain de vouloir s’emparer du Groenland, l’Europe s’organise. Ses dirigeants se réuniront jeudi à Bruxelles, pendant que le Danemark renforce sa présence militaire sur l’île arctique.

Lors de ce sommet extraordinaire, les dirigeants européens discuteront des menaces répétées de Donald Trump sur le Groenland et des droits de douane punitifs dont ce dernier les menace.

Samedi, Donald Trump a fait monter la pression sur huit pays européens qui désapprouvent son ambition d’acheter le Groenland en annonçant une surtaxe douanière de 10 % dès le 1er février contre le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande.

Ces droits de douane grimperont à 25 % le 1er juin jusqu’à ce qu’un accord soit conclu pour la vente complète et intégrale du Groenland, a écrit le président américain sur Truth Social.

Devant ce nouveau durcissement de Washington, le sommet de Bruxelles portera sur les relations transatlantiques, a décrit la porte-parole du Conseil européen, qui réunit les chefs d’État et de gouvernement des 27 pays de l’Union européenne (UE).

La cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, dans un message qu’elle a publié sur X lundi, a déclaré que la question de la sécurité dans l’Arctique était d’intérêt de part et d’autre de l’Atlantique, et que l’Europe pouvait en discuter avec ses alliés américains.

Mme Kallas a cependant ajouté que la guerre tarifaire n’était pas la solution et que la souveraineté n’était pas à vendre. L’Europe dispose d’une série d’outils pour protéger ses intérêts, dit-elle.

À la suite d’une rencontre avec son homologue du Groenland, Vivian Motzfeldt, et avec le ministre de la Défense du Danemark, Troels Lund Poulsen, la cheffe de la diplomatie de l’UE a dit que ces pays n’étaient pas seuls.

Nous n’avons pas intérêt à chercher la bagarre, mais nous ne reculerons pas.

Une citation de Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie de l’Union européenne

Nous, Européens, devons être clairs : nous avons atteint nos limites, a pour sa part affirmé, lundi, le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, lors d’une conférence de presse avec son homologue français ​Roland Lescure, à Berlin. Nous tendons la main, mais nous ne sommes pas prêts à céder au chantage, a-t-il ajouté, précisant que l’Europe donnerait une réponse claire et unanime.

Les ministres des Finances de l’Allemagne et de la France, Lars Klingbeil et Roland Lescure, affirment « tendre la main » au président Donald Trump, tout en n’entendant « pas céder au chantage » après la menace de surtaxes douanières brandie par Washington à l’encontre de huit pays européens.

Photo : Associated Press / Bernd von Jutrczenka

Nous préparons actuellement des contre-mesures concertées.

Une citation de Lars Klingbeil, ministre des Finances de l’Allemagne

Les tensions entre Européens et Américains ont fait chuter les principales bourses européennes, lundi.

Nous sommes capables de réagir

Selon un diplomate européen, l’UE pourrait décider d’appliquer des droits de douane sur des produits américains dès le 6 février.

Nous ⁠ne souhaitons pas cette escalade. Nous ne voulons pas d’un conflit commercial avec les États-Unis, a déclaré lundi le chancelier allemand ‍Friedrich Merz, lors d’une conférence de presse. Mais ⁠si nous sommes confrontés à des droits de douane que nous jugeons déraisonnables, ​nous sommes capables de réagir.

À Davos, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent a dit que le monde devait « prendre au mot » le président Trump lorsque ce dernier brandit la menace de surtaxes douanières en lien avec la question du Groenland.

Photo : afp via getty images / FABRICE COFFRINI

À Davos, lundi, tout juste avant l’ouverture du Forum économique mondial, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a déclaré qu’il serait très malavisé de la part de l’UE de prendre des mesures de rétorsion commerciales contre les États-Unis à cause du Groenland.

Le président [Trump] voit le Groenland comme un actif stratégique pour les États-Unis. Nous n’allons pas sous-traiter à quelqu’un d’autre la sécurité dans notre hémisphère.

Une citation de Scott Bessent, secrétaire au Trésor des États-Unis

Pour l’heure, aucune rencontre n’est prévue entre le président américain et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à Davos.

8:04

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Sur le terrain

Groenland : l’Europe peut-elle tenir tête à Donald Trump?

Entrevue avec Elisabeth Gosselin-Malo, correspondante en Europe de Defense News, experte en défense et sécurité internationale.

Des représailles commerciales potentielles

En juillet dernier, M. Trump et Mme von der Leyen étaient parvenus à un accord commercial qui prévoyait des droits de douane de 15 % sur les exportations européennes. Les tensions actuelles entre Washington et Bruxelles remettent en question cet accord dont les eurodéputés devaient justement discuter, dans les jours à venir.

L’UE pourrait par ailleurs activer un instrument anti-coercition (ACI) qui pourrait mettre des bâtons dans les roues à Washington en matière économique.

Cette mesure, dont l’UE ne s’est encore jamais servie, limiterait l’accès aux marchés publics, aux investissements ou aux activités bancaires, ou encore elle pourrait restreindre les échanges de services, ⁠notamment dans les services numériques, secteur où les États-Unis affichent un excédent avec l’UE.

Par ailleurs, la France a invité les ministres des Finances du G7 à une visioconférence, mercredi, au cours de laquelle les tensions autour du Groenland et le soutien à l’Ukraine en guerre seront abordés.

Une mission de surveillance de l’OTAN au Groenland?

Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a pour sa part rencontré, lundi, le ministre de la Défense danois, Troels Lund Poulsen, et la cheffe de la diplomatie groenlandaise, Vivian Motzfeldt.

Par la suite, dans un message publié sur X, M. Rutte s’est contenté de parler de coopération en ce qui a trait à l’importance cruciale de l’Arctique – y compris du Groenland – pour notre sécurité collective.

Cependant, à l’issue de leur rencontre, le ministre de la Défense du Danemark a précisé à la télévision danoise avoir proposé, de concert avec la ministre groenlandaise, qu’une mission de surveillance de l’OTAN soit dépêchée au Groenland.

Le secrétaire général [de l’OTAN] en a également pris note, a spécifié le ministre danois, et je pense que nous pouvons maintenant, espérons-le, obtenir un cadre définissant comment cela peut se concrétiser.

Dimanche, un contingent de soldats danois a débarqué dans le port de Nuuk, au Groenland, alors que le Danemark renforce sa présence militaire sur l’île arctique, sur fond de menaces notamment commerciales de la part du président Trump, qui convoite ce territoire. (Photo d’archives)

Photo : ritzau scanpix/afp via getty ima / MADS CLAUS RASMUSSEN

Le Danemark a, lui, renforcé sa présence militaire sur l’île arctique : The Copenhagen Post et la chaîne danoise TV2 ont annoncé que davantage de leurs soldats de combat sont arrivés à Kangerlussuaq.

Ces effectifs entameront l’exercice Arctic Endurance, qui a été avancé et intensifié à la suite des récentes déclarations de Donald Trump.

Des soldats canadiens au Groenland

De son côté, le Canada envisage de dépêcher dès samedi prochain un petit contingent de soldats au Groenland, selon CBC News*.* Toutefois, le premier ministre Mark Carney doit encore donner le feu vert à ces plans d’urgence qui ont été préparés la semaine dernière.

Au Qatar, ce week-end, M. Carney avait exprimé sa préoccupation quant à la volonté du président Trump de s’emparer du Groenland par la contrainte ou par la force. Il a rappelé que le Groenland est protégé par l’OTAN.

Mark Carney a ajouté que le Canada s’était déjà engagé à renforcer les capacités de défense de l’OTAN dans l’Arctique.

8:19

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Zone info

« On ne vit pas un moment de normalité », dit Bob Rae

Entrevue avec l’ex-ambassadeur du Canada à l’ONU, Bob Rae, à Zone Info.

Des avions d’un commandement militaire américano-canadien doivent bientôt arriver au Groenland pour participer à des activités prévues de longue date sur ce territoire autonome danois, a annoncé lundi cette force binationale.

Ces avions militaires soutiendront diverses activités prévues de longue date par le commandement et s’appuieront sur la coopération durable en matière de défense entre les États-Unis et le Canada, ainsi que le royaume du Danemark, a indiqué le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (Norad) dans un message sur le réseau social X.

Ils doivent bientôt arriver sur la base aérienne de Pituffik, dans l’ouest du Groenland, est-il précisé.

Sollicité par l’AFP, le Norad n’a pas dans l’immédiat apporté de précisions sur le nombre d’avions en question ou encore la nature des missions prévues.

Le Groenland entend résister

Le Groenland, qui appartient au Danemark, est la plus grande île de l’Atlantique. Lundi, son premier ministre a répété que le territoire autonome de 58 000 habitants ne renoncera pas à son droit à l’autodétermination devant les visées de Donald Trump à son endroit.

6:19

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Première ligne

Donald Trump lorgne le Groenland : « L’heure est grave en Europe »

Depuis Copenhague, capitale du Danemark, la journaliste Frederikke Ingemann nous décrit l’ambiance en Europe.

Jens-Frederik Nielsen a ajouté qu’il considérait le soutien des pays étrangers à l’égard du Groenland non pas comme une ingérence, mais comme une reconnaissance claire du fait que le Groenland est une société démocratique, avec le droit de prendre seul ses propres décisions.

Nous ne nous laisserons pas mettre sous pression.

Une citation de Jens-Frederik Nielsen, premier ministre du Groenland

Les récentes déclarations des États-Unis, y compris les menaces de droits de douane, ne changent rien à cette ligne, a déclaré M. Nielsen.

Lundi, dans un message qu’il a transmis au premier ministre de la Norvège et à divers ambassadeurs européens, Donald Trump a lié toute la question du Groenland au Nobel de la paix qu’il n’a pas eu.

Je ne ressens plus l’obligation de penser uniquement en termes de paix, a écrit le président américain, en critiquant le fait qu’on ne lui ait pas remis cette distinction. Rappelons toutefois que la période de mise en candidature se terminait le 1er février 2025, soit moins de deux semaines après son investiture.

À lire aussi :

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters et Le Monde

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Gaza : le « Conseil de paix » de Trump comparé à un Conseil de sécurité payant

L’invitation adressée par Donald Trump à plusieurs dirigeants pour prendre part à son « Conseil de paix » était accueillie lundi avec réserve face au milliard de dollars américains requis pour y obtenir un siège permanent, des experts comparant le projet à une version payante de l’ONU.

Initialement conçue pour superviser la reconstruction de Gaza, cette initiative voulue par le président américain serait destinée à œuvrer plus largement à la résolution des conflits dans le monde et disposerait d’un billet d’entrée d’un milliard de dollars américains pour un siège permanent, selon une charte consultée lundi par l’AFP.

Le Canada ne va pas payer pour un siège au Conseil, a réagi auprès de l’AFP une source au sein du gouvernement canadien, précisant toutefois qu’aucune demande en ce sens n’avait été faite pour le moment et que le premier ministre Mark Carney continuait d’avoir l’intention d’accepter l’invitation.

La France, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, a, elle, déclaré qu’elle n’entendait “pas donner [de] suite favorable” à ce stade.

« Club exclusif »

Selon le document de huit pages consulté par l’AFP et qui a été envoyé à des pays invités, Donald Trump sera le “premier président du Conseil de paix” et disposera de vastes pouvoirs.

Il sera ainsi le seul habilité à “inviter” d’autres chefs d’État et de gouvernement à intégrer ce conseil, il pourra révoquer leur participation sauf en cas de “veto par une majorité des deux tiers des États membres” et aura un droit de regard sur tous les votes.

Les États membres exerceront, eux, un mandat “d’une durée maximale de trois ans […] renouvelable par le président”, précise le texte, qui détaille néanmoins que cela ne s’appliquera pas à ceux qui verseront “plus d’un milliard de dollars au comptant au Conseil de paix au cours de la première année suivant l’entrée en vigueur de la Charte”.

Ce billet d’entrée montre que Donald Trump “essaye d’en faire une alternative payante au Conseil de sécurité de l’ONU, où lui seul exerce le droit de veto”, analyse auprès de l’AFP Paul Williams, professeur d’affaires internationales à l’Université George Washington.

la suite

Personne ne prétend que la composition actuelle du Conseil de sécurité, avec ses cinq membres permanents issus de la Seconde Guerre mondiale, reflète l’état des affaires mondiales […], mais le fait d’acheter ouvertement des sièges permanents dans un club exclusif envoie un signal très inquiétant sur ce que la diplomatie pourrait signifier à l’avenir, abonde Daniel Forti, en charge des affaires relatives à l’ONU à l’International Crisis Group.

Poutine, Milei et Orban invités

Condamnant les approches et institutions qui ont trop souvent échoué, dans une allusion claire aux Nations unies, la charte du conseil appelle en effet à avoir le courage de s’en écarter.

Plusieurs pays ou dirigeants ont annoncé ces derniers jours avoir été invités à rejoindre ce nouveau Conseil, sans nécessairement dévoiler leur intention d’y répondre positivement ou pas.

Parmi eux figurent le président russe Vladimir Poutine, son homologue argentin Javier Milei ou encore le premier ministre hongrois Viktor Orban.

Selon Daniel Forti, au moins 60 chefs d’État ont été invités à rejoindre le conseil, l’expert s’attendant à un large éventail de réactions et de réponses.

Critique virulent des Nations unies, Donald Trump avait déjà lancé une attaque en règle contre l’ONU, très loin de réaliser son potentiel, à ses yeux, lors de sa dernière Assemblée générale à New York en septembre.

Le 7 janvier, il a signé un décret ordonnant le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales qui ne servent plus les intérêts américains, selon la Maison-Blanche. Une trentaine des cibles sont liées à l’ONU.

Comme lors de son premier mandat, le républicain a décidé de retirer les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat et de l’UNESCO, ou encore de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Israël ne veut pas de Turcs ou de Qataris dans la force de stabilisation

Par ailleurs, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a réitéré son opposition au déploiement de soldats turcs ou qataris dans la bande de Gaza, évoquant des divergences avec les États-Unis sur l’avenir de la gouvernance du territoire.

Donald Trump et Benyamin Nétanyahou lors d’une visite à la résidence du président Trump à Palm Beach, en Floride. (Photo d’archives)

Photo : Getty Images / Joe Raedle

Il n’y aura ni soldats turcs ni soldats qataris dans la bande de Gaza.

Une citation de Benyamin Nétanyahou, premier ministre d’Israël

Il a ajouté qu’Israël avait un désaccord avec ses alliés américains concernant les personnes accompagnant la réalisation du plan de Donald Trump dans le territoire palestinien, ravagé par plus de deux ans de guerre entre le Hamas et Israël.

La Maison-Blanche a annoncé en fin de semaine dernière la création d’un Comité exécutif de Gaza, destiné à fonctionner sous l’égide du Conseil de paix, présidé par M. Trump.

Ce Comité exécutif, présenté comme consultatif, compte parmi ses membres le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, et le diplomate qatari Ali Al-Thawadi, aux côtés d’autres responsables régionaux et internationaux.

Dès samedi soir, le bureau de M. Nétanyahou avait exprimé son opposition à la composition de ce nouvel organe.

L’annonce sur sa composition n’a pas été coordonnée avec Israël et va à l’encontre de sa politique, avait déclaré M. Nétanyahou, ajoutant qu’il avait chargé le ministre des Affaires étrangères de contacter le secrétaire d’État américain à ce sujet.

Le communiqué n’a par ailleurs pas précisé les motifs de cette objection, mais Israël s’est opposé à toute participation de la Turquie dans l’après-guerre à Gaza, à plusieurs reprises. Les relations entre les deux pays se sont fortement dégradées avec la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l’attaque sans précédent du Hamas contre Israël.

Les déclarations de M. Nétanyahou, lundi, interviennent alors que des discussions plus générales sont en cours sur les mécanismes de gestion du territoire palestinien dans la période à venir.

Les États-Unis ont annoncé le 14 janvier que l’accord de cessez-le-feu à Gaza, dont la première phase est entrée en vigueur le 10 octobre, était passé à sa deuxième étape.

Celle-ci prévoit le désarmement du Hamas, le retrait progressif des troupes israéliennes qui contrôlent environ la moitié du territoire et le déploiement d’une force internationale de stabilisation.

La force doit permettre d’aider à sécuriser Gaza et de former des unités de police palestiniennes.

Les contingents qui doivent la composer restent à définir.

À lire aussi :


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Un enfant de 5 ans égoïste est aux commandes de la plus grosse armée de la planète. C’est franchement effrayant.

On se dirige vers un beau ‘comité de la paix’ oú les USA, la Russie, le Bélarus, la Hongrie et Israël paieront le $1G et en feront partie.

Putin invited to join Trump’s ‘Board of Peace’ for Gaza, Kremlin says

La Presse à Minneapolis/ La faiblesse du tout-puissant

Dunn vient me chercher à la manifestation. « Ils sont tous là avec ce froid ? Woah, c’est fou, ça. Si je pouvais, j’irais. Je ne comprends pas ce qui se passe. Ils étaient censés expulser les criminels… Ils arrêtent n’importe qui, man ! »

Au début de son mandat, il y a un an aujourd’hui, le 47e président pointait autour de 50 % d’approbation pour sa politique en immigration. Les derniers sondages indiquent que même sur ce qui est censé être sa matière forte après l’économie, il pique du nez : 38 % d’approbation selon la plus récente enquête, commandée par Associated Press, après la mort de Renée Nicole Good.

Plus inquiétant pour lui, il obtient une moins bonne note encore dans ce qui a toujours été son grand argument : l’économie. Les Américains approuvent sa gestion à 37 % seulement.

Pendant sa première présidence, même quand son taux d’approbation globale était au plus bas (41 %), la moitié des Américains trouvaient qu’il était un bon président économique. Combien de gens m’ont dit, pendant la campagne de 2024 : je n’aime pas le type, mais avec lui, l’économie ira mieux ?

Les démonstrations de force sont quotidiennes. Quand ce n’est pas une menace d’invasion, c’est l’imposition de droits de douane punitifs, le déclenchement d’enquêtes criminelles contre des adversaires, l’envoi de la Garde nationale, le déploiement agressif de l’ICE et bientôt, peut-être, de l’armée au nom de la Loi sur l’insurrection.

Le temps joue contre lui. D’un jour à l’autre, la Cour suprême rendra sa décision sur le pouvoir du président de décréter des droits de douane pour un oui ou pour un non. Ça sent la défaite, et elle serait de taille, car toute l’architecture de sa stratégie économique repose sur ses tarifs chéris.

Ce n’est pas le début de la fin, mais l’horizon s’annonce plus compliqué chaque jour.

C’est cette faiblesse même qui pourrait le rendre plus incontrôlable, plus dangereux, pendant qu’il a encore les coudées franches.

Mais on commence à l’entrapercevoir, cette faiblesse, au milieu du fracas.

Résumé

Ils sont une centaine, plantés devant le quartier général de l’ICE. Quand ce qu’ils croient être un agent passe en VUS, ils l’insultent. Des habitués des manifs, mais aussi Kathleen Rennan, enseignante de maternelle de 60 ans. Elle a reçu des balles de plastique, des gaz, mais après l’école, elle vient ici. « Si on ne proteste pas, qui va le faire ? Les gens ont peur, avec ce président, les racistes ont le champ libre. Mais j’ai de l’espoir. »

PHOTO YVES BOISVERT, LA PRESSE

Kathleen Rennan, enseignante de maternelle

Tout est plus tranquille depuis qu’un juge a restreint l’usage de la force et qu’on a rangé les manifestants derrière des clôtures.

Arrivé du Libéria pendant la guerre civile, Dunn est citoyen américain. Expulser les criminels, il est tout pour. S’il n’a pas le temps de manifester, même en ce jour de congé pour Martin Luther King, c’est que quand il n’est pas à l’usine, il fait du Uber. « J’ai quatre enfants, ma femme travaille, tu comprends… »

PHOTO YVES BOISVERT, LA PRESSE

Des manifestants insultent les agents de l’ICE.

Ce qu’il me raconte, c’est ce dont des milliers de personnes sont témoins, ou victimes ici. Un abus de pouvoir policier au quotidien, très… antiaméricain.

C’est ce que les Américains voient de plus en plus sur leurs écrans. Et c’est ce qui en fait décrocher de plus en plus du trumpisme. À commencer par le podcaster le plus écouté aux États-Unis, Joe Rogan – 20 millions d’abonnés YouTube –, qui, après un entretien de trois heures pendant la campagne de 2024, avait appuyé officiellement Donald Trump.

PHOTO LEAH MILLIS, REUTERS

Opération de l’ICE dans une maison de St. Paul, au Minnesota, dimanche

« Est-ce qu’on est vraiment en train d’être la Gestapo ? Où sont vos papiers ? C’est ça qu’on est devenu ? », demandait-il la semaine dernière.

Ce que des millions d’Américains ont commencé à voir sur un écran, Dunn, lui, l’a vu dans le parking de son usine de Minneapolis.

« Les gars de l’ICE attendaient dans le stationnement. Ils ont arrêté un gars, un Africain comme moi, sans raison. Il a sa carte verte, il est ici légalement, n’a commis aucun crime. Un collègue, lui aussi africain, mais citoyen américain, s’est interposé. Ils l’ont arrêté. Ils ont dit : “Tu as des condamnations pour alcool au volant”… Mais d’un, c’était il y a deux ans, et de deux, c’est quoi le rapport ? Le gars est américain ! Les deux sont encore détenus. On cherche un avocat…

PHOTO YVES BOISVERT, LA PRESSE

Dunn

« Maintenant, j’ai toujours mes papiers. Mais c’est devenu ça, les États-Unis ? On dirait qu’un fou est aux commandes… »

Tout ça ne passe pas très bien. Même si bien des gens trouvent que les manifestants « exagèrent ».

PHOTO YVES BOISVERT, LA PRESSE

Une centaine de manifestants sont massés devant le quartier général de l’ICE à Minneapolis.

Les promesses d’expulsion et de fermeture de la frontière ont été au cœur de la campagne de Donald Trump. Après l’apparent laxisme de l’administration Biden, ce serait tolérance zéro.

Au début de son mandat, il y a un an aujourd’hui, le 47e président pointait autour de 50 % d’approbation pour sa politique en immigration. Les derniers sondages indiquent que même sur ce qui est censé être sa matière forte après l’économie, il pique du nez : 38 % d’approbation selon la plus récente enquête, commandée par Associated Press, après la mort de Renée Nicole Good.

PHOTO ROBERTO SCHMIDT, AGENCE FRANCE-PRESSE

À Minneapolis, des fleurs ont été laissées en l’honneur de Renée Nicole Good, abattue par un agent de l’ICE.

Plus inquiétant pour lui, il obtient une moins bonne note encore dans ce qui a toujours été son grand argument : l’économie. Les Américains approuvent sa gestion à 37 % seulement.

Pendant sa première présidence, même quand son taux d’approbation globale était au plus bas (41 %), la moitié des Américains trouvaient qu’il était un bon président économique. Combien de gens m’ont dit, pendant la campagne de 2024 : je n’aime pas le type, mais avec lui, l’économie ira mieux ?

Le président jouit d’un bloc indéfectible d’électeurs républicains, qui n’approuvent peut-être pas tout, mais qui ne changeraient jamais leur vote de 2024 si on le leur offrait : environ 40 % de l’électorat.

Les indépendants, ceux du milieu, les démotivés qui n’ont pas voté, eux ne sont pas contents. Ce pourrait être les élus républicains qui paient la note en novembre, quand toute la Chambre des représentants et un tiers du Sénat sont en élection.

PHOTO YVES BOISVERT, LA PRESSE

Des manifestants devant le quartier général de l’ICE à Minneapolis

Et comme par hasard, on commence à voir quelques élus républicains oser une critique du président.

Oh, pas des masses. Il y a les suspectes habituelles, les sénatrices républicaines Lisa Murkowski, de l’Alaska, et Susan Collins, du Maine, qui ont voté plusieurs fois contre les nominations de Trump.

Mais il y a aussi le sénateur Thom Tillis, de la Caroline du Nord. Certes, il ne se représente pas à l’automne, mais c’est un faucon en politique étrangère qui a applaudi à l’opération pour capturer Nicolás Maduro au Venezuela. Il y a deux semaines, il a pourfendu comme « stupide » l’idée d’envahir le Groenland, et donc le Danemark, un allié si près qu’il est un des seuls pays européens à avoir envoyé des soldats en Irak. Il a dénoncé violemment Stephen Miller, chef de cabinet adjoint et idéologue de l’administration, comme un ignorant et un incompétent. Miller, pourtant, dit exactement ce que dit Trump.

Les sénateurs républicains Todd Young et Josh Hawley ont osé voter avec les démocrates pour exiger un vote pour contraindre le président à soumettre ses projets militaires au Congrès. « Rassurés » par le président, ce qui veut dire « intimidés », ils sont rentrés dans le rang. Mais même cette prise de parole critique était impensable il y a six mois.

Un autre sénateur souvent critique, Rand Paul, a douté publiquement de la légalité des frappes sur des bateaux dans les Caraïbes, et dénoncé les velléités groenlandaises de Trump.

La semaine dernière, cinq sénateurs républicains se sont rangés derrière le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, que Trump insulte sans arrêt, et contre qui son administration a déclenché une enquête criminelle en forme d’intimidation et de représailles.

À cela on peut ajouter quelques représentants ici ou là, du dossier Epstein aux questions militaires.

Bref, ce Congrès républicain bien lisse l’été dernier présente quelques fissures.

Les démonstrations de force sont quotidiennes. Quand ce n’est pas une menace d’invasion, c’est l’imposition de droits de douane punitifs, le déclenchement d’enquêtes criminelles contre des adversaires, l’envoi de la Garde nationale, le déploiement agressif de l’ICE et bientôt, peut-être, de l’armée au nom de la Loi sur l’insurrection.

PHOTO EDUARDO MUNOZ, REUTERS

Une foule a marché lundi sur le pont de Brooklyn, à New York, afin de protester contre l’ICE et le président Donald Trump.

Rien ne semble arrêter l’accaparement du pouvoir, qui roule sur tout ce qui lui bloque le chemin. Le parti est à sa main, les démocrates hébétés, les cours sont débordées.

Mais cette apparente invincibilité cache une faiblesse. La faiblesse des tout-puissants, comme chantait Bashung.

Le temps joue contre lui. D’un jour à l’autre, la Cour suprême rendra sa décision sur le pouvoir du président de décréter des droits de douane pour un oui ou pour un non. Ça sent la défaite, et elle serait de taille, car toute l’architecture de sa stratégie économique repose sur ses tarifs chéris.

Ensuite, les légères dissensions recensées plus haut risquent de se multiplier à mesure que les élections de mi-mandat approchent. Plusieurs républicains sont en mode survie. Quand ils auront plus peur de la défaite que de Trump, on les entendra.

Et puis, c’est cette année que le président atteindra l’autre versant de sa présidence. La succession se prépare déjà. Son influence ira en diminuant. Si le Congrès échappe aux républicains, ça pourrait très mal se passer pour lui.

Ce n’est pas le début de la fin, mais l’horizon s’annonce plus compliqué chaque jour.

C’est cette faiblesse même qui pourrait le rendre plus incontrôlable, plus dangereux, pendant qu’il a encore les coudées franches.

Mais on commence à l’entrapercevoir, cette faiblesse, au milieu du fracas.

Donald Trump et le Groenland La paix par la force n’est pas un sens unique

Résumé

« Les États-Unis vont à nouveau se considérer comme une nation en croissance, une nation qui augmente sa richesse et étend son territoire. »

Publié à 5 h 00

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Cette phrase qui marquait une rupture dans la politique étrangère américaine, Donald Trump l’a prononcée il y a un an, le 20 janvier, lors du discours de prestation de serment qui marquait le retour de ce politicien boomerang à la Maison-Blanche.

Depuis le début de l’année 2026, on est passé de la théorie à la pratique. D’abord avec la capture le 3 janvier du président vénézuélien et la mainmise sur le pétrole du pays. Et aujourd’hui, avec des menaces renouvelées et décuplées d’annexion du Groenland, par le portefeuille ou avec un fusil sur la tempe.

Soudainement, les dirigeants européens se retrouvent au cœur d’une bataille qu’ils ont tout fait pour éviter. Et qu’ils doivent trouver le courage de mener.

Une bataille à laquelle le Canada est aussi convié.

Il est vrai que le Canada aurait de bonnes raisons de snober l’Europe ces jours-ci. L’an dernier, à la même date, le pays se sentait bien seul devant Donald Trump qui menaçait d’en faire le 51e État des États-Unis.

À l’époque, les dirigeants européens refusaient de prendre au sérieux les visées expansionnistes du président américain. En mars, lorsque les ministres des Affaires étrangères du G7, incluant ceux de l’Allemagne, de la France, de l’Italie, du Royaume-Uni et de l’Union européenne, sont débarqués au Canada, ils préféraient voir une « blague » dans les semonces américaines à l’égard de la souveraineté canadienne. Un humour lâche1, que j’avais relevé et qui n’avait pas manqué de faire réagir des centaines d’entre vous, chers lecteurs.

PHOTO VIRGINIA MAYO, ASSOCIATED PRESS

Le siège de l’OTAN à Bruxelles, en Belgique

Le patron de l’OTAN, le Néerlandais Mark Rutte, préférait ne pas répondre quand des journalistes lui demandaient quelle serait la réponse de l’alliance militaire si un de ses membres en attaquait un autre.

Quelques semaines plus tard, après que Donald Trump a proclamé le « jour de la libération » en distribuant les droits de douane à qui mieux mieux, les mêmes dirigeants européens se sont lancés dans une campagne de séduction pour se sauver les fesses. Keir Starmer, au Royaume-Uni, s’est assuré de traiter Donald Trump en roi pour s’attirer ses faveurs. L’Union européenne a conclu un accord commercial qui ressemblait à une capitulation. Difficile d’oublier l’air servile d’Ursula von der Leyen lors des négociations qui ont eu lieu au club de golf de Donald Trump en Écosse. La cajolerie et l’apaisement étaient les maîtres mots.

Bien sûr, cette stratégie s’explique. Les Européens avaient en tête l’Ukraine et craignaient de perdre le soutien des États-Unis. Comme bien d’autres, ils voulaient aussi passer sous le radar d’un président aussi imprévisible que changeant.

Un an plus tard, on peut conclure que cette approche a lamentablement échoué. Non seulement Donald Trump en beurre à nouveau épais sur son désir d’acquérir le Groenland, un territoire danois autonome, mais il prend à partie huit alliés de l’OTAN qui osent prudemment en défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale. Plusieurs d’entre eux ont envoyé quelques dizaines de soldats au sol au Groenland dans une « mission de reconnaissance » symbolique. Contre la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suède, le Danemark, la Finlande et la Norvège, le président américain transforme de nouvelles menaces de droits de douane en sanctions politiques.

La réaction européenne, elle, est complètement divisée. Certains, comme Emmanuel Macron, évoquent la possibilité d’utiliser des contre-tarifs, grâce notamment à un outil anti-coercition dont s’est munie l’Union européenne. Giorgia Meloni, en Italie, parle d’un « malentendu ».

Keir Starmer, à Londres, semble s’opposer à des représailles commerciales en disant qu’il ne veut « pas en arriver » à une guerre tarifaire. Que quelqu’un lui donne une copie du Financial Times, s’il vous plaît !

Pourtant, l’Europe se retrouve en meilleure position que l’an dernier pour mettre son pied à terre, note Frédéric Mérand, directeur du département de science politique de l’Université de Montréal et grand expert de la politique européenne. En pratique, les États-Unis ont déjà largement laissé tomber l’Ukraine, fait-il valoir, se contentant de vendre des armes aux Européens. Politiquement, les visées du président américain sur le Groenland sont impopulaires au sein de son électorat, ajoute-t-il.

L’occasion semble belle pour tracer la ligne rouge qui doit l’être. Mais pour ça, l’Europe doit accepter que le lien transatlantique n’est plus ce qu’il était. Et elle doit prendre l’administration Trump au sérieux quand cette dernière dit que la paix passe par la force.

Parce que de la force, l’Europe en a. D’abord la force du nombre avec un ensemble géopolitique de plus de 28 pays (si on compte le Royaume-Uni) et un bassin démographique de près de 500 millions de personnes. Sans oublier la deuxième force économique en importance au monde après les États-Unis, devant la Chine.

Bien utilisées, à quelques mois des élections de mi-mandat aux États-Unis, ces forces ont le potentiel de faire reculer le plus grand intimidateur du monde. Sans un coup de feu.

Et dans tout ça, où se trouve le Canada qui, apprenait-on lundi, se demande s’il doit envoyer des troupes au Groenland ?

Il doit réaliser que le combat de l’Europe est le sien et ne pas lésiner sur les moyens.

1. Lisez la chronique « L’humour lâche de l’Europe »

Table ronde/ « On se demande quand les Américains en auront assez vu »

Résumé

Table ronde « On se demande quand les Américains en auront assez vu »

PHOTO JOSIE DESMARAIS, LA PRESSE

Les experts en politique américaine, Frédérick Gagnon et John Parisella, lors d’une table ronde organisée avec des lecteurs de La Presse

[
Vincent Brousseau-Pouliot
Vincent Brousseau-Pouliot La Presse

](https://www.lapresse.ca/auteurs/vincent-brousseau-pouliot)

Ça fait un an aujourd’hui que Donald Trump est revenu à la Maison-Blanche. Et l’année a été pour le moins étourdissante. À l’invitation de La Presse, une quinzaine de lecteurs sont venus faire le point et poser leurs questions à deux experts en politique américaine, Frédérick Gagnon et John Parisella.

Publié à 6 h 00

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« On a survécu à Trump une fois, on va lui survivre une deuxième fois », lance John Parisella.

Cette promesse, l’ancien délégué du Québec à New York et Washington la fait à une quinzaine de lecteurs qui ont bravé une tempête de neige la semaine dernière pour discuter d’une autre tempête qui bouscule nos vies depuis un an : Donald Trump.

Tenter de survivre à Donald Trump. C’est le sentiment qui anime beaucoup de Québécois après cette première année du deuxième mandat de l’administration Trump.

« On a 365 jours de faits. Il ne reste plus que 1000 jours », résume Frédérick Gagnon, professeur de sciences politiques à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques et spécialiste de la politique américaine.

L’année 2026 en résumé à la Maison-Blanche : guerre commerciale, menace d’annexion du Canada, agents de l’ICE et soldats dans plusieurs villes, menaces contre le Groenland, attaques répétées contre l’État de droit et le système de justice, opération militaire au Venezuela.

Vous vous sentez étourdis après ces 365 jours ? « C’est exactement ce que Trump veut : nous étourdir et nous faire perdre le fil », dit Frédérick Gagnon.

PHOTO JOSIE DESMARAIS, LA PRESSE

John Parisella

Première chose à se rappeler : la première année du deuxième mandat de l’administration Trump « n’a pas été un grand succès », dit John Parisella, qui a été délégué général du Québec à New York de 2009 et 2012. Il a aussi participé comme bénévole à plusieurs campagnes présidentielles américaines, dont celle de Barack Obama en 2008.

« L’économie n’a pas été un succès, l’abordabilité non plus. Dans les sondages, les Américains n’aiment pas sa gestion de l’économie et trouvent qu’il passe trop de temps à l’international », dit celui qui est aujourd’hui conseiller spécial à la firme de relations publiques National.

Selon un sondage Gallup, Donald Trump a un taux d’approbation de 36 %. Aucun président n’a été si peu populaire après 11 mois de mandat… sauf Donald Trump lors de son premier mandat.

PHOTO LEAH MILLIS, REUTERS

Des militants ont déployé une immense copie d’une photo de Donald Trump et Jeffrey Epstein près du Capitole, en décembre dernier

Sur le plan politique, Donald Trump est aussi aux prises avec un problème persistant : l’affaire Jeffrey Epstein. « L’affaire Epstein, ça ne disparaîtra pas », dit John Parisella.

Chantal Daumas, une lectrice qui s’est déplacée pour jaser de politique américaine, s’étonne qu’on ne parle pas souvent de la santé mentale du président américain. « Je trouve qu’il est mégalomane et qu’il délire. Est-il fou ou dangereux ? »

Nos deux experts n’étant pas psychiatres, ils se sont gardé une petite gêne côté diagnostic.

« Je n’ai pas cette expertise, mais je dirais que tous les présidents en fin de parcours pensent à ce qu’ils vont léguer comme héritage, dit Frédérick Gagnon. Quand on voit ce qui se passe au Venezuela et avec la nouvelle Stratégie de sécurité nationale, il me semble qu’on a affaire à un président qui commence à penser à ça. »

Danièle Bourassa, elle, se demande ce qu’on peut faire pour contrer la montée de l’autoritarisme, du racisme, de la xénophobie et de la misogynie alimentée par l’administration Trump.

« Vous posez une bonne question », dit Frédérick Gagnon, qui s’inquiète aussi de l’érosion de la démocratie américaine.

PHOTO JOSIE DESMARAIS, LA PRESSE

Frédérick Gagnon

Malheureusement, la réponse n’est pas simple. « Depuis que Donald Trump est dans le décor, on se demande quand les Américains en auront assez vu, dit Frédérick Gagnon. Je pensais que ce serait l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021. Ça prendra plus que ça. »

La décision de Washington qui a le plus retenu l’attention au Canada depuis un an : la guerre commerciale lancée par la Maison-Blanche.

Optimiste, John Parisella pense que le Canada parviendra à renouveler son accord de libre-échange avec les États-Unis. En même temps, la relation commerciale avec les Américains ne reviendra jamais comme auparavant, convient-il.

Peu importe ce qui arrivera, certains tarifs vont rester. Mais je continue à penser qu’il va éventuellement y avoir une entente de libre-échange.

John Parisella, expert en politique américaine

« Nos économies sont intégrées. On est le premier marché pour plus de 30 États américains », rappelle John Parisella.

Le Canada sortira-t-il gagnant des négociations ? Oui et non, estime John Parisella. « Trump, il faut qu’il gagne dans sa tête à lui. Quand il a signé l’ACEUM [l’accord de libre-échange Canada–États-Unis–Mexique] en 2018, Trump avait gagné dans sa tête. Mais des experts qui ont analysé l’accord vont vous dire que le Canada ne s’en est pas trop mal tiré. » Le truc, selon lui, serait donc de faire croire à Donald Trump qu’il a gagné, en arrachant un match relativement nul sur le fond.

Évidemment, c’est plus facile à dire qu’à faire, tout le monde en convient.

Avec la nouvelle politique étrangère impérialiste de l’administration Trump, le Canada peut-il préserver sa souveraineté ?, demande un lecteur.

« C’est inquiétant pour le Canada parce que Trump s’attend à ce que le Canada s’aligne parfaitement avec ce qu’il souhaite », dit Frédérick Gagnon, qui a été chercheur dans plusieurs universités américaines.

Il reste trois autres années au mandat de Donald Trump à la Maison-Blanche. À quoi peut-on s’attendre ?

À court terme, pour 2026, Frédérick Gagnon et John Parisella prédisent tous deux que les démocrates reprendront le contrôle de la Chambre des représentants – mais pas du Sénat – aux élections de mi-mandat, en novembre. C’est ce que les sondages prédisent pour l’instant.

Comme l’administration Trump se comporte à plusieurs égards comme un régime autoritaire*,* ces élections de mi-mandat seront un test pour la démocratie américaine. « Les leaders autoritaires n’annulent pas les élections, mais essaient de faire en sorte qu’elles produisent des résultats avantageux pour eux, dit Frédérick Gagnon. On voit déjà toutes sortes de stratégies pour décourager le vote de certains groupes. »

Au-delà de la mission d’expulser les migrants non documentés, l’ICE semble avoir une autre mission dont on parle moins, celle de décourager certaines personnes d’aller voter, ce qui pourrait avantager les républicains.

Frederick Gagnon, expert en politique américaine

Même en cas de victoire des démocrates, Frédérick Gagnon doute que Donald Trump se mette soudainement à respecter l’autorité de la Chambre des représentants. Il pourrait vouloir continuer de gouverner par décrets en 2027 et 2028.

« L’autre gros point d’interrogation, c’est la sortie de Trump », rappelle Frédérick Gagnon. En théorie, il n’a pas le droit de se représenter en 2028. Mais il entretient le flou à ce sujet.

Y a-t-il un peu d’espoir dans tout ça ?

Oui, quand même.

Frédérick Gagnon espère encore qu’une cassure finisse par se produire entre Donald Trump et l’électorat républicain (son taux d’approbation est actuellement à 89 % chez les électeurs républicains, selon Gallup).

John Parisella, lui, garde espoir en se rappelant une autre époque de l’histoire des États-Unis, encore plus dramatique à son avis.

« Dans les années 1960, on a failli avoir une guerre mondiale avec l’URSS et Cuba. Il y a eu les assassinats de John F. Kennedy, de Martin Luther King et de Robert F. Kennedy. Il y a eu la guerre au Viêtnam. Les Américains se sauvaient au Canada pour ne pas aller à la guerre. Ce pays existe depuis 250 ans. Il y a eu l’esclavage, la guerre civile. Je continue de penser que les Américains vont trouver une façon de s’en sortir. »

Chantal Daumas, une lectrice qui s’est déplacée pour jaser de politique américaine, s’étonne qu’on ne parle pas souvent de la santé mentale du président américain. « Je trouve qu’il est mégalomane et qu’il délire. Est-il fou ou dangereux ? »

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Dans le Devoir, retour sur la 1re année du 2e mandat du POTUS

Voici comment le retour de Trump a bouleversé le monde

«On n’est pas le 51e État […] mais on le devient quand même un petit peu chaque fois que M. Carney abandonne une partie de notre souveraineté pour satisfaire ce président-là […].» Un an après son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a complètement bouleversé l’ordre mondial. Tarifs douaniers, immigration, politique étrangère: en entrevue, on analyse la situation avec Frédérick Gagnon, directeur de l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand.

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Commerce avec les États-Unis de Trump/ Le Mexique et Taïwan ont remplacé la Chine

Un an déjà que Donald Trump a pris les commandes. Un an qui paraît une éternité tellement le paysage politico-économique a changé.

L’arme de prédilection de Donald Trump – les droits de douane – est-elle pour autant parvenue à faire chuter le déficit commercial américain, comme le souhaitait ardemment le belliqueux président ? L’économie et l’emploi manufacturier ont-ils gagné au change ?

On peut répondre non à ces questions, bien qu’il y ait certaines nuances à faire.

Résumé

D’abord, le déficit commercial américain avec les autres pays est tout aussi important que celui des dernières années, étonnamment, si l’on compare les données des 10 premiers mois de 2025 (les plus récentes disponibles) aux mêmes périodes des années précédentes.

Toutefois, ce déficit a eu tendance à baisser au cours des derniers mois. Surtout, les pays qui sont à la source des déficits ne sont plus les mêmes, dois-je conclure de l’analyse des données du U.S. Department of Commerce.

Pendant que le déficit américain fond avec la Chine, celui avec le Mexique augmente considérablement.

Au cours des trois premiers trimestres de 2025, le déficit avec la Chine est demeuré très important, soit 139 milliards de dollars américains (toutes les données du texte sont en dollars américains). Il est cependant moitié moins élevé qu’il y a trois ans.

Le Mexique, avec ses automobiles, a suivi la tendance inverse, si bien qu’il vient de doubler la Chine comme pays avec le plus important excédent commercial avec les États-Unis, à 145 milliards sur trois trimestres⁠1.

Le Canada, avec son pétrole, fait partie des perdants relatifs, puisque le déficit américain est maintenant de 20 milliards pour trois trimestres, contre 50 milliards il y a quatre ans. À l’inverse, le déficit commercial américain avec Taïwan a explosé, en raison des semi-conducteurs qui alimentent l’IA.

Le déficit avec l’Europe est resté assez semblable, à 113 milliards de dollars pour trois trimestres, bien que les droits de douane semblent avoir des effets nettement plus marquants à partir du 3e trimestre.

Le déficit commercial américain avec le reste du monde n’a donc pas fondu, du moins pas encore, malgré les droits de douane. Après 10 mois, il se chiffrait à 783 milliards, contre 727 milliards l’an dernier et 790 milliards en 2022.

Il faut dire que les droits de douane réels, malgré les annonces explosives de Trump, n’ont pas augmenté autant que prévu. « Il y a une grande différence entre les annonces et la réalité, car il y a beaucoup d’exemptions », me dit Francis Généreux, économiste au Mouvement Desjardins.

« Par exemple, l’essentiel des produits du Canada et du Mexique reste couvert par l’accord de libre-échange et ceux de Taïwan, par des exemptions sur les produits électroniques. »

Autre élément : les politiques trumpistes n’ont pas encore été pleinement ressenties.

De fait, le déficit commercial américain a atteint un record historique au premier trimestre de 2025, car les entreprises américaines avaient devancé massivement leurs importations pour éviter les droits de douane qui allaient être imposés (en avril).

Le trimestre suivant et possiblement une partie du troisième trimestre ont subi un effet rebond, avec une baisse du déficit commercial, puisque les entreprises avaient fait le plein de commandes.

L’impact des droits de douane semble toutefois s’accroître de mois en mois, et il est bien possible qu’au cours des prochains trimestres, Trump parvienne à infléchir la tendance croissante du déficit commercial des dernières années. Le graphique est éloquent à cet égard.

Chose certaine, les recettes de droits de douane imposés aux entreprises étrangères et payés par les clients américains ont explosé. Depuis juin 2025, le gouvernement américain empoche quelque 30 milliards de dollars par mois, quatre fois plus que l’an dernier.

Ce n’est pas pour rien que Trump implore la Cour suprême de valider une importante portion de ses droits de douane, dont la constitutionnalité est contestée. Si la plus haute cour invalide ces droits, l’État devra possiblement rembourser les entreprises touchées, ce qui coûtera une fortune.

Depuis avril dernier, les douanes américaines ont collecté 250 milliards de droits de douane, soit 184 milliards de plus que pendant la période correspondante de l’année précédente.

Les trumpistes espèrent financer une partie de leur programme – y compris les baisses d’impôt – avec cette politique de droits de douane et d’investissements aux États-Unis.

Le magot des droits de douane n’est pas négligeable. Au rythme actuel, il représente 360 milliards par année (30 milliards X 12), ce qui équivaut à 22 % du déficit budgétaire du gouvernement.

Ce déficit, justement, a reculé en 2025 par rapport aux deux années démocrates précédentes, à 1667 milliards de dollars.

En attendant, les droits de douane de Trump n’ont pas amélioré la situation de l’emploi aux États-Unis. En 2025, le secteur privé a créé 733 000 emplois, la moitié des 1,6 million d’emplois de l’année précédente. Et dans le secteur manufacturier, il s’est perdu 68 000 emplois.

Le taux de chômage s’est d’ailleurs accru, passant de 4,1 % à la fin de 2024 à 4,4 % à la fin de 2025 (dernier tiers de l’année). Le taux d’inflation est également plus élevé, à 2,9 % à la fin de 2025 contre 2,3 % un an plus tôt⁠2.

Bref, non, les politiques du clan Trump n’ont pas fait progresser les États-Unis économiquement depuis un an. Le produit intérieur brut (PIB) a d’ailleurs crû de 2,8 % cette année, contre 2,9 % l’an dernier.

Reste à voir quels seront les effets en 2026 et en 2027. Une légère reprise est en vue, mais donnera-t-elle d’aussi beaux fruits que ceux promis par Trump ? Ou que ceux qui auraient éclos sans les politiques protectionnistes ? J’en doute fort.

  1. Les données par pays sont disponibles pour les neuf premiers mois seulement et non pour les dix premiers mois, comme les données d’ensemble.

  2. Les données du BLS d’octobre n’étant pas disponibles en raison de la fermeture des bureaux du gouvernement, nous avons comparé la moyenne du taux de chômage et d’inflation des quatre derniers mois de 2025 aux mêmes mois de 2024, plutôt que le taux moyen des trois derniers mois.

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À Davos, Macron réplique à Trump qu’il préfère « le respect plutôt que les brutes »

Le Parlement européen suspend le processus de ratification de l’accord commercial entre l’UE et les États-Unis, conclu l’an dernier, à la suite des dernières menaces en date de Donald Trump.

À Davos, mardi, le président français Emmanuel Macron a dénoncé une « concurrence des États-Unis d’Amérique » et rappelé « les outils très puissants » dont dispose l’Europe en matière commerciale « quand elle n’est pas respectée ».

Le discours du président de la France était, sans équivoque, une réponse à son homologue américain, qui s’en est pris sans relâche à ses alliés, 24 h avant son arrivée au Forum économique mondial.

Aux dirigeants et investisseurs réunis à Davos, Emmanuel Macron a dit préférer le respect plutôt que les brutes et l’état de droit plutôt que la brutalité, dénonçant un monde sans loi où le droit international est bafoué.

Résumé

Le président français a en outre dénoncé la période d’instabilité et de déséquilibres qui a été instaurée, du point de vue sécuritaire et économique.

AILLEURS SUR INFO : S’offrir une croisière dans les Caraïbes, se retrouver à Boston

De plus, le projet de Donald Trump de créer un Conseil de paix mondial ne semble pas enthousiasmer le président de la République française, qui a rappelé l’attachement de la France et de l’Europe à la souveraineté nationale et aux Nations unies et à leur Charte.

Ces dernières heures, le président américain a confirmé avoir invité Vladimir Poutine à se joindre à ce Conseil de paix, duquel il compte faire un outil à sa main pour régler les conflits dans le monde.

À Davos, mercredi, le président américain doit prononcer un discours et rencontrer d’autres dirigeants mondiaux, lui qui ne démord pas de son intention de s’approprier le Groenland d’une manière ou d’une autre. À l’encontre des États qui refusent de courber l’échine, Donald Trump multiplie les menaces de tarifs douaniers; le New York Times rapportait lundi qu’il avait laissé entrevoir des droits tarifaires de 200 % sur le vin français, incluant le champagne.

L’accord UE-États-Unis ne sera pas ratifié

Mardi, le Parlement européen a agi : par un accord majoritaire, ses principaux groupes politiques ont annoncé le gel du processus de ratification de l’accord commercial qu’avaient conclu, l’année passée, l’UE et les États-Unis.

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Cette annonce survient dans le contexte de l’offensive tarifaire menée par Washington et face à laquelle l’Union européenne (UE) avait établi, mardi, qu’elle ne reculerait pas.

La cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, avait expliqué que l’Europe ne cherchait pas la bagarre, mais qu’elle entendait protéger ses intérêts. Le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, avait pour sa part affirmé que les Européens devaient clairement faire entendre qu’ils avaient atteint [leurs] limites.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est adressée aux chefs d’État et de gouvernement présents au Forum économique mondial de Davos, mardi, disant que M. Trump commettait « une erreur » en voulant infliger des droits tarifaires punitifs à l’Europe.

Photo : Associated Press / Markus Schreiber

Mercredi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a qualifié d’erreur la menace de Donald Trump d’imposer des droits de douane aux pays européens opposés à une annexion du Groenland.

Cette menace, a-t-elle poursuivi, soulève des questions quant à la fiabilité du président, après ses promesses de l’année dernière de ne pas imposer de nouveaux droits de douane aux pays de l’Union européenne.

Donald Trump a aussi annoncé une réunion des différentes parties à Davos sur le sujet du Groenland. Dans des déclarations faites à un journaliste en Floride lundi, M. Trump a dit qu’il ne pensait pas qu’ils [les dirigeants européens, notamment] allaient résister beaucoup.

Le Groenland est essentiel pour la sécurité nationale et mondiale. Il ne peut y avoir de retour en arrière, sur ce point, tout le monde est d’accord!, a-t-il lancé sur son réseau Truth Social, indiquant avoir eu un très bon entretien téléphonique avec Mark Rutte, le secrétaire général de l’OTAN.

Plus d’information à venir

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Un de leurs outils n’est-il pas la dette américaine? J’avais entendu dire dans les médias que si les pays créanciers des américains vendaient leurs dettes (ou je ne sais pas trop le bon terme), ça pouvait faire très mal à l’économie des USA??

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Effectivement, d’ailleurs malgré les tarifs douaniers, la dette américaine continue de grossir quotidiennement presqu’autant qu’avant, quand ces tarifs ont été appliqués, voir ma publication plus haut dans résumé.

Or Trump agit comme s’il était indépendant économiquement des autres pays dans le monde. La France, la Chine, le Japon et bien d’autres détiennent des parts importantes qu’ils pourraient larguer, en rendant encore plus difficile le financement de cette dette américaine à l’international.

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Il me semble que la Chine détient 1 trillion+ de la dette américaine. Techniquement, elle pourrait vendre cette dette et littéralement mettre les USA en faillite selon ce que j’ai pu comprendre…Bref…

J’ai hâte que les américains allument à un certain moment… Et je dois être honnête, cette situation me rend anxieux. J’ai 0 envie d’être américain et j’ose espérer que c’est le sentiment d’une grande majorité de canadien… Vivre à côté d’un pays si instable, c’est pas quelque chose que j’adore, not gonne lie…

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C’est techniquement vrai, mais elle perdrait le plus grand consommateur donc elle se tirerait dans le pied aussi. De plus, si les USA tombent, on peut bien penser que de nombreux pays seront entraînés dans la chute avec eux.

C’est une arme économique assez énorme. Plusieurs pays (dont le Canada) détiennent beaucoup de dette américaine.

On est pas bien bien mieux par contre, l’an dernier on estimait que 55% de notre dette publique est détenue par des intérêts étrangers, dont 11% par la Chine.

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Au grand maux, les grands moyens, sans aller à l’extrême un consensus pourrait s’établir entre nations pour forcer les USA à revenir à un comportement plus civilisé en affaires. Disons cependant que Trump aurait tout à perdre et devra réfléchir sérieusement s’il s’avance sur ce terrain miné. Puisqu’à part sa base fanatisée, il n’y a personne de sensé qui voudrait suivre ce président dans son délire hystérique de plus en plus affiché et déséquilibré.

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Je pense que pour plusieurs États, il y aurait un incitatif à délaisser cette Union et faire bande à part pour s’allier aux USA.

Un “petit” État, aurait tout intérêt à s’allier économiquement avec la plus grande puissance économique plutôt qu’une union fragile.

Même là, ce n’est pas tous les MAGA qui sont favorables à l’annexion du Groenland (peu importe le moyen). Une majorité d’américains s’oppose à l’annexion, autant par achat que par force du Groenland selon les sondages, je n’imagine même pas pour le Canada.

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Sur Bluesky, perspective d’un économiste :

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Un discours historique d’une rare éloquence qui devrait avoir un impact positif majeur face à la crise actuelle sans précédent au niveau mondial.


Forum économique mondial de Davos Carney appelle les États à se regrouper face à l’intimidation américaine

(Davos) Le premier ministre Mark Carney a déclaré la fin du système international fondé sur les règles et appelé les États à se regrouper pour mieux contrer l’intimidation des « puissances hégémoniques ». Il a livré un discours mardi au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, qui rassemble l’élite économique et politique mondiale.

« Soyons clairs : nous sommes au cœur d’une rupture, et non d’une transition », a-t-il déclaré.

M. Carney a évité de nommer directement l’administration Trump, mais elle était partout en filigrane dans son allocution.

Les grandes puissances, désormais sans contraintes, utilisent « l’intégration économique comme une arme », « les droits de douane comme moyen de pression », « l’infrastructure financière comme outil de coercition » et « les chaînes d’approvisionnement comme des vulnérabilités à exploiter. »

Les institutions multilatérales sur lesquelles comptaient les puissances moyennes comme le Canada – l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’Organisation des Nations unies (ONU), la Conférence des parties (COP) – sont affaiblies, a-t-il constaté.

« Les puissances moyennes doivent agir ensemble, car si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu », a-t-il affirmé. Cette phrase a suscité une vague de murmures dans la salle presque comble.

« Mais lorsque nous ne négocions que bilatéralement avec une puissance hégémonique, nous négocions en position de faiblesse, a-t-il signalé. Nous acceptons ce qui nous est proposé. Nous sommes en concurrence pour être les plus accommodants. »

Il a appelé les États à « s’unir pour créer une troisième voie influente » et regarder la vérité en face. « Cessez d’invoquer l’ordre international fondé sur des règles comme s’il fonctionnait encore comme on le prétend. Nommez ce système par son nom : une période où les plus puissants poursuivent leurs intérêts en utilisant l’intégration économique comme une arme de coercition. »

Cette troisième voie passe par la création de nouvelles institutions et la diversification de leurs marchés économiques. « L’ancien ordre mondial ne reviendra pas, a-t-il affirmé. Nous ne devrions pas le pleurer. La nostalgie n’est pas une stratégie. »

« Mais de cette fracture, nous pouvons construire quelque chose de mieux, de plus fort et de plus juste », a-t-il conclu.

D’autres détails suivront

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