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:roll_eyes: Il pourra l’ajouter à sa collection de médailles Purple Heart jamais méritées…

WATCH: Trump honors Purple Heart recipients, including 3 who sent him medals after Butler shooting | PBS News

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Évidemment l’argent va au Qatar après que ce pays lui a fait un cadeau personnel d’un avion à $400M…

Which way, Greenland man?

Envoyé directement du compte de la Maison Blanche: après le salut de Musk ils ne se cachent même plus…

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Revendications de Donald Trump | Une délégation du Congrès américain au Danemark en soutien au Groenland

(Copenhague) Une délégation bipartisane du Congrès américain est à Copenhague pour une visite de soutien au Danemark et au Groenland, assurant que les ambitions de Donald Trump sur l’immense île arctique ne représentaient pas l’opinion publique américaine.

Le président américain a menacé vendredi de droits de douane les pays qui ne soutiendraient pas son plan pour acquérir le Groenland, au moment où plusieurs pays européens ont annoncé y envoyer des militaires en soutien au Danemark.

Résumé

« Un allié, pas un actif »

« Quand vous demandez aux Américains s’ils pensent que c’est une bonne idée que les États-Unis acquièrent le Groenland, la grande majorité, environ 75 %, répondra : “Nous ne pensons pas que ce soit une bonne idée” », a-t-elle dit aux journalistes après la rencontre au Parlement.

« Le Groenland doit être considéré comme notre allié, et non comme un actif », a ajouté Mme Murkowski.
« Le Congrès n’approuverait jamais une action militaire au Groenland. Ce n’est qu’un idiot qui parle », assure Kenni (nom d’emprunt), syndicaliste de 39 ans, rencontré par l’AFP. « Mais s’il le fait, il sera destitué ou mis dehors. Si les membres du Congrès veulent sauver leur propre démocratie, ils doivent s’activer ».

« Je vais peut-être imposer des droits de douane sur des pays s’ils ne jouent pas le jeu sur le Groenland, parce qu’on a besoin du Groenland pour la sécurité nationale », a déclaré le président américain lors d’une table ronde à la Maison-Blanche.

Les onze parlementaires ont en particulier rencontré la première ministre Mette Frederiksen, qui a acté l’existence d’un « désaccord fondamental » avec l’administration Trump, en présence du chef du gouvernement groenlandais Jens-Frederik Nielsen.

La délégation américaine est arrivée vers midi au siège du patronat danois pour un repas avec des chefs d’entreprise. Plus tard dans la journée, elle s’est entretenue avec des membres du Parlement danois où le drapeau groenlandais a été hissé.

La sénatrice républicaine Lisa Murkowski a salué « un bon dialogue » à chacune de ces réunions, et a appelé à « prendre soin » de l’amitié entre les États-Unis et le Danemark.

« Un allié, pas un actif »

« Quand vous demandez aux Américains s’ils pensent que c’est une bonne idée que les États-Unis acquièrent le Groenland, la grande majorité, environ 75 %, répondra : “Nous ne pensons pas que ce soit une bonne idée” », a-t-elle dit aux journalistes après la rencontre au Parlement.

« Le Groenland doit être considéré comme notre allié, et non comme un actif », a ajouté Mme Murkowski.

Cette visite intervient deux jours après une réunion à Washington où les autorités danoises ont constaté l’impossibilité de s’entendre dans l’immédiat avec les dirigeants américains sur l’avenir du territoire autonome.

Le sénateur démocrate Chris Coons a également rappelé l’objectif de ce voyage. « Écouter respectueusement nos amis […] puis retourner aux États-Unis pour partager ces points de vue afin que nous puissions faire baisser la température et avoir un dialogue plus constructif sur la meilleure voie à suivre », a-t-il espéré.

Outre Lisa Murkowski et Chris Coons, la délégation américaine est composée des sénateurs Dick Durbin, Peter Welch et Jeanne Shaheen du Parti démocrate, ainsi que Thom Tillis du Parti républicain.

La Chambre des représentants est représentée par les démocrates Steny Hoyer, Gregory Meeks, Madeleine Dean, Sara Jacobs et Sarah McBride.

À Nuuk, capitale du Groenland, les habitants saluent cette tournée de soutien.

« Le Congrès n’approuverait jamais une action militaire au Groenland. Ce n’est qu’un idiot qui parle », assure Kenni (nom d’emprunt), syndicaliste de 39 ans, rencontré par l’AFP. « Mais s’il le fait, il sera destitué ou mis dehors. Si les membres du Congrès veulent sauver leur propre démocratie, ils doivent s’activer ».

Manifestations en préparation

Vendredi, les militaires étaient plus visibles dans la capitale groenlandaise, a constaté un journaliste de l’AFP, deux jours après l’annonce du renforcement militaire danois, et l’envoi d’une mission de reconnaissance européenne.

« Je ne pense pas que le déploiement de troupes en Europe ait un impact sur la prise de décision du président et cela n’a aucun impact sur son objectif d’acquérir le Groenland », a déclaré jeudi la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, pendant une conférence de presse.

Il est « hors de question » que les États-Unis acquièrent le Groenland, avait répondu le ministre des Affaires étrangères du Danemark Lars Løkke Rasmussen.

L’envoi de militaires européens au Groenland pour un exercice vise à « envoyer un signal » à « tout le monde », y compris aux États-Unis, sur la détermination des pays européens à « défendre [leur] souveraineté », a fait valoir la ministre déléguée aux Armées françaises Alice Rufo.

La France, la Suède, l’Allemagne et la Norvège, rejoints par les Pays-Bas, la Finlande et le Royaume-Uni, ont annoncé l’envoi de quelques personnels militaires, préalable à de nouveaux exercices dans l’Arctique.

La France a déjà déployé « une première équipe de militaires » au Groenland et va dépêcher « dans les prochains jours » de nouveaux « moyens terrestres, aériens et maritimes » dans le territoire autonome danois, a indiqué Emmanuel Macron.

Dans ce contexte, d’importantes manifestations sont prévues samedi dans plusieurs villes du Danemark et à Nuuk, afin de protester contre les ambitions territoriales de Donald Trump.

Sur les réseaux sociaux, des milliers de personnes ont signalé leur volonté de participer aux rassemblements à Nuuk et au Danemark dans la capitale du pays, à Aarhus (Centre), Aalborg (Nord) et Odense (Sud), à l’initiative de plusieurs organisations groenlandaises.

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Soulèvement en Iran | Croire les ayatollahs sur parole

Alors donc, les autorités iraniennes ont arrêté de tuer les manifestants dans les rues du pays. Il n’y a pas d’exécutions et il n’y en a pas de planifiées. Et que voulez-vous, les forces de l’ordre ne faisaient que tirer sur ceux qui leur tiraient dessus !

Voilà la belle histoire qu’a relayée Donald Trump mercredi soir, affirmant tenir l’information de « bonne source ». Et dans ce cas, la « bonne source », c’est le gouvernement de Téhéran, le régime des ayatollahs.

La même « bonne source » qui admet avoir tué au moins 2000 personnes dans le cadre des manifestations qui ont commencé par une grève de commerçants du bazar le 28 décembre et qui ont atteint leur crescendo le week-end dernier.

Résumé

La même « bonne source » qui a coupé l’internet à la grandeur du pays, plongeant les Iraniens dans un immense brouillard informationnel. Privant des millions de mères et de pères de nouvelles de leurs fils, de leurs filles. Empêchant des millions d’Iraniens de la diaspora de dormir la nuit.

La même « bonne source » qui dit maintenant qu’elle considère que tous ceux qui ont mis le pied dans la rue à partir du 8 janvier sont de dangereux criminels. D’ailleurs, à ce jour, elle a arrêté plus de 10 000 d’entre eux.

La même « bonne source » qui tient des procès fantoches à une vitesse faramineuse, obligeant des dizaines de personnes à « avouer » leurs crimes devant la caméra et à s’excuser. Erfan Soltani, 26 ans, a été condamné à mort en moins de deux jours, sans avoir vu un avocat.

La même « bonne source » qui demande aux parents qui viennent récupérer les dépouilles de leurs enfants dans des sacs mortuaires de payer le prix des balles qui ont été utilisées pour tuer la chair de leur chair. Pas de remboursement, pas de dépouille !

Ah ! La bonne source !

Devant les caméras du monde entier, donc, ainsi que sur le réseau social Truth Social, Donald Trump a annoncé qu’il retiendra ses armes, ses avions et ses canons en attendant de voir si oui ou non l’information qu’il a eue de « bonne source » est juste, et ce, même si la réponse est tout à fait évidente. Il n’y a aucune raison de croire les ayatollahs sur parole.

D’ailleurs, le Washington Post note que ce sont plutôt trois pays voisins de l’Iran – l’Arabie saoudite, le Qatar et Oman –, et non pas les dirigeants islamistes de Téhéran, qui ont convaincu le président des États-Unis de calmer ses ardeurs guerrières, lui disant avec raison qu’une intervention armée en Iran risquerait de déstabiliser davantage la région.

La Turquie, qui a une base américaine sur son sol, n’était pas chaude du tout à l’idée, craignant de subir les représailles iraniennes.

Que Donald Trump mette de côté l’idée d’attaquer l’Iran n’est pas une mauvaise chose en soi. Une telle agression unilatérale violerait le droit international.

Non, ce qui est terrible dans cette histoire, c’est que Donald Trump a tourné le dos aux Iraniens moins de 24 heures après les avoir incités à continuer leurs manifestations, leur promettant que de l’aide était « en route ».

Quelle aide ? Quelle route ?

Ce n’est pas la première fois que le président américain encourage des civils en détresse, leur offre sa sollicitude et son soutien pour les laisser tomber le lendemain.

On a vu la même chose à Gaza. En juillet l’an dernier, il s’est dit « troublé » et « dérangé » par les images d’enfants tenaillés par la faim alors qu’Israël bloquait depuis des mois la quasi-totalité de l’aide humanitaire destinée à l’enclave palestinienne. Cependant, il a vite décidé de se ranger derrière la version du gouvernement israélien qui affirmait que les avertissements de famine étaient politiques.

Ce n’est qu’après une frappe israélienne au Qatar en septembre 2025, deux mois plus tard, qu’il a commencé à mettre de la pression sur Benyamin Nétanyahou pour qu’une entente de cessez-le-feu, aussi chambranlante soit-elle, soit conclue.

En Ukraine, même scénario. Si Donald Trump a à plusieurs reprises affirmé que les Ukrainiens étaient en mesure de gagner la guerre contre la Russie, il a aussi maintes fois décidé de privilégier le point de vue de Vladimir Poutine sur le conflit, et ce, même si c’est une insulte à la réalité.

On pourrait dire la même chose au Venezuela, où il a relayé les fabulations de la nouvelle présidente, Delcy Rodríguez, selon lesquelles les autorités vénézuéliennes avaient libéré une grande partie des prisonniers politiques à la suite de la capture de Nicolás Maduro. En réalité, alors qu’un petit nombre sortaient de prison, d’autres y atterrissaient.

Et à quoi ça sert de dire devant les caméras qu’on croit ce qu’un leader autoritaire nous raconte, même si le mensonge est gros comme un porte-avions dans le golfe Persique ? À sauver la face. À passer à un autre appel.

Et tant pis pour ceux qui sont laissés en plan sur la ligne.

Bon petit reportage historique:

Qui avait ceci sur sa carte de bingo 2026?

Donald Trump a dévoilé vendredi une liste de membres du Conseil de la paix pour Gaza, qu’il présidera et auquel siègeront en particulier le chef de la diplomatie Marco Rubio et l’ancien premier ministre britannique Tony Blair.

Radio-Canada a ensuite appris que le premier ministre du Canada, Mark Carney, en fera également partie. Une source gouvernementale a indiqué à Radio-Canada que Donald Trump a invité M. Carney à se joindre au Conseil. Le chef du gouvernement canadien va accepter l’invitation.

U.S. President Donald Trump has asked Prime Minister Mark Carney to join the Board of Peace for Gaza.

Speaking on background before departing Beijing on Friday, a senior Canadian government official told reporters the request came earlier in the day. Carney will accept, but has not done so yet.

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La Chine prouve que Trump se tire dans le pied

Il faut regarder vers la Chine pour avoir la preuve que Donald Trump s’est tiré royalement dans le pied depuis son retour à la Maison-Blanche, il y a un an.

Les États-Unis ne sont plus ce qu’ils étaient. L’ancien shérif de la planète ressemble maintenant à un État cowboy qui n’hésite pas à intimider ses plus fidèles alliés, y compris le Canada.

Les décisions belliqueuses et erratiques du président américain ont permis au président chinois Xi Jinping de se présenter comme le leader qui peut remettre le commerce mondial sur les rails, malgré ses zones d’ombre en matière de respect des droits de la personne et d’ingérence politique étrangère.

La visite de Mark Carney à Pékin, après une décennie de froid, démontre à quel point la mauvaise gestion des relations internationales de Donald Trump pousse ses partenaires à se rapprocher de la Chine, ironiquement la grande rivale des États-Unis.

Suite de la chronique de Stéphanie Grammond

D’ailleurs, le premier ministre canadien est loin d’être le seul à se rendre dans l’empire du Milieu. Le président sud-coréen y était tout récemment, alors qu’aucun dirigeant de son pays n’y avait mis les pieds depuis 2019. Le premier ministre britannique et le chancelier allemand suivront sous peu.

En arrivant en Chine, Mark Carney marchait sur un fil de fer. Mais il a exécuté avec brio son numéro d’équilibriste.

En ouvrant doucement la route aux véhicules électriques (VE) chinois, il offre une option bon marché aux consommateurs canadiens, ce qui encouragera la transition verte.

Mais en limitant le nombre de VE chinois qui entreront chez nous, il réduit le risque que la Chine tue notre industrie automobile avec ses véhicules au rabais subventionnés par l’État.

L’approche de Mark Carney est plus mesurée que l’imposition de droits de douane de 100 % que le Canada avait décrétée en 2024, en suivant les États-Unis comme un chien de poche.

Cette décision était en contradiction avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) que le Canada – grand pays exportateur – s’évertue à défendre. Et elle ne nous avait valu aucune gratitude de la part de Donald Trump qui a imposé des droits de douane de 25 % à l’industrie automobile canadienne.

Laisser entrer les véhicules chinois au Canada est donc souhaitable, comme nous l’avons déjà plaidé1. Et cela permettra de réduire les contre-droits de douane imposés par la Chine sur différents produits agricoles canadiens, comme les graines de canola.

C’est donc un pas dans la bonne direction. Mais il reste du chemin à faire.

Mark Carney veut hausser de 50 % les exportations vers la Chine d’ici 2030. Fort bien. Mais encore faudrait-il que le Canada exporte des produits à valeur ajoutée, pas que des ressources naturelles.

Il faudrait aussi convaincre la Chine d’installer une usine de véhicules électriques au Canada… et pourquoi pas au Québec ? Après tout, la province achète la moitié des VE vendus à travers le pays.

18 %

Au Québec, c’est la proportion des ventes de véhicules neufs qui sont électriques. Le taux d’adoption est trois fois plus élevé que dans des provinces comme la Colombie-Britannique et l’Ontario.

Source : Statistique Canada, troisième trimestre 2025

Donald Trump pourrait difficilement s’en plaindre, alors qu’il a invité la Chine à installer une usine automobile sur le sol américain, il y a quelques jours.

D’ailleurs, le président américain a déclaré que l’accord entre le Canada et la Chine était une « bonne chose ». Il ne peut pas nous en vouloir de chercher des débouchés pour nos produits, lui qui ne cesse de répéter qu’il n’a besoin de rien au Canada, quitte à déchirer l’accord de libre-échange.

Le début de l’année 2026 montre de façon encore plus éclatante que Donald Trump ne respecte aucune limite, sauf celle de sa « propre moralité ».

Mais en minant l’indépendance des institutions américaines, il est en train de transformer les États-Unis en république bananière.

Les données sur l’emploi ne plaisent pas ? Le responsable des statistiques se fait mettre à la porte. Les taux d’intérêt ne baissent pas assez vite ? Le patron de la Réserve fédérale est menacé d’une poursuite criminelle. Une citoyenne est abattue dans son véhicule à Minneapolis ? Le département de la Justice préfère enquêter sur les proches de la victime plutôt que sur l’agent de la police anti-immigration ICE qui a tiré à bout portant.

Gare à ceux qui se mettent en travers du chemin de Donald Trump.

À l’international, les Américains sont en train de détruire le système qu’ils ont contribué à mettre en place et qui leur a offert la prospérité depuis 80 ans.

Tout ce chaos laisse le champ libre à la Chine.

Donald Trump assomme la planète avec des droits de douane « réciproques » ? Xi Jinping lui fait un pied de nez en supprimant tous les droits chinois pour une cinquantaine de pays africains. Bienvenue en Chine !

Après des années sous haute tension, le Canada a tout intérêt à rétablir de meilleures relations avec la Chine qui est trop importante pour être ignorée, mais trop redoutable pour qu’on lui accorde notre pleine confiance.

Le Canada a aussi tout avantage à convaincre les États-Unis de préserver les règles internationales.

Pour l’instant, personne n’ose contredire Donald Trump, par peur de représailles. Chacun tente de négocier avec lui de son côté, en espérant obtenir ses faveurs. Cette division a permis au président américain de faire avaler ses droits de douane à la planète, sans véritable riposte.

Mais les menaces contre le Groenland donnent une autre occasion au Canada et à ses alliés de l’OTAN de parler d’une seule voix pour éviter le pire.

Coincé entre la Chine et les États-Unis, Mark Carney aura encore besoin de ses talents d’équilibriste.

Accord Canada-Chine | Une entente avantageuse, estiment des experts

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La saisie du Groenland dresserait l’Europe contre Trump

Stéphane Dion prévoit que la réponse européenne à une invasion américaine du territoire danois autonome serait autrement plus virulente que celle face à la récente capture de Nicolás Maduro.

Stéphane Dion Ex-ambassadeur en Allemagne et en France et envoyé spécial du premier ministre du Canada en Europe lors des huit dernières années

Les dirigeants européens ont jusqu’à présent tout fait pour ne pas déplaire au président Trump. Ils sont guidés par deux motivations, l’une économique, l’autre géostratégique : se soustraire autant que possible aux barrières douanières et maintenir l’appui des États-Unis pour l’Ukraine et l’OTAN. Les enjeux sont énormes sur le plan de l’économie et de l’emploi comme pour la survie de l’Ukraine et la sécurité de l’Europe.

Résumé

Pourtant, si Donald Trump devait passer de la parole aux actes et vraiment annexer par la force le Groenland, la réaction des Européens serait très négative. Une telle agression contre un territoire européen produirait un branle-bas diplomatique et économique comme on n’en a jamais vu entre alliés de l’OTAN.

Ce serait une erreur de croire que la réaction européenne serait du même ordre que celle, mesurée, qui a suivi l’intervention au Venezuela : personne ne condamnant les États-Unis même si on a exprimé une inquiétude pour le droit international.

Dans le cas du Venezuela, il ne s’agissait pas d’une invasion – pas encore – mais de l’arrestation extraterritoriale d’un président dénoncé comme illégitime. Le Groenland et le Danemark, c’est tout autre chose : une démocratie exemplaire, à qui on n’a rien à reprocher, un allié de l’OTAN rattaché à l’Europe.

On aurait tort de penser que ce ne serait pas si grave puisqu’il ne s’agit que d’une population de 57 000 personnes. Justement, cette annexion forcée d’un voisin si faible serait perçue comme un geste d’une grande lâcheté. Par ailleurs, il s’agit tout de même de la plus grande île au monde, ce qui n’est pas rien.

L’honneur de l’Europe

Ne pas y réagir, faire le dos rond, une telle résignation face au fait accompli serait rejetée par de nombreux Européens comme un déshonneur, confirmant, comme les trumpistes l’affirment, que leur continent n’est plus qu’une civilisation en voie d’effacement.

Cela mettrait aussi l’Europe en contradiction flagrante avec ce qu’elle ne cesse de répéter au monde depuis quatre ans : soit que la guerre d’agression de Poutine contre l’Ukraine n’est pas qu’un enjeu européen, c’est un enjeu mondial, le principe universel en cause étant qu’il faut démontrer à la face du monde qu’un pays ne gagne rien à envahir son voisin, que le crime d’invasion ne paie pas. S’il est mal d’envahir, pourquoi ne condamner que Poutine, mais pas Trump ?

Bien sûr, la comparaison n’est pas exacte : la guerre de Poutine en Ukraine a entraîné des centaines de milliers de morts tandis qu’il serait possible pour Trump de prendre le Groenland sans coup férir. Mais le principe demeure le même : si le fait de la conquête vaut pour les États-Unis, pourquoi les autres pays se gêneraient-ils ?

La réaction en serait une non pas militaire, bien sûr, mais émotionnelle, diplomatique et commerciale : dénonciation à l’ONU et sur toutes les tribunes, représailles commerciales, remise en cause des commandes d’achats américains y compris sur le plan militaire.

On pourrait même envisager un mouvement pour un boycottage olympique, visant sinon à bannir, du moins à faire parader les athlètes américains sous drapeau neutre avec l’hymne olympique plutôt que le Star-Spangled Banner joué quand leurs athlètes gagnent des médailles.

Mais la première cible serait certainement la scène politique américaine, pour que les Américains eux-mêmes amènent le président Trump à revenir sur sa décision. Les sondages montrent qu’il y a peu d’appui aux États-Unis pour la prise du Groenland. En fait, beaucoup d’Américains en seraient révulsés. On entend déjà des résistances s’exprimer au sein même du Parti républicain. L’appui des deux Chambres serait nécessaire pour qu’un nouveau territoire soit reconnu comme américain par les États-Unis.

Il y a peu de velléités annexionnistes aussi au Pentagone, au Department of State ou dans le milieu académique, en dehors des cercles du mouvement MAGA. On juge tout à fait inutile et contre-productif d’envahir le Groenland et de mettre à mal la coalition de l’OTAN. Pour consolider la sécurité de l’Arctique par une présence accrue au Groenland, les Américains n’ont qu’à recréer les bases militaires et à y ramener les milliers de soldats qu’ils stationnaient sur cette île lors de la guerre froide. Ils n’y ont plus qu’une base alors qu’ils en ont déjà compté une dizaine. Les Groenlandais, les Danois et l’OTAN leur offrent leur pleine coopération pour matérialiser cette défense collective renforcée.

Il faudrait donc s’attendre à une forte campagne européenne aux États-Unis visant à ce qu’ils reviennent sur leur décision. Bien sûr les Européens solliciteraient l’aide du Canada, nous qui avons une connaissance si intime de la civilisation états-unienne. Il serait dans notre intérêt de participer activement à cette campagne pour l’intégrité territoriale d’un pays ami, avec toute l’efficacité dont nous sommes capables. Si nous voulons que le monde nous appuie pour ne pas devenir le 51e État, il nous faut nous solidariser avec le Danemark et le Groenland, notre voisin nordique.

Les Inuit Kalaallit

Près de 90 % des habitants du Groenland sont kalaallit, de culture et de langue apparentées à celles des Inuit canadiens. En cas d’annexion américaine, le sort de ce peuple distinct, au sens de la loi internationale, a de quoi inquiéter, selon le professeur d’anthropologie émérite Louis-Jacques Dorais.

Lisez « Le Groenland en danger de “nationicide” »

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Nous sommes tellement biaisés contre la Chine…

Ne pourrait-on pas dire de même des États-Unis?

Ces doubles standards sont omniprésents dans les articles qu’on lit sur la Chine et les États-Unis et ça ne semble pas évoluer.

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Exactement. C’est d’ailleurs pour cette raison que dans la plupart des pays du sud global, les gens méprisent la posture morale occidentale.
Les USA, c’est un des rares pays où l’esclavage est encore légal grâce au fameux 13e amendement, un pays qui organisr un système de surveillance de masse de sa population (et de celle des autres), un pays qui ne reconnaît pas la CIJ et qui a même passé une loi pour envahir la haye si un ressortissant américain se voyait comparaître là bas, un pays qui soutient et a soutenu de nombreuses dictatures quand ils n’ont pas directement fait des coups d’états envers des gouvernements choisis par la population locale (Chili, Congo x2, Iran, Afghanistan x2, Irak, Haïti x4, Somalie, Venezuela x2, Panama, Honduras, Colombie, Bolivie, Corée, Albanie, Syrie, et j’en passe, la liste est longue …), un pays qui a fait emprisonné des personnes comme Julien Assange pour avoir fait leur travail de journaliste (et qui a contemplé l’idée de l’assassiner), un pays dont la justice est extraterritorial et qui n’hésite pas à l’utiliser comme outil de guerre économique contre ses “alliés”. Etc…

Factuellement, la Chine est beaucoup moins impérialiste que les USA.

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Il y aussi ceci dans un article partagé sur le fil des relations bilatérales :

Faire affaire avec la Chine = ouvrir la boîte de Pandore

Quel manque de rigueur, d’objectivité, d’inspiration…

Ajout: Les deux articles que j’ai cités sont de La Presse.

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D’autant que les USA, notre plus grand partenaire commercial, ont recours au travail forcé et, en dehors de certains cercles de gauche, ça n’emeut personne.

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Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés samedi à Copenhague au Danemark pour dénoncer les ambitions territoriales de Donald Trump, qui continue d’afficher son intention de s’emparer du Groenland.

Sous un ciel gris et brumeux, les manifestants, munis de drapeaux groenlandais et danois, formaient une marée rouge et blanc aux couleurs de ces drapeaux sur la place de l’hôtel de ville, scandant le nom du Groenland en groenlandais : « Kalaallit Nunaat! », ont constaté des journalistes de l’AFP.


Pendant ce temps dans la tête de POTUS 47
Il n’imposera pas de tarifs douaniers au Canada puisque le Canada n’enverra pas de militaires au Groenland

Dans la Presse

Opposition à l’annexion du Groenland | Trump annonce de nouveaux droits de douane pour huit pays européens

Donald Trump a menacé samedi d’imposer de nouveaux droits de douane, pouvant aller jusqu’à 25 %, sur les produits d’une série de pays européens « jusqu’à la vente totale du Groenland ».

« À partir du 1er février », le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande se verront appliquer une surtaxe de 10 % sur les marchandises envoyées aux États-Unis, a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

« Le 1er juin 2026, les droits de douane seront portés à 25 % » et ils s’appliqueront « jusqu’à ce qu’un accord soit conclu pour la vente complète et intégrale du Groenland », a-t-il affirmé.

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Il faut immédiatement arrêter cette dérive autoritaire inacceptable en droit international, sinon ce sera le chaos partout sur la planète. Vraiment les américains ont un immense problème avec un président élu qui ne respecte plus rien ni personne et qui décrédibilise son propre pays à la face du monde.

Or imposer des droits de douanes punitifs à des pays qui défendent leurs propres partenaires commerciaux continentaux est un grave précédent dans l’histoire moderne. Où cela s’arrêtera-t-il?

Que faut-il de plus pour destituer un président clairement inapte à gouverner et qui se conduit comme un véritable criminel mafioso, en menaçant d’extorsion au passage ses propres alliés traditionnels? Un dangereux préjudice qui pourrait non seulement briser des alliances, mais potentiellement conduire à une guerre ultra dommageable pour tout le monde.

Il est plus que temps que le Congrès américain agisse vigoureusement pour arrêter cette tendance déstabilisante de l’ordre mondial qui n’a pas sa place dans un pays démocratique.

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And now, that … threatens NATO members with more tariffs to force Greenland into their hands.

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Le Président qui veut forcer M. Zelensky à organiser des élections en pleine guerre mais qui trouve que les midterms ne devraient pas avoir lieu…

“It’s some deep psychological thing, but when you win the presidency, you don’t win the midterms,” Trump said. He boasted that he had accomplished so much that “when you think of it, we shouldn’t even have an election.”

https://www.reuters.com/world/us/five-takeaways-reuters-interview-president-trump-2026-01-15/

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:balance_scale: Une Cour suprême, à majorité extrême, vient amplifier le problème.

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Conseil de paix pour Gaza Donald Trump veut exiger 1 milliard aux pays membres

Pour faire partie du nouveau Conseil de paix imaginé par Donald Trump, les pays membres devront délier les cordons de la bourse. Le président des États-Unis entend les faire payer 1 milliard de dollars américains, pour une place à la table de négociations.

Résumé

« Chaque État membre exercera un mandat d’une durée maximale de trois ans à compter de l’entrée en vigueur de la présente charte, sous réserve de renouvellement par le président », lit-on dans le plan d’une éventuelle charte pour ce groupe, consulté par le média américain Bloomberg.

Cependant, la limite de trois ans ne s’appliquerait pas aux États membres « qui versent plus de 1 000 000 000 dollars [un milliard] en espèces au Conseil de la paix », au cours de la première année suivant l’entrée en vigueur de la charte.

Carney de la partie

Mark Carney, a l’intention d’accepter l’invitation de Donald Trump à siéger au Conseil de paix pour Gaza. C’est ce qu’a déclaré un haut conseiller du premier ministre canadien, samedi à l’Agence France-Presse.

On ne connaît cependant pas davantage de détails sur l’implication d’Ottawa dans cette nouvelle organisation.

Fait important : contrairement à plusieurs organisations internationales, il ne faut pas nécessairement être un chef d’État pour intégrer le Conseil de paix pour Gaza de M. Trump.

Le Conseil de paix comptera sur huit membres du conseil exécutif, incluant cinq Américains, tous annoncés samedi. Parmi eux, le diplomate bulgare Nickolay Mladenov sera haut représentant pour Gaza et le général américain Jasper Jeffers dirigera la Force internationale de stabilisation dans le territoire palestinien, deux importantes fonctions.

Également du nombre : le secrétaire d’État américain Marco Rubio, l’envoyé spécial Steve Witkoff, le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, le milliardaire américain et président d’Apollo Global Management, Marc Rowan, le conseiller politique américain Robert Gabriel Jr., l’ex-premier ministre britannique Tony Blair et le président de la Banque mondiale Ajay Banga.

Parmi les autres invités, l’homme fort de la Maison-Blanche a tendu la main à plusieurs présidents : Javier Milei (Argentine), Recep Tayyip Erdoğan (Turquie), Santiago Peña (Paraguay) et Edi Rama (Albanie).

Les membres du Conseil de paix auront le mandat de « superviser un secteur défini, nécessaire à la stabilisation et au succès à long terme de Gaza, ce qui inclut la mise en place de structures de gouvernement, les relations régionales, la reconstruction, l’attractivité pour les investissements, le financement à grande échelle et la mobilisation de capitaux », a-t-on expliqué dans le communiqué initial de la Maison-Blanche.

D’autres détails suivront.

Avec Bloomberg, l’Agence France-Presse et Éric Martel, La Presse

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# La Presse à Minneapolis Tout est en place pour une escalade

Il y a un an, dans un froid qui ressemblait plus au Minnesota qu’à Washington, Donald Trump inaugurait sa présidence en annonçant, comme promis, des expulsions massives, comme le pays n’en avait jamais vu.

Certains avancent que des membres des milices sont recrutés comme agents de l’ICE, notamment chez les « graciés » du 6-Janvier. Que ce soit vrai ou non, ils agissent comme des « Proud Boys ». Comme une milice fédérale légalisée dont le pays n’avait jamais eu l’exemple. Voitures banalisées, visages masqués, armes lourdes, arrestation sans motif, sur la base de la couleur de la peau ou l’accent, détentions arbitraires…

Résumé

Le même jour, comme promis, il graciait des milliers de personnes condamnées pour l’attaque du Capitole, l’enceinte même où il prêtait serment.

Parmi les graciés, un certain Edward « Jake » Lang, 30 ans, accusé d’avoir attaqué un policier du Capitole à coups de batte de baseball. Il a été libéré par la grâce de celui qu’il tentait de maintenir au pouvoir en 2020. Il avait passé quatre ans en détention et attendait son procès.

PHOTO YVES BOISVERT, LA PRESSE

L’influenceur d’extrême droite Jake Lang, au micro, a été submergé par des contre-manifestants.

Un an plus tard, dans le même froid, mais à Minneapolis, ces deux promesses se rencontrent. Quelque 3000 agents de l’« ICE », la police de l’immigration, patrouillent dans la ville et arrêtent au hasard tous ceux qui ont l’« air immigrants ». Et Lang, devenu influenceur d’extrême droite, est venu les encourager.

Perché sur le rebord d’une fenêtre du palais de justice, avec un micro et un haut-parleur, Jake Lang a annoncé une « marche contre la fraude ».

Il crie « Expulsez les Somaliens ! », il insulte les musulmans. Mais à moins d’être tout près, impossible de l’entendre. Les contre-manifestants sont 500, peut-être 700, et ils crient plus fort que lui. Sa « marche », annoncée triomphalement sur ses réseaux, a attiré une douzaine de partisans. Dont un couple qui a fait 15 heures de route depuis le Montana. « On est en train de perdre notre pays ! », dit Jason. D’autres réclament l’arrestation du gouverneur Tim Walz et de la représentante locale Ilhan Omar, cible favorite de Donald Trump et d’origine somalienne.

Lang est parti deux heures plus tard, poursuivi par un groupuscule qui le harcelait, le frappait. Il dit avoir été blessé.

« On a tous peur dès qu’on sort. On ne sait pas si on va être arrêtés », me dit Mohammed.

Je l’ai croisé vendredi à l’aéroport avec trois amis, joueurs de soccer semi-pro, Zach, Mo, Abdi. Ils sont nés en Somalie. À cause de la guerre civile, leurs parents ont fui le pays et se sont réfugiés aux États-Unis. Ils ont maintenant 21, 22 ans. Ils sont citoyens américains.

PHOTO YVES BOISVERT, LA PRESSE

Zach, Mo, Abdi et Mohammed

Mais le mois dernier, leur ami Mubashir Khalif Hussain, un étudiant universitaire, s’est fait arrêter par les agents de l’ICE en sortant chercher un lunch. Pourquoi ? Parce qu’il a l’« air immigrant ».

L’arrestation, captée par des caméras de surveillance, a fait le tour des réseaux sociaux. Des agents masqués l’attrapent, le plaquent contre le mur, lui passent les menottes. Il proteste qu’il est citoyen américain. Les agents l’embarquent. Il sera détenu quatre heures avant d’être libéré.

Regardez un reportage sur l’arrestation (en anglais)

« C’est à cause de la couleur de sa peau, c’est aussi simple que ça. Il n’a rien fait de mal, il n’a jamais été accusé », dit Mohammed.

« Je vais au travail et je rentre, j’ai trop peur », me dit une Somalo-Américaine.

« Ce n’est pas parce que des Somaliens ont commis une fraude qu’on est tous des criminels ! Nous travaillons fort ! », me dit une autre.

C’est un des buts de l’opération : terroriser les immigrants, quel que soit leur statut.

Ce n’est pas un hasard si le plus gros déploiement de l’ICE est dans la capitale du Minnesota. Le gouverneur Tim Walz, colistier de Kamala Harris, est un des « meilleurs ennemis » du président.

Depuis quelques mois, une campagne est en marche contre lui pour un présumé laxisme dans cette affaire de fraude.

En gros, des centaines de millions de dollars, peut-être même un milliard en aide d’urgence, ont été détournés pendant la pandémie. Soit pour nourrir des enfants qui n’existaient pas, soit pour les sans-abri, soit pour des soins destinés aux enfants autistes dont la plupart ne l’étaient pas.

Le genre de fraude qu’on a vue partout dans les pays riches. Sauf que celle du Minnesota, État réputé pour la générosité de ses programmes sociaux, a été de loin la pire aux États-Unis, de l’avis même de l’ancien procureur général démocrate Merrick Garland.

Jusqu’ici, une centaine de personnes ont été arrêtées, presque toutes somaliennes-américaines. Des gens impliqués dans l’enquête, y compris des Somalo-Américains, disent que le gouverneur Tim Walz et son administration ont été complaisants et lents à agir, de peur d’être accusés de racisme. C’était dans la foulée de l’affaire George Floyd, survenue à Minneapolis. Certains fraudeurs ont d’ailleurs accusé les enquêteurs du gouvernement de profilage quand on a commencé à fouiller dans le scandale.

S’appuyant sur cette affaire bien réelle, des opposants à Walz veulent monter un dossier à charge contre les démocrates, sur le dos des Somaliens.

« Je ne dis pas que tous les Somaliens sont des criminels, mais 80 % des crimes commis dans les villes jumelles [Minneapolis-St. Paul] sont commis par des Somaliens », a dit le représentant du Minnesota Tom Emmer, whip républicain à la Chambre. Le discours xénophobe ne vient pas que des influenceurs, cette fois, mais aussi d’un républicain important.

L’affirmation est fausse, et les analyses statistiques ne permettent pas de dire qu’il y a particulièrement plus de crimes dans cette communauté de 80 000 personnes.

Le même représentant Emmer, il y a 10 ans, prenait la défense des Somaliens comme d’excellents citoyens américains. Ce n’est plus ce qui fait recette, apparemment.

Il est maintenant partisan d’une « dénaturalisation » des Somaliens – ou autres immigrants – ayant commis un crime. Il ajoute que Tim Walz devrait être emprisonné pour avoir prétendument empêché une enquête.

Cette escalade mettait la table pour l’arrivée en masse de l’ICE en ville, censée venir faire le ménage des « pires parmi les pires » criminels.

Selon les données officielles du département de la Sécurité intérieure, 2000 personnes en situation irrégulière ont été arrêtées au Minnesota depuis le début de l’opération « Metro Surge ». Là-dessus, 212 sont censés être les « pires des pires ». Mais l’analyse des dossiers montre que la moitié des 212 ont commis un crime violent, ce qui veut dire 5 % des gens arrêtés. La vaste majorité sont en situation irrégulière, mais n’ont aucun dossier criminel. Parmi ces 212 « pires », 20 Somaliens, la majorité venant d’Amérique latine.

Certains avancent que des membres des milices sont recrutés comme agents de l’ICE, notamment chez les « graciés » du 6-Janvier. Que ce soit vrai ou non, ils agissent comme des « Proud Boys ». Comme une milice fédérale légalisée dont le pays n’avait jamais eu l’exemple. Voitures banalisées, visages masqués, armes lourdes, arrestation sans motif, sur la base de la couleur de la peau ou l’accent, détentions arbitraires…

Et le Minnesota est le lieu parfait pour l’escalade.

Une enquête criminelle est maintenant ouverte au département de la Justice contre Walz et le maire Jacob Frey. Non pas pour l’affaire de la fraude, mais pour « entrave à la justice » aux dépens des agents fédéraux. Les républicains disent que ça se passe très bien ailleurs au pays et que s’il y a des affrontements ici, c’est uniquement parce que les autorités font de l’obstruction.

Mais aucune autre ville, même parmi les plus grosses (Minneapolis-St. Paul représente la 16e agglomération aux États-Unis), n’a accueilli un tel déploiement. Les responsables se vantaient même d’organiser « la plus grande opération jamais vue en immigration ».

Promesse faite, promesse tenue, comme répète la Maison-Blanche.

Trump a menacé de déclencher la Loi sur l’insurrection, mais a reculé vendredi.

Quelle est la suite ?

PHOTO YVES BOISVERT, LA PRESSE

Manifestation contre l’ICE à Minneapolis samedi

Walz a mobilisé samedi la Garde nationale de l’État, au cas où les manifestations dégénéreraient. Chaque soir, quelques centaines de personnes vont protester et narguer les agents de l’ICE devant leur quartier général, près de l’aéroport.

Mais déjà, les autorités fédérales ne coopèrent pas avec les forces de l’ordre local. L’enquête sur la mort de Renée Good, tuée par un agent de l’ICE la semaine dernière, a exclu la police locale.

La suite ressemble donc beaucoup à une escalade…

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« Cabrón! » : des Latino-Américains déchantent après un an de trumpisme

C’est l’un des groupes qui ont donné les clés de la Maison-Blanche à Donald Trump en 2024. Mais un an après son retour au pouvoir, une partie de l’électorat latino-américain s’en mord pourtant les doigts.

Le comté de Yuma en Arizona est l’un de ceux où Donald Trump a le plus amplifié son vote lors de la dernière élection présidentielle. Il l’a remporté avec 20 points d’avance, contre seulement sept points en 2020. L’appui de la communauté hispanique, qui représente plus de 60 % de la population du comté, a joué pour beaucoup.

Résumé

Yuma est adossé au mur le long de la frontière mexicaine. Ici, tout est lié à l’immigration et à la sécurité à la frontière.

Depuis un an, le paysage a beaucoup changé.

Avec le retour au pouvoir de Donald Trump, les arrivées à la frontière ont considérablement chuté dans le secteur de Yuma, en Arizona, selon les autorités fédérales.

Photo : Radio-Canada / Louis Blouin

AILLEURS SUR INFO : La désextinction : ressusciter des espèces éteintes

Un agent de protection de la frontière, Michael Wisniewski, nous a donné rendez-vous au pied de la grande muraille métallique. Il y a un an à peine, des centaines de personnes traversaient chaque jour la frontière de manière irrégulière dans le secteur de Yuma.

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Aujourd’hui, ils ne sont plus que cinq, environ, quotidiennement. Le résultat, selon l’agent Wisniewski, des politiques plus musclées de l’administration Trump contre l’immigration clandestine. Cette baisse a réduit la pression sur les ressources communautaires et les forces de l’ordre, souligne-t-il.

Des villes comme San Luis ont porté le fardeau d’une frontière hors de contrôle sous l’administration précédente, explique la mairesse démocrate de la ville, Nieves Riedel.

Même si Joe Biden avait commencé à juguler les traversées clandestines avant son départ, elle considère que c’est l’enjeu de la sécurité à la frontière qui a propulsé Donald Trump dans le comté, à la dernière élection.

Donald Trump a vu le problème, il en a profité. Il en a fait toute une histoire. Les gens l’ont cru et l’ont appuyé.

Une citation de Nieves Riedel, mairesse de San Luis en Arizona.

Si le président a réussi à freiner les entrées irrégulières comme promis, d’autres enjeux l’ont toutefois rattrapé. Les gens se réveillent, commencent à poser des questions et à résister, explique la mairesse.

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Colère et remords

Regina Ramírez Sánchez regrette amèrement d’avoir voté pour Donald Trump à la dernière élection. Je n’aurais jamais pensé que ce salaud (cabrón) serait aussi mauvais! nous lance la retraitée, en espagnol, assise à sa table de cuisine.

En 2024, elle a voté pour Donald Trump, insatisfaite de la gestion de l’immigration sous Joe Biden. Elle accuse l’ancien président démocrate d’avoir été trop généreux avec les migrants irréguliers.

Mais depuis, elle s’en veut d’avoir voté pour Donald Trump, jugeant qu’il est allé trop loin avec ses opérations contre l’immigration clandestine et les arrestations de l’ICE, la police fédérale de l’immigration.

Regina Ramírez Sánchez, une retraitée, regrette d’avoir voté pour Donald Trump à la dernière élection présidentielle.

Photo : Radio-Canada / Louis Blouin

Il a viré des gens qui venaient vraiment pour travailler. Il les a tous ramassés. Il en a mis certains en prison. D’autres, il les a envoyés ailleurs, dans des pays qui n’étaient même pas les leurs. C’est ce qui ne me plaît pas chez lui, expose-t-elle.

Regina reproche au président d’avoir fait fuir les travailleurs agricoles et contribué à la pénurie de main-d’œuvre. Pourquoi ne va-t-il pas travailler dans les champs lui-même pour que le boulot soit fait ? demande-t-elle.

À San Luis, elle n’est pas la seule à être remontée contre les opérations de la police de l’immigration. Ismael, rencontré devant un supermarché, nous dit qu’il n’aurait pas voté pour Donald Trump s’il avait su. Il déplore son manque d’humanité.

Il existe des personnes plus ouvertes d’esprit, plus humaines et plus reconnaissantes envers la vie et envers les autres, explique-t-il.

Coût de la vie

Paola, gérante du restaurant Pachita de San Luis, affirme que le coût de son inventaire a augmenté.

Photo : Radio-Canada / Louis Blouin

C’est l’heure du lunch au restaurant Pachita de San Luis. Le téléphone ne dérougit pas. Paola, la gérante, enchaîne les commandes pour emporter. Les fourneaux font grimper la température dans la cuisine, pendant que l’augmentation des prix fait grimper la pression sur le budget du restaurant.

Ce qui coûte le plus cher, c’est tout ce qui contient de la viande. Le prix de la viande a considérablement augmenté ces derniers mois, remarque Paola. Selon elle, les choses ne vont pas mieux depuis que Donald Trump est revenu au pouvoir.

Avec cette administration, je sens plus de précarité que de sécurité. Il a promis que les prix des produits alimentaires allaient baisser, et je pense que ce n’est pas le cas, affirme Paola.

Aux États-Unis, [l’inflation s’est stabilisée, mais elle demeure élevée](Les Américains toujours talonnés par l’inflation | Radio-Canada. En décembre, l’indice des prix à la consommation avait progressé de 2,7 % en un an.

Le pasteur Jose Manuel Castro organise des distributions de denrées alimentaires à son église de San Luis.

Photo : Radio-Canada / Louis Blouin

Devant une église baptiste de San Luis, des gens de tous âges font la file depuis l’aube et attendent qu’on commence à distribuer des denrées alimentaires. Ils remplissent leurs boîtes et leurs sacs de légumes, de fruits, de pains et de petits gâteaux.

Chaque semaine, nous avons besoin de plus de nourriture parce que les gens ont vraiment besoin d’aide. Nous vivons une situation critique, constate le pasteur Jose Manuel Castro, entre deux boîtes de légumes.

Un homme dans la cinquantaine traîne péniblement deux caisses de plastique pleines d’aliments jusqu’à son camion. 20 dollars ne vous achètent plus grand-chose au supermarché , dit Jose, dans la cinquantaine. Il a l’impression que Donald Trump a empiré les choses.

Beaucoup de gens disent qu’il faut lui laisser plus de temps. Mais ça fait un an et je ne vois pas beaucoup de progrès dans l’économie, souligne-t-il.

À lire aussi :

Alors que Donald Trump consacre beaucoup d’attention à sa politique étrangère, le pasteur Jose Manuel Castro estime que le président devrait recentrer ses priorités.

Les gens doivent passer avant les armes, les guerres, avant tout! Il faut s’occuper des familles. L’inflation pénalise un très grand nombre de personnes.

Une citation de Jose Manuel Castro, pasteur de l’église baptiste Gethsemani de San Luis.

Un an après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, le verdict des électeurs latinos est sans appel, partout à l’échelle du pays.

Selon un sondage du Pew Research Center* mené l’automne dernier, 70 % des membres de la communauté latino-américaine désapprouvent son travail comme président; 65 % rejettent son approche en immigration; 61 % considèrent que leur situation économique s’est détériorée.

Quand la réalité frappe

Après l’élection de 2024, les organisateurs républicains du comté de Yuma étaient sur un nuage, eux qui ont rallié une grande partie du vote latino, crucial ici.

Mais depuis, la réalité a frappé. Le vent semble tourner sur le terrain.

Nous avons beaucoup de travail à faire dans les douze prochains mois, reconnaît Bill Regenhardt, président des républicains du comté de Yuma. Il admet que son parti et le président auraient dû parler davantage d’économie et du coût de la vie.

Bill Regenhardt, président des républicains du comté de Yuma, croit que son parti doit se concentrer sur des d’enjeux plus proches des électeurs.

Photo : Radio-Canada / Louis Bloiuin

Aurions-nous pu modifier le message un peu plus tôt? Je pense que oui. Nous aurions probablement pu insister davantage sur ce point un peu plus tôt.

Une citation de Bill Regenhardt, président des républicains du comté de Yuma.

À l’approche des élections de mi-mandat, tout n’est pas perdu, croit-il. Il cite la baisse du prix de l’essence ces derniers mois, par exemple.

Nous voulons vraiment nous concentrer sur les sujets qui préoccupent les familles au quotidien. L’économie, l’éducation et la sécurité. Et la communauté latino a des valeurs familiales très fortes, explique-t-il.

Ce soir, l’un des sujets de discussion porte sur les ouvrages jugés trop wokes dans les écoles. Entre sympathisants républicains et macarons de Donald Trump, Sayda Alvarez écoute attentivement. Elle tentera d’obtenir un poste électif au sein d’un district scolaire.

La républicaine s’oppose à ce que les élèves transgenres puissent fréquenter les toilettes de leur choix. C’est l’un des enjeux qui l’a poussée à s’engager.

Le Parti républicain se prépare aux élections de mi-mandat.

Photo : Radio-Canada / Louis Blouin
À l’approche des élections de mi-mandat, ce genre de thème résonnera-t-il suffisamment pour faire oublier les opérations contre l’immigration clandestine, impopulaires dans la communauté hispanique?

Plusieurs latinos pensent que Donald Trump est là pour expulser tous les sans-papiers, pour séparer les familles. Mais à la fin, le président est là pour faire ce qui est juste, plaide Sayda Alvarez.

Elle s’attend à ce que la bataille des élections de mi-mandat soit un peu difficile pour les républicains. Les démocrates vont revenir et livrer une bataille acharnée, croit-elle.

Historiquement, les élections de mi-mandat sont toujours plus pénibles pour le parti au pouvoir.

La population de San Luis en Arizona est à plus de 90 % hispanique.

Photo : Radio-Canada / Louis Blouin

Les Latinos qui ont voté pour Donald Trumple regrettent et reviennent du bon côté, croit la mairesse démocrate de San Luis. Les élections de mi-mandat seront le début de la fin de cette manière qu’a eue le Parti républicain de nous diviser, croit-elle.

Si Donald Trump espère limiter ses pertes au Congrès l’automne prochain, il doit tenter de garder vivante la coalition d’électeurs qui l’a porté au pouvoir en 2024, composée d’électeurs indépendants, de jeunes et de Latinos.

Une coalition aujourd’hui fragilisée.

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