Frappes américaines sur un bateau Un avion militaire déguisé en avion civil

PHOTO SEAMAN ABIGAIL REYES, MARINE AMÉRICAINE, FOURNIE PAR L’AGENCE FRANCE-PRESSE
Le porte-avions USS Gerald R. Ford, dans les îles Vierges américaines, en décembre dernier
Le Pentagone a secrètement utilisé un avion militaire peint dans le but de ressembler à un avion civil, le 2 septembre dernier, lors de sa première attaque contre un bateau qui, selon l’administration Trump, transportait de la drogue, tuant 11 personnes, selon des responsables au fait du dossier. L’avion transportait également ses munitions à l’intérieur du fuselage, plutôt que sous ses ailes, ont-ils ajouté.
Résumé

PHOTO MIGUEL J. RODRIGUEZ CARRILLO, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE
Un avion de la marine américaine atterrit à l’aéroport José Aponte de la Torre, à Porto Rico, en décembre dernier.
Selon des spécialistes juridiques, le fait que l’avion ne ressemblait pas à un avion militaire est un élément crucial, car l’administration a affirmé que ses attaques contre des bateaux étaient légales – et non des meurtres –, le président Donald Trump ayant « déterminé » que les États-Unis étaient en guerre contre les cartels de la drogue.
Mais les lois sur les conflits armés interdisent aux combattants de feindre d’être des civils pour tromper leurs adversaires, les amenant à baisser leur garde, avant de les attaquer et de les tuer. Il s’agit d’un crime de guerre, appelé « perfidie ».
« Cacher son identité est un acte de perfidie », a souligné le major général à la retraite Steven J. Lepper, ancien juge-avocat général adjoint de l’armée de l’air américaine.
Si l’avion qui vole au-dessus de nos têtes n’est pas identifiable comme un avion de combat, il ne devrait pas participer à des activités de combat.
Steven J. Lepper, major général à la retraite et ancien juge-avocat général adjoint de l’armée de l’air américaine
L’avion a volé suffisamment bas pour que les personnes à bord du bateau puissent le voir, selon des responsables qui ont vu la vidéo de l’attaque ou en ont été informés. Le bateau aurait fait demi-tour vers le Venezuela, apparemment après avoir aperçu l’avion, peu de temps avant la première frappe.
Deux survivants de l’attaque initiale ont ensuite semblé faire signe à l’avion après avoir grimpé à bord d’une partie renversée de la coque, avant qu’ils ne soient tués lors d’une frappe supplémentaire qui a coulé l’épave. On ignore si ces survivants savaient que la première explosion sur leur navire avait été causée par un missile.
Depuis, l’armée a décidé de changer de méthode et d’utiliser des avions clairement identifiables comme militaires pour les frappes contre les bateaux.
Les relations médias du Commandement des opérations spéciales des États-Unis – dont le chef, l’amiral Frank M. Bradley, a dirigé l’opération du 2 septembre – ont refusé de commenter la nature des appareils utilisés lors de l’attaque.
« L’armée américaine utilise une large gamme d’avions standards et non standards selon les besoins de la mission », a déclaré Kingsley Wilson, attaché de presse du Pentagone, en réponse aux questions du New York Times. « Avant sa mise en service et son utilisation, chaque avion est soumis à un processus rigoureux afin de garantir sa conformité avec la législation nationale, les politiques et réglementations du département et les normes internationales applicables, y compris le droit des conflits armés. »
De son côté, la Maison-Blanche n’a pas répondu aux demandes de commentaire.
Une identité militaire diffusée par signal radio
La nature exacte de cet avion n’est pas tout à fait claire. Si plusieurs responsables ont confirmé qu’il n’était pas peint dans un style militaire classique, ils ont refusé de préciser à quoi il ressemblait exactement.
Début septembre, des amateurs d’aviation ont publié sur Reddit des photos de ce qui semblait être un 737 modifié de l’armée, peint en blanc avec une bande bleue et sans marquage militaire, à l’aéroport de Sainte-Croix, dans les îles Vierges américaines.
Trois personnes proches du dossier ont reconnu que l’avion utilisé n’était pas peint avec le gris militaire habituel et qu’il ne portait pas de marquage militaire. Mais elles ont déclaré que son transpondeur transmettait un numéro d’immatriculation militaire, c’est-à-dire qu’il diffusait son identité militaire par signal radio.
Plusieurs experts en droit de la guerre ont déclaré que cela ne rendait pas l’utilisation d’un tel avion légale dans ces circonstances, car les personnes à bord du bateau ne disposaient probablement pas de l’équipement nécessaire pour capter ce signal.
En mer des Caraïbes et dans l’est de l’océan Pacifique, l’armée américaine a tué au moins 123 personnes lors de 35 attaques contre des bateaux, y compris celle du 2 septembre.
De nombreux spécialistes du droit régissant l’usage de la force ont rappelé que l’armée n’est pas autorisée à prendre pour cible des civils qui ne représentent pas une menace immédiate, même s’ils sont soupçonnés d’avoir commis des crimes.
L’administration a fait valoir que les frappes étaient légales et que les personnes se trouvant à bord des bateaux étaient des « combattants », Trump ayant décrété que la situation relevait d’un conflit armé entre les États-Unis et une liste secrète de 24 gangs criminels et cartels de la drogue qu’il a qualifiés de terroristes.
La légitimité de cette affirmation est largement contestée.
Cet article a été publié dans le New York Times.
Lisez la version originale (en anglais ; abonnement requis)
https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/2026-01-13/frappes-americaines-sur-un-bateau/un-avion-militaire-deguise-en-avion-civil.php
Ukraine Les États-Unis accusent la Russie d’une « escalade dangereuse et inexplicable »

PHOTO MIKHAIL METZEL, VIA REUTERS
Le président russe Vladimir Poutine
(Tanzania) Les États-Unis ont accusé lundi la Russie d’une « escalade dangereuse et inexplicable » de sa guerre en Ukraine, qui dure depuis près de quatre ans, alors que l’administration Trump tente de faire avancer les négociations en vue d’un accord de paix.
L’attaque a également coïncidé avec un nouveau refroidissement des relations entre Moscou et Washington après que la Russie a condamné la saisie par les États-Unis d’un pétrolier dans l’Atlantique Nord. Elle est survenue alors que le président américain Donald Trump a signalé qu’il était favorable à un ensemble de sanctions sévères visant à paralyser économiquement la Russie.
Résumé
L’ambassadrice adjointe des États-Unis auprès des Nations unies, Tammy Bruce, a notamment dénoncé le lancement par la Russie, la semaine dernière, d’un missile balistique Oreshnik à capacité nucléaire près de la frontière ukrainienne avec la Pologne, un allié de l’OTAN.
Elle a déclaré, lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, que les États-Unis déploraient « le nombre stupéfiant de victimes » dans le conflit et condamnaient l’intensification des attaques russes contre les infrastructures énergétiques et autres.
L’Ukraine a demandé la tenue de cette réunion après le bombardement russe de jeudi dernier, au cours duquel des centaines de drones et des dizaines de missiles ont été lancés, dont le puissant nouveau missile hypersonique Oreshnik, que Moscou n’a utilisé que pour la deuxième fois, ce qui constituait un avertissement clair aux alliés de Kyiv au sein de l’OTAN.
Cette attaque à grande échelle est survenue quelques jours après que l’Ukraine et ses alliés ont annoncé des progrès importants vers un accord sur la manière de défendre le pays contre de nouvelles agressions de Moscou si un accord de paix mené par les États-Unis était conclu.
L’attaque a également coïncidé avec un nouveau refroidissement des relations entre Moscou et Washington après que la Russie a condamné la saisie par les États-Unis d’un pétrolier dans l’Atlantique Nord. Elle est survenue alors que le président américain Donald Trump a signalé qu’il était favorable à un ensemble de sanctions sévères visant à paralyser économiquement la Russie.
La Russie n’a donné aucun signe public indiquant qu’elle était prête à renoncer à ses exigences envers l’Ukraine. Lundi, l’ambassadeur russe auprès des Nations unies a imputé la responsabilité de l’impasse diplomatique à l’Ukraine.
Les dirigeants européens ont condamné l’attaque contre l’Oreshnik, la qualifiant d’« escalade inacceptable », et l’envoyée américaine s’est montrée tout aussi sévère lundi.
« À un moment où le potentiel est énorme, grâce uniquement à l’engagement sans précédent du président Trump en faveur de la paix dans le monde, les deux parties devraient chercher des moyens de désamorcer la situation, a-t-elle affirmé. Or, l’action de la Russie risque d’étendre et d’intensifier la guerre. »
Mme Bruce a rappelé à la Russie qu’il y a près d’un an, elle avait voté en faveur d’une résolution du Conseil de sécurité appelant à la fin du conflit en Ukraine.
« Il serait bon que la Russie joigne le geste à la parole, a-t-elle déclaré. Dans l’esprit de cette résolution, la Russie, l’Ukraine et l’Europe doivent rechercher sérieusement la paix et mettre fin à ce cauchemar. »
Mais l’ambassadeur russe auprès des Nations unies, Vassily Nebenzia, a déclaré au Conseil de sécurité que, tant que le président ukrainien Volodymyr Zelensky « ne reviendrait pas à la raison et n’accepterait pas des conditions réalistes pour les négociations, nous continuerions à résoudre le problème par des moyens militaires ».
« Il a été averti il y a longtemps que chaque jour qui passe, chaque jour qu’il gaspille, les conditions de négociation ne feront qu’empirer pour lui, a ajouté M. Nebenzia. De même, chaque attaque ignoble contre des civils russes suscitera une réponse sévère. »
L’ambassadeur ukrainien auprès des Nations unies, Andriy Melnyk, a rétorqué que la Russie était plus vulnérable aujourd’hui qu’à aucun autre moment depuis le début de l’invasion à grande échelle en février 2022. Son économie ralentit et ses revenus pétroliers sont en baisse.
« La Russie veut donner à ce conseil et à toute la famille des Nations unies l’impression qu’elle est invincible, mais il s’agit là d’une autre illusion, a-t-il lancé au conseil. L’image de force soigneusement mise en scène n’est rien d’autre qu’un écran de fumée, complètement déconnecté de la réalité. »
Des frappes russes font deux morts près de Kharkiv
Des frappes russes ont fait au moins deux morts et trois blessés près de Kharkiv, dans le nord-est de l’Ukraine, a annoncé le gouverneur régional tôt mardi.
« À l’heure actuelle, nous savons que deux personnes ont été tuées dans les attaques ennemies en périphérie de Kharkiv », a écrit Oleg Synegoubov sur le réseau social Telegram. Plus tôt dans la nuit, ce responsable avait mis la population en garde face à une « menace de drone ennemi ».
À l’intérieur de la capitale régionale, une frappe de drone a par ailleurs eu lieu contre « un sanatorium pour enfants du district Chevtchenkivskyi », a noté Igor Terekhov, le maire de Kharkiv-la deuxième ville la plus peuplée du pays avant l’invasion lancée par Moscou en février 2022. L’attaque dans ce district n’a pas fait de victimes d’après les premières informations disponibles, a décrit M. Synegoubov, sans mentionner explicitement le sanatorium.
Dans la région de Zaporijjia (sud-est), « des explosions » liées à une attaque russe ont été entendues, a rapporté le gouverneur local Ivan Fedorov sur Telegram.
Et à Kyiv, le chef de l’administration militaire locale Tymour Tkatchenko a invité les habitants à la prudence face à une attaque de « missiles balistiques » russes en cours.
Près de quatre ans après le lancement de l’offensive à grande échelle de la Russie, l’Ukraine est bombardée quotidiennement. Moscou pilonne notamment sans relâche les infrastructures électriques ukrainiennes avec drones et missiles, engendrant des coupures d’électricité en plein hiver.
Agence France-Presse
https://www.lapresse.ca/international/europe/2026-01-12/ukraine/les-etats-unis-accusent-la-russie-d-une-escalade-dangereuse-et-inexplicable.php
Guerre en Ukraine Des frappes russes massives causent la mort de quatre personnes et des coupures de courant

PHOTO VITALII HNIDYI, REUTERS
Le centre névralgique d’une entreprise de livraison privée brûle après avoir été touché par des frappes russes, dans le cadre de l’attaque de la Russie contre l’Ukraine, à Kharkiv, en Ukraine, le 13 janvier 2026.
(Kharkiv) Au moins quatre personnes sont mortes près de Kharkiv dans le nord-est de l’Ukraine au cours d’une nuit de bombardements russes massifs qui ont provoqué mardi de nouvelles coupures de courant dans le pays en proie à un hiver glacial, a indiqué Kyiv.
Résumé
Moscou a visé les régions de Kyiv, Kharkiv, Zaporijjia (Sud), Dnipropetrovsk (Centre-Est) avec 25 missiles et 293 drones, a indiqué l’armée de l’air ukrainienne sur Telegram.
Près de quatre ans après le lancement de son offensive à grande échelle, Moscou continue de pilonner sans relâche les infrastructures électriques ukrainiennes, privant des centaines de milliers de foyers de chauffage, d’eau, et d’électricité.
Un journaliste de l’AFP a vu des pompiers s’affairer autour des décombres d’un entrepôt postal en proie aux flammes dans le village de Korotytch près de Kharkiv, où une frappe russe a fait au moins quatre morts et six blessés, selon le gouverneur régional Oleg Synegoubov.
Deuxième ville la plus peuplée du pays avant l’invasion russe déclenchée en février 2022, Kharkiv est fréquemment la cible de bombardements russes. Une frappe nocturne a notamment causé un incendie dans un centre de soins pour enfants, sans faire de victimes, a déclaré le maire Igor Terekhov.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé sur X une frappe « sans aucun but militaire » sur l’entrepôt et les bombardements qui ont laissé « plusieurs centaines de milliers de foyers sans électricité » dans la région de Kyiv.

PHOTO SERGEY BOBOK, AGENCE FRANCE-PRESSE
Des pompiers ukrainiens travaillent sur le site d’un terminal postal de la société Nova Poshta fortement endommagé à la suite d’une frappe aérienne dans un village situé à l’extérieur de Kharkiv, le 13 janvier 2026.
« La Russie doit comprendre que le froid ne l’aidera pas à gagner la guerre », a-t-il néanmoins ajouté, réitérant son appel aux pays alliés de Kyiv à renforcer les systèmes de défense aérienne de l’Ukraine.
Le ministère de l’Énergie a annoncé de nouvelles coupures de courant à Kyiv et dans une partie de la région de la capitale en raison des attaques sur les infrastructures électriques et du mauvais temps, alors que Kyiv connaît des températures oscillant entre -7 °C et -15 °C.
Huitième attaque depuis octobre
L’opérateur électrique privé DTEK a également indiqué que 47 000 foyers étaient sans électricité à Odessa, ville portuaire sur la mer Noire, en raison de dégâts sur deux installations énergétiques.
C’est, selon lui, la huitième attaque depuis octobre contre ses installations énergétiques. « Depuis le début de l’invasion, les centrales de DTEK ont été attaquées par l’ennemi plus de 220 fois », a ajouté la compagnie sur Telegram.
Deux vagues d’attaques de drones russes sur le centre-ville d’Odessa ont endommagé des immeubles d’habitation et un hôpital, faisant au moins six blessés, selon le gouverneur régional Oleg Kiper.

PHOTO NINA LIASHONOK, REUTERS
Une femme marche sur des débris à l’intérieur d’un gymnase situé dans un bâtiment qui a été touché par une frappe de drone russe, à Odessa, en Ukraine, le 13 janvier 2026.
Une femme et un homme ont par ailleurs été hospitalisés après des frappes dans la région de Dnipropetrovsk, selon les services de secours ukrainiens mardi.
Les efforts diplomatiques pour tenter de mettre fin au conflit se sont intensifiés ces derniers mois sous l’impulsion du président américain Donald Trump, mais sans aboutir à des avancées concrètes.
Les États-Unis ont dénoncé lundi devant le Conseil de sécurité de l’ONU l’utilisation vendredi par la Russie du missile balistique de dernière génération Orechnik. Selon Moscou, ce missile a frappé une usine aéronautique près de Lviv (Ouest).
Il s’agit, pour Washington, d’une « escalade dangereuse et inexplicable alors que les États-Unis travaillent avec Kyiv, d’autres partenaires et Moscou pour mettre un terme à la guerre via un accord négocié ».
Les États-Unis ont accusé Moscou de « tourner la cause de la paix en ridicule ».
https://www.lapresse.ca/international/europe/2026-01-13/guerre-en-ukraine/des-frappes-russes-massives-causent-la-mort-de-quatre-personnes-et-des-coupures-de-courant.php