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Menaces d’annexion du Groenland Le moment est « décisif », estime la première ministre danoise

PHOTO YOAN VALAT, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

La première ministre du Danemark, Mette Frederiksen

(Copenhague) La première ministre danoise a estimé dimanche se trouver à un « moment décisif » à propos du Groenland, territoire autonome du pays scandinave dont le président américain Donald Trump souhaite prendre le contrôle.

Résumé

Agence France-Presse

« Il y a un conflit autour du Groenland […], c’est un moment décisif, ce qui est en jeu dépasse ce qui est visible à l’œil nu », a dit Mette Frederiksen lors d’un débat avec d’autres chefs de partis danois.

Le Danemark et le Groenland sont, comme les États-Unis, membres de l’OTAN et en début de semaine, Mme Frederiksen avait estimé qu’une attaque américaine contre l’un des membres de l’Alliance signifierait « la fin de tout », notamment de l’OTAN et du système de sécurité établi à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Pour Donald Trump, le contrôle par Washington de l’île arctique riche en ressources minières inexploitées est crucial pour la sécurité nationale des États-Unis, compte tenu de la menace croissante que représentent la Russie et la Chine dans l’Arctique.

Il a reconnu, dans un entretien au New York Times jeudi, qu’il lui faudrait peut-être choisir entre la préservation de l’intégrité de l’OTAN ou le contrôle du territoire danois.

« Le Danemark est un allié loyal et solide. Nous sommes en plein réarmement important, et nous sommes prêts à défendre nos valeurs – partout où cela est nécessaire – y compris dans l’Arctique », a expliqué Mme Frederiksen dans un message publié sur Facebook et Instagram.

« Nous croyons au droit international et au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, c’est pourquoi nous défendons les principes de souveraineté, d’autodétermination et d’intégrité territoriale », a-t-elle ajouté.

Soutenus par Copenhague, les Groenlandais ont à plusieurs reprises souligné qu’ils ne voulaient pas être américains.

En janvier 2025, 85 % d’entre eux s’étaient dits opposés à leur rattachement aux États-Unis, selon un sondage publié dans la presse danoise et groenlandaise. Seuls 6 % y étaient favorables.

https://www.lapresse.ca/international/2026-01-11/menaces-d-annexion-du-groenland/le-moment-est-decisif-estime-la-premiere-ministre-danoise.php

Liban Israël mène de nouvelles frappes après un appel à évacuer

PHOTO RABIH DAHER, AGENCE FRANCE-PRESSE

De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne qui a touché les collines près du village d’Al-Katrani, dans le sud du Liban, dimanche.

(Beyrouth) L’armée israélienne a bombardé dimanche un secteur du sud du Liban qu’elle avait appelé plus tôt ses habitants à évacuer annonçant cibler le Hezbollah, après une série d’autres frappes dans la région, a indiqué l’agence de presse libanaise Ani.

Résumé

Agence France-Presse

Ces raids interviennent après que l’armée libanaise a annoncé jeudi avoir mené à bien le désarmement du Hezbollah pro-iranien au sud du Litani, à quelque 30 km de la frontière avec Israël, conformément à l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024 entre Israël et le mouvement libanais.

ANI a rapporté que « des avions de combat ennemis ont lancé plus de dix raids » dans la localité de Kafr Hata, dans le sud du Liban, située au nord du fleuve Litani, faisant état « d’importants dégâts » sur des bâtiments

L’armée israélienne avait donné plus tôt un « ordre d’évacuation » dans cette localité, avertissant qu’elle allait y attaquer « une infrastructure militaire » du Hezbollah « en réponse à ses tentatives illégales pour rétablir ses activités dans la région ».

ANI a également rapporté une « série de frappes israéliennes violentes » sur d’autres localités, à Mahmudiyeh, al-Dimasqiyeh, al-Bureij et dans la région de Jezzine, sans signaler de victime.

La majorité de ces localités se trouvent, comme Kafr Hata, au nord du Litani.

L’armée israélienne a là aussi indiqué avoir ciblé des infrastructures du Hezbollah, « en réponse à ses violations de l’accord de cessez-le-feu ».

Elle avait déjà annoncé jeudi et vendredi des frappes contre le mouvement chiite dans le sud du Liban, visant « des dépôts d’armes et un site de production d’armement, utilisés pour la remise en état et le renforcement militaire » du mouvement.

Le Liban est soumis à une forte pression des États-Unis pour désarmer le Hezbollah, sorti affaibli de sa guerre meurtrière de plus d’un an avec Israël.

Jeudi, l’armée libanaise avait affirmé avoir atteint « les objectifs de la première phase », au sud du Litani, de son plan de désarmement du mouvement chiite qu’elle doit désormais étendre à l’ensemble du pays.

Israël avait jugé que ces efforts constituaient « un début encourageant », mais étaient « loin d’être suffisants », justifiant ainsi la poursuite des frappes qu’elle mène régulièrement dans le pays voisin en dépit du cessez-le-feu.

Paris avait de son côté « salué » des « annonces encourageantes des autorités libanaises », appelant à poursuivre « résolument » ce processus.

https://www.lapresse.ca/international/moyen-orient/2026-01-11/liban/israel-mene-de-nouvelles-frappes-apres-un-appel-a-evacuer.php

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Iran : le bilan des morts grimpe sur fond de menaces d’intervention américaine

Le bilan du nombre de manifestants tués en Iran s’est nettement alourdi dimanche, des ONG faisant état de plusieurs centaines de morts dans cette contestation inédite depuis trois ans. Alors que les États-Unis amplifient la pression sur le régime iranien, Téhéran a menacé de cibler les installations militaires américaines en cas d’intervention de Washington.

La Human Rights Activists News Agency (HRANA), un groupe de défense des droits de la personne basé aux États-Unis, a déclaré avoir vérifié la mort de 490 manifestants et de 48 membres des forces de sécurité. Toujours selon cette ONG, plus de 10 600 personnes ont été arrêtées au cours des deux semaines de troubles.

Le président Trump devait être informé mardi par ses conseillers des options concernant l’Iran, notamment des frappes militaires, l’utilisation d’armes cybernétiques secrètes, un durcissement des sanctions et la fourniture d’une aide en ligne à des sources antigouvernementales, a rapporté dimanche le Wall Street Journal.

Résumé

Le bilan du nombre de manifestants tués en Iran s’est nettement alourdi dimanche, des ONG faisant état de plusieurs centaines de morts dans cette contestation inédite depuis trois ans. Alors que les États-Unis amplifient la pression sur le régime iranien, Téhéran a menacé de cibler les installations militaires américaines en cas d’intervention de Washington.

La Human Rights Activists News Agency (HRANA), un groupe de défense des droits de la personne basé aux États-Unis, a déclaré avoir vérifié la mort de 490 manifestants et de 48 membres des forces de sécurité.

Toujours selon cette ONG, plus de 10 600 personnes ont été arrêtées au cours des deux semaines de troubles.

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Or, ces estimations sont difficiles à vérifier et le véritable bilan pourrait être plus lourd encore.

Depuis jeudi, le régime iranien coupe Internet dans ce pays, ce qui entrave l’accès aux informations sur l’ampleur de la révolte. Qui plus est, samedi soir, les lignes de téléphonie mobile ont également été coupées.

Un véhicule brûle lors de manifestations à Téhéran, en Iran, le 8 janvier 2026.

Photo : Getty Images / AFP / KHOSHIRAN

Les manifestations ont commencé le 28 décembre à la suite de l’effondrement de la monnaie iranienne, le rial. Depuis, les protestations ont pris de l’ampleur, particulièrement au cours des derniers jours, pour se transformer en un mouvement dirigé contre les dirigeants religieux au pouvoir depuis la Révolution islamique de 1979.

Si les autorités iraniennes ont déjà surmonté des mouvements de contestation par le passé, les manifestations actuelles surviennent alors que le pays se trouve dans une position affaiblie.

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Téhéran se remet encore de la guerre de l’été dernier contre Israël et sa position régionale est ébranlée par les revers subis par ses alliés, notamment le Hezbollah libanais.

Washington hausse le ton, Téhéran réplique

Alors que la République islamique relève un de ses plus grands défis depuis sa proclamation, en 1979, le président américain Donald Trump a répété samedi que Washington se tient prêt à aider les manifestants qui aspirent à la liberté.

Le président Trump devait être informé mardi par ses conseillers des options concernant l’Iran, notamment des frappes militaires, l’utilisation d’armes cybernétiques secrètes, un durcissement des sanctions et la fourniture d’une aide en ligne à des sources antigouvernementales, a rapporté dimanche le Wall Street Journal.

Trois sources israéliennes citées par l’agence Reuters, présentes lors de consultations sécuritaires en Israël durant le week-end, ont pour leur part indiqué que le pays est en état d’alerte élevé face à la possibilité d’une intervention américaine.

Dimanche, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a mis Washington en garde contre toute erreur de calcul.

Soyons clairs : en cas d’attaque contre l’Iran, les territoires occupés [Israël], ainsi que toutes les bases et tous les navires américains, seront nos cibles légitimes, a déclaré M. Ghalibaf, ancien commandant des Gardiens de la révolution, l’unité d’élite iranienne.

Des députés iraniens ont envahi la tribune du Parlement en scandant : Mort à l’Amérique!

Il demeure toutefois incertain dans quelle mesure l’Iran est sérieux quant au lancement d’une attaque, d’autant plus que ses défenses aériennes ont été détruites lors de la guerre contre Israël. Toute décision d’entrer en guerre reviendrait au guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, âgé de 86 ans.

Un massacre est en cours

Des manifestants sont de nouveau descendus dans les rues dimanche matin dans la capitale ainsi qu’à Machhad, deuxième ville du pays.

Des images diffusées samedi sur les réseaux sociaux à partir de Téhéran montraient de grandes foules marchant de nuit dans une rue, applaudissant et scandant des slogans. La foule n’a ni début ni fin, entend-on dire un homme.

Dans cette ville, un journaliste de l’Agence France-Presse a décrit une quasi-paralysie de la vie quotidienne. Le prix de la viande a presque doublé depuis le début de la contestation et beaucoup de boutiques ont baissé le rideau.

Les écoles sont fermées. Si de nombreux Iraniens se rendent encore au bureau, l’absence de réseau rend toute activité pratiquement impossible.

Capture d’écran d’une vidéo publiée sur les réseaux sociaux le 10 janvier 2026 lors d’un rassemblement à Téhéran.

Photo : Reuters / SOCIAL MEDIA

Un massacre est en cours en Iran. Le monde doit agir maintenant pour empêcher de nouvelles pertes humaines, soutient la HRANA. Cette organisation indique que les hôpitaux sont débordés, que les réserves de sang diminuent et que de nombreux manifestants ont été délibérément visés par des tirs.

D’autres images dans la ville de Machhad montraient de la fumée s’élever dans le ciel nocturne à partir des incendies dans la rue, des manifestants masqués et une route jonchée de débris. Des explosions pouvaient être entendues.

Des manifestations se déroulent également dimanche dans diverses capitales à l’étranger, notamment à Paris et à Londres, ainsi que dans des villes canadiennes comme Toronto et Winnipeg.

L’agence Associated Press rapporte qu’en matinée, la télévision d’État iranienne a diffusé des reportages montrant des correspondants dans les rues de plusieurs villes afin d’afficher un climat calme, avec une date incrustée à l’écran. Téhéran et Machhad ne figuraient toutefois pas parmi les villes montrées.

Les autorités du pays ont d’ailleurs décrété trois jours de deuil national en l’honneur des martyrs tombés dans la résistance contre les États-Unis et le régime sioniste, selon les médias d’État.

Reza Pahlavi, fils exilé du dernier shah d’Iran, lors d’une conférence de presse. (Photo d’archives)

Photo : Reuters / Abdul Saboor

Reza Pahlavi, fils en exil du shah renversé en 1979, a quant à lui affirmé, en entrevue sur les ondes du réseau américain Fox News, qu’il était prêt à retourner dès que possible en Iran et à y mener une transition politique.

N’abandonnez pas les rues. Mon cœur est avec vous. Je sais que je serai bientôt à vos côtés, a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.

À lire aussi :

Avec les informations de l’Agence France-Presse, de l’Associated Press et de Reuters

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Soulèvement en Iran Le régime pourrait tomber, estiment des experts

PHOTO LISI NIESNER, REUTERS

Des experts sont d’avis que les manifestations qui secouent l’Iran pourraient se solder par la chute du régime.

Le régime au pouvoir en Iran est peut-être plus près du gouffre qu’on ne le pense, affirment des spécialistes du conflit, car le peuple n’a plus rien à perdre. Mais l’intervention des États-Unis pourrait changer la donne, en offrant sans le vouloir une raison aux Iraniens de se ranger à nouveau derrière le gouvernement qu’ils dénoncent.

Résumé

[
Megan Foy
Megan Foy La Presse

](https://www.lapresse.ca/auteurs/megan-foy)

Qu’est-ce qui distingue les protestations actuelles de celles survenues en 2022, en Iran ?

Les manifestations dépassent cette fois-ci largement les frontières de la capitale Téhéran et des grandes villes voisines, là où les mouvements de protestations contre le gouvernement ont le plus souvent lieu au pays.

« Ce qui est frappant, c’est de voir le mouvement éclater dans les villes les plus reculées, dans les villes qui étaient considérées conservatrices et qui sont maintenant en faveur de la fin du régime », explique Vahid Yücesoy, doctorant en science politique de l’Université de Montréal et spécialiste de l’Iran, qui suit de très près l’évolution du conflit. « Les Iraniens n’ont presque rien à perdre, ils sont dans la pire situation possible, et ils en ont ras le bol », ajoute-t-il.

Les commerçants à l’origine des protestations ont d’ailleurs toujours été un bastion de soutien pour le régime, souligne Thomas Juneau, professeur à l’École supérieure d’affaires publiques internationales de l’Université d’Ottawa. Bien que le véritable nombre de victimes soit encore inconnu, M. Yücesoy remarque également que les bilans préliminaires sont alarmants. « C’est énorme par rapport à d’autres manifestations », insiste-t-il, si des milliers de personnes y perdent la vie.

La chute du régime iranien est-elle envisageable ?

M. Juneau estimait avec confiance que le régime ne tomberait pas, jusqu’à il y a quelques années. Ce n’est plus tout à fait le cas aujourd’hui. « Je continue à croire que la chute du régime n’est pas imminente, mais son niveau de vulnérabilité interne et géopolitique a tellement augmenté au cours des dernières années que je ne peux pas dire que c’est encore loin », affirme-t-il.

Une éventuelle offensive américaine pourrait aussi jouer un rôle déterminant dans l’issue de cette crise, estime Vahid Yücesoy. À son avis, les Gardiens de la révolution islamique – une organisation paramilitaire qui compte quelque 190 000 membres, selon l’organisation Council on Foreign Relations – sont les derniers remparts de ce gouvernement et des autorités religieuses, puisque la population leur a déjà tourné le dos.

Est-ce que les menaces des États-Unis sont crédibles ?

La menace du recours à la force est tout à fait crédible, bien que Donald Trump soit imprévisible, évoque le chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand Julien Tourreille. D’ailleurs, le président américain a déjà frappé l’Iran, quand Washington a coordonné en juin 2025 des frappes sur des sites nucléaires au pays.

Or, les options sur la table pour la Maison-Blanche ne sont pour l’instant pas très claires, qu’il s’agisse de l’ampleur de la frappe ou de ce qui pourrait être ciblé. Une frappe dans les prochains jours est-elle à envisager ? Rien n’est impossible, selon les experts. « Ça s’inscrit aussi dans la nouvelle politique étrangère des États-Unis, de s’en prendre aux États voyous », observe M. Yücesoy, qui fait référence à la récente capture de Nicolás Maduro, au Venezuela.

D’après le Wall Street Journal, le président américain devrait être informé mardi par de hauts responsables de son administration des options pour répondre aux manifestations en Iran.

Quelles conséquences, si les États-Unis interviennent ?

D’après les trois experts consultés par La Presse, cela dépend de la forme que prendrait cette intervention militaire, car une telle opération pourrait exacerber les tensions entre les deux pays. La posture de Washington vise d’abord à dissuader une répression encore plus meurtrière, souligne le professeur Thomas Juneau. « C’est sûr qu’un régime qui est déjà extrêmement vulnérable pourrait être déstabilisé », souligne-t-il.

Julien Tourreille abonde en ce sens, et ajoute que cela serait une démonstration de la force militaire incontestable des Américains. Paradoxalement, une intervention des États-Unis pourrait, en quelque sorte, aider le régime iranien à rester au pouvoir. « Selon différents analystes, des frappes pourraient mener à une espèce de ralliement nationaliste autour du gouvernement, même si ce gouvernement-là est détesté », explique le spécialiste, qui reste sceptique devant cette hypothèse malgré le sentiment « antiaméricain » en Iran.

Est-ce que l’Iran serait en mesure de répliquer ?

En théorie, oui, selon Vahid Yücesoy, notamment en raison de son programme de missiles très avancé et des bases militaires à sa portée. « Mais en pratique, l’Iran fait face à une situation extrêmement difficile », croit-il. Même si le pays le désirait, il serait difficile de répliquer à la hauteur des États-Unis, qui seront toujours en domination militaire devant l’Iran. « Et ça, les dirigeants iraniens en sont pleinement conscients », dit-il.

Quel impact pour le Canada ?

Les récents évènements ne touchent pas de manière directe le Canada, qui n’a pas d’ambassade en Iran, sinon que le pays comporte une importante diaspora iranienne incapable de joindre ses proches. France-Isabelle Langlois, directrice générale d’Amnistie internationale Canada francophone, a indiqué suivre de très près la situation.

« On demande aux autorités iraniennes d’ordonner que les forces policières cessent d’utiliser la force, mais on demande aussi aux autres États comme le Canada d’émettre des mandats contre les personnes qui se seraient rendues coupables de ces agissements », a-t-elle souligné en entrevue avec La Presse. Dans les derniers jours, le premier ministre Mark Carney a condamné la répression meurtrière en Iran.

https://www.lapresse.ca/international/moyen-orient/2026-01-12/soulevement-en-iran/le-regime-pourrait-tomber-estiment-des-experts.php

Les États-Unis auront le Groenland « d’une manière ou d’une autre », affirme Trump

PHOTO ODD ANDERSEN, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

« Le Groenland devrait conclure l’accord, parce que le Groenland ne veut pas voir la Russie ou la Chine prendre le contrôle », a fait valoir le président américain Donald Trump en se moquant de la défense du territoire autonome danois.

(Washington) Le président américain Donald Trump a réaffirmé dimanche que les États-Unis s’empareront du Groenland « d’une manière ou d’une autre », car « si nous ne le prenons pas, la Russie ou la Chine le fera ».

Résumé

Agence France-Presse

« Conclure un accord, c’est le plus facile, mais d’une manière ou d’une autre nous allons avoir le Groenland », a dit le président américain à bord d’Air Force One.

Le président a précisé que Washington ne parle pas d’une « location » à court terme du Groenland, mais uniquement de l’acquisition de ce territoire danois. « On a besoin d’un titre de propriété », a-t-il dit.

« Le Groenland devrait conclure l’accord, parce que le Groenland ne veut pas voir la Russie ou la Chine prendre le contrôle », a encore fait valoir Donald Trump en se moquant de la défense du territoire autonome danois. « En gros, leur défense repose sur deux traîneaux à chiens. Vous le savez ? Vous savez en quoi consiste leur défense ? Deux traîneaux à chiens », a-t-il dit.

« Pendant ce temps, on voit des destroyers et des sous-marins russes, et des destroyers et des sous-marins chinois un peu partout », a ajouté Donald Trump.

« Nous n’allons pas laisser faire ça, et si cela affecte l’OTAN, alors ça l’affecte. Mais, vous savez, ils ont plus besoin de nous que nous d’eux, je vous le dis tout de suite », a-t-il insisté.

Le Danemark, auquel le Groenland est rattaché, est membre de l’OTAN comme les États-Unis et la première ministre danoise Mette Frederiksen a estimé la semaine dernière qu’une attaque américaine contre l’un des membres de l’Alliance signifierait « la fin de tout », notamment de l’OTAN et du système de sécurité établi à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

https://www.lapresse.ca/international/2026-01-12/les-etats-unis-auront-le-groenland-d-une-maniere-ou-d-une-autre-affirme-trump.php

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En France, la lentille canadienne divise

(Le Puy-en-Velay) Si petite, si modeste, et pourtant… La lentille verte canadienne divise la filière française des légumineuses, après s’être taillé la part du lion des ventes en supermarché de ce côté-ci de l’Atlantique.

Rappel sur les lentilles canadiennes

L’importation massive de lentilles canadiennes en France a reçu un sacré coup de projecteur l’automne dernier. Une émission d’investigation de France 5 a dévoilé que certains sacs de lentilles canadiennes contenaient des traces d’un produit chimique interdit dans l’Union européenne.

Et pour cause : les agriculteurs des Prairies récoltent leurs lentilles après avoir tué les plants avec un épandage d’herbicides, alors que leurs homologues français attendent que le soleil fasse son œuvre.

Dans la foulée du reportage, les autorités françaises ont procédé à des rappels de produits dont les taux de contamination dépassaient les limites légales – déjà rehaussées il y a quelques années après des pressions du lobby agricole canadien.

https://www.lapresse.ca/affaires/2026-01-12/en-france-la-lentille-canadienne-divise.php

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En parlant de l’Iran, voici une caricature de Plantu, 1978 vs 2026:

C’est Donald Trump qui serait fichu si la Cour Suprême déclarait inconstitutionnelle ses droits de douanes. Il a pris le risque d’agir par décret en évitant de passer par le Congrès selon la Constitution, à lui d’en subir les dures conséquences s’il est désavoué.


Selon Donald Trump Les États-Unis sont « fichus » si la Cour suprême rejette les droits de douane

PHOTO JONATHAN ERNST, ARCHIVES REUTERS

La Cour suprême des États-Unis, à Washington

(Washington) Donald Trump a estimé lundi que les États-Unis seraient « fichus » si la Cour suprême américaine jugeait illégale une partie des droits de douane imposés par le président américain, la décision pouvant intervenir à tout moment dans les prochains jours.

Résumé

Dans une telle éventualité, le gouvernement américain serait dans l’obligation de rembourser « des centaines de milliards de dollars » aux entreprises américaines, a affirmé Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

« Sans même compter » ce que les pays et entreprises pourraient demander pour compenser « les investissements qu’ils réalisent pour éviter » ces surtaxes, qui se montent à « des milliers de milliards », selon lui.

« NOUS SOMMES FICHUS ! » si un tel scénario devait se matérialiser, a assuré le président américain, car « ce serait un désordre pas possible et [le] pays ne serait pas en mesure de rembourser » ces sommes.

« Ceux qui prétendent que cela se ferait rapidement et simplement ne feraient qu’apporter une réponse fausse, incomprise et non précise face à cette énorme et complexe question. […] Cela prendrait de nombreuses années simplement pour déterminer le montant », a insisté M. Trump.

La Cour suprême doit se prononcer sur la constitutionnalité des droits de douane improprement présentés par Donald Trump comme étant « réciproques », une décision qui peut désormais tomber à tout moment.

Ils avaient été annoncés en avril dernier, avec la présentation d’un tableau représentant les différents taux appliqués selon l’origine des produits.

Ils visaient théoriquement les pays avec lesquels les États-Unis étaient en situation de déficit commercial, étant présentés par le président américain comme un outil pour les rééquilibrer, mais aussi apporter des ressources supplémentaires à l’État fédéral alors même que M. Trump souhaitait alors abaisser les impôts dans le pays.

Mais plusieurs États américains dirigés par les démocrates ainsi que des petites entreprises ont estimé que Donald Trump avait outrepassé ses pouvoirs en imposant ces droits de douane sur l’ensemble des biens, ce dernier utilisant l’argument de la sécurité nationale pour les justifier.

Des cours fédérales ont entendu les arguments des plaignants, estimant que ces droits de douane indiscriminés dépassaient le pouvoir du président des États-Unis, l’impôt restant une prérogative du Congrès, tout en refusant d’annuler les droits de douane tant que les recours du gouvernement n’étaient pas épuisés.

Plusieurs entreprises, parmi lesquelles les filiales américaines de groupes étrangers tels que le japonais Toyota, ou locaux comme la chaîne de supermarchés Costco, ont déjà porté plainte auprès du Tribunal américain du commerce international afin de demander le remboursement des surtaxes perçues, en espérant que la Cour suprême jugerait à son tour ces surtaxes anticonstitutionnelles.

https://www.lapresse.ca/affaires/2026-01-12/selon-donald-trump/les-etats-unis-sont-fichus-si-la-cour-supreme-rejette-les-droits-de-douane.php

États-Unis La reprise d’un projet éolien majeur d’Orsted est autorisée

PHOTO BRIAN SNYDER, ARCHIVES REUTERS

Dans le document saisissant le magistrat en urgence, déposé début janvier, Orsted rapportait que le projet Revolution Wind était réalisé à 87 %. Quelques turbines restaient à installer, mais l’ensemble des infrastructures de raccordement au réseau étaient achevées.

(New York) Un juge fédéral américain de Washington a autorisé lundi la reprise du chantier d’un parc éolien du groupe danois Orsted au large de la côte nord-est des États-Unis, selon un document de justice consulté par l’AFP.

Résumé

C’est un camouflet pour le gouvernement Trump, qui a ordonné fin décembre la suspension de tous les grands projets d’éolien en mer, évoquant des « menaces à la sécurité nationale », sans plus de précisions.

La décision du juge Royce Lamberth a été prise en référé et ne porte donc pas sur le fond du dossier.

Dans le document saisissant le magistrat en urgence, déposé début janvier, Orsted rapportait que ce projet, Revolution Wind, était réalisé à 87 %. Quelques turbines restaient à installer, mais l’ensemble des infrastructures de raccordement au réseau étaient achevées.

Une fois opérationnel, le champ devait alimenter plus de 350 000 foyers du Rhode Island et du Connecticut.

Orsted a dit avoir déjà investi ou mis en réserve plus de cinq milliards de dollars pour ce projet, dont la construction a commencé en août 2023 et qui devait être mis en ligne en 2026.

Avant même sa prise de fonctions, Donald Trump avait publiquement affiché son hostilité pour l’éolien, qualifié de « désastre économique et environnemental ».

Plusieurs études ont néanmoins montré que l’énergie tirée du vent aux États-Unis coûtait, en moyenne, moins cher que plusieurs autres sources, notamment le charbon, hors aides publiques.

Le chef de l’État américain a aussi mis en cause la laideur des éoliennes et les dommages supposés qu’elles causent aux baleines, selon lui. L’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) a cependant indiqué qu’aucun lien n’avait établi entre l’éolien en mer et la mort de cétacés.

Donald Trump a pris en janvier 2025 un premier décret interdisant l’octroi de nouveaux permis d’implantation « offshore » de fermes éoliennes dans des eaux sous juridiction fédérale.

Début décembre, une juge fédérale du Massachusetts a déclaré ce décret illégal.

Fin décembre, le gouvernement Trump a surenchéri en ordonnant la suspension de tous les projets éoliens en cours, décision sur laquelle a statué lundi le juge Lamberth.

« Revolution Wind va déterminer comment il peut être possible de collaborer avec le gouvernement américain pour parvenir à une solution rapide et durable », a réagi le groupe dans un communiqué, annonçant que « le projet [reprendrait] sa construction dès que possible ».

Revolution est une société commune contrôlée à parité par Orsted et le spécialiste allemand de l’éolien « offshore » Skyborn Renewables, filiale de la société d’investissement américaine Global Infrastructure Partners.

Orsted est aussi engagé dans le développement d’un autre champ majeur, baptisé Sunrise Wind, au large de l’île de Long Island, qui doit alimenter jusqu’à 600 000 foyers de l’État de New York.

Le groupe danois a également entamé une procédure contre le gouvernement américain concernant ce projet, achevé à près de 45 % et prévu pour être opérationnel en 2027.

https://www.lapresse.ca/affaires/2026-01-12/etats-unis/la-reprise-d-un-projet-eolien-majeur-d-orsted-est-autorisee.php

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Frappes américaines sur un bateau Un avion militaire déguisé en avion civil

PHOTO SEAMAN ABIGAIL REYES, MARINE AMÉRICAINE, FOURNIE PAR L’AGENCE FRANCE-PRESSE

Le porte-avions USS Gerald R. Ford, dans les îles Vierges américaines, en décembre dernier

Le Pentagone a secrètement utilisé un avion militaire peint dans le but de ressembler à un avion civil, le 2 septembre dernier, lors de sa première attaque contre un bateau qui, selon l’administration Trump, transportait de la drogue, tuant 11 personnes, selon des responsables au fait du dossier. L’avion transportait également ses munitions à l’intérieur du fuselage, plutôt que sous ses ailes, ont-ils ajouté.

Résumé

PHOTO MIGUEL J. RODRIGUEZ CARRILLO, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Un avion de la marine américaine atterrit à l’aéroport José Aponte de la Torre, à Porto Rico, en décembre dernier.

Selon des spécialistes juridiques, le fait que l’avion ne ressemblait pas à un avion militaire est un élément crucial, car l’administration a affirmé que ses attaques contre des bateaux étaient légales – et non des meurtres –, le président Donald Trump ayant « déterminé » que les États-Unis étaient en guerre contre les cartels de la drogue.

Mais les lois sur les conflits armés interdisent aux combattants de feindre d’être des civils pour tromper leurs adversaires, les amenant à baisser leur garde, avant de les attaquer et de les tuer. Il s’agit d’un crime de guerre, appelé « perfidie ».

« Cacher son identité est un acte de perfidie », a souligné le major général à la retraite Steven J. Lepper, ancien juge-avocat général adjoint de l’armée de l’air américaine.

Si l’avion qui vole au-dessus de nos têtes n’est pas identifiable comme un avion de combat, il ne devrait pas participer à des activités de combat.

Steven J. Lepper, major général à la retraite et ancien juge-avocat général adjoint de l’armée de l’air américaine

L’avion a volé suffisamment bas pour que les personnes à bord du bateau puissent le voir, selon des responsables qui ont vu la vidéo de l’attaque ou en ont été informés. Le bateau aurait fait demi-tour vers le Venezuela, apparemment après avoir aperçu l’avion, peu de temps avant la première frappe.

Deux survivants de l’attaque initiale ont ensuite semblé faire signe à l’avion après avoir grimpé à bord d’une partie renversée de la coque, avant qu’ils ne soient tués lors d’une frappe supplémentaire qui a coulé l’épave. On ignore si ces survivants savaient que la première explosion sur leur navire avait été causée par un missile.

Depuis, l’armée a décidé de changer de méthode et d’utiliser des avions clairement identifiables comme militaires pour les frappes contre les bateaux.

Les relations médias du Commandement des opérations spéciales des États-Unis – dont le chef, l’amiral Frank M. Bradley, a dirigé l’opération du 2 septembre – ont refusé de commenter la nature des appareils utilisés lors de l’attaque.

« L’armée américaine utilise une large gamme d’avions standards et non standards selon les besoins de la mission », a déclaré Kingsley Wilson, attaché de presse du Pentagone, en réponse aux questions du New York Times. « Avant sa mise en service et son utilisation, chaque avion est soumis à un processus rigoureux afin de garantir sa conformité avec la législation nationale, les politiques et réglementations du département et les normes internationales applicables, y compris le droit des conflits armés. »

De son côté, la Maison-Blanche n’a pas répondu aux demandes de commentaire.

Une identité militaire diffusée par signal radio

La nature exacte de cet avion n’est pas tout à fait claire. Si plusieurs responsables ont confirmé qu’il n’était pas peint dans un style militaire classique, ils ont refusé de préciser à quoi il ressemblait exactement.

Début septembre, des amateurs d’aviation ont publié sur Reddit des photos de ce qui semblait être un 737 modifié de l’armée, peint en blanc avec une bande bleue et sans marquage militaire, à l’aéroport de Sainte-Croix, dans les îles Vierges américaines.

Trois personnes proches du dossier ont reconnu que l’avion utilisé n’était pas peint avec le gris militaire habituel et qu’il ne portait pas de marquage militaire. Mais elles ont déclaré que son transpondeur transmettait un numéro d’immatriculation militaire, c’est-à-dire qu’il diffusait son identité militaire par signal radio.

Plusieurs experts en droit de la guerre ont déclaré que cela ne rendait pas l’utilisation d’un tel avion légale dans ces circonstances, car les personnes à bord du bateau ne disposaient probablement pas de l’équipement nécessaire pour capter ce signal.

En mer des Caraïbes et dans l’est de l’océan Pacifique, l’armée américaine a tué au moins 123 personnes lors de 35 attaques contre des bateaux, y compris celle du 2 septembre.

De nombreux spécialistes du droit régissant l’usage de la force ont rappelé que l’armée n’est pas autorisée à prendre pour cible des civils qui ne représentent pas une menace immédiate, même s’ils sont soupçonnés d’avoir commis des crimes.

L’administration a fait valoir que les frappes étaient légales et que les personnes se trouvant à bord des bateaux étaient des « combattants », Trump ayant décrété que la situation relevait d’un conflit armé entre les États-Unis et une liste secrète de 24 gangs criminels et cartels de la drogue qu’il a qualifiés de terroristes.

La légitimité de cette affirmation est largement contestée.

Cet article a été publié dans le New York Times.

Lisez la version originale (en anglais ; abonnement requis)

https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/2026-01-13/frappes-americaines-sur-un-bateau/un-avion-militaire-deguise-en-avion-civil.php

Ukraine Les États-Unis accusent la Russie d’une « escalade dangereuse et inexplicable »

PHOTO MIKHAIL METZEL, VIA REUTERS

Le président russe Vladimir Poutine

(Tanzania) Les États-Unis ont accusé lundi la Russie d’une « escalade dangereuse et inexplicable » de sa guerre en Ukraine, qui dure depuis près de quatre ans, alors que l’administration Trump tente de faire avancer les négociations en vue d’un accord de paix.

L’attaque a également coïncidé avec un nouveau refroidissement des relations entre Moscou et Washington après que la Russie a condamné la saisie par les États-Unis d’un pétrolier dans l’Atlantique Nord. Elle est survenue alors que le président américain Donald Trump a signalé qu’il était favorable à un ensemble de sanctions sévères visant à paralyser économiquement la Russie.

Résumé

L’ambassadrice adjointe des États-Unis auprès des Nations unies, Tammy Bruce, a notamment dénoncé le lancement par la Russie, la semaine dernière, d’un missile balistique Oreshnik à capacité nucléaire près de la frontière ukrainienne avec la Pologne, un allié de l’OTAN.

Elle a déclaré, lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, que les États-Unis déploraient « le nombre stupéfiant de victimes » dans le conflit et condamnaient l’intensification des attaques russes contre les infrastructures énergétiques et autres.

L’Ukraine a demandé la tenue de cette réunion après le bombardement russe de jeudi dernier, au cours duquel des centaines de drones et des dizaines de missiles ont été lancés, dont le puissant nouveau missile hypersonique Oreshnik, que Moscou n’a utilisé que pour la deuxième fois, ce qui constituait un avertissement clair aux alliés de Kyiv au sein de l’OTAN.

Cette attaque à grande échelle est survenue quelques jours après que l’Ukraine et ses alliés ont annoncé des progrès importants vers un accord sur la manière de défendre le pays contre de nouvelles agressions de Moscou si un accord de paix mené par les États-Unis était conclu.

L’attaque a également coïncidé avec un nouveau refroidissement des relations entre Moscou et Washington après que la Russie a condamné la saisie par les États-Unis d’un pétrolier dans l’Atlantique Nord. Elle est survenue alors que le président américain Donald Trump a signalé qu’il était favorable à un ensemble de sanctions sévères visant à paralyser économiquement la Russie.

La Russie n’a donné aucun signe public indiquant qu’elle était prête à renoncer à ses exigences envers l’Ukraine. Lundi, l’ambassadeur russe auprès des Nations unies a imputé la responsabilité de l’impasse diplomatique à l’Ukraine.

Les dirigeants européens ont condamné l’attaque contre l’Oreshnik, la qualifiant d’« escalade inacceptable », et l’envoyée américaine s’est montrée tout aussi sévère lundi.

« À un moment où le potentiel est énorme, grâce uniquement à l’engagement sans précédent du président Trump en faveur de la paix dans le monde, les deux parties devraient chercher des moyens de désamorcer la situation, a-t-elle affirmé. Or, l’action de la Russie risque d’étendre et d’intensifier la guerre. »

Mme Bruce a rappelé à la Russie qu’il y a près d’un an, elle avait voté en faveur d’une résolution du Conseil de sécurité appelant à la fin du conflit en Ukraine.

« Il serait bon que la Russie joigne le geste à la parole, a-t-elle déclaré. Dans l’esprit de cette résolution, la Russie, l’Ukraine et l’Europe doivent rechercher sérieusement la paix et mettre fin à ce cauchemar. »

Mais l’ambassadeur russe auprès des Nations unies, Vassily Nebenzia, a déclaré au Conseil de sécurité que, tant que le président ukrainien Volodymyr Zelensky « ne reviendrait pas à la raison et n’accepterait pas des conditions réalistes pour les négociations, nous continuerions à résoudre le problème par des moyens militaires ».

« Il a été averti il y a longtemps que chaque jour qui passe, chaque jour qu’il gaspille, les conditions de négociation ne feront qu’empirer pour lui, a ajouté M. Nebenzia. De même, chaque attaque ignoble contre des civils russes suscitera une réponse sévère. »

L’ambassadeur ukrainien auprès des Nations unies, Andriy Melnyk, a rétorqué que la Russie était plus vulnérable aujourd’hui qu’à aucun autre moment depuis le début de l’invasion à grande échelle en février 2022. Son économie ralentit et ses revenus pétroliers sont en baisse.

« La Russie veut donner à ce conseil et à toute la famille des Nations unies l’impression qu’elle est invincible, mais il s’agit là d’une autre illusion, a-t-il lancé au conseil. L’image de force soigneusement mise en scène n’est rien d’autre qu’un écran de fumée, complètement déconnecté de la réalité. »
Des frappes russes font deux morts près de Kharkiv

Des frappes russes ont fait au moins deux morts et trois blessés près de Kharkiv, dans le nord-est de l’Ukraine, a annoncé le gouverneur régional tôt mardi.

« À l’heure actuelle, nous savons que deux personnes ont été tuées dans les attaques ennemies en périphérie de Kharkiv », a écrit Oleg Synegoubov sur le réseau social Telegram. Plus tôt dans la nuit, ce responsable avait mis la population en garde face à une « menace de drone ennemi ».

À l’intérieur de la capitale régionale, une frappe de drone a par ailleurs eu lieu contre « un sanatorium pour enfants du district Chevtchenkivskyi », a noté Igor Terekhov, le maire de Kharkiv-la deuxième ville la plus peuplée du pays avant l’invasion lancée par Moscou en février 2022. L’attaque dans ce district n’a pas fait de victimes d’après les premières informations disponibles, a décrit M. Synegoubov, sans mentionner explicitement le sanatorium.

Dans la région de Zaporijjia (sud-est), « des explosions » liées à une attaque russe ont été entendues, a rapporté le gouverneur local Ivan Fedorov sur Telegram.

Et à Kyiv, le chef de l’administration militaire locale Tymour Tkatchenko a invité les habitants à la prudence face à une attaque de « missiles balistiques » russes en cours.

Près de quatre ans après le lancement de l’offensive à grande échelle de la Russie, l’Ukraine est bombardée quotidiennement. Moscou pilonne notamment sans relâche les infrastructures électriques ukrainiennes avec drones et missiles, engendrant des coupures d’électricité en plein hiver.

Agence France-Presse

https://www.lapresse.ca/international/europe/2026-01-12/ukraine/les-etats-unis-accusent-la-russie-d-une-escalade-dangereuse-et-inexplicable.php

Guerre en Ukraine Des frappes russes massives causent la mort de quatre personnes et des coupures de courant

PHOTO VITALII HNIDYI, REUTERS

Le centre névralgique d’une entreprise de livraison privée brûle après avoir été touché par des frappes russes, dans le cadre de l’attaque de la Russie contre l’Ukraine, à Kharkiv, en Ukraine, le 13 janvier 2026.

(Kharkiv) Au moins quatre personnes sont mortes près de Kharkiv dans le nord-est de l’Ukraine au cours d’une nuit de bombardements russes massifs qui ont provoqué mardi de nouvelles coupures de courant dans le pays en proie à un hiver glacial, a indiqué Kyiv.

Résumé

Moscou a visé les régions de Kyiv, Kharkiv, Zaporijjia (Sud), Dnipropetrovsk (Centre-Est) avec 25 missiles et 293 drones, a indiqué l’armée de l’air ukrainienne sur Telegram.

Près de quatre ans après le lancement de son offensive à grande échelle, Moscou continue de pilonner sans relâche les infrastructures électriques ukrainiennes, privant des centaines de milliers de foyers de chauffage, d’eau, et d’électricité.

Un journaliste de l’AFP a vu des pompiers s’affairer autour des décombres d’un entrepôt postal en proie aux flammes dans le village de Korotytch près de Kharkiv, où une frappe russe a fait au moins quatre morts et six blessés, selon le gouverneur régional Oleg Synegoubov.

Deuxième ville la plus peuplée du pays avant l’invasion russe déclenchée en février 2022, Kharkiv est fréquemment la cible de bombardements russes. Une frappe nocturne a notamment causé un incendie dans un centre de soins pour enfants, sans faire de victimes, a déclaré le maire Igor Terekhov.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé sur X une frappe « sans aucun but militaire » sur l’entrepôt et les bombardements qui ont laissé « plusieurs centaines de milliers de foyers sans électricité » dans la région de Kyiv.

PHOTO SERGEY BOBOK, AGENCE FRANCE-PRESSE

Des pompiers ukrainiens travaillent sur le site d’un terminal postal de la société Nova Poshta fortement endommagé à la suite d’une frappe aérienne dans un village situé à l’extérieur de Kharkiv, le 13 janvier 2026.

« La Russie doit comprendre que le froid ne l’aidera pas à gagner la guerre », a-t-il néanmoins ajouté, réitérant son appel aux pays alliés de Kyiv à renforcer les systèmes de défense aérienne de l’Ukraine.

Le ministère de l’Énergie a annoncé de nouvelles coupures de courant à Kyiv et dans une partie de la région de la capitale en raison des attaques sur les infrastructures électriques et du mauvais temps, alors que Kyiv connaît des températures oscillant entre -7 °C et -15 °C.

Huitième attaque depuis octobre

L’opérateur électrique privé DTEK a également indiqué que 47 000 foyers étaient sans électricité à Odessa, ville portuaire sur la mer Noire, en raison de dégâts sur deux installations énergétiques.

C’est, selon lui, la huitième attaque depuis octobre contre ses installations énergétiques. « Depuis le début de l’invasion, les centrales de DTEK ont été attaquées par l’ennemi plus de 220 fois », a ajouté la compagnie sur Telegram.

Deux vagues d’attaques de drones russes sur le centre-ville d’Odessa ont endommagé des immeubles d’habitation et un hôpital, faisant au moins six blessés, selon le gouverneur régional Oleg Kiper.

PHOTO NINA LIASHONOK, REUTERS

Une femme marche sur des débris à l’intérieur d’un gymnase situé dans un bâtiment qui a été touché par une frappe de drone russe, à Odessa, en Ukraine, le 13 janvier 2026.

Une femme et un homme ont par ailleurs été hospitalisés après des frappes dans la région de Dnipropetrovsk, selon les services de secours ukrainiens mardi.

Les efforts diplomatiques pour tenter de mettre fin au conflit se sont intensifiés ces derniers mois sous l’impulsion du président américain Donald Trump, mais sans aboutir à des avancées concrètes.

Les États-Unis ont dénoncé lundi devant le Conseil de sécurité de l’ONU l’utilisation vendredi par la Russie du missile balistique de dernière génération Orechnik. Selon Moscou, ce missile a frappé une usine aéronautique près de Lviv (Ouest).

Il s’agit, pour Washington, d’une « escalade dangereuse et inexplicable alors que les États-Unis travaillent avec Kyiv, d’autres partenaires et Moscou pour mettre un terme à la guerre via un accord négocié ».

Les États-Unis ont accusé Moscou de « tourner la cause de la paix en ridicule ».

https://www.lapresse.ca/international/europe/2026-01-13/guerre-en-ukraine/des-frappes-russes-massives-causent-la-mort-de-quatre-personnes-et-des-coupures-de-courant.php

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Analyse, Enquête sur la Fed : la confiance envers les États-Unis en jeu

Vous ne verrez pas souvent un dirigeant de banque centrale exprimer publiquement une émotion particulière ou une opinion personnelle. Ce n’est pas dans la nature du poste, alors que tous les mots prononcés par les banquiers centraux sont scrutés à la loupe par les experts de marché, à la recherche d’un indice sur les actions prochaines de la banque centrale. La sortie de Jerome Powell, dimanche, pour critiquer Donald Trump est en ce sens totalement inédite.

“La menace de poursuites est une conséquence du fait que la Réserve fédérale [Fed] fixe les taux d’intérêt en se basant sur notre meilleure évaluation de ce qui servira l’intérêt public plutôt qu’en suivant les préférences du président [des États-Unis]”, a dit M. Powell dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux.

“Il s’agit de savoir, a-t-il ajouté, si la Fed pourra continuer à fixer les taux d’intérêt en se basant sur des données factuelles et les conditions économiques ou si, au contraire, la politique monétaire sera dictée par des pressions et de l’intimidation.”

Résumé

Bien des économistes sont tombés en bas de leur chaise en voyant cette vidéo. Non seulement Jerome Powell s’en prend au président des États-Unis, mais on apprend aussi que le département américain de la Justice a ouvert une enquête criminelle sur M. Powell.

AILLEURS SUR INFO : Une onde de choc intrigante observée autour d’une étoile morte

Washington s’intéresse à un témoignage du président de la Fed, qui a eu lieu l’été dernier et qui portait sur le projet de rénovation des édifices de la banque centrale. On évoque un dépassement de coûts de 700 millions de dollars américains. Jerome Powell n’aurait pas tout dit de l’ampleur du projet, et c’est ce qui motiverait l’enquête en cours.

Donald Trump veut contrôler la Fed

Depuis des années, Jerome Powell, nommé à la tête de la Réserve fédérale en 2018 lors du premier mandat de Donald Trump, subit les foudres du président républicain. Il s’est fait traiter d’incompétent, de nigaud et d’abruti, et s’est fait menacer des dizaines de fois d’être renvoyé.

Mais jamais, durant les conférences de presse, n’a-t-il cédé à la tentation d’exprimer de la colère, de l’ironie, de l’impatience ou de la frustration à propos des commentaires du président des États-Unis. Jerome Powell est toujours resté stoïque.

Il s’en est toujours tenu à expliquer les raisons fondamentales motivant les décisions de la banque centrale. C’est son rôle, c’est son travail et il le fait, comme d’autres le font dans le monde d’ailleurs, avec le même flegme et la même austérité dans le propos. Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, est fait du même bois. Il a d’ailleurs apporté son soutien, en début de semaine, à Jerome Powell.

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Si le grand patron de la Fed choisit aujourd’hui de répondre directement à la menace de poursuites du département américain de la Justice, c’est parce qu’il veut défendre sa réputation, certes, mais parce qu’il cherche aussi, et surtout, à protéger l’indépendance de la Réserve fédérale.

C’est vraiment ce qui est en jeu.

Jerome Powell va quitter en mai la présidence de la Réserve fédérale. Il demeurera toutefois à la table des gouverneurs de l’institution jusqu’en 2028. Si le président Trump souhaite prendre davantage le contrôle de la Réserve fédérale, pour l’obliger à baisser davantage les taux d’intérêt, il doit s’assurer non seulement d’avoir le prochain président à sa botte, mais aussi d’avoir le soutien de plusieurs des sept membres du bureau des gouverneurs.

Ce sont ces sept membres, ainsi que cinq autres qui viennent des entités régionales de la banque centrale, qui décident de l’évolution des taux d’intérêt. Donald Trump est d’avis qu’il a son mot à dire sur la conduite de la politique monétaire et espère des baisses de taux d’intérêt plus importantes et plus rapides pour stimuler l’économie américaine.

Pour y arriver, le président Trump doit réussir à modifier la composition du bureau des gouverneurs. Il a tenté de faire tomber l’une des membres du comité, Lisa Cook, en l’accusant, sans preuve, de fraude immobilière. Mme Cook a refusé de démissionner.

La question de savoir si le président peut, oui ou non, mettre fin au mandat d’un membre du comité des gouverneurs sera débattue devant la Cour suprême le 21 janvier prochain.

Puisque tout est politique aux États-Unis, il faut savoir qu’il y a trois membres démocrates dans le comité des gouverneurs, et quatre qui sont républicains.

Jerome Powell est républicain, mais n’obéit pas aux demandes de Donald Trump. Et les trois démocrates, dont Mme Cook, ne répondent pas non plus aux attentes de M. Trump.

Le seul membre actuel du comité des gouverneurs qui donne vraiment voix au président des États-Unis est Stephen Miran, qui a été nommé le 16 septembre 2025. C’est lui qui est à l’origine de la politique tarifaire de Donald Trump.

Au cours des trois réunions auxquelles il a participé (en septembre, octobre et décembre) depuis qu’il est à la Réserve fédérale, M. Miran a été le seul membre à voter contre la décision du comité, réclamant plutôt des baisses de 50 points de base.

Or, avec un taux d’inflation qui frôle les 3 % et un taux de chômage qui demeure très faible, à 4,4 %, les baisses de taux d’intérêt ne sont probablement même pas nécessaires. C’est pourquoi Jerome Powell, en tant que président de la Fed, agit avec prudence sur ce plan. Les experts n’attendent qu’une ou deux baisses de taux en 2026 aux États-Unis.

L’interférence du président Donald Trump dans les activités de la Fed commence à inquiéter les investisseurs et les opérateurs de marché.

Photo : Associated Press / Ryan Sun

La réputation du pays inquiète les investisseurs

L’interférence du président Trump dans les activités de la banque centrale commence à inquiéter les investisseurs et les opérateurs de marché. La confiance envers les États-Unis s’étiole depuis un an; une prise de contrôle de la Fed pourrait amplifier cette chute de confiance.

Lundi, le Dow Jones a perdu 500 points en début de journée, avant de se redresser. Surtout, le dollar américain a perdu de la valeur et les taux à long terme ont grimpé. Autrement dit, les coûts d’emprunt des États-Unis augmentent. Le prix de l’or, valeur refuge, a touché un nouveau sommet, à plus de 4600 $ US l’once.

Les mouvements sont faibles pour l’instant. Mais des accusations formelles contre Jerome Powell, une victoire du président Trump en Cour suprême dans le dossier de Lisa Cook et l’éventuelle nomination d’un proche de Donald Trump à la présidence de la Fed pourraient ébranler davantage la confiance des investisseurs.

C’est un peu ce qu’on a vu en avril dernier, quand l’administration a annoncé toute une série de tarifs douaniers à l’encontre d’une majorité de pays dans le monde. La réaction des marchés a été instantanée : chute des indices boursiers, parallèlement à une chute de valeur des obligations – assortie, bien sûr, d’une hausse des taux. Une forme de panique s’est emparée des marchés, alors que l’investissement de confiance que représentaient les États-Unis ne semblait plus l’être.

Selon l’économiste et sénateur Clément Gignac, de passage à Zone info lundi, l’interférence de Donald Trump pourrait faire mal aux États-Unis. On a vu dans des pays qui sont, dans certains cas, des républiques de bananes, des chefs d’État dicter la politique monétaire, congédier le président de la banque centrale. Ce que ça fait, c’est que la devise se déprécie et ça augmente le coût d’emprunt de l’État, et les investisseurs n’ont pas confiance, a-t-il souligné.

Même son de cloche chez Paul Beaudry, professeur d’économie et ancien sous-gouverneur de la Banque du Canada, pour qui une accentuation de la pression politique entraînerait une réduction du contrôle de l’inflation aux États-Unis. C’est pour ça, en général, qu’on a de l’indépendance dans les banques centrales pour essayer d’éloigner la décision politique, qui est souvent beaucoup plus à court terme, a-t-il expliqué.

Alors, jusqu’où le président Trump peut-il aller dans sa mainmise des institutions, des tribunaux jusqu’à la Réserve fédérale, et dans la domination territoriale qu’il explore actuellement en Amérique, jusqu’à l’instauration d’un État quasi policier dans les grandes villes américaines? Jusqu’où peut-il aller sans ébranler les colonnes de la confiance du monde envers les États-Unis?

8:38

Zone info

La Réserve fédérale menacée de poursuites

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La France va participer à une mission militaire européenne au Groenland, a appris l’AFP auprès de l’armée française, alors que Donald Trump menace d’envahir le territoire arctique. La Suède et l’Allemagne ont aussi annoncé dans la journée qu’elles allaient déployer quelques personnels militaires sur cette île arctique qui attire la convoitise du président américain, Donald Trump, dans le cadre de cette mission de reconnaissance “en vue d’éventuelles contributions militaires destinées à soutenir le Danemark dans la garantie de la sécurité dans la région” , selon le ministère allemand de la Défense. L’Allemagne a annoncé que ce déploiement s’effectuerait entre jeudi et samedi.

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Pendant ce temps en Iran

Sur le site de Libération

Récit | En Iran, cinq jours de ténèbres et de sang

Après 120 heures de silence, un journaliste iranien a réussi à transmettre à «Libération» le récit des derniers jours à Téhéran et dans le reste du pays, grâce au rétablissement sporadique d’Internet. Nous publions son récit, alors que les menaces de frappes américaines planaient dans la nuit de mercredi à jeudi.

Le silence total a duré 120 heures. En bloquant Internet dans tout l’Iran, dans un black-out quasi total, la République islamique a tenté de dissimuler ce que beaucoup décrivent désormais comme la répression et le carnage les plus violents des presque cinquante années de son existence. Mercredi, dans un centre de médecine légale du sud de la capitale Téhéran, le nombre de manifestants tués était si élevé que les cadavres ont été empilés les uns sur les autres. Des familles de disparus, désespérées, à la recherche des corps de leurs proches, se sont fait hurler dessus par un personnel excédé et dépassé, priées de chercher elles-mêmes leurs proches dans la pile des corps abandonnés sur place.

Au fil de ces longues heures, chaque nuit, les rues des villes iraniennes sont transformées en champs de bataille. Partout où des manifestations se sont formées, les forces de sécurité ont tiré à balles réelles dans la foule. A la fin de chaque nuit, une fois les affrontements retombés et les manifestants dispersés, les traces d’une violence inouïe demeurent : impacts de balles dans les murs et les vitrines, asphalte arraché, cailloux éparpillés dans les rues. Des poubelles renversées brûlent, une épaisse fumée monte dans l’air où flotte encore une odeur de la poudre. Et le bitume brille de quelque chose qui n’est plus une métaphore : du sang. De minces filets de sang humain coulent le long de l’asphalte, séchant lentement et noircissant dans le froid.

Lien sans paywall : http://archive.today/ZB7NV

Groenland Plusieurs pays vont participer à une mission militaire européenne

PHOTO EVGENIY MALOLETKA, ASSOCIATED PRESS

La capitale du Groenland, Nuuk

(Paris) Des militaires français, allemands et de pays nordiques vont participer à une mission militaire européenne au Groenland, une île sous souveraineté danoise convoitée par Donald Trump.

Résumé

Agence France-Presse

La France, la Suède, l’Allemagne et la Norvège ont annoncé dans la journée qu’elles allaient déployer du personnel militaire dans ce territoire arctique pour une mission de reconnaissance qui, a précisé une source au sein du ministère français des Armées, s’inscrit dans le cadre de l’exercice danois « Arctic Endurance ».

Et ce « en vue d’éventuelles contributions militaires destinées à soutenir le Danemark dans la garantie de la sécurité dans la région, par exemple dans le domaine des capacités de surveillance maritime », a expliqué le ministère allemand de la Défense.

Cette « exploration du Groenland » doit avoir lieu de jeudi à samedi, a précisé ce ministère, ajoutant qu’une « équipe de reconnaissance » composée de 13 membres de la Bundeswehr serait envoyée sur place.

Le déploiement militaire français comprend un nombre non précisé de membres d’unités de montagne aguerries aux climats froids, a par ailleurs appris l’AFP mercredi auprès de l’armée française, sans plus de précisions.

À l’issue d’une rencontre mercredi à la Maison-Blanche avec des responsables américains, le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen a souligné que le Danemark et les États-Unis avaient un « désaccord fondamental » à propos de l’avenir du Groenland.

« Il est clair que le président (américain Donald Trump) nourrit le souhait de s’emparer du Groenland », a-t-il déclaré à la presse. Or, il n’est « absolument pas nécessaire » que Washington prenne le contrôle de ce territoire autonome danois, a-t-il estimé, disant vouloir « travailler en étroite collaboration avec les Américains. Mais, a poursuivi le ministre, cela doit, bien sûr, être une coopération respectueuse ».

Donald Trump a de son côté répété le même jour, pendant un échange avec des journalistes, que les États-Unis avaient « besoin du Groenland » pour assurer leur sécurité.

Celui-ci a toutefois dit « penser qu’une solution serait trouvée » à propos de cette immense île stratégique.

https://www.lapresse.ca/international/2026-01-14/groenland/plusieurs-pays-vont-participer-a-une-mission-militaire-europeenne.php

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Pauvre Iran! Abusée par la dictature sanguinaire du Shah et sa police secrète, soutenue par les américains jusqu’à la révolte du peuple. S’est ensuite tournée dans les bras des mollahs présumément salvateur, pour subir une fois de plus l’outrage d’une dictature, cette fois-ci religieuse tout aussi révoltante pendant presqu’un demi-siècle.

Je sympathise avec ce peuple meurtri profondément qui n’aura connu que la violence de ses dirigeants durant trop de décennies. Je m’inquiète à nouveau pour son avenir, car si elle tombe encore sous la coupe américaine, l’histoire se répétera…

Aucun peuple ne mérite un tel sort :peace_symbol:

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Crazy times…

Le Canada s’est joint aux pays européens!

A government spokesperson for Germany also confirmed to Reuters that soldiers would be sent to Greenland on Thursday. The country is expected to deploy over a dozen reconnaissance troops, according to the report.

Troops from the Netherlands and Canada are also expected to deploy to the territory, Politico reported.

Article gratuit pour The Athlantic

President Trump has been threatening to commandeer the island, complaining that Denmark has neglected the Arctic territory. On Wednesday, I met with Peter Boysen, the chief of the Danish army, and asked him how his country plans to strengthen Greenland’s defenses.

Boysen, who has a lean frame and stoic features, ticked off air capabilities and cyber defenses—satellites, drones, and other technology that can collect data and establish “domain awareness.” In layman’s terms, that means figuring out exactly who’s doing what on the mostly uninhabited territory at the top of the world, which acts as a bridge between the European continent and the northernmost reaches of the Americas.

But then the army chief paused. “In order to maintain sovereignty, you need boots on the ground,” he said. He leaned forward over a small table in the Kastellet, a 17th-century fort in Copenhagen that still houses military offices, so that I could not mistake his meaning. “We need, of course, to have units that are able to deploy to Greenland in times of crisis to show presence.”

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Une représentante du ministère de Défense aurait démenti cette nouvelle

Swedish Prime Minister Ulf Kristersson said on X that Swedish officers are arriving in Greenland as part of a multinational allied group to help prepare upcoming phases of Denmark’s Operation Arctic Endurance exercise, following a request from Copenhagen.

A European diplomat said that troops from the Netherlands, Canada and Germany were also taking part. The diplomat and another official with first-hand knowledge said France was also involved.

“As of this moment, the Canadian Armed Forces are not initiating any new operations in Greenland,” said Maya Ouferhat, press secretary in the office of Canada’s minister of national defense.

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Encore une fois Trump montre un biais favorable envers Poutine, ce qui augure très mal pour la résolution juste du conflit Russie-Ukraine. On ne peut absolument pas faire confiance à Trump et l’Europe devra resserrer les rangs si elle veut éviter que la guerre de Poutine prenne place sur le territoire des 27.


Trump offre sa vision de l’Iran, de l’Ukraine et de la politique américaine

Le président américain Donald Trump a déclaré mercredi que la figure de l’opposition iranienne Reza Pahlavi « semble très sympathique », exprimant toutefois des doutes quant sa capacité à rassembler des soutiens dans le pays pour prendre le pouvoir.

Dans une entrevue exclusive accordée à Reuters dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, Donald Trump s’est exprimé sur des questions comme la situation en Iran, le conflit ukrainien et l’enquête visant le président de la Réserve fédérale américaine Jerome Powell.

Résumé

Donald Trump a notamment estimé qu’il existait une possibilité de voir le régime clérical s’effondrer en Iran en raison de la crise à laquelle il est confronté.

Zelensky, principal obstacle à un accord

Donald Trump, qui tente depuis son retour ⁠à la Maison-Blanche en janvier 2025 de mettre fin à la guerre en Ukraine, a déclaré que le président ukrainien Volodymyr Zelensky était le principal obstacle à une résolution du conflit.

“Je pense qu’il est prêt à conclure un accord”, a dit Donald Trump au sujet du président russe Vladimir Poutine. “Je pense que l’Ukraine y est moins disposée.”

Le locataire de la Maison-Blanche a menacé à plusieurs reprises d’intervenir pour soutenir les manifestants en Iran, où des milliers de personnes auraient été tuées lors de la répression du mouvement de contestation.

Il s’est toutefois montré réticent mercredi à apporter un soutien total à Reza Pahlavi, le fils du dernier chah d’Iran renversé en 1979 qui cherche à s’imposer comme le leader de la contestation en cours.

Il semble très sympathique, mais je ne sais pas comment il se comporterait dans son propre pays, a déclaré Donald Trump.

Et nous n’en sommes pas encore là.

Je ne sais pas si son pays ⁠accepterait ou non son leadership. Si c’était le cas, je m’en réjouirais.

Une citation de Donald Trump, président des États-Unis

Donald Trump, qui termine la première année de son second mandat, s’est assis derrière ‍son imposant Resolute Desk et a siroté un Coca-Cola pendant ⁠les 30 minutes de l’entretien.

Le président américain, qui a brandi un épais dossier dont il a dit qu’il contenait ses réussites accomplies depuis son retour à la Maison-Blanche, s’est toutefois efforcé de modérer les attentes des républicains avant les élections de mi-mandat prévues en fin d’année.

Donald Trump a notamment fait remarquer que le parti au pouvoir perdait souvent des sièges deux ans après une élection présidentielle.

Lorsque vous remportez la présidence, vous ne gagnez pas les élections de mi-mandat, a-t-il déclaré. Mais nous allons nous efforcer de les gagner.

Zelensky, principal obstacle à un accord

Donald Trump, qui tente depuis son retour ⁠à la Maison-Blanche en janvier 2025 de mettre fin à la guerre en Ukraine, a déclaré que le président ukrainien Volodymyr Zelensky était le principal obstacle à une résolution du conflit.

Je pense qu’il est prêt à conclure un accord, a dit Donald Trump au sujet du président russe Vladimir Poutine. Je pense que l’Ukraine y est moins disposée.

À la question de savoir pourquoi les négociations menées par les ‍États-Unis n’étaient pas encore parvenues à résoudre le conflit, qui dure depuis près de quatre ans, Donald Trump a répondu : Zelensky.

Donald Trump a souvent critiqué tant le président russe que le président ukrainien, mais il a de nouveau montré une certaine frustration à l’égard de Volodymyr Zelensky.

Il s’est dit prêt à rencontrer le dirigeant ukrainien la semaine prochaine en marge du Forum économique mondial (FEM) à Davos, en Suisse, suggérant toutefois qu’aucune préparation n’avait été faite en ce sens.

J’y serais prêt, s’il est là, a dit Donald Trump. J’y serai.

Le limogeage de Powell pas prévu

Donald Trump a déclaré qu’il ne prévoyait pas de limoger le président de la Fed, Jerome Powell, ajoutant qu’il était toutefois trop tôt pour dire exactement ce qu’il ferait.

Je ne prévois pas de le faire, a-t-il dit à Reuters.

Jerome Powell, a déclaré dimanche que l’administration du président Donald Trump l’a menacé de poursuites pénales en lien avec l’une des auditions qu’il a effectuées l’été dernier devant le Congrès à propos des rénovations du siège de la banque centrale.

L’enquête pénale de l’administration américaine porte officiellement sur la rénovation du siège de la Fed, mais Jerome Powell estime qu’il s’agit d’un prétexte pour accroître l’influence de la Maison-Blanche sur la banque centrale afin qu’elle abaisse davantage ses taux directeurs alors que les élections de mi-mandat sont prévues à la fin de l’année.

Jerome Powell a été nommé à la tête de la Fed en 2018 par Donald Trump, lors du premier mandat ‍présidentiel de ce dernier, avant d’être confirmé à son ⁠poste par Joe Biden. Son mandat actuel doit prendre fin en mai prochain. Les parlementaires républicains devraient être loyaux.

Le locataire de la Maison-Blanche a rejeté les déclarations des sénateurs républicains qui se sont engagés à bloquer la nomination des candidats que Donald Trump proposerait pour la présidence de la Fed, estimant que le département de la Justice interfère avec l’indépendance de la banque centrale en enquêtant sur Jerome Powell.

Je m’en fiche. Il n’y a rien à dire. Ils devraient être loyaux, a-t-il dit des parlementaires républicains.

Donald Trump a également balayé les critiques formulées par le directeur général de JP Morgan Jamie Dimon, qui a déclaré que l’ingérence du président dans les affaires de la Fed pourrait faire grimper l’inflation.

Je me fiche de ce qu’il dit, a déclaré Donald Trump.


Guerre en Ukraine Le Kremlin estime que les possibilités de négocier se « réduisent » pour Kyiv

(Moscou) Le Kremlin a estimé jeudi que les opportunités se réduisent pour l’Ukraine si elle veut trouver une issue négociée à la guerre contre la Russie, après plusieurs semaines de pourparlers infructueux initiés par Washington fin 2025.

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Sur son territoire et à l’étranger | Un rapporteur de l’ONU exhorte Washington à revoir son usage de la force létale

(Genève) Un rapporteur spécial de l’ONU a exhorté jeudi les États-Unis à procéder d’urgence à un réexamen des lois, politiques et règles régissant l’utilisation de la force létale sur leur territoire et à l’étranger, selon un communiqué diffusé sur un site de l’ONU.

« Les États ne doivent jamais normaliser une approche de “tirer pour tuer” qui érode les limites strictes et absolues que le droit international impose à l’emploi de la force létale », a insisté M. Tidball-Binz.

Résumé

Une posture de « tirer pour tuer » de la part d’un État risque d’« abaisser le seuil d’utilisation de la force létale », s’est inquiété le rapporteur spécial de l’ONU sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires Morris Tidball-Binz.

L’expert mandaté par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, mais qui ne s’exprime pas au nom des Nations unies a exprimé « une profonde inquiétude face aux dizaines de morts causées par l’action militaire de grande envergure des États-Unis au Venezuela début janvier », selon le communiqué.

M. Tidball-Binz a souligné que l’emploi non provoqué de la force armée sur le territoire souverain d’un autre État peut « constituer le crime international d’agression imputable aux dirigeants politiques et militaires impliqués ».

Le 3 janvier, le président américain Donald Trump a ordonné une attaque contre le Venezuela, pays riche en pétrole, qui a fait plus de 100 morts et au cours de laquelle des commandos américains ont enlevé le président de gauche Nicolás Maduro. L’ONU avait averti que l’opération avait « sapé un principe fondamental du droit international ».

« Les États ne doivent jamais normaliser une approche de “tirer pour tuer” qui érode les limites strictes et absolues que le droit international impose à l’emploi de la force létale », a insisté M. Tidball-Binz.

M. Tidball-Binz a aussi exprimé sa profonde préoccupation après la mort d’une mère de famille américaine de 37 ans tuée la semaine dernière par un policier de l’immigration et qui a suscité une vague d’indignation dans le pays.

Il a exigé une « enquête indépendante, impartiale et transparente ». Mardi déjà l’ONU a réclamé une enquête « rapide et indépendante ».

« Lorsque des morts potentiellement illégales surviennent […], les familles des victimes doivent avoir accès à la vérité, à la justice et à la réparation », a-t-il déclaré.

« Le droit international n’autorise pas les États à tuer sur la base d’étiquettes, de perceptions de l’apparence de quelqu’un ou d’allégations de méfaits », a-t-il aussi souligné.

« Qu’il s’agisse de la mer, de l’étranger ou du territoire national, l’usage de la force létale […] ne peut être employé qu’en dernier recours pour protéger la vie », a-t-il ajouté.

Depuis septembre Washington a mené des frappes contre des bateaux de narcotrafiquants présumés, lesquelles ont fait jusqu’ici plus de 100 morts, dans les Caraïbes et le Pacifique.


Tensions à Minneapolis | Trump menace d’invoquer une loi lui permettant de déployer l’armée

Minneapolis) Donald Trump a menacé jeudi d’invoquer une loi d’exception qui lui permettrait de déployer l’armée à Minneapolis, après une soirée de heurts entre forces de l’ordre et manifestants faisant suite à un nouvel incident impliquant la police de l’immigration (ICE).

Résumé

Alors que la ville est sous tension depuis la mort la semaine dernière d’une femme abattue par un agent lors d’une opération, un ressortissant vénézuélien a été blessé mercredi en fin de journée par un nouveau tir policier.

Selon le département de la Sécurité intérieure, les faits se sont déroulés au cours d’une altercation, alors que la victime, « en situation irrégulière », tentait de résister à son arrestation par la police fédérale.

Le policier a alors « tiré un coup de feu défensif pour protéger sa vie », touchant l’homme à la jambe, selon l’institution..

L’incident a déclenché une manifestation de quelques centaines de personnes qui ont fait face aux forces de l’ordre pendant plusieurs heures. Des mortiers d’artifice ont été tirés sur des agents.

Dans un message sur Truth Social, le président américain a réagi en menaçant d’invoquer l’Insurrection Act si « les politiciens corrompus du Minnesota ne respectent pas la loi et ne s’emploient pas à empêcher les agitateurs professionnels et les insurgés d’attaquer » les agents d’ICE.

Donald Trump a plusieurs fois menacé d’utiliser ce texte ces derniers mois, notamment après des décisions défavorables de la justice sur son utilisation de la Garde nationale, force militaire de réserve déployée dans plusieurs grandes villes pour lutter contre la criminalité et appuyer la police de l’immigration. Mais il n’a jamais mis sa menace à exécution jusqu’à présent.

Précédent Rodney King

L’Insurrection Act, compilation de lois des XVIIIe et XIXe siècles, est une forme d’état d’urgence qui permet à l’État fédéral d’utiliser l’armée à des fins de maintien de l’ordre sur le territoire américain.

Il permet de contourner une loi, le Posse Comitatus Act, qui interdit d’utiliser des militaires contre des citoyens américains.

L’Insurrection Act a été invoqué pour la dernière fois en 1992 par le président George Bush père à la demande du gouverneur républicain de Californie, confronté à des émeutes sans précédent à Los Angeles à la suite de l’acquittement des policiers qui avaient passé à tabac Rodney King, un automobiliste noir, l’année précédente.

Les autorités démocrates du Minnesota accusent le gouvernement de chercher à provoquer le chaos à Minneapolis en multipliant les opérations de contrôle et les arrestations, alors que la ville est sous tension maximale depuis la mort le 7 janvier de Renee Nicole Good, une Américaine de 37 ans.

Dans une vidéo, le gouverneur de l’État, Tim Walz, a dénoncé « le chaos, les perturbations et les traumatismes que le gouvernement fédéral fait subir à notre communauté », décrivant des interrogatoires porte-à-porte menés par des agents de l’ICE « armés, masqués et sous-entraînés ».

Des centaines d’agents ont rejoint l’État en début de semaine, s’ajoutant aux quelque 2000 qui y étaient déjà déployés.

Les démocrates réclament également que les responsabilités soient établies dans la mort de Renee Nicole Good, craignant que l’enquête du FBI ne toit totalement biaisée après que les principaux représentants de l’État, Donald Trump en tête, ont défendu la thèse de la légitime défense.

Mercredi les avocats de la famille de la victime ont annoncé l’ouverture d’une enquête civile dans cette affaire, une première étape pour une éventuelle action ultérieure contre l’État fédéral.

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Soulèvement en Iran | Les pays du Golfe auraient pressé Trump de renoncer à attaquer l’Iran

(Paris) L’Arabie saoudite, le Qatar et Oman ont œuvré pour dissuader le président américain Donald Trump d’attaquer l’Iran en riposte à la répression sanglante des manifestations, et mis en garde contre « de graves répercussions pour la région », a déclaré jeudi un haut responsable saoudien.

Résumé

Depuis le début le 28 décembre d’un vaste mouvement de contestation, le président américain a multiplié les menaces d’intervention militaire contre l’Iran, avant d’affirmer mercredi avoir été informé « par des sources très importantes » que « les tueries ont pris fin » et que les exécutions prévues de manifestants n’auraient finalement « pas lieu ».

« On observera ça et on verra quelle est la suite », a-t-il ajouté à propos d’une éventuelle action militaire.

Face à ce mouvement, l’un des plus vastes défis lancés au pouvoir depuis la proclamation de la République islamique en 1979, les défenseurs des droits de la personne ont accusé l’Iran de mener à huis clos une répression qui aurait fait des milliers de morts, dans un pays privé depuis une semaine de communications par internet.

Jeudi, la vie était redevenue totalement normale à Téhéran, selon un journaliste de l’AFP dans la capitale iranienne, tandis qu’aucune manifestation d’ampleur n’avait été signalée dans le pays depuis plusieurs jours.

« Efforts de dernière minute »

Alors que l’éventualité de frappes américaines était scrutée de près au Moyen-Orient, un haut responsable saoudien a déclaré jeudi à l’AFP que l’Arabie saoudite, le Qatar et Oman avaient œuvré pour dissuader Donald Trump d’attaquer l’Iran et mis en garde contre « de graves répercussions pour la région ».

Les trois pays du Golfe « ont mené des efforts diplomatiques intenses de dernière minute pour convaincre le président Trump de donner à l’Iran une chance de montrer ses bonnes intentions », a déclaré ce responsable sous couvert d’anonymat.

« La communication se poursuit pour consolider la confiance acquise et le climat positif actuel », a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a affirmé que son pays se défendrait « contre toute menace étrangère », au cours d’une conversation téléphonique avec son homologue saoudien, le prince Fayçal ben Farhane.

Le ministre iranien a souligné « l’importance d’une condamnation internationale de toute ingérence étrangère dans les affaires intérieures des pays de la région ». Des déclarations intervenues quelques heures avant une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur l’Iran, à la demande des États-Unis.

La Turquie s’était dite « opposée à toute opération militaire en Iran ». Et face à ce qu’il a qualifié de « tensions régionales », le Qatar a annoncé mercredi le départ d’une partie du personnel de la base américaine d’Al-Udeid, la plus importante au Moyen-Orient.

La Chine a fait savoir jeudi à l’Iran qu’elle s’opposait à « l’usage de la force dans les relations internationales ».

« Peine de prison »

Les États-Unis de même que des organisations de défense des droits de la personne s’inquiétaient en particulier du sort d’Erfan Soltani, un manifestant de 26 ans dont ils craignaient l’exécution, dans un pays qui applique largement la peine capitale par pendaison.

L’Iran a démenti jeudi que le manifestant arrêté samedi ait été condamné à mort et puisse être exécuté.

Erfan Soltani est incarcéré à la prison de Karaj, près de Téhéran, et accusé de rassemblements contre la sécurité nationale et de propagande contre le système, a déclaré le pouvoir judiciaire iranien, précisant que la loi ne prévoyait pas la peine capitale pour ces chefs d’accusation.

« S’il est reconnu coupable, il sera condamné à une peine de prison », a ajouté le pouvoir judiciaire.

Le chef de la diplomatie iranienne avait déjà affirmé qu’il n’y aurait « pas de pendaison » mercredi ou jeudi, dans une entrevue à la chaîne américaine Fox News.

Selon le dernier bilan de l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, au moins 3428 manifestants ont été tués depuis le début du mouvement. « Ce chiffre est un minimum absolu », a averti l’organisation, qui a fait aussi état de plus de 10 000 arrestations.

Après un pic de manifestations en fin de semaine dernière, les autorités avaient organisé mercredi à Téhéran une « marche de résistance nationale » et les funérailles de plus de 100 membres des forces de sécurité, qui ont rassemblé des milliers d’Iraniens.

Selon le ministre des Affaires étrangères iranien, « le calme règne » à présent dans le pays et les autorités ont le « contrôle total » de la situation.

L’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW), qui suit les protestations, a indiqué n’avoir recensé « aucune manifestation » mercredi.

À Téhéran, le pouvoir judiciaire a promis des procès « rapides » et « publics » de manifestants arrêtés.

« Toute société peut s’attendre à des manifestations, mais nous ne tolérerons pas la violence », a insisté mercredi un responsable gouvernemental, affirmant qu’aucune nouvelle « émeute » n’avait eu lieu depuis lundi.

Les autorités ne fournissent pas de bilan officiel à ce stade, l’identification des victimes étant toujours en cours, a précisé un autre haut responsable.


Les États-Unis annoncent la saisie d’un nouveau pétrolier

(Washington) L’armée américaine a annoncé jeudi avoir saisi un nouveau pétrolier sous sanctions dans les Caraïbes, dans le cadre de leur campagne pour faire pression sur le Venezuela et ses exportations de pétrole.

Résumé

Le Veronica « est un nouveau pétrolier qui brave » le blocus décidé par Donald Trump vis-à-vis du pétrole vénézuélien, a écrit sur X le commandement militaire américain pour les Amériques en annonçant l’opération militaire.

Il s’agit du sixième pétrolier saisi dans ce cadre.

La secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem a montré du doigt son appartenance à « la flotte fantôme sous sanctions. »
Le Veronica figure sur la liste des sanctions américaines visant la Russie depuis 2022.

Son dernier signal de localisation remonte au 3 janvier entre Aruba et le Venezuela. Le navire est resté quasiment immobile depuis au moins mi-novembre, selon ses données de navigation de Bloomberg, et a été identifié sur une image satellite du 20 décembre au même endroit par le site de surveillance maritime Skylight.

En janvier, le Veronica a changé de nom pour Gallileo et, comme plusieurs autres navires pétroliers, est passé sous pavillon russe, d’après le registre de l’Organisation maritime internationale.

La semaine dernière, Washington a saisi un pétrolier dans l’Atlantique nord, très loin des côtes vénézuéliennes. Washington n’a pas reconnu son pavillon russe et Moscou, allié de Caracas, a critiqué l’opération.

La manne pétrolière du Venezuela – qui détient les plus importantes réserves prouvées de brut du monde – est au centre de l’intervention américaine sur le pays.

Moins de deux semaines après la capture du président Nicolás Maduro, désormais déchu, les États-Unis ont procédé à une première vente de brut vénézuélien, une opération à 500 millions de dollars.

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Annexion du Groenland L’acquisition du territoire par les États-Unis « est hors de question »

(Nuuk) En « désaccord fondamental » avec les États-Unis, le Danemark a obtenu jeudi l’envoi d’une mission militaire européenne au Groenland, territoire autonome danois convoité par Donald Trump, qui a fait savoir que ce déploiement n’avait « aucun impact » sur son « objectif ».

Résumé

Par Pierre-Henry DESHAYES avec Camille BAS-WOLHERT à Copenhague Agence France-Presse

Traditionnel allié des Américains au sein de l’OTAN, le Danemark a annoncé renforcer sa présence militaire au Groenland, en réponse aux critiques américaines sur son manque d’engagement dans l’île arctique, mais également en réaction à la volonté réitérée du président américain de s’en emparer.

Deux avions de transport de troupes danois ont atterri dès mercredi sur le territoire.

Dans la foulée, la France, la Suède, l’Allemagne et la Norvège, rejoints par les Pays-Bas, la Finlande et le Royaume-Uni, ont annoncé l’envoi de personnel militaire pour une mission de reconnaissance qui s’inscrit dans le cadre de l’exercice danois « Arctic Endurance » organisé avec des alliés de l’OTAN.

PHOTO EVGENIY MALOLETKA, ASSOCIATED PRESS

Le navire militaire HDMS Knud Rasmussen de la Marine royale danoise patrouille près de Nuuk, au Groenland, le 15 janvier 2026.

Ces renforts militaires européens de taille modeste – 13 pour l’Allemagne par exemple, un militaire pour les Pays-Bas et le Royaume-Uni – doivent préparer la participation de ces armées à de futurs exercices dans l’Arctique, expliquent des sources de défense de plusieurs pays.

« Je ne pense pas que le déploiement de troupes en Europe ait un impact sur la prise de décision du président et cela n’a aucun impact sur son objectif d’acquérir le Groenland », a déclaré jeudi la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, pendant une conférence de presse.

La rencontre mercredi entre le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen, celle du Groenland Vivian Motzfeldt et des dirigeants américains à la Maison-Blanche a été une « bonne rencontre ». « Mais le président a été clair sur sa priorité : il veut que les États-Unis acquièrent le Groenland. Il pense que faire cela est pour le bien de notre sécurité nationale », a-t-elle insisté.

Il est « hors de question » que les États-Unis acquièrent le Groenland, lui a répondu le ministre des Affaires étrangères du Danemark Lars Løkke Rasmussen.

« Ce n’est pas ce que nous voulons au Danemark ni au Groenland, et cela est contraire à toutes les règles internationales. Cela porte atteinte à notre souveraineté », a-t-il dit à la chaîne publique DR.

« Situation grave »

La première ministre danoise Mette Frederiksen a de fait acté jeudi l’existence d’un « désaccord fondamental » avec les États-Unis sur l’avenir du territoire arctique.

« L’ambition américaine de prendre le contrôle du Groenland reste intacte », a-t-elle souligné. « Il s’agit bien sûr d’une situation grave et nous poursuivons donc nos efforts pour empêcher que ce scénario ne se réalise. »

Mette Frederiksen a « salué » l’envoi de troupes européennes pour participer à des « exercices communs au Groenland et dans ses environs ».

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

Nuuk, au Groenland

« Il existe un consensus au sein de l’OTAN sur le fait qu’une présence renforcée dans l’Arctique est essentielle pour la sécurité européenne et nord-américaine », ajoute Mme Frederiksen. Son ministre de la Défense Troels Lund Poulsen a annoncé qu’un plan était en élaboration pour instaurer une présence plus importante et permanente en 2026.

Mme Frederiksen doit rencontrer vendredi une délégation du Congrès américain en visite à Copenhague, en présence du chef du gouvernement groenlandais, a confirmé son cabinet à l’AFP.

De son côté, le président français Emmanuel Macron a déclaré que « la France et les Européens doivent continuer, partout où leurs intérêts sont menacés, d’être là, sans escalade, mais intraitables sur le respect de la souveraineté territoriale ».

Paris va y dépêcher dans les prochains jours, au-delà d’une première équipe de militaires déjà sur place, de nouveaux « moyens terrestres, aériens et maritimes ».

« Provocation » pour les Russes

Au contraire, la diplomatie russe a fait part de sa « sérieuse inquiétude » après l’envoi de troupes provenant de pays de l’OTAN, affirmant que les supposées visées de Moscou sur le Groenland étaient un « mythe ».

Les annonces d’envois de troupes « doivent être considérées comme une provocation supplémentaire des pays occidentaux, qui tentent d’imposer leurs règles, y compris dans cette partie du monde », a affirmé la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova.

PHOTO SHAMIL ZHUMATOV, ASSOCIATED PRESS

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova

À Nuuk, la capitale groenlandaise, où des drapeaux groenlandais ont fleuri devant les devantures des boutiques et aux fenêtres des habitations, l’issue de la rencontre de mercredi laissait les habitants partagés entre angoisse et espoir de voir la situation s’améliorer.

« C’est très effrayant parce que c’est quelque chose d’énorme », a commenté Vera Stidsen, une enseignante de 51 ans. « J’espère qu’à l’avenir nous pourrons continuer à vivre comme nous l’avons fait jusqu’à présent : en paix et sans être dérangés », a-t-elle dit à l’AFP.

Donald Trump, qui assure entretenir de bonnes relations avec le Danemark, répète que les États-Unis ont besoin du Groenland pour sa sécurité nationale, pour contenir les avancées de la Russie et de la Chine en Arctique, et n’écarte pas un recours à la force pour s’en emparer.

Il n’y a ni navires ni investissements « massifs » chinois au Groenland, a répliqué M. Løkke Rasmussen devant la presse danoise.

Selon lui, l’acquisition de l’île arctique par Washington n’est « pas nécessaire » pour répondre aux préoccupations américaines en matière de sécurité.

https://www.lapresse.ca/international/europe/2026-01-15/annexion-du-groenland/l-acquisition-du-territoire-par-les-etats-unis-est-hors-de-question.php

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Opération militaire au Venezuela | Machado tente d’amadouer Trump avec une médaille

L’opposante vénézuélienne María Corina Machado a « offert » jeudi au président américain, Donald Trump, la médaille qu’elle avait reçue en obtenant le prix Nobel de la paix dans l’espoir de se remettre en selle politiquement.

Résumé

Ce qu’il faut savoir

  • Le président américain, Donald Trump, a rencontré jeudi l’opposante vénézuélienne María Corina Machado à la Maison-Blanche.
  • La rencontre est survenue près de deux semaines après que Washington eut annoncé sa volonté de travailler avec l’ex-vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodríguez plutôt que Mme Machado pour remplacer le président Nicolás Maduro.
  • Des analystes pensent que la rencontre visait en partie à suggérer que la Maison-Blanche se préoccupe d’établir un régime démocratique à plus long terme dans le pays.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a cependant indiqué en marge de la rencontre, tenue en privé, que le chef d’État demeurait convaincu que la femme de 58 ans n’a pas le soutien requis dans le pays latino-américain pour en prendre la tête.

« Son opinion à ce sujet n’a pas changé », a-t-elle relevé en faisant écho aux critiques formulées par Donald Trump envers Mme Machado dans la foulée de la capture du président vénézuélien, Nicolás Maduro, le 3 janvier.

L’administration américaine a réitéré par ailleurs que les États-Unis entendaient maintenir le contrôle sur le Venezuela en travaillant en étroite collaboration avec l’ex-vice-présidente Delcy Rodríguez et n’envisageaient pas d’élection dans un avenir rapproché.

Le président Trump avait louangé mercredi à la suite d’un échange téléphonique les actions de Mme Rodríguez, qui tente de satisfaire les demandes du président américain en ce qui a trait à l’exploitation des ressources pétrolières du pays sans s’aliéner les membres les plus radicaux du régime.

Le professeur Alan McPherson, spécialiste de l’histoire de l’Amérique latine rattaché à l’Université Temple, pense que la rencontre avec Mme Machado pourrait avoir été organisée à la demande du secrétaire d’État, Marco Rubio, pour vendre l’idée que les États-Unis se préoccupent de favoriser la démocratie au Venezuela.

Stratégie à long terme

Il pourrait aussi s’agir, note l’expert, d’une occasion pour contenter l’ego de Donald Trump, qui avait réagi avec colère l’automne dernier à l’attribution du prix Nobel de la paix à Mme Machado.

La politicienne avait indiqué la semaine dernière qu’elle souhaitait lui remettre le prix pour le remercier de son rôle au Venezuela, suscitant une mise en garde du comité responsable du prix quant à l’impossibilité d’un transfert officiel de cette reconnaissance.

Elle a indiqué jeudi que l’offrande de la médaille visait à souligner l’« engagement unique » du président américain en faveur de la liberté des Vénézuéliens. En soirée, le chef d’État s’est réjoui du « geste magnifique » de l’opposante vénézuélienne sur sa plateforme Truth Social.

John Polga-Hecimovich, spécialiste de l’Amérique latine rattaché à l’Académie navale des États-Unis, est aussi d’avis que Marco Rubio souhaitait la tenue de la rencontre pour envoyer le message que l’administration entend favoriser la démocratie à long terme.

Donald Trump, dit-il, voyait peut-être plutôt l’évènement comme un geste « magnanime » envers Mme Machado après l’avoir critiquée et marginalisée politiquement.

CAPTURE D’ÉCRAN TRUTH SOCIAL

L’opposante vénézuélienne, note l’analyste, suit pour sa part une stratégie à long terme et cherchait à signifier au président américain qu’elle ne va pas disparaître.

Elle voulait aussi envoyer le message à ses partisans « qu’elle est toujours assez influente pour obtenir une rencontre avec le président américain et qu’ils ne doivent pas l’abandonner », relève M. Polga-Hecimovich.

Visées sur le pétrole

Les pressions exercées par l’administration américaine pour forcer la coopération de Mme Rodríguez, y compris la menace d’une nouvelle opération militaire et le maintien d’un strict embargo pétrolier, semblent donner des résultats pour l’heure, mais vont rapidement montrer leurs limites, pense M. McPherson.

« On va commencer à voir des failles de plus en plus grandes au sein du régime vénézuélien », relève le professeur, qui s’attend à ce que des tenants de la ligne dure se braquent face aux visées américaines sur le pétrole.

Les investissements projetés dans ce secteur risquent par ailleurs d’être freinés par l’absence de sécurité dans le pays. La chaîne CNN rapportait cette semaine que Washington songe à faire appel à des firmes de sécurité privées comme celles qui avaient été utilisées après l’invasion de l’Irak en 2003 pour répondre aux exigences de pétrolières américaines.

« C’est une véritable chasse au trésor qui s’annonce pour les entreprises de sécurité », note M. McPherson, qui ne s’étonne pas de voir les États-Unis hausser le ton relativement à l’annexion du Groenland dans la foulée de l’opération menée au Venezuela.

Donald Trump tend à voir toute victoire comme une indication qu’il doit pousser encore plus loin. S’il n’y a pas de résistance ferme, c’est certain que ça va continuer.

Alan McPherson, spécialiste de l’histoire de l’Amérique latine rattaché à l’Université Temple

Les menaces de frappes contre l’Iran témoignent aussi du sentiment de « toute-puissance » du président, note M. McPherson, qui se dit convaincu que Donald Trump cherchera à présenter l’épisode comme une « victoire » même si le régime iranien a fait fi de ses menaces en tuant des milliers de manifestants.

M. Polga-Hecimovich pense que la volonté apparente de l’administration jeudi de reculer sur de possibles frappes contre le régime islamique reflète les réserves du gouvernement israélien quant à leur efficacité potentielle plutôt que des considérations relatives au mouvement de contestation.

« Le but de Donald Trump n’est pas de favoriser la démocratie en Iran, mais bien d’aider Israël et de favoriser les investissements américains dans la région », note M. McPherson.

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Elle ne peut pas transfédérer son prix, JAMAIS. Le comité Nobel a sorti un communiqué à ce sujet

The Norwegian Nobel Committee and the Norwegian Nobel Institute receive a number of requests for comments regarding the permanence of a Nobel Peace Prize laureate’s status. The facts are clear and well established. Once a Nobel Prize is announced, it cannot be revoked, shared, or transferred to others. The decision is final and stands for all time.

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https://www.nobelpeaceprize.org/press/press-releases/a-nobel-prize-cannot-be-revoked-shared-or-transferred

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