Les États-Unis se retirent de 66 organisations internationales
(Washington) L’administration Trump va retirer les États-Unis de dizaines d’organisations internationales, notamment l’agence des Nations Unies chargée des questions démographiques et le traité des Nations Unies qui établit les négociations internationales sur le climat, alors que les États-Unis se désengagent davantage en matière de coopération mondiale.
Résumé
Le président Donald Trump a signé mercredi un décret suspendant le soutien des États-Unis à 66 organisations, agences et commissions, à la suite de l’examen par son administration de la participation et du financement de toutes les organisations internationales, y compris celles affiliées aux Nations Unies, selon un communiqué de la Maison-Blanche.
La plupart des cibles sont des agences, commissions et comités consultatifs liés à l’ONU qui se concentrent sur le climat, le travail, les migrations et d’autres questions que l’administration Trump a classées comme favorisant la diversité et les initiatives « woke ».
Parmi les autres organisations non onusiennes figurant sur la liste, on compte le Partenariat pour la coopération atlantique, l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale et le Forum mondial contre le terrorisme.
« L’administration Trump a jugé que ces institutions étaient redondantes dans leur champ d’action, mal gérées, inutiles, coûteuses, mal administrées, menées par les intérêts d’acteurs poursuivant leurs propres objectifs contraires aux nôtres, ou constituant une menace pour la souveraineté, les libertés et la prospérité générale de notre nation », a déclaré le département d’État dans un communiqué.
Cette décision survient alors que l’administration Trump a lancé des initiatives militaires ou proféré des menaces qui ont inquiété tant ses alliés que ses adversaires, notamment en capturant le dirigeant autocratique vénézuélien Nicolás Maduro et en manifestant son intention de prendre le contrôle du Groenland.
Il s’agit du dernier retrait américain d’organismes internationaux.

PHOTO ZAIN JAAFAR, AGENCE FRANCE-PRESSE
Un travailleur de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) nettoie une rue dans le camp de réfugiés palestiniens d’Askar, à l’est de Naplouse, en Cisjordanie occupée par Israël, le 31 décembre 2025
L’administration avait précédemment suspendu son soutien à des agences, telles que l’Organisation mondiale de la Santé, l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies et l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).
Les États-Unis ont adopté une approche plus large et à la carte pour le paiement de leurs cotisations à l’organisation mondiale, en choisissant les opérations et les agences qui, selon eux, correspondent au programme américain.
« Je pense que nous assistons à la cristallisation de l’approche américaine du multilatéralisme, qui consiste à dire “c’est à prendre ou à laisser” », a déclaré Daniel Forti, responsable des affaires onusiennes à l’International Crisis Group. « C’est une vision très claire qui consiste à vouloir une coopération internationale selon les conditions fixées par Washington. »
Cela marque un changement majeur par rapport à la manière dont les administrations précédentes, tant républicaines que démocrates, ont traité avec l’ONU, et cela a contraint l’organisation mondiale, déjà en pleine remise en question interne, à réagir par une série de réductions de personnel et de programmes.
De nombreuses agences non gouvernementales indépendantes, dont certaines travaillent avec les Nations Unies, ont fait état de la fermeture de nombreux projets en raison de la décision prise l’année dernière par l’administration américaine de réduire considérablement l’aide étrangère accordée par l’Agence américaine pour le développement international (USAID).
Le pétrole vénézuélien sous contrôle américain « indéfiniment » ?
L’administration américaine a déclaré mercredi qu’elle entendait contrôler « indéfiniment » les ventes de pétrole du Venezuela, confirmant son intérêt pour l’exploitation des riches réserves du pays latino-américain.
Résumé
Ce qu’il faut savoir
L’administration américaine a déclaré mercredi qu’elle garderait le contrôle « indéfiniment » de la vente de pétrole vénézuélien après l’attaque ayant mené à la capture du président Nicolás Maduro.
La société pétrolière de l’État vénézuélien parle plutôt de négociations commerciales traditionnelles devant permettre la vente de pétrole aux États-Unis.
Washington a déclaré par ailleurs mercredi que les États-Unis préféraient acheter le Groenland après avoir menacé d’annexer le territoire par la force.
L’annonce, qui survient quelques jours après la capture et le transfert aux États-Unis du président vénézuélien Nicolás Maduro et de sa femme Cilia Flores, a été faite par le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, lors d’une conférence sur l’énergie à Miami.
M. Wright a indiqué que le pétrole serait acheminé à des raffineries américaines et que les profits ainsi générés seraient placés dans des comptes sous contrôle du gouvernement américain.
Il a indiqué que les sommes profiteraient ultimement à la population vénézuélienne, mais qu’elles serviraient aussi de levier pour assurer la collaboration du régime en place, aujourd’hui chapeauté par l’ex-vice-présidente et aujourd’hui présidente par intérim Delcy Rodríguez.
Les sommes remises au gouvernement vénézuélien devront servir uniquement à acheter des produits faits aux États-Unis, a annoncé mercredi le président Donald Trump sur son réseau Truth Social.
Mardi, M. Trump avait déclaré que le pays allait remettre de 30 à 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis d’une valeur estimée de 2 milliards de dollars en ajoutant qu’il contrôlerait directement l’argent pour assurer son utilisation « au profit des peuples du Venezuela et des États-Unis ».

PHOTO MARCELO GARCÍA, PALAIS PRÉSIDENTIEL, FOURNIE PAR REUTERS
La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez (au centre), lundi, à Caracas
La nouvelle dirigeante vénézuélienne, qui souffle le chaud et le froid par rapport aux États-Unis depuis sa nomination, n’a pas confirmé mercredi la teneur de l’annonce.
La société pétrolière publique Petróleos de Venezuela (PDVSA) a annoncé de son côté que des discussions étaient en cours avec les États-Unis pour leur vendre des « volumes de pétrole » dans le cadre d’une « transaction strictement commerciale » éloignée de la formule suggérée par le secrétaire américain.
Un membre du conseil d’administration de PDSVA, Wills Rangel, a déclaré à l’agence Reuters que le pays « ne doit rien aux États-Unis », même si Donald Trump prétend le contraire.
Une mainmise américaine sur les ventes pétrolières vénézuéliennes serait difficile à défendre pour la nouvelle présidente, qui doit manœuvrer entre les menaces de nouvelles frappes militaires de Washington et les pressions de tenants de la ligne dure de son gouvernement peu portés aux compromis.

PHOTO LEONARDO FERNANDEZ VILORIA, REUTERS
Scène de rue à Caracas, au Venezuela, mercredi
John Polga-Hecimovich, un analyste de l’Académie navale des États-Unis, note qu’il n’est pas impossible que les ministres contrôlant les forces de sécurité jugent ultimement les demandes américaines « inacceptables » et en arrivent à vouloir déloger la présidente pour empêcher leur mise en œuvre.
Vanda Felbab-Brown, une analyste de la Brookings Institution, estime que le gouvernement américain cherche à mettre en place une forme de « protectorat » d’inspiration coloniale au Venezuela sans avoir des ressources sur le terrain pour s’assurer que ses demandes seront respectées.
L’embargo maritime imposé par les forces américaines pour contrôler la sortie de pétrole ne sera pas suffisant à cette fin, juge la chercheuse, qui voit mal comment les dirigeants vénézuéliens pourraient se contenter « simplement d’agir comme des pantins des États-Unis ».
Pétrolier russe saisi
Deux pétroliers ayant servi selon les États-Unis à contourner des sanctions ont été saisis mercredi par les autorités américaines, dont une embarcation battant pavillon russe. Moscou a protesté en disant que Washington n’avait pas le droit de procéder à de telles interceptions.

PHOTO HAUT COMMANDEMENT AMÉRICAIN EN EUROPE., FOURNIE PAR L’AGENCE FRANCE-PRESSE
Photo non datée publiée mercredi par le compte X du haut-commandement américain en Europe avec une description indiquant qu’il s’agirait de la saisie du pétrolier M/V Bella 1 dans le nord de l’océan Atlantique.
Arif Lalani, un ancien diplomate canadien rattaché au Centre pour l’innovation dans la gouvernance internationale (CIGI), à Waterloo, pense qu’il n’est pas impossible que le gouvernement vénézuélien trouve un accord avec les États-Unis permettant de remettre en circulation des réserves de pétrole qui étaient bloquées en raison des sanctions mises en place contre le régime de Nicolás Maduro.
Les ambitions américaines en matière d’exploitation pétrolière risquent cependant de se buter rapidement à un important problème puisque la remise en état des infrastructures requise pour augmenter sensiblement la production du pays va coûter des dizaines de milliards de dollars et prendre des années avant de donner des résultats.
La Maison-Blanche, note M. Lalani, éprouvera des difficultés à convaincre les sociétés pétrolières américaines de procéder à des investissements majeurs sans garantie de stabilité politique. D’autant que certaines sociétés affirment avoir perdu des milliards par le passé lorsque le Venezuela a procédé à la nationalisation du secteur.
Le gouvernement américain a recours à un vieux modus operandi pour l’Amérique latine qui n’a jamais vraiment fonctionné en cherchant à remplacer un dirigeant par un autre jugé plus coopératif.
Arif Lalani, ancien diplomate canadien
L’approche des États-Unis envers le Groenland semble aussi mal avisée, selon l’ancien diplomate, qui dit ne pas comprendre pourquoi l’administration Trump cherche à précipiter une crise sur le sujet susceptible de fragiliser l’OTAN en opposant deux pays membres.
Idées de grandeur au nord
Le président américain maintient que le territoire nordique, chapeauté par le Danemark, doit être intégré aux États-Unis pour des questions de sécurité nationale, mais sur place, son pays a « déjà la capacité légale et les accès requis pour faire pratiquement ce qu’il veut » sur le plan militaire, dit M. Lalani.
Un accord conclu en 1951 après que les États-Unis ont défendu l’île durant la Seconde Guerre mondiale prévoit l’aménagement de « zones de défense » où des troupes américaines peuvent être déployées avec l’accord des autorités danoises et groenlandaises.

PHOTO JIM WATSON, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE
Base militaire américaine de Pituffik, au Groenland, en mars dernier
Mikkel Runge Olesen, un chercheur rattaché au Danish Institute for International Studies à Copenhague, a indiqué mercredi que les autorités locales se sont toujours montrées ouvertes aux besoins militaires de Washington.
L’évocation de la sécurité nationale paraît peu crédible, dit M. Olesen, pour justifier une éventuelle annexion. L’exploitation des ressources naturelles du territoire ne l’est pas non plus, juge-t-il, puisque la possibilité d’investissements américains dans ce domaine est aussi généralement bien accueillie.
Pourquoi alors vouloir intégrer formellement le territoire ? « Soit les États-Unis ne partagent pas mon analyse, soit ils cherchent un prétexte pour agir […] On parle d’un président qui veut passer à l’histoire comme étant celui qui a permis l’expansion du pays, qui veut “rendre sa grandeur à l’Amérique” », note le chercheur.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, qui semblait vouloir calmer la situation mercredi, a déclaré que l’administration Trump n’excluait pas le recours à la force relativement au Groenland, mais qu’elle préférait acheter le territoire nordique.
L’initiative ne serait pas sans précédent, puisque le Danemark a vendu en 1916 un ensemble d’îles des Caraïbes aujourd’hui désignées comme les îles Vierges des États-Unis.
Le gouvernement américain avait reconnu à l’époque la souveraineté de Copenhague sur le Groenland qu’il cherche aujourd’hui à contester, note M. Lalani.
M. Olesen relève que le Danemark n’a pas le pouvoir de vendre le Groenland, toute décision à ce sujet relevant de la population vivant sur ce territoire.
Marco Rubio a indiqué mercredi qu’il rencontrerait la semaine prochaine des dirigeants danois et groenlandais pour discuter de la situation.
« Le Danemark a longtemps été le pays le plus proaméricain d’Europe, mais on ne reverra pas ça de sitôt », relève M. Olesen.
Guerre en Ukraine « Plus d’un million » de foyers sans chauffage ni eau après des frappes russes
(Kyiv) Plus d’un million de foyers de la région de Dnipropetrovsk, dans le centre de l’Ukraine, sont privés d’eau et d’électricité, par des températures glaciales, après des frappes russes nocturnes sur les infrastructures énergétiques, a annoncé jeudi un ministre ukrainien.
Résumé
Les infrastructures des régions de Dnipropetrovsk et Zaporijjia (Sud) ont été touchées dans la nuit par des frappes massives de drones russes, entraînant des coupures d’électricité, a expliqué le fournisseur d’énergie ukrainien Ukrenergo.
« Les travaux de réparation se poursuivent dans la région de Dnipropetrovsk afin de rétablir l’approvisionnement en chauffage et en eau pour plus d’un million d’abonnés », a indiqué sur les réseaux sociaux Oleksiï Kouleba, vice-premier ministre pour la reconstruction de l’Ukraine.
Dans la région de Zaporijjia, « l’alimentation électrique a été rétablie, l’approvisionnement en chauffage et en eau des foyers se poursuit », a ajouté M. Kouleba.
Le fournisseur d’énergie DTEK a pour sa part annoncé que l’électricité était « rétablie » pour « une partie des infrastructures critiques de la région » de Dnipropetrovsk.
« Nous ferons tout notre possible pour rétablir l’électricité dans les foyers », a poursuivi le fournisseur dans son communiqué.
Dans la nuit, le gouverneur de Dnipropetrovsk, Vladyslav Gaïvanenko, avait annoncé qu’une « infrastructure critique qui alimentait en électricité la majeure partie de la région » avait été « endommagée » par les frappes russes.
Depuis le début de son invasion de l’Ukraine en 2022, la Russie pilonne sans relâche les infrastructures énergétiques ukrainiennes avec drones et missiles.
Les attaques se sont intensifiées ces derniers mois, à l’approche de l’hiver.
















































