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La Chine annonce le début d’exercices de tirs à munitions réelles autour de Taïwan

Un navire tire avec une arme lors d’exercices militaires à l’est de Taïwan, dans cette capture d’écran tirée d’une vidéo publiée par le Commandement du théâtre oriental de l’Armée populaire de libération (APL) chinoise, le 29 décembre 2025.

Photo : Reuters / EASTERN THEATRE COMMAND

Agence France-Presse

Publié hier à 21 h 58 HNEMis à jour aujourd’hui à 0 h 04 HNE

Pékin a entamé lundi des manœuvres militaires « majeures » autour de Taïwan, avec des exercices de tir à munitions réelles, dans un contexte tendu notamment par une vente d’armes américaines massive à l’île, qui a déployé sa propre armée en réponse.

L’armée chinoise utilise des destroyers, des frégates, des chasseurs, des bombardiers et des drones dans le cadre de ces exercices, qui comprennent des tirs à munitions réelles sur des cibles maritimes au nord et au sud-ouest de Taïwan, a détaillé son commandement pour la zone dans un communiqué vers 11 h 00 (heure locale).

De son côté, Taïwan a dit déployer les forces appropriées, ajoutant que ses troupes avaient mené un exercice de riposte rapide.

Une femme travaille dans un restaurant de nouilles près d’un écran de télévision diffusant un reportage sur les exercices militaires chinois « Justice Mission 2025 » autour de Taïwan, à Taipei, Taïwan, le 29 décembre 2025.

Photo : Reuters / Tsai Hsin-Han

Pékin revendique l’île de Taïwan et ses îles périphériques comme parties intégrantes de son territoire et n’exclut pas d’intervenir militairement pour s’en emparer.

Les tensions dans le détroit ont été ravivées par une vente d’armes massive des États-Unis à Taipei mi-décembre, la deuxième depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, pour 11,1 milliards de dollars au total, soit le montant le plus important depuis 2001. La Chine a répondu la semaine dernière par des sanctions à 20 entreprises américaines de défense.

Cette démonstration de force à grande échelle intervient également après des semaines de dispute diplomatique entre Pékin et Tokyo au sujet de l’île, la première ministre japonaise Sanae Takaichi ayant laissé entendre en novembre que son pays pourrait intervenir militairement en cas d’attaque contre Taïwan. Une déclaration qui a suscité l’ire de la Chine.

Un avion de chasse Mirage 2000 de l’armée de l’air taïwanaise décolle de la base aérienne de Hsinchu, le 29 décembre 2025.

Photo : Getty Images / CHENG YU-CHEN

Un sérieux avertissement

À partir du 29 décembre, le Commandement des zones orientales de l’APL (armée chinoise) déploie ses troupes de l’Armée de terre, de la Marine, de l’Armée de l’air et de la Force des missiles pour mener des exercices militaires conjoints baptisés “Mission Justice 2025”, avait expliqué en début de matinée un communiqué du colonel-major Shi Yi, porte-parole du Commandement chinois.

Les forces de Pékin se focaliseront sur les patrouilles de préparation au combat air-mer, la saisie conjointe de la supériorité globale, le blocus de ports et zones clés, ainsi que la dissuasion multidimensionnelle, a précisé le militaire.

Dans un communiqué séparé, une carte montre cinq zones autour de Taïwan où des tirs à munition réelles vont être organisés de 08 h 00 à 18 h 00 mardi (heure locale).

Pour des raisons de sécurité, il est conseillé à tout navire ou avion non concerné de ne pas pénétrer dans les eaux et l’espace aérien susmentionnés, est-il précisé.

À lire aussi :

En réponse au mépris des autorités chinoises pour le droit international et à leur utilisation de l’intimidation militaire pour menacer les pays voisins, Taïwan exprime sa ferme condamnation, a réagi la porte-parole de la présidence de Taïwan, Karen Kuo.

Les garde-côtes de l’île ont, de leur côté, détecté quatre navires de leurs homologues chinois près des eaux au large des côtes nord et est de Taïwan aujourd’hui (lundi), ajoutant avoir immédiatement déployé des navires pour se prépositionner dans les zones concernées en réponse, et envoyé des unités de soutien supplémentaires.

Les exercices de cette semaine sont un sérieux avertissement adressé aux forces séparatistes de “l’indépendance de Taïwan”, et ils constituent une action légitime et nécessaire pour préserver la souveraineté et l’unité nationale de la Chine, a estimé Shi Yi.

Des navires chinois devraient s’approcher de l’île de Taïwan à très courte distance en provenance de différentes directions, a-t-il poursuivi.

Les précédents exercices impliquant des exercices à tirs réels autour de Taïwan remontaient à avril, des manœuvres surprises condamnées par Taipei.

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Il est clair que Poutine ne veut pas la paix car il se trouve en position de force. Tandis que les pressions de Trump le dérange grandement. Il ne lui reste alors qu’à tenter de briser la crédibilité de Zelensky par de nouveaux mensonges.


Moscou accuse Kiev d’une attaque de drones contre la résidence de Poutine

Le président russe Vladimir Poutine (Photo d’archives)

Photo : Getty Images / ALEXANDER NEMENOV / AFP

Agence France-Presse

Publié à 11 h 22 HNEMis à jour à 11 h 29 HNE

La Russie accuse l’Ukraine d’avoir lancé pendant la nuit 91 drones contre la résidence de Vladimir Poutine dans la région de Novgorod, prévenant que Moscou allait « réviser » sa position dans les négociations sur la résolution du conflit en Ukraine.

Dans la nuit, le régime de Kiev a lancé une attaque terroriste utilisant 91 drones contre la résidence d’État du président Vladimir Poutine, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov sur Telegram.

Il a évoqué la possibilité de représailles, affirmant que, si elle ne comptait pas se retirer du processus de négociations avec les États-Unis, la position de la Russie sera révisée.

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« Saper les efforts diplomatiques »

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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky dément ces attaques et dénonce de son côté un mensonge de Moscou.

Encore un mensonge de la Fédération de Russie, a déclaré le dirigeant ukrainien lors d’un échange virtuel avec des journalistes.

Il estime que Moscou prépare simplement le terrain pour mener des frappes, probablement sur la capitale et probablement sur des bâtiments gouvernementaux.

La Russie récidive, utilisant des déclarations dangereuses pour saper tous les résultats de nos efforts diplomatiques communs avec l’équipe du président Trump, a également déclaré le dirigeant ukrainien sur les réseaux sociaux.

Plus de détails suivront.

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En lien avec la nouvelle stratégie de sécurité nationale qui identifie l’Europe comme la plus grande menace aux USA (sans mentionner la Russie évidemment), le VP Vance affirme que les armes nucléaires britanniques et françaises l’inquiète, mais ne mentionne pas celles des Russes, Chinois ou Pakistanais.

https://www.eurasiareview.com/27122025-europes-destructive-moral-ideas-could-jeopardize-nuclear-powers-jd-vance-says/

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En parlant justement du Japon, un processus de réarmement du Japon était déjà en cours bien avant l’arrivée de la nouvelle première ministre japonaise Sanae Takaichi, mettant quasiment fin à 80 ans de pacifisme du Japon depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

Ce que le Dragon (la Chine) a fait pendant plusieurs années, en tentant d’annexer insidieusement des îles et territoires maritimes appartenant à ses voisins tels que le Vietnam, les Phillipines, la Malaysie, et le Brunei, et en tentant d’intimider ses voisins tels que Taïwan, a peut-être réveillé le Samurai (le Japon) qui dormait depuis plusieus décénnies. Si je me permets ce jeu de figures.

𝗟𝗘 𝗝𝗔𝗣𝗢𝗡 𝗠𝗘𝗧 𝗙𝗜𝗡 𝗔̀ 𝟴𝟬 𝗔𝗡𝗦 𝗗𝗘 𝗣𝗔𝗖𝗜𝗙𝗜𝗦𝗠𝗘

Suite à l’annonce, par la nouvelle Première ministre Sanae Takaichi, que le Japon réagirait militairement si la Chine envahissait Taïwan, et suite à la violente réaction de Pékin à cette déclaration, le gouvernement japonais vient de décider le plus grand réarmement militaire du pays depuis 1945.

Le budget de défense est soudain porté à un montant record de 58 Mds$ pour 2026.

Il comporte notamment les innovations suivantes :

▪️6,2 Mds$ pour les missiles de frappe « standoff » de moyenne portée

▪️1,13 Mds$ pour des missiles de croisière de portée suffisante pour frapper la Chine continentale (1000 km)

▪️0,64 Mds$ pour le « SHIELD », des essaims massifs de drones dans les airs, en mer et sous l’eau, mis en service d’ici 2028

▪️1 Md$ pour des avions de combat de nouvelle génération, conçus avec le Royaume-Uni et l’Italie.

Le budget militaire japonais va ainsi atteindre 2% du PIB en matière de défense dès le mois de mars 2026, en avance de 2 ans sur le programme.

Cela en fait le troisième plus grand budget militaire au monde après ceux des États-Unis et de la Chine.

Ces décisions vont évidemment envenimer gravement la situation en Extrême-Orient.

🇨🇳 CHINE – Après avoir décidé d’annuler des rencontres bilatérales avec le Japon, suspendu les vols de toutes les compagnies aériennes chinoises vers le Japon et invité ses ressortissants à ne plus aller faire du tourisme au Japon, Pékin vient ainsi d’appeler solennellement « toutes les nations pacifiques à contenir le renouveau militariste du Japon ».

🇰🇷CORÉE DU SUD – La Corée du Sud vient d’obtenir l’accord des États-Unis pour lui fournir des sous-marins à propulsion nucléaire

🇺🇸 ÉTATS-UNIS – Les États-Unis annoncent la fourniture d’armes à Taiwan pour un montant global de 11 Mds$, soit la plus grosse commande jamais enregistrée

Et Trump pousse par ailleurs le Japon à porter bien plus loin son réarmement, en fixant un objectif de 3,5% du PIB pour le budget militaire japonais, soit un quasi-doublement du montant pourtant déjà record présenté ci-dessus !

COMMENTAIRES

Les principaux alliés américains en Extrême-Orient abandonnent simultanément les contraintes qui avaient été posées par Washington à la fin de la Seconde guerre mondiale. Ils renforcent leurs capacités de frappe et se préparent à contrer une éventuelle offensive chinoise à Taïwan.

La dernière fois que le Pacifique a vu des accumulations militaires à cette échelle et à cette vitesse, c’était dans les années 1930. Avec les suites épouvantables que l’on sait.

C’est d’autant plus préoccupant que l’on constate exactement la même évolution en Europe.

Le réarmement massif et concomitant de l’Allemagne et du Japon rappelle hélas un très douloureux précédent historique.

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Kennedy Center Des concerts sont annulés après l’ajout du nom de Trump au bâtiment

PHOTO TYRONE SIU, ARCHIVES REUTERS

À Washington, le Kennedy Center a récemment été rebaptisé, et de plus en plus d’artistes décident d’annuler leurs concerts qui y étaient prévus.

De plus en plus d’artistes ont annulé leurs concerts prévus au Kennedy Center après l’ajout du nom du président Donald Trump au nom de l’établissement. Le supergroupe de jazz The Cookers s’est retiré d’un concert prévu pour le réveillon du Nouvel An, et le président de l’institution a déclaré que ces annulations trahissaient la réticence des artistes à voir leur musique traverser les disparités politiques.

Publié à 11 h 35
Meg Kinnard Associated Press

The Cookers, un supergroupe de jazz qui se produit ensemble depuis près de deux décennies, a annoncé son retrait du concert A Jazz New Year’s Eve sur son site web, affirmant que « la décision a été prise très rapidement » et reconnaissant la frustration pouvant être occasionnée à ceux qui avaient prévu d’y assister.

Le groupe n’a pas mentionné directement le changement de nom du bâtiment ou l’administration Trump, mais a déclaré que, lorsqu’il reprendrait ses concerts, il voulait s’assurer que « la salle puisse célébrer pleinement la musique et tous ceux qui y participent », réitérant son engagement à « jouer une musique qui transcende les divisions plutôt que de les accentuer ».

Le groupe n’a peut-être pas abordé directement la situation du Kennedy Center, mais l’un de ses membres l’a fait. Samedi, le saxophoniste Billy Harper a déclaré dans des commentaires publiés sur la page Facebook de Jazz Stage qu’il n’envisagerait « jamais de se produire dans une salle portant un nom [et contrôlée par le type d’administration] qui représente un racisme flagrant et une destruction délibérée de la musique et de la culture afro-américaines. La même musique à laquelle j’ai consacré ma vie à créer et faire progresser ».

Selon la Maison-Blanche, le conseil d’administration choisi par le président Trump a approuvé le changement de nom. M. Harper a déclaré que le conseil d’administration « ainsi que le nom affiché sur le bâtiment lui-même représentent une mentalité et des pratiques auxquelles je me suis toujours opposé. Et je continue de le faire, aujourd’hui plus que jamais. »

Richard Grenell, un allié de Trump que le président a choisi pour diriger le Kennedy Center après avoir fait quitter la direction précédente, a publié lundi soir sur X que les concerts annulés avaient été organisés « par la direction d’extrême gauche précédente ».

Dans une déclaration envoyée à l’Associated Press, M. Grenell a affirmé mardi que « ces annulations de dernière minute prouvent qu’ils n’ont jamais voulu se produire pour tout le monde, même ceux avec lesquels ils sont en désaccord sur le plan politique », ajoutant que le Kennedy Center avait été « submergé de demandes de véritables artistes désireux de se produire pour tout le monde et qui ne font pas de leur art une déclaration politique ».

Les responsables du Kennedy Center n’ont pas immédiatement indiqué s’ils allaient intenter une action en justice contre le groupe, comme l’avait annoncé M. Grenell après l’annulation du concert de Noël par le musicien Chuck Redd.

À la suite de ce retrait, dans lequel M. Redd a invoqué le changement de nom du Kennedy Center, M. Grenell a assuré qu’il demanderait 1 million de dommages et intérêts pour ce qu’il a qualifié de « coup politique ».

Le président John F. Kennedy a été assassiné en 1963, et le Congrès a adopté une loi l’année suivante pour nommer le centre en son honneur. Des universitaires ont déclaré que tout changement de nom du bâtiment nécessiterait l’approbation du Congrès ; la loi interdit explicitement au conseil d’administration de transformer le centre en mémorial dédié à une autre personne ou d’apposer le nom d’une autre personne sur la façade du bâtiment.

Les journalistes de l’Associated Press Steven Sloan et Hillel Italie ont contribué à cet article.

https://www.lapresse.ca/arts/2025-12-30/kennedy-center/des-concerts-sont-annules-apres-l-ajout-du-nom-de-trump-au-batiment.php

*Un texte d’une grande lucidité qui doit nous réveiller et nous imposer d’agir, afin de corriger cette dangereuse dérive qui menace d’emporter le monde dans un chaos indescriptible, qui autrement n’épargnera personne où que l’on soit sur cette Terre. *


2025 sur la scène internationale Ce que nous croyions inébranlable

PHOTO BASHAR TALEB, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Un jeune palestinien dans les décombres d’un bâtiment détruit de Jabalya, dans le nord de la bande de Gaza, le 10 décembre dernier

Laura-Julie Perreault La Presse

« Ben voyons donc, ça se peut pas ! »

Publié à 5 h 00

Si j’avais à choisir un surtitre pour l’année 2025 sur la scène internationale, il ressemblerait à ça.

Depuis le début de cette année, je vous imagine le dire à voix haute souvent en lisant les pages internationales de votre Presse+ du matin. Mais j’imagine aussi les lecteurs du New York Times, du Haaretz israélien, de L’Orient-Le Jour à Beyrouth ou du Jyllands-Posten au Danemark lancer à peu près l’équivalent en avalant de travers leur boisson matinale.

Hein ? Quoi ? Le président américain dit à répétition qu’il va acheter le Groenland, faire du Canada le 51e État et reprendre le contrôle du canal de Panamá ? Hein ? Quoi ? Donald Trump sabre 1 milliard de financement aux Nations unies ? Hein ? Quoi ? Il flatte Vladimir Poutine dans le sens du poil et humilie Volodymyr Zelensky ? Hein ? Quoi ? L’administration Trump sanctionne des procureurs et des juges de la Cour pénale internationale ? Hein ? Quoi ? La Maison-Blanche gracie l’ancien président hondurien condamné pour trafic de drogue, mais menace de renverser le président vénézuélien pour la même raison présumée ? Je pourrais continuer sur quatre pages tellement la liste de décrets surréalistes et d’énoncés improbables émanant de la Maison-Blanche est longue.

Et il n’y a pas que le président américain qui nous a sonné les cloches cette année. Hein ? Quoi ? Israël a bombardé la Syrie ? Le Liban ? L’Iran ? Le Yémen ? Hein ? Quoi ? L’État qui a été créé pour mettre les Juifs à l’abri après un terrible génocide est maintenant accusé d’en perpétrer un ?

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Hein ? Quoi ? Au Soudan, un deuxième génocide se profile au Darfour et est perpétré par les mêmes brutes qui ont commis le premier ?

Hein ? Quoi ? Le Japon qui a combattu l’arme nucléaire pendant 80 ans après les massacres d’Hiroshima et de Nagasaki n’écarte pas l’idée de s’en procurer ?

En 2025, tout a été mis au défi sur la scène internationale. D’abord la croyance que le monde avait réussi à se munir de règles et d’institutions qui l’empêcheraient de revivre une dérive comme celle que l’humanité a connue dans les années 1930, menant à l’immense guerre sur de multiples fronts qui a englouti plus de 70 millions de vies humaines en tout juste six ans.

Grâce aux abus de pouvoir de Vladimir Poutine et de Donald Trump, on sait dorénavant que les Nations unies sont surtout un grand forum de discussion dépourvu du pouvoir de faire appliquer les multiples résolutions qui sont adoptées dans son enceinte.

Dans l’année, on a aussi constaté que la plupart des pays démocratiques ne réagissent pas quand les tribunaux internationaux de La Haye sont attaqués de plein fouet par les États-Unis, qui aiment la Cour quand elle s’en prend à ses ennemis et la vilipende quand son regard se tourne vers ses alliés.

On a pu voir que peu viennent à la rescousse quand le robinet des fonds des grandes organisations humanitaires et de développement est fermé du jour au lendemain, laissant des millions d’êtres humains vulnérables en plan.

PHOTO OMAR AL-QATTAA, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Un jeune réfugié palestinien dans un camp de déplacés en périphérie de la ville de Gaza, le 11 décembre dernier

On a entendu le silence assourdissant de nos alliés de l’OTAN qui ne veulent pas dire s’ils soutiendraient le Canada militairement si notre voisin du Sud se tournait contre nous.

Derrière tout ça, une seule réalisation. Nous avons tenu pour acquis le sentiment de sécurité que nous conférait l’ordre mondial dont l’Occident a été le principal architecte. Nous étions tellement occupés à ajouter des étages supplémentaires à l’édifice qui nous renvoyait l’image de notre prospérité tranquille que nous avons oublié de faire inspecter les fondations.

Aujourd’hui, l’expert en sinistre appelé en urgence ne peut que soupirer devant la précarité de ce qui lui est présenté dans le sous-sol de la communauté internationale. Des termites d’indifférence à droite, des fourmis charpentières de cécité volontaire à gauche et beaucoup, beaucoup de bâtons de dynamite avec des mèches bien en vue.

Et c’est là que nous pouvons reprendre notre souffle. Parce qu’il est tard, mais pas trop tard. Parce que les mèches ne sont pas encore allumées. Et parce que nous avons dorénavant les yeux grands ouverts.

En 2025, nous aurons pris conscience de tout ce que nous tenions pour acquis à tort.

En 2026, nous aurons collectivement et individuellement la chance d’agir pour sauver ce qui nous tient à cœur. Et il y a amplement de champs d’action à nous partager. La solidarité mondiale, la justice internationale, la non-prolifération, les alliances diplomatiques, le multilatéralisme. Tous ces grands concepts qui ont longtemps paru ronflants sont dorénavant aussi concrets que fragiles.

En 2026, nous devrons remplacer les « ben voyons donc, ça se peut pas ! » par des « ça de plus à gérer ! ».

Sur mon radar en 2026

Les élections de mi-mandat aux États-Unis

PHOTO JULIA DEMAREE NIKHINSON, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Le Capitole à Washington, siège du Congrès américain

Il n’y a pas d’élections qui seront plus suivies que celles de mi-mandat, le 3 novembre 2026, aux États-Unis. Est-ce que les démocrates réussiront à reprendre le contrôle du Congrès après deux ans de domination républicaine pro-Trump ? Et surtout, quels obstacles leur mettra-t-on dans les pattes ? Si beaucoup s’inquiètent de la dérive autoritaire américaine, ce scrutin sera le test ultime. Autre élection importante : celle qui doit avoir lieu en Israël avant la fin d’octobre. Benyamin Nétanyahou, recherché pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, réussira-t-il à garder le pouvoir ?

Le sort de l’aide internationale

PHOTO KENT NISHIMURA, ARCHIVES REUTERS

Manifestation à Washington en février 2025 contre le démantèlement de USAID, l’agence d’aide internationale des États-Unis

En 2025, les principaux pays donateurs, dont les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et le Canada, ont tous annoncé des coupes majeures dans les sommes qu’ils allouent à l’aide humanitaire et à l’aide au développement. On parle de coupes de 9 à 18 % au moment où le monde fait face à des crises multiples. Rien pour améliorer les choses. Est-ce que les individus et les grandes fortunes compenseront la radinerie de leurs dirigeants ? Espérons-le.

Les après-« ententes de paix »

PHOTO GENYA SAVILOV, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

À Kyiv, en Ukraine, un couple s’enlace devant un immeuble de logements ciblé par une attaque de drones russes, le 29 novembre dernier.

Obsédé par l’obtention d’un prix Nobel de la paix, Donald Trump multiplie les négociations de paix. Le problème, c’est qu’il s’intéresse à la quantité et non à la qualité des accords de paix qu’il parraine. À Gaza, notamment, le cessez-le-feu que le président américain a décrit comme une « paix éternelle » n’a pas mis fin au calvaire des Gazaouis. Depuis le début de la trêve, 400 personnes ont été tuées dans l’enclave et les civils n’ont toujours pas accès à de l’aide humanitaire sans entrave. En Ukraine, le plan de paix soutenu par la Maison-Blanche est un cadeau pour la Russie. Au Congo, les rebelles du M23 continuent de faire des gains militaires malgré une soi-disant entente de paix signée le 5 décembre.

L’avenir de la justice internationale

PHOTO PETER DEJONG, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Le siège de la Cour pénale internationale, à La Haye aux Pays-Bas

L’administration Trump n’en finit plus de s’attaquer aux tribunaux internationaux et à ceux qui y travaillent, que ce soit des procureurs ou des juges. Elle leur impose des sanctions habituellement réservées à des criminels. Dans une dernière salve, mi-décembre, le président américain a menacé d’aggraver les sanctions si la Cour n’abandonne pas l’idée d’enquêter sur lui ! À ce jour, la réponse des pays qui soutiennent habituellement la Cour est ténue. Est-ce que quelqu’un se portera à sa défense en 2026 ?

La résistance, sous toutes ses formes

PHOTO QUETZALLI NICTE-HA, ARCHIVES REUTERS

Jeune manifestant contre la corruption et la violence au Mexique lors d’un rassemblement à Mexico le 14 décembre.

En 2025, la génération Z s’est illustrée en étant à la tête d’importants mouvements de protestation, du Népal jusqu’au Pérou en passant par la France et le Maroc. Cette déferlante poursuivra-t-elle sur sa lancée en 2026 ? Une chose est sûre, après une année d’hébétement devant les attaques contre la démocratie, la résistance risque d’épouser plusieurs formes.

https://www.lapresse.ca/international/chroniques/2025-12-31/2025-sur-la-scene-internationale/ce-que-nous-croyions-inebranlable.php

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Le travail de sape des institutions américaines se poursuit tout azimut.


Bureau de la protection des consommateurs Une juge bloque la tentative de la Maison-Blanche de supprimer le financement

https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/2025-12-30/bureau-de-la-protection-des-consommateurs/une-juge-bloque-la-tentative-de-la-maison-blanche-de-supprimer-le-financement.php

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Trump annonce retirer la Garde nationale de Chicago, de Portland et de Los Angeles

Donald Trump en compagnie de membres de la Garde nationale à Washington

Photo : Getty Images / Anna Moneymaker

Agence France-Presse

Publié à 18 h 30 HNE

Donald Trump a annoncé mercredi retirer la Garde nationale de Chicago, Portland et Los Angeles, après une série de revers judiciaires concernant la légalité du déploiement de cette unité de réserve de l’armée.

La criminalité a été considérablement réduite dans ces villes, a assuré le président américain sur son réseau Truth Social, en annonçant le retrait.

Nous reviendrons, peut-être sous une forme différente et plus forte, lorsque la criminalité recommencera à augmenter – ce n’est qu’une question de temps! a-t-il ajouté.

Ces dernières semaines, le déploiement des militaires de la Garde nationale avait été bloqué par la Cour suprême à Chicago et par des juges fédéraux à Los Angeles et à Portland.

Depuis plusieurs mois, Donald Trump a ordonné le déploiement de membres de la Garde nationale dans ces villes démocrates ainsi qu’à Memphis pour lutter contre la criminalité et afin d’appuyer la police de l’immigration.

Des manifestants brandissent une pancarte indiquant « La Garde nationale et ICE hors de Chicago » lors d’un rassemblement, le 1er septembre 2025 à Chicago. (Photo d’archives)

Photo : Getty Images / AFP / KAMIL KRZACZYNSKI

Ces déploiements de militaires, formés pour intervenir lors de catastrophes naturelles aux États-Unis, mais qui peuvent également combattre à l’étranger, ont été contestés en justice par ses opposants.

Les démocrates dénonçaient une manœuvre autoritaire outrepassant les limites du pouvoir présidentiel – la Garde nationale de chaque État est sous la double tutelle du président et du gouverneur local.

Il est difficile de croire que ces maires et gouverneurs démocrates, tous très incompétents, souhaitent notre départ, surtout compte tenu des progrès considérables qui ont été réalisés, a insisté Donald Trump mercredi.

Le 23 décembre, la Cour suprême a toutefois jugé que le gouvernement n’avait pas fourni de base légale justifiant son déploiement à Chicago, qui n’est autorisé en droit américain que dans des circonstances exceptionnelles.

Le Posse Comitatus Act, une loi de 1878, interdit d’utiliser des militaires pour mener des opérations de maintien de l’ordre.

Tactique d’intimidation illégale

À la mi-décembre, l’administration Trump avait annoncé le retrait d’une partie des soldats envoyés à Portland, à Los Angeles et à Chicago.

Toutefois, la Garde nationale conservait une présence résiduelle dans ces villes et le bras de fer judiciaire se poursuivait, notamment en Californie, où un juge a ordonné mi-décembre que le contrôle de la Garde nationale soit rendu au gouverneur démocrate, Gavin Newsom.

L’administration Trump avait fait appel, mais la récente décision de la Cour suprême semblait compliquer ses chances de gagner.

Mercredi matin, quelques heures avant le message présidentiel, elle a esquissé une première reculade, en renonçant à sa demande de conserver le contrôle de la Garde nationale pendant que l’appel suivait son cours.

Cette admission de Trump et des membres occultes de son Cabinet signifie que cette tactique d’intimidation illégale va enfin prendre fin, a déclaré le gouverneur Newsom, opposant virulent du président qui se positionne en possible adversaire pour l’élection de 2028.

Pendant six mois, les troupes de la Garde nationale de Californie ont été utilisées comme des pions politiques par un président qui veut devenir roi.

Une citation de Le procureur général de la Californie, Rob Bonta

Il y a une raison pour laquelle nos fondateurs ont décidé que les affaires militaires et civiles devaient être séparées; une raison pour laquelle notre armée est, par conception, apolitique, a-t-il ajouté, en se réjouissant des derniers développements judiciaires.

Bien que notre état de droit reste menacé, nos institutions démocratiques tiennent bon, a-t-il conclu.

À lire aussi :

Fausse nouvelle Trump confond un faucon avec une pygargue à tête blanche

PHOTO TIRÉE DU COMPTE TRUTH SOCIAL DE DONALD TRUMP

La pygargue et le faucon présentent des caractéristiques bien distinctes, permettant de les différencier facilement.

(Washington) Donald Trump a pris un faucon fauché par une éolienne pour l’aigle qui est l’emblème national des États-Unis, en partageant une photo mardi sur sa plateforme Truth Social dans le but de mettre en cause l’énergie éolienne, l’une de ses bêtes noires.

Publié à 14 h 07

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Agence France-Presse

Sur le cliché en question gît un rapace au pied d’éoliennes. « Les éoliennes tuent tous nos beaux aigles ! », s’émeut le président américain en légende.

Mais la photo a été prise il y a des années en Israël et ne montre pas une pygargue à tête blanche, oiseau symbole de l’Amérique.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Une pygargue à tête blanche

Selon une enquête de l’AFP, la photo a été publiée en 2017 par le journal israélien Haaretz, qui identifie un faucon et attribue le cliché au service israélien de gestion des parcs naturels. Des caractères hébreux sont par ailleurs visibles sur le tronc de l’éolienne.

La publication a été partagée sur X par un compte géré par la Maison-Blanche et par le ministère américain de l’Énergie, qui accuse les éoliennes d’enlaidir le paysage, de coûter cher et d’être une menace pour la biodiversité, notamment pour les oiseaux.

CAPTURE D’ÉCRAN TRUTH SOCIAL

La publication du président américain montrant une fausse nouvelle concernant les éoliennes.

Plusieurs élus, démocrates et républicains, ont critiqué le partage de la photo, dont le gouverneur de Californie, Gavin Newsom. « Don l’endormi ne sait-il pas reconnaître l’emblème de l’Amérique ? », s’est interrogé le démocrate sur les réseaux sociaux.

L’aigle est représenté sur les timbres, la monnaie, ou encore les insignes militaires américains.

Il est reconnaissable à sa tête blanche et à sa grande taille, et est une espèce commune en Amérique du Nord. L’oiseau partagé par Donald Trump est plus petit et de couleur foncée.

Chaque année aux États-Unis, des centaines de milliers d’oiseaux meurent à cause des éoliennes, selon le Massachusetts Institute of Techonology. L’université a toutefois précisé en 2023 que ces décès « ne représentent qu’une infime partie des oiseaux tués par d’autres causes, comme des collisions avec des bâtiments, ou les attaques de chat domestiques ».

https://www.lapresse.ca/actualites/insolite/2025-12-31/fausse-nouvelle/trump-confond-un-faucon-avec-une-pygargue-a-tete-blanche.php

Zohran Mamdani, grand rival de Trump, officiellement maire de New York

La procureure démocrate de l’État de New York, Letitia James, le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, et son épouse, Rama Duwaji.

Photo : Getty Images / AFP

Radio-Canada

Publié à 1 h 06 HNE

Le démocrate Zohran Mamdani, élu en novembre dernier sur un programme de gauche et une opposition frontale à Donald Trump, est devenu officiellement jeudi maire de New York, où de nombreux défis l’attendent.

Lors d’une brève cérémonie organisée dans une station de métro historique de Manhattan, l’élu de 34 ans a prêté serment devant Letitia James, procureure démocrate de l’État de New York et ennemie personnelle du président américain, qu’elle a fait condamner pour fraudes en 2024.

Premier maire musulman de la ville, il a juré sur un exemplaire du Coran tenu par sa femme, l’artiste Rama Duwaji, une édition ayant appartenu à une figure intellectuelle de Harlem, Arturo Schomburg, écrivain et historien pionnier de l’histoire des Noirs américains, mort en 1938.

C’est véritablement l’honneur et le privilège d’une vie.

Une citation de Le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani

Très soucieux de symboles, Zohran Madmani a justifié le choix d’une station prestigieuse et désaffectée — Old City, aux voûtes élégantes et verrières colorées datant de 1904 — par le fait qu’elle incarnait à ses yeux une ville qui osait être à la fois belle et capable de transformer la vie des classes laborieuses.

Il a été intronisé peu après minuit, au moment où des milliers de personnes célébraient le passage à la nouvelle année sur Times Square.

Plusieurs milliers de New Yorkais ont accueilli la nouvelle année à Times Square.

Photo : Getty Images / AFP / Adam Gray

Cette cérémonie d’investiture en petit comité sera suivie d’une autre jeudi à la mi-journée à l’hôtel de ville, présidée par deux champions de la gauche américaine, le sénateur Bernie Sanders et la représentante Alexandria Ocasio-Cortez.

Zohran Mamdani et les vedettes de la gauche Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez lors d’un rassemblement au stade Forest Hills, dans Queens, le 26 octobre 2025.

Photo : Getty Images / Andres Kudacki

Des dizaines de milliers de personnes sont attendues à cette occasion pour une grande fête de quartier, avec retransmissions sur écrans géants, musiques et performances le long de Broadway.

Élu sur un programme d’opposition franche au président américain, notamment sur l’économie et l’immigration, Zohran Mamdani s’est depuis lors rendu à la Maison-Blanche pour un échange étonnamment chaleureux entre les deux hommes, qui ont fait assaut d’amabilités.

Lutte contre la vie chère

Pas sûr que Donald Trump ait toutefois définitivement remisé ses menaces, faites pendant la campagne, d’envoyer la Garde nationale à New York ou de couper les subventions fédérales à la ville.

Si demain Stephen Miller (proche conseiller de Donald Trump) ou JD Vance (…) suggèrent au président d’envoyer plus de policiers de l’immigration à New York, il le fera, estime auprès de l’AFP Lincoln Mitchell, professeur de sciences politiques à l’université Columbia.

En outre, les électeurs du nouveau maire attendent réellement que ce dernier s’oppose fermement à la Maison-Blanche.

Jeune élu local de l’arrondissement du Queens sans longue expérience politique, Zohran Mamdani aura fort à faire pour mettre en œuvre ses promesses de campagne, qui ont suscité une grande attente dans la population.

À quelques mois d’élections importantes au Congrès, ses réussites et échecs seront également scrutés à la loupe par le camp démocrate, qui cherche encore souvent l’inspiration pour s’opposer à Donald Trump.

Membre de la petite formation des Socialistes démocrates d’Amérique (DSA), le natif d’Ouganda naturalisé américain en 2018 a bâti l’essentiel de son programme sur le coût de la vie, devenu prohibitif pour une partie des 8,5 millions d’habitants de New York, notamment le logement.

Son prédécesseur, Eric Adams, dont le bilan a été entaché par des accusations de corruption, s’est employé à en compliquer une mesure phare, le gel des loyers de plus d’un million d’appartements, en nommant ou renommant plusieurs proches au comité chargé d’en décider.

Les modalités des autres promesses de Zohran Mamdani, comme la construction de 200 000 logements abordables, la garde d’enfants accessible à tous, les supermarchés publics à bas prix et la gratuité des bus, ne sont pas encore connues. Mais il devra sans tarder faire des annonces pour les lancer.

Soutien de longue date de la cause palestinienne, extrêmement critique sur la politique d’Israël, l’élu se sait enfin étroitement surveillé sur la question de la défense de la communauté juive, sur fond de montée de l’antisémitisme à New York comme ailleurs aux États-Unis.

Depuis son élection, une de ses recrues a démissionné après la révélation de tweets antisémites qu’elle avait postés dans sa jeunesse.

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Visages de la résistance Quand le clergé monte au front aux États-Unis

PHOTO JIM VONDRUSKA, ARCHIVES REUTERS

Cette photo du révérend Michael Woolf a fait le tour des États-Unis. Le pasteur baptiste est arrêté par la police alors qu’il manifeste devant un centre de détention de la police migratoire (ICE), près de Chicago, le 14 novembre dernier.

[
Laura-Julie Perreault
Laura-Julie Perreault La Presse

](https://www.lapresse.ca/auteurs/laura-julie-perreault)

La Presse lance l’année avec une série de portraits de femmes et d’hommes qui se battent pour le respect des libertés civiles.

Publié à 6 h 00

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La scène de la Nativité de l’église de la rue Lake à Evanston, en Illinois, n’a rien de banal. Le bébé Jésus, dans sa mangeoire, a les poings liés par des attaches de plastique (tie wraps).

Son père, Joseph, porte un masque à gaz. Derrière eux, trois centurions romains arborent des vestes de l’ICE, la police de l’immigration américaine.

Et Marie ? Où est Marie ? « Marie a été battue et emmenée par les autorités sous les yeux de son fils. Pendant qu’elle est en détention, on pourrait lui refuser de la nourriture, des produits hygiéniques, de l’attention médicale, un lit et même assez de place pour qu’elle puisse se coucher sur le sol », peut-on lire sur une pancarte affichée devant cette crèche nouveau genre. Cette explication fait référence aux conditions de détention réservées aux migrants dans un centre de l’ICE à Broadview, situé à 50 minutes de l’église d’Evanston.

PHOTO FOURNIE PAR MICHAEL WOOLF

La scène de la Nativité de l’église de la rue Lake à Evanston a beaucoup fait jaser. Elle met en scène un bébé Jésus migrant, les points liés par des attaches de plastique, et des agents de la police migratoire habillés en centurions romains.

« C’est une œuvre en devenir », dit en riant Michael Woolf, le pasteur de cette église baptiste de la banlieue de Chicago. Depuis qu’elle est devant son église, l’installation, qui dénonce la campagne d’expulsions de migrants de l’administration Trump, a été vandalisée à plusieurs reprises. La dernière fois, la Vierge a tout simplement disparu. L’affiche explicative a suivi.

Sur son compte X, le département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS) a dénoncé la crèche, s’en prenant directement au révérend Woolf. « Non seulement cette scène offense les chrétiens, mais elle dépeint quelque chose qui – malgré ce que dit le révérend Woolf – n’est jamais arrivé », écrit la sous-secrétaire du DHS, Tricia McLaughlin.

Pourtant, la seule élue américaine qui a pu se rendre à Broadview le mois dernier, Lauren Underwood, a corroboré les descriptions d’anciens détenus qui se sont vus privés de tout. Un juge, saisi de la question, a aussi conclu que les conditions de détention ne respectaient pas la loi.

« Ce n’est pas compliqué. Broadview, c’est un camp de concentration où l’on pratique la torture », lance le révérend Woolf lors d’une entrevue sur WhatsApp.

Ces jours-ci, le pasteur baptiste est aussi connu que Barabbas dans la Passion à travers les États-Unis. Une photo de lui, prise par un photographe de Reuters le 14 novembre, a fait de Michael Woolf un des principaux visages de la résistance à l’administration Trump. Lors d’une manifestation à laquelle il prenait part à Broadview, on le voit se faire coller au sol par un policier alors qu’il porte une soutane et une croix autour du cou. Il regarde la caméra avec défiance.

Arrêté, Michael Woolf a été détenu pendant sept heures avant d’être remis en liberté.

PHOTO ERIN HOOLEY, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Le révérend Michael Woolf

Je n’avais jamais été assujetti à une telle violence, c’était traumatisant. Dans une situation comme celle-là, on ne sait jamais comment on va réagir. Moi, je me suis découvert un courage que je ne me connaissais pas.

Michael Woolf, pasteur baptiste

Un autre pasteur, David Black, a pour sa part reçu sept balles de poivre alors qu’il priait devant le même centre de détention. Il poursuit le président Trump et son administration pour les mauvais traitements et la violation de son droit d’expression. En tout, note Michael Woolf, quelque 250 pasteurs américains montent au créneau contre l’inhumanité et la cruauté des actuelles politiques d’immigration.

Dans une ère politique où la morale semble avoir perdu sa boussole aux États-Unis, Michael Woolf est convaincu que les membres du clergé ont un rôle central à jouer. « Les leaders religieux ont un rôle non duplicable dans la société. Nous pouvons faire la distinction entre ce qui est légal et ce qui est bien », note le pasteur baptiste. Il ne se gêne pas pour parler du fascisme grandissant de l’administration Trump, qui, selon lui, est comparable au fascisme des années 1930 en Europe.

Son opposition au centre de détention de migrants est loin d’être la première cause qu’il porte. Originaire de l’Alabama, élevé dans un milieu « baptiste fondamentaliste », selon sa propre description, il a vite dérangé dans son milieu avec ses questions pointues et son désir de protéger la communauté LGBTQ+.

C’est en déménageant au Massachusetts, notamment pour obtenir un doctorat en théologie à la Harvard Divinity School, qu’il a fait la rencontre de son clan, les « baptistes américains », qui, comme Martin Luther King fils, se battent pour la justice sociale.

À l’époque, il s’est intéressé au mouvement des églises sanctuaires qui hébergent des immigrants non documentés.

Aujourd’hui, il est lui-même à la tête d’une de ces églises. Il combat l’homophobie, l’islamophobie et croit au besoin de réparation envers la communauté afro-américaine. Il prend aussi position pour Gaza, qualifiant de génocide la réplique israélienne aux attentats du 7-Octobre. En 2023, il a remporté le prix Dahlberg pour la paix et la justice, une des plus grandes récompenses accordées par son Église.

Son travail contestataire ne lui attire pas que des accolades. « J’ai reçu plusieurs menaces de mort », dit-il, mais ça ne le freine en rien.

Il compte continuer de dénoncer les politiques migratoires du gouvernement américain, affirmant qu’il a aussi été très critique des actions de Barack Obama et de Joe Biden, et il entend se rendre tous les mois devant le centre de détention de Broadview. Et ce, même si la pression que lui et ses pairs ont exercée a poussé les autorités à vider l’endroit. « Tout ça pourrait reprendre au printemps », dit-il.

Il espère convaincre plus de croyants de s’impliquer. De défier la peur qui sévit à travers le pays. D’être leur propre sauveur. « Être silencieux, être complice, c’est vraiment plus effrayant que ce que les autorités peuvent faire contre nous. »

https://www.lapresse.ca/international/chroniques/2026-01-02/visages-de-la-resistance/quand-le-clerge-monte-au-front-aux-etats-unis.php

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Plan de paix pour l’Ukraine Pourquoi une centrale nucléaire est-elle un point de discorde ?

PHOTO DAVID GUTTENFELDER, ARCHIVES NEW YORK TIMES

Centrale nucléaire de Zaporijjia, vue depuis la rive du Dniepr, en Ukraine, en août dernier

Le président Volodymyr Zelensky a déclaré que l’Ukraine et les États-Unis étaient parvenus à s’entendre sur 90 % de l’accord pour mettre fin à la guerre avec la Russie. Les 10 % restants, qui font encore l’objet d’un différend, concernent le contrôle de la plus grande centrale nucléaire d’Europe.

Publié à 0 h 00

Constant Méheut The New York Times

Pourquoi la centrale est-elle un atout stratégique ?

Située dans la région de Zaporijjia, dans le sud de l’Ukraine, cette centrale est sous occupation militaire russe depuis le début de la guerre. Ses six réacteurs sont à l’arrêt, et les experts nucléaires estiment qu’il est trop dangereux de redémarrer la production d’électricité tant que les combats se poursuivent.

La Russie et l’Ukraine souhaitent toutes deux redémarrer la centrale après la guerre et en contrôler les opérations. Elles la considèrent comme un atout énergétique vital en raison de son énorme capacité de production – 6 gigawatts, soit suffisamment pour alimenter un pays de taille moyenne comme le Portugal.

Les États-Unis ont également manifesté leur intérêt, voyant dans cette installation une occasion de favoriser les intérêts économiques américains dans le cadre d’un accord de paix. Selon M. Zelensky, les négociateurs américains ont proposé que les États-Unis, la Russie et l’Ukraine exploitent conjointement la centrale, une idée à laquelle Kyiv s’oppose.

Quelle est la situation actuelle de la centrale ?

La saisie de la centrale par la Russie au début de la guerre a été largement condamnée par la communauté internationale. Elle se trouve en première ligne à Zaporijjia, une situation précaire qui fait craindre une catastrophe nucléaire.

Les combats à proximité ont à plusieurs reprises provoqué des coupures du courant à haute tension qui alimente la centrale à l’arrêt, et qui est nécessaire au fonctionnement des systèmes de refroidissement empêchant la fusion du combustible nucléaire.

PHOTO TYLER HICKS, ARCHIVES NEW YORK TIMES

Brigade d’artillerie ukrainienne tirant sur des cibles russes dans la région de Zaporijjia, en octobre dernier

Pendant ces périodes, le site a dû compter sur des générateurs diesel de secours pour refroidir les réacteurs. Des cessez-le-feu localisés limités, dont un cette semaine, ont été organisés pour permettre aux équipes de réparer les lignes électriques et de reconnecter l’usine.

En 2023, une explosion dans un barrage a asséché la principale source d’eau de refroidissement de la centrale, la contraignant à recourir à un bassin de refroidissement plus petit et à des puits, ce qui a accru les craintes d’une fusion du cœur du réacteur.

Pourquoi cette centrale est-elle si importante pour la Russie, l’Ukraine et les États-Unis ?

La Russie a clairement indiqué qu’elle ne renoncerait pas au contrôle de la centrale. Elle a officiellement annexé la région de Zaporijjia, bien qu’elle ne la contrôle pas entièrement.

Moscou a présenté des plans visant à redémarrer les réacteurs et à alimenter son propre réseau électrique. Selon les experts en énergie, la centrale pourrait être utilisée pour fournir de l’énergie à certaines parties du sud et de l’est de l’Ukraine sous occupation russe. L’année dernière, un rapport de Greenpeace a révélé que la Russie construisait des lignes électriques dans le sud de l’Ukraine occupé afin de relier la centrale à son propre réseau.

Pour l’Ukraine, reprendre le contrôle de la centrale ne consiste pas seulement à annuler une saisie illégale. Il s’agit d’un élément central pour l’indépendance énergétique du pays après la guerre. Avant la guerre, la centrale fournissait l’électricité nécessaire pour subvenir à environ un quart des besoins du pays. Selon les experts en énergie, sa capacité de production serait essentielle pour alimenter les efforts de reconstruction.

Les discussions sur l’implication des États-Unis dans la centrale ont émergé au début de l’année dernière, alors que Kyiv et Washington négociaient une entente accordant aux États-Unis un accès préférentiel à l’extraction minière en Ukraine. Les responsables ukrainiens ont déclaré à leurs homologues américains que le traitement des minéraux nécessiterait une énorme quantité d’énergie et ne serait viable que si la centrale de Zaporijjia revenait sous contrôle ukrainien.

Qui contrôlerait la centrale dans le cadre des propositions de paix actuelles ?

Une première version du plan, qui a été élaboré en novembre par la Russie et les États-Unis, suggérait initialement de redémarrer la centrale sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’organisme de surveillance nucléaire des Nations unies, la production d’électricité étant partagée entre la Russie et l’Ukraine.

La dernière proposition américaine prévoit maintenant que la centrale soit exploitée conjointement par les États-Unis, la Russie et l’Ukraine, « les Américains agissant en tant que gestionnaires principaux », a déclaré M. Zelensky aux journalistes la semaine dernière.

Il a rejeté cette idée. « Comment peut-il y avoir une activité commerciale commune avec les Russes après tout ce qui s’est passé ? », a demandé M. Zelensky.

Au lieu de cela, l’Ukraine a proposé d’exploiter la centrale dans le cadre d’une coentreprise avec les États-Unis : « 50 % de l’électricité produite serait destinée à l’Ukraine, et les États-Unis détermineraient de manière indépendante l’affectation des 50 % restants », a affirmé M. Zelensky.

Par cette déclaration, le président ukrainien a laissé entendre que la part américaine pourrait être entièrement ou partiellement redirigée vers la Russie. Moscou, cependant, est peu susceptible de renoncer complètement au contrôle de l’installation.

Cet article a été publié dans le New York Times.

Lisez la version originale (en anglais ; abonnement requis)

https://www.lapresse.ca/international/europe/2026-01-03/plan-de-paix-pour-l-ukraine/pourquoi-une-centrale-nucleaire-est-elle-un-point-de-discorde.php

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Les États-Unis ont attaqué le Venezuela et capturé son président, Nicolas Maduro

Le président américain en a fait l’annonce sur son réseau social.

Publiée à 5 h 38 HNEMise à jour à 6 h 28 HNE

De la fumée s’élève à l’aéroport La Carlota après des explosions et le passage d’avions volant à basse altitude à Caracas, au Venezuela, samedi 3 janvier 2026.

Photo : Associated Press / Matias Delacroix

Faits saillants

  • Le président Trump a annoncé sur Truth Social la capture et l’exfiltration de Nicolas Maduro et de sa femme.

Le président Trump a annoncé sur Truth Social la capture et l’exfiltration de Nicolas Maduro et de sa femme.

  • Il a confirmé du même coup que les États-Unis sont derrière les attaques qui ont secoué la capitale dans la nuit de vendredi à samedi.

Il a confirmé du même coup que les États-Unis sont derrière les attaques qui ont secoué la capitale dans la nuit de vendredi à samedi.

  • La vice-président du Vénézuela demande que les États-Unis fournissent des preuves que Nicolas Maduro est bien vivant.

La vice-président du Vénézuela demande que les États-Unis fournissent des preuves que Nicolas Maduro est bien vivant.

  • Les forces vénézuéliennes affirment que les frappes américaines ont touché des zones résidentielles, mais elles n’ont fourni aucun bilan pour l’instant.

Les forces vénézuéliennes affirment que les frappes américaines ont touché des zones résidentielles, mais elles n’ont fourni aucun bilan pour l’instant.

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  • Publié à 6 h 28 HNE.

Aujourd’hui6 h 28

La VP du Venezuela ignore où se trouve Maduro et maintient ses « ordres » à l’armée

La vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodriguez a affirmé samedi matin qu’elle ignorait où se trouvait le président Nicolas Maduro, soulignant toutefois que ses ordres à l’armée restaient en vigueur.

Face à cette attaque brutale, nous ignorons où se trouvent le président Nicolas Maduro et la Première dame, Cilia Flores. Nous exigeons du gouvernement du président Donald Trump une preuve de vie, a-t-elle déclaré lors d’une conversation téléphonique à la télévision publique.

La vice-présidente a toutefois affirmé que M. Maduro a donné des ordres très clairs à la Force armée nationale bolivarienne afin […] que tous les plans de défense intégrale de la nation soient activés […] Les instructions du président Maduro ont été données.

Un peu plus tôt, le ministre vénézuélien de la Défense, le général Vladimir Padrino Lopez, avait annoncé le déploiement massif de tous les moyens terrestres, aériens, navals, fluviaux et balistiques, système d’armes pour la défense intégrale.

Il a en outre accusé, dans un discours enregistré sur les réseaux sociaux, l’armée américaine d’avoir frappé des zones résidentielles.

Les forces envahisseuses […] ont profané notre sol […] allant jusqu’à frapper, au moyen de missiles et de roquettes tirés depuis leurs hélicoptères de combat, des zones résidentielles de population civile, a-t-il dit, indiquant être de train de recueillir les informations relatives aux blessés et aux morts.

Avec les informations de l’Agence France-Presse

  • Publié à 6 h 22 HNE.

Aujourd’hui6 h 22

La Russie juge l’attaque américaine « profondément inquiétante et condamnable »

Le Venezuela est l’allié principal de la Russie en Amérique du Sud, Moscou ne poussant pas pour autant la condamnation jusqu’à l’offre d’assistance. Ce matin, les États-Unis ont commis un acte d’agression armée contre le Venezuela. Ceci est profondément inquiétant et condamnable, a dénoncé le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les prétextes utilisés pour justifier de telles actions sont intenables, a ajouté le ministère, regrettant que l’hostilité idéologique ait triomphé du pragmatisme d’usage. Le communiqué ne mentionne pas directement Nicolas Maduro, qui aurait été capturé par les forces américaines, selon une déclaration samedi du président des États-Unis, Donald Trump. Nous réaffirmons notre solidarité avec le peuple vénézuélien, indique le communiqué russe, qui précise également que Moscou soutient la demande de Caracas d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU.

Avec les informations de l’Agence France-Presse

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  • Publié à 6 h 17 HNE.

Aujourd’hui6 h 17

Caracas demande une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU

Une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU

Photo : Getty Images / BRYAN R. SMITH

Le Venezuela a demandé samedi une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies après l’attaque militaire des États-Unis, qui assurent avoir capturé le président Nicolas Maduro.

Face à l’agression criminelle commise par le gouvernement des États-Unis contre la Patrie, nous avons demandé une réunion urgente du Conseil de sécurité des Nations unies, chargé de faire respecter le droit international, a déclaré sur la messagerie Telegram le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Yvan Gil.

Avec les informations de l’Agence France-Presse

  • Publié à 5 h 56 HNE.

Aujourd’hui5 h 56

Madrid se propose comme médiateur pour parvenir à « une solution pacifique »

Le gouvernement espagnol a proposé samedi de jouer les intermédiaires dans la crise entre le Venezuela et les États-Unis, après les attaques aériennes américaines et l’annonce par le président Donald Trump de la capture de son homologue vénézuélien Nicolas Maduro.

L’Espagne appelle à la désescalade et à la modération et à agir toujours dans le respect du droit international, a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué, se disant à cet égard […] disposé à offrir ses bons offices pour parvenir à une solution pacifique et négociée à la crise actuelle.

L’Espagne n’avait pas reconnu les résultats des élections du 28 juillet 2024, officiellement remportées par Nicolas Maduro, mais contestées par l’opposition, dont le candidat Edmundo Gonzalez Urrutia avait fui le Venezuela pour Madrid après le scrutin.

L’Espagne a accueilli, et continuera d’accueillir, des dizaines de milliers de Vénézuéliens contraints de quitter leur pays pour des raisons politiques, et […] est disposée à aider à la recherche d’une solution démocratique, négociée et pacifique pour le pays , poursuit le ministère.

Lors des élections de juillet 2024, Nicolas Maduro avait été proclamé vainqueur de la présidentielle par le Conseil national électoral – considéré aux ordres du pouvoir – qui n’avait pas publié le décompte exact des bureaux de vote, arguant d’un piratage informatique.

L’opposition vénézuélienne avait dénoncé une fraude électorale visant son candidat, Edmundo Gonzalez Urrutia, qui s’était présenté au pied levé pour remplacer la cheffe de l’opposition, Maria Corina Machado, déclarée inéligible.

Quelques semaines plus tard, Edmundo Gonzalez Urrutia avait fui le Venezuela à bord d’un avion militaire espagnol, après s’être réfugié à l’ambassade d’Espagne à Caracas.

Il avait trouvé refuge en Espagne où il a obtenu l’asile, tandis que Maria Corina Machado, qui a récemment reçu le prix Nobel de la paix et est parvenue à venir le chercher à Stockholm dans des conditions rocambolesques, vit dans la clandestinité au Venezuela depuis le scrutin.

Une grande partie de la communauté internationale ne reconnaît pas le résultat de la présidentielle qui a permis à Nicolas Maduro d’enchaîner un troisième mandat de six ans.

Avec les informations de l’Agence France-Presse

Publié à 5 h 51 HNE.

Aujourd’hui5 h 51

La Colombie déploie des militaires à sa frontière avec le Venezuela

Le président colombien, Gustavo Petro

Photo : Getty Images / Alexi J. Rosenfeld

Le président colombien, Gustavo Petro, a annoncé samedi avoir ordonné le déploiement de militaires à la frontière avec le Venezuela, après les attaques aériennes menées par les Etats-Unis sur son voisin.

S’il a toujours proposé le dialogue, le président de gauche a indiqué sur X avoir ordonné le déploiement de la force publique à la frontière avec le Venezuela, où opèrent divers groupes armés illégaux financés par le narcotrafic. M. Petro n’a pas mentionné l’arrestation et l’exfiltration de son homologue vénézuélien Nicolas Maduro, qu’il avait toujours défendu face au président américain Donald Trump

Le président colombien, Gustavo Petro, a annoncé samedi avoir ordonné le déploiement de militaires à la frontière avec le Venezuela, après les attaques aériennes menées par les Etats-Unis sur son voisin.

S’il a toujours proposé le dialogue, le président de gauche a indiqué sur X avoir ordonné le déploiement de la force publique à la frontière avec le Venezuela, où opèrent divers groupes armés illégaux financés par le narcotrafic.

Il a qualifié ces bombardements d’agression contre la souveraineté de l’Amérique latine et affirmé qu’elles entraîneraient une crise humanitaire. Plus tôt, il avait demandé une réunion immédiate de l’Organisation des États américains (OEA) et de l’ONU pour se prononcer sur la légalité internationale de cette agression contre le pays voisin.

La Colombie dispose cette année d’un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies.

Le président de gauche a été l’un des plus virulents critiques du déploiement militaire ordonné par M. Trump dans les Caraïbes ces derniers mois, censé s’attaquer au narcotrafic.

Avec les informations de l’Agence France-Presse

  • Publié à 5 h 43 HNE.

Aujourd’hui5 h 43

La vice-présidente du Venezula, Delcy Rodriguez, a demandé aux États-Unis une preuve de vie du président Maduro et de la première dame du pays.

  • Publié à 5 h 41 HNE.

Aujourd’hui5 h 41

Une « nouvelle ère » pour le Venezuela, lance le numéro 2 du Département d’État américain

Le numéro deux du Département d’État américain a déclaré samedi que le Venezuela connaissait une nouvelle ère après l’annonce du président Donald Trump de la capture par les forces américaines du président vénézuélien, Nicolas Maduro.

Une nouvelle ère pour le Venezuela ! Le tyran est parti. Il va désormais - enfin - répondre de ses crimes devant la justice, a écrit l’adjoint au secrétaire d’État, Christopher Landau, sur son compte X.

Avec les informations de l’Agence France-Presse

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  • Publié à 5 h 38 HNE.

Aujourd’hui5 h 38

Bonjour et bienvenue à cette couverture en direct des frappes américaines sur les Venezuela et de leurs répercussions.

https://www.lapresse.ca/international/2026-01-03/washington-attaque-le-venezuela-et-capture-le-president-maduro.php

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J’ai bien aimé mes 2 jours de 2026 sans évènement international majeur. :sunglasses:

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Ça va être long 2026…

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Malheureusement avec un président américain déchainé et de moins en moins contrôlé par le Congrès, il semble que plus personne ne soit en sécurité dans le monde. Je ne souhaite pas dramatiser davantage la situation actuelle, mais en tant que voisin immédiat des USA, le Canada devra resserrer les rangs et démontrer son unité nationale, pour éviter d’attirer l’attention de Trump pour nos richesses naturelles et d’être victime d’un coup d’État du genre de celui qui se produit actuellement au Venezuela.

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Si on ne respecte plus le droit international, nous serons condamnés au chaos mondial, comme du temps des dernières grandes guerres, car plus rien ne retiendra les assaillants potentiels, ni personne pour défendre les droits des victimes, où le sens moral perd tout son sens en faisant reculer l’humanité des siècles en arrière.


« Les États-Unis se rabaissent au rang de voyous », selon un expert en droit international

L’opération militaire menée par les États-Unis au Venezuela et l’enlèvement du président Nicolas Maduro et de son épouse, en pleine nuit, ne reposent sur aucune base juridique, assurent à Radio-Canada deux avocats spécialisés.

Philippe Larochelle, qui exerce le droit pénal international depuis plus de 25 ans, a du mal à mâcher ses mots. Il accuse les États-Unis de se rabaisser au rang de voyous, faisant fi de l’ordre planétaire pour satisfaire leurs propres intérêts.

Suite

Les États-Unis sont en train de démolir le droit international par leurs actions totalement ignobles et inacceptables.

Une citation de Me Philippe Larochelle, avocat spécialisé en droit international

L’enlèvement de Nicolas Maduro et la violation de la souveraineté du Venezuela comme cela a été fait, sans l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU, sont un crime qui n’a aucune assise légale, a encore indiqué au téléphone Me Larochelle, qui a notamment plaidé devant des juridictions internationales telles que le Tribunal pénal international pour le Rwanda, le Tribunal spécial pour le Liban, ou encore la Cour pénale internationale.

Il rappelle que l’ancien dirigeant serbe Slobodan Milosevic a, par exemple, été arrêté et extradé vers La Haye après avoir été inculpé à plusieurs reprises par le Tribunal international pour l’ex-Yougoslavie, qui avait été mis en place par les États membres du Conseil de sécurité (France, Royaume-Uni, Chine, Russie et États-Unis).

Son procès, pour des crimes commis au Kosovo, en Bosnie et en Croatie, avait commencé en 2002, mais il est décédé en 2006 avant que le verdict ne soit rendu.

La capture de M. Maduro fait également penser à celle de l’ancien dictateur du Panama, Manuel Noriega, il y a 37 ans, à la suite d’une invasion américaine ordonnée par l’ex-président George Bush père.

Un temps réfugié à la nonciature catholique, Noriega finit par se livrer aux Américains en janvier 1990. Il passe le restant de ses jours en détention entre les États-Unis, la France et le Panama pour des crimes associant meurtre, trafic de drogue, blanchiment d’argent et extorsion de fonds.

Nicolas Maduro, quant à lui, est accusé de narco-terrorisme et de complot pour importation de cocaïne aux États-Unis. En 2020, le couple Maduro avait d’ailleurs été inculpé devant un tribunal fédéral de New York pour ces mêmes chefs d’accusation.

C’est pour cela que l’État de New York a été choisi pour qu’il y soient jugés, explique Me Olivier Piton, avocat spécialisé en droit américain. L’enquête avait commencé en 2011 mais c’est Donald Trump, en 2020, avant la fin de son premier mandat, qui a demandé au département de la Justice d’entamer les premières poursuites contre Maduro et son épouse, dit-il.

Selon lui, s’il sont jugés coupables par la cour fédérale américaine, Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores, risquent une peine de plusieurs dizaines d’années en prison.

« Ça ne se fait pas par enlèvement »

Me Larochelle met en doute la légitimité d’un tel procès en raison de la façon avec laquelle Nicolas Maduro a été extradé aux États-Unis. Il y a tout un exercice juridique quand on veut transférer des gens d’un pays à un autre pour qu’ils répondent de leurs actes criminels. Ça ne se fait pas par enlèvement, dit-il.

Est-ce que c’est un vrai procès qu’on veut faire ou est-ce un procès politique? demande-t-il encore, soulignant les intérêts économiques des États-Unis au Venezuela, qui détient les plus grandes réserves de pétrole au monde.

Le président Donald Trump a déjà annoncé que les États-Unis comptent diriger le Venezuela le temps de mettre en place un gouvernement de transition pour prendre la relève du régime Maduro. Il a également affirmé que les compagnies pétrolières américaines pourraient désormais exploiter les réserves de brut dans le pays.

C’est du grand n’importe quoi, ce n’est pas ça le droit international, s’insurge Me Larochelle.

L’action unilatérale des États-Unis au Venezuela c’est comme la Russie qui envahit l’Ukraine. C’est pareil. […] Qu’est-ce qui retient maintenant la Chine d’envahir Taïwan par exemple? Le vernis de droit international qu’on pensait exister se fait sauter en éclats.

Une citation de Me Philippe Larochelle, avocat spécialisé en droit international

L’avocat souligne par ailleurs l’hostilité de Donald Trump envers la justice que ce soit aux États-Unis où il a été visé par plusieurs poursuites judiciaires, ou encore à l’international, rappelant que son administration a imposé des sanctions contre plusieurs juges de la Cour pénale internationale ayant enquêté sur les possibles crimes commis par Israël dans la bande de Gaza.

M. Trump a par ailleurs réaffirmé samedi qu’il n’a pas cherché à avoir l’aval du Congrès américain pour mener son opération militaire au Venezuela, disant craindre des fuites dans les médias.

Des élus, non seulement de l’opposition démocrate mais aussi de la majorité présidentielle au Congrès, estiment depuis des semaines qu’il n’a pas l’autorité légale pour frapper Caracas et que toute éventuelle intervention terrestre nécessiterait un feu vert du Congrès.

Selon Me Larochelle, la communauté internationale peut agir pour condamner les États-Unis, mais cela prend du courage politique.

N’importe quel État pourrait saisir la Cour internationale de justice pour relever les violations des États-Unis, explique-t-il, donnant l’exemple de l’Afrique du Sud qui a saisi la CIJ en décembre 2023, accusant Israël de violer ses obligations au titre de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide dans le cadre de son opération militaire dans la bande de Gaza.

La même année, le Canada, conjointement avec les Pays-Bas, a intenté une action en justice devant la CIJ contre le régime de Bachar al-Assad en Syrie pour dénoncer des violations systématiques de la Convention contre la torture.

Sur la scène internationale, plusieurs des alliés de Washington, dont Ottawa, ont évité de condamner l’action militaire américaine au Venezuela et l’enlèvement de Nicolas Maduro, se contentant plutôt d’appeler à la retenue et au respect de l’ordre international.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est quant à lui montré plus critique, affirmant que le droit international n’a pas été respecté, tout en déplorant un dangereux précédent.

La Colombie, le Brésil et le Mexique ont pour leur part critiqué l’attaque américaine, disant craindre pour la stabilité de la région.

Et enfin, les alliés du régime Maduro, la Russie, la Chine et l’Iran ont condamné une agression illégale et flagrante de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale du Venezuela, appelant Washington à libérer le président vénézuélien et son épouse.

Avec les informations de Agence France-Presse

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C’est cet homme, qui vit clairement dans un monde parallèle, qui souhaitait à l’automne obtenir le prix Nobel de la paix. Ce qui inquiète c’est que toutes les décisions de Trump deviennent toxiques pour son pays et le monde. Et le pire c’est qu’il n’y a personne dans ce gouvernement pour le ramener à la raison (car ils en ont tous peur)


Intervention « sans précédent » au Venezuela | Qu’arrivera-t-il après ?

L’offensive américaine au Venezuela brise tous les codes, estiment des experts. Non seulement la capture de Nicolás Maduro transgresse les règles du droit international, mais Washington envoie aussi le message aux autres puissances du monde… qu’elles ont carte blanche. Voici les répercussions politiques de l’intervention de Donald Trump.

Comment les Vénézuéliens ont-ils réagi à la capture de Maduro ?

Des centaines de Vénézuéliens sont sortis célébrer dans les rues de Caracas, samedi, la « libération » du peuple. Si les évènements signifient la fin du régime Maduro, beaucoup craignent le début d’un régime dirigé par les Américains, comme l’a affirmé Donald Trump.

« Mon sentiment, c’est qu’on ne sait pas vraiment à quoi s’attendre », a réagi Maria Puerta Riera, professeure de science politique au Valencia College à Orlando, en Floride, qui a quitté le Venezuela il y a 10 ans. Ce qui l’inquiète le plus : les risques associés à une telle opération, tant pour le personnel militaire américain que pour les gens sur place.

Suite

L’intervention des Américains est-elle légale ?

L’offensive de Washington au Venezuela est « sans précédent » en droit international, selon Marie-Christine Doran, professeure titulaire de l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa et directrice de l’Observatoire violence, criminalisation et démocratie.

« Si vous regardez, par exemple, lorsque la Cour pénale internationale agit contre un président en autorité pour des actions répréhensibles, la définition correspond exactement à ce que Trump a fait au Venezuela », observe-t-elle. Quelles conséquences, pour Washington ? Impossible de le prédire pour l’instant, dit Mme Doran, à part l’apparition de nouvelles hostilités avec ses rivaux – la Russie, la Chine et l’Iran – qui appuient le Venezuela.

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a toutefois déploré samedi un « dangereux précédent » et appelé « tous les acteurs au Venezuela à engager un dialogue inclusif, dans le plein respect des droits de l’homme et de l’État de droit ». Lundi matin, le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira pour discuter de l’opération américaine, à la demande du Venezuela.

Avec cette intervention, quel message les États-Unis envoient-ils à leurs rivaux comme la Chine ou la Russie ?

La manière dont Maduro a été destitué n’est pas idéale, d’après Mme Puerta Riera, car cela pourrait inciter la Russie, la Chine et d’autres régimes autoritaires à agir de la même façon. « Je pense donc qu’il y a un problème, non seulement de perception, mais surtout quant à la manière dont nous pouvons agir dans le respect du droit international », ajoute-t-elle.

En fin de journée, Moscou a par ailleurs demandé à Washington de libérer Maduro, et Pékin s’est dit profondément choqué par l’opération américaine, menée pour prendre le contrôle des ressources naturelles du pays. « Ce discours-là est d’ailleurs très inquiétant », selon Marie-Christine Doran, qui évoque le désir fréquemment exprimé par Trump de s’emparer des ressources naturelles ukrainiennes ou canadiennes.

Est-ce que d’autres pays pourraient subir le même sort ?

Oui, et ce, dans un avenir plus rapproché qu’on pourrait le croire, estiment les spécialistes que nous avons interrogés. « Je dois vous dire qu’en voyant les agissements de l’administration Trump… Qu’est-ce qu’il va l’empêcher [de faire la même chose] dans d’autres pays ? », demande Mme Doran.

Selon Joseph Bouchard, chercheur spécialiste de la sécurité et de la géopolitique de l’Amérique latine, cela pourrait se produire au Mexique, peut-être dans la prochaine année. « Ça fait déjà plusieurs mois, même, depuis que Trump est en poste, que lui et [son conseiller à la sécurité intérieure] Stephen Miller, Marco Rubio et d’autres discutent de possibles frappes contre les cartels au Mexique », souligne-t-il, en ajoutant que des tensions subsistent également avec la Colombie.

Le président américain a d’ailleurs affirmé d’emblée en conférence de presse samedi que son homologue colombien, Gustavo Petro, possédait des usines où il fabrique de la cocaïne et qu’il devrait donc « faire gaffe à ses fesses », après la capture de Maduro. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a aussitôt averti les médias que Cuba devrait aussi s’inquiéter.

Qui succédera à Nicolás Maduro ?

La vice-présidente du Venezuela, Delcy Rodríguez, a reçu l’ordre de la Cour suprême du pays d’assurer le pouvoir par intérim. Plus tôt dans la journée, Donald Trump avait assuré que les États-Unis allaient diriger le Venezuela et que Mme Rodríguez coopérait avec lui. La vice-présidente n’a cependant jamais confirmé cette information, souligne la professeure Marie-Christine Doran, et a même exigé la libération de Maduro.

Sans préciser comment on allait assurer la transition au Venezuela, Donald Trump a rapidement écarté la cheffe de l’opposition et Prix Nobel de la paix María Corina Machado. « Je pense qu’il lui serait très difficile d’être à la tête du pays. Elle ne bénéficie ni des appuis nécessaires ni du respect de la population », a-t-il lancé samedi.

Edmundo González, considéré comme le réel vainqueur de l’élection présidentielle de 2024, n’a pas non plus été mentionné par l’administration Trump. Pour le moment, la Cour suprême du Venezuela n’a pas déclaré M. Maduro absent définitivement, puisque des élections seraient automatiquement déclenchées dans les 30 jours. Ce dernier est arrivé samedi en fin de journée à New York.

Avec l’Agence France-Presse

https://www.lapresse.ca/international/amerique-latine/2026-01-04/intervention-sans-precedent-au-venezuela/qu-arrivera-t-il-apres.php

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Maintenant je suis vraiment curieux de voir comment les marchés dans le monde et aux USA vont réagir lundi à leur ouverture après le congé des Fêtes…

Une autre analyse:


Analyse, « Diriger le Venezuela »? Vraiment?

« Nous allons diriger le pays. » « Nous allons reprendre le pétrole qu’ils nous ont volé. » Et avec ce pétrole, « on va faire beaucoup d’argent ».

Les citations de Donald Trump ne prêtent pas à confusion. Dans sa déclaration de samedi en fin de matinée, dans les heures qui ont suivi l’opération Absolute Resolve (Détermination absolue), une opération de commando qui a renversé et capturé un président étranger, le chef de la Maison-Blanche a été clair.

Bien que Washington ait matraqué, déjà pendant le premier mandat de Donald Trump, l’argument du narcotrafic contre Nicolas Maduro (alors que le Venezuela, malgré la corruption avérée de son élite politique, est un acteur mineur des circuits de la drogue), c’est bien aux hydrocarbures du pays, avec le retour annoncé des pétrolières américaines, que le président américain s’intéresse en tout premier lieu.

Et à l’argent que pourraient en tirer ses proches et ses alliés.

Suite

Une longue préparation

Dans cette opération préparée de longue date, l’impérialisme le plus classique, doublé d’une prédation contre les richesses naturelles d’autrui, ne se cachent pas – ou se cachent à peine – derrière des faux-semblants. Au contraire, Trump est explicite dans l’expression de ses désirs et de ses convoitises, même s’ils peuvent parfois relever de l’illusion, comme dans le cas des minerais stratégique d’Ukraine.

Certes, la forme précise, l’ampleur et le moment de l’intervention militaire de cette nuit du 2 au 3 janvier, la facilité apparente avec laquelle on est allé chercher Nicolas Maduro, tout cela a pu surprendre. Mais l’action avait été annoncée, publicisée, préparée de façon tonitruante depuis le mois d’août. Elle a aussi été, et cette fois de façon plus secrète, précédée d’un espionnage soutenu et détaillé des allées et venues du dictateur déchu.

Tout au long de l’automne, l’armée américaine a bombardé des embarcations de supposés trafiquants, sans jamais apporter de preuves de leur lien avec le narcotrafic. Au fil des mois, elle a aussi rassemblé en mer des Caraïbes une armada qui représente, selon certaines évaluations, jusqu’à un septième de toute la force de frappe américaine.

Selon certaines évaluations, jsusqu’à un septième de la force de frappe américaine a été déployée en mer des Caraïbes.

Photo : Getty Images / AFP / MIGUEL J. RODRIGUEZ CARRILLO

Des dizaines d’avions de chasse de première catégorie, des grands navires, des dizaines de milliers de soldats, le plus gros porte-avions du monde, tous déployés entre Porto Rico, avancée américaine à l’extrême sud du pays, et la côte vénézuélienne.

Retour en force de l’interventionnisme

C’est un retour en force de l’interventionnisme direct des États-Unis dans ce qu’ils appellent l’hémisphère occidental, autrement dit les Amériques, vues comme une chasse gardée depuis la doctrine Monroe du début du XIXe siècle. Doctrine plus ou moins mise de côté pendant des décennies, brutalement ramenée à l’avant-plan aujourd’hui.

C’est aussi une nouvelle confirmation, au-delà des Amériques, de la volonté de Trump de frapper et d’intervenir militairement, de façon unilatérale et en marge de la légalité internationale.

Interventions en Amérique latine certes, mais aussi – on l’a vu tout au long de 2025 – dans de nombreux pays, sur pratiquement tous les continents. Cette seconde présidence Trump réfute les clichés selon lesquels les États-Unis se désengageraient pour se concentrer uniquement sur la compétition avec la Chine.

Elle met aussi à mal les prétentions du président à se poser en homme de paix. En un an, Trump a bombardé sept pays, dont le Venezuela, pour des raisons diverses : démonstration de force, soutien à un régime ami, vengeance, convoitise des ressources d’autres pays.

Toujours sous le noble prétexte de la lutte contre le terrorisme, le trafic de drogue ou pour la défense de la civilisation chrétienne… mais jamais, jusqu’à présent, pour un changement de régime ou l’instauration d’une démocratie réelle ou supposée.

Trump s’est associé directement à Israël lors de son attaque contre l’Iran en juin; il a ordonné des bombardements ou des frappes de missiles en Afghanistan, en Somalie, en Libye, en Irak, au Yémen. Et puis tout récemment, en décembre : en Syrie et au Nigeria. Frappes généralement pointues, limitées dans l’espace et le temps, mais frappes tout de même, avec des morts militaires et parfois civiles à la clé.

Prétendu artisan de la paix

Tout cela pendant une année où le même président a prétendu avoir mis fin à toute une série de conflits dans le monde, ce qui devrait selon lui valoir le Prix Nobel. Des plans de paix qu’on pourrait qualifier de Potemkine : accords de façade, symboliques, qui s’effondrent rapidement au contact de la réalité.

À Gaza, par exemple, le plan de paix en 20 points, ratifié en grande pompe en Égypte à la fin octobre, n’a pas mis fin aux violences entre Israël et le Hamas. Au contraire, il a facilité la lente conquête de la Cisjordanie par Israël.

Pendant ce cessez-le-feu à la carte et plein de trous, près de 400 Palestiniens ont été tués à Gaza, y compris des femmes et des enfants, en deux mois. Plus quelques soldats israéliens.

Près de 400 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. (Photo d’archives)

Photo : Getty Images / OMAR AL-QATTAA

De même, l’affirmation de Trump selon laquelle il aurait mis fin à la guerre frontalière entre le Cambodge et la Thaïlande a été discréditée lorsque les deux États ont repris les combats.

Même scénario en République démocratique du Congo, où la milice M23, soutenue par le Rwanda, a repris ses attaques contre les forces congolaises… juste après une belle séance de signature, début décembre à la Maison-Blanche.

Au Soudan, les efforts américains pour mettre fin à la guerre civile qui ravage le pays sont restés vains. Le premier ministre indien Narendra Modi a démenti les affirmations de Trump selon lesquelles il aurait stoppé ce qui était une brève escarmouche frontalière, en mai, entre l’Inde et le Pakistan. L’Égypte et l’Éthiopie restent en désaccord sur un projet de barrage controversé sur le Nil, malgré les interventions ponctuelles de Trump.

Trump a-t-il un plan?

Avec cette intervention au Venezuela, l’administration Trump sait-elle où elle va? A-t-elle un plan stratégique?

Elle est plutôt douée pour le grand spectacle, les gestes et les déclarations sans lendemain. Avec un président adepte des coups d’éclat mais qui, peu informé et ne connaissant pas l’avenir, a l’habitude de dire, dans une de ses formules récurrentes : on va bien voir ce qui va se passer.

Le but est-il un changement de régime? Maduro est tombé, oui, mais il n’est pas dit que le chavisme va le suivre immédiatement. Le pouvoir de Maduro était centralisé, mais son retrait ne signifie pas ipso facto un effondrement de l’État.

D’autres personnages, la vice-présidente Delcy Rodriguez et le ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello, vrai numéro deux du régime, affirment qu’ils occupent toujours les lieux de pouvoir à Caracas. Ils l’ont démontré, ce samedi 3 janvier, à la télévision. Durant la journée qui a suivi l’éviction de Maduro, on n’a pas constaté de manifestations pro ou anti-régime.

Que fera l’opposition, menée par le prix Nobel de la paix 2025 Maria Corina Machado, qui malgré son titre d’artisane de la paix, a soutenu les actions américaines, y compris violentes, allant jusqu’à dédier son prix à Donald Trump?

Maria Corina Machado a dédié son prix Nobel de la paix à Donald Trump. (Photo d’archives)

Photo : Getty Images / Rune Hellestad

Le peuple du Venezuela se réjouit-il en bloc de la chute annoncée d’un régime il est vrai répudié, voire haï… ou va-t-il y avoir, tout de même, de la résistance?

M. Trump prétend que les États-Unis vont diriger le Venezuela à partir de maintenant pour organiser une transition ordonnée. Cela reste à voir, et ce ne sont pour l’instant que des mots.

Il a évoqué une possible seconde vague de plus grande envergure, pour finir le travail. Car cette opération commando, toute foudroyante qu’elle ait été, n’équivaut pas à une invasion en bonne et due forme du pays. Elle n’a pas, dans l’immédiat, fait tomber le régime.

Donald Trump a évoqué la création d’un « groupe », dont ferait partie le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, responsable de diriger le pays.

Photo : Getty Images / Joe Raedle

Que fera la population?

Ce qu’on espère à Washington, c’est que cette frappe ciblée (un enlèvement de président, précédé de quelques bombardements) aura fait bouger la fourmilière suffisamment pour enclencher, dans la sphère dirigeante, mais aussi dans la population du Venezuela, un mouvement favorable aux souhaits de Donald Trump.

Ce régime est très impopulaire. Il peut même être qualifié de dictature, surtout après l’élection présidentielle clairement volée de juillet 2024, avec la diffusion de chiffres fictifs par le régime, après que le candidat de l’opposition l’eut emporté par le score approximatif de deux à un (avec des preuves béton).

Mais il dispose d’une base minoritaire et armée qui peut résister. Et puis, que sera la réaction populaire à un président américain qui dit nous allons diriger votre pays? Peut-être une réaction nationaliste du genre : on déteste ce régime… mais ce n’est pas vous qui allez décider pour nous.

L’opposition vénézuélienne a peut-être une occasion de prendre le pouvoir, mais si elle le fait dans les bras des États-Unis, cela pourrait entacher sa légitimité.

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Pendant que Potus 47 veut gouverner le Vénézuela, il y a ceci qui se passe ailleurs

La Corée du Nord a tiré dimanche plusieurs missiles balistiques présumés, son premier lancement de l’année, au lendemain de la capture du président vénézuélien par les États-Unis, selon un scénario que Pyongyang accuse depuis longtemps Washington de vouloir mener contre ses dirigeants.

« Notre armée a détecté plusieurs projectiles, qui sont présumés être des missiles balistiques, lancés vers la mer de l’Est depuis les environs de Pyongyang aux alentours de 7 h 50 dimanche », a détaillé le ministère de la Défense sud-coréen, faisant référence au nom local de la mer du Japon.

Le ministère nippon de la Défense a lui aussi dit avoir détecté le tir d’un missile balistique présumé, qui est retombé vers 8 h 08 locales. Sa zone de chute n’a pas été précisée et aucun dégât n’a été signalé dans l’immédiat.


Le Royaume-Uni et la France ont mené conjointement samedi soir une frappe en Syrie contre un site souterrain soupçonné d’être utilisé par le groupe État islamique (EI), a annoncé le ministère britannique de la Défense.

Cette attaque a eu lieu dans les montagnes au nord de l’ancienne cité de Palmyre, dans le centre de la Syrie, contre une installation occupée par l’EI « très probablement pour stocker des armes et des explosifs », a indiqué le ministère dans un communiqué.

Les avions britanniques « ont utilisé des bombes guidées Paveway IV pour cibler plusieurs tunnels d’accès menant à l’installation. Une évaluation détaillée est actuellement en cours, mais les premières indications montrent que la cible a été touchée avec succès », a-t-il ajouté, sans précision sur le rôle des appareils français.

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*Face à ce type de menace il ne fait aucun doute que les USA s’engage plus à fond dans un coup d’état de facto qui piétinera la souveraineté du Venezuela. Est-il besoin de rappeler que les américains ont réélu un criminel à la tête de la plus grande puissance du monde, à eux maintenant de nous en débarrasser par un coup d’état intérieur avant qu’il ne soit trop tard pour la paix dans le monde *


Donald Trump menace la nouvelle dirigeante vénézuélienne

(Washington) Donald Trump a menacé dimanche la dirigeante par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, d’un sort pire que celui réservé à Nicolás Maduro, le président déchu capturé et exfiltré la veille par les forces américaines pour être traduit en justice à New York, où il a passé la nuit en prison.

Publié à 7 h 23 Mis à jour à 18 h 00

Emmy VARLEY et Patrick FORT à Caracas Agence France-Presse

« Si elle ne fait pas ce qu’il faut, elle va payer un prix très cher, probablement plus élevé que Maduro », a déclaré le président américain au journal The Atlantic au sujet de la vice-présidente vénézuélienne, à qui la Cour suprême de son pays a confié le pouvoir par intérim. « Le pays est totalement en faillite », a-t-il jugé.

Après des mois de frappes sur des embarcations accusées de trafiquer de la drogue, les États-Unis ont mené samedi une spectaculaire opération d’enlèvement de Nicolás Maduro, 63 ans, et de son épouse, Cilia Flores, 69 ans, accusés de « narcoterrorisme ».

Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, le directeur de la CIA, John Ratcliffe, le secrétaire d’État, Marco Rubio, et le président Donald Trump, alors qu’ils suivent l’opération militaire américaine au Venezuela depuis la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 3 janvier 2026.

Commentant cette opération minutieusement préparée, Donald Trump avait déclaré samedi que les États-Unis allaient désormais « diriger » le pays de 30 millions d’habitants, ajoutant qu’il serait prêt à y dépêcher des troupes au sol et y lancer une « seconde vague » d’attaques.

Mais son chef de la diplomatie, Marco Rubio, s’est employé dimanche à tempérer ces propos, soulignant que Washington comptait sur Mme Rodriguez et d’autres dirigeants en place pour satisfaire aux exigences américaines.

« S’ils ne prennent pas de bonnes décisions, les États-Unis conserveront de nombreux leviers d’influence pour garantir la protection de nos intérêts, notamment l’embargo pétrolier. Nous allons donc juger, à l’avenir, nous allons juger tout ce qu’ils font », a-t-il averti.

Résumé

Au Venezuela, l’armée reconnaît Delcy Rodriguez comme présidente par intérim, a déclaré le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino Lopez, qui a appelé ses compatriotes à reprendre une vie normale.

L’or noir vénézuélien

Le ministre vénézuélien a également exhorté la population « à ne pas céder aux tentations de la guerre psychologique, à la menace, à la peur qu’on veut nous imposer », accusant les États-Unis d’avoir commis un « enlèvement lâche ».

Dans les rues peu fréquentées de Caracas, on ne voyait plus les patrouilles de policiers masqués et lourdement armés aperçues la veille. Des habitants patientaient devant les magasins d’alimentation, dont certains faisaient entrer les clients un par un pour éviter les pillages, selon des journalistes de l’AFP.

PHOTO LEONARDO FERNANDEZ VILORIA, REUTERS

Une vue d’immeubles résidentiels à Caracas, Venezuela, le 4 janvier 2026

Si les États-Unis ne veulent plus s’impliquer, d’après Marco Rubio, dans les affaires politiques de pays tiers, comme en Irak ou en Afghanistan, Donald Trump n’a pas fait mystère de son intérêt pour les vastes ressources pétrolières du Venezuela, premières réserves de brut prouvées au monde.

Le président américain a affirmé samedi qu’il autoriserait les compagnies pétrolières américaines à exploiter l’or noir du Venezuela, qui vend son pétrole de mauvaise qualité sur le marché noir à destination notamment de la Chine.

Le Venezuela « n’a pas la capacité de relancer cette industrie », a déclaré Marco Rubio sur CBS. « Nous sommes presque certains que les entreprises occidentales manifesteront un vif intérêt. Les entreprises non russes et non chinoises seront très intéressées ».

Après la diffusion par Donald Trump de la première photo de Nicolás Maduro avec les menottes aux poignets et les yeux bandés à bord d’un navire de guerre américain, la Maison-Blanche a publié samedi une vidéo du président déchu, les mains entravées et en sandales, escorté dans les locaux de la Drug Enforcement Administration (DEA), l’agence fédérale antidrogue.

IMAGE DIFFUSÉE PAR LA MAISON-BLANCHE, FOURNIE PAR ARCHIVES REUTERS

Le président Maduro est escorté en détention dans un couloir des bureaux de la Drug Enforcement Administration (DEA) à New York, le 3 janvier 2026.

L’héritier de Hugo Chavez, qui a dirigé le Venezuela d’une main de fer pendant plus de 10 ans après des élections générales entachées d’irrégularités, comparaîtra lundi devant la justice américaine.

« Respect de la volonté du peuple »

De son côté, le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira lundi à la demande de Caracas alors que les critiques ont fusé dans plusieurs capitales contre « une violation du droit international ».

L’UE a exigé dimanche le « respect de la volonté du peuple vénézuélien », « seul moyen […] de rétablir la démocratie et résoudre la crise actuelle ».

PHOTO KENA BETANCUR, AGENCE FRANCE-PRESSE

Des policiers se tiennent devant le Metropolitan Detention Center, où est détenu l’ancien président vénézuélien, Nicolás Maduro, dans le quartier de Brooklyn, à New York, le 4 janvier 2026.

Mais Marco Rubio a jugé dimanche qu’il était trop tôt pour évoquer l’organisation d’élections au Venezuela.

« C’est prématuré à ce stade, a-t-il dit sur NBC. Nous attachons de l’importance aux élections et à la démocratie […]. Mais ce qui nous importe avant tout, c’est la sécurité, le bien-être et la prospérité des États-Unis ».

Si des manifestants pro-Maduro ont dénoncé l’interventionnisme américain, des milliers de Vénézuéliens exilés, sur les huit millions qui ont fui leur pays miné par la pauvreté, ont célébré dans plusieurs villes du monde la chute de l’ancien homme fort.

PHOTO FEDERICO PARRA, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Un partisan du président Maduro brandit un drapeau vénézuélien lors d’un rassemblement près du Palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 3 janvier 2026.

« Enfin, nous allons avoir un pays libre. Enfin, nous allons pouvoir rentrer chez nous », a dit à l’AFP Yurimar Rojas, vendeur ambulant à Santiago du Chili.

https://www.lapresse.ca/international/2026-01-04/donald-trump-menace-la-nouvelle-dirigeante-venezuelienne.php

Maintenant, il semble que le Groënland sera le prochain sur la liste.


Le Danemark s’élève contre les nouvelles menaces américaines

(Copenhague) La première ministre danoise a exhorté dimanche les États-Unis à « cesser leurs menaces » d’annexer le Groenland après de nouveaux propos de Donald Trump en ce sens, qui suivaient un tweet offensif de la femme du directeur de cabinet adjoint de la Maison-Blanche.

https://www.lapresse.ca/international/2026-01-04/groenland/le-danemark-s-eleve-contre-les-nouvelles-menaces-americaines.php

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