Poutine avait besoin de l’appui de la religion, le christianisme orthodoxe, pour se maintenir au pouvoir. Trump se sert de l’Évangélisme pour les mêmes raisons politiques dictatoriales. Un mélange explosif largement démontré à travers l’Histoire.
Cérémonie hommage à Charlie Kirk Dieu et l’État réunis
Dans un pays fondé sur la séparation de l’Église et de l’État, la scène dimanche à la cérémonie funéraire de Charlie Kirk était inouïe.
Il ne s’agissait pas seulement de représentants du gouvernement exprimant leur foi. Tous les présidents américains, démocrates ou républicains, font étalage de leurs croyances.
Non, ce qui frappait, c’est la fusion sans retenue du religieux et du politique. Le président a été sauvé d’un attentat par la grâce de Dieu. Et c’est rien de moins que l’œuvre de Dieu qu’il accomplit à la Maison-Blanche. Etc.
L’un après l’autre, les orateurs, y compris plusieurs ministres de Donald Trump, ont décrit le parcours de Charlie Kirk comme celui d’un messie des temps modernes. Comme un leader moral, certes. Mais aussi un homme guidant le peuple vers la Vérité politique.
On l’a comparé à Moïse, mort sur la montagne après avoir libéré son peuple. À Jésus, mort dans la jeune trentaine.
Comme si le christianisme était devenu une religion officielle, le secrétaire d’État, Marco Rubio, a parlé du jour où le Christ reviendra et où « nous serons réunis avec Charlie ».
Sans surprise, le plus fanatique fut le directeur de cabinet adjoint de Donald Trump, Stephen Miller. Dans un discours vengeur, il a parlé de « nos ennemis » et de la furie qu’ils ont déclenchée.
C’est de la survie de la civilisation occidentale qu’il est question, a-t-il dit, citant la Grèce et la Rome antiques. « Nous avons la beauté, la force, la vertu, la bonté, Dieu… »
Tandis que les « ennemis », contre qui une « armée » se lève maintenant, n’ont « rien ».
Kirk, mort en martyr, est rendu immortel, car il a « sauvé l’Occident, sauvé la république », a-t-il dit.
Donald Trump fils imitant son père en pareille circonstance, c’est de mauvais goût. Pas autant que de l’entendre citer la Bible plusieurs fois, comme s’il était très religieux.
Puis est venu Donald Trump. Comme d’habitude, il est sorti du script pour passer de l’éloge funèbre au discours politique totalement hors sujet. On a ainsi appris qu’il y aurait une conférence de presse « historique » sous peu, révélant supposément la cause de l’autisme. C’était déjà à l’agenda, depuis que RFK l’a promis.
« Ce qui me différencie de Charlie, c’est que je déteste mes ennemis », a-t-il dit. Il n’a pas menti, cette fois.
Il a parlé de ce pays « mort, il y a un an, et maintenant le plus hot au monde ». Du crime supposément éradiqué à Washington grâce à lui. Même l’herbe est redevenue belle !
Car Donald Trump a compris depuis longtemps que pour se maintenir au pouvoir, il a besoin d’entretenir la sainte alliance entre lui et les « nationalistes chrétiens évangélistes », à qui il a livré une Cour suprême ultraconservatrice.
Ils sont une minorité aux États-Unis, mais une minorité fervente, agissante et influente. Plusieurs membres de son administration sont de ces fondamentalistes chrétiens se disant guidés par le Tout-Puissant.
Trump leur est redevable, comme il est redevable à Charlie Kirk, qui a guidé des légions vers MAGA.
On notera que les appels à la punition contre les supposés discours « haineux », les médias et les organisations « de la gauche radicale » ont été plus timides. Plusieurs ténors républicains, y compris Ted Cruz, devenu une carpette de Trump, ont envoyé le message clairement depuis trois jours : on ne touche pas aux licences des télés, on ne se met pas à poursuivre les « discours haineux ».
On notera surtout qu’une certaine branche du christianisme hyperconservateur est officiellement promue par la Maison-Blanche comme la vraie religion.