Référendum sur la souveraineté
Calgary) Il y a dix ans, le Royaume-Uni votait en faveur de la sortie de l’Union européenne (UE), déclenchant des années de turbulences politiques et de difficultés économiques qui persistent encore aujourd’hui.
Richard Barfield travaillait chez le géant du conseil PricewaterhouseCoopers à l’époque du référendum sur le Brexit, où il conseillait des clients du secteur des services financiers sur les questions de risque et de réglementation. Il se considérait comme étant « raisonnablement bien informé », mais même lui a eu du mal à distinguer les informations fiables dans le débat public.
« Comme beaucoup de gens dans mon milieu, je pensais que le résultat serait le plus judicieux pour l’économie britannique. Avec le recul, je n’ai pas accordé au référendum toute l’attention que j’aurais dû lui accorder à l’époque », reconnaît M. Barfield, aujourd’hui consultant indépendant.
Le divorce chaotique du Royaume-Uni avec l’Union européenne est cité comme un exemple à ne pas suivre pour les Albertains, qui s’apprêtent à voter cet automne pour décider s’ils souhaitent rester au sein du Canada ou organiser un référendum sur la souveraineté à une date ultérieure.
Des experts des deux côtés de l’Atlantique affirment que les Albertains auraient tout intérêt à disposer d’une analyse approfondie et lucide de ce qu’impliquerait réellement une séparation du Canada – bien avant la tenue d’un vote.
M. Barfield se souvient à quel point la campagne en faveur du Brexit avait su jouer sur les « cordes sensibles » et avait qualifié d’alarmistes ceux qui exprimaient des inquiétudes quant aux répercussions économiques.
M. Barfield a fini par se rendre compte que des informations essentielles concernant le référendum ne parvenaient pas au grand public. Il a donc décidé avec un ami de préparer une présentation destinée à leurs proches et voisins, « sans nécessairement défendre un point de vue particulier », mais en exposant des faits et des chiffres concrets. Depuis, il publie sur son site web Brexit FactBase des analyses et des articles retraçant les évènements qui se sont déroulés au cours des dix dernières années.
Cette période n’a pas été de tout repos, mais les estimations varient.
Un document de travail publié en novembre dernier par le National Bureau of Economic Research, basé aux États-Unis, a révélé que d’ici 2025, le Brexit aurait réduit le produit intérieur brut du Royaume-Uni de 6 à 8 % par rapport à ce qu’il aurait été si le pays était resté dans l’UE. Les investissements auraient chuté de 12 à 18 %, tandis que l’emploi et la productivité auraient chacun baissé de 3 à 4 %, selon ce document.
« Ces impacts négatifs importants reflètent une combinaison d’incertitude accrue, de baisse de la demande, de temps de gestion détourné et d’une mauvaise allocation accrue des ressources en raison d’un processus de Brexit prolongé », ont écrit les auteurs du document.
Une prévision de 2020 de l’Office of Budget Responsibility britannique a estimé à 4 % la perte potentielle de PIB sur 15 ans par rapport à ce qu’elle aurait été dans le cadre des accords commerciaux existants.
« Dans tous les cas, les chiffres sont colossaux. Et quand on peine à financer les services sociaux, la santé et tout le reste, ces chiffres ont vraiment de l’importance », souligne M. Barfield.
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La période entre le vote sur le Brexit et la sortie du Royaume-Uni de l’UE en 2020 a été chaotique, les décideurs politiques se disputant les conditions du divorce, se souvient M. Bain. Il régnait un « tourbillon constant » parmi les entreprises qui tentaient de naviguer au milieu du drame politique qui s’emparait du pays.
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Des coûts exorbitants
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