Agriculture urbaine

Parlant de Lufa. Une centre d’agriculture intérieure vient d’être inauguré

Agriculture urbaine | Lufa lance une ferme intérieure


PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE
L’entreprise d’agriculture urbaine a ouvert en primeur à La Presse les portes de sa nouvelle ferme intérieure.

Après avoir bâti la plus grande serre sur toit au monde, l’entreprise montréalaise Les Fermes Lufa se lance dans l’agriculture intérieure. Une aventure qu’elle souhaite rentable grâce à un pari audacieux : offrir un panier de légumes gratuit à plus de 100 000 foyers québécois au cours de la prochaine année.

Mis à jour le 11 mai
Daphné Cameron
François Roy
LA PRESSE

« Vous venez voir notre projet secret ? » Le PDG des Fermes Lufa, Mohamed Hage, nous entraîne au fond d’un entrepôt gris et vide. Derrière une porte anonyme se cache une vaste pièce baignée d’une lumière rose fluorescente. En dessous, un tapis luxuriant de verdure.

Des laitues, des épinards, des fines herbes, des céleris, des cressons : des milliers de plants poussent dans un système hydroponique grâce à cet éclairage composé d’un millier de lampes DEL.

Ce « projet secret » – que La Presse a pu visiter en primeur – est une ferme intérieure. Sa construction s’est achevée le 31 mars au 4e étage de l’ancien centre de distribution de Sears, dans l’arrondissement de Saint-Laurent. Les premières semences ont été plantées le 3 avril et la toute première récolte aura lieu ce jeudi.

Des verdures cultivées toute l’année sans soleil


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L’entreprise d’agriculture urbaine a ouvert en primeur à La Presse les portes de sa nouvelle ferme intérieure.


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Edith Desrosiers, directrice des projets et de la construction, et Mohamed Hage, PDG et cofondateur des Fermes Lufa. « On s’attend à ce que la ferme intérieure soit aussi productive que nos serres, mais en théorie, ça devrait être plus productif », affirme ce dernier.


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La construction s’est terminée le 31 mars 2023. « Les avantages d’une ferme intérieure, c’est qu’on est capable de contrôler la température, l’humidité, le niveau de CO2 et d’avoir de la lumière jusqu’à 18 heures par jour », souligne M. Hage.


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Si la ferme intérieure est un succès, cet espace adjacent abritera la phase 2 du projet. « Regardez autour de vous, ça ressemblait à ça », a lancé M. Hage lors de la visite. « Imaginons les deux phases à 40 000 unités par jour. Quand on parle de souveraineté alimentaire, ça joue un très grand rôle. »


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Les verdures ont besoin d’environ 250 micromoles de lumière photosynthétique par mètre carré par seconde, alors que le soleil peut en fournir jusqu’à 2000. À titre de comparaison, les tomates ont besoin d’une luminosité de 1000 micromoles pour croître.


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La nouvelle ferme comprend aussi une section pour faire pousser les semis dans des étagères de tables inondables. De 400 à 500 variétés différentes seront testées cette année pour trouver les plus goûteuses et les plus productives dans cet environnement.


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Le système de planches amovibles permet de produire deux fois plus de légumes dans le même espace, explique Mohamed Hage. Plus la laitue grossit, plus les planches sont espacées sur les rails.


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L’entreprise d’agriculture urbaine a ouvert en primeur à La Presse les portes de sa nouvelle ferme intérieure.

Lorsqu’elle fonctionnera à plein régime, la ferme intérieure pourra produire jusqu’à 20 000 unités de légumes-feuilles par jour.

Les fermes Lufa exploitent quatre serres sur toit dans la région de Montréal. Au fil du temps, l’entreprise est devenue une épicerie complète en ligne qui livre chaque semaine 30 000 commandes à ses abonnés, ce qui représente environ 2 % du marché montréalais.

Cela fera beaucoup de verdures pour chaque client. « Notre vision c’est : si vous le construisez, ils viendront », répond Mohamed Hage.

De la limonade avec des citrons

Depuis sa fondation en 2010, la croissance de l’entreprise a oscillé entre 20 et 30 % par année. Mais durant la pandémie, elle a explosé à 50 %.

Peinant à répondre à la demande, l’entreprise a signé, en 2020, un bail pour le futur emplacement de la ferme intérieure, qui se trouve commodément dans le même édifice que son siège social, sa plus grande serre et son centre de distribution.

Mais le vent a tourné avec l’inflation et la hausse des taux d’intérêt. « Il y a cette association que le local, le bio est plus cher, qui n’est pas toujours réelle », explique M. Hage. « Même si les gens n’étaient pas affectés financièrement, la crainte était là […] Les gens ont pris un peu l’avance sur la protection financière. »

« Pour être très direct, le Q4 [quatrième trimestre fiscal] de l’année passée et le Q1 [premier trimestre fiscal] de cette année, on se réveillait tous les matins et on voyait le nombre de paniers rester le même, mais les paniers étaient de plus en plus petits, et c’était effrayant ! C’est là qu’on a eu l’idée de monter le programme de paniers gratuits. »

Plutôt que de miser sur une campagne publicitaire pour attirer de nouveaux abonnés, Lufa tentera de les convaincre par le ventre. L’entreprise donnera des paniers d’une valeur d’environ 40 $ à 50 $, sans engagement, à ceux qui voudront essayer la formule sur un territoire allant de Gatineau à Québec. Des frais de 6 $ seront exigés pour la livraison.

Objectif : livrer 2000 paniers gratuits par semaine pendant un an.

« On s’attendait à avoir une croissance plus rapide, donc c’est un peu notre façon de faire de la limonade avec des citrons. On a un immense projet, c’est de la belle bouffe : pourquoi ne pas l’offrir à une plus grande partie de la population avec un essai ? Nous, on croit que notre modèle, c’est l’avenir. »

Fou ou prometteur ?

L’offensive est déjà commencée grâce à un lien rendu disponible il y a plusieurs semaines sur les réseaux sociaux. Déjà, de 1200 à 1500 paniers gratuits sont livrés par semaine.

Le taux de conversion – c’est-à-dire ceux qui décident officiellement de devenir membres – est de 20 %, bientôt 25 %.

C’est encore en rodage et on va bientôt l’ouvrir de façon beaucoup plus large. C’est un peu spécial parce qu’on est dans un mode récession, et de pouvoir apporter de la bouffe gratuite aux Québécois et Québécoises, on pense que c’est bien meilleur pour nous que de dépenser notre argent avec Facebook et Instagram à faire des annonces. Comme ça, la valeur reste au Québec, et même si ces gens-là ne s’abonnent pas, au moins ils ont profité d’une dégustation de légumes de nos fermes.

— Mohamed Hage

Avec le programme de paniers gratuits, l’homme de 41 ans dit vouloir saisir une « opportunité ».

« Les gens pensent qu’on est fous, dans un monde où tout le monde regarde les coûts et oui, les coûts augmentent pour nous. Mais on est tellement convaincus que ce qu’on fait, ça a de l’allure qu’on est prêts à investir dans nos abonnés futurs. »

Un modèle qui n’a pas encore fait ses preuves

Les fermes intérieures sont relativement nouvelles, il y en aurait autour d’une quinzaine dans la province, selon le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec.

Et la plupart sont verticales. Lufa est l’une des rares entreprises dans le monde à avoir opté pour un modèle horizontal à un seul étage, qui s’apparente davantage à la culture traditionnelle en serre.

« Le choix de passer à un niveau, c’était pour garder la complexité à un bas niveau, éviter les bris mécaniques, et garder le coût au pied carré raisonnable », explique M. Hage.

Les fermes verticales sont reconnues comme étant très coûteuses et difficiles à rentabiliser. Certaines d’entre elles ont récemment fait faillite aux États-Unis.

« On a été capables d’avoir un coût de construction moins élevé que pour une serre et [on prévoit] des rendements qui sont meilleurs que ceux d’une serre avec des demandes énergétiques moindres et, surtout, sans avoir à chauffer avec de l’énergie fossile »

La ferme intérieure de Lufa a pu bénéficier du tarif préférentiel d’Hydro-Québec pour la photosynthèse des végétaux fixé à 5,98 cents le kilowattheure.

« Toutes nos serres, même si elles utilisent moins d’énergie qu’une serre traditionnelle au sol, elles sont chauffées avec du gaz naturel. Pour nous, de produire 20 000 unités de verdures par jour à longueur d’année sans utilisation de gaz naturel, c’est un gros avancement dans notre mission », dit M. Hage

Avant d’ajouter : « C’est une vraie salade verte ! »

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Cultiville founder connects landless gardeners to people with land but no green thumb

Urban agriculture groups laud idea but warn it could pose liability issues

Joe Bongiorno
CBC News
Posted: May 22, 2023 4:00 AM EDT | Last Updated: 5 hours ago

A woman holds up a zucchini in a garden.
Sophie Maslon, founder of Cultiville, says she was inspired to create the platform after having trouble getting her hands on gardening space because of long waiting lists. (Submitted by Marvin Moises Almaraz Dosal)

Sophie Maslon grew up in Pointe-Claire, in Montreal’s West Island, where her father’s garden produced a bounty of lettuce, tomatoes and parsley, but it wasn’t until last spring that she really dug her hands into the earth for the first time.

Maslon says she hasn’t been the same person since. The trials and triumphs of growing her own food taught her patience and that it’s OK to make mistakes.

A resident of Montreal’s Plateau-Mont-Royal borough, she searched for a garden space close to home last year. But with waiting lists at community gardens as long as seven years in her borough, Maslon went searching on social media for alternatives farther afield.

Eventually, she found people in the Notre-Dame-de-Grâce borough and Lacolle, near the Quebec-U.S. border, who were willing to offer her some space in their backyards.

That was when she decided to create Cultiville, an online platform to connect people who have land to spare with Montrealers who want to garden but don’t have access to a plot of soil — for free, a fee, or in exchange for share of the harvest or a helping hand.

“I realized that the traditional community garden route isn’t that good,” Maslon said. “So we decided that we needed something, a better way to do it.”

More flexibility, no long waits

In February 2022, the city of Montreal announced a 10-year plan to invest $10 million in developing and renovating garden spaces.

A city spokesperson told CBC the current wait times for community garden space differ from neighbourhood to neighbourhood, with a lack of spaces for new gardens and delays caused by the pandemic contributing to the situation.

By using Cultiville, said Maslon, would-be gardeners won’t be limited to finding a plot in their own neighbourhoods.

“It was one of the problems that I realized with the gardening community. The way that it’s set up for garden-sharing right now is that there are a few nonprofit organizations across the city, but they’re all restricted to their own neighbourhoods.”

A man stands in a greenhouse
Jean-Philippe Vermette, intervention and public policy director at Laboratoire d’agriculture urbaine, says hosts and renters using the platform may face unexpected hurdles. (Submitted by Léonie Rouette Tétreault)

Cultiville launches on May 26, but people are already signing up.

“It seems like a lot of people are really excited for vegetables, over herbs and flowers. A lot of people are looking forward to trying tomatoes for the first time,” Maslon said.

She is hoping Cultiville will take root and sprout across the city.

“Gardening is a way that can bring us together,” she said. “The foundations of strong communities are built off of good food and strong connections between people.”

‘Good in theory’

Pascale Nycz, spokesperson for Cultiver Montréal, an organization that supports and promotes urban agriculture, says the initiative is a “brilliant idea.”

Montreal is seeing a growing demand for urban agriculture close to home, she said, but warns renting space from a private garden comes with its own issues.

Problems arise “if someone doesn’t take care of the garden or at first will take care of it or decide that they go on vacation and forget to take care of it for multiple weeks or months,” she said.

Some people with unused land will not be comfortable with having strangers in their backyards, Nycz said. She also said there is the serious question of who will be held responsible if an incident occurs on private land.

Those kinds of liability issues mean municipalities may in the end be better equipped with the resources and means of oversight, said Jean-Philippe Vermette, intervention and public policy director at Laboratoire d’agriculture urbaine.

Vermette said that Maslon’s idea —“good in theory”— has proven difficult to put into practice elsewhere in North America where it’s been tried.

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Un nouveau jardin pédagogique à Saint-Léonard

Photo: Gracieuseté, Éco-quartier de Saint-Léonard.

Lucie Ferré

22 juin 2023 à 10h54 - Mis à jour 22 juin 2023 à 11h34 2 minutes de lecture

Confronté à la disparition des espaces verts en milieu urbain, l’Éco-quartier de Saint-Léonard a décidé de créer un jardin urbain pédagogique devant son bâtiment situé au 7 800, rue de la Salette à Saint-Léonard. Ce jardin a été inauguré mardi après-midi en présence d’une vingtaine de personnes.

Le jardin a pour but d’offrir aux Léonardois un lieu d’apprentissage, d’échange et de connexion avec la nature, tout en les sensibilisant à l’importance de l’agriculture et de la biodiversité urbaine. Cette initiative contribuerait à lutter contre l’insécurité alimentaire à Saint-Léonard, notamment en accompagnant les citoyens dans la conception de leur propre aménagement urbain.

«Le lancement d’un jardin pédagogique à l’Éco-quartier est une référence environnementale locale et un grand stimulateur d’engagement communautaire», commente l’Éco-quartier de Saint-Léonard.

  • Gracieuseté, Éco-quartier de Saint-Léonard.

  • Gracieuseté, Éco-quartier de Saint-Léonard.

  • Gracieuseté, Éco-quartier de Saint-Léonard.

  • Gracieuseté, Éco-quartier de Saint-Léonard.

  • Gracieuseté, Éco-quartier de Saint-Léonard.

  • Gracieuseté, Éco-quartier de Saint-Léonard.

Gracieuseté, Éco-quartier de Saint-Léonard.

Selon des données de l’Éco-quartier, 1 300 personnes auraient visité le site de l’Éco-quartier de Saint-Léonard en 2022. «Ce projet est enrichissant pour la communauté, et permettra aux citoyens d’adopter des pratiques écologiques», assure le centre.

Le projet a pu recevoir l’appui de l’Arrondissement de Saint-Léonard, de la bibliothèque de Saint-Léonard, du Laboratoire sur l’agriculture urbaine, de la Concertation en Sécurité Alimentaire de Saint-Léonard, et du Carrefour des femmes de Saint-Léonard.

Reportage par Pivot

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Opercule : une ferme d’aquaculture en plein cœur de Montréal

Deux hommes, dont un tient un poisson.
Les deux fondateurs d’Opercule : David Dupaul-Chicoine et Nicolas Paquin.
PHOTO : LA PRESSE CANADIENNE / GRAHAM HUGHES

La Presse canadienne
Publié hier à 14 h 34 HAE

Un sous-sol d’entrepôt dans une zone industrielle de Montréal, près de l’intersection de deux autoroutes, semble à peu près aussi éloigné d’un habitat piscicole que possible.

Toutefois, dès que l’on franchit les portes de la ferme piscicole urbaine Opercule, l’odeur immanquable du poisson remplit l’air.

Après avoir enfilé des bottes en caoutchouc et des blouses de laboratoire, les visiteurs sont accueillis par le bourdonnement constant du système de filtration de l’usine.

Au sous-sol de l’entrepôt faiblement éclairé, des milliers d’ombles chevaliers, un poisson élégant et tacheté de l’ordre des salmonidés, nagent dans une dizaine de bassins ronds.

Un poisson.
La ferme Opercule produit exclusivement de l’omble chevalier.
PHOTO : LA PRESSE CANADIENNE / GRAHAM HUGHES

L’entreprise a été fondée par David Dupaul-Chicoine et Nicolas Paquin. Ils se sont rencontrés pendant leurs études en aquaculture en Gaspésie. Ce qui a commencé comme une expérience d’élevage de poissons dans le garage de M. Dupaul-Chicoine s’est transformé en activité commerciale. Bientôt, leur entreprise pourrait produire entre 25 et 30 tonnes d’ombles chevaliers par an.

La ville comme solution

En élevant des poissons sur terre et en milieu urbain, M. Dupaul-Chicoine et M. Paquin espèrent éviter certains des problèmes associés aux fermes piscicoles à filet ouvert. Certains défenseurs de l’environnement soupçonnent ces installations de nuire au stock sauvage en propageant des maladies ou des parasites. Elles présentent aussi un risque lorsque des poissons s’en échappent et se croisent avec des espèces sauvages.

Nous n’essayons pas de prouver quoi que ce soit, mais nous essayons de faire les choses comme nous pensons qu’elles devraient être faites, a déclaré M. Dupaul-Chicoine. Nous élevons des poissons pour les vendre et nous pensons à chaque petite étape de la production. La façon dont nous livrons, la façon dont tout est fait, nous essayons de le faire d’une manière plus respectueuse de l’environnement.

Un bassin rempli de poisson.
Les bassins dans lesquels grandit l’omble chevalier.
PHOTO : LA PRESSE CANADIENNE / GRAHAM HUGHES

L’entreprise utilise un système de recirculation qui filtre l’ammoniac et le dioxyde de carbone de l’eau, qui est ensuite réinjecté avec de l’oxygène et pompé vers les réservoirs, ce qui réduit considérablement sa consommation d’eau.

Son emplacement en milieu urbain réduit les émissions de gaz à effet de serre, car les livraisons aux restaurants peuvent être effectuées sur des vélos électriques. De plus, les entrepreneurs ne tuent les poissons qu’une fois qu’ils sont commandés, ce qui réduit les pertes. Ils ont même remplacé les contenants de livraison en polystyrène par des boîtes en carton isolé.

Avantages et inconvénients

L’omble chevalier a été choisi parce qu’il se vend à bon prix et que ces poissons restent en bonne santé dans de petits espaces.

Plusieurs poissons dans l'eau.
L’omble chevalier est produit par Opercule dans une perspective urbaine.
PHOTO : LA PRESSE CANADIENNE / GRAHAM HUGHES

Le seul inconvénient sur le plan environnemental est que l’usine de transformation consomme beaucoup d’électricité. Leur modèle économique, dit M. Dupaul-Chicoine, n’aurait probablement aucun sens si l’usine fonctionnait au charbon. Heureusement pour eux, le Québec dispose d’une grande quantité d’hydroélectricité bon marché et relativement propre.

Le duo affirme que son plus grand défi a été d’obtenir les permis nécessaires, un processus qui a pris environ deux ans après le démarrage de l’entreprise, en 2019. Puisqu’il faut de 15 à 16 mois pour qu’un œuf devienne un poisson de la taille du marché, les premières ventes n’ont été effectuées qu’au début de 2023.

Un système de filtration intérieur comme celui d’Opercule a également besoin d’entretien et d’un flux constant d’électricité. Parmi les moments les plus stressants que les deux hommes ont vécus figure une panne de courant de deux jours survenue lors d’une tempête de verglas plus tôt cette année. Ils craignaient que leur générateur tombe en panne et qu’ils perdent du poisson.

Vous devez vous assurer d’avoir des plans B, et des plans B du plan B.

Une citation de David Dupaul-Chicoine, cofondateur d’Opercule

Un système voué à réussir

Grant Vandenberg, spécialiste de l’aquaculture au département des sciences de l’agriculture et de l’alimentation de l’Université Laval, affirme que les fermes terrestres à recirculation d’eau présentent certains avantages par rapport aux élevages dans des enclos en filet, qui sont des cages fermées flottant dans des sources d’eau naturelles.

Les fermes terrestres éliminent les préoccupations concernant les interactions environnementales entre les poissons sauvages et d’élevage, et les déchets sont plus faciles à collecter et peuvent même être recyclés en engrais pour les plantes, a-t-il expliqué.

Cependant, les fermes terrestres sont plus chères à mettre en place et à exploiter, et nécessitent plus de main-d’œuvre, de machines et d’énergie que les enclos en filet, a déclaré M. Vandenberg. Il serait très difficile pour certains d’être concurrentiels sur le plan économique, a-t-il dit, notant que les consommateurs ont la possibilité d’acheter du poisson importé produit pour moins cher dans d’autres pays ou d’autres provinces.

M. Vandenberg a affirmé qu’en dépit des controverses, la pisciculture a un rôle important à jouer dans la prévention de la surpêche des populations sauvages. L’amélioration de la technologie piscicole, a-t-il ajouté, réduit l’impact environnemental de l’industrie.

Tout comme l’agriculture a largement remplacé la chasse en ce qui concerne la viande, nous devons également arrêter de pêcher le poisson, et je pense que la réponse est de les produire, a-t-il soutenu.

Régler un problème alimentaire

La pisciculture améliorerait aussi la souveraineté alimentaire, a indiqué M. Vandenberg, notant que le Québec, qui n’utilise pas d’enclos en filet en eau libre, ne produit que 7 % de la truite qu’il consomme. Il a dit que l’exploitation de MM. Paquin et Dupaul-Chicoine représente un modèle intéressant parce que la proximité de l’usine avec son marché réduit les coûts d’expédition et garantit un poisson plus frais.

Des sacs de nourriture à poisson.
L’entreprise doit avoir un stock de nourriture de poisson bien rempli en tout temps.
PHOTO : LA PRESSE CANADIENNE / GRAHAM HUGHES

M. Dupaul-Chicoine et M. Paquin ont déclaré qu’ils ont dû dépenser environ un million de dollars pour lancer leur pisciculture, qui comprend une installation de transformation, et ils admettent que cela n’aurait pas été possible sans les subventions du gouvernement provincial. Cependant, ils se sont dits satisfaits des premières ventes, notant qu’ils ont récemment dépassé le seuil de rentabilité opérationnelle.

Jusqu’à présent, ils n’ont aucun regret. Avant cela, j’avais une carrière d’ingénieur en mécanique et j’ai décidé que je voulais changer, a raconté M. Paquin. Donc, pour moi, c’est amusant, même si c’est difficile.

Une fois qu’ils auront prouvé aux investisseurs et à eux-mêmes que leur modèle d’entreprise peut être couronné de succès, ils espèrent se développer dans un établissement plus grand.

Montréal, capitale de l’agriculture urbaine

Un toit vert.
Le Laboratoire d’agriculture urbaine du Palais des congrès de Montréal.
PHOTO : TOURISME MONTRÉAL / SUSAN MOSS

David Savoie
Publié à 4 h 00 HAE

Montréal est la capitale mondiale de l’agriculture urbaine, devant New York, Paris ou Bruxelles. C’est ce qui ressort d’une étude financée par l’Office montréalais de la gastronomie, une initiative de Tourisme Montréal, que Radio-Canada a pu consulter en exclusivité.

L’équipe d’Éric Duchemin, du Laboratoire sur l’agriculture urbaine, a comparé la métropole à dix autres villes dans le monde, comme Chicago, New York, Londres ou Paris, en utilisant des paramètres comme le nombre d’entreprises en agriculture urbaine, la superficie de potagers cultivés ou encore le nombre de jardins pédagogiques. En combinant tous ces facteurs, la métropole québécoise se classe première.

L’idée de cette étude, ce n’est pas de se ‘péter les bretelles’, de dire qu’on est les meilleurs, qu’on n’a rien à faire. C’est de dire: ‘on est bons, on est un exemple pour les autres, je pense qu’il faut le reconnaître. Mais on l’est parce qu’il y a eu du soutien.

Une citation d’Éric Duchemin, directeur scientifique et formation, Laboratoire sur l’agriculture urbaine

Celui qui a piloté l’étude ajoute qu’en se comparant, il est possible de voir là où Montréal pourrait mieux faire. Si Montréal fait très bonne figure dans les jardins communautaires, par exemple, la métropole a du chemin à parcourir dans le domaine des jardins pédagogiques, face à une ville comme New York, où 75 % de ses écoles proposent une initiative de production alimentaire.

Fermes urbaines

Montréal dépasse largement les autres villes au chapitre du nombre d’entreprises qui œuvrent en agriculture urbaine. La métropole en compte 57. En comparaison, Chicago en dénombre 33, Paris, 30 et Bruxelles, 36.

Et il se produit de tout sur l’île de Montréal : des champignons au miel, en passant par des micropousses et du poisson.

S’il y a bien une entreprise que les gens associent à l’agriculture urbaine, ce sont les Fermes Lufa.

Une serre des Fermes Lufa.
Une serre des Fermes Lufa.
PHOTO : RADIO-CANADA / OLIVIER BACHAND

Sur le toit d’un édifice du quartier Ahuntsic, la directrice des communications des fermes Lufa, Yourianne Plante, montre quelques-uns des végétaux qui poussent dans la toute première serre des Fermes Lufa.

L’entreprise a connu une croissance importante durant la pandémie, passant de 15 000 commandes hebdomadaires à 30 000. Les gens ont réalisé l’importance de s’approvisionner localement, explique Yourianne Plante.

À son avis, le principal défi de l’agriculture urbaine en ce moment, c’est le même qu’aux débuts des Fermes Lufa : la rentabilité.

On a réussi, avec Montréal, à démontrer que ça se peut, rentabiliser l’agriculture urbaine, maintenant, est-ce qu’on peut reproduire le modèle, puis est-ce qu’on peut l’améliorer en continu. C’est là-dessus qu’on travaille.

Une citation de Yourianne Plante, directrice des communications des fermes Lufa

Elle pointe du doigt le toit d’un autre édifice, où une structure blanche est érigée. C’est le toit d’un magasin du Marché Central, qui accueillera la cinquième serre des Fermes Lufa, de 130 000 pieds carrés (environ 12 000 mètres carrés).

Selon Yourianne Plante, les choses ont beaucoup évolué dans le domaine.

Ce qu’on imagine, c’est que d’ici quelques générations, les serres sur toit vont devenir un peu comme les panneaux solaires. Les promoteurs, développeurs immobiliers vont vouloir des serres sur leur toit, puis ça va devenir une évidence, estime-t-elle.

La suite

C’est Tourisme Montréal qui a financé l’étude sur l’agriculture urbaine. On pense que ce nouveau titre de capitale mondiale de l’agriculture urbaine va venir renforcer notre titre de destination gastronomique de premier plan, soutient la porte-parole de Tourisme Montréal, Aurélie de Blois. Nous, on prend cette étude-là comme une belle tape dans le dos, mais ce sont aussi les points à travailler qui nous intéressent.

Reste que l’agriculture urbaine, malgré sa vigueur actuelle, n’est encadrée par aucune stratégie du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, le MAPAQ. Ce qui veut dire assez peu de moyens et de vision pour le développement à long terme.

Ce que j’espère surtout, c’est que les différents acteurs responsables du développement soient toujours présents, que le soutien soit là, qu’on commence à réfléchir à une stratégie. Pendant longtemps, on a développé l’agriculture urbaine un peu à droite, à gauche, selon les demandes, sans aucune vision, sans aucune stratégie de développement, je pense que maintenant, on est rendus à cette étape-là, conclut Éric Duchemin, du Laboratoire sur l’agriculture urbaine.

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En lien avec l’article, le reportage au Téléjournal

Agriculture urbaine : la ville de Montréal au sommet

L’Office montréalais de la gastronomie a comparé dix villes réputées pour leur agriculture urbaine et Montréal sort gagnante devant Bruxelles, Chicago, Paris et New York.

C’est à Montréal qu’il y a le plus de jardins communautaires et d’entreprises en agriculture urbaine.

Le reportage de Sarah Déry

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Y a-t-il trop de fermes à Montréal ?

PHOTO CHARLES WILLIAM PELLETIER, ARCHIVES COLLABORATION SPÉCIALE

La nouvelle ferme intérieure de Fermes Lufa dans Saint-Laurent

Tourisme Montréal a dévoilé cette semaine les résultats d’une étude comparative : Montréal serait la capitale mondiale de l’agriculture urbaine. Dans cette terre fertile, les entreprises agricoles commerciales doivent faire face à un nouveau défi, qu’elles n’avaient pas vu venir : la concurrence.

Publié à 1h04 Mis à jour à 5h00

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Stéphanie Bérubé
Stéphanie Bérubé La Presse

« Quand on a commencé, on était pas mal seules sur le marché des champignons hyperlocaux, à Montréal. On pouvait quasiment choisir nos clients parce qu’on avait une production plus limitée et la demande était forte. Maintenant, il y a de la compétition », avoue Dominique Lynch-Gauthier, cofondatrice de Blanc de gris.

Née en 2015, cette PME est une pionnière des champignons urbains.

Dès le départ, les champignons signés Blanc de gris étaient essentiellement destinés aux restaurants, comme c’est beaucoup le cas pour les pleurotes, enoki ou champignons homards qui poussent à Montréal.

Or, en plus de la multiplication des champignonnières, l’inflation alimentaire qui frappe le milieu de la restauration vient ajouter de la pression sur cette jeune industrie.

Certains commencent à dire ouvertement (ou non) que le marché est pratiquement saturé, bien que la plupart des entreprises aient des projets d’expansion.

PHOTO JOSIE DESMARAIS, ARCHIVES LA PRESSE

Il y a autour de 125 fermes urbaines commerciales au Québec, dont 12 % sont des champignonnières.

« Je pense qu’on est suffisamment nombreux pour satisfaire la demande dans la restauration et les particuliers foodies qui sont prêts à venir jusque chez nous pour des champignons, poursuit Dominique Lynch-Gauthier. Par contre, il y a peut-être d’autres segments de marché à développer. Celui de la transformation alimentaire, par exemple, est peu exploité par les producteurs urbains. »

C’est ce que fait 400 pieds de champignons, qui produit une dizaine de variétés dans Côte-des-Neiges et qui continue d’étendre sa gamme. Le propriétaire de la ferme, Michaël Loyer, a trouvé le chemin de la rentabilité en ajoutant quelques cordes à son arc, dont la transformation, en concoctant des produits véganes à base de champignons.

Depuis la fondation de son entreprise, en 2018, il a vu apparaître plusieurs petites fermes en ville, dont quelques champignonnières. « Juste à Montréal et aux alentours, on doit être une dizaine », dit Michaël Loyer, qui avoue que « ça commence à jouer du coude ».

Je pense que pour le moment, nous ne sommes pas trop, mais il ne faudrait pas que ça continue comme ça, parce que oui, on pourrait le devenir.

Dominique Lynch-Gauthier, cofondatrice de Blanc de gris

Selon le Laboratoire sur l’agriculture urbaine, il y a environ 125 fermes urbaines commerciales au Québec, et la moitié se trouvent à Montréal.

On peut difficilement dire qu’il y en a trop, selon Éric Duchemin, directeur scientifique du Laboratoire, qui les a pratiquement toutes vues naître depuis qu’il travaille dans ce domaine, à Montréal.

Jeudi, Tourisme Montréal a dévoilé le rapport La place de Montréal parmi les grandes villes d’agriculture urbaine : une étude comparative entre 10 villes au Canada, États-Unis et Europe. Montréal arrive en première place.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Selon Éric Duchemin, directeur scientifique du Laboratoire sur l’agriculture urbaine, il reste beaucoup de travail pour faire connaître les fermes urbaines et valoriser leurs produits.

Ce n’est pas qu’il y a trop de fermes urbaines, c’est qu’actuellement, la situation économique des restaurants n’est pas bonne. Et les consommateurs, on a encore de la misère à les rejoindre.

Éric Duchemin, directeur scientifique du Laboratoire sur l’agriculture urbaine

L’inflation s’invite à table

Les entrepreneurs en agriculture urbaine sont d’accord sur ce point : la hausse du prix des aliments a complètement changé la donne pour ce marché de niche.

« Les restaurants en arrachent ces temps-ci. Ils ont le choix d’acheter des champignons de Pologne qui sont moins chers, presque la moitié du prix, ou d’acheter québécois. Bien souvent, la Pologne passe avant », dit Michaël Loyer. Son 400 pieds de champignons a aussi vu un effet de l’inflation alimentaire sur ses ventes directes aux consommateurs. Cet été, ses ventes dans les marchés publics sont en baisse de 40 %.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

« Les habitudes d’achat ont vraiment changé, explique Michaël Loyer. Les propriétaires d’épiceries fines nous le disent. »

Les Fermes urbaines Ôplant, installées dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, voient aussi ce changement de comportement.

Le printemps et l’été ont été moins « enthousiastes », confie Benoit Gonneville-Damme, directeur de la technologie chez Ôplant.

Pour les pousses, en plus de l’inflation, la saisonnalité affecte les ventes, explique-t-il, précisant qu’une salade à 0,99 $ est plus attirante qu’une barquette de micropousses qui se détaille cinq fois plus cher.

Ôplant divise ses ventes entre les épiceries et les restaurateurs.

Les surplus, importants l’été, sont écoulés par l’entremise de l’application antigaspillage Too Good to Go ou même des banques alimentaires, les semaines de très grands surplus.

L’entreprise est d’ailleurs en train de réviser ses prévisions pour y inclure les dons et les pertes, selon les saisons.

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Avec huit années d’existence, Ôplant a eu le temps de voir arriver la concurrence.

On sait que c’est un produit de niche. On en est conscients. Et il y a toujours des gens qui pourront acheter un produit de niche en récession, mais ce n’est pas tout le monde. On travaille fort à le démocratiser, ce produit-là. Pour baisser nos coûts et le rendre plus abordable. Mais c’est très, très, très difficile.

Benoit Gonneville-Damme, directeur de la technologie chez Ôplant

À titre indicatif, la première ferme urbaine du Québec, Pousse-Menu, s’est implantée à Montréal en 1988 – bien avant le début du mouvement. Selon Éric Duchemin, c’est peut-être la première ferme urbaine au monde. Une vingtaine d’années plus tard, en 2011, les Fermes Lufa ont pris racine sur un toit du quartier Ahuntsic, avec leurs premières serres commerciales. Lufa a aujourd’hui quatre serres urbaines, sur des toits, en aura une cinquième, qui est en construction au Marché Central de Montréal, en plus d’une nouvelle ferme intérieure dans Saint-Laurent.

Avec ce développement rapide de l’agriculture urbaine à Montréal, on ne peut pas dire qu’il y a trop de fermes en ville, dit Sarah Farley-Gélinas, présidente-directrice générale d’Ôplant, qui croit que le problème est plutôt le manque d’espace pour les produits québécois à l’épicerie.

Il se mange une tonne de salade au Québec et il s’en mange à l’année. On est un peuple qui mange beaucoup de légumes. Il y a de la place pour plus de choix.

Sarah Farley-Gélinas, présidente-directrice générale d’Ôplant

Selon elle, l’industrie est jeune et encore en train de se définir. Ôplant fait partie des quelques fermes urbaines qui ont le volume nécessaire pour alimenter un réseau d’épiceries.

Les cycles de production durent de deux à trois semaines, du semis à la récolte, ce qui donne plus de vélocité à l’entreprise. Les verdures sont livrées le jour même de la récolte, au plus tard le lendemain, et il y a deux récoltes par semaine.

Les pousses d’Ôplant sont vendues dans le réseau Sobeys. Au total, une cinquantaine d’épiceries les proposent présentement. L’objectif est de passer à une centaine d’ici la fin de l’année et d’approvisionner tous les IGA du Québec.

Depuis un an, la production a plus que doublé chez Ôplant, qui caresse aussi des projets de diversification originaux.

« Il y a une place pour les bons joueurs, dit Sarah Farley-Gélinas. Il y a une place pour les produits de qualité. »

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Éric Duchemin, directeur scientifique du Laboratoire sur l’agriculture urbaine

Où est le soutien ?

Selon Éric Duchemin, directeur scientifique du Laboratoire sur l’agriculture urbaine, les fermes doivent avoir un meilleur soutien public. D’autant, dit-il, qu’elles sont souvent prises entre deux ministères pour obtenir de l’aide : le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), puisque ce sont des entreprises agricoles, et le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, car elles travaillent en technologie.

« On a besoin d’avoir une vision gouvernementale, poursuit Éric Duchemin. À ma connaissance, le gouvernement du Québec a été la première entité gouvernementale à avoir une stratégie sur l’agriculture urbaine au Canada. Mais cette stratégie-là n’a pas été renouvelée. Elle n’existe plus depuis trois ans. »

PHOTO JOSIE DESMARAIS, ARCHIVES LA PRESSE

Gabriel Roy Doyon et Guillaume Dagher, fondateurs de la ferme Grenouille rouge, installée dans Ahuntsic. La ferme fait des micropousses et des champignons.

Faire des petits

Le modèle de la ferme Grenouille rouge est un peu différent : l’idée est de faire des petits. « Une vision à long terme, ça n’est pas nécessairement une croissance à tout prix », dit l’un des deux cofondateurs de l’entreprise, Guillaume Dagher. « Le marché de Montréal, c’est notre première ferme », précise son collègue, Gabriel Roy Doyon. Le plan d’affaires initial prévoyait déjà la multiplication des points de production, au Québec, mais aussi à l’étranger. Cela permettrait de contribuer à décentraliser l’agriculture, disent les deux entrepreneurs. Et donnerait la possibilité de pratiquer une agriculture là où l’accès aux terres est un enjeu.

PHOTO DOMINICK GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE

David Dupaul Chicoine et Nicolas Paquin, d’Opercule

Poissons de ville

Les champignons et les micropousses sont populaires en agriculture urbaine ; les poissons, un peu moins. Ce qui n’a pas empêché deux entrepreneurs de se lancer dans l’élevage de l’omble chevalier à la Centrale agricole, dans Ahuntsic. Opercule est une toute jeune ferme : les activités ont vraiment commencé en février, cette année. David Dupaul Chicoine, cofondateur, explique que le démarchage a été plus difficile que prévu, malgré un plan d’affaires soigneusement ficelé. « On est allés dans plus de 200 restaurants présenter le produit », dit-il. Une quarantaine a accepté de travailler avec les ombles d’Ahuntsic, livrées par vélo pour tous les partenaires montréalais. En fait, explique l’entrepreneur, les poissons arrivent si frais que les chefs doivent attendre un peu avant de les travailler, car ils sont trop rigides…

PHOTO JOSIE DESMARAIS, LA PRESSE

Julia Janson, des Jardins de la Renarde, utilise des résidus de l’élevage d’insectes fait dans le même édifice que son entreprise pour faire pousser ses fleurs sur le toit de la Centrale agricole.

Modèle coopératif

Les fleurs poussent sur le toit, des champignons au troisième étage et des cactus au deuxième. La Centrale agricole est voisine d’un Canadian Tire, dans un quartier peu reconnu pour sa verdure, où l’économie circule à coups de récupérations et d’investissements ciblés. La Centrale agricole est un modèle coopératif où les membres, 19 pour le moment, partagent des espaces, des connaissances et des services – par exemple, un parc de véhicules électriques, qui sera bientôt plus grand. L’économie circulaire est une pratique commune essentielle et le sera pour les nouveaux venus, car la Centrale a une poussée de croissance : elle devrait passer de 75 000 pieds carrés actuellement à plus de 130 000 pieds carrés, à court terme.

En savoir plus

  • 21 %
    Augmentation du nombre de fermes urbaines au Québec, entre 2020 et 2021

source : Carrefour de recherche, d’expertise et de transfert en agriculture urbaine

12
Une douzaine d’entreprises agricoles commerciales ont cessé leurs activités en 2021, dont sept avaient moins de cinq ans.

source : Carrefour de recherche, d’expertise et de transfert en agriculture urbaine

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La vie, la ville Le pouvoir des tournesols

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Dix mille tournesols sont en fleur à la Prairie Louvain.

Notre journaliste se balade dans le Grand Montréal pour parler de gens, d’évènements ou de lieux qui font battre le cœur de leur quartier.

Publié à 1h18 Mis à jour à 9h00

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Émilie Côté
Émilie Côté La Presse

Ça y est : les 10 000 tournesols sont en fleur dans le District central, secteur de Montréal anciennement connu sous le nom de Chabanel, qui est en véritable métamorphose. « On n’en revient pas comment ça pousse ! », s’exclame Hélène Veilleux, directrice générale de la Société de développement commercial (SDC) District central, alors que des cyclistes arpentent l’un des deux sentiers qui permettent de se balader à travers les hauts plants fleuris.

Des cyclistes en mode récréotouristique dans Chabanel, ancien cœur de l’industrie du textile ? C’était plutôt improbable avant que le terrain situé au 50-150, rue de Louvain Ouest – qui était encore vacant en septembre dernier – devienne la Prairie Louvain, où on trouve aussi l’esplanade du même nom et où il y a des 5 à 7 et des cours de yoga.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Il avait été envisagé d’aménager une cour de voirie sur le terrain, qui appartient à la Ville de Montréal.

Le terrain appartient à la Ville depuis 2012. Le bâtiment qui y a été démoli a longtemps été occupé par l’usine Montreal Works, qui fabriquait… des munitions pour des fusils-mitrailleurs !

Les milliers de tournesols qui s’y élèvent aujourd’hui sur une superficie de 1625 mètres carrés jouent un rôle plus rassembleur et attrayant. « La communauté nous a demandé d’ajouter du vert, notamment pour attirer de la main-d’œuvre », indique Hélène Veilleux, de la SDC, qui compte 25 000 travailleurs et qui constitue le quatrième pôle d’emplois en importance à Montréal.

C’est un consortium formé de Zaraté Lavigne Architectes, Humà Design et Architecture et En temps et lieu qui a proposé l’idée du champ de tournesols. « Nous avons été éblouis par le projet et séduits par son audace, mais c’était un défi pour une petite organisation comme la nôtre, ne serait-ce que pour avoir les autorisations », souligne Mme Veilleux.

Défi aussi pour le Laboratoire sur l’agriculture urbaine (AU/LAB), qui avait le mandat de faire pousser les 10 000 tournesols de cinq variétés. Il a d’abord fallu construire une serre urbaine afin de faire pousser les semis. « Ce projet est vraiment différent de ce qu’on fait habituellement », précise Noémie Roy, responsable de la production agricole d’AU/LAB.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

La serre où ont poussé les semis

Elle éclate de rire quand on lui demande si c’était « stressant ». « Tellement : les oiseaux, les ravageurs, les vents… », énumère-t-elle.

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Noémie Roy, responsable de la production agricole d’AU/LAB

Mais quelle gratification quatre mois plus tard. « C’est beau de voir combien il y a de pollinisateurs et de biodiversité. Et ce n’est pas juste beau : il y a plein de choses qu’on peut faire avec ça », se réjouit l’agricultrice urbaine.

Le projet Métamorphose

Les tournesols font partie du projet Métamorphose, qui veut faire de la Prairie Louvain un lieu de rassemblement où se tiennent des évènements réunissant des entreprises, des artisans et des résidants du quartier. Cela fait aussi partie du plan de verdissement du District central, qui s’est doté d’un plan d’intervention jusqu’en 2028.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

La directrice générale Hélène Veilleux et la directrice de la stratégie et des relations d’affaires Geneviève Dufour soulignent que la Prairie Louvain représente le plus gros investissement financier pour un seul projet à ce jour pour la Société de développement commercial District central.

Notre SDC est particulière. Nous ne sommes pas une artère commerciale, mais un secteur industriel de trois kilomètres carrés qu’on requalifie en quartier d’affaires axé autour de trois pôles : design, manufacture urbaine et technologie.

Geneviève Dufour, directrice de la stratégie et des relations d’affaires de la SDC District central

Les tournesols jouent un rôle de verdissement et de liant social, mais la SDC veut aussi leur trouver une autre fonction, d’où un atelier qui avait lieu mercredi dernier, auquel nous avons participé.

Une vingtaine d’organisations étaient réunies – des gens de design, de mode, d’art public, d’agriculture urbaine, de Tourisme Montréal et même de la Santé publique – pour réfléchir à l’utilisation des hauts plants et des fleurs dans une perspective d’économie circulaire. « Aujourd’hui, l’objectif est très simple. Comment transformer les tournesols ? », a dit en introduction Geneviève Dufour.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Percolab était responsable d’animer l’atelier.

Les participants ont proposé différents usages : de l’huile, des bouquets ornementaux, du compost, de la teinture, des médicaments, de la fibre, du thé, de la farine et, bien entendu, des graines à grignoter. Il a même été question de concevoir des instruments de musique avec les tiges. Ou encore du mobilier urbain qui pourrait servir l’hiver… Pourquoi pas un labyrinthe ?

Le foisonnement d’idées et de possibilités était impressionnant. À notre table, une participante, Alycia Turgeon du centre d’artistes Eastern Bloc, disait par exemple avoir des contacts à l’Atelier Retailles. Qui sait, peut-être pourrait-on transformer les résidus de tournesol en textile ou même en cuir végétal ?

Accueillir des groupes scolaires ? Offrir des activités d’autocueillette ?

Il n’y a jamais assez d’idées et elles ne sont jamais folles. C’est de l’intelligence collective.

Hélène Veilleux, directrice générale de la SDC District central

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Il y a cinq variétés de tournesols : mammouth, black dye, commun, sonja et rouge.

En attendant les récoltes et de savoir ce qu’il adviendra des tournesols cet automne, la SDC convie le public à un grand défilé dans les allées du champ le 19 septembre, lors de la Semaine Mode de Montréal. Les gens pourront voir les créations et collections d’entreprises installées dans Chabanel, dont Buffalo David Bitton, CAT, Agence JLG, Julei, Ookpik, Créations Gama, Proud Diamond et Kid’s Stuff.

Dire que ces fleurs du soleil poussent où on fabriquait des munitions d’armes. Sans doute un signe d’espoir pour les idées de grandeur du District central.

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Sur le site web de Zaraté Lavigne

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SDC District Central Comment 10 000 tournesols peuvent ensoleiller tout un quartier

Ils se dressent fièrement depuis l’été dernier, à l’image des hauts bâtiments voisins, et voient défiler les familles, les collègues de bureau et les artistes du quartier. Voici comment La Prairie Louvain et ses 10 000 tournesols symbolisent l’inventivité, la créativité et la résilience du District Central de Montréal, de terrain vague à lieu rassembleur.

Publié le 13 octobre

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Nourrir un terreau fertile d’innovation

PHOTO DOMINIC CHAMBERLAND

Hélène Veilleux, directrice générale de la SDC District Central lors de l’événement du codesign le 23 août dernier.

Formé des secteurs Acadie, Marché Central, Sauvé, Saint-Laurent et Chabanel, le District Central forme un pôle économique majeur. Quelque 2 000 entreprises employant 25 000 personnes y sont concentrées dans seulement 3 km2, et il reste des locaux pour en accueillir bien plus.

Peu d’endroits à Montréal offrent d’aussi grands espaces, avec de hauts plafonds et un cadre bâti aussi robuste, à prix abordable.

Hélène Veilleux, directrice générale, SDC District Central

En plus des traditionnels acteurs de la Cité de la Mode et de l’industrie textile regroupés sous le pôle d’affaires Design, un nombre croissant de jeunes pousses et de petites et moyennes entreprises (PME) orientées vers les technologies et la manufacture urbaine y trouvent leur place. Le secteur se prête également à l’adoption d’un circuit court, grâce aux mises en relation entre entreprises locales facilitées par la SDC (Société de développement commercial) District Central, qui agit en tant que connecteur d’occasions d’affaires.

Cultiver l’idée de réinventer le quartier

Or le travail n’est pas tout : les gens souhaitent aussi vivre et s’épanouir dans un quartier complet, avec un esprit de communauté et des services de proximité. Cinq années de consultation ont mis en lumière le désir de verdir et d’embellir le territoire; d’en faire un milieu dynamique qui concilie vie d’affaires et vie de société.

La SDC District Central a développé dès lors un Plan d’interventions Signature du territoire, qui comprend de la signalisation, du mobilier urbain et de multiples actions paysagères, dans le but de passer de l’idée aux actions. L’organisme et ses partenaires de réalisation ont mis ce vaste chantier en branle avec un premier « geste signature » d’envergure, en mai dernier : la plantation de 10 000 tournesols sur un terrain vacant, au coin de la rue Louvain et de l’avenue de l’Esplanade.

Le tournesol est à l’image du quartier : monumental . Il s’adapte, il grandit jusqu’à des hauteurs spectaculaires et il fleurit même dans des conditions exigeantes.

Hélène Veilleux, directrice générale, SDC District Central

Semer l’émerveillement

PHOTO CHARLES-OLIVIER BOURQUE

Atelier « ici, on se cultive » animé par le Laboratoire sur l’agriculture urbaine le 23 août dernier.

Ce geste symbolique représente l’investissement le plus important à avoir été fait à ce jour par la SDC District Central. Les efforts quant à la plantation, à l’irrigation, à la réglementation et à l’implication du milieu en valent le résultat, à savoir : un site enchanteur dont la beauté ne peut pleinement être appréciée qu’en y mettant les pieds.

Grâce à l’appui financier de Tourisme Montréal et de YUL ainsi qu’au soutien de la Ville de Montréal, La Prairie Louvain offre une expérience renversante qui se vit à partir du cœur . Les gens n’en reviennent tout simplement pas.

Hélène Veilleux, directrice générale, SDC District Central

Le calendrier estival a tôt fait de se remplir d’activités : formations par le Laboratoire sur l’agriculture urbaine (AU/LAB) et Ville en vert, ateliers de création artistique, rassemblement de la communauté d’affaires… sans oublier la finale, le Grand défilé du District Central, qui a eu lieu le 19 septembre à l’occasion de la Semaine Mode de Montréal. L’espace éphémère Esplanade Louvain y accueille aussi des séances de yoga, des événements musicaux de même que des travailleuses et travailleurs en quête d’air frais (et de Wi-Fi gratuit).

Récolter les bienfaits

PHOTO CHARLES-OLIVIER BOURQUE

La SDC District Central entourée de ses partenaires de réalisation : le consortium Zaraté Lavigne Architecture, Humà Design + Architecture et En Temps et Lieu, Îlot 84, Laboratoire sur l’agriculture urbaine et l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville.

Après un été de souvenirs ensoleillés, les 10 000 tournesols du projet seront revalorisés, et plusieurs pistes sont envisagées pour leur récolte, dont l’idée de nourrir les oiseaux et les insectes pollinisateurs, l’autocueillette, le compostage, la recherche et développement ainsi que le prototypage de mobilier urbain.

Bien qu’elle soit éphémère, cette intervention revêt ainsi un caractère durable et, surtout, laisse derrière un modèle d’innovation à répliquer. Elle annonce d’autres « champs de transition » que tout le quartier pourra s’approprier, au rythme de son développement.

Le District Central est peut-être à l’heure actuelle l’un des plus importants îlots de chaleur à Montréal, ce projet structurant démontre bien que sa communauté entend changer le cours des choses, une semence à la fois.

La revitalisation du territoire passe par la connectivité et en prenant nos responsabilités collectives, tant à titre d’individus que d’entreprises. En motivant tout l’écosystème, le District Central peut même aspirer à devenir le quartier le plus vert de Montréal.

Hélène Veilleux, directrice générale, SDC District Central

Explorez le District Central

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Bye-bye, gazon, bonjour, forêt

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

L’équipe d’Arbre-Évolution à l’œuvre au parc Gilles-Latulippe, à Longueuil

Remplacer le gazon par des arbres fruitiers, des fines herbes, des plantes médicinales… De plus en plus de municipalités du Québec décident de planter dans leurs parcs et leurs espaces verts des forêts nourricières. Dans leur cour ou à l’avant de leur maison, des citoyens font de même. Pourquoi et comment démarrer ce type d’aménagement ? Petit guide pour s’y retrouver.

Mis à jour à 12h00

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Véronique Larocque
Véronique Larocque La Presse

Une forêt nourricière, c’est quoi ?

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Noah Rouyère dispose une partie des plantes du projet.

Lorsqu’on pense à une forêt, on imagine inévitablement un grand espace où pousse une multitude d’arbres. Parfois, c’est d’ailleurs avec un certain étonnement que des citoyens découvrent que la forêt nourricière inaugurée dans un parc de leur quartier ne comprend que quelques spécimens d’arbres fruitiers, raconte Noah Rouyère, de la coopérative Arbre-Évolution.

Par exemple, au parc Gilles-Latulippe, à Longueuil, où La Presse a rejoint son équipe lors d’une journée de plantation en septembre, le projet comptait moins d’une dizaine d’arbres. « Une forêt nourricière, c’est un aménagement comestible qui imite les principes d’une forêt », décrit-il. Et comme dans une forêt naturelle, on trouve différentes strates de végétaux. Oui, il y a des arbres, bien entendu, mais également des arbustes, des herbacés, des plantes grimpantes, énumère Noah Rouyère.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Wen Rolland, formateur et designer écologique, photographié dans sa cour

« On cherche à créer un écosystème », explique le formateur et designer écologique Wen Rolland, à qui l’on doit le terme « forêt nourricière » pour désigner ce type d’aménagement qu’ailleurs on décrit comme une food forest ou une forêt-jardin. « On crée quelque chose qui est nourricier pour nous, les humains, mais aussi pour les oiseaux, les insectes. On veut aussi nourrir le sol. […] C’est beaucoup plus que simplement un endroit où l’on vient mettre des plantes », poursuit-il en entrevue téléphonique.

« La forêt nourricière, ça se veut très diversifié », souligne Noah Rouyère, de la coopérative Arbre-Évolution. Dans ce parc situé à deux pas de la station de métro Longueuil–Université de Sherbrooke, pruniers, cerisiers, framboisiers côtoieront plants de fraises, de lavande, d’argousiers et bien d’autres. Pourquoi miser sur la diversité ? « C’est important pour la résilience des aménagements », répond-il. Une plus grande diversité rend la forêt nourricière moins sensible aux maladies.

Des plantes aux multiples fonctions

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Le plus récent projet de Wen Rolland, au parc Saint-Simon-Apôtre, à Montréal

Avant de jouer dans la terre, mieux vaut bien réfléchir à l’aménagement que l’on souhaite créer, insiste Wen Rolland, qui donne des formations sur le sujet depuis 13 ans. « On plante quelque chose pour 30, 40, 50 ans », rappelle-t-il.

Cette planification passe d’abord par le choix des végétaux. Ceux-ci peuvent être divisés en deux grandes catégories, qui parfois se recoupent : les plantes comestibles et les plantes utiles.

Dans les plantes comestibles, on a tous les petits fruits, les fines herbes, etc. Dans les plantes utiles, on va avoir les plantes de fertilité, soit celles qui aident à fixer de l’azote dans le sol […] comme le trèfle blanc, la baptisia, le lupin, puis des plantes à paillis, qui vont servir à générer de la masse organique pour nourrir le sol en surface.

Wen Rolland, formateur et designer écologique

Les plantes médicinales et les plantes qui attirent les insectes pollinisateurs entrent également dans la catégorie des plantes utiles. « On aime les plantes qui ont de multiples fonctions », souligne Wen Rolland, en donnant l’exemple de la consoude, une plante médicinale excellente comme paillis.

Dans la planification, on doit aussi prendre le temps de vérifier notamment le type de sol, le drainage, l’ensoleillement afin de choisir les arbres et les plantes les mieux adaptés à son terrain. Les meilleures périodes de l’année pour planter sont à l’automne et au printemps.

Des avantages…

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Noah Rouyère, d’Arbre-Évolution

Nos deux spécialistes sont d’accord : les avantages de la forêt nourricière sont nombreux. D’abord, sur le plan environnemental, puisqu’elle contribue à la biodiversité. « Ta forêt nourricière, ça devient un hôtel pour les insectes et les oiseaux », illustre Noah Rouyère. Sans compter qu’elle ajoute des zones d’ombre pouvant combattre les îlots de chaleur et qu’elle filtre l’air.

Et puis, même s’il faut parfois attendre quelques années avant qu’un arbre ou un arbuste fruitier ne commence à produire, avouons que se délecter d’un fruit fraîchement cueilli dans sa cour est un délicieux avantage.

« On peut faire beaucoup de découvertes et d’apprentissages, fait également valoir Wen Rolland. J’aime bien faire pousser des petits fruits un peu bizarres comme l’aronia. Les gens ne trouvent pas ça très bon juste comme ça, mais c’est super intéressant quand on en fait des confitures. »

… et des erreurs à éviter

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Du bois raméal fragmenté

Une forêt nourricière, c’est aussi moins d’entretien qu’un aménagement horticole normal. Mais attention : moins ne veut pas dire aucun. « C’est souvent une erreur que les gens font. Ils pensent que c’est magique », indique Wen Rolland.

« J’ai un mantra. Je dis toujours que les trois premières années, il faut s’en occuper comme un potager », poursuit-il. On doit notamment désherber, tailler les arbres et les arbustes et parfois déplacer certaines plantes.

De son côté, Noah Rouyère suggère d’ajouter chaque année du paillis appelé bois raméal fragmenté, qui « imite les feuilles et l’humus qu’il y a sur les sols forestiers ».

Et finalement, pas de gaspillage : il ne faut pas oublier de récolter les fruits du précieux travail de la nature (et de l’humain).

Consultez le site d’Arbre-Évolution

Consultez le site de Wen Rolland

Variétés à planter

Fraisier

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Fraisiers alpins

Petit fruit chouchou des Québécois, la fraise a non seulement bon goût, mais son plant produit aussi des fruits dès sa première année de plantation. « Les fraisiers se propagent et vont occuper l’espace rapidement », soulève Noah Rouyère, de la coopérative Arbre-Évolution.

Lavande

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Quelques plants de lavande

En plus de dégager un parfum apaisant, la lavande est une plante aimée des pollinisateurs. Elle peut être cuisinée ou utilisée dans la fabrication de produits corporels.

Mélisse

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De la mélisse

Plante de la même famille que la menthe, la mélisse tolère l’ombre. « On peut en mettre autour des arbres. Même quand ils vont grandir, elle va aimer son environnement », indique Noah Rouyère, qui souligne aussi ses vertus relaxantes.

Cassis

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Des cassis

« Le cassis, c’est fantastique, assure Noah Rouyère. Ce n’est pas très gros, ça tolère l’ombre, c’est délicieux. » De plus, on peut facilement faire des boutures de cet arbuste, ce qui permet d’agrandir tranquillement sa forêt nourricière.

Argousier

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Des argousiers

L’argousier est un exemple d’espèce qui fixe l’azote dans le sol. Grâce à cet arbuste, la terre est donc plus nutritive pour les autres végétaux qui l’entourent.

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Des communautés nourricières en développement dans Le Sud-Ouest et Verdun


La photo en haut de cet article a été prise par Carl Sincennes.

8 janvier 2024
Carl Sincennes, Initiative de journalisme local

Les arrondissements de Verdun et du Sud-Ouest ont récemment mis en place des plans de développement d’une communauté nourricière (PDCN) pour encourager l’agriculture urbaine et favoriser l’accessibilité à une nourriture locale de qualité dans tous leurs quartiers. Les arrondissements de LaSalle et Lachine n’ont pas encore développé de plans de ce genre.

Verdun déjà dans l’action

À la suite d’une consultation publique, l’Arrondissement a déposé son Plan de développement de la communauté nourricière (PDCN) de Verdun en juin 2022 et son Plan d’action détaillé 2023-2026, en avril 2023.

Le PDCN propose 15 priorités d’action, élaborées autour de cinq grandes orientations décrites comme tel dans le document de référence :

  • Bonifier et valoriser l’agriculture de proximité de manière harmonieuse
  • Promouvoir et éduquer sur les bonnes pratiques alimentaires et agricoles
  • Stimuler une gouvernance alimentaire inclusive et partagée
  • Faciliter l’accès à des aliments de qualité pour tous
  • Innover et soutenir les pratiques durables

« Dans le contexte des changements climatiques et de la hausse du prix des aliments, la pratique de l’agriculture urbaine sous toutes ses formes contribue à renforcer notre résilience. Des projets en alimentation et en agriculture urbaine sont déjà bien implantés à Verdun. Plusieurs services liés à la sécurité alimentaire sont offerts », affirme Marie-Andrée Mauger, mairesse d’arrondissement, en préambule.

Plusieurs centaines de citoyens ont pris part, de près ou de loin, à cette planification, que ce soit via la plateforme Réalisons Montréal ou lors des séances de consultations publiques.

Plusieurs constats ont été émis avant son élaboration. Il y aurait ainsi une répartition inégale de l’offre alimentaire sur le territoire. Certains règlements limiteraient le développement de projets en agriculture urbaine tandis qu’une méconnaissance des initiatives, des services et des projets existerait au sein de la population.

Quant à lui, le plan d’action détaillé 2023-2026 comprend 58 actions. Parmi elles, on retrouve : modifier le cadre réglementaire en matière d’agriculture urbaine pour l’ensemble du territoire, mettre en place un projet pilote de garde de poules pondeuses et d’écopâturage, développer des points de vente pour les semis et les plantes produits au Grand Potager, ainsi que mettre en place des projets d’agriculture urbaine près des bibliothèques.

Il est aussi proposé de créer des formations professionnelles sur l’alimentation et sur la culture potagère, travailler avec des organismes locaux pour conditionner leurs aliments à la lyophilisation (une technique de conservation) et mettre en œuvre le projet d’espace alimentaire de quartier, d’une épicerie Multi-CAUS ainsi que des « frigos communautaires ».

Au terme du premier plan d’action, un bilan sera réalisé avec l’ensemble de la communauté pour déterminer les prochaines actions collectives à entreprendre.

Le Sud-Ouest a dévoilé son plan

De son côté, le PDCN du Sud-Ouest va être déployé sur un horizon de cinq ans, mais les actions seront mises en œuvre sur deux ans, afin de s’arrimer au Plan d’action local en transition écologique 2021-2025, dit-on. Des mises à jour des actions seront réalisées à partir de l’année 2026 afin de tenir en compte des nouvelles orientations pour la communauté nourricière. Le PDCN du Sud-Ouest s’articule autour des trois orientations suivantes :

  • Promouvoir une culture d’autonomisation citoyenne pour stimuler les activités nourricières;
  • Contribuer à l’accès à une saine alimentation pour les populations vulnérables;
  • Faciliter le développement des infrastructures et des espaces alimentaires de production, de transformation, de distribution et de valorisation.

« Quoi de plus important au quotidien que de s’assurer que tous mangent à leur faim et aient accès à des aliments sains, à coût abordable et produits localement ? Notre tout premier PDCN témoigne de notre engagement à répondre à ces enjeux cruciaux et de plus en plus d’actualité », souligne le maire d’arrondissement, Benoît Dorais.

Afin d’établir ce plan, la population et le milieu ont été consultés lors de sondages, d’entretiens et d’ateliers. Tout comme à Verdun, plusieurs initiatives ont déjà été mises en place par des organismes locaux. Trois quartiers mènent d’ailleurs des démarches de Système alimentaire local (SAL) dont à Côte-Saint-Paul-Ville-Émard.

Les résultats du sondage en ligne ont fait ressortir les constats suivants : les principaux obstacles à la pratique de l’agriculture urbaine dans le Sud-Ouest sont le manque d’accès à des espaces où cultiver, le manque de ressources humaines pour l’accompagnement des projets et le fait que les sites soient éloignés des domiciles.

50% des personnes sondées affirment que l’offre d’aliments frais et de qualité pourrait être améliorée dans leur quartier, tandis que 68% indiquent qu’ils aimeraient participer à des activités pour réduire le gaspillage alimentaire.

Par ailleurs, il est mentionné dans le rapport que « la plupart des actions communautaires s’organisent par l’entremise des quatre tables de concertation de chaque territoire. Cette concertation par quartiers a l’avantage de générer une offre de services adaptée aux réalités propres à chacun des secteurs de l’arrondissement », mais aussi que « certains organismes qui agissent à l’échelle de l’arrondissement peinent à assurer une présence constante sur chacune des quatre tables de quartier ».

Parmi les pistes d’actions proposées, on offre d’entamer des discussions avec des commerces alimentaires de l’arrondissement dans le but d’encourager les dons de surplus alimentaires vers les organismes et les épiceries solidaires, de réviser la réglementation existante et déterminer les changements qui pourraient favoriser l’agriculture urbaine et les initiatives nourricières ainsi que de simplifier le processus d’implantation de kiosques saisonniers.

Pas de plan, mais deux projets à LaSalle

« L’arrondissement de LaSalle ne projette pas d’adopter de PDCN, mais deux projets, dans le cadre des budgets participatifs de Montréal et de LaSalle, sont en cours de réalisation. Les projets ont été jumelés puisqu’ils sont de même nature et que cela permet d’en augmenter l’envergure », explique par courriel, Anaïs Brunelle, chargée de communication.

On parle ici des « Zones nourricières écologiques » (issu du budget participatif 2021 de Montréal) et « Des fruits à portée de main » (issu du budget participatif 2021 de LaSalle).

Le premier consiste en l’aménagement d’une aire de détente pour marcheurs et cyclistes, incluant l’installation de mobilier et de jardins collectifs ainsi que la plantation de petits arbres, arbrisseaux et arbustes nourriciers, tandis que le deuxième comprend la plantation d’arbustes fruitiers pour les rendre accessibles à la population et permettre leur appropriation.

« Nous n’avons aucun projet de communauté nourricière à Lachine », confirme de son côté, Isabelle Jacques, chargée de communication pour l’Arrondissement de Lachine.

Les projets de PDCN ont été financés par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), dans le cadre du programme d’« Appui au développement de l’agriculture et de l’agroalimentaire en région » et ont été réalisés dans plusieurs autres arrondissements et villes au Québec.

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Avec un bon encadrement ces projets communautaires ont toutes les chances de réussir. On est ici dans la suite logique des fameux jardins communautaires des années 70-80 qui se sont implantés durablement sur le territoire urbain montréalais. :clap:t2:

Un autre projet d’agriculture urbaine dans un local industriel du District Central à Ahuntsic

Texte complet : La culture de fraises à Ahuntsic

La culture de fraises à Ahuntsic

Temps de lecture: 4
Publié le16 février 2024
Développement durable
Marie-Hélène Paradis
Journaliste


Les premières fraises. (Photo: courtoisie)

Ahuntsic est le meilleur endroit pour la culture hydroponique des petits fruits selon la fondatrice de Gush, une nouvelle entreprise ahuntsicoise qui se spécialise dans la culture de petits fruits.

Cette ferme verticale en culture hydroponique a vu le jour, en 2022, dans des locaux libres du District Central à Ahuntsic-Cartierville. Elle y cultive des fraises depuis 2023. Ophelia Saranikis, fondatrice et PDG de l’entreprise Ferme Gush, anciennement appelée Vertité, s’est donné comme mission de nourrir les gens de façon plus durable en produisant des fraises de qualité.

Ses clients sont des restaurants haut de gamme comme le Toqué, le Pied de cochon et le Garde-manger, ainsi que des petites épiceries. Toutefois, les fraises produites chez nous à Ahuntsic seront bientôt sur le marché dans des restos et boutiques du quartier.

Pourquoi Ahuntsic?

Ophelia souligne que, fait essentiel à la réussite d’un tel projet, l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville permet le zonage pour faire de l’agriculture urbaine. On y trouve, en plus, des immeubles libres qui ont besoin d’amour et qui sont parfaits pour cette utilisation. «Nous transformons la bâtisse à l’intérieur des murs selon nos besoins, explique-t-elle. Nous n’avons aucun critère d’apparence pour l’extérieur, c’est idéal pour nous.»

La Centrale agricole, située elle aussi dans le District Central, est un partenaire hors du commun, pour les petites entreprises qui veulent faire de la culture urbaine leur mission. Des clients à proximité en plus du loyer raisonnable sont des atouts supplémentaires non négligeables pour une installation dans Ahuntsic, selon la PDG.


Le premier jour de plantation des fraises chez Gush. (Photo: courtoisie)

Les fraises, une culture capricieuse

La culture des fraises n’est pas facile; que ce soit en terre ou en culture hydroponique (dans l’eau), chaque méthode a ses particularités. En terre, elle est tributaire du climat, comme nous l’avons vécu l’été dernier avec des fraises moisies ou qui goûtaient l’eau.

En serre, tout doit être contrôlé, l’environnement, la température, les nutriments que l’on donne aux plantes. «Tout est mesuré de façon très précise; c’est pourquoi il nous a fallu expérimenter en petites surfaces avant d’ouvrir notre serre», confie Ophelia.

Les premiers pas

Quand elle étudiait en agriculture traditionnelle à l’Université McGill, Ophelia s’est rendu compte qu’elle ne voulait pas faire de l’agriculture de façon traditionnelle, pour la simple et bonne raison qu’elle ne voulait pas utiliser de pesticides et qu’elle souhaitait une agriculture durable. C’est à ce moment qu’elle a commencé à se renseigner sur Internet en lisant sur l’agriculture durable, malgré le peu d’information en 2017.

Elle a vite constaté que l’avenir de l’agriculture durable passait par la culture hydroponique. «Ça prend moins d’espace, 90 % moins d’eau, ça se fait sans substrat, sans terreau et sans pesticides. En plus on n’est pas tributaire des aléas du climat, ça donne un produit parfait sans perte à chaque fois. Il faut aussi dire que les fraises produites de façon traditionnelle ont un taux de 6 degrés Brix[1] environ, par rapport à nos fraises qui ont un taux de 15 à 20 degrés Brix.»

Ophelia a fait ses premiers essais dans le grenier de la maison de ses parents en 2017. Ensuite, elle a monté son laboratoire, en 2020, dans une petite ferme de l’ouest de l’île (400 pi2), elle a planifié la future ferme, puis elle est venue s’installer dans Ahuntsic.

En 2019, son plan d’affaires a remporté le prix Innovation de la Banque Nationale. La création de l’entreprise est alors lancée et la recherche et développement vont bon train. Le tout se concrétise par l’ouverture de la ferme de 7500 pi2, première étape du développement en 2022.

«En étudiant l’agriculture, mon but a toujours été de nourrir les gens de façon plus durable et locale», déclare la jeune entrepreneure. Pour elle, la suite logique des choses est d’agrandir sa ferme, d’augmenter le rendement et la qualité puis de réduire les prix. Elle sera ainsi en mesure de fournir des fraises à plus de clients, pour ensuite cultiver d’autres petits fruits comme les bleuets, framboises et raisins.


L’équipe fête la réception des réservoirs de nutriments. Victor Nicolescu, Phil Rosenbaum, Elena Fortin-Kochieva, Ophelia Sarakinis, Patricia Gaudet, Vincent McCarthy. (Photo: courtoisie)

Chef de file en agriculture urbaine

Reconnue comme chef de file en matière d’agriculture urbaine, la Ville de Montréal s’est dotée d’une stratégie d’agriculture urbaine qui vise à appuyer ces projets de façon durable.

Ahuntsic-Cartierville est aussi à l’avant-garde avec ses nombreux projets tels que les jardins communautaires, les jardins de production maraîchère éducatifs dans l’aménagement Charland-Fleury, les cultures solidaires, la Ferme de rue, les poulaillers urbains et plusieurs autres.

Le Collège Ahuntsic offrira à l’automne 2025 un diplôme d’études collégiales (DEC) en agriculture urbaine pour les étudiants intéressés à faire de l’agriculture autrement.


  1. Échelle de Brix : échelle qui sert à mesurer la sucrosité, en degré Brix (°B ou °Bx). Plus le degré est élevé, plus le fruit est sucré. ↩︎

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Une ferme en pleine ville ? C’est le projet inusité d’une entreprise montréalaise qui espère faire pousser laitues et fines herbes – et éventuellement élever des poissons – sur l’avenue du Parc.

Résumé

Agriculture urbaine Un projet de ferme sur l’avenue du Parc

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Philippe Réaud (à gauche) et Daniel Feinglos, promoteurs du projet de ferme aquaponique dans le Mile End

Une ferme en pleine ville ? C’est le projet inusité d’une entreprise montréalaise qui espère faire pousser laitues et fines herbes – et éventuellement élever des poissons – sur l’avenue du Parc.

Publié à 1h20 Mis à jour à 7h00

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Philippe Teisceira-Lessard
Philippe Teisceira-Lessard Équipe d’enquête, La Presse

Daniel Feinglos, l’entrepreneur à l’origine de l’idée, a déjà acheté les trois bâtiments qu’il compte transformer. Le projet a reçu un feu vert préliminaire de l’arrondissement, mais devra encore faire l’objet d’approbations.

« Ce serait beaucoup plus facile de le faire dans un quartier industriel ou agricole », a convenu M. Feinglos, cette semaine, en entrevue avec La Presse. « Mon but, c’est de réduire la distance physique entre le consommateur et le producteur, mais aussi la distance conceptuelle. »

« Le but, c’est de vendre aux gens sur place, pour qu’ils se reconnectent à l’agriculture », a expliqué Philippe Réaud, le directeur des opérations de l’entreprise.

ILLUSTRATION OWEN ROSE ARCHITECTE

Rendu architectural des façades transformées

Son entreprise, Agriculture du coin, espère produire des tonnes de légumes-feuilles chaque année dans ses installations situées entre les avenues Laurier et Fairmount, qui devraient aussi comprendre un café. Deux des bâtiments, d’anciens restaurants, étaient désaffectés depuis un incendie survenu en 2021. Le troisième, l’ancien bar de danseuses nues Exxotica, devrait aussi être transformé.

M. Feinglos est actuellement à la recherche de financement supplémentaire pour intégrer un élevage de poissons sur place.

Si les immeubles sont achetés, les détails du projet sont encore en mouvement. Des plans présentés il y a quelques mois à l’arrondissement prévoyaient de grands bassins d’élevage d’ombles chevaliers (des cousins du saumon) dans le sous-sol des triplex.

M. Feinglos a présenté la même idée à La Presse en début de semaine, avant d’indiquer jeudi que du financement supplémentaire serait nécessaire pour le volet piscicole.

Début prévu de la production : fin 2025. Pour l’instant, l’entreprise a ouvert une boutique de matériel d’agriculture locale sur l’avenue Laurier, qui porte aussi le nom d’Agriculture du coin.

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Un « a priori favorable » des autorités

Le projet est insolite, mais l’entreprise de M. Feinglos s’est associée à une pléthore de professionnels et de consultants pour élaborer cette transformation.

En entrevue, l’architecte Owen Rose reconnaît que le dossier est « très compliqué » sur le plan technique, parce qu’il suppose de « travailler avec deux bâtiments centenaires, les réunir ensemble et mettre tous ces équipements à l’intérieur ». Le processus d’approbation réglementaire, lui, se passe plutôt bien jusqu’à maintenant, de l’avis de M. Rose.

« La Ville traite ce genre de travail comme si c’était une microbrasserie », a-t-il illustré.

L’architecte du projet fait valoir que la ferme ne causera pas de désagréments sur le plan des odeurs ou du camionnage, par exemple.

Du côté municipal, l’élue locale Marie Plourde voit d’un bon œil le développement du projet de ferme aquaponique dans son district du Mile End.

« Il y a un a priori favorable face au projet », a-t-elle expliqué en entrevue téléphonique. « En matière de développement durable, c’est sûr que ça gagne beaucoup, beaucoup de points. Ce n’est pas toutes les rues qui auraient pu accueillir ce projet-là, mais l’avenue du Parc […] est un lieu qui serait intéressant pour un tel projet. »

Le système de zonage actuel « était très logique quand il s’agissait de séparer les industries très polluantes des quartiers résidentiels, mais maintenant ça crée des divisions pas nécessaires, qui séparent les gens des choses utiles à avoir à proximité », fait valoir Daniel Feinglos en entrevue.

Le promoteur devra toutefois aussi tenter de convaincre ses futurs voisins de l’opportunité d’habiter à côté d’une ferme urbaine. « Il faut limiter toutes les nuisances », a affirmé Mme Plourde. « C’est pourquoi il est super important que les voisins viennent se prononcer dans le cadre de l’assemblée publique qui va être tenue éventuellement, quand le processus va progresser. » L’arrondissement veut aussi limiter les risques que les bâtiments deviennent des éléphants blancs irrécupérables si le projet de ferme tombe à l’eau.

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Communiqué de la Ville sur l’ajout et la réfection de jardins communaurares et collectifs

Les projets de jardins communautaires et collectifs 2024 sont :

Nouveaux jardins collectifs

  • Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce - Fielding Vertical
  • Rosemont–La Petite-Patrie - Bibliothèque de Rosemont
  • Sud-Ouest - Campbell Ouest

Réfection de jardins existants

  • Mercier–Hochelaga-Maisonneuve - Cabrini Annexe
  • Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles - Les Arpents Verts
  • Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles - Belles-Roses
  • Saint-Laurent - Bourbonnière
  • Saint-Laurent - Robert-Mitchell
  • Saint-Laurent - Roman-Zyntynsky
  • Sud-Ouest - Dent Verte
  • Ville-Marie - 50 citoyens
  • Ahuntsic-Cartierville - Deschamps Nord
  • Anjou - SHEVA
  • Anjou - Des Roseraies
  • Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles - Sainte-Marthe
  • Verdun - Adrien-D.-Archambault

Aménagement de nouveaux jardins communautaires

  • Lachine - Soeurs de Sainte-Anne
  • Saint-Léonard- Jean-Rivard
  • Ville-Marie - Ambroise-Casale
  • Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension - Petit-Vernot
  • Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension - Inclusif Villeray
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Est-ce que quelqu’un a des nouvelles concernant la serre 4 saisons dans le nord du parc Frédéric-Back?
Notre serre 4 saisons à Saint-Michel | Ville de Montréal (montreal.ca)

La Direction régionale de santé publique de Montréal a publié sa vision de l’agriculture urbain

L’agriculture urbaine à Montréal : Vision intégrée de santé publique

5 avril 2024
DRSP - Professionnels

La Direction régionale de santé publique de Montréal publie sa vision intégrée de santé publique de l’agriculture urbaine à Montréal.

Montréal est reconnue comme un chef de file mondial en matière d’agriculture urbaine. Au cours des dernières décennies, cette pratique n’a pas cessé d’augmenter et ses formes se sont diversifiées.

Il est facile de constater les nombreux impacts positifs de l’agriculture urbaine sur la santé de la population, que ce soit au niveau de la qualité de l’alimentation et de la résilience des systèmes alimentaires locaux, du niveau d’activité physique, de la santé mentale ou du pouvoir d’agir des communautés. L’agriculture urbaine peut également être un outil éducatif pour les enfants, les jeunes, les adultes et les communautés. Enfin, elle a des bienfaits sur l’environnement, en contribuant à la biodiversité et à la lutte aux changements climatiques.

La Direction régionale de santé publique de Montréal, conformément à ses fonctions de promotion et de protection de la santé, collabore à plusieurs initiatives d’agriculture urbaine sur le territoire. Le présent document a pour but d’identifier l’ensemble des interfaces entre la santé publique et l’agriculture urbaine afin de proposer une vision intégrée et complète des bénéfices de l’agriculture urbaine, ainsi que des enjeux environnementaux et sociaux dans le contexte montréalais. Cette vision intégrée vise également à mieux définir les liens entre l’agriculture urbaine et les dossiers de santé publique en promotion et en protection de la santé.

https://ccsmtlpro.ca/actualite/lagriculture-urbaine-montreal-vision-integree-de-sante-publique

La vision :

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Je ne pensais pas qu’il restait des terres cultivables à Longueuil

Alors que notre garde-manger est sous la pression de l’urbanisation, la mairesse Catherine Fournier souhaite augmenter la superficie des terres cultivées à Longueuil.

Dans sa mire : 180 hectares en friche situés à Saint-Hubert et à Brossard qui ne peuvent pas être remis en culture en raison d’un moratoire décrété il y a 20 ans pour protéger les cours d’eau de la pollution au phosphore, un fertilisant issu du lisier. Pour y parvenir, elle demande à Québec une refonte de son Règlement sur les exploitations agricoles (REA).

Depuis 2004, il est interdit d’agrandir les superficies cultivées dans plus de 557 municipalités – dont celles de l’agglomération de Longueuil – où les bassins versants sont jugés comme étant trop dégradés.