1355 René-Lévesque Ouest - 30 étages

Le façadisme, même au sein des sphères des experts en patrimoine, n’a pas de définition claire, et le geste en soi n’est pas non plus rejeté sans équivoque. Il y amplement matière à débat. Premièrement, qu’est-ce que du façadisme? Seulement conserver la façade et remplacer l’intérieur? C’est déjà trop simpliste. Que remplace-t-on, au juste, à l’intérieur? À quel niveau, dans quelle proportion? Est-ce que les planchers demeurent aux mêmes hauteurs? Est-ce qu’on dénature les éléments de la façade, en condamnant l’entrée par exemple, et en la transformant en un simple geste esthétique? Que fait-on dans les cas de (dizaines, voire centaines) de plex où on a strippé les murs, refait les divisions, pour s’adapter d’un propriétaire à l’autre? Personne ne crie au façadisme dans ces exemples là, pourtant, qui sont légion. Que fait-on des cas où on exige de conserver une porte de logement au deuxième étage, et son escalier, plutôt que de la condamner, même si le duplex a été converti en unifamiliale? Pourtant, c’est même là une recommandation sur le plan patrimonial - il s’agit néanmoins d’une forme de façadisme.

Dire simplement “façadisme”, comme si c’était une hérésie automatique, fait aussi abstraction du fait qu’on ne retrouvera jamais de grandes fabriques de fourrure au centre-ville, mais qu’on souhaite néanmoins conserver les bâtiments, en les requalifiant - souvent en profondeur. On ne veut plus d’industrie au centre-ville, mais on souhaite conserver les bâtiments industriels? Comment, autrement qu’en ayant recours au façadisme? Il me semble là que le façadisme est un réflexe tout à fait acceptable. Le façadisme qu’on décrie surtout, c’est le cas du 770 Sherbrooke O., où on n’a aucune notion de rappel intérieur, en effaçant toutes les entrées, en effaçant toute domesticité propre aux espaces intérieurs clos des anciennes maisons. Mais, le façadisme, lorsqu’on conserve des fonctions similaires, les mêmes hauteurs de plancher, le recours aux mêmes entrées, comme dans le nouveau pavillon de l’UQAM aménagé par EVOQ, une firme pourtant reconnue pour sa sensibilité au patrimoine? On critique? On célèbre? On fait quoi?

Les cas de façadismes sont quelquefois à souligner comme étant de bonnes idées, et des bonnes solutions. Il n’y a rien de déplorable à y recourir quand manifestement, il est difficile, pour plein de raisons, de ne pas venir affecter substantiellement le contenu de l’édifice, de ses divisions à sa structure. Au-delà de l’authenticité du bâti matériel, Le paysage urbain a aussi une valeur immense, dans la perception évolutive de notre environnement, et la préservation des façades peut faire la différence entre une ville qu’on ne reconnaît plus, et une ville qu’on voit se transformer, qui va nécessairement se transformer, mais de façon à en préserver des jalons, une mémoire, même si elle est incomplète. Mais c’est normal, à un certain point.

Finalement, je préfère définitivement toute forme de façadisme à la démolition et au remplacement par une façade sans envergure, sans intérêt, sans qualité, et moins intéressante que celle qu’on vient d’effacer.

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Façadisme déstructuré, version années 70-80. :slight_smile:

Dans les deux cas, architecte Vittorio Mazzucconi (1929-).

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Le projet me semble être le petit frère/petite soeur du Solstice. C’est la même firme d’architectes, NEUF. Base en brique rouge, colonnes de béton gris aux premiers étages, portion tour en verre avec des menaux blancs et rangées verticales de balcons en loggia. On y retrouve également, dans la portion tour, une section de vitrage pâle superposée à une section de vitrage plus foncé, comme au Solstice.

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Cest ça. Générique, sans intérêt par rapport au bâtiment à remplacer.

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Les grandes églises de Montréal en 1890. Celle du centre se trouvait sur le site du futur projet immobilier, avant le YWCA, la Crescent Street Church. Il semble y avoir un hommage aux minces ouvertures verticales du clocher dans la fenestration verticale du basilaire du nouveau projet.

Illustrations, BAnQ.

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Il n’y a, à mon avis et mon analyse du projet proposé, aucune similitude apparente entre le clocher et l’élévation de façade proposée, ni dans le rythme (2 puis 4 parties égales vs 3 travées divisées par deux), ni dans les matériaux (Pierre grise vs béton prefab (?) rouge), ni dans les proportions (trois parties dont celle du centre est plus courte vs plusieurs bandes de proportions irrégulières donc celle du centre est la plus longue), ni dans les formes (arches élancées et pignons et ogives vs rectangles).

Ç’aurait été une excellente idée que ça ait servi d’inspiration pour vrai, cela dit.

Je doute que ce travail de recherche ait été fait, vu la pauvre qualité du projet.

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Les raisons de la démolition (je vous conseille d’écouter pour plus de détails):

Et pour les archives:

Et le projet de remplacement:


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Donc si je comprends bien, l’argument contre la préservation de la façade est qu’il y aurait un empiètement de deux ans sur la voie publique pour soutenir les façades de 7 étages? Il est vrai qu’on a rarement eu une façade si grande à préserver, mais le projet du 1000 de la Montagne a lui aussi empiété sur la voie publique pendant quelques années. Ou encore, les échaufauds de l’ancien hôtel des postes qui sont là depuis un bon 5-6 ans?

Quand à la réutilisation des briques et de certaines pierres ornementales, c’est mieux que rien j’imagine, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que ça fait un peu comme Le Seville.

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Donc finalement on ne gardera pas l’enseigne du YWCA?

Le basilaire semble beaucoup plus intéressant ici que dans le premier rendu qu’on a vu, il y a des détails qui font une grande différence. En particulier les accents de béton, et l’échelle et la texture du rez-de-chaussée.

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Facade would have been worth saving imo.

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J’étais pas nécessairement le plus grand fan des deux précédents designs mais à mon avis celui-ci est le pire des 3 :frowning:

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Dossier # : 1262875001

Rendre une décision suite à l’appel de la décision du comité d’étude des demandes de démolition d’autoriser le certificat d’autorisation de démolition pour l’immeuble situé au 1355, boulevard René-Lévesque Ouest (Lot 1 341 196)

Comme c’est souvent le cas, quelqu’un s’est opposé à la démolition. La décision est de maintenir la démolition.

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Le bâtiment qui abritait autrefois le Y des femmes de Montréal (YWCA), sur le boulevard René-Lévesque Ouest au centre-ville, pourrait être démoli afin de faire place à une tour résidentielle de 30 étages. Les élus de l’arrondissement de Ville-Marie seront appelés, mardi soir, à se prononcer sur ce dossier qui suscite une vive opposition de la part de citoyens du secteur.

En avril 2025, le Y des femmes avait déménagé ses activités à l’Esplanade Cartier, sur l’avenue De Lorimier. Le bâtiment que l’organisme occupait au 1355 boulevard René-Lévesque Ouest depuis 1952 était devenu vétuste.

Selon les constats de la Ville, l’immeuble de sept étages construit en 1951 est notamment contaminé par l’amiante et par des moisissures liées à des infiltrations d’eau. En février dernier, la direction du Y avait d’ailleurs confié à The Gazette que les coûts de mise aux normes et de restauration de l’immeuble étaient trop élevés pour l’organisme, qui a préféré mettre son bâtiment en vente pour s’installer dans le quartier Centre-Sud.
[…]

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La démolition a été confirmée au conseil d’hier.

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La démolition du bâtiment existant est pleinement approuvée, permettant ainsi d’amorcer les travaux de construction du nouveau projet dès l’automne 2026.

Résumé du projet

  • Investissement total : 200 millions de dollars
  • Développeur : Groupe HD
  • Partenaires financiers : Capital Property Developments
  • Prêteur : Desjardins, Groupe Financement Immobilier
  • Entrepreneur général : Construction Praxis
  • Architectes : NEUF Architectes
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they’ve been wanting to build here for a while. I am glad they finally get to start this project.

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Types de logements : 125 studios, 195 appartements d’une chambre, 60 appartements de deux chambres, et 20 appartements de trois chambres

Superficie des logements : environ 400 à 1125 pieds carrés

J’aurais aimé beaucoup moins de studios, genre 2 fois moins. 400 pi2 est vraiment petit. 1125 pi2 pour 3 chambres :face_with_raised_eyebrow:

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Pierre Olivier Pineau, prof à HEC, souligne bien qu’une des raisons de la crise du logement, c’est qu’on a l’habitude d’habiter dans trop grand en Amérique du Nord.

400pieds2 pour un studio, un européen trouvera ça énorme. En Europe, un studio, c’est généralement 15 à 25m2. Idem, 1125pi2 (donc 105m2) c’est un appart de trois chambres lambda (j’ai grandi dans un appartement de cette taille à quatre et je ne me suis jamais senti à l’étroit !).

PS : ce n’est pas un jugement de valeur, mais le symbole d’habitudes profondément ancrées.

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