La recette «pas parfaite» de Québec contre le chômage
Les grands projets, les nouvelles constructions et les nombreux touristes ont dopé la conjoncture ou la situation actuelle, créant de nombreux emplois au passage. (Jocelyn Riendeau/Archives Le Soleil)
Un peu de chance, mais aussi des employeurs stables, une université, de grands projets et de nouvelles constructions: voilà la recette imparfaite de la ville de Québec pour afficher le plus bas taux de chômage au Canada. Une première position qui n’est pas sans défis.
La région de Québec nage à contre-courant des statistiques provinciales et nationales.
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Selon les chiffres dévoilés par Québec International vendredi, le taux de chômage y a reculé à 2,7 % en février, alors que la moyenne québécoise atteignait 5,9 % et la moyenne canadienne, 6,7 %.
«C’est un niveau historique pour la ville de Québec», réagit en entrevue au Soleil le responsable exécutif des finances de l’administration Marchand, Maxime Elmaleh.
«Québec se positionne au premier rang canadien parmi les 41 régions métropolitaines de recensement. C’est vraiment très significatif pour la ville de Québec de se placer devant des villes comme Saskatoon, Toronto, Halifax, Moncton, Kelowna, Calgary et, évidemment, Montréal», ajoute le conseiller municipal de Neufchâtel–Lebourgneuf.
La capitale devance Saguenay, deuxième avec 3,6 %. Trois-Rivières a terminé au quatrième rang avec 3,8 % et Sherbrooke au sixième avec 4,8 %.
Le taux d’emploi à Québec est de 68,7 %, alors qu’il est de 62,1 % à Montréal.
La structure
Résumé
Sans avoir la prétention de livrer une thèse macroéconomique, le conseiller municipal identifie des facteurs structurels et conjoncturels pour expliquer le peu de chômage dans sa ville.
«Ce n’est pas le résultat d’un seul homme ou d’une seule organisation», dit-il.
Les facteurs structurels sont les piliers permanents de l’économie de Québec, qui assurent des emplois stables à long terme.
«La stabilité se trouve dans les entreprises établies ici. Québec se positionne avec des sièges sociaux en assurance et en banque, l’État y est très présent, et ces entreprises sont moins susceptibles d’être affectées par des variations économiques et géopolitiques», explique Maxime Elmaleh.
Maxime Elmaleh, conseiller municipal de Neufchâtel–Lebourgneuf. (Frédéric Matte/Archives Le Soleil)
L’Université Laval, avec ses quelque 50 000 étudiants, professeurs et chercheurs, constitue elle aussi un ancrage économique solide, imperméable aux récessions.
«À cela s’ajoute le coût de faire des affaires à Québec. Notre système de taxation est l’un des plus faibles au Québec. Cette année, notre administration s’est limitée à une hausse de 1,4 % de la taxation commerciale, ce qui est très faible pour l’ensemble des entreprises», avance M. Elmaleh.
Le contexte
Les grands projets, les nouvelles constructions et les nombreux touristes ont quant à eux dopé la conjoncture ou la situation actuelle, créant de nombreux emplois au passage.
«Dans la région de Québec, près de 20 milliards de dollars de projets sont soit sur la table, soit en cours de réalisation, ce qui apporte un dynamisme important. On pense évidemment au tramway, au pont de l’île d’Orléans et aux projets immobiliers privés», mentionne M. Elmaleh.
«En 2025, 5700 logements ont été créés, et en 2026, nous avons déjà émis près de 500 millions de dollars en valeur de permis, un sommet historique», renchérit-il.
Enfin, l’année record du tourisme à Québec, avec près de 2,7 milliards de dollars de retombées en 2025, soutient et crée de nombreux emplois dans le secteur.
Attention, surchauffe!
Avoir un taux de chômage sous le seuil du plein emploi, comme c’est le cas à Québec, augmente le risque de pénurie de main-d’œuvre et de surchauffe du marché du travail, a averti Québec International.
«Ce n’est pas parfait, reconnaît tout de même Maxime Elmaleh. On est conscient que la Ville a des défis importants auxquels elle doit faire face.»
«On espère pouvoir continuer d’avoir les immigrants qualifiés et francophones en grand nombre à Québec pour maintenir notre erre d’aller. Sincèrement, il ne faudrait pas descendre plus bas que 2,7 %.»
— Maxime Elmaleh, conseiller municipal de Neufchâtel–Lebourgneuf
M. Elmaleh est conscient que des entrepreneurs pourraient faire face à des «défis de recrutement» pour le projet du tramway, par exemple, mais qu’ils trouveront néanmoins la main-d’œuvre nécessaire pour mener ce projet à bien.
«Pour l’instant, avec les paramètres qui sont sur la table, on est bien placé pour maintenir un bas taux de chômage, sans tomber dans une pénurie de main-d’œuvre importante», conclut-il.









