Ce sera super bon pour la semaine de relâche cette année.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE
Les amateurs de pêche blanche sont gâtés cet hiver. La saison 2025-2026 s’annonce comme l’une des plus exceptionnelles pour la pêche sur la glace depuis plusieurs années.
« Le froid est arrivé quand même plus tôt au mois de décembre et a perduré. On n’a pas eu trop de redoux, donc ça facilite vraiment la vie des pourvoyeurs. C’est une très bonne saison, la clientèle est au rendez-vous aussi, la relâche approche à grands pas et avec les froids qui perdurent, on a bon espoir que la pêche blanche va se poursuivre tout le mois de février », raconte Josiane Lavallée, directrice des communications à la Fédération des pourvoiries du Québec.
« Quand on va des Fêtes jusqu’à la semaine de relâche, pour les pourvoyeurs, c’est une belle et complète saison. On se dirige vers ça cette année, mais on le sait au Québec, des fois, la nature vire son chapeau de bord rapidement, ça fait qu’on reste toujours à l’affût, mais jusqu’à maintenant, ça sent bon », poursuit-elle.
Certains pourvoyeurs ont eu plus de mal l’an passé, principalement sur le fleuve Saint-Laurent à la hauteur du lac Saint-Pierre, surtout avec les redoux dans le temps des fêtes, mais la plupart des pourvoiries ont un avantage géographique, dit-elle. « La majorité des pourvoiries sont situées vraiment plus en altitude, en montagne, donc le frais est plus constant. Donc à ce niveau-là, de leur côté, ça se passait bien malgré tout dans les dernières années. » Et comme on parle de lacs, il n’est pas question ici de petits poissons des chenaux, mais bien de truite, de doré ou d’achigan, entre autres, selon l’endroit.
Saison hâtive sur le Saguenay
Résumé
Ce n’était pas le cas partout, bien au contraire. Les deux villages sur glace qui se font face de chaque côté du Saguenay, à La Baie, ont connu une saison hâtive cette année, après trois années beaucoup moins généreuses, explique Marilou Tremblay, directrice des communications chez Contact Nature, l’organisme sans but lucratif qui agit comme gestionnaire des deux villages. « L’année passée, ça n’a été pas avant le 4 février, l’année d’avant, en 2024, on n’a pas embarqué les villages du tout. L’autre année d’avant, je pense que c’était ça, début février aussi. Ça fait plusieurs années qu’on n’était pas embarqués aussi tôt », se remémore-t-elle.
Cette année, enfin, on a pu commencer à embarquer un premier village le 12 janvier et compléter l’ouverture le 20 janvier. « Depuis plusieurs années, on doit composer avec des saisons qui commencent de plus en plus tard en raison des changements climatiques. Mais cette année, il a fait super froid en décembre ici dans la région, ce qui a permis à la glace de se former assez rapidement. »
Tout indique qu’ils pourront être en opération jusqu’au 8 mars à moins d’un sérieux redoux, mais même si la glace prenait avant le 10 janvier et serait assez solide au-delà du 8 mars, ces deux dates sont immuables, puisque c’est la période où Pêches et Océans Canada permet la pêche au poisson de fond dans le Saguenay. Dès le lundi suivant le 8 mars, le brise-glace qui entretient le chenal de navigation vient casser ce plancher naturel temporaire.
Toujours des disponibilités à la SEPAQ
La Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ) offre aussi la pêche blanche dans cinq de ses établissements. Là aussi, l’heure est aux réjouissances cette saison, reconnaît sa porte-parole, Olivia Jacques. « On a été chanceux cette année. On n’a pas eu de redoux qui nous a obligés de fermer cette activité-là par moments comme ça s’est passé l’année dernière, notamment. Souvent, on doit jouer avec la température et l’épaisseur de la glace. Cette année, on a ouvert plus tôt et ça s’est prolongé toute la saison. »
« Normalement, on prévoit conclure, dépendamment des endroits, le 8 mars, d’autres c’est plutôt le 15 mars, mais ça reste à voir. À la SEPAQ, on est quand même assez flexibles et si on voit que ça peut se poursuivre, on prolonge l’ouverture », ajoute-t-elle.
Malgré tout, on ne se bouscule pas au portillon, dit-elle. « La pêche blanche gagne à être connue notamment pour les familles avec les chalets qu’on offre dans certaines installations. Les enfants adorent cette activité. Mais on remarque depuis deux ans que ce sont les adeptes, que ce sont les mêmes clients qui reviennent d’une année à l’autre. L’hiver, ce n’est pas la grosse saison à la SEPAQ. C’est quand même facile de réserver. Pour les activités quotidiennes, on a de la disponibilité sans problème et même pour les chalets, il y a encore de la disponibilité à la semaine de relâche, ce qui est rare. »
Une activité en pleine expansion dans les zec
Du côté des Zones d’exploitation contrôlées (zec), on se surprend d’apprendre que les OBNL qui gèrent ces territoires utilisés surtout pour la chasse et la pêche, justement, se soient tournés vers la pêche hivernale sur le tard, comme le raconte la directrice générale de la Fédération des zec, Myriam Bergeron. « Dans le cas des zec, c’est relativement récent. On a vu les activités hivernales être offertes de manière plus accentuée depuis environ cinq ans. On a toujours fait beaucoup plus d’activités de chasse et de pêche, mais on a commencé à diversifier au niveau des activités hivernales seulement récemment. »
L’idée a fait boule de neige, alors que 32 des 63 zec offrent maintenant la pêche sur glace. « La pêche blanche, c’est une activité qui est vraiment en augmentation. Dans les dernières années, les orientations en matière de développement récréotouristique ont identifié clairement le tourisme hivernal comme étant un secteur à haut potentiel de développement. »
Elle ajoute que ce virage survient alors que certains endroits très populaires pour la pêche blanche voient leurs saisons écourtées ou des glaces moins sécuritaires avec le réchauffement de la température. « Ça force les gens à changer leurs habitudes et dans les zec, on voit des conditions vraiment favorables et c’est devenu une activité qui est en plein essor et très populaire. En fait, c’est génial de pouvoir valoriser ces territoires-là à l’année longue. »
Sans surprise, elle reconnaît que les zec n’ont pas un historique assez long pour faire des comparatifs, mais « c’est définitivement une année exceptionnelle et pour nous, il y a vraiment eu une grosse augmentation cette année des zec qui ont offert la pêche blanche. On s’attend donc à ce que ce soit une année exceptionnelle dans ces activités-là. »
Saison déjà terminée pour le poulamon
Évidemment, il ne saurait être question de parler de pêche sur glace sans se tourner vers la rivière Sainte-Anne, capitale mondiale de la pêche aux petits poissons des chenaux. Steve Massicotte, porte-parole de l’Association des pourvoyeurs de la rivière Sainte-Anne, était cependant à démanteler le village de quelque 400 petits chalets répartis sur deux kilomètres de glace lorsque nous l’avons rejoint, lundi.
Pourtant, la glace est toujours épaisse et pourrait durer encore longtemps, dit-il, mais ce n’est pas l’humain qui décide, c’est le poulamon. « Le poisson repart à la fin février, donc c’est pour ça qu’on démonte vers la mi-février. »
Quant à l’ouverture, la saison de pêche aux petits poissons des chenaux commence le 26 décembre, mais, comme l’explique M. Massicotte, « on a une date de début, le 26 décembre, qui est celle du ministère de la Faune, mais c’est Dame Nature qui décide quand on embarque ».
Il s’agissait, dit-il, de la meilleure saison depuis cinq ans. « L’année passée, on avait commencé à temps, mais on avait dû prendre une pause dans le temps du jour de l’An, à cause du temps doux. On a pris une pause d’à peu près une semaine. La dernière vraie saison complète, en fait, ça remonte environ à 2021. »
Sa conclusion rejoint donc celle de tous les autres à qui nous avons parlé : « On a vraiment retrouvé nos 100 000 visiteurs cette année et vraiment, ç’a été une très belle saison. »
La saison 2025 a été exceptionnelle pour la chasse du cerf de Virginie au Québec. (Jocelyn Riendeau/Archives La Tribune)
Les chasseurs du Québec ont été prolifiques dernièrement: 2025 a été la meilleure saison de chasse pour le cerf de Virginie au Québec, à l’exception de 2007. Plus d’un cerf sur trois dans la province a d’ailleurs été abattu en Estrie.
Les chasseurs québécois ont abattu 63 603 cerfs en 2025, selon le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP).
Les zones de chasse estrienne ont largement contribué à la récolte, puisqu’un cerf de virginie sur trois a été abattu dans la région.
«L’Estrie, c’est vraiment la destination cerfs de Virginie au Québec», dit à la blague Anaïs Gasse, biologiste au MELCCFP responsable de la gestion de la grande faune pour les régions de l’Estrie, de la Montérégie, de Montréal et de Laval.
Ce succès dans la région s’expliquerait par la clémence des hivers des dernières années, ce qui limite la mortalité du cerf de Virginie.
Résumé
«Dans certaines régions où on a beaucoup de neige et que les hivers sont longs, on va avoir une mortalité de plus de 30% chez le cheptel de cerfs», explique Mme Gasse. «Ce n’est pas quelque chose qu’on observe ici.»
La zone de chasse 6 sud, qui recouvre une partie des MRC de Coaticook, du Memphrémagog, du Val-Saint-François et du Haut Saint-Français, est d’ailleurs celle où le succès de chasse a été le plus élevé au Québec. 51% des détenteurs de permis dans cette zone ont récolté au moins un cerf en 2025.
Selon le MELCCFP, le succès de la chasse en Estrie appuie les changements réglementaires qui entreront en vigueur en 2026.
À compter de cette année, les chasseurs de toutes les zones de chasse en Estrie auront le droit d’abattre deux cerfs de Virginie dans une même zone, à la condition qu’un seul soit un mâle.
Auparavant, chaque chasseur pouvait abattre deux cerfs par année, mais dans deux zones différentes.
À lire aussi
Cerf, orignal, dindon, Québec revoit les règles de chasse en Estrie

Baisse de la chasse à l’orignal dans la région
L’année 2025 aura été bonne pour la chasse à l’orignal à l’échelle du Québec, avec un cheptel stable et un taux de succès élevé. En revanche, le nombre d’orignaux récoltés en Estrie continue de chuter.
Les zones de chasse 4 et 6 ont respectivement enregistré une baisse de 13,7% et 38,9% des orignaux abattus par rapport à la moyenne de quatre saisons précédentes.
Le MELCCFP indique surveiller attentivement la situation de la zone 4, où «le nombre d’orignaux récoltés demeure faible et préoccupant».
Cette zone qui couvre entre autres la MRC du Granit est particulièrement vulnérable à la tique d’hiver, dont la présence accrue de l’autre côté de la frontière canado-américaine menace le cheptel.
«Du côté américain, ils ont eu beaucoup de mortalité associée à la tique d’hiver. On a quand même une bonne immigration d’orignaux qui arrivent des États-Unis. Ça peut venir influencer le cheptel de notre côté, mais c’est encore une hypothèse.», conclut Anaïs Gasse.
La fragmentation de l’habitat de l’orignal dû à l’activité humaine ainsi que le réchauffement climatique affecte également le nombre de bêtes dans la région.
«C’est un animal qui ne s’adapte pas si bien à la présence humaine, contrairement aux cerfs qu’on peut voir à Sherbrooke, en pleine ville. Ça explique pourquoi une espèce peut être en très grande abondance, et l’autre en grande difficulté dans un même endroit», affirme la biologiste du MELCCFP Anaïs Gasse.