De la cyber-vigilance 24 heures sur 24, sept jours sur sept, comme le SPVM le fait depuis six semaines dans le cadre d’un projet de lutte à l’extorsion, serait dans les plans d’un gouvernement de la CAQ dirigé par Christine Fréchette.
La semaine dernière, le Service de police de la Ville de Montréal a annoncé la mise en place d’un projet de vigie continuelle sur les réseaux sociaux, en collaboration avec des sections d’enquête, qui a permis en seulement cinq semaines l’arrestation de 22 jeunes âgés de 14 à 22 ans qui auraient donné, sur des applications de messagerie, des contrats pour des incendies criminels, décharges d’arme à feu, braquage à domicile, vols qualifiés ou autres crimes violents.
Mais durant le projet, les policiers montréalais ont éventé des complots dont les victimes et les cibles se trouvaient à l’extérieur de la métropole.
Des plaques tournantes
« Aurora, ce sont des résultats concrets. Mais nous, on veut du permanent », a déclaré le ministre de la Sécurité publique Ian Lafrenière à La Presse.
« On veut créer deux centres d’expertises, un dans la région de Montréal et un autre dans la région de Québec, où se côtoieront des policiers de corps de police municipaux, de la SQ et de la GRC mais aussi des civils, pour effectuer de la cyber-vigilance et de la cyber-patrouille, et avoir une présence constante ».
Lire la suite
« Ce seront des plaques tournantes technologiques qui serviront aussi à détecter les fraudes et aviser la population, trouver les mineurs qui sont exploités sexuellement, les mineurs disparus et aller dans les chambres de certains sites où des jeunes se font offrir des contrats », ajoute le ministre Lafrenière.
Selon lui, ces centres, dont la création pourrait être annoncée dans les prochains mois, abriteront également des sections de crimes technologiques où seront craqués téléphones et ordinateurs, pour aider les enquêteurs.
Il n’exclut pas même l’utilisation de drones pour être en mesure de localiser les individus qui portent des bracelets antirapprochements dans les dossiers de violence conjugale, ou même pour être envoyés sur les appels et arriver avant les policiers, dans le but de leur fournir des images.
Le ministre, qui s’est rendu dans d’autres grandes villes canadiennes et américaines pour apprécier ce qui s’y faisait, affirme que les futurs centres pourraient développer des outils grâce à l’intelligence artificielle et la reconnaissance faciale.
« On veut entrer dans la modernité. Comme gouvernement, on veut être capable de donner des subventions et un coup de main aux services policiers. Qui aura le leadership ? Ce sont des choses qu’on regarde pour que tout le monde y trouve son compte. Mais on veut surtout décloisonner, on ne veut pas de silos », a conclu le ministre de la Sécurité publique.
Pour joindre Daniel Renaud, composez-le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.