Royalmount - 2 étages (2024)

Au sujet du volet résidentiel du Royalmount, je vais donner mon point de vue parce que j’y réfléchis souvent et parce que j’observe les opérations de la ville et des conseils successifs depuis quelques années. Mon approche est investigatrice et je ne suis pas campé d’un côté ou de l’autre.


D’abord éliminons les extrêmes déraisonnables :

D’un bord: les privilégiés qui craignent une perte de privilèges. Il va de soi que l’ajout d’un volet résidentiel dans le secteur industriel partiellement enclavé nécessiterait l’ajout de services municipaux pour desservir l’enclave. Alors la perte de privilège pourrait être limitée voire éliminée.

De l’autre bord, les partisans de l’approche qui préconise des logements sans (ou avec peu de) services de proximité comme étant meilleurs que pas de logements du tout. C’est probablement défendable dans d’autres circonstances. Le défi du manque de services ici est amplifié par la situation géographique.

La façon dont la ville a été conçue et opérée pendant plus d’un siècle se dessine dans le rectangle résidentiel entre Lucerne et L’Acadie puis Côte-de-Liesse et Jean-Talon. Les services municipaux, récréatifs, religieux, communautaires sont situés au centre-ville, qui est d’ailleurs hôte de communautés moins nanties, ou dans son orbite immédiate. Quelques écoles sont un peu plus excentrées.

Seuls les services de travaux publics sont à la périphérie sur Clyde entre Jean-Talon et le chemin de fer.

A cause de cette géographie, mais aussi du manque de terrains disponibles, les développements résidentiels en périphérie souffrent de cette distance au centre. Je pense aux rues Bates et Ekers, mais même aux secteurs entre Rockland et L’Acadie à l’Est, et à l’Ouest de Lucerne. Ces quartiers n’ont bénéficié que bien plus tard de l’ouverture de centres d’achats (Rockland, carré Lucerne…), mais les services municipaux restent au centre-ville. Le quartier Bates/Ekers a reçu son premier jardin en 2024, le plus petit de la ville.


Alors on comprend la grogne de certains résidents qui demandent à avoir les services qu’ils attendent avant d’embarquer de nouveaux usagers. Car en plus du projet Royalmount, plusieurs densifications ont eu lieu (Lucerne, Bates) ou ont été proposées (PPU Rockland).

J’ajoute un peu de contexte plus ou moins connu:

Durant la dernière décennie, il a été question de manques de classes d’école, au point où les cours de plusieurs écoles ont été remplacées par des classes modulaires jusqu’en 2025.

Beaucoup des actifs de la ville sont vieillissants et nécessitent déjà beaucoup d’attention des ressources humaines de la ville. L’état des bâtiments municipaux est frappant surtout quand à 100 m on trouve des maisons valant 5 M$.

Certains des bâtiments en décrépitude sont enfin en cours de remplacement. Mais ils n’ont pas encore fait leur entrée dans l’imaginaire ni le quotidien des usagers riverains.


Alors, il est évident pour moi, que des services municipaux situés dans la zone industrielle seraient nécessaires pour desservir de nouveaux résidents. Je ne connais pas la faisabilité d’un tel programme, mais connaissant les difficultés de la petite municipalité à maintenir ses actifs (e.g. les passerelles) et à développer ses coins (PPU Rockland mis en hibernatiin et PPU Beaumont qui se fait attendre depuis des annonces), il me semble que la résistance interne au changement devrait être bien ressentie contre ce projet.

Il semble qu’on voit dans le volet commercial une manne de rentrées foncières, mais dans le volet résidentiel un paquet de casse-têtes: il faudrait pratiquement doubler les services de la ville dans un tout nouveau secteur enclavé.


En parlant d’opportunités de densification, le secteur Beaumont (adjacent au MIL) est bien plus propice que le Royalmount à du logement social et abordable. Les efforts devraient se diriger vers là. L’accès aux transports, aux commerces, aux services y est plus facile. Ajout: Le fossé entre Outremont et VMR pourrait enfin commencer à s’éroder. La densification de ce secteur me semble une opportunité naturelle et urgente à saisir.


Pour finir, je comprends aussi les craintes de certains grands propriétaires du secteur industriel par rapport à la cohabitation.

En plus de la sécurité routière et des désagréments liés aux activités industrielles et au camionnage, il pourrait y avoir des enjeux de produits dangereux et autres risques industriels.

D’un coté rien n’est impossible à résoudre, mais de l’autre je comprends les réticences.

Alors avec un projet résidentiel de cette envergure mais situé dans une enclave industrielle, il ne me semble pas si déraisonnable de s’attendre à ce que les parties prenantes proposent une solution complète qui inclut les services et la quiétude à la nouvelle population.

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