Chronique de Maxime Bergeron au sujet du rapport du bureau de l’Ombusman de Montréal
Crack, itinérance et pistes cyclables | L’Ombudsman de Montréal sonne l’alarme
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Nadine Mailloux a formulé trois recommandations dans son rapport dévoilé lundi – le coup de massue ultime lorsque les autres tentatives de règlement échouent. Elles concernent toutes la création d’une piste cyclable dans le quartier de Parc-Extension, décrétée par l’administration précédente de Valérie Plante.Ce secteur très dense et multiethnique de l’île est sous-desservi en matière de transport actif. Il y a du béton partout. Beaucoup de circulation de transit. Nadine Mailloux reconnaît la pertinence de la nouvelle voie cyclable, rue Querbes.
Mais la planification du projet a été déficiente. Les consultations, bancales. Voire inexistantes.
« Aucune étude complète de mobilité n’a été réalisée avant l’implantation de l’aménagement, malgré les contraintes du quartier : forte densité, rues étroites, circulation complexe, souligne son rapport. Cette étude aurait permis d’évaluer différents scénarios, afin de minimiser les impacts sur les résidents. »
Selon l’enquête de l’Ombudsman, les « bonnes intentions » ont pris le dessus sur l’aspect pratique. La création de la piste cyclable a entraîné l’abolition de plus de 200 places de stationnement sur tout un côté de la rue. Un problème bien concret pour les aînés, les gens en situation de handicap et les familles nombreuses, placés devant un fait accompli.
Imaginez : aucun débarcadère n’a été prévu sur une distance de 1,3 kilomètre. Pas évident avec une marchette ou un fauteuil roulant…
Ce détail, qui n’en est pas un, n’a jamais été pris en compte dans la conception du projet, note l’Ombudsman. L’organisme a recommandé à l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension de réaliser une étude de mobilité « indépendante », a posteriori, et de faire des ajustements en conséquence, le cas échéant.
Deux recommandations rejetées par la mairie locale, apprend-on dans son rapport.
Seule sa troisième proposition, celle de mieux consulter les citoyens pour les projets futurs, a reçu un accueil favorable. Et tant pis pour les autres…
Cette rebuffade démontre les limites du pouvoir de l’Ombudsman. L’organisme peut recommander, pas contraindre.
« On a l’humilité de savoir qu’en fin de compte, la décision, et c’est le cas pour tous les ombudsmans de la planète, elle appartient à l’instance, à l’entité publique, m’a expliqué Nadine Mailloux. Mon travail, par contre, c’est de m’assurer que ce non-là [des autorités], il est connu. »
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