Région de Québec - Projets d'infrastructures (voirie, équipements collectifs, etc.)

Plus de 50 M$ pour remplacer les suspentes du pont Pierre-Laporte

Les 160 suspentes du pont Pierre-Laporte seront remplacées d’ici la fin de l’année 2029. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) prévoit dépenser plus de 50 millions de dollars d’ici la fin de l’année 2029 pour remplacer les 160 suspentes du pont Pierre-Laporte.

Les suspentes sont des éléments de fixation verticaux qui servent à relier les deux câbles porteurs au tablier du pont. En juin 2022, l’émission Enquête avait révélé que l’état des 160 suspentes du pont Pierre-Laporte nécessitait leur remplacement.

Résistance affaiblie

Le reportage s’appuyait sur un document d’une centaine de pages rédigé par deux ingénieurs du MTMD qui faisait mention d’une diminution importante et accélérée de la résistance des suspentes.

Après la diffusion des révélations d’Enquête, le MTMD avait décidé d’accélérer les travaux visant à remplacer les suspentes du pont Pierre-Laporte, qui devaient initialement s’étaler sur une quinzaine d’années.

Les suspentes sont des éléments de fixation verticaux qui servent à relier les deux câbles porteurs au tablier du pont.

Photo : Courtoisie / Ministère des Transports et de la Mobilité durable

Jusqu’ici, des interventions ont eu lieu sur 77 suspentes. Elles ont été consolidées ou remplacées par des suspentes temporaires.

Appel d’offres

Le MTMD a publié mardi un appel d’offres pour le remplacement des suspentes du pont Pierre-Laporte ainsi que pour la déshumidification des câbles porteurs et des chambres centrales de l’ouvrage qui enjambe le fleuve Saint-Laurent, entre Québec et Lévis.

Le montant estimé du contrat est de plus de 50 M$, peut-on lire dans le document.

(…)

Le ministère des Transports investit 50 M$ pour les suspentes du pont Pierre-Laporte

Le ministère des Transports et de la Mobilité durable a lancé un appel d’offres de 50 M$ pour remplacer les 160 suspentes du pont Pierre-Laporte.

Le boulevard urbain sur Laurentienne largué en même temps que les voies réservées

L’autoroute Laurentienne sépare les quartiers Limoilou et Vanier. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada

L’idée de convertir en boulevard urbain un tronçon de l’autoroute Laurentienne n’est plus dans les cartons du ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) depuis l’an passé. Le projet a été retiré du Plan québécois des infrastructures (PQI) de 2025, en même temps que les voies réservées en banlieue de Québec et le pont d’étagement à l’intersection de l’autoroute Robert-Bourassa et du boulevard Lebourgneuf.

Après l’abandon du projet de troisième lien de centre-ville à centre-ville, la conversion du tronçon entre les rues Soumande et de la Croix-Rouge avait été incluse dans le Réseau de mesures préférentielles en transport collectif (RMPTC) – région métropolitaine de Québec. Il incluait aussi les voies réservées, la reconfiguration de certaines artères et le pont d’étagement Robert-Bourassa–Lebourgneuf.

C’est ce grand projet de réseau qui a été retiré du PQI en 2025.

Pour le MTMD, le RMPTC devait être un projet complémentaire à l’implantation du tramway et du troisième lien. Lorsque ces projets seront plus avancés, le Ministère réévaluera le besoin d’implanter, en complément, un réseau de mesures préférentielles en transport collectif, ainsi que les interventions prioritaires à déployer, si requises, laisse planer un porte-parole par courriel.

Avec la fermeture de la passerelle cyclopiétonne de la Pointe-aux-Lièvres et sa potentielle démolition, la transformation de l’autoroute Laurentienne a été de nouveau réclamée publiquement par différents acteurs dont le député solidaire Etienne Grandmont et le parti municipal Transition Québec.

“Ça montre encore une fois le manque d’ambition du gouvernement de la CAQ pour notre Capitale-Nationale”, se désole le député de Taschereau en apprenant que la conversion de l’autoroute s’ajoute aux autres projets largués l’an passé.

Plus de détails

Une conversion toujours réclamée

Contrairement à la conversion de l’autoroute Dufferin-Montmorency, le gouvernement du Québec ne s’était pas encore commis publiquement pour Laurentienne. Certaines études et analyses avaient tout de même déjà été menées sur l’artère. Un élargissement avait entre autres été envisagé pour aménager des voies réservées.

Le projet de boulevard urbain sur cette artère est demandé par de nombreux autres acteurs, dont la Ville de Québec et le promoteur immobilier Trudel Corporation, qui a un projet de développement d’envergure à Fleur de Lys.

Les plans de Trudel pour Fleur de Lys incluent de nouvelles rues qui seront prêtes à rejoindre les rues de Limoilou si un boulevard urbain venait à remplacer l’autoroute Laurentienne. (Image d’archives)

Photo : Gracieuseté / Trudel Corporation

Nous sommes toujours convaincus que c’est la meilleure option urbanistique pour soutenir la revitalisation du secteur et reconnecter les quartiers entre eux, indique par écrit David Chabot, chef des communications chez Trudel.

Le promoteur et le député solidaire soulignent aussi qu’un boulevard urbain permettrait de faire du développement immobilier le long de l’axe. Imaginez tout l’espace qu’on pourrait récupérer, parce que les entreprises d’autoroute sont très larges. On pourrait construire directement jusqu’au boulevard […] et favoriser finalement un mode de vie qui est peut-être plus cohérent avec nos objectifs climatiques, nos objectifs de limitation de l’étalement urbain, souligne Etienne Grandmont.

Les deux donnent en exemple le projet de conversion d’un tronçon de l’autoroute Bonaventure à Montréal.

Une demande de longue date

L’idée de convertir le tronçon plus urbain de l’autoroute Laurentienne fait son chemin depuis plusieurs années auprès des conseils de quartier de Lairet, de Saint-Roch, de Saint-Sauveur et du Vieux-Limoilou ainsi qu’auprès d’organismes comme Accès transports viables et le Conseil régional de l’environnement de la Capitale-Nationale.

En 2011, l’entrée au centre-ville, entre les rues Soumande et de la Croix-Rouge, a été inscrite au Plan de mobilité durable de la Ville de Québec et, 10 ans plus tard, cette dernière a dévoilé sa vision pour le secteur qui comprenait cette conversion.

L’entrée de la ville, une fois l’autoroute Laurentienne transformée en boulevard urbain, selon la vision de la Ville pour le secteur. (Image d’archives)

Photo : Ville de Québec

En 2023, le projet a reçu l’appui de la Direction de santé publique de la Capitale-Nationale qui y voyait une façon d’améliorer la qualité de l’air de la Basse-Ville, de Limoilou et de Vanier. Dans son rapport Mon environnement, ma santé (MEMS), elle recommandait de réduire la capacité routière et le volume de circulation en accélérant la transition vers la mobilité durable.

Tout le monde est prêt, il manque juste une vraie volonté politique du côté du gouvernement, relève le député de Taschereau, qui était anciennement directeur d’Accès transports viables.

Pour nous, c’est un incontournable qui doit impérativement faire partie des trois grandes priorités du gouvernement du Québec pour la Capitale-Nationale et, à l’aube des élections provinciales, de tous les partis politiques, ajoute aussi David Chabot du groupe Trudel.

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Boulevard urbain sur Laurentienne : le ministère des Transports largue l’idée

Le projet de convertir en boulevard urbain un tronçon de l’autoroute Laurentienne a été abandonné en même temps que les voies réservées en banlieue de Québec.

La CAQ même avec Fréchette montre qu’elle est toujours un parti pro-automobile parce que c’est dans son ADN. Alors il faut aller voir ailleurs pour un vrai changement de vision orienté vers les valeurs environnementales et l’incontournable lutte aux changements climatiques.

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Lors de ma dernière promenade urbaine dans les secteur de la Pointe-aux-Lièvres (rivière St-Charles), j’ai dû faire un grand détour pour rejoindre l’autre côté de l’autoroute vers la Haute-Ville. Cette autoroute au sol en plein quartier urbain coupe la ville en deux, est une source importante de pollution et de bruit pour le voisinage et un obstacle majeur pour les piétons et les cyclistes.

Plusieurs conseils de quartier réclament la transformation de l’autoroute Laurentienne en boulevard urbain

Traverser l’autoroute Laurentienne à pied ou à vélo, c’est dangereux et souvent déconseillé. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles les conseils de quartier Saint-Roch, Saint-Sauveur, Vieux-Limoilou et Vanier plaident pour transformer une partie de cette mer d’asphalte en boulevard urbain.

À l’intersection des rues du Cardinal-Maurice-Roy et de la Croix-Rouge, les piétons et les cyclistes font face à un véritable parcours du combattant.

Crédit photo: Thomas Verret

Administrateur au Conseil de quartier du Vieux-Limoilou, Pieter Agneessens y voit « un projet catalyseur » pour plusieurs secteurs habités qui longent la rivière Saint-Charles. Ce dernier est déçu d’avoir appris, dans les derniers jours, que le ministère des Transports et de la Mobilité durable a retiré le projet du Plan québécois des infrastructures.

« Ça fait quand même un certain temps qu’on attend que ça se réalise », rappelle-t-il.

Déjà en 2017, le Programme particulier d’urbanisme (PPU) pour l’entrée de ville du quartier Saint-Roch prévoyait la transformation de l’autoroute Laurentienne en boulevard urbain. Le projet figure au Plan de mobilité durable de la Ville de Québec depuis 2021.

« Le potentiel est énorme », souligne le député de Taschereau, Étienne Grandmont, qui évoque la possibilité d’ajouter de 5 000 à 6 000 logements le long du boulevard Laurentienne et au sud de la rue Soumande.

Alors que la Ville de Québec est appelée à croître de façon importante dans les prochaines années, la présidente du Conseil de quartier de Saint-Sauveur, Myriam Nickner-Hudon, estime que cette hausse de population doit se faire sans étalement urbain supplémentaire.

« Ce n’est pas vrai qu’on va continuer de s’étaler, encore et encore. On n’a pas besoin d’ouvrir le périmètre urbain. Il faut préserver les espaces verts en périphérie pour la lutte aux changements climatiques. »

La résidente de la Basse-Ville fait ainsi valoir la nécessité de créer des milieux de vie à échelle humaine, moins dépendants de l’automobile.

« Comme ville, il faut se donner les outils pour permettre une croissance agréable et faire en sorte que plus de gens puissent délaisser leur voiture. »

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La cheffe de Transition Québec, Camille Lambert-Deubelbeiss, considère pour sa part qu’« il y a une occasion à saisir » présentement, alors que la Ville planifie le futur pôle d’échanges du tramway dans le quartier Saint-Roch.

« C’est un bon moment pour revoir ce secteur-là comme il faut. »

La Ville de Québec va démolir la passerelle Adrien Pouliot cet été, dans le cadre de travaux préparatoires au tramway. L’administration municipale promet un nouveau lien de mobilité pour compenser cette perte.
Crédit photo: Thomas Verret

Le sort de la passerelle de la Pointe-aux-Lièvres au cœur des préoccupations

Aux yeux de Camille Lambert-Deubelbeiss, la passerelle de la Pointe-aux-Lièvres, fermée depuis novembre dernier, devrait être « la priorité absolue » des autorités publiques à l’heure actuelle, aussi bien pour la Ville de Québec que pour le gouvernement provincial.

« Dans l’immédiat, il y a vraiment un enjeu de sécurité publique, de sécurité piétonne », alerte-t-elle.

La chef de Transition Québec se demande si la transformation de l’autoroute Laurentienne en boulevard urbain a fait l’objet de discussions entre le maire Bruno Marchand et la nouvelle première ministre Christine Fréchette à l’occasion de sa récente visite à l’hôtel de ville.

Pour Étienne Grandmont, la propriété de la passerelle, située entre les rues Lee et Robert-Rumilly, relève du gouvernement du Québec, qu’il accuse d’inaction.

« L’entretien n’a pas été fait de façon adéquate. Et si la Ville n’avait pas agi, le ministère des Transports aurait laissé la passerelle ouverte, alors qu’elle est potentiellement dangereuse. C’est doublement inquiétant. »

Fermée jusqu’à nouvel ordre, la passerelle de la Pointe-aux-Lièvres risque la démolition.
Crédit photo: Thomas Verret

« Fini les excuses »

L’élu de Québec solidaire responsable du dossier des Transports et de la Mobilité durable ajoute que l’argument du futur troisième lien dans l’axe de l’autoroute Laurentienne ne tient plus, et que « l’impossible redevient possible ». Alors que « la CAQ de Christine Fréchette, le Parti libéral de Charles Milliard et le Parti conservateur d’Éric Duhaime proposent tous la construction d’un lien autoroutier à l’Est : il n’y en a plus d’épée de Damoclès ».

Le député de Taschereau invite justement la population à une marche exploratoire le samedi 2 mai, qui va partir du stade Canac, à 10h. La présidente et cofondatrice de l’organisme Santé Urbanité, Johanne Elsene, l’accompagnera pour cette promenade de Jane.

Le duo mettra alors en évidence qu’une autoroute représente aussi un enjeu de santé publique, tant pour le bruit que pour les polluants atmosphériques rejetés par les milliers de véhicules qui y circulent chaque jour.

Développement immobilier, densification des quartiers, transport collectif et actif, verdissement et réduction de la vitesse : tout le monde y gagne », soutient M. Grandmont au sujet du projet de boulevard urbain qu’il défend depuis ses années passées à la direction de l’organisme Accès transports viables (2012 à 2022).

Convenant que ce projet requiert des investissements significatifs étalés sur plusieurs années, Myriam Nickner-Hudon argue que « les vraies villes qui se réinventent dans le monde sont celles qui sont capables de faire ces transformations importantes pour redonner l’espace aux citoyens ».

« Plus on brette, plus on va rater des opportunités », prévient la présidente du Conseil de quartier de Saint-Sauveur.

Pieter Agneessens insiste quant à lui sur la notion du vivre-ensemble et de la connectivité entre les différents quartiers concernés, mais également sur l’aspect de la sécurité routière.

« On est tous piétons et ce n’est pas tout le monde qui a accès à un véhicule », fait remarquer le résident du Vieux-Limoilou, qui salue la solidarité des quatre conseils de quartier dans ces revendications de longue date.

Par ailleurs, l’élu responsable des relations avec les citoyens pour le projet TramCité, Raymond Poirier, tiendra un point d’information, le 30 avril prochain, dans le cadre du Conseil de quartier de Saint-Roch.

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[Opinion] Le Troisième lien : Passer de la tractation politique à la résilience de la Capitale

Par : Un Maître Urbaniste

Ayant traversé l’évolution de nos outils de planification — des premières cartes perforées à l’intelligence artificielle — j’ai acquis une certitude : l’urbanisme est trop souvent l’otage de tractations politiques qui ne répondent à aucune logique territoriale pérenne. Aujourd’hui, le dossier du “Troisième lien” illustre parfaitement cette délicate position où la décision semble tributaire de cycles électoraux plutôt que d’une structure de pensée noble.

1. Le constat d’une fragilité systémique

Québec est la capitale de notre province. Pourtant, sa résilience repose sur des infrastructures qui ne garantissent plus la continuité territoriale nécessaire à son rang. Faire de la “pensée politique” en urbanisme, ce n’est pas choisir un camp, c’est reconnaître que l’immobilisme ou les solutions de court terme affaiblissent notre structure étatique.

2. La solidarité des capitales : Le rôle d’Ottawa

Si l’on regarde le Canada comme une famille, Ottawa joue le rôle de la “grande sœur” garante du bien-être collectif. Il est temps d’élever le débat : le Troisième lien n’est pas un simple projet de voirie régionale. C’est un enjeu de sécurité et de fluidité nationale. La fragilité de Québec doit interpeller le fédéral non par ingérence, mais par solidarité stratégique pour assurer la résilience d’un nœud névralgique du pays.

3. Pour une planification “noble” et structurée

Nous devons exiger une planification qui ne soit plus le fruit de compromis précaires, mais une réponse logique aux besoins de la communauté. Servir la communauté, c’est offrir une vision qui transcende les mandats politiques.

michel matton urb m.a

2545 rue des muguets

vaudrueil dorion

faite en collaboration de l I.A

Donc selon vous, une « structure de pensée noble » c’est foncer avec un projet pour lequel aucune étude n’a su démontrer sa nécessité?

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