Souhait #25 pour Montréal
Les lampadaires de rue font partie de ces éléments du quotidien qu’on oublie et qu’on ignore. Pourtant, ils contribuent à donner une personnalité aux rues, un caractère qui leur est propre, un point de repère dans le paysage urbain. Pendant près d’un siècle, Montréal comptait une grande diversité de modèles — certains dessinés par des professionnels du design industriel, d’autres choisis dans des catalogues. Dans tous les cas, ces objets du quotidien étaient indissociables de l’image et de la personnalité de Montréal. Le passage à la technologie DEL a entraîné une uniformisation et une anonymisation des lampadaires.
Un musée des lampadaires permettrait de mettre en lumière cette facette de l’histoire urbaine montréalaise.
Plusieurs sites pourraient accueillir une telle installation, comme un parc, un boulevard, ou encore une place publique. Le lieu le plus pertinent serait sans doute la rue Clark, au sud de Sainte-Catherine, qui pourrait être réaménagée dans la continuité du plan directeur du Quartier des spectacles. Cette localisation permettrait un partenariat entre le Musée des mémoires montréalaises, pour les aspects historiques et symboliques ; Hydro-Québec, pour la question de la transition énergétique ; la Maison du développement durable, pour les enjeux liés au ciel noir ; le Central, qui pourrait y étendre sa terrasse ; et le Partenariat du Quartier des spectacles, qui bénéficierait d’une installation permanente issue de l’événement LUMINO.
Concrètement, ce souhait implique :
25.1 Le sauvetage et la restauration des lampadaires d’intérêt encore en service ;
25.2 La reconstitution de modèles historiques disparus ;
25.3 Le rassemblement de ces lampadaires dans une installation urbaine permanente.
Ce type de musée existe déjà à l’international, notamment à Bruxelles, Berlin, Québec, Los Angeles et Toronto. Ces initiatives deviennent rapidement des curiosités urbaines, mettant en valeur un patrimoine modeste mais identitaire, tout en renforçant le sentiment d’appartenance et de fierté des citoyens envers leur ville.
1 Rue Berri, 1968, Archives de la Ville de Montréal
2 Par l’auteur
3 Sheila Klein / Chris Burden / DPA
