Propreté et entretien à Montréal - Discussion générale

C’est bien beau guérir, mais ne faudrait-il pas mettre autant d’efforts dans la prévention? Non seulement ajouter plus de bacs de récup et les vider quand ils sont pleins, mais surtout sensibiliser la population à davantage de civisme, en les invitant à jeter leurs mégots et leurs déchets dans des lieux appropriés. Pourquoi pas de la publicité avec une dose d’humour qui frapperait l’imagination des gens et ferait son chemin plus profondément dans les esprits?

Ici à BSP c’est le temps des corvées bénévoles, une action que j’encourage parce que c’est justement le meilleur moyen d’amener les citoyens à respecter l’environnement en général. Hier c’était les jeunes de l’école secondaire près de chez moi qui nettoyaient le magnifique parc voisin. Demain la Ville invite la population à se joindre à d’autres équipes de bénévoles un peu partout sur le territoire, dont je ferai joyeusement partie. C’est en même temps une excellente occasion d’échanger avec autrui et s’amuser tout en faisant oeuvre utile.

Aucun doute la propreté des villes et des campagnes a un effet ultra positif sur le moral des gens, c’est en même temps toute la société qui en profite.

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Je viens de marcher sur le boulevard René-Lévesque de : de la Montagne jusqu’à de l’Hôtel-de-ville et j’ai remarqué qu’il y a maintenant 2 poubelles (une pour les déchets et l’autre recyclage) à chaque coin de presque toutes les intersections. De plus j’ai vue des équipes en action nettoyer autour des poubelles.

J’ai jamais vue le boulevard aussi propre et sans déchet. J’espère vraiment que la ville va continuer dans cette lancée et que cette cadence de ramassage et de nettoyage va être quelque chose de permanent et pour ailleurs en ville.

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Je crois que la SDC Centre-Ville a étendu la zone d’intervention de la brigade propreté. Elle commence plus tôt aussi que les premières années

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Comment rendre Montréal moins sale

«Le meilleur déchet est celui qui n’existe pas», explique Clélia Sève, coordonnatrice de la Maison de l’environnement de Verdun. Photo: Josie Desmarais/Métro

Clément Bolano

1 novembre 2022 à 17h19 - Mis à jour 1 novembre 2022 à 18h02 4 minutes de lecture

Poubelles débordantes, chantiers à ciel ouvert, graffitis… Montréal fait souvent face à des problèmes d’insalubrité. Ces derniers sont soulignés dans une étude commandée par la Société de développement commercial (SDC) Montréal centre-ville. Le document propose de s’inspirer des meilleures pratiques mises en place dans d’autres grandes villes du monde pour rendre notre ville plus propre.

Sur le plan de la collecte des déchets, Montréal pourrait être bien plus efficace. La stratégie actuelle consiste, dans la totalité des arrondissements, à ramasser séparément les ordures ménagères et les déchets recyclables. Mais ces services étant effectués en plein jour, les sacs de détritus restent ainsi sur les trottoirs pendant plusieurs heures.

L’étude observe une différence entre Montréal et les autres métropoles autour du monde. «Les grandes opérations liées à la propreté – collecte des ordures, nettoyage de la chaussée, ramassage de la neige – se font la nuit, lorsque les rues sont presque désertes», indiquent les auteurs du document.

Au centre-ville, on favorise une collecte en dehors des heures de pointe, en particulier la nuit ou au petit matin. Plusieurs villes arriment d’ailleurs leur réglementation sur le stationnement en conséquence.

Extrait de l’étude

À Fukuoka, au Japon, la collecte de nuit a permis de réduire le trafic automobile en journée, et de limiter l’attrait des résidus pour les animaux.

Des poubelles qui débordent

Une meilleure collecte des déchets signifierait donc moins de rats dans les rues de Montréal, alors que ces derniers proliféreraient, selon des exterminateurs interrogés par nos confrères du Journal de Montréal.

«La multiplication des chantiers laisse des égouts à ciel ouvert à Montréal et attire les rats, comme les poubelles qui débordent», a notamment réagi la conseillère d’opposition Chantal Rossi, élue d’Ensemble Montréal, lors du dernier conseil municipal. En cause, l’interdiction réglementaire de certains produits existant dans les poisons utilisés contre les rongeurs.

Des solutions existent! L’une d’entre elles pourrait passer par la multiplication des poubelles pour mieux mailler le territoire, ou par l’enfouissement de celles-ci. En effet, Amsterdam (Pays-Bas) et Toulouse (France) ont adopté les poubelles semi-souterraines, ce qui leur a permis de diminuer la fréquence de passage des camions de collecte, mais aussi de réduire l’impact visuel et sanitaire des boîtes à ordures.

L’opposition, par la voix du conseiller Julien Hénault-Ratelle, a également réagi à l’étude de la SDC Montréal centre-ville. «La Ville entretient mal ses chaussées et ses arbres, alors que ses poubelles débordent régulièrement. Ceci découle de l’attitude laxiste de la part de l’administration face aux graffitis sur les façades privées. Le portrait n’est pas reluisant», a-t-il fait tomber.

La propreté, responsabilité de tous

Pour réduire l’impact visuel des chantiers, des bâches d’échafaudage, publicitaires par exemple, pourraient être mises en place afin d’embellir les lieux. Conséquence? «Préservation de la qualité du cadre urbain», tout en générant «des revenus pour bonifier les services publics», souligne le document de 92 pages.

L’état des trottoirs n’est pas que l’affaire des pouvoirs publics: c’est aussi la responsabilité des citoyens. Là aussi, on remarque un laxisme de certains propriétaires d’immeubles, de commerces, ou des résidents eux-mêmes, qui ne participent pas forcément à l’entretien des rues.

Certaines juridictions municipales ont d’ailleurs intégré cette responsabilité dans leur règlement, comme la ville de New York. Son code administratif stipule que «les propriétaires d’immeubles sont responsables de l’état du trottoir devant leur commerce ou propriété»… et prévoit une amende pour ceux qui ne participeraient pas au déneigement, déglaçage, ou au nettoyage des trottoirs.

Chaque année, des volontaires répondent à l’appel des arrondissements montréalais et se joignent à leurs brigades propreté, rendant ainsi la ville un peu plus attrayante.

Selon Tourisme Montréal, 59% des visiteurs considèrent que la ville est propre. Un score qui pourrait être plus élevé si on s’inspirait d’autres métropoles, conclut l’étude de la SDC Montréal centre-ville.

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L’article n’en parle pas mais je présume que l’arrondissement fera des économies en faisant la collecte aux deux semaines au lieu de chaque semaine ?

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Bin quin.

Pas nécessairement. Ça dépend du volume des déchets. Les premières années, le volume total risque d’être semblable, mais à la longue le but est de réduire la quantité de déchets à la source.

Ordures ménagères La Ville défend la collecte aux deux semaines


PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE | L’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve supprimera la moitié de ses collectes de poubelles d’ici la fin de l’année prochaine.

L’administration Plante a défendu mardi l’espacement de la collecte des ordures ménagères – un ramassage aux deux semaines – alors que cette mesure s’apprête à être appliquée dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve (MHM).

24 janvier 2023 | Publié à 11h40 | PHILIPPE TEISCEIRA-LESSARD | LA PRESSE

L’arrondissement de l’est de Montréal supprimera la moitié de ses collectes de poubelles d’ici la fin de l’année prochaine. Objectif : augmenter l’utilisation des bacs de compost et de recyclage, qui continueront d’être ramassés chaque semaine.

« C’est une mesure audacieuse qui fait sortir les élus, les citoyens et les équipes de leur zone de confort », a affirmé Marie-Andrée Mauger, l’élue responsable de l’environnement au sein de l’administration municipale. Elle a souligné que les dépotoirs utilisés par Montréal se remplissent rapidement et qu’il est urgent de réduire la quantité d’ordures envoyée chaque semaine à l’enfouissement.

« On voit les limites de la sensibilisation, a affirmé le maire de MHM, Pierre Lessard-Blais. On doit changer nos habitudes. » Les deux élus se sont exprimés au conseil municipal.

L’opposition officielle à l’hôtel de ville a tenté de convaincre l’administration de continuer de ramasser les poubelles de façon hebdomadaire pendant la saison chaude, de juin à septembre, afin de limiter les odeurs et la présence de vermine. L’équipe de Valérie Plante a rejeté l’idée.

« La propreté est une question de dignité, a affirmé l’élue d’opposition Alba Zuniga Ramos, qui représente justement un district de MHM. La transition écologique ne doit pas rimer avec saleté. »

« S’il y a un tel engouement de l’administration pour un tel projet, je les invite à montrer l’exemple, à aller de l’avant et à mettre en place le même projet dans leur arrondissement », a attaqué Julien Hénault-Ratelle, en citant les maires de Rosemont-La-Petite-Patrie, Verdun et Plateau-Mont-Royal. « Quand ils vont avoir des centaines de plaintes de leurs citoyens, je doute qu’ils vont encore être en train de rire de la situation. »

Mme Zuniga Ramos et M. Hénault-Ratelle disent avoir reçu de nombreuses plaintes des citoyens de l’arrondissement qui ont participé à un projet-pilote, l’an dernier. Ce projet-pilote suggère que l’espacement des ramassages des ordures pourrait faire augmenter de 20 % l’utilisation des autres bacs de collecte.

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The city is a shame. Montreal should be at the avant-Garde of cleanliness - it was a reputation.
Snow, sleet, sludge… whatever you call this gray-brown matter, needs to be removed. Trash and detritus as well.
The city looks sad in winter. Forget all those “lumino-therapies”, just clean up your act.
City sidewalks are the worst at intersections. Leaps and bounds aren’t capable of clearing your step, you’re bound for a messy soaker; if the car racing by doesn’t.

Valerie has to go.

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L’idée c’est que le volume d’ordures sera réduit de moitié? Sérieux?

This is great news, I’m glad cities are trying to get everyone to reduce their waste.

By default, many people throw things out not thinking where it should go (compost, recycling, trash) and end up just putting it in the trash. By the city not picking it up as often, people have to be more conscious about where their waste actually goes and will put it in the correct space.

I don’t really know why people are confused by why they’re doing this, the entire political party is about the environment, of course they’re going to do something that’s better for the environment lol

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C’est de la neige et de l’eau. Tant qu’il aura des précipitations sous zéro, ça va exister. Comme ça a toujours existé. Il faudrait refaire des siècles d’intersections pour ne serait-ce que pour mitiger cela. Mais franchement ça a peu à voir avec la propreté, ou une administration.

Ce n’est pas qu’un geste écologique, c’est une nécessité pour un problème de gestion de déchets qui arrive très vite. Il n’y a pas d’alternative à réduire nos déchets. Traiter la collecte selon le volume que nous sommes supposés générer devrait être le gros bon sens, plutôt que de faire des collectes pour du gaspillage et des mauvaises habitudes.

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Yes but how many don’t even know when the collect is and just put their bag outside when ever, all the year and this all across the city…

Yes the city wants people to reduce their trash but people will just continue to do whatever, not matter if you pick up the trash once or twice a week

Unfortunately people are more lazy and stupider than we think. People will probably just put the trash out and it will sits there for a while before it would be pick up. Event when there is a snow storm people put their trash out expecting it will be pick up even if there is a foot a snow over them overnight…

La majorité des gens font la bonne chose je crois. Simple question de nombre, ça peut améliorer les habitudes des gens. Et ramasser les déchets aux deux semaines est la normale vu la nature de ceux-ci. En bout de ligne, c’est une simple question de mettre le bon déchet dans la bonne poubelle, sur trois. C’est prendre les gens pour les adultes fonctionnels qu’ils sont :stuck_out_tongue:.

Bien entendu, on échappe pas qu’une poignée de gens ne font pas cet effort. On le voit maintenant, on le verra dans le futur. Je pense que c’est un enjeu séparé, et il faudrait probablement être plus sévère sur les contrevenants (franchement sur ma rue on sait pertinemment les 2-3 édifices responsables de 90% du recyclage qui revole au vent), et peut-être explorer les contenants pour assurer la sécurité des déchets. J’ai l’impression que c’est le plus grand problème, avec les difficultés mécaniques de nettoyer les déchets en hiver.

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Elevated crosswalks would mitigate that problem significantly. The huge puddles tend to form where pedestrians bow down to the cars to cross the street. And if drivers insist on speeding, the law of physics can ensure it damages their car (instant feedback). We just need more “convincing” design. None of the half-assed “elevated” crosswalks on des Pins.

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Je me souviens quand il avait deux collectes d’ordures par semaine :stuck_out_tongue:

Pour ma famille (4 adultes), je sors les poubelles et la récup aux deux semaines, le compost à tous les semaines, donc pas un problème pour moi!

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Saved by a snowstorm
When the city is blanketed in white, there’s magic
Somehow, it needs to be kept clean. More garbage pickups, more people clearing sidewalks. In NYC, my building, and all neighbouring buildings take care of their sidewalk, why not here?

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It was like that before (long time ago), I don’t know when that bylaw was removed

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Les rats prennent leur revanche à Montréal

Valérian Mazataud Le Devoir Le chef intérimaire d’Ensemble Montréal, Aref Salem, talonne l’administration de Valérie Plante sur la gestion des déchets et la prolifération des rats depuis des années. La décision récente de la Ville d’espacer la collecte des déchets toutes les deux semaines dans certains quartiers l’inquiète.

Jean-Louis Bordeleau

Ils se promènent en plein jour dans le quartier chinois, ne se souciant guère des passants estomaqués. Aux abords des nombreux chantiers de la métropole, ils pullulent. Les rats se manifestent visiblement davantage depuis deux ans dans la métropole. La Ville de Montréal tente de lutter contre ce fléau en autorisant l’utilisation à l’extérieur d’un poison interdit l’an dernier.

Montréal a interdit l’an dernier l’utilisation extérieure de près d’une quarantaine de produits chimiques, dont plusieurs poisons à rats, sous prétexte de protéger le reste de la faune urbaine. Les trappes sont depuis devenues l’outil de prédilection, un mort à la fois. Conséquence : le contrôle des rongeurs est devenu plus difficile.

« On en voit apparaître dans des secteurs qui n’étaient pas à problème », observe l’un des grands experts de l’extermination à Montréal, Nathaniel Leavey, de Maheu Extermination. « On a l’impression qu’il y a une grosse recrudescence, mais on est en train de se demander s’il n’y a peut-être pas la même présence que les autres années, sauf qu’on ne parvient pas à les tuer. Il n’y a pas plus de rats nécessairement, mais on n’est plus capables de les contrôler. »

« Avant, on arrivait à contrôler avec des rodenticides, dans des contenants non accessibles pour les autres espèces », confirme Chantal Lessard, d’Extermination à bas prix. « Maintenant, on voit des gens, des citoyens qui achètent sur Internet des produits comme le Tomcat [un puissant poison] et en placent eux-mêmes autour de chez eux. C’est pire pour les autres animaux. »

L’autre responsable de cette prolifération visible, ce sont les travaux qui pullulent à Montréal. « Les cônes orange sont partout à Montréal », souligne Hélène Bouchard, présidente de l’Association québécoise de la gestion parasitaire. « Sachant que les rats vivent dans les égouts, toute construction, comme pour le REM ou pour des tours de condos, déplace les colonies de rats. C’est certain qu’à cause de ces travaux, on les voit un peu plus. »

Il n’y a pas plus de rats cette année, selon Jacques McDonald, de l’entreprise L’Ex-TerminateurJm, mais le nombre de souris augmente, lui, certainement. La faute revient à l’interdiction des poisons, assure-t-il. « Je ne sais pas qui a pris cette décision, mais c’est sûr que c’est une bonne année pour les rongeurs. »

Difficile d’estimer le nombre et donc la croissance de cette vermine cachée. Le nombre de signalements à la Ville reste plutôt stable. Ainsi, 113 requêtes ont été faites au 311 l’an dernier, contre 108 l’année précédente.

Heureusement, les rats et les souris ne représentent pas un réel danger pour la population. Les maladies qu’ils transportent ne se retrouvent chez l’humain que dans des cas rarissimes au Québec, comme ailleurs en Occident. « C’est quand on a des rats qui vivent proches de cours d’eau contaminés [par ces maladies] que ça cause problème », indique la Dre Claire Grosset, professeure à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal. L’augmentation de la population de rats s’observe cependant dans la plupart des grandes villes du monde, selon cette experte.

« On ne peut pas dire qu’il y a, en ce moment, […] une infestation. La situation demeure sous contrôle », a tonné, lors de la séance du conseil municipal de lundi dernier, Marie-Andrée Mauger, de Projet Montréal.

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Nouvelle mesure

Néanmoins, la Ville a corrigé le tir en début d’année en réautorisant l’utilisation libre d’un poison à rats, la diphacinone. La mesure devrait entrer en vigueur d’ici quelques semaines. Ce retour en arrière est très bien accueilli dans le milieu de l’extermination.

« Le poison n’est pas une solution unique ni une solution parfaite », précise Philippe Sabourin, porte-parole administratif de la Ville de Montréal. « […] Quand on utilise des pièges ou des poisons à rats, s’il y a présence de nourriture sur le domaine public, c’est difficile d’attirer les rats. Ils vont aller vers la graisse, le coeur de pomme avant le piège ou le poison. »

C’est pourquoi il affirme que la Ville prend « très au sérieux » la gestion des déchets, surtout au centre-ville. « L’an dernier, on a triplé les interventions propreté [dans Ville-Marie]. On a ajouté un inspecteur du domaine public. »

L’hiver, trop de citoyens déposent leurs déchets sur le trottoir en période de déneigement, note-t-il. « Ne mettez pas votre sac de déchets sur les tas de neige, parce que sinon, on va se retrouver avec des sacs éventrés sur le domaine public, et ça donne un festin pour les rats. Si nos comportements ne changent pas, la situation ne changera pas. »

La faune contre la faune

L’interdiction de poisons à rats à l’extérieur, bien qu’efficace, nuit à tout l’écosystème urbain. « [Les rodenticides] causent des problèmes de coagulation chez les rats. N’importe quel oiseau de proie qui va manger des petits rongeurs, souris ou rats, peut être contaminé par ce qui se trouve dans les rats », explique la Dre Grosset. « Le rat ou la souris va manger le produit, mais ne va pas mourir tout de suite, sinon les autres rats autour vont faire le lien entre le rodenticide et la mortalité de leur congénère, note la Dre Grosset. On parle de mortalité différée de une, deux ou trois semaines après l’ingestion. Ça veut dire que le rongeur se balade dans la nature, dans la ville, un petit moment avant de mourir. Au moment où il commence à présenter des signes de détérioration, il devient plus facile à attraper pour nos oiseaux de proie. »

« Idéalement, il ne faudrait pas l’utiliser », estime-t-elle. « On reçoit régulièrement des oiseaux qui sont intoxiqués avec ça, »

[Les rodenticides] causent des problèmes de coagulation chez les rats. N’importe quel oiseau de proie qui va manger des petits rongeurs, souris ou rats, peut être contaminé par ce qui se trouve dans les rats.

— La Dre Claire Grosset

Contre ces rongeurs, elle propose plutôt la lutte biologique grâce aux oiseaux de proie. Les nichoirs de faucons pèlerins installés sur le pont Jacques-Cartier ou sur le toit de gratte-ciel, par exemple, permettent de « lutter naturellement contre les rongeurs ».

Un problème de poubelles

« Actuellement, la ville, elle est sale, on n’a qu’à se promener à Montréal pour se rendre compte que les déchets traînent un peu partout. Ça vient créer un problème de santé publique », affirme au Devoirle chef intérimaire d’Ensemble Montréal, Aref Salem.

Son équipe dans l’opposition talonne l’administration en place sur la gestion des déchets et la prolifération des rats depuis des années. La décision récente de la Ville d’espacer la collecte des déchets toutes les deux semaines dans certains quartiers l’inquiète.

« Nous, dans Saint-Laurent, on a déjà introduit la collecte toutes les deux semaines depuis 2016. Le problème, c’est que, cette fois, [Montréal] a donné aux gens des sacs de vidanges. Ça marche chez nous, parce qu’on a des bacs refermables. […] Un sac en plastique, c’est déchirable. »

Les poubelles publiques sans couvercle contribuent aussi à nourrir ces indésirables, souligne-t-il. « Une poubelle ouverte, pour un rat, c’est un festin. On continue d’alimenter les rats. Si on met un programme progressif pour avoir des poubelles fermées, on contribue à limiter la prolifération. Il faudrait une brigade de propreté. Actuellement, on n’a pas de contrôle. »

Enfin, au banc des accusés, on trouve aussi les changements climatiques, qui faciliteront certainement la prolifération de bestioles dans nos villes.

« La faune est déchaînée avec des étés chauds et humides et des hivers doux », lance Nathaniel Leavey. L’augmentation de la vermine s’observe donc aussi depuis quelques années ailleurs : « Chez les rongeurs, mais aussi chez les insectes, les guêpes, les fourmis, les lièvres… »

LA GROSSE POMME PIQUÉE DE RATS

« Plus de dauphins [dans la rivière Bronx], moins de rats. » Le maire de New York, Eric Adams, a plaidé pour une lutte sans merci contre les rongeurs dans sa ville, jeudi dernier dans son deuxième discours au conseil municipal, tout en voulant assainir l’eau de ses affluents. Le combat s’annonce ardu. Le nombre de plaintes a doublé l’an dernier dans la mégalopole pour des problèmes de rats. Les inspecteurs de la Ville ont documenté environ 60 000 cas d’activité de rongeurs en 2022, comparativement à 30 000 cas en 2021. La Ville de New York a ouvert les candidatures pour le poste de « tsar des rats », et cet exterminateur doit être « quelque peu assoiffé de sang », mentionne-t-on dans l’offre d’emploi. Le nom de ce prochain manitou des rats new-yorkais doit être connu sous peu.

Au Canada, c’est Toronto qui remporte la dégoûtante palme de la ville la plus « ratée », selon le décompte de la société d’exterminateur Orkin. Leurs experts notent qu’avec la fin de la pandémie, « la nourriture est devenue plus abondamment disponible dans les zones commerciales ». La croissance démographique au pays entraîne aussi une augmentation des activités et des observations. Aucune ville québécoise ne fait partie de cette liste peu enviable.

  1. Toronto
  2. Vancouver
  3. Burnaby
  4. Kelowna
  5. Mississauga
  6. Calgary (souris seulement)
  7. Victoria
  8. Richmond
  9. Edmonton (souris seulement)
  10. Saint-Jean
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