C’est bien dans l’esprit étroit de la CAQ, moins d’études environnementales.
Un projet omnibus de modifications réglementaires est sur la table. Mais il représente une menace pour la protection de la nature, selon ses détracteurs.
C’est bien dans l’esprit étroit de la CAQ, moins d’études environnementales.
Un projet omnibus de modifications réglementaires est sur la table. Mais il représente une menace pour la protection de la nature, selon ses détracteurs.
Ils croient toujours aux balivernes qu’ils se font dire par les acteurs de l’industrie sans les challenger. C’est un peu de l’aveuglement volontaire qui peut finir par coûter beaucoup plus cher que des petites consultations.
Par Martin Francoeur, Le Nouvelliste
31 juillet 2025 à 04h05
Après avoir été la cible de ses adversaires lundi au débat des candidats dans Arthabaska, Éric Duhaime fait encore parler de lui. Cette fois, c’est l’utilisation de citations de personnalités politiques ou journalistiques qui provoque une certaine confusion. (Etienne Ranger/Archives Le Droit)
En matière de malhonnêteté intellectuelle, on ne pourrait pas trouver mieux.
Il y a quelques jours, des résidents de la circonscription d’Arthabaska ont eu la surprise de voir atterrir dans leur boîte aux lettres un feuillet électoral du candidat Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec, qui tente de se faire élire dans le contexte de l’élection complémentaire qui aura lieu le 11 août.
Au recto du feuillet en question, Éric Duhaime invite les électeurs d’Arthabaska à envoyer un message fort aux Québécois et à participer à un changement. «Un vrai», écrit-il.
«Vous aurez le pouvoir d’élire le premier député conservateur à l’Assemblée nationale en près de 90 ans. Un député qui se tiendra debout pour parler haut et fort au nom des gens d’ici. Un député qui représentera les citoyens d’Arthabaska–L’Érable, mais aussi les 530 000 Québécois qui ont appuyé le Parti conservateur du Québec lors de la dernière élection générale. Jamais dans notre histoire autant de Québécois n’ont voté pour un parti sans avoir un seul représentant à l’Assemblée nationale», peut-on lire.
En conclusion, le chef conservateur invite les électeurs à «combattre le cynisme» et à «voter vrai».
Jusque-là, tout va bien. Un feuillet électoral avec un message clair et rigoureusement vrai sur le plan factuel.
Mais au verso se trouvent des citations de cinq personnalités – avec leur photo –, essentiellement sur la distorsion électorale qui a fait en sorte que malgré l’appui de 530 000 électeurs à la dernière élection générale, le Parti conservateur n’a fait élire aucun député à l’Assemblée nationale.
Parmi ces personnalités citées sans leur consentement, on retrouve le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, qui dit ceci: «Je pense que si un parti obtient 15 % dans les sondages, il mérite d’être entendu à l’Assemblée nationale. Il mérite un espace. Sinon, ce n’est pas légitime.» La citation date de 2022 et elle est en lien avec le fait que la population pourrait exprimer son mécontentement face au refus de François Legault d’aller de l’avant avec une véritable réforme du mode de scrutin.
Autre personnalité citée: l’analyste politique Chantal Hébert. Elle dit ceci: «Quelque part, la démocratie serait probablement servie. C’est presque impossible à imaginer qu’on gagne presque autant de votes que le parti qui forme l’opposition officielle et qu’on ait zéro siège. L’Assemblée nationale doit refléter toutes les voix, et celle-là n’est pas moins légitime que les autres.»
Yasmine Abdelfadel, analyste politique à TVA et chroniqueuse au Journal de Québec, est aussi citée: «L’arrivée d’un député conservateur à l’Assemblée nationale, surtout un tribun comme Duhaime, viendrait changer le paysage.» Idem pour Christian Dufour, politologue et analyste à QUB Radio et à Radio-Canada, qui dit: «Si j’étais dans Arthabaska, je voterais pour Éric Duhaime.»
Enfin, le dernier et non le moindre, Alain Rayes. S’il est aujourd’hui un analyste qu’on voit et qu’on entend souvent à Radio-Canada, il a été maire de Victoriaville et député de Richmond-Arthabaska. Une personnalité que les électeurs convoités par Éric Duhaime connaissent bien.
Sa citation: «Éric Duhaime représente un courant de pensée, mais il a été désavantagé. Il a réussi à avoir 15 % comme les autres partis, mais ça lui a donné zéro siège. Il y a comme un dysfonctionnement dans notre système.»
Sur le fond, les personnalités utilisées par Éric Duhaime ont en effet prononcé les commentaires rapportés. Les reproduire sans contexte est maladroit. Mais plus maladroit encore – et possiblement malhonnête – est de laisser croire que ces personnes appuient Éric Duhaime ou le Parti conservateur du Québec.
Ce n’est pas tout le monde qui peut aisément faire la part des choses entre des propos de commentateurs politiques, formulés dans un contexte d’analyse, et le fait de les retrouver sur un feuillet électoral. La confusion est possible et ce n’est certainement pas que de servir la démocratie que de se prêter à un jeu de manipulation qui fait passer des personnalités politiques et journalistiques pour des supporteurs.
L’ex-député Alain Rayes n’a pas mis de temps à réagir. Sur sa page Facebook, il a publié une déclaration officielle après que plusieurs citoyens l’ont interpellé à propos du dépliant qu’ils ont reçu ou à propos d’une chronique qu’il a livrée à la radio de Radio-Canada.
«Dans ces deux cas, M. Duhaime et son équipe ont choisi d’utiliser des extraits de mes chroniques, un peu comme le font certains artistes en reprenant des citations positives de critiques culturelles pour promouvoir leur spectacle. Qu’on me comprenne bien : cela ne signifie pas que je soutiens le candidat, pas plus que le chroniqueur culturel soutient l’artiste. Cela signifie simplement que j’ai exprimé, à un moment précis, une analyse ou une observation politique», écrit Alain Rayes.
«Pour répondre clairement à la question que plusieurs me posent: non, je ne soutiens pas la candidature d’Éric Duhaime, pas plus que celle d’un autre ou d’une autre candidate dans cette élection partielle. À titre de chroniqueur politique, j’analyse ce que je vois, lis ou entends, et je partage avec vous cette lecture, en toute transparence, avec l’expérience qui est la mienne. Je fais confiance à l’intelligence des citoyens pour se forger leur propre opinion. Mon rôle n’est pas d’influencer votre choix, mais d’éclairer le débat», conclut-il.
Un candidat politique peut certainement se réjouir de propos favorables qui, ponctuellement, proviennent d’analystes et de commentateurs politiques. Mais les reproduire sans consentement et sans mise en contexte est certainement trompeur pour les électeurs moins avisés.
Est-ce parce que le chef du Parti conservateur du Québec commence à sentir la soupe chaude dans Arthabaska? On prédit depuis plusieurs mois déjà une lutte à deux entre Éric Duhaime (PCQ) et Alex Boissonneault (PQ). Les sondages et les sites de projection électorale les donnent au coude à coude.
Dans un monde idéal, il serait certainement préférable de lire et d’entendre ce qu’Éric Duhaime lui-même propose aux électeurs de Victoriaville et des environs. Il est assez brillant et assez bon communicateur pour ne pas devoir recourir à des citations de personnalités qui n’ont rien à voir avec sa campagne électorale.
Le PQ rafle Arthabaska : Élection partielle | Le PQ rafle Arthabaska | La Presse
J’avoue que j’aurais aimé voir Eric Duhaime juste pour le piquant. La CAQ et le PQ font leurs gains sur le dos des minorités avec beaucoup de dog whistling. Le PCQ au moins parle plus d’économie et de gouvernance, qu’on soit d’accord ou pas.
Je crois que cette election partielle démontre qu’on a tendance à surestimer l’appui au PCQ. Leurs partisans sont très vocaux, mais moins nombreux qu’il puissent paraître.
Oui bon point!
Je n’aurais jamais voté pour le PCQ mais que l’on aime ce parti ou pas je trouve qu’il devrait avoir un député pour notre démocratie.
En 2022 ils ont eu 530k votes et 0 députés vs 634k votes pour QS et 11 députés… Je sais que c’est de même que notre système fonctionne mais je ne trouve pas cela sain que les gens du PCQ n’aient absolument aucune représentation à l’assemblée nationale.
Edit: Pensez-vous que François Legault va “aller prendre une marche dans la neige” au cours des prochains jours ?
Bonne nouvelle dans l’espoir d’un éventuel référendum
C’est vrai que je souhaite une réforme pour faire davantage de place aux tiers partis. Même si Duhaime m’apparait comme un dinosaure sur le plan environnemental, (beaucoup à l’image de Poilievre). Le chef du PCQ a toujours défendu l’automobile à Québec (dans les radios poubelles) et combattu le développement des TEC. D’ailleurs sa rhétorique a trop de points communs avec les Républicains au sud de la frontière, ce qui suscite automatiquement mon rejet.