Je vais te dire un secret, plusieurs familles qui achètent les Plexs à Montréal n’ont pas plus les moyens de le faire. Ils sont juste capable de convaincre une banque que ça ne leur fera pas faire faillite. Ce qui est un peu absurde en quelque sorte. La marchandisation des logements créent des situations absurdes comme des locataires dans un building qui ne passent pas à la banque pour l’achat d’un condo, mais qui paient un montant supérieur au montant de l’hypothèque mensuelle dans le building dans lequel ils vivent.
Ceci est tant dit, l’offre de location privée est aussi desirée par une partie de la population. On s’entend, les personnes qui ont le choix choisissent la location parce qu’ils ne veulent pas être responsable de leur immeuble; pas d’implication de leur argent à risque, pas d’entretien, pas de gestion avec le voisinage, zéro travaux manuels. Je dis ça parce que je ne suis pas certain du point de pourcentage auquel on peut baisser les coops, mais je pense que ça veut juste dire que s’il y a une transition, elle sera probablement bien lente pour ne pas se ramasser avec un parc immobilier encore en moins bon état qu’aujourd’hui.
Récemment, j’écoutais un vidéo de Type Ashton qui disait que la construction de logements avançait très bien au Canada, mais que ce sont les salaires qui ne suivaient pas en fait quand on comparait la valeur de se loger d’aujourd’hui vs avant. Donc, il y a ça aussi qui rentre dans le mix. Il y a plusieurs mesures disponibles qui s’offrent au gouvernement Québécois pour améliorer la situation. Le gel de loyers, c’est juste un mesure choquante pour faire un coup d’éclat, mais une fois ce gel fini les choses vont redevenir comme avant.
La différence fondamentale reste que lorsqu’il y a une dépense d’entretien, pour un propriétaire c’est un investissement dans son bien immobilier qu’il possède et qu’il peut revendre… pour le locataire c’est une perte sèche d’argent, alors même que statistiquement il est plus modeste que son propriétaire.
Au risque de passer pour le maudit français lol, je trouve justement que le principe même d’achat du plex pour financer son propre logement comme tu le décris est scandaleux et participe au problème en accentuant la marchandisation.
Cela dit, ça peut exister en Europe, acheter un logement pour le louer et financer l’achat d’un autre plus grand après, mais ça se fait moins facilement et ça prend plus de temps.
Enfait c’est ça qui me dérange dans ta logique. Être proprio n’est pas égal à être riche. Les bobos dont tu parles sont souvent bien plus riches que moi. Mes potes les plus riches ne sont pas propriétaires mais locataires d’unités à 3k le mois. Donc si ya une mesure qui est proposée pour geler les loyers ils vont forcément dire oui mais c’est pas une affaire de riche propriétaires vs pauvre locataire. Ça manque énormément de nuance de le présenter comme ça.
C’est pas une question de manquer de nuance c’est un fait statistique. Les plus riches ont tendance à être plus propriétaires que les plus pauvres. Et de plus en plus à mesure que l’accès à la propriété devient inaccessible. Est-ce que ça veut dire que 100% des propriétaires sont riches ? Non. Pas plus que 100% des locataires sont pauvres. Mais les propriétaires tendent à être plus riches que les locataires.
La part de locataires très riches qui continue de louer, c’est une goutte d’eau dans le parc locatif. On vit dans une société qui incite à la propriété, la plupart des locataires sont des propriétaires à en devenir, pas encore assez riche pour le devenir.
Cela dit, on pourrait en effet faire un gel sur les plus bas loyers, mais ça risquerait d’inciter les propriétaires à rattraper la hausse sur les plus élevés.
À titre perso, je trouve qu’un système plus strict d’encadrement des loyers plus que de gel est plus bénéfique, et de toute façon doit être associé à tout un tas d’autres mesures. C’est pas une solution magique le gel des loyers ou leur encadrement.
Sur les bobos, je parlais de propriétaires justement. QS est un parti de gauche qui a un soutien de classes supérieurs diplômés et plus riches et c’est pour ça que certains de leurs membres, propriétaires, vont s’opposer à ce genre de mesures.
En dehors de l’aspect anecdotique, je pense que la politique c’est l’organisation collective des individus. En soit, la plupart des êtres humains sont bons et moraux, c’est pas vraiment le sujet.
Le sujet c’est l’abordabilité du logement pour tous, et notamment les locataires qui sont surreprésentés dans les classes les plus pauvres de notre société. La question est : est ce que le modèle de la propriété privée de biens locatifs créé des mécanismes concrets qui influent à la hausse sur le prix du logement ? Et la réponse est clairement oui. Est-ce qu’il existe des façons de s’attaquer directement à ces mécanismes ? La réponse est aussi clairement oui, en sortant le maximum de logement du marché, que ce soit par des coops ou des logements sociaux.
En soit, la mesure de QS va peut être avoir un effet positif sur l’accessibilité des logements à court terme. Par contre, il me semble que cette mesure s’attaque uniquement aux symptômes, et non pas à la cause, et qu’elle me paraît inefficace à long terme pour mettre un arrêt à la crise du logement.
Honnêtement, je comprends totalement ton point tout comme celui de @Klogw. Le débat est complémentaire. Je comprends bien que plusieurs vivent grâce à un plex qu’ils ont acheté et dans lequel ils vivent et cela inclut plusieurs familles. Cependant, il faut quand même remettre tout ça en perspective à la grandeur de la province, QS reste un parti provincial. En tout cas, je ne suis pas en désaccord avec ce que tu dis, mais je persiste sur l’importance de changer notre manière de concevoir le logement non pas comme un bien immobilier pouvant faire du profit, mais comme un droit humain de base qui devrait être accessible par tous.
C’est tout à l’honneur de ta famille d’avoir agi avec humanité et je trouve ça extrêmement bienveillant de la part de ton père de n’avoir jamais forcé de hausse sur cette madame. Le problème, c’est que le bien-être d’un locataire ne devrait pas dépendre de la « générosité » individuelle de son propriétaire, car on ne la choisit pas cette générosité, mais de mécanismes institutionnels réglementés qui empêchent l’exploitation de monsieur madame tout le monde.
Quand on critique la logique marchande derrière le logement, perso je ne dit pas que chaque petit proprio est un salaud. Je dit simplement que le système actuel force une confrontation entre ton besoin de payer tes factures en tant que propriétaire et le droit du locataire à un logement abordable et stable. Tant que le logement sera traité comme un actif financier plutôt que comme une infrastructure sociale universelle et acquise de nature, on restera dans cette impasse où, pas tous, mais plusieurs propriétaires vont profiter de leurs locataires jusqu’à ce que l’itinérance explose à des niveaux astronomiques, car plus personne ne va être capable de se loger à prix décent.
Mon but n’est pas de t’attaquer personnellement, mais d’attaquer la logique capitaliste derrière et si on n’a plus le droit de critiquer le système dans lequel nous sommes et qui causent de profondes crises sociales alors je ne penses pas qu’on puissent appeler ça une démocratie.
Puis, je comprends ton point sur la diversité des situations financières. Personne ne nie qu’il y a des propriétaires qui vivent proche de leurs moyens et des locataires qui vivent très aisément. Mais faire porter le débat sur le compte en banque de chaque individu nous empêche de voir le problème de fond qui est systémique comme @Fleodo a très bien expliqué jusqu’à maintenant.
Le fait est que le modèle du “petit proprio qui finance son logement grâce à ses locataires” (l’exemple du plex montréalais) est précisément ce qui rend l’accès à la propriété de plus en plus inatteignable pour ma génération. On est dans un système où il faut extraire un loyer de quelqu’un d’autre pour pouvoir se loger soi-même.
Comme le dit @Fleodo, on peut avoir des propriétaires très humains, mais l’humanité ne remplace pas une politique publique. Si on veut vraiment régler la crise du logement, on doit sortir de cette logique où le toit est un investissement. On devrait viser un modèle où le logement est géré pour sa valeur d’usage (y vivre) et non sa valeur d’échange (faire du profit ou payer une hypothèque). C’est simplement ma vision.
En fin de compte, que ce soit un gel complet ou un gel partiel à l’inflation, je suis d’accord de dire que QS ne règle pas la crise. Le gel s’attaque à la conséquence et non à la cause, donc évidemment qu’à long terme ça ne règlera pas le problème et cela va avoir affecté les petits proprios bienveillants. La solution reste d’augmenter drastiquement le nombre de logements hors marché, coops d’habitations, etc. Le seul remède à la décadence du marché c’est une offre hors marché.
Il y a des plexs qui ont été transformés en condos surtout au début des années 2000 avec le boom des condos. On les appelle les condos indivises… et c’est une gestion totalement différente des condos divises
Un immeuble est détenu en copropriété indivise lorsqu’il appartient à plus d’une personne (les indivisaires), sans pour autant être divisé matériellement en lots distincts (parties privatives et parties communes). La notion de copropriété indivise est très large. Elle s’applique à des conjoints qui achètent une maison, aux membres d’une famille qui héritent d’un même bien, ou à trois personnes qui achètent un triplex ensemble. Dans ces trois cas, tous sont copropriétaires indivis. Par ailleurs, il faut savoir que les parts des indivisaires sont présumées égales, sauf si l’acte de vente ou une convention d’indivision mentionne une répartition différente.
Contrairement à la copropriété divise, les appartements ne sont pas individualisés et aucune opération cadastrale préalable n’est exigée. L’immeuble fait l’objet d’une seule évaluation foncière. C’est pourquoi les autorités municipales et scolaires émettent un seul compte de taxes pour l’ensemble de l’immeuble. Vous détiendrez, au même titre que les autres copropriétaires, un droit de propriété indivis sur l’ensemble de l’immeuble, en fonction de la valeur que votre part représente.
[…]
Alors qu’il se maintient en tête des intentions de vote et qu’il promet de tenir un référendum dans un premier mandat, le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, craint que son parti soit espionné par le gouvernement fédéral, arguant qu’Ottawa a déjà agi de la sorte dans le passé.
« S’il y a une constante dans l’histoire du Parti québécois (PQ), c’est que le chef et les élus influents sont espionnés. À cette époque-ci, l’espionnage s’est quand même transformé parce que le numérique et les téléphones intelligents font en sorte que c’est drôlement plus facile qu’à l’époque où quelqu’un devait se taper une enregistreuse sur le ventre », a-t-il affirmé, mardi, en point de presse à l’Assemblée nationale.
Le chef péquiste a toutefois admis qu’il n’a pas de preuve qu’Ottawa épie la formation souverainiste à l’heure actuelle. « La vérité, c’est qu’on n’a pas les moyens de vérifier ça. […] On est vigilants. On a des bribes d’informations », a-t-il affirmé.
[…]
C’est en effet peu probable, mais ça demeure plausible. Ça ne serait pas la première fois que le gouvernement fédéral aurait violé les droits et libertés d’individus associés au parti québécois.
Merci c’est super intéressant ! Le système de copropriété existait en Europe avant les condos. C’est ça que j’essaye de comprendre Pourquoi ce phénomène qui a attendu les années 2000 avec le boum des condos ne s’est pas développé avant au Québec.
Facteurs historiques d’habitudes nord-américaines, la tradition qui fait qu’on reste attaché à ce modèle du propriétaire occupant ?
Le fait de s’en inquiéter en interne est légitime car on sait parfaitement que le fédéral a déja espionné le mouvement souveaniste par le passé.
Le PQ est pas le seul mouvement souverainiste à s’en inquiéter d’ailleurs.
Cela dit politiquement, le dire dans les médias et se positionner en victime, à l’heure actuelle et sachant qu’il n’y a aucune preuve, c’est à mon avis contre-productif.