Politique municipale - Ville de Québec et ses banlieues

Résumé

Marchand en tête des intentions de vote, mais…

Par Olivier Bossé, Le Soleil

18 juin 2025 à 12h18|

Mis à jour le18 juin 2025 à 15h33

6 minutes

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Selon un sondage de Segma Recherche dans la région, Bruno Marchand a de l’avance sur Sam Hamad, mais il reste encore beaucoup de temps de campagne électorale. (Jocelyn Riendeau/Archives Le Soleil)

Bruno Marchand mène dans les intentions de vote à la mairie de Québec, selon une enquête d’opinions Segma. «Mais personne ne doit se sentir complètement à l’aise sur sa chaise», illustre le sondeur.


À quatre mois et demi du vote pour élire des maires et mairesses partout au Québec, l’entreprise de sondages Segma Recherche a scruté l’âme des électeurs de la grande région de Québec sur leurs intentions de vote aux prochaines élections municipales et provinciales.

Après répartition de 29 % d’indécis, ce qui en soi s’avère déjà un élément intéressant, le maire actuel, Bruno Marchand, arrive en tête avec 38 % de la faveur populaire, contre 32 % pour l’ancien ministre Sam Hamad.

«Il n’y a personne qui va regarder ces chiffres-là et se sentir complètement à l’aise sur sa chaise», a commenté au Soleil le directeur général de Segma, Marc Bouchard.



«Parce que oui, Bruno Marchand est en tête. Mais Sam Hamad n’est pas loin. En même temps, la campagne ne fait que commencer, on le sait avec Sam Hamad qui fait quand même une grosse annonce mercredi. À six points derrière Bruno Marchand, il n’est pas premier, il reste deuxième. Mais il n’est pas si loin», analyse M. Bouchard.

Chefs de trois partis d’opposition, Stéphane Lachance obtient 12 %, Jackie Smith récolte l’appui de 10 % des électeurs et Claude Villeneuve, 7 %.

Les élections municipales se tiendront le 2 novembre partout au Québec.

«Course à deux»

Ce qui fait dire au patron de Segma qu’on assiste à «une course à deux. Il y a trois candidats qui sont assez loin derrière, mais est-ce que l’un d’eux peut se démarquer comme une troisième option? Ce n’est pas clair, on va le découvrir éventuellement».

Avec déjà cinq candidats en lice pour le poste de maire, la division du vote se pointe le nez.

Avant de répartir les indécis, on constate que la moitié des 401 résidents de Québec sondés disent qu’ils voteront pour un des trois candidats autres que Bruno Marchand ou Sam Hamad, qu’ils ne savent pas encore pour qui ils vont voter ou qu’ils ne voteront tout simplement pas.



À qui la division du vote?

Mais à qui profitera la division? se demande le sondeur.

«On n’est pas dans une situation où il y a une division du vote qui profite uniquement au maire parce que l’opposition se divise. Il y a des divergences idéologiques entre les tiers candidats qui permettent de supposer que peut-être ça irait du côté de M. Marchand ou peut-être que ça irait chez M. Hamad.»

— Marc Bouchard, sondeur

Le maire Marchand peut s’encourager en voyant qu’il est premier dans trois des quatre tranches d’âge et qu’il ne tire de l’arrière que par un maigre point chez les 65 ans et plus — 40 % pour M. Hamad contre 39 % pour M. Marchand.

Jackie Smith, cheffe du parti de gauche Transition Québec, est deuxième chez les jeunes à 25 %, mais pas plus que 7 % des 35 ans et plus de l’estiment.

Les femmes préfèrent Bruno Marchand à 45 % contre 31 % pour Sam Hamad. Chez les hommes, ils sont à égalité à 32 %.



PQ en avance, PCQ solide deuxième

Sur la scène québécoise, le tiers des électeurs de la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec choisissent encore le Parti québécois de Paul St-Pierre Plamondon en premier, à 34 %. Le Parti conservateur du Québec mené par Éric Duhaime conserve sa solide deuxième place, avec le quart des appuis ou 24 %.

Le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon. (Erick Labbé/Archives Le Soleil)

La Coalition avenir Québec du premier ministre François Legault ne retrouve pas plus que 15 % des intentions de vote dans la région, tout près des 14 % du Parti libéral du Québec et son nouveau chef Pablo Rodriguez.

À noter qu’un répondant sur cinq a été sondé après la victoire de M. Rodriguez à la direction libérale, survenue samedi. Mais l’effet Pablo ne se fait pas encore sentir, même si l’échantillon est trop petit pour s’avérer statistiquement pertinent.

Québec solidaire et sa co-porte-parole Ruba Ghazal ne reçoivent que 10 % de l’amour populaire.

«À plus d’un an des élections québécoises, il y a beaucoup de votes qui ont le potentiel d’être récoltés par les partis. Alors oui, le Parti québécois est en tête, le Parti conservateur en deuxième place [dans la région de Québec], mais il y a quand même beaucoup de gens que chacun des cinq principaux partis peut espérer aller chercher.»

— Marc Bouchard, directeur général de Segma Recherche

Les 55 ans et plus se rangent presque à moitié derrière les péquistes, les 35 à 54 ans prennent à 43 % pour les conservateurs et les solidaires attirent un jeune électeur sur cinq, tranche d’âge où le parti de gauche arrive toutefois troisième.

Comme il n’y a pas que des mauvaises nouvelles pour les caquistes, le gouvernement Legault se classe bon deuxième chez les électeurs de la région âgés de 55 ans et plus, où ils sont quand même loin derrière les péquistes.

Encore une fois, pas moins de 32 % d’indécis, soit un électeur sur trois qui s’est rangé dans la catégorie des ne sait pas, ne répond pas ou ne votera pas.

La gauche à Marchand

Segma croise aussi les deux intentions de vote, provinciale et municipale.



À droite, M. Bouchard relève que ceux qui votent pour M. Duhaime au provincial sont partagés au municipal entre MM. Hamad, à 44 %, et Lachance, à 37 %.

À gauche, Mme Smith ne ramasse pas la part espérée des partisans de Québec solidaire. Elle obtient seulement 13 % de leur faveur, tandis que le pactole solidaire va dans le camp de Bruno Marchand, à 57 %.

Le territoire de la RMR de Québec s’étend de Neuville à Château-Richer et jusqu’à Saint-Gabriel-de-Valcartier sur la rive nord et inclut l’île d’Orléans. Sur la rive sud, il couvre Saint-Antoine-de-Tilly à Beaumont, en passant par Saint-Lambert-de-Lauzon.


Le sondage téléphonique non commandité a été réalisé du 9 au 16 juin 2025 par des agents du centre d’appels de Segma basé à Saguenay. L’échantillon aléatoire compte 580 électeurs résidant dans la RMR de Québec, dont 401 résidents dans la Ville de Québec.

La marge d’erreur maximale est de 4,1 % pour l’ensemble de l’échantillon et de 4,9 % pour le sous-échantillon spécifique à la ville de Québec. Les résultats ont été pondérés selon la localisation, l’âge, le sexe et la scolarité à partir des données de Statistique Canada.

J’ajouterais à ton propos que quant on sait le temps, le cout et la complexité des travaux qu’à exigé le SRB de PieIX, on est loin d’une solution idéale de remplacement. Et cela n’était que pour un tronçon de quelques kilomètres en ligne droite sur cette artère montréalaise nord-sud qui n’exigeait que très peu d’expropriations.

Le cas du tracé proposé d’un SRB à Québec est infiniment plus complexe et n’a fait l’objet d’aucune étude sérieuse. D’autant que le réseau principale passerait majoritairement dans la basse-ville au lieu de la haute-ville, où sont la grande majorité des édifices gouvernementaux, les commerces et les hôpitaux.

Ensuite un SRB a moins de capacité et roule moins rapidement qu’un tram. Finalement si on veut inverser la mobilité à Québec, en diminuant la part modale de l’automobile, il faut un système attrayant qui déroutera un maximum de clientèle vers les TEC. Autrement ce sera un coup d’épée dans l’eau.

Au Téléjournal de Québec

Le mot « ressuscite » perd un peu son sens ici. Hamad offre un concept of a plan, sinon moins.

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En d’autres mots une proposition aussi aboutie que sur une napkin au coin d’une table. Et avec ça il veut se faire élire à la mairie. De la haute improvisation dans le même esprit que la dernière mouture du 3ème lien de la CAQ. Décidément Hamad, à l’exemple de Legault et son équipe ministérielle amateure, prennent les citoyens pour des imbéciles. Bien hâte aux élections pour envoyer paître tout ce beau monde.

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Résumé

La Capitale

La méthode de la Ville de Québec face aux États-Unis

Par Émilie Pelletier, Le Soleil

24 juin 2025 à 04h05

L’hôtel de ville de Québec. (Frédéric Matte/Archives Le Soleil)

La Ville de Québec était prête à l’arrivée des tarifs de Trump. Avec un «plan de match» clair et une faible dépendance au marché américain, la «méthode» a fait ses preuves. Et loin de la catastrophe, la crise pourrait faire naître des «opportunités».


«Voyons ça comme une épreuve qui va nous amener ailleurs», résume en entrevue au Soleil le directeur du Service des approvisionnements à la Ville de Québec, David Drouin.

Dans son bureau, le fonctionnaire municipal ne laisse entrevoir aucune once de panique face à la guerre tarifaire décrétée par le président américain Donald Trump.



Comme directeur des approvisionnements, c’est pourtant par lui que transitent la majorité des achats de biens et services de Québec.

«Plan de match»

Mais comme la Ville a été prompte à réagir, explique-t-il, il n’y a pas lieu de paniquer.

«On est en contrôle», résume-t-il.

David Drouin, directeur du Service des approvisionnements à la Ville de Québec (Caroline Grégoire/Le Soleil)

Le «plan de match», comme il l’appelle, était clair. Dès la fin février, la division qu’il dirige s’adressait à la direction générale et à l’ensemble des employés pour établir «les bonnes pratiques pour encourager les entreprises québécoises et canadiennes dans l’octroi de contrats municipaux».

On voulait alors s’assurer que la Ville puisse continuer d’acquérir les biens dont elle a — et aura — besoin, dans un contexte d’«incertitude».

«On a voulu, pour nos fournisseurs, rendre les conséquences de l’imprévisible le plus prévisibles possible».

— David Drouin, directeur du Service des approvisionnements à la Ville de Québec

«Ça permet de rassurer les fournisseurs pour qu’ils continuent de nous offrir des prix avantageux pour la Ville», pointe-t-il, parlant du déclenchement de mécanismes d’ajustement de prix dans les contrats pour «diminuer le risque».



En effet, puisque les tarifs douaniers font pression sur l’inflation, un produit américain acheté par une entreprise canadienne coûte plus cher, si cette dernière se voit forcée d’ajuster son prix unitaire. Lequel est ultimement refilé à la Ville.

15 % pour disqualifier

Dans la foulée, Québec a ainsi imposé une restriction des achats directs aux États-Unis.

Le gouvernement du Québec impose aussi aux municipalités de ne pas acheter du matériel informatique et scientifique chez nos voisins du Sud, si ce n’est pas nécessaire.

«Tous les fournisseurs américains ou autres que canadiens et européens, ont une barrière au système», détaille David Drouin.



Pour acheter américain — à une entreprise qui n’a pas de place d’affaires au Canada ou au Québec —, les fonctionnaires ont désormais besoin d’une autorisation des élus.

Mais il a d’abord fallu identifier qu’est-ce qu’un produit ou un service québécois et canadien versus américain. Pas si simple, partage M. Drouin.

«La définition est extrêmement large. Microsoft a une filiale canadienne, qui a des employés au Québec et à Québec, donc c’est une entreprise québécoise et canadienne. Costco, c’est une entreprise américaine, mais qui a des installations à Québec», donne-t-il en exemple.

Dans le dossier des restrictions imposées aux entreprises des États-Unis, Costco, qui a des places d’affaires au Québec, n’est pas considérée comme américaine. (Archives La Tribune)

Dans ses appels d’offres publics qui respectent les accords économiques en vigueur, la Ville s’assure que les États-Unis ne soient jamais dans la course aux contrats.

Sauf en cas d’exceptions.

Si elle juge qu’il n’existe pas suffisamment de fournisseurs potentiels au Canada ou en Europe, elle peut encore ouvrir les barrières. Lorsqu’elle est obligée de se tourner vers le marché américain, c’est qu’elle recherche des produits «nichés», le plus souvent des logiciels ou autres produits informatiques.


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Lévis impose des tarifs de 25 % aux entreprises américaines

Les entreprises des États-Unis seront tout de même pénalisées si elles déposent une offre, puisque la Ville de Québec a choisi d’imposer une pénalité de 15 % sur le prix des soumissions.

Une position «mitoyenne» pour Québec, alors que sa voisine, Lévis, a plutôt opté pour le maximum de 25 %. Mais surtout symbolique, admet le directeur des approvisionnements.



«C’est un message plus politique qu’administratif.»

— David Drouin, directeur du Service des approvisionnements à la Ville de Québec

«L’idée, c’est de rendre les États-Unis moins compétitifs. Ça leur met une pression de fournir de meilleurs prix, mais on ne va que très rarement sur le marché américain», convient-il.

Il calcule que 90 % des besoins de la Ville sont couverts avec ses fournisseurs hors États-Unis. Pour preuve, en 2024, Québec n’a dépensé que 1,2 million USD, sur un budget de presque 2 milliards de dollars.

Bye bye USD?

Avec une aussi faible dépendance au marché américain, Québec pourrait-elle un jour s’en affranchir complètement?

Il faut dire que la municipalité n’a pas attendu le retour au pouvoir de Donald Trump pour se détacher.

«C’était déjà un peu dans notre philosophie de pensée de favoriser l’achat local. C’est comme un clou qu’on rentre petit à petit avec un marteau, alors c’est juste venu donner un coup supplémentaire.»

— David Drouin, directeur du Service des approvisionnements à la Ville de Québec


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Le secret de Québec pour se passer d’Amazon

Tassez-vous les géants, la Ville de Québec favorisera l’achat local

Déjà, Québec s’est inscrite ces dernières années parmi les championnes des villes québécoises qui ont eu le moins recours au géant Amazon. L’an dernier, elle a limité à 2402 $ ses dépenses faites sur la plateforme d’achats en ligne.

Dans ses appels d’offres sur invitation, elle veille aussi à choisir en premier les entreprises de Québec, Saint-Augustin et L’Ancienne-Lorette et Wendake.

Quelque 56 % de tous ses achats se sont ainsi effectués sur ce territoire. En ajoutant Lévis, la proportion atteint autour de 80 %, calcule David Drouin.

Et pour ce qu’il reste d’américain dans le lot, le Service des approvisionnements y voit une «opportunité d’aller voir ailleurs».

«C’est facile d’aller aux États-Unis et de prendre des produits américains. On n’est plus sur le pilote automatique et même si ça entraîne plus d’ouvrage, de développer de nouveaux produits canadiens, européens ou même québécois, ça va faire en sorte que tout le monde va en bénéficier», estime-t-il.

Depuis les récents aléas économiques mondiaux, Québec dit avoir les yeux grands ouverts sur des entreprises européennes, dont plusieurs offrent des produits similaires, parfois même pour moins cher.

«Depuis la pandémie, on ne fait que ça, s’ajuster. Il faut être agiles, capables de s’adapter à cette nouvelle réalité», affirme M. Drouin.



Au chapitre des humeurs de Trump, il prévoit que la crise ne sera que passagère. «C’est une question de temps. Faut être patient et découvrir des produits tout aussi performants.»

En attendant, le principe reste le même pour celui qui rappelle qu’une Ville gère de l’argent qui lui est confié par les contribuables: «loin de nous l’idée que les citoyens paient plus cher».

«Il faut qu’on reste à l’intérieur de notre capacité de dépenser. C’est là notre mission, c’est que ça coûte le moins cher possible.»

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Résumé

Les motos cassent les oreilles des résidents du Vieux-Québec

Par Bryan Rochon, Le Soleil

15 juillet 2025 à 04h04|

Mis à jour le15 juillet 2025 à 07h37

Le panneau d’interdiction de circuler à moto, situé au coin des rues d’Auteuil et Saint-Louis, est en majorité caché par un arbre. (Jocelyn Riendeau/Le Soleil)

Les citoyens du Vieux-Québec en ont assez du «bruit incessant» des motos, alors que leur passage dans leurs rues est interdit depuis des années. Les plaintes se multiplient, mais «rien ne change», selon de nombreux résidents.


Le bonheur des amateurs de motos fait le malheur de plusieurs résidents du Vieux-Québec. Que ce soit pour les clients des terrasses, les gens qui se promènent dans la rue ou «même pour les résidents à l’intérieur de leurs maisons», la cacophonie causée par le bruit des motos nuit à la qualité de vie dans le quartier.

«Les motos circulent de façon très bruyante dans le Vieux-Québec. Avec les édifices en pierre et les rues étroites, ça résonne, ça devient très dérangeant, surtout le soir et la nuit», déplore Michel Masse, président du conseil d’administration du Comité des citoyens du Vieux-Québec.



Pourtant, depuis plusieurs années, la circulation des motos est interdite dans le quartier, à l’intérieur du périmètre historique, à l’exception des résidents et des touristes qui séjournent dans un hôtel situé dans cette zone.

La situation est déplorée par plusieurs citoyens. «Souvent», les motocyclistes sont plusieurs à se déplacer en groupe, ce qui se traduit par un volume de décibel encore plus élevé, selon M. Masse.

Une signalisation plus visible

Malgré de nombreuses interventions auprès de la Ville au cours des dernières années, Michel Masse affirme que «la situation s’est empirée» depuis la pandémie. En juin dernier, lors d’un conseil municipal, le Comité des citoyens du Vieux-Québec a réitéré la demande auprès des élus qu’on «s’assure de contrôler convenablement la réglementation existante». Quelque chose qui «est facile à faire», selon lui.

«S’il y a une moto qui entre dans l’arrondissement historique du Vieux-Québec, un policier peut l’intercepter et lui demander s’il réside ici ou non.»

Les résidents du quartier peuvent toutefois circuler légalement à moto. (Jocelyn Riendeau/Le Soleil)

La signalisation de l’interdiction de circuler doit également être visible à chaque point d’accès de la zone délimitée. Celle-ci est souvent non visible, estime-t-il.

«Il y a un panneau avant d’arriver au coin des rues d’Auteuil et Saint-Louis qui se trouve derrière un arbre. Il n’est pas visible. On a demandé à la Ville que les branches soient coupées.» Le comité vise également l’augmentation du nombre de panneaux et de leurs tailles.



Même s’il affirme qu’il y a une écoute de la part de la conseillère municipale du district Cap-aux-Diamants, Mélissa Coulombe-Leduc, il attend toujours une «action» de la part de l’administration Marchand.

Michel Masse assure que son but ultime n’est pas que les policiers remettent à tout prix des contraventions aux motocyclistes, mais au moins, «de rappeler et surtout, faire connaître le règlement qui est souvent peu connu des citoyens de Québec et des visiteurs.»

Si les motos peuvent sembler plus bruyantes que bien des voitures, c’est avant tout en raison de leurs conceptions. Les moteurs à hauts régimes des motos, combinés aux systèmes d’échappement plus courts et moins adaptés à atténuer le son, émettent davantage de bruits.

L’absence d’une carrosserie complète réduit également l’isolation des sons. Selon la SAAQ, le bruit parfois «trop élevé» du système d’échappement peut nuire à la quiétude des résidents d’un quartier.

La pointe de l’iceberg

Mathieu Laroche Casavant n’est pas surpris que le règlement sur la circulation des motos dans le périmiètre historique n’est pas respecté.



«Ce n’est pas juste lui. Tous les règlements dans le Vieux-Québec ne sont appliqués. Que ce soit ceux sur la vitesse, le bruit, ou même les débarcadères que les vélos utilisent comme stationnements privés.»

La circulation des motos dans le Vieux-Québec n’est que la pointe de l’iceberg en matière de pollution sonore et de qualité de vie, selon le membre du conseil de quartier du Vieux-Québec–Cap-Blanc–Colline parlementaire.

«Le gros problème de pollution sonore, c’est les autobus touristiques. Ça fait 20 ans que le conseil de quartier et les résidents demandent qu’on les interdise dans la zone intra-muros [à l’intérieur des fortifications].»

Un enjeu qui dépasse beaucoup plus que la simple problématique «du bruit», martèle celui qui habite le Vieux-Québec depuis 10 ans. «Quand les autobus passent, la maison shake, les fenêtres shakent

Il y aurait également une augmentation de la pollution en raison des nombreux «autobus rouges» qui circulent constamment dans le quartier.

«Souvent, ils restent dans les espaces de débarcadères pendant plus d’une heure sans couper le moteur pour conserver l’air climatisé à l’intérieur l’été et le chauffage l’hiver.»

Mathieu Laroche Casavant habite le Vieux-Québec depuis plus de 10 ans. Il est également membre du conseil d’administration du quartier Vieux-Québec–Cap-Blanc–Colline parlementaire (Mathieu Laroche Casavant)

Mathieu Laroche Casavant dit avoir pris la décision de déménager ailleurs dans le Vieux-Québec en grande partie en raison de cette problématique. Il résidait sur la rue Saint-Louis depuis plusieurs années.

«Ça reste le plus beau quartier de Québec. Il ne faut pas oublier qu’un quartier qui a une histoire, c’est parce qu’il y a des gens qui y vivent, sinon ça devient un Disneyland.»



La ville de Québec est à la «croisée des chemins», estime-t-il.

«C’est soit qu’on respecte les citoyens qui y vivent, qu’on souhaite qu’il y ait de nouveaux résidents qui emménagent et qu’on soit un quartier vivant, ou bien que ça devienne une coquille vide qui soit juste pour les touristes.»

— Mathieu Laroche Casavant, membre du conseil de quartier du Vieux-Québec–Cap-Blanc–Colline parlementaire

Au moment d’écrire ces lignes, la Ville n’avait pas été en mesure de commenter la situation concernant les enjeux soulevés par le Comité des citoyens du Vieux-Québec.

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On peut considérer le projet Rivières (incluant la rivière Beauport) comme un projet à long terme. Un peu à l’image de la rivière St-Charles qui est aujourd’hui un succès sur toute la ligne. Procéder par étapes permet de ménager les finances de la Ville en évitant notamment les couteuses expropriations.

Ici on peut dire que le temps n’a pas la même durée pour le citoyen que pour la Ville. L’administration ne vit pas la même urgence que la population et doit demeurer responsable dans ses budgets. Il faut donc de la patience et accepter les incontournables délais puisque ici comme ailleurs l’argent est le nerf de la guerre.

Résumé

Une rue de Beauport transformée en «no man’s land»

Par Émilie Pelletier, Le Soleil

16 juillet 2025 à 04h05|

Mis à jour le16 juillet 2025 à 07h42

Plusieurs terrains de la rue Chabanel sont laissés à l’abandon, depuis l’acquisition et la démolition de la plupart des maisons qui y trônaient par la Ville de Québec. (Jocelyn Riendeau/Le Soleil)

De la maison qu’ils habitent et adorent depuis plus de deux décennies, bordée par la rivière Beauport, Bruno Plamondon et Nathalie Binet se sentent «abandonnés» par la Ville de Québec. La rue Chabanel n’est plus ce qu’elle était, alors qu’elle a été désertée depuis l’acquisition de plusieurs propriétés par l’administration municipale. Et les citoyens qui restent s’en inquiètent.


La cour du couple a de quoi faire rêver. À l’arrière, la rivière Beauport, la forêt et les végétaux décorent le petit havre de paix que les artistes ont aménagé à leur goût depuis leur arrivée, il y a une vingtaine d’années.

«On est bien ici. Le coin, on l’adore», résume Nathalie Binet, rencontrée par Le Soleil lors d’une chaude journée de juillet, au cœur de la petite rue en cul-de-sac qui forme son quartier.



La cour arrière de Bruno Plamondon et Nathalie Binet est bordée par la rivière Beauport. (Jocelyn Riendeau/Le Soleil)

Mais au fil des ans, plusieurs voisins ont vendu leur maison à la Ville de Québec, qui les a achetées puis démolies une par une pour concrétiser sa vision d’aménagement de la rivière Beauport.


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La Ville efface les maisons de la rue Chabanel, une à une

Quel sort réserve la Ville à ces deux bâtisses patrimoniales de la rue Chabanel ?

Les bâtiments ont été identifiés comme «site d’intérêt» pour agrandir le parc tout du long du cours d’eau et permettre la «bonification» et la «renaturalisation du secteur», dans le cadre du Plan de mise en valeur des rivières de Québec (Rêvons nos rivières), prévu pour se déployer sur une vingtaine d’années.

Comportements indésirables

Depuis, «c’est un no man’s land ici», illustre M. Plamondon.

Les terrains, désormais propriété de la Ville, sont «en friche», observe-t-il. Les lots et les bâtiments laissés à l’abandon ont non seulement changé le paysage, mais ont aussi entraîné une «clientèle» différente.

Squattage, feux illégaux, campements improvisés, itinérance, méfaits, vandalisme, présence de seringues souillées et scènes indécentes sont autant de comportements indésirables observés ces dernières années, ont énuméré tour à tour les résidents de la rue Chabanel rencontrés lundi par Le Soleil.

«Tout le monde se permet tout ici. C’est comme le chemin de la dompe!»

— Bruno Plamondon, résident de la rue Chabanel

Dans le boisé, des marcheurs rapportent eux aussi avoir été témoins d’une circulation accrue et de bris de sculptures en bordure du cours d’eau.



«Tous les jours, j’ai des images sur ma caméra d’un gars qui passe gelé, tout nu. En fin de semaine, un gars chaud est venu cogner à la porte. Les gens viennent en voiture et vont se parker pour se shooter, fumer, chier, pisser, fourrer, toute», énumère M. Plamondon.

Tournée de la rue Chabanel, à Beauport (Jocelyn Riendeau, Le Soleil )

Sentiment de sécurité effrité

Ce citoyen, qui a d’ailleurs installé un système de sécurité sur sa propriété, dit avoir formulé plusieurs plaintes à la Ville de Québec.

Devant la lenteur des réactions de la Ville, il soutient avoir lui-même déposé au sol des troncs d’arbres pour éviter le stationnement illégal sur les terrains désormais municipaux. Des blocs de béton par endroits et des affiches ont depuis été récemment ajoutés.

Des blocs de béton par endroits et des affiches ont depuis été récemment ajoutés. (Jocelyn Riendeau/Le Soleil)

Un peu plus loin sur la rue, Lisa s’est elle aussi dotée d’un système de caméras, après s’être fait voler des articles extérieurs sur son terrain. En 2024, elle s’est aussi plainte de la présence de tentes non loin de sa résidence.



Il y a 24 ans, elle était tombée «en amour» avec le coin, qu’elle veut continuer d’habiter «le plus longtemps possible».

«Mais depuis un bout de temps, ça m’inquiète davantage. Je me demande ce qui est fait pour la sécurité des résidents, surtout qu’on est moins qu’avant et que j’habite seule», partage la propriétaire.

Des demandes de citoyens pour une présence policière plus soutenue ont d’ailleurs été formulées.

«Le SPVQ demeure à l’affût des plaintes citoyennes et se rend faire les vérifications nécessaires», soulignait par écrit un porte-parole dans une réponse au Soleil.

Des citoyens confirment avoir constaté des rondes de patrouilleurs le jour, «mais c’est le soir que ça brasse», insistent-ils.

La conseillère municipale du secteur, Isabelle Roy, affirme que même la carrière Unibéton voisine l’a déjà interpellée pour des nuisances sur ses terrains. Des voisins disent d’ailleurs avoir noté la présence d’un employé responsable d’effectuer une tournée des points d’intrusion du site tous les matins.

Contactée par Le Soleil, l’entreprise Unibéton a cependant refusé de commenter.

Ailleurs, d’autres voisins sont aussi témoins de la situation actuelle, rue Chabanel. Mais ils ne sont pas tous également inquiets.



La Ville de Québec a récemment installé des panneaux indiquant l’interdiction de stationner sur ses terrains. (Jocelyn Riendeau/Le Soleil)

André Martin vit au même endroit depuis 33 ans. Il constate certes que des «énergumènes» vagabondent dans les parages de temps à autre et que des adolescents ont brisé les fenêtres de l’ancien garage abandonné de l’autre côté de la rue.

Mais les patrouilles «régulières» et les actions municipales suffisent à le rassurer, notamment devant un phénomène d’itinérance qui gagne du terrain aussi dans la banlieue. «On n’est pas plus ou moins en sécurité qu’ailleurs», estime l’homme.

«Rêver» à mieux

Quant au projet de la Ville de Québec de revitaliser les berges des rivières, André Martin juge normal qu’il se déploie sur un horizon long terme. «Il faut le faire sans que ça coûte une fortune».

Certains voisins ont peut-être «jeté la serviette», mais Bruno Plamondon et Nathalie Binet n’entendent pas faire de même. Ils pressent la Ville de Québec de clarifier son plan, et vite.

La rue Chabanel, en cul-de-sac, débouche sur le parc de la Rivière-Beauport. (Jocelyn Riendeau/Le Soleil)

Parce qu’en attendant, «rêvons nos rivières, c’est resté un rêve», déplore le couple.

«La Ville ne fait rien de ces terrains-là, dans l’espérance, un jour, de faire un projet, croit Mme Binet. C’est beau d’acheter des maisons, mais c’est le après qu’ils auraient dû prévoir. Pourquoi ils nous ont laissé tomber?»

Lors d’une séance du conseil municipal en mai dernier, et dans de précédentes interventions publiques, la conseillère municipale de Robert-Giffard, Isabelle Roy, a plus d’une fois regretté l’«abandon» du projet du parc de la Rivière-Beauport par l’administration Marchand et la réalité «épouvantable» des citoyens qui habitent toujours le secteur.

«On est loin du plan des rivières qu’on nous avait promis à Beauport. Loin.»

— Isabelle Roy, conseillère municipale de Robert-Giffard et présidente de l’arrondissement de Beauport

Selon la présidente de l’arrondissement de Beauport, la Ville est même «passée à côté» d’occasions d’acheter d’autres maisons ces dernières années, faute de sommes dédiées au projet.

«Tout s’est arrêté avec la nouvelle administration. Si des gens sont prêts à vendre, il faudrait qu’on soit prêt à passer à l’action. Si on commence le projet, il faut être capable de le terminer», insiste-t-elle.

Encore en marche

Dans une réponse au Soleil, Québec affirme de son côté que le chantier en branle sur la rue Chabanel «est toujours en cours».



Le Plan des rivières, un projet de l’administration Labeaume, est dans les cartons au moins depuis 2017. (Jocelyn Riendeau/Le Soleil)

À ce jour, presque 1,9 million de dollars a été investi dans l’acquisition et la démolition de huit propriétés sur cette rue, dont presque la totalité a été subventionnée par le gouvernement du Québec, chiffre le porte-parole Jean-Pascal Lavoie.

Sur le tronçon visé par le réaménagement, la Ville est désormais propriétaire de 18 propriétés, soit 46 % du total.

L’administration municipale doit encore réaliser «quelques acquisitions» qui seront faites «éventuellement», assure M. Lavoie.

Toutefois, «pour le moment, il n’y a pas de sommes dédiées» au Programme décennal d’immobilisations de la Ville de Québec, qui prévoit les investissements sur dix ans.

«Une fois toutes les propriétés acquises et démolies, nous ferons une mise à jour pour déterminer quelle la forme aura le parc», projette le porte-parole.

Au total, 3,3 millions de dollars ont été déboursés le long de la rivière Beauport, calculait François Trudel, directeur du Service de la planification de l’aménagement et de l’environnement, en analyse du budget municipal, en décembre 2024.

Le fonctionnaire convenait alors qu’une «réflexion» s’amorçait, forcée par la diminution et la fin de la subvention de 17 millions du gouvernement du Québec, versée en 2018 pour son projet de revalorisation de quatre rivières, dont la rivière Beauport.

Qu’ils soient très ou peu inquiets de la situation actuelle sur la rue Chabanel, les citoyens rencontrés par Le Soleil sont unanimes sur une chose: pour l’instant, hors de question de vendre leur maison à la Ville de Québec.

«Je n’ai pas envie de vendre. Je suis bien ici, pourquoi je vendrais?» se prononce Pierre Ménard, sur le perron de la maison blanche qu’il habite depuis 28 ans.

Bruno Plamondon et Nathalie Binet sont du même avis. «Ils vont nous tasser quand on va être les derniers sur la map

La Communauté métropolitaine de Québec (CMQuébec) s’adjoint les services d’un scientifique en chef afin d’épauler les élus municipaux, aux prises avec des enjeux « complexes » tels que l’adaptation aux changements climatiques.

Le rôle sera assumé par François Proulx, chimiste et titulaire de la Chaire de recherche sur l’eau potable de l’Université Laval.

Le rôle de M. Proulx sera “d’offrir des avis rigoureux et indépendants, de vulgariser l’information scientifique complexe, et de mobiliser les différents acteurs autour de solutions innovantes pour les défis propres à la région métropolitaine de Québec”, indique la CMQuébec dans un communiqué rendu public jeudi.

“Cette nomination stratégique s’inscrit dans la mouvance grandissante au Québec qui vise à intégrer l’expertise scientifique au cœur des décisions municipales”, ajoute-t-on.

En nommant un scientifique en chef au palier municipal, la grande région de Québec imite des villes comme Montréal, Longueuil ou Gatineau, qui testent déjà “ce nouveau modèle de gouvernance”.

S’en tenir aux faits…

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2 messages ont été fusionnés à un sujet existant : Politique municipale banlieues de Montréal

Pas vraiment une nouvelle sur la Politique Municipale mais quand même!

Moi je n’y vois pas de problèmes personnellement, tant que Madame Néron “s’engage à faire preuve en ondes « de discernement, d’éthique et de rigueur absolue” comme elle le dit.

Par contre j’imagine bien les trolls de Radio X et les pirates de Jeff Fillion s’enflammer :grimacing:

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On annonçait peut-être une course à deux à Québec entre Sam Hamad et Bruno Marchand, mais je pense que l’arrivée de plusieurs politiciens qui parlent à des clientèles bien précises, qui parlent à des niches qui sont potentiellement porteuses, va venir pimenter un peu cette course-là.

Une citation de Philippe Dubois, professeur à l’ÉNAP

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Le gouvernement du Québec a « l’obligation » d’ajouter une troisième voie en direction ouest sur l’autoroute 20 à Lévis, plaide la candidate à la mairie Isabelle Demers.

Le dévoilement de nouvelles stations d’autobus le long du boulevard Guillaume-Couture a vite pris des allures de campagne électorale, vendredi, lorsque la mairesse suppléante et candidate à la succession de Gilles Lehouillier a dit faire de l’élargissement de l’autoroute 20 sa « priorité » si elle est élue le 2 novembre prochain.

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Des images de l’autoroute Décarie, à Montréal, pour illustrer la congestion routière à Québec? C’est ce qu’on peut voir dans une courte vidéo récemment publiée sur les réseaux sociaux du candidat à la mairie de Québec Sam Hamad pour dénoncer ladite congestion dans la capitale.

La vidéo, d’une durée de 16 secondes, a d’abord été publiée sur le compte TikTok du chef de Leadership Québec le 8 août dernier. Le même jour, en commentaire, un utilisateur signale qu’il « faudrait commencer par mettre des images de congestion à Québec et pas sur Décarie, ça ferait plus sérieux d’après moi ».

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On dirait vraiment que M.Hamad veut donner une victoire facile à M.Marchand…

On constate depuis le début de sa campagne que Sam Hamad fait beaucoup de désinformation et d’approximations qui témoignent d’un manque flagrant de rigueur, de profondeur, qui en bout de ligne ressemble beaucoup à de l’amateurisme.

Tant mieux parce qu’il se disqualifie lui-même avec son image largement dépassée face à la réalité moderne d’aujourd’hui. Compte tenu notamment des immenses défis de demain, où la mobilité, l’habitation, l’environnement et l’adaptation aux changements climatiques sont devenus des incontournables dans la gestion efficace des villes.