1 et 2 - Quelqu’un du municipal m’étant inconnu faisant l’introduction
• 3,4, 5 et 6 - François Limoges, maire de l’arrondissement de RPP. Il a commencé son court discours par ‘J’ai envie de dire ENFIN!’. Je suis tout à fait d’accord avec lui, ce carré de béton avait droit à mieux qu’être un stationnement!
• 7 et 8 - Josefina Blanco, conseillère du district de Saint-Édouard
• 9 et 10
Elizabeth-Ann Doyle, directrice générale et artistique de MU Montréal (C’est sous l’égide de MU que la murale a été réalisée)
Je trouve que cette place est un bon endroit pour les activités sociales, comme les fêtes de quartier ou des activités culturelles qui incitent les gens à partager et discuter. Je sais que c’est pas très précis, mais je trouve que l’aménagement de la place ouvre la porte à ce genre d’activités. La présence de tables et du kiosque nourriture y contribue.
J’ai aimé le fait que la fontaine se déverse dans le bassin de rétention : c’est un moyen d’expliquer, sans mots et par démonstration, le fonctionnement du bassin de rétention et le « pourquoi » de l’aménagement. J’ai aussi été étonné•e par les brumisateurs présents dans le bassin de rétention. Je m’attendais pas du tout à cela, mais je trouve qu’en fin de compte ça créer un effet intéressant en rafraîchissant les yeux
Par contre, je trouve que vers 18 h, au coucher du soleil, la place devenait rapidement ombragée à cause du bâtiment à l’arrière de la place. Un début d’ombre est visible sur ma première photo. Pas le choix : on est en ville et il faut bien mettre la place quelque part !
J’ai transcrit quelques citations du discours d’inauguration ci-dessous.
Citations du discours
Première personne, François Limoges, maire de l’arrondissement de Rosemont—Petite-Patrie :
« Alors qu’aujourd’hui, je vous regarde et vous êtes pas mal une centaine de personnes là où il y avait 20 voitures. »
Le maire François Croteau, durant son mandant de 2017 à 2021, a acquis le terrain pour le transformer en place éphémère.
« On voulait vraiment donner au quartier quelque chose […] de beau, de noble, de vert qui viendrait transformer le cœur de la Petite-Patrie. »
« À l’avant, on a aussi un lieu de rassemblement. On voulait un cœur de quartier [que] les gens pourraient s’approprier pour venir pique-niquer, vivre, jouer aux échecs, avec un kiosque, avec une offre alimentaire. »
Deuxième personne, Josefina Blanco, conseillère de Saint-Édouard :
« J’ai envie de voir la rivière sèche aussi en action. Je souhaite peut-être un petit peu de pluie dans les prochains jours, ils annoncent ça, donc je vous invite à passer. C’est important pour l’adaptation aux changements climatiques et pour les traitements des eaux. »
« Il va aussi y avoir un aménagement un peu plus loin, une placette, c’est aussi pour contient à profiter de l’espace public. C’est important. On a besoin surtout dans ce secteur la réelle propagation de l’espace public, […] surtout avec un angle d’inclusivité et d’accessibilité. »
« Ça prend une belle place pour surligner la murale qu’on a derrière nous. »
« La murale florale est nommée Esterelle (?). »
« La murale est inspirée du papier-peint et de la nature afin de donner une ambiance feutrée et conviviale à la place publique. »
Du mercredi à dimanche, la nourriture proposée sera « inspirée des rues latines ».
« En plus de proposer des activités culturelles, il va y avoir des panneaux qui vont indiquer les activités à venir. […] Séances de mise en forme, rencontres interculturelles, des 5 à 7 latinos, des satellites créatifs pour toute la famille. »
« Je ne vais pas finir sans saluer le travail de toutes les équipes de l’arrondissement qui ont fait possible et qui ont travaillé pour que cette place soit [possible]. On a énormément de différents services qui ont travaillé de la conception, ouverture, l’animation et les services de développement économique. »
Dernière personne, Elizabeth-Ann Doyle, directrice générale de MU (l’organisme responsable de la murale) :
« C’est MU qui a produit et réalisé cette œuvre de la fabuleuse Marie-Claude Marquis. »
« Il faut se rappeler de quelque chose d’important : les espaces verts, les espaces de vie, c’est super important. C’est essentiel pour les villes résiliantes du futur. »
« C’est un aménagement culturel du territoire où l’art, le vivant et les humains peuvent se retrouver autour d’un projet commun et sentir qu’ensemble et avec une œuvre d’art, on peut vraiment vivre quelque chose de mieux dans la vie de nos quartiers. »
Retour à François Limoges :
« Je vais remercier […] tous les professionnels de l’arrondissement qui ont travaillés sur le projet parce que ça a été du travail. Je tiens à l’dire, ça a été du travail de précision. Tout a été choisi avec soin : le mobilier, les arbres, le design. Ça a été travaillé, retravaillé, avec cœur et passion. »
« Je vous souhaite de passer une magnifique soirée, ce soir, mais de revenir souvent, de revenir le plus souvent possible et de vous l’approprier et d’en profiter. Merci du fond du cœur. Bonne soirée tout le monde. »
Après l’inauguration, j’ai rencontré une personne travaillant pour la firme d’ingénierie IGF Axiom Inc. Il m’a expliqué le fonctionnement du parc-éponge : l’eau est collectée en coulant sur le gravier présent autour du bassin de rétention (même sous le sol en grillage métallique) et est retenue dans le bassin. L’idée est surtout de retenir l’eau pour qu’elle se retrouve dans le système d’égouts plus tard et ainsi éviter des débordements lors de pluies abondantes.
Il m’a aussi dit que le parc Pierre-Bédard est en réaménagement et deviendra un parc-éponge dix fois plus grand que cette place.
En conclusion, super belle place vivante, et je compte y revenir, surtout lors de jours de pluie pour voir la place éponge en action !
L’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie a inauguré hier la place Boyer nouvellement aménagée. Située sur le terrain d’un ancien stationnement municipal à l’angle des rues Beaubien Est et Boyer, cette place éponge offre un espace de détente et de rencontre dans une ambiance chaleureuse et animée à quelques pas de la Plaza Saint-Hubert.
Avec une vingtaine d’arbres et d’arbustes et 1450 végétaux sur plus de la moitié de sa surface, la place publique contribue au verdissement et à la biodiversité d’un secteur fortement minéralisé de La Petite-Patrie. Afin de limiter les inondations lors de fortes précipitations, un jardin de pluie d’une capacité équivalente à plus de 530 baignoires (81,5 mètres cubes d’eau) recueille l’eau de ruissellement de la place, de la rue Boyer et de la ruelle voisine. L’installation d’une plateforme en caillebotis perméable permet aussi à l’eau de s’écouler jusqu’au bassin de rétention.
Inclusive et accessible universellement, la place Boyer a été agrémentée d’une murale produite par MU, de mobilier distinctif, de brumisateurs, d’un éclairage d’ambiance et d’un kiosque dans un conteneur. En partenariat avec LatinArte, une programmation d’activités gratuites pour tous les âges et un menu abordable au kiosque contribueront également à l’animation des lieux.
EDIT: Face aux réactions, je préfère retirer l’analyse de la qualité de la place Boyer.
Je maintiens la conclusion:
En cette première semaine, le projet est un succès de fréquentation.
L’aménagement répond à de nombreux besoins et semble apprécié.
Une analyse plus technique, objective et détaillée de la place questionne certains aspects de sa pérennité, sans remettre en cause son appréciation de manière générale.
Puisqu’il n’est pas réaliste de détailler l’ensemble de cette analyse en un commentaire sur le Forum, et pour ne pas porter ombrage à l’enthousiasme généralisé, le résumé de l’analyse a été retiré.
J’espère qu’on prendra le temps d’expliquer aux usagers de cette place qu’elle a un pointage de -70/100. Sinon, ils auront peut être le malheur de l’apprécier et même y retourner!
La qualité d’un espace public n’a absolument aucun lien avec l’appréciation des gens, surtout pas durant les 5 premières années. Il faut éviter de faire ce raccourcis. C’est d’ailleurs mentionné dès les premières pages du guide.
C’est la même chose que pour les bâtiments qui n’obtiennent pas la certification LEED. Ça ne veut pas dire que les gens ne les apprécient pas, ou qu’ils ne sont pas utilisés. Ça veut simplement dire qu’ils n’atteignent pas les standards de développement durable de notre époque.
Même chose ici.
Les gens vont être bien heureux de ce nouvel espace public. Et c’est tant mieux! L’espace répond réellement à un souhait, à un besoin de la population.
Mais est-ce que cet espace public atteint les niveaux de qualité attendus? Est-ce que cet espace public va durer dans le temps, garder sa pertinence, garder son intérêt? Est-ce que les détails et les matériaux vont bien vieillir? Est-ce que l’argent public a été investit dans une logique de pérennité et de transition écologique?
Non.
Après, c’est peut-être pas grave, il y a peut-être une logique à refaire les espaces publics dans des cycles de 10 ans. Politiquement c’est excitant, toujours de nouveaux rubans à couper.
Mais personnellement je suis pour la ville durable, pas pour la ville jetable.
Note: dans l’évaluation finale, le pointage n’est généralement pas dévoilé. Ici j’ai mis le détail du pointage préliminaire parce que ça intéresse les gens sur le forum, mais normalement dès qu’on est en-dessous de 60 c’est simplement une mention de non conformité. Et rassurez vous, énormément de projets à Montréal ont la note de passage.
Je partage ton avis pour une meilleure qualité de design et des matériaux durables. Cependant faudrait-il retarder l’aménagement de places publiques comme celle-là par manque de budget? Car c’est bien le problème, non seulement à Montréal mais partout au Québec, avec le désengagement du gouvernement provincial (CAQ) vis à vis des infrastructures urbaines en général.
Or je retiens ici le service que rendra cette petite place notamment au niveau de la rétention de l’eau, qui bénéficiera d’abord au voisinage, en redirigeant les surplus vers le bassin, puis à l’ensemble du réseau de la ville à long terme. Une initiative environnementale qui se multiplie en ville et dont la caractère est en lui-même durable.
Tandis que l’aspect social de cette place est fort bienvenu dans les quartiers denses. Ce qui favorise davantage d’animation, d’événements ponctuels, de point de rencontres et une vie urbaine de meilleure qualité pour tous.
J’ajouterais que le premier élément déterminant pour aménager ce genre d’infrastructure permanente est d’abord l’acquisition de l’espace nécessaire pour sa réalisation. Ensuite une planification et un budget qui permettra sa concrétisation dans les meilleurs délais possible, en fonction des moyens financiers (limités) accordés par les autorités municipales.
Finalement comme la demande est grande et que la Ville souhaite multiplier ce genre d’espaces publics au profit de la population, on peut comprendre que le principale obstacle est d’abord financier. On n’aura donc pas nécessairement les sommes pour garantir la meilleure qualité des matériaux, etc, mais au moins on pourra profiter plus tôt d’un espace (en guise de compromis) et améliorer le projet avec le temps.
Comme on a fait à l’époque pour la première version de la rue Prince-Arthur fin des années 70. Puis apporté des corrections et des retouches selon l’évolution de la rue elle-même qui aura connu plusieurs vies, jusqu’à aujourd’hui.
Oui! Mais le Guide n’est pas encore publié publiquement.
Ce genre de guide passe par un long processus de validation et de révision par de nombreux professionnels de différents domaines, ordres et associations. C’est interminable.
Je donne tout de suite des avis préliminaires parce que c’est un bon moyen de le tester et le Forum est une bonne plateforme pour en discuter. Mais les avis officiels viendront avec la version finale qui sera publiée, sous toutes réserves, l’an prochain.
C’est une bonne question!
Chaque critère vient avec une série de conditions. Selon les critères, il faut parfois respecter l’ensembles des conditions, ou bien au moins l’une des conditions.
À titre d’exemple, pour le critère 10.02.02, une des conditions à respecter est la suivante:
2. En plus des conditions évoquées au paragraphe 1, les couleurs doivent: a. privilégier les tons clairs; b. être neutres; c. être sobres et intemporelles; et d. proposer un contraste faible entre elles.
Si on regarde précisément la condition 10.02.02.2.c, c’est un exemple intéressant, parce qu’il montre bien la nuance entre la question de «goûts» et la questions de «qualité», davantage objective.
Personnellement, j’adore la couleur en aménagement. Et particulièrement le jaune, qui rend l’espace vivant et lumineux. Mais l’expérience et la littérature démontrent que les espaces publics qui incluent des couleurs qui ne sont pas sobres et intemporelles vieillissent plus rapidement pour différentes raisons. Notamment la difficulté à entretenir (quand la ville fait des retouches elle n’a jamais exactement la bonne couleur, ce qui finit par donner une apparence négligée), et aussi pour l’évaporation du sentiment d’appartenance (les couleurs finissent pas avoir une connotation liée à une époque).
Il y a d’autres moyens d’inclure de la couleur dans l’espace public. À titre d’exemple, au Square Viger c’est l’éclairage qui, le soir, colore la place en bleu. À la place du Sable-Gris, ce sont les chaises mobiles, faciles à remplacer, qui donne la touche de jaune à la place.
Il faut aussi garder en tête que si c’était le seul enjeu, l’espace perdrait peut-être 5 points sur 100, ce qui n’a aucun impact. Un espace public impeccable qui aurait quelques éléments de couleurs ne serait pas pénalisé et pourrait facilement obtenir sa certification. C’est l’accumulation de conditions non-respectées qui a un impact.
Je précise aussi que le Guide prend en considération les exceptions. Le Love Park de CCXA à Toronto perdrait de son sens sans le rouge du coeur. Il n’y a donc pas de perte de point associée à ce critère pour ce parc.
Et c’est ça qui est fantastique avec la qualité!
Elle ne coûte pas plus cher, et même, dans ce cas-ci, elle aurait coûté beaucoup moins cher!
La qualité ne veut surtout pas dire de mettre du granit partout.
Avec exactement le même budget, on aurait pu faire de la Place Boyer un espace public qui dure 50-75 ans, qui évolue dans le temps, et dont l’entretien aurait coûté beaucoup moins cher. C’est simplement de prendre les bonnes décisions, de simplifier les gestes, de peaufiner les détails.
Qui est à l’origine de ce guide? À qui reviendra l’autorité d’évaluer les projets d’aménagement et d’attribuer des -5 ou des -10, comme tu viens de le faire?
Et de quoi souhaites-tu discuter exactement? Parce qu’il faut être honnête : tes analyses, souvent très acerbes et peu sensibles envers les collègues ou les autres corps de métier, sont présentées comme des vérités absolues et des lectures objectives, alors qu’il s’agit en réalité de ton opinion, façonnée par ton expérience personnelle, tes croyances, ton enseignement, ta position dans le temps, etc.
Venant de quelqu’un qui a une sensibilité pour le patrimoine et qui comprend toute la complexité liée à l’évolution des pratiques et des paradigmes, je dois dire que ça me surprend. D’autant plus que lorsqu’une personne ose à peine questionner cette posture de savant que tu adoptes parfois, elle se voit répondre des phrases comme : « Personnellement, je suis pour la ville durable, pas pour la ville jetable ». C’est une façon assez efficace de clore toute possibilité d’échange.
Soyons davantage objectifs, je veux bien croire tes affirmations, mais il nous faudrait plus de détails et un éventail des choses comparables, avec une ventilation plus précise des coûts et des matériaux. Incidemment j’aimerais aussi lire la version des professionnels de la Ville et des explications sur les choix qui les ont motivés pour la réalisation de cette place publique particulière, ainsi que des comparaisons avec d’autres places équivalentes ailleurs en ville.