Résumé
Un chaudron «sacré» sorti de nulle part
Par Francis Higgins, Le Soleil
8 juillet 2025 à 04h11
Sauriez-vous reconnaître cette montagne photographiée du haut des airs? (Pierre Lahoud)
VU DE LÀ-HAUT / «L’historien volant» Pierre Lahoud célèbre cette année ses 50 ans de photographie aérienne. Il survole le Québec depuis un demi-siècle pour en immortaliser la beauté et l’histoire, partageant gracieusement ses clichés pris du haut des airs.
Pour la chronique-entrevue d’aujourd’hui, un vol au-dessus du mont Chaudron, une montagne située à l’ouest de la ville de Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue, tout près de la frontière entre le Québec et l’Ontario. Cette photo a été prise en 2020.
«Cette montagne étonnante s’appelle mont Chaudron parce qu’elle a l’air d’un chaudron renversé, évidemment. Dépassant les 500 mètres d’altitude, ce serait la deuxième plus haute montagne de l’Abitibi», indique Pierre Lahoud.
«On le sait: les marmites en fonte étaient beaucoup utilisées par les Autochtones et par les coureurs des bois, à une époque lointaine. Bien sûr, ils faisaient cuire leurs repas dans ces contenants qu’ils avaient soit rapportés d’Europe, soit échangés avec les colons français», raconte l’historien.
«C’est fascinant que l’histoire et l’alimentation de nos ancêtres nous reviennent ainsi par la toponymie!»
— Pierre Lahoud, historien
«Au Québec, plusieurs montagnes sont des lieux sacrés, en quelque sorte. Il suffit de penser au mont Tremblant [dans les Laurentides], au mont Saint-Joseph [en Gaspésie, près de Carleton-sur-Mer] ou au mont Sainte-Anne [en Gaspésie, près de Percé]. Il semble que le mont Chaudron était lui aussi un lieu de rassemblement pour les Premières Nations, notamment pour les Anichinabés [aussi appelés Algonquins], ajoutant à son importance dans l’histoire», rapporte l’auteur et photographe.
«Ce qui est remarquable dans cette photo, c’est l’espèce de nature bien préservée au sein de laquelle se trouve cette montagne. Elle semble un peu sortie de nulle part dans cet environnement», poursuit-il.
«D’ailleurs, on appelle ce mont Chaudron un inselberg [qui signifie montagne-île en allemand]. Ce terme décrit une butte isolée en relief au milieu d’une plaine. En gros, c’est quelque chose comme une anomalie géologique. Effectivement, quand on regarde comment c’est plat tout autour, on comprend qu’il s’agit d’une anomalie, ce qui n’enlève rien à sa beauté!» termine M. Lahoud.
Propos recueillis par Francis Higgins
Info: pierrelahoud.com
Quelle est la plus belle montagne de la province, selon vous? Partagez vos préférences dans la section des commentaires au bas de cet article.






