Les dirigeants de six des plus importantes institutions financières montréalaises, entre autres acteurs du milieu, s’adressent au premier ministre Mark Carney*, au moment où le gouvernement doit choisir la ville qui accueillera cette institution.
Nous tenons à vous exprimer notre appui sans réserve à la candidature de Montréal pour accueillir le siège social de la Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience (Banque DSR).
Ce choix doit reposer sur des critères objectifs : la rapidité de déploiement, la crédibilité sur les marchés internationaux et la capacité d’attirer les talents nécessaires à la mission de l’institution. Sur chacun de ces critères, Montréal offre les meilleures conditions au pays et nous, dirigeants du secteur financier montréalais, sommes les mieux placés pour l’attester.
Suite de la lettre d'opinions
La place financière montréalaise réunit l’ensemble des fonctions et des capacités nécessaires à l’implantation rapide d’une banque multilatérale opérant sur les marchés internationaux. La Banque Nationale, La Caisse, Desjardins, la BDC et l’ensemble des grandes banques canadiennes représentées au Québec sont prêtes à accompagner la Banque DSR dès le premier jour, en mettant à sa disposition leurs équipes, leurs infrastructures et leurs réseaux nationaux et internationaux.
Les capacités de structuration et de distribution d’émissions obligataires, de mobilisation du capital institutionnel et de cofinancement sont déjà en place.
Le bassin de capital institutionnel du Québec, qui comprend des caisses de retraite, des fonds de travailleurs, des gestionnaires d’actifs et des assureurs, figure parmi les plus profonds en Amérique du Nord.
Trois atouts distinctifs de la place financière montréalaise sont directement alignés avec le mandat de la Banque DSR.
La Bourse de Montréal, plateforme nord-américaine de référence en produits dérivés et en gestion du risque de marché, offre un environnement opérationnel inégalé pour la gestion des couvertures, la liquidité et la structuration de produits financiers complexes. Montréal compte également parmi les leaders nord-américains en finance durable, notamment grâce à la présence de l’International Sustainability Standards Board (ISSB), l’ancrage mondial des normes de divulgation financière. Cette infrastructure est directement compatible avec les exigences de transparence et de crédibilité des investisseurs internationaux, et particulièrement adaptée aux émissions axées sur la résilience que la Banque DSR sera appelée à structurer.
Enfin, Montréal est le premier pôle mondial d’intelligence artificielle appliquée, porté par Mila, IVADO et Scale AI. Ces capacités sont directement pertinentes pour la détection précoce des risques systémiques, le suivi des chaînes d’approvisionnement en défense et la modélisation de scénarios de résilience.
Carrefour multilatéral
Aucune autre métropole canadienne ne combine un secteur financier mature de près de 130 000 professionnels, une base industrielle de défense de calibre mondial, avec des entreprises comme CAE, L3Harris, Thales Canada et Rheinmetall Canada, appuyée par un écosystème dense de PME auquel s’adresse précisément le mandat de la Banque DSR, et un statut établi de carrefour multilatéral.
La présence à Montréal de 68 organisations internationales, dont 6 bureaux des Nations unies et le Centre d’excellence de l’OTAN sur les changements climatiques et la sécurité, offre à la Banque DSR un environnement diplomatique et opérationnel directement aligné sur sa mission. La place financière montréalaise est connectée en continu aux marchés européens, américains et indopacifiques.
Le secteur financier québécois est uni derrière la candidature de Montréal. Les institutions signataires s’engagent à mobiliser leur expertise, leurs réseaux et leurs ressources pour accompagner l’implantation de la Banque DSR et soutenir sa montée en puissance dans les meilleurs délais.
Cet engagement s’ajoute au soutien déjà exprimé par le gouvernement du Québec, la Ville de Montréal ainsi que les communautés d’affaires et académiques de la métropole.
Le choix de la ville hôte n’est pas un simple arbitrage entre les métropoles canadiennes. Il s’agit d’une décision stratégique qui déterminera la rapidité avec laquelle la Banque DSR pourra remplir sa mission auprès des nations membres et de leurs PME de défense. À cet égard, Montréal offre la combinaison la plus efficace de profondeur financière, de capacité multilatérale et d’ancrage industriel. Nous sommes prêts. Le Canada a tout à y gagner.