Nouveau Beloeil - Projet global

Est-ce que le périmètre urbain, soit la surface bâtie, n’est pas assez étendu dans le grand Montréal? Doit-on exproprier encore un terrain agricole pour bâtir un quartier? N’y a-t-il pas un terrain sous-utilisé plus central dans Beloeil? Est-ce que l’océan de maisons unifamiliales qu’on y trouve a été “upzoné” pour qu’on puisse y construire des petits immeubles multi-logements?

Je ne comprends pas comment on peut encore étendre nos villes de la sorte, que ce soit inspiré de Copenhague ou de Candiac…

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C’est en zone blanche (développement urbain) et pas en zone agricole. Donc aucune terre agricole n’est sacrifiée ou expropriée. C’est du terrain fait pour le développement urbain, chose qui ne va pas s’arrêter, dans aucune ville.

De plus, ça semble plus être un plan directeur de planification, qu’un projet d’un promoteur privé. C’est bien que la ville pense au développement futur, d’une manière intelligente. Cette parcelle va prendre plusieurs années à se remplir, alors c’est bien qu’on réfléchi au territoire de manière différente en banlieue.

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Je ne parle pas de zonage mais d’utilisation du terrain. Il y a des champs qui sont cultivés sur ce terrain. Que ce terrain ait été “fait pour du développement urbain” par un quelconque règlement de zonage est précisément ce que je critique. Mon point c’est que je crois qu’il y a de meilleurs terrains à développer que des terrains non bâtis, ou en l’occurence cultivés.

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Des nouvelles de ce projet? Des avancements?

Au début du mois de juillet, trois des principaux propriétaires de terrains du futur quartier surnommé le « Nouveau Belœil » – Les Industries Bonneville, Groupe Michaudville inc. et Groupe Immobilier Potvin – ont rencontré la Ville de Belœil pour discuter du contenu de leur lettre critiquant la direction du projet. Malgré cette rencontre, ils maintiennent pour le moment leur position. Et les quatre conseillers de l’opposition à Belœil considèrent que les craintes des entreprises sont fondées.

La lettre de trois pages envoyée le 18 juin, quelques heures avant la soirée de consultation publique sur le projet, dénonce notamment l’« orientation radicalement différente » du projet depuis l’élection de novembre 2021 qui a mené, selon les signataires, à des « choix urbanistiques discutables ». Les promoteurs estiment aussi que la direction que la Ville souhaite prendre fera exploser les coûts, autant à l’achat qu’à la location, minant du même coup l’abordabilité du quartier à venir. Ainsi, les promoteurs affirment que « cette vision [leur] apparaît déconnectée des réalités du marché, des besoins concrets des citoyens et des principes fondamentaux d’une planification urbaine saine et équilibrée ».

À la séance du conseil du 14 juillet, la mairesse Nadine Viau a défendu la vision de la Ville dans ce dossier, rappelant qu’il était de la responsabilité de la Municipalité de « réfléchir à ce qu’on peut faire comme aménagements sur le territoire ». « On ne peut pas laisser l’aménagement du territoire dans les mains de gens qui sont là pour faire des sous, donc il faut qu’on réfléchisse et qu’on travaille avec [les propriétaires et les promoteurs] pour être capable d’avoir une vision fonctionnelle de ce qu’on veut à Belœil. […] On travaille depuis le jour 1 avec les propriétaires de terrains et il y a eu une rencontre au début du mois de juillet pour trouver des façons de collaborer et de travailler main dans la main. » Mme Viau a noté que certains propriétaires, comme le Groupe Robin, sont « prêts à travailler », même s’il y a « des ajustements à faire comme dans tout » pour trouver une solution entre la vision de la Ville et le concret sur le terrain.

La mairesse a même été jusqu’à renvoyer une question à la population : « Est-ce qu’on continue de laisser les constructeurs proposer de développer Belœil, ou on porte une vision et on attire les gens qui vont avoir le goût de travailler à construire cette vision-là? »

Dissidence

Malgré la sortie de Nadine Viau, « la position demeure la même » pour les trois promoteurs, qui n’ont pour le moment pas souhaité aller plus loin que le contenu de leur lettre envoyée à la Ville et à L’Œil Régional en juin. Ils sont toutefois appuyés par les quatre élus de l’opposition, Louise Allie, Renée Trudel, Vincent Chabot et Martin Robert, qui estiment que les points soulevés sont légitimes.

Même pour les élus, il reste encore trop de questions, notamment sur les stationnements et la gestion des cours intérieures, qui seront partagées entre les différents propriétaires des îlots. « Qui va s’en occuper? Si un passant casse de la vitre à terre, qui a la responsabilité? », se demande Martin Robert. Il est encore trop tôt pour connaître les fourchettes de prix pour les logements qui pousseront dans ce nouveau développement, mais les propriétaires des terrains prédisent une augmentation de 45 % seulement pour atteindre l’équilibre financier, ce qui se traduirait par un condominium passant de 500 000 $ à 725 000 $ et des logements de 2500 $ par mois à 3625 $, selon les exemples partagés dans la lettre. « Si je suis une retraitée avec de l’argent, est-ce que je vais aller m’installer avec 120 autres personnes pour avoir une toute petite cour en face d’un paquet de monde qui va [circuler dans la cour commune de l’îlot], et avoir une voiture seulement? Une RPA reviendrait moins cher et ça serait moins de trouble », insiste Louise Allie, sentant que le projet, tel que présenté, n’est pas en phase avec la réalité du marché.

Même pour ce qu’on considère comme la « clientèle-cible » pour ce nouveau développement, la question des autos reste la plus problématique, note Renée Trudel. « J’ai parlé à des gens intéressés par la vision du nouveau quartier, mais ils hésitent parce qu’ils ne sont pas prêts à se départir de leur deuxième voiture. […] Le fait de rendre l’accès difficile à l’auto, c’est une mentalité qu’on avait quand on a développé le Centenaire et ça ne marche pas. Même dans les Bourgs, les rues sont trop étroites, il manque de stationnement en hiver et il n’y a pas assez d’accès au transport en commun : on n’a pas assez de travail à Belœil pour dire qu’on va pouvoir aller travailler en transport en commun et en vélo l’été. » Elle ajoute que pour éventuellement diminuer la dépendance à l’auto, ça prend beaucoup plus de financement du transport en commun de la part du gouvernement provincial, ce qui ne semble pas être une priorité à court terme.

La limitation du nombre de voitures peut aussi nuire aux jeunes familles, commente Vincent Chabot. « Éventuellement, les enfants vieillissent, veulent leur autonomie et se font des chums ou des blondes. Ça peut faire deux voitures de plus qui ne peuvent pas se stationner. » Les prix élevés pourraient aussi grandement limiter le type de clientèle qui pourra se permettre de vivre dans le Nouveau Belœil, et les élus ne fondent pas beaucoup d’espoir dans les « logements abordables », dont la définition peut parfois être très élastique selon eux.

Si Belœil va de l’avant avec son projet sans obtenir l’appui des principaux propriétaires, les conseillers se demandent combien ça va coûter aux citoyens, craignant que les propriétaires fassent exploser les coûts pour garder leur rentabilité ou qu’ils concentrent toutes leurs énergies pour faire modifier les règlements en leur faveur, ce qui implique des frais d’avocats et d’urbanistes ultimement payés par les citoyens.

Les prochaines étapes dans le développement du Nouveau Belœil sont le dépôt du projet de Plan particulier d’urbanisme (PPU), prévu en août, puis l’assemblée publique de consultation citoyenne sur le projet de PPU en septembre, qui doivent mener à l’adoption du règlement cet automne.

La mairesse de Belœil accuse des promoteurs de « bafouer les lois électorales »

La mairesse sortante de Belœil porte plainte auprès d’Élections Québec contre un groupe de promoteurs immobiliers à qui elle reproche d’avoir fait des dépenses électorales illégales en publiant des critiques à son endroit dans un journal local.

Belœil a besoin d’habitations, pas de mirages : dans une pleine page de publicité parue dans la dernière édition de L’Œil régional, les Industries Bonneville, le Groupe Michaudville et le Groupe immobilier Potvin critiquent vertement l’administration sortante, qui sollicite un deuxième mandat.

Jamais, au cours de nos carrières professionnelles, nous n’avons été témoins d’un aussi grand manque de transparence de la part des élus d’une ville, écrivent ces entreprises, basées dans la région.

Actuellement en campagne électorale, la mairesse sortante Nadine Viau affirme avoir porté plainte à Élections Québec pour ce qu’elle considère comme des dépenses électorales illégales. Elle accuse ces trois entreprises de bafouer les lois électorales […] à une semaine du vote.

La démocratie, ce n’est pas ça, clame-t-elle en entrevue. Il y a des règles pour tout le monde.

Élections Québec n’a pas confirmé la réception de la plainte, question de ne pas être instrumentalisé à des fins politiques.

Le porte-parole Gabriel Sauvé-Lesiège indique tout de même que, de manière générale, les citoyens et les entreprises peuvent prendre part au débat politique dans la mesure où leurs interventions ne coûtent rien.

Dans un éditorial, le directeur de l’information de cet hebdomadaire local a confirmé que les trois entreprises avaient bel et bien payé leur page de publicité.
Une organisation dont la mission peut donner lieu à des revendications auprès du gouvernement, d’élus ou de candidats concernant des dossiers ou des enjeux relevant de leur mission n’enfreint pas d’emblée les lois électorales lorsque des dépenses sont engagées, précise M. Sauvé-Lesiège. Chaque situation doit être analysée dans son contexte particulier, au cas par cas.
Le parti de Nadine Viau, Oser Belœil, affirme qu’il a mis les trois promoteurs en demeure. Ces derniers ont refusé, par l’intermédiaire d’une firme de relations publiques, de répondre aux questions de Radio-Canada en raison de cette mise en demeure.

Ce projet, baptisé Nouveau Belœil, est la raison pour laquelle la mairesse sortante s’est lancée en politique en 2021, dit-elle.

Les maisons toutes pareilles, on n’aime pas ça. Ça coûte cher, ça vaut cher et on n’a pas de diversité d’habitations. Il fallait qu’on réfléchisse autrement.

La Ville a sollicité les services de l’architecte renommé Pierre Thibault pour élaborer un plan d’ensemble. Avec une délégation de 11 employés municipaux et de membres du conseil, l’architecte et la mairesse se sont envolés pour Copenhague à l’été 2024 afin d’y chercher de l’inspiration.

On est allés voir des erreurs, des bons coups, ainsi que l’administration de Copenhague, résume Mme Viau.