Résumé
Îlot Voyageur La littérature et le logement pour le Quartier latin
PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE
Le projet de Maison des gens de lettres (MGDL) prévoit la création de plus de 100 logements sociaux, ainsi que 430 logements étudiants abordables, répondant ainsi à un besoin criant de logements accessibles dans ce secteur en pleine métamorphose, écrivent les signataires.
Depuis 2014, une alliance d’acteurs du milieu littéraire et communautaire s’attelle à mettre au monde un projet ambitieux pour le Quartier latin : la Maison des gens de lettres (MGDL).
Publié à 1h08 Mis à jour à 15h00

Pierre Samson Écrivain et président de la Maison des gens de lettres, et sept autres cosignataires*
Ce projet novateur, ancré dans des principes d’économie circulaire et solidaire, vise à créer un complexe unique d’habitation sociale, empreint d’inclusivité et de créativité. La MGDL, un projet issu de la collaboration du GRT Atelier Habitation Montréal, de la firme d’architectes Atelier Big City, du Comité logement Ville-Marie, de la Table de concertation du faubourg Saint-Laurent et de l’Union des écrivaines et des écrivains du Québec, proposera des espaces de vie et de travail abordables pour écrivains et professionnels du domaine littéraire, tout en offrant des logements pour des familles à faible ou modeste revenu.
Le 13 août dernier, en partenariat avec UTILE et Mondev, nous avons franchi une étape déterminante en soumettant officiellement à la Ville de Montréal une proposition pour occuper la portion sud de l’îlot Voyageur.
Ce grand projet prévoit la création de plus de 100 logements sociaux pour abriter la Maison des gens de lettres, ainsi que 430 logements étudiants abordables, répondant ainsi à un besoin criant de logements accessibles dans ce secteur en pleine métamorphose.
Ce plan pour l’îlot Voyageur, en plus d’offrir des solutions concrètes aux enjeux de logement dans le Quartier latin, s’inscrit parfaitement dans les objectifs de relance urbaine définis par la Ville de Montréal. Rappelons qu’en janvier dernier, la Ville dévoilait son plan de revitalisation du centre-ville. Parmi les priorités : la création de quartiers mixtes et dynamiques, et la valorisation de l’identité unique du Quartier latin, désormais désigné « Quartier de la francophonie ». Le reconditionnement de l’îlot Voyageur fait partie intégrante de cette stratégie, fondée notamment sur la consolidation des industries culturelles et créatives.
La réalisation de la MGDL sur l’îlot Voyageur, un terrain public acquis par la Ville à la suite de nombreux rebondissements et situé à deux pas de la Grande Bibliothèque, représente bien plus qu’une occasion d’accroître le parc de logements sociaux.
C’est une chance rare de propulser le rayonnement culturel de Montréal en enrichissant le Quartier latin, tout en jetant les bases d’un réseau de solidarité ancré dans la littérature et la valorisation de la langue française. Ce projet incarne une vision où l’habitat et la culture fusionnent pour redéfinir les liens sociaux et renforcer la cohésion communautaire.
Besoin désespéré
Dans un contexte où la précarité des artistes ne cesse de croître, la nécessité d’une Maison des gens de lettres n’a jamais été aussi pressante. Le milieu littéraire, trop souvent marqué par l’isolement et la fragilité économique, a désespérément besoin d’un tel espace. Il est d’ailleurs bon de rappeler que ce besoin ne date pas d’hier : certains des plans de développement initiaux de la Grande Bibliothèque incluaient une « Maison de l’écrivain », en synergie avec la Bibliothèque. Bien que cette phase du projet ait été abandonnée, la MGDL en propose une réinvention moderne.
En plus de créer des espaces de vie, la MGDL vise à créer un pont entre les écrivains et la communauté, en offrant des services liés à l’écriture et à la langue française – des cours, des ateliers, de l’aide à la rédaction, des services de francisation –, permettant ainsi de renforcer la mission de BAnQ tout en rapprochant les artistes de la population.
Ce projet fait l’unanimité et son acceptation sociale est incontestable. Depuis dix ans, la MGDL rallie les acteurs majeurs du quartier et récolte de nombreux appuis du milieu littéraire, communautaire et entrepreneurial, ainsi que ceux de plusieurs élu·es, dont la mairesse de Montréal, Valérie Plante.Le développement de 50 % de logements hors marché, dont au moins 20 % de logements sociaux, sur ce terrain public est plus que nécessaire. Notre partenariat avec UTILE nous permet d’atteindre cet objectif et de respecter l’esprit du Règlement pour une métropole mixte. Il s’agit là d’une cible incontournable, surtout sur un terrain municipal et en pleine crise du logement.
Alors que la Ville de Montréal vient d’annoncer son intention de procéder de gré à gré pour la vente du terrain, nous réclamons une décision qui soit en phase avec sa vision de développement du Quartier latin et avec ses appuis passés à la Maison des gens de lettres. Ensemble, nous avons une occasion unique de donner vie à un projet visionnaire, de faire un geste puissant pour dynamiser et unifier le tissu social du Quartier latin, tout en soutenant la communauté littéraire et les artistes qui la font vibrer.
*Les cosignataires : Éric Noël, écrivain, vice-présidence, Maison des gens de lettres, Bertrand Laverdure, poète, secrétaire, Maison des gens de lettres, Geneviève Lauzon, directrice générale, Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ), Anne Cormier, architecte, Atelier Big City, Marc-André Fortin, coordonnateur, Table de concertation du faubourg Saint-Laurent, Éric Michaud, coordonnateur, Comité logement Ville-Marie, Martin Fournier, directeur général, Atelier Habitation Montréal (AHM)