Industrie éolienne

TES Canada envisage de retarder ses projets controversés d’éoliennes

L’entreprise fait face à une forte opposition et tente une nouvelle stratégie pour obtenir de l’électricité.

La compagnie veut installer 133 éoliennes dans des milieux agricoles de la Mauricie. (Photo d’archives)

Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi

Thomas Gerbet](Thomas Gerbet | Profil | Radio-Canada)

Publié à 4 h 00 HNE
La compagnie TES Canada tente de convaincre le gouvernement Legault de lui attribuer encore plus d’électricité d’Hydro-Québec pour sa future usine d’hydrogène à Shawinigan, a appris Radio-Canada. L’entreprise constate que ses projets d’autoproduction avec des éoliennes battent de l’aile et elle craint qu’ils ne soient pas prêts pour le lancement de l’usine en 2030.

Mais ce n’est pas gagné d’avance pour le projet de quatre milliards de dollars, car, selon nos sources, Hydro-Québec a rendu un avis défavorable à l’allocation de davantage de mégawatts pour TES Canada.

L’entreprise avait déjà obtenu un bloc de 150 mégawatts afin de compléter son autoproduction à partir de 133 éoliennes en Mauricie. Selon nos informations, TES Canada a demandé à Québec une rallonge de 100 autres mégawatts.

Les industriels sont attirés par l’électricité verte et abordable du Québec, mais le nombre de mégawatts disponibles est limité. (Photo d’archives)

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

TES Canada veut produire 70 000 tonnes d’hydrogène vert dès 2030. Pour cela, elle a besoin d’une grande quantité d’électricité qu’Hydro-Québec ne peut pas entièrement lui fournir.

Le problème, pour la compagnie, c’est que ses projets d’autoproduction éolienne peinent à obtenir l’acceptabilité sociale dans les MRC de Mékinac et des Chenaux.

Exemples de résultats de référendums consultatifs sur les éoliennes :

  • Saint-Tite : 68 % contre
  • Sainte-Thècle : 69 % contre
  • Saint-Luc-de-Vincennes : 85 % contre
  • Saint-Maurice : 91 % contre

La hauteur des éoliennes projetées par TES Canada est d’environ 200 mètres, soit une hauteur plus haute que la place Ville-Marie.

Photo : Radio-Canada

TES Canada confirme

Le gouvernement nous a demandé de maximiser l’acceptabilité sociale du parc éolien, tout en livrant la relance économique promise à la région, dit le PDG de TES Canada, Éric Gauthier, dans une déclaration écrite transmise à Radio-Canada.

Nous sommes [rendus] à [l’étape d’]évaluer la possibilité de prendre plus de temps pour développer et améliorer le parc éolien en collaboration avec les communautés locales.

Une citation de Éric Gauthier, PDG de TES Canada.

M. Gauthier confirme qu’un bloc temporaire [d’électricité], venant s’ajouter au bloc permanent de 150 mégawatt, est actuellement en discussion afin de permettre la transition entre la mise en service de l’usine de production d’hydrogène et la mise en service, plus tardive, du parc éolien.

Le PDG de TES Canada, Éric Gauthier (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

Le gouvernement aura le dernier mot

Même si Hydro-Québec a rendu un avis défavorable, la décision revient au ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE) et sa ministre Christine Fréchette. C’est elle qui alloue les mégawatts.

Le gouvernement Legault a maintenu son appui au projet, malgré les résultats de référendums locaux.

Le cabinet de la ministre Fréchette n’a pas voulu nous dire s’il va accepter la demande de TES Canada. Il nous a renvoyé vers les fonctionnaires du ministère.

La porte-parole du MEIE Félicia Nicole nous a écrit que le ministère ne commente pas sur les dossiers relatifs aux demandes d’autorisation pour le raccordement d’un projet d’une puissance de 5 mégawatts et plus qui sont ou pourraient être en analyse.

La ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Christine Fréchette, a la responsabilité d’attribuer les mégawatts aux entreprises. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Le gouvernement Legault voit dans le projet de TES Canada un bon moyen pour réduire les émissions de gaz à effet de serre du transport lourd et pour décarboner l’économie du Québec.

Le projet est entièrement privé, sans subventions gouvernementales. France Chrétien Desmarais est présidente du conseil d’administration et cofondatrice de TES Canada.

L’entreprise affirme que son projet générera 5,5 milliards de dollars de retombées économiques et créera 3000 emplois directs et indirects.

Des maires en faveur d’une électricité fournie par Hydro-Québec

Je comprends TES Canada de voir que ça va être très difficile, voire impossible, dans la situation actuelle, réagit le maire de Saint-Maurice, Gérard Bruneau, lorsque nous l’informons de la situation.

M. Bruneau rappelle que lui et d’autres maires demandent depuis des mois que l’électricité pour le projet provienne directement d’Hydro-Québec.

Le maire de Saint-Maurice, Gérard Bruneau, a vu 91% de ses citoyens voter contre les éoliennes de TES Canada. (Photo d’archives).

Photo : Radio-Canada / Olivier Croteau

On suggère au gouvernement, plutôt que d’installer des éoliennes à travers nos territoires agricoles, de prendre les mégawatts dans ces quantités-là et d’aider TES Canada, si c’est ça leur intention.

Une citation de Gérard Bruneau, maire de Saint-Maurice

De son côté, le Front commun pour la transition énergétique, qui regroupe 85 organisations (groupes environnementaux, syndicaux, communautaires, etc.), estime que le projet ne mérite pas de recevoir de précieux mégawatts d’Hydro-Québec.

[Étant donné que] c’est un projet qui produit de l’hydrogène, qui a une efficacité très douteuse, qui a un coût très important, dont la rentabilité est [contestée], on se demande si c’est là qu’on devrait mettre nos mégawatts, dit sa représentante Mélanie Busby.

Elle rappelle que des chercheurs ont mis en doute la viabilité commerciale de TES Canada.

Selon le Front commun pour la transition énergétique, les rares mégawatts d’Hydro-Québec encore disponibles pour des projets industriels devraient aller en priorité à des entreprises déjà établies au Québec qui veulent décarboner leurs procédés.

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Projet Mauricie : TES Canada demande un bloc d’énergie à Hydro-Québec pour son usine d’hydrogène

Face à la contestation citoyenne, TES Canada sollicite Hydro-Québec pour obtenir 100 mégawatts supplémentaires.

Cette demande vise à sécuriser l’alimentation de sa future usine d’hydrogène à Shawinigan tout en mettant temporairement sur pause son controversé projet de parc éolien en Mauricie.

Reportage d’Éliane Doucet

À lire également : L’attribution de blocs d’énergie dénouerait-elle l’impasse pour TES Canada? | Radio-Canada

:rage:

Après avoir demandé en mai 2025 aux promoteurs du projet éolien Des Neiges « secteur Ouest » de réviser leurs plans pour « éviter complètement » la construction d’éoliennes et de routes dans l’aire de répartition des caribous de Charlevoix, les experts du ministère de l’Environnement du Québec ont révisé leur position en octobre. Ils appuient maintenant la construction d’infrastructures dans « une section » de ce territoire.

Le « secteur Ouest » est la seule phase du mégaprojet éolien Des Neiges, évalué à trois milliards de dollars, qui n’a pas encore été autorisée par le gouvernement Legault. Ce dernier a donné le feu vert au « secteur Sud », qui empiète sur l’« habitat essentiel » d’une espèce d’oiseau en « situation critique », et au « secteur Charlevoix », qui pourrait menacer le rétablissement des derniers caribous de la région.


Le gouvernement Legault a autorisé la construction d’éoliennes dans l’habitat des derniers caribous de Charlevoix malgré des mises en garde répétées de ses propres experts et une évaluation environnementale estimant que le projet menace directement la survie des cervidés. Québec s’en remet à un futur « plan d’action » des promoteurs, qui prévoient commencer la construction du projet en janvier, pour réduire les impacts sur ces caribous. Ceux-ci sont actuellement condamnés à la captivité faute de milieux naturels convenables.

Hydro-Québec, Énergir et Boralex se sont associés pour développer le mégaprojet éolien des Neiges, divisé en trois secteurs, dont le « secteur Charlevoix ». Les promoteurs prévoient construire un total de 10 éoliennes (sur les 57 du projet) et 18 kilomètres de chemins dans l’habitat des caribous.

Dans leurs échanges avec les promoteurs, les scientifiques des gouvernements du Québec et du Canada avaient pourtant insisté à de multiples reprises sur la nécessité de protéger « l’aire de répartition » des cervidés, et donc d’éviter la construction d’infrastructures qui créeront de « nouvelles perturbations permanentes ». Ils ajoutaient que des éoliennes sont prévues dans des zones qui devraient devenir des « refuges » pour l’espèce dans un contexte de réchauffement climatique.

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Vent de discorde en terre privée au Témiscouata

La visite de promoteurs éoliens dans des villages du Bas-Saint-Laurent a provoqué des remous dans les chaumières. Habituée aux parcs éoliens dans des territoires peu habités, la région pourrait voir pousser des éoliennes à proximité de résidences. Une possibilité qui suscite espoir et division, mais qui relance surtout le débat sur le développement accéléré de la filière éolienne au Québec.

Résumé

La poudrerie caresse les routes forestières désertes de Saint-Elzéar-de-Témiscouata, en cette froide matinée de décembre. Au loin, la rotation rapide des pales d’éoliennes des parcs Témiscouata I et II se démarque dans le ciel blanc d’hiver.

Ces hélices, Benoît Caron les voit depuis chez lui. Et elles ne lui causent aucun désagrément. J’ai fait exprès pour aller virer autour de ça et aller voir les installations. C’est de toute beauté, s’émerveille l’acériculteur, rencontré dans sa demeure.

L’octogénaire se souvient même d’avoir vu des traces d’orignal lors d’une de ses balades sous les mastodontes d’acier. Y’a des gens qui disaient qu’on allait entendre le bruit… Mais oublie ça. Quand il fait un vent du Nord, tu entends pas mal plus le vent que les éoliennes, certifie M. Caron.

Benoît Caron ne semble pas irrité par la présence des éoliennes dans sa cour arrière. Il est emballé par le fait que de tels projets puissent aussi profiter à la municipalité et à la MRC.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Bref, le parc éolien voisin ne semble pas trop dérangeant pour lui. Et il se montre même ouvert à ce que d’autres éoliennes puissent pousser chez lui, sur un lopin de terre lui appartenant en forêt.

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Au printemps dernier, l’acériculteur a reçu la visite de représentants d’une entreprise éolienne. S’ils ne venaient que pour étudier le potentiel d’un lot lui appartenant, ils n’ont pas caché vouloir y implanter deux éoliennes, selon ce que rapporte Benoît Caron.

De chez lui, l’homme peut aussi apercevoir la ligne de transmission d’Hydro-Québec, traversant son terrain depuis plusieurs années. Des pylônes pour lesquels ils vont t’exproprier sans jamais donner 5 cents en retour, regrette M. Caron.

Mais il se montre moins réfractaire à la possibilité de participer à un projet éolien, qui pourrait lui rapporter gros en redevances. Il n’a pas voulu nous dire combien, mais, selon nos informations, elles se chiffreraient en dizaines de milliers de dollars par année. Y as-tu pensé, la valeur d’un lot que je te vends demain matin? Tu as une éolienne dessus… Il n’y a pas de limites!, sourit l’homme.

Étant donné que t’as des installations comme ça qui vont t’aider à vivre, à améliorer ta situation, tu peux pas être contre ça.

Une citation de Benoît Caron, acériculteur de Saint-Elzéar-de-Témiscouata

En ajoutant les projets éoliens réalisés et ceux dans les cartons, le Bas-Saint-Laurent pourrait compter un millier d’éoliennes sur son territoire. (Photo d’archives)

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

C’est pourquoi l’homme a accepté de signer une entente avec le promoteur lui accordant l’exclusivité d’arpenter son terrain pour les prochaines années. L’octroi d’option pourrait éventuellement aboutir à la construction d’éoliennes ou de chemins forestiers sur sa terre, si le projet est retenu dans le cadre d’un appel d’offres d’Hydro-Québec.

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Des éoliennes chez le voisin

Le Témiscouata semble convoité pour la prospection éolienne. La MRC signale avoir rencontré quatre ou cinq groupes de promoteurs pour différents projets dans les cartons. Parmi ces entreprises, Boralex projette d’ériger des turbines sur le territoire des municipalités de Saint-Elzéar-de-Témiscouata, Packington, Saint-Eusèbe et Témiscouata-sur-le-Lac.

Boralex se garde bien de révéler le moindre détail sur le projet, comme le nombre d’éoliennes ou la puissance installée, puisqu’il demeure préliminaire. L’entreprise effectue toutefois des représentations pour construire les parcs éoliens. Selon ce qu’on peut lire sur le mandat de lobbyiste de Boralex, Des Pionniers et Bas-Saint-Laurent [sont] des projets éoliens pouvant atteindre 400 MW.

Au Bas-Saint-Laurent, les nombreux parcs éoliens ont en bonne partie poussé dans des territoires peu fréquentés. Mais le projet Des Pionniers pourrait être un des rares à s’implanter à proximité de résidences, majoritairement en terrain privé.

L’entreprise se dit bien sensible à cette nuance, elle qui mène des projets similaires dans le sud du Québec. L’idée, c’est qu’on soit le meilleur voisin possible, répète en entrevue la conseillère principale en relations avec la collectivité et communications chez Boralex, Geneviève Fortin-Blanchard.

Le projet éolien s’implanterait notamment sur le territoire du village de Packington, qui compte un peu plus de 500 habitants.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Des représentants de promoteurs éoliens ont visité bon nombre de propriétaires dans des villages de ce coin du Témiscouata. Mais le sujet est délicat. Certains d’entre eux – qu’ils aient accepté ou non de signer une entente – n’ont pas voulu nous accorder d’entrevue, par crainte de représailles envers leurs entreprises.

C’est compréhensible. C’est un sujet qui a polarisé notre municipalité, se rappelle Étienne Gendron, résident de Packington qui a dit non à une éolienne dans sa cour. Co-porte-parole du comité citoyen Éoloin, opposé au développement éolien à proximité de résidences, il a appris que ses voisins n’ont pas été approchés pour ce projet, une situation qui l’a interpellé.

Parce que, dans le fond, pourquoi on a été rencontré? C’est qu’on a la chance d’avoir une terre. Donc, tous les citoyens qui n’ont pas la chance d’avoir une terre sont tassés de la discussion, et n’ont aucun mot à dire sur l’implantation de structures industrielles de 200 mètres. Une taille deux fois plus haute que nos montagnes, prend-il le soin d’ajouter.

«Les parcs éoliens, c’est une chose. Un étalement éolien dans les villages, c’en est une autre», plaide Étienne Gendron.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Tes voisins vivent le même désagrément, le même bruit, les mêmes risques pour l’eau potable, les mêmes risques pour la santé. […] Je trouve cette façon de faire là un peu cavalière, d’aller par en dessous, en catimini, aller chercher l’assentiment du plus de gens. Il y a quelque chose d’antidémocratique là-dedans.

Une citation de Étienne Gendron, citoyen de Packington et co-porte-parole du comité citoyen Éoloin

C’est aussi ce qu’avance une étude publiée récemment par l’IRIS, qui conclut que la filière éolienne au Québec manque de transparence et de planification. Le chercheur Krystof Beaucaire, auteur de l’étude, précise que ces rencontres privées avec les propriétaires ont pour effet de mettre davantage la population à l’écart, de sorte que le processus de planification [des projets éoliens] peut encore plus facilement éviter les consultations publiques.

Boralex se défend en réitérant en être au tout début du projet éolien et qu’elle doit d’abord vérifier sa faisabilité sur le plan technique. L’entreprise laisse néanmoins entendre que des compensations pourraient être versées aux voisins de ces éoliennes, ou qu’elle pourrait mettre en place des mesures d’atténuation, comme des murs végétaux.

En plus des projets privés, Hydro-Québec s’est aussi lancée dans la conception de mégaprojets éoliens, dont deux au Bas-Saint-Laurent. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

D’autre part, elle promet de consulter la population en amont, soit avant la soumission du projet à un appel d’offres en énergie éolienne, histoire de lutter contre le sentiment que tout est décidé d’avance. C’est de notre responsabilité d’enlever cette impression-là, admet Mme Fortin-Blanchard. Ça va être au niveau des communications qu’on va devoir [s’]améliorer.

Si, par exemple, personne ne veut de ce projet-là, on ne va pas le déposer en appel d’offres, c’est la réalité sur le terrain. On n’est pas là pour forcer un projet dans la gorge de qui que ce soit.

Une citation de Geneviève Fortin-Blanchard, conseillère principale en relations avec la collectivité et communications chez Boralex

L’étude de l’IRIS, sévèrement critiquée par l’Alliance de l’énergie de l’Est, appelle aussi à l’organisation d’un BAPE générique afin de mieux coordonner les projets éoliens au Québec, dans un contexte où ceux-ci sont appelés à se multiplier. C’est aussi un souhait du comité Éoloin, entre autres pour éviter que les projets s’éparpillent un peu partout.

Même si l’exercice a été recommandé par plusieurs commissions du BAPE, l’idée a été rejetée par Hydro-Québec, qui s’est elle-même lancée à la conquête de ce type d’énergie. La société d’État souhaite tripler la production éolienne au Québec, en ajoutant 10 000 MW de nouvelles capacités d’ici 2035.

Des conseils municipaux face à de possibles conflits d’intérêts

Le développement éolien au Témiscouata a même empêché des conseils municipaux entiers de se prononcer sur la question. Trois d’entre eux – Saint-Elzéar-de-Témiscouata, Saint-Athanase et Packington – ont voté pour que la MRC les représente dans le dossier éolien à l’avenir afin d’éviter tout conflit d’intérêts potentiel.

Quelques élus, aussi propriétaires de lots, ont eux-mêmes été approchés par des promoteurs, mettant parfois en péril le quorum pour débattre du sujet au conseil.

On use de prudence à ce moment-là pour être sûr que les gens aient confiance dans la démarche du conseil municipal, explique le maire de Saint-Elzéar-de-Témiscouata, Réjean Deschênes. Propriétaire d’un lot, il a lui aussi été approché par Boralex pour sonder son intérêt. À quelques mois des élections municipales, il a décliné l’offre du promoteur.

Le maire de Saint-Elzéar-de-Témiscouata, Réjean Deschênes

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

L’élu fait remarquer que la réglementation entourant l’implantation d’éoliennes au Témiscouata a été rédigée il y a plus de 15 ans. En vertu de ce règlement, qui fait encore autorité aujourd’hui, toute éolienne doit être érigée à plus de 500 mètres des résidences du Témiscouata.

M. Deschênes nous montre au loin les éoliennes des parcs Témiscouata I et II, mis en service il y a 10 ans, qui mesurent 130 mètres de hauteur et peuvent produire jusqu’à deux mégawatts.

Ce sont de très petites marguerites, commente le maire. Là, on parle de 6, 7 mégawatts [de capacité installée par éolienne], donc on est totalement dans un autre jeu. Et il faut absolument que la MRC se penche sur cette nouvelle réalité.

La réalité qui est en train de nous rattraper, c’est que [les éoliennes] se rapprochent des périmètres urbains et des municipalités, renchérit Serge Pelletier, préfet de la MRC de Témiscouata, territoire surtout habitué aux projets en terre publique. On va devoir resserrer ces distances-là et faire en sorte qu’on s’éloigne davantage des résidences.

Serge Pelletier affirme qu’entre quatre et cinq promoteurs éoliens ont approché la MRC pour de possibles projets éoliens au Témiscouata. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

D’ici la fin de 2027, la MRC élaborera un règlement de contrôle intérimaire pour augmenter la distance minimale requise entre les éoliennes et les résidences. Si rien n’a encore été décidé, Serge Pelletier qualifie la distance de 800 mètres de très minimale. En guise de comparaison, les éoliennes du projet controversé de TES Canada en Mauricie sont prévues en moyenne à 1300 mètres de distance.

Il semble toutefois que la MRC de Témiscouata aura le luxe du temps pour modifier sa réglementation. En tenant compte de la ligne de transmission d’Hydro-Québec qui approche de la saturation, plusieurs années pourraient s’écouler avant la réalisation du prochain parc éolien, mis à part ceux déjà retenus dans le cadre d’appels d’offres. L’apparition de nouvelles pales dans le paysage devrait ainsi attendre la finalisation de la seconde autoroute d’électricité, prévue entre 2034 et 2036.

Ajoutons que le nouvel appel d’offres en énergie éolienne que lancera Hydro-Québec en mars ne concerne pas les régions du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie. Donc, il n’y a à peu près pas de potentiel de projets de développement éolien en 2026, résume Serge Pelletier.

Une sorte de pause qui pourrait être salutaire pour l’avenir du développement éolien au Québec, espère Étienne Gendron, qui réitère son souhait d’assister à une vaste consultation sur la filière dans la province.

C’est où que ça va arrêter? On en met combien, des parcs?

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Feu vert pour un parc éolien dans La Matapédia

Le gouvernement du Québec autorise la construction du parc éolien du Canton MacNider, qui prévoit l’installation de 20 turbines à Saint-Damase et Saint-Noël, dans La Matapédia. (Johanne Fournier/Collaboration spéciale)

Le gouvernement du Québec autorise la construction du parc éolien du Canton MacNider, qui prévoit l’installation de 20 turbines à Saint-Damase et Saint-Noël, dans La Matapédia. Le projet promet d’importantes retombées économiques sur la région.

Résumé

Développé en partenariat par Clearlight Energy et l’Alliance de l’énergie de l’Est, le parc éolien Canton MacNider a obtenu l’autorisation gouvernementale nécessaire pour amorcer sa construction. Situé dans les municipalités de Saint-Damase et de Saint-Noël, au Bas-Saint-Laurent, le projet comprendra 20 éoliennes d’une capacité installée de 122,32 mégawatts.

Cette autorisation fait suite au rapport favorable du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, qui a été publié en septembre, à l’issue des audiences tenues en 2025.



Retombées de 40 millions de dollars

Le président de l’Alliance de l’énergie de l’Est ne cache pas sa satisfaction. «On avait quatre projets qui étaient en attente pour un décret gouvernemental, réagit Michel Lagacé. On a reçu ceux de MacNider et de Madawaska.»

L’investissement total pour la construction du parc éolien du Canton MacNider s’élève à près de 400 millions de dollars. Selon M. Lagacé, la MRC de La Matapédia pourrait bénéficier de retombées économiques locales substantielles. «On pense qu’on peut aller chercher l’équivalent de 10 % en retombées économiques locales. Ce sont 40 millions de dollars pour les entreprises de la région.»

Tours fabriquées à Matane

Le projet mise sur l’expertise locale. L’ensemble des tours d’éoliennes sera fabriqué par l’usine de Marmen de Matane.

«Quand on parle de circuit court, ce serait difficile d’avoir plus court que Matane par rapport à Saint-Damase et Saint-Noël, s’enthousiasme M. Lagacé. C’est vraiment une bonne nouvelle.»

Les 20 tours d’éoliennes du parc éolien du Canton MacNider seront fabriquées à l’usine de Marmen de Matane. (Johanne Fournier/Collaboration spéciale)

150 emplois

Au plus fort de la phase de construction, environ 150 travailleurs seront simultanément mobilisés sur le site. Dès l’obtention des autorisations finales attendues incessamment, les travaux commenceront par le déboisement.

«Après, ce sont les travaux du réseau collecteur, de fibre optique, de chemins d’accès, du bâtiment d’exploitation et d’entretien, énumère le président de l’Alliance. Il va y avoir beaucoup de travaux qui seront réalisés cet été, pour une mise en service en décembre 2026.»



Redevances importantes pour les municipalités

Les communautés d’accueil bénéficieront de redevances annuelles indexées. Saint-Damase recevra 235 000 dollars par année, tandis que Saint-Noël touchera 155 000 dollars annuellement.

Regroupant 209 collectivités et territoires répartis entre la MRC de Montmagny et les Îles-de-la-Madeleine, incluant la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk, les actionnaires de l’Alliance de l’énergie de l’Est se partageront près de 27 millions de dollars en bénéfices.

Parc éolien de la Madawaska

À la fin décembre, le gouvernement du Québec a donné son feu vert au parc éolien de la Madawaska, au Témiscouata. Ce projet de 270 mégawatts comprendra 40 turbines à Dégelis et 5 à Saint-Jean-de-la-Lande.

Environ 300 personnes travailleront à la construction de ce parc, qui créera 10 emplois permanents en phase d’opération. Les communautés d’accueil recevront 1,54 million de dollars dès la première année, un montant qui pourrait atteindre 46 millions sur les 30 ans de durée de vie du projet.



Deux projets en attente

Pour Michel Lagacé, l’attente se poursuit pour deux autres projets. «On va souhaiter d’avoir les deux projets suivants rapidement, soit La Forêt domaniale et Saint-Paul-de-Montminy, puisque les échéanciers sont serrés pour la construction.»

Ces développements s’inscrivent dans le Plan 2035 d’Hydro-Québec, qui vise à doubler la production d’électricité pour répondre à la demande croissante, tout en diversifiant le portefeuille énergétique du Québec.

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Des Neiges – Secteur Charlevoix : 280 M$ pour raccorder le parc au réseau électrique

Victor Carré | Le Charlevoisien

Hydro-Québec a récemment déposé une demande à la Régie de l’énergie pour débuter la construction et l’installation des actifs requit pour l’intégration des trois parcs éoliens Des Neiges à son réseau de transport. Uniquement pour le secteur Charlevoix, les frais d’intégration au réseau sont estimés à près de 280 M$.

Résumé

C’est ce que révèle l’entente de raccordement signée en décembre 2025 par Hydro-Québec et la Société de projet BVH2, promoteur du projet.

L’intégration au réseau comprend notamment la construction d’une nouvelle ligne à 315 kilovolts (kV) d’une longueur de 0,4 km afin de raccorder le poste de départ du parc éolien au réseau. À cela s’ajoute une liaison de télécommunications indépendante pour le parc, pour répondre aux besoins de téléprotection et de télésignalisation.

Le raccordement du parc éolien nécessite également des travaux de renforcement sur le réseau de transport principal, dont l’ajout de condensateurs aux postes Laurentides, Lévis, Appalaches et Montérégie.

L’ensemble de ces chantiers sont évalués à 182 451 000 $.

À cette somme s’ajoute le montant de la contribution maximale pour le remboursement du poste de départ par Hydro-Québec, qui est de 116 109 000 $, ainsi qu’une provision de 19 % pour tenir compte de la valeur actualisée sur 20 ans des coûts d’exploitation et d’entretien des ajouts au réseau.

La mise sous tension initiale du poste de départ du Secteur Charlevoix est prévue le 24 août 2027. La mise en service commerciale est quant à elle escomptée au mois de décembre de la même année.

Rappelons que le coût total de la réalisation du projet dans le Secteur Charlevoix, qui comprend 57 éoliennes, est évalué à environ 1 milliard de dollars.

Estimé du coût des travaux

Raccordement local
Ligne de raccordement Charlevoix (0,4 km) 11 175 000 $
Télécommunications 15 626 000 $
Commande et protection 3 634 000 $
Équipements de mesurage à 315 kV 638 000 $
Renforcement du réseau de transport principal
Poste Laurentides 84 434 000 $
Poste Lévis 17 945 000 $
Poste Appalaches 39 777 000 $
Poste Montérégie 9 151 000 $
Estimation du coût total des travaux 182 451 000 $
Contribution maximale pour le remboursement du poste de départ 116 109 000 $
Montant de 19% pour tenir compte de la valeur actualisée des coûts d’exploitation et d’entretien du poste de départ – 18 539 000 $
Total estimé des frais d’intégration 280 021 000 $

Source : Entente de raccordement pour l’intégration d’une centrale au réseau d’Hydro-Québec (Parc éolien Des Neiges – Secteur Charlevoix)

Consultation

La Régie de l’Énergie traitera la demande d’autorisation par voie de consultation. Toute personne désirant participer à l’étude de la demande à titre d’intervenant doit soumettre une demande d’intervention et un budget de participation conformes au plus tard le 18 février à 12 h.

Hydro-Québec pourra ensuite commenter ces demandes par écrit au plus tard le 25 février à 12 h. Toute réplique d’une personne dont l’intervention est visée par les commentaires devra par la suite être déposée au plus tard le 4 mars à 12 h.

La Régie précisera ultérieurement les autres modalités du traitement de la demande.