L’industrie éolienne a le vent dans les pales et les projets se multiplient au Québec et ailleurs. Je crois que dû à son importance et les nombreuses références dans le dossier environnement, que pour simplifier les recherches, elle mérite son propre fil.
Éoliennes: Marmen décroche un important contrat
Par Sébastien Lacroix, Le Nouvelliste
17 juin 2025 à 14h14
Les tours seront installés en secteur forestier près de la frontière canado-américaine. (Johanne Fournier/Collaboration spéciale)
La fabrication de 20 éoliennes pour le parc éolien de la Haute-Chaudière passera par Trois-Rivières. Marmen a en effet décroché le contrat pour le projet qui vise à ajouter 124 mégawatts (MW) de puissance installée dans la MRC du Granit.
Ces éoliennes ont été commandées par la compagnie Vestas qui a décidé de s’approvisionner localement pour le projet réalisé par EDF power solutions en partenariat avec Énergie Renouvelable du Granit, une société par actions municipale.
Elles seront ensuite installées sur des terres privées et publiques, en secteur forestier, près de la frontière du Maine, dans les municipalités d’Audet, de Frontenac et de Lac-Mégantic. La mise en service du parc éolien est prévue en 2026.
«Impact très positif pour Marmen»
Les éoliennes en question doivent produire chacune 6,2 MW. Le modèle retenu est le EnVentus V162, dont le rotor a un diamètre de 162 mètres avec des pales de 79 mètres de longueur et des tours de 119 mètres de hauteur.
«La réalisation de ce projet a un impact très positif pour Marmen, il consolide 130 emplois dans notre secteur éolien, génère des retombées économiques régionales et provinciales, assure la préservation de l’expertise unique en fabrication de tours d’éoliennes et offre les conditions optimales pour assurer la réalisation des mégas projets de parcs éoliens à venir», a déclaré Patrick Pellerin, le président de Marmen, par voie de communiqué.
«Le projet Haute-Chaudière est un excellent exemple de ce qu’il est possible de réaliser lorsque des partenaires expérimentés s’associent pour allier l’excellence de la chaîne d’approvisionnement à une technologie de pointe», a ajouté Laura Beane, présidente de Vestas Amérique du Nord.
«Avec l’objectif d’Hydro-Québec d’ajouter 10 GW d’énergie éolienne d’ici 2035, la province dispose à la fois du volume soutenu et de l’ambition nécessaires pour jouer un rôle de premier plan, et ce n’est que grâce à des partenariats solides comme celui-ci que ces objectifs pourront devenir réalité.»
— Laura Beane, présidente de Vestas Amérique du Nord
Marmen estime que ce partenariat stratégique avec Vestas et EDF power solutions ouvre la voie à de futures opportunités tout en créant une chaîne d’approvisionnement locale qui permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) lié au transport des éoliennes.
Des retombées militaires?
Marmen souhaite également tirer profit de la volonté du gouvernement canadien de rehausser les dépenses militaires du pays. Ceci pourrait se traduire par une hausse de la cadence de production de composantes de sous-marins qui sont fabriquées dans l’usine du secteur de Cap-de-la-Madeleine depuis une quinzaine d’années.
Aussi à lire
Défense nationale: des investissements qui pourraient sourire à Marmen

Des investissements pourraient d’ailleurs être nécessaires pour répondre à la demande, alors que le fédéral a annoncé l’injection de 9,3 milliards de dollars pour atteindre la cible de l’OTAN d’investir 2 % de son produit intérieur brut (PIB) en dépenses militaires dès cette année.
Lors de sa visite de l’entreprise, en avril dernier, Mark Carney avait également évoqué la création de liens avec des partenaires asiatiques et européens afin de réduire la dépendance commerciale avec les États-Unis. Cette stratégie pourrait sourire à Marmen, selon ce qu’expliquait le chef libéral devant les médias.
Résumé
Éoliennes: Marmen décroche un important contrat
Par Sébastien Lacroix, Le Nouvelliste
17 juin 2025 à 14h14
Les tours seront installés en secteur forestier près de la frontière canado-américaine. (Johanne Fournier/Collaboration spéciale)
La fabrication de 20 éoliennes pour le parc éolien de la Haute-Chaudière passera par Trois-Rivières. Marmen a en effet décroché le contrat pour le projet qui vise à ajouter 124 mégawatts (MW) de puissance installée dans la MRC du Granit.
Ces éoliennes ont été commandées par la compagnie Vestas qui a décidé de s’approvisionner localement pour le projet réalisé par EDF power solutions en partenariat avec Énergie Renouvelable du Granit, une société par actions municipale.
Elles seront ensuite installées sur des terres privées et publiques, en secteur forestier, près de la frontière du Maine, dans les municipalités d’Audet, de Frontenac et de Lac-Mégantic. La mise en service du parc éolien est prévue en 2026.
«Impact très positif pour Marmen»
Les éoliennes en question doivent produire chacune 6,2 MW. Le modèle retenu est le EnVentus V162, dont le rotor a un diamètre de 162 mètres avec des pales de 79 mètres de longueur et des tours de 119 mètres de hauteur.
«La réalisation de ce projet a un impact très positif pour Marmen, il consolide 130 emplois dans notre secteur éolien, génère des retombées économiques régionales et provinciales, assure la préservation de l’expertise unique en fabrication de tours d’éoliennes et offre les conditions optimales pour assurer la réalisation des mégas projets de parcs éoliens à venir», a déclaré Patrick Pellerin, le président de Marmen, par voie de communiqué.
«Le projet Haute-Chaudière est un excellent exemple de ce qu’il est possible de réaliser lorsque des partenaires expérimentés s’associent pour allier l’excellence de la chaîne d’approvisionnement à une technologie de pointe», a ajouté Laura Beane, présidente de Vestas Amérique du Nord.
«Avec l’objectif d’Hydro-Québec d’ajouter 10 GW d’énergie éolienne d’ici 2035, la province dispose à la fois du volume soutenu et de l’ambition nécessaires pour jouer un rôle de premier plan, et ce n’est que grâce à des partenariats solides comme celui-ci que ces objectifs pourront devenir réalité.»
— Laura Beane, présidente de Vestas Amérique du Nord
Marmen estime que ce partenariat stratégique avec Vestas et EDF power solutions ouvre la voie à de futures opportunités tout en créant une chaîne d’approvisionnement locale qui permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) lié au transport des éoliennes.
Des retombées militaires?
Marmen souhaite également tirer profit de la volonté du gouvernement canadien de rehausser les dépenses militaires du pays. Ceci pourrait se traduire par une hausse de la cadence de production de composantes de sous-marins qui sont fabriquées dans l’usine du secteur de Cap-de-la-Madeleine depuis une quinzaine d’années.
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Résumé
Boralex obtient un financement de 250 millions
Par Stéphane Rolland, La Presse Canadienne
7 juillet 2025 à 10h50|
Mis à jour le7 juillet 2025 à 10h55
Boralex a obtenu un financement de 250 millions $ sous forme de dette de la part de la Caisse de dépôt et placement du Québec et de Fondaction. (Matthias Schrader/Archives Associated Press)
Le producteur québécois d’énergie renouvelable Boralex a obtenu un financement de 250 millions de dollars sous forme de dette de la part de la Caisse de dépôt et placement du Québec et de Fondaction.
L’emprunt a une échéance de huit ans, a annoncé l’entreprise dans un communiqué lundi avant l’ouverture des marchés.
Plus en détail, la Caisse fournit un financement de 200 millions de dollars et le fonds des travailleurs un montant de 50 millions.
L’entreprise, dont le siège social est basé à Kingsey Falls, a annoncé en juin qu’elle prévoyait investir 8 milliards d’ici 2030 afin de doubler sa puissance installée à environ 7 gigawatts (GW).
En entrevue en juin, le président et chef de la direction, Patrick Decostre, avait mentionné que Boralex voulait limiter les émissions d’actions à 500 millions afin d’atténuer la dilution de l’avoir des actionnaires.
L’émission de dette fait partie des sources de financements envisagées par la société, tout comme la vente de participation dans certains projets, la vente d’actifs et les revenus tirés des projets existants.
Le chef des finances de l’entreprise, Bruno Guilmette, a indiqué dans, un communiqué, que les sommes obtenues permettraient «de mobiliser dès maintenant des ressources pour le financement de nos projets».
La Caisse, pour sa part, a récemment annoncé qu’elle voulait atteindre 400 milliards en action climatique d’ici 2030.
En plus d’être un créancier, le bas de laine des Québécois est le plus important actionnaire de Boralex et détient plus de 15 % des actions, selon la firme de données financières Refinitiv.
Les 200 millions accordés par la Caisse viennent doubler le financement en dette existant qu’elle a accordé au producteur d’énergie renouvelable. «Nous réaffirmons notre confiance en la capacité d’exécution et la croissance continue de Boralex», a déclaré le vice-président et chef, Crédit privé, Jérôme Marquis.
L’analyste de Desjardins Marché des capitaux, Brent Stadler, croit que le vote de confiance de la Caisse sera bien reçu par les investisseurs, a-t-il écrit dans une note.
L’action de Boralex gagnait 0,17 $, ou 0,52 %, à 33,09 $ à la Bourse de Toronto en avant-midi.
Même si le Bas-Saint-Laurent pourrait accueillir un total de près de 800 éoliennes d’ici 10 ans, en plus de nouvelles lignes à haute tension, le gouvernement du Québec n’a jamais cru bon d’évaluer les « effets cumulatifs » du développement éolien sur ce territoire « afin d’y assurer une gestion responsable et durable » de la filière.
C’est ce que constate le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) dans son rapport portant sur le projet éolien de la Madawaska, publié lundi. Ce projet impliquant la construction de 45 éoliennes dans la MRC de Témiscouata est développé par Hydro-Québec, EDF Renouvelables Canada et l’Alliance de l’énergie de l’Est.
Les commissaires du BAPE recommandent d’aller de l’avant avec ce nouveau parc éolien, mais ils insistent sur les lacunes en matière d’informations concernant les impacts des multiples projets déjà présents dans la région et ceux à venir. « L’absence de vue d’ensemble du développement éolien au Bas-Saint-Laurent, particulièrement dans un contexte de multiplication des projets, empêche une évaluation adéquate de leurs effets cumulatifs, notamment en ce qui concerne la capacité de support des écosystèmes », peut-on lire dans leur rapport.
Bien qu’une éolienne soit conçue pour durer de 20 à 30 ans, il n’est pas impossible qu’elle brise prématurément malgré un entretien rigoureux. Et remplacer une turbine défectueuse peut coûter « plusieurs millions de dollars », note Hydro-Québec.
La société d’État n’achète généralement pas une seule éolienne à la fois, mais des projets entiers via des appels d’offres. Toutefois, même si l’ancien président-directeur général d’Hydro-Québec Michael Sabia a annoncé en 2024 un plan pour que la société d’État soit maître des grands projets éoliens au Québec, les initiatives de moindre envergure continuent d’être confiées à des promoteurs privés. Ces derniers signent des contrats de longue durée pour fournir de l’électricité au réseau public et doivent généralement assumer eux-mêmes l’entretien et le remplacement de leurs turbines.
Résumé
Éoliennes : tueuses d’oiseaux et de… vaches, vraiment?
Par Jean-François Cliche, Le Soleil
19 juillet 2025 à 04h00
Il y a essentiellement deux mécanismes par lesquels les éoliennes ont été accusées de nuire au bétail: les champs électromagnétiques qu’elles émettent et le bruit de leurs pales. (Gimmy Desbiens/Archives Le Quotidien)
L’affirmation: «Certains opposants aux éoliennes affirment qu’elles nuisent à la santé des vaches, diminuent leur production de lait et entraîneraient même souvent leur décès. J’ai trouvé plusieurs articles de médias grand public qui relatent notamment des cas dans la région française de la Loire-Atlantique. Est-ce vrai? Y a-t-il études scientifiques récentes qui ont confirmé ou infirmé ces affirmations?», demande Daniel Baril, de Saint-Antoine-de-Tilly.
Les faits
Il y a effectivement eu deux producteurs laitiers de Loire-Atlantique qui se sont plaints en 2015 de ce que leurs animaux produisaient moins de lait et mourraient davantage depuis l’érection, trois ans auparavant, de huit éoliennes relativement proches de leurs fermes — à 700 et 1500 mètres environ.
Sauf que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) s’est penchée sur le dossier et a conclu en 2021 que tout lien entre les problèmes de ces vaches et les éoliennes était «hautement improbable». Compte tenu des niveaux d’exposition très faibles des vaches aux différents dérangements potentiels, l’agence française ne voyait pas vraiment comment les turbines auraient possiblement causé de tels ennuis — bien qu’elle ne l’écartait pas de manière absolue non plus parce qu’elle n’avait pas identifié de cause.
Il y a essentiellement deux mécanismes par lesquels les éoliennes ont été accusées de nuire au bétail: les champs électromagnétiques qu’elles émettent et le bruit de leurs pales.
J’ai parlé de la première possibilité récemment. Dans les années 1980, à cause d’inquiétudes sur les effets que les lignes à haute tension pouvaient — disait-on — avoir sur les vaches, plusieurs études ont été entreprises là-dessus. Mais le portrait d’ensemble qui s’en dégage est très clair: non, les lignes à haute tension ne nuisent pas à la santé du bétail.
Or sous les éoliennes, les champs électriques et magnétiques sont beaucoup, beaucoup plus faibles que sous les lignes de transport d’électricité (où ils sont déjà plusieurs fois, voire plusieurs dizaines de fois inférieurs au champ magnétique terrestre). Une étude canadienne a même conclu qu’ils sont «indistinguables du fond naturel à 2 mètres de la base» d’une éolienne. Il n’y a donc pas de raison de croire que les vaches puissent en souffrir de quelque manière que ce soit.
La plupart des fermes laitières gardent leurs vaches dans les étables à l’année longue de nos jours. (Mariane L. St-Gelais/Archives Le Quotidien)
Et le bruit?
Les choses sont un peu moins tranchées pour l’autre mécanisme possible, soit le bruit. L’an dernier, un organisme de l’Union européenne spécialisé dans le bien-être des ruminants et des chevaux s’est penché sur la question et a constaté qu’il n’y avait presque pas d’études documentant directement les effets des turbines sur le bétail.
Il faut donc se rabattre sur des travaux, et ils sont quand même assez nombreux, qui ont observé que la faune sauvage semble éviter les parcs d’éoliennes.
Par exemple, une étude polonaise publiée en 2017 dans Environmental Monitoring and Assessment a trouvé en moyenne à peine plus de deux pistes de chevreuil d’Europe par 100 mètres à l’intérieur de trois parcs éoliens, contre environ 6/100m à l’extérieur. Le lièvre évitait lui aussi clairement ces endroits (environ 1,5 piste par 100m à l’intérieur contre presque 4/100m à l’extérieur), mais le renard ne semblait aucunement affecté par les turbines.
Il est possible, avançaient les auteurs, que les herbivores craignent que le bruit des éoliennes ne les empêche d’entendre des prédateurs arriver.
Des dizaines d’autres études ont observé le même genre de pattern: des effets clairs sur certaines espèces mais pas sur d’autres. Maintenant, la question de savoir si ces observations valent pour le bétail n’a pas encore de réponse claire.
Certains des mécanismes qui repoussent la faune sauvage identifiés dans cette revue de littérature, comme la transformation de zones forestières en plaines, ne sont manifestement pas pertinents pour les animaux d’élevage, qui n’ont que faire des forêts.
D’autres, comme le bruit, pourraient en principe s’avérer des nuisances pour les vaches, indiquait le rapport de l’UE cité plus haut. Mais en pratique, ça n’est pas si clair que ça: au Québec, la plupart des fermes laitières gardent leurs animaux dans les étables à l’année longue au lieu de les faire sortir en été, les exposant ainsi assez peu à la pollution sonore d’éventuelles turbines.
Bref, si les «fermes de vent», comme ils disent en anglais, dérangent certains animaux sauvages, on ne sait pas encore si cela s’applique au bétail.
Verdict
Bof. Dans les deux cas français qui ont dirigé les soupçons vers les éoliennes, un examen rigoureux de l’ANSES les a exonérées. On sait également que les champs électromagnétiques associés aux parcs éoliens sont très insuffisants pour causer du tort aux vaches.
Quant au bruit, il est possible qu’il nuise à la santé du bétail, mais les preuves manquent et, si elles finissent par arriver, il n’est pas sûr qu’elles soient très pertinentes puisque la plupart des fermes laitières gardent leurs animaux dans les étables à l’année longue.
Au total, 6000 mégawatts d’énergie éolienne pourraient s’ajouter aux quelque 3000 mégawatts que la région produit déjà. Les machines qui produiront cette énergie n’ont toutefois rien à voir avec celles qui sont déjà installées. Il s’agit de mégaéoliennes hautes de 200 mètres, d’une capacité de 7,4 mégawatts chacune.
Il y en aura 800, mais il y a 20 ans, il en aurait fallu 6000 pour une production équivalente, souligne Michel Lagacé. « Aujourd’hui, avec la technologie disponible, l’empreinte au sol des parcs éoliens est beaucoup moins importante », dit-il.
Les consultations réalisées dans la région montrent un fort appui au développement éolien, selon Michel Lagacé, mais il ne s’attend pas à ce que les futurs parcs fassent l’unanimité. Surtout quand l’emplacement exact des parcs et des gigantesques machines sera connu.
Des installations d’envergure pour le parc éolien de la MRC de Lotbinière
La hauteur des installations prévues est près de deux fois plus importante que celle des premiers parcs éoliens établis au Québec.
Innergex a déposé son étude d’impact auprès du ministère de l’Environnement pour son projet de parc éolien de 100 mégawatts dans la MRC de Lotbinière. La compagnie y prévoit l’installation d’une vingtaine d’éoliennes d’environ 210 mètres de hauteur et de 170 mètres de diamètre.
À Saint-Édouard-de-Lotbinière, où Innergex projette l’installation d’une douzaine d’éoliennes, leur gabarit n’inquiète pas la mairesse Denise Poulin.
La mairesse de Saint-Édouard-de-Lotbinière, Denise Poulin.
Photo : Radio-Canada / Guylaine Bussière
Consciente que ces tours géantes auront un impact important sur le paysage de sa municipalité, elle est malgré tout en faveur du projet : oui, [elles] sont hautes, oui, elles vont être grosses, mais il faut prioriser l’économie verte.
Laurie-Jade Mendez, gestionnaire principale du projet chez Innergex, confirme que les éoliennes atteindront entre 205 et 210 mètres de hauteur. La compagnie indique toutefois que le gabarit de ces équipements de nouvelle génération permet d’en implanter quatre fois moins.
À titre de comparaison, le complexe G situé au centre-ville de Québec fait 126 mètres, la place Ville-Marie à Montréal fait 188 mètres et les installations qui apparaîtront dans les plaines agricoles de Lotbinière feront plus de 200 mètres.
La hauteur projetée des éoliennes qui seront construites dans Lotbinière dépasserait celle du de l’édifice Marie-Guyart à Québec et de la Place Ville Marie à Montréal.
Photo : Radio-Canada
Inquiétude et opposition
Jean-Pierre Ducruc, un résident de Sainte-Croix, indique que les éoliennes seront sept fois plus hautes que le clocher de l’église qui compte une trentaine de mètres. Le militant est entre autres préoccupé par l’impact qu’aura le projet sur les paysages villageois et agricoles de la MRC de Lotbinière.
Jean-Pierre Ducruc réside à Sainte-Croix.
Photo : Radio-Canada / Guylaine Bussière
À ses yeux, la population mesure mal l’impact du futur parc éolien et n’a pas conscience de son gigantisme, dit le coloré militant : C’est clair, quand on va avoir les monstres dans la face, ils vont sauter tellement haut qu’ils vont avoir des entorses quand ils vont retomber à terre.
Le président de l’Union des producteurs agricoles de Lotbinière-Nord, Denis Paquet, s’inquiète lui aussi de l’impact du projet sur le paysage mais également sur l’emprise qu’il aura sur les terres agricoles. Si le projet voit le jour, explique-t-il, ce sont 126 hectares de terres agricoles de qualité qui vont être touchés pendant la réalisation du projet et 24 hectares qui demeureront inutilisables pendant la durée de vie du parc éolien.
Denis Paquet est président de l’UPA de Lotbinière-Nord.
Photo : Radio-Canada / Guylaine Bussière
Dans son étude d’impact (nouvelle fenêtre) de plus de 350 pages remis au ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Ia société Innergex ne cache pas que le projet transformera le paysage.
La gestionnaire principale du projet, Laurie-Jade Mendez, indique d’ailleurs que l’entreprise a bien documenté son impact et que dans certains secteurs du territoire, l’impact visuel sera majeur : C’est certain que lorsqu’on regarde une infrastructure de la hauteur que je vous ai mentionnée, on n’est pas là pour dire qu’on verra pas les éoliennes.
Elle explique que c’est justement pour cette raison qu’Innergex a présenté des simulations visuelles aux résidents qui se sont déplacés lors des séances d’information sur le projet. Préoccupé par l’acceptabilité sociale de son futur parc éolien, la compagnie estime avoir été à la rencontre des citoyens afin d’en expliquer les tenants et aboutissants, ajoute madame Mendez : Avec l’ensemble des activités qu’on a fait, on estime avoir une bonne acceptabilité sociale, ça ne veut pas dire que c’est l’ensemble de la population qui est en faveur du projet à venir.
Quant à l’emprise sur les terres agricoles, Innergex indique que la hauteur des installations prévues permet de limiter le nombre d’éoliennes et ainsi d’en diminuer l’emprise au sol.
Audiences du BAPE
Le projet sera examiné de près par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), au plus tard l’été prochain. Pour la mairesse de Saint-Édouard-de-Lotbinière, ce sera l’occasion idéale tant pour les opposants que pour ceux qui sont en faveur du projet, d’expliquer leurs points de vue.
L’opposition persiste dans Lotbinière, relativement au projet d’éoliennes d’Innergex.
Photo : Radio-Canada / Guylaine Bussière
L’élue qui en est aux dernières semaines de son mandat, et qui tire sa révérence de la vie politique, ajoute que les retombées financières du projet seraient majeures pour son village. Ces grands moulins à vent procureront entre 300 000 $ et 400 000 $ en redevances annuelles à la petite municipalité. Pour Denise Poulin, il s’agit d’un montant appréciable sur un budget d’environ 3 millions par année. Ces sommes contribueront à améliorer les infrastructures de la municipalité et la vie des citoyens, ajoute la mairesse sortante.
Mais pour les opposants qui promettent d’être présents lors des audiences du BAPE, pas question de se laisser attendrir par les sommes promises en redevances. Denis Paquet de l’UPA craint la multiplication des projets éoliens dans le secteur alors que d’autres compagnies sillonnent les rangs pour obtenir des accords avec des producteurs terriens : On s’inquiète que ce soit un bar ouvert pour tous les projets éoliens et que notre MRC devienne un parc industriel pour financer nos municipalités.
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Développement énergétique « Ça passe par chez nous »
3 articles
(Uashat) Des portraits des anciens chefs de Uashat mak Mani-utenam décorent le mur de la salle où se réunit le conseil de bande. Chaque visage est peint sur un teueikan, un tambour sacré qui, selon la culture innue, fait le lien avec le monde des rêves.
Publié à 5 h 00
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[
Texte : Fanny Lévesque La Presse
](https://www.lapresse.ca/auteurs/fanny-levesque)
Le chef fraîchement élu Jonathan Shetush n’a pas encore le sien d’accroché au mur, mais il a déjà le sort d’une partie du rêve de François Legault entre ses mains.
« Ça passe par chez nous », assume le jeune leader qui nous reçoit dans ses bureaux de Uashat.
Le premier ministre veut faire du Québec « la batterie du nord-est de l’Amérique du Nord » en doublant la production d’Hydro-Québec. La communauté innue sur la Côte-Nord est au centre de la stratégie du gouvernement : c’est sur son territoire ancestral que doit passer la future ligne de transmission entre Québec et Terre-Neuve, un projet d’intérêt national qu’Ottawa doit accélérer, selon M. Legault.
Même s’il apprivoise encore son titre de chef du conseil innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam (ITUM), Jonathan Shetush saisit l’importance du moment. Mais, il veut faire les choses autrement.
Nous le rencontrons d’ailleurs au moment où le parc éolien Apuiat, dont sa communauté est partenaire, est sur le point d’entrer en production. Avec le recul, le partenariat négocié sous l’ancien conseil de bande est insuffisant, déplore-t-il. « Apuiat, je pense qu’on a manqué le bateau. Ça ne représente pas assez. Ç’a été construit chez nous », lance d’emblée le jeune chef de 41 ans.
Le conseil ITUM fait partie des neuf communautés innues qui détiennent 50 % du parc éolien. Leur partenaire, Boralex, possède l’autre moitié. Les bénéfices seront partagés. Uashat mak Mani-utenam, qui est le territoire hôte, touche en plus 500 000 $ par année en redevances. Des contrats, des emplois ont aussi été accordés aux Innus (voir autres onglets).
Dans un monde idéal, les Innus auraient été propriétaires des installations à 100 %, croit Jonathan Shetush.
C’est fini, d’avoir des postes de conciergerie, de déboisement. […] Je respecte ces emplois-là, mais je pense qu’on est rendu à un autre niveau.
Jonathan Shetush, chef du conseil ITUM
Lors de l’annonce de l’entente entre Québec et Terre-Neuve-et-Labrador, en décembre dernier, le conseil ITUM a bien pris soin de rappeler au gouvernement qu’il n’y aurait « aucun développement » sans le consentement des Innus et que les démarches judiciaires contre Hydro-Québec et la corporation qui exploite Churchill Falls sont toujours actives.
Si les Innus en viennent à donner leur accord, ils devront être propriétaires de la ligne de transmission, révèle le chef en entrevue. L’infrastructure qui s’étendrait sur 200 kilomètres en sol québécois coûterait à Hydro-Québec de 2 à 3 milliards, ce qui inclut le rehaussement des postes.
« On serait fous de ne pas embarquer. On est rendu là sur le plan économique », explique le directeur de cabinet du chef, Ken Rock. Ce dernier cite l’exemple du Conseil mohawk de Kahnawà:ke qui est devenu actionnaire minoritaire (10 %) de la ligne Hertel-New York, qui fournira de l’électricité à New York. L’accord avec Hydro-Québec prévoit une participation qui pourrait atteindre jusqu’à 49 %.
Pas « déraisonnable »
Le compteur tourne pour François Legault. Au plus bas dans les sondages et à un an des élections, il promet de présenter sa nouvelle « vision économique » qui fera une large place au développement énergétique. Hydro n’est pas moins pressée et veut ajouter 60 térawattheures de capacité à son réseau d’ici 2035. C’est l’équivalent de construire sept fois et demie le mégacomplexe de la Romaine d’ici 11 ans.
« J’ai écrit une lettre [au gouvernement] et ça a pris six jours pour avoir une réponse. D’habitude, c’est minimum un mois. J’ai été impressionné », fait remarquer le chef Shetush. La veille de notre passage à Uashat, le ministre délégué aux Services sociaux, Lionel Carmant, a d’ailleurs rencontré les Innus pour discuter de leur autonomie en matière de protection de la jeunesse.
« On le sait que ça va se régler. On n’est pas déraisonnables. On ne demande pas la lune », plaide M. Rock.
Le chef amorcera cet automne une consultation qui pourrait durer jusqu’à 60 jours pour prendre le pouls de sa communauté de quelque 4500 âmes sur les questions touchant le territoire. Il a été élu en mai dernier en promettant « transparence » et « consultation » à sa communauté. Son constat viendra guider la négociation avec Hydro-Québec, mais déjà le chemin s’annonce sinueux.
En photos Des géants dans le ciel
À quelques semaines de son inauguration, La Presse a pu visiter le vaste parc éolien Apuiat, où tourneront les plus grandes éoliennes du Québec. Boralex, qui est partenaire du projet avec la Nation innue, veut en faire « un emblème » de la relance de la filière éolienne.
Parc éolien Apuiat Un vent de changement
(Uashat) Noah Jourdain revient de loin. Cet ancien « alcoolique fonctionnel » a fait le choix de changer de vie. Un jour, il tombe sur une annonce pour devenir technicien en maintenance éolienne au parc Apuiat, dont sa communauté est partenaire. Voilà le nouveau départ qu’il cherchait.
« J’ai passé ma vie à enchaîner des petits boulots. Quand j’ai tout arrêté [la consommation], je voulais changer de vie du tout au tout. J’avais fini le secondaire, mais je n’avais jamais eu cet appel-là de faire une carrière ou un métier », raconte l’Innu de 31 ans.
Installé dans les bureaux d’Apuiat aux Galeries montagnaises, centre commercial situé dans le secteur Uashat, Noah Jourdain parle franchement de son passé. Quand nous le rencontrons, au début du mois d’août, il vient tout juste de célébrer quatre années de sobriété.
Le jeune homme a suivi avec succès la formation en maintenance éolienne, un programme développé sur mesure pour les Premières Nations dans le but de pourvoir les emplois permanents du parc éolien. D’une durée totale de huit mois, la formation a été adaptée aux réalités culturelles. Une analyse des compétences a été faite pour ne pas alourdir le programme et favoriser la rétention.
Noah Jourdain a fait partie de la première cohorte de quatre étudiants innus.
J’étais très fier. Disons que je regardais quatre ans en arrière et je n’aurais pas pu m’imaginer être là, c’était un sentiment unique.
Noah Jourdain, diplômé en maintenance éolienne
C’est la possibilité de travailler en forêt et de contribuer à la production d’une énergie renouvelable pour une entreprise codétenue par des intérêts innus qui l’a incité à faire le saut. Il voulait trouver « la flamme » qui allait le motiver. « Je voulais aussi que ça ait un rapport avec ma communauté », ajoute M. Jourdain.
Uashat mak Mani-utenam fait partie des neuf communautés innues propriétaires du parc éolien avec leur partenaire Boralex. En entrevue à La Presse, le nouveau chef, Jonathan Shetush, a admis que sa communauté a « manqué le bateau » et que l’entente négociée aurait dû être plus avantageuse pour les Innus.
Un constat qui désole le premier vice-président et directeur général Amérique du Nord chez Boralex. « Est-ce que c’est un sentiment généralisé ? Nous, on a fait beaucoup d’efforts […] et dans le contexte de la relance [de la filière éolienne], tout ce qu’on aurait pu faire a été fait. Est-ce qu’on peut faire plus ? La réponse est qu’on peut toujours faire plus », explique Robin Deveaux.
Boralex fait valoir que des entreprises innues se sont partagé des contrats d’une valeur de 19 millions pendant la construction du parc. Akua Sécurité, Béton Nuten et Napo Construction, notamment, ont pu décrocher des contrats. À plus long terme, c’est également l’entreprise Nishk qui fera le déneigement du site pendant l’hiver.
Une dizaine d’employés, dont quatre Innus, ont été embauchés par Boralex et Vestas, le turbinier, pour pourvoir les postes permanents. L’agente d’emploi innu Stéphanie Pinette-Simard les accompagne. Par exemple, elle s’est assurée de trouver des options le temps que M. Jourdain obtienne son permis de conduire, essentiel pour circuler sur le site. Elle fait aussi le lien entre Boralex et les entreprises autochtones pour augmenter leur présence et favoriser le maillage.
Noah Jourdain estime pour sa part qu’Apuiat entraînera de « très bonnes retombées » à Uashat mak Mani-Utenam. Il admet en revanche que le projet pourrait être mieux présenté dans la communauté. « On a les grandes lignes surtout. En général, le projet est bien vu, mais il y a encore des points nébuleux qui pourraient être éclaircis » pour favoriser l’adhésion, croit-il.
Mais pour lui, Apuiat est synonyme de réussite : « J’ai suivi le programme, je l’ai réussi. Personne ne peut me l’enlever […]. Mes 30 prochaines années sont déjà toutes tracées », ajoute-t-il, faisant allusion à la durée du contrat d’approvisionnement du parc éolien.
Plus gros parc éolien du Québec De l’acier chinois plutôt que québécois
Alors que les appels à l’achat local se multiplient au Canada et au Québec pour contrer la guerre tarifaire avec les États-Unis, la majorité des tours du plus gros parc éolien du Québec ont été importées d’Asie et fabriquées avec de l’acier chinois.
Hélène Baril La Presse
](https://www.lapresse.ca/auteurs/helene-baril)
Publié à 5 h 00
Marmen, le seul fabricant québécois de ces mâts d’acier, ne peut que déplorer la décision des promoteurs du parc éolien Des Neiges en construction dans la région de Charlevoix, qui sont Hydro-Québec, Énergir et Boralex, d’avoir choisi d’importer des tours d’éoliennes de l’Asie.
Guillaume Angers, vice-président de Marmen, connaît très bien la raison de ce choix : le prix plus bas des mâts fabriqués avec de l’acier chinois, qui est, selon lui, la conséquence d’une concurrence déloyale.
« Malgré ça, on a beaucoup d’avantages, dit-il au sujet de la production locale. L’empreinte carbone de l’acier qu’on utilise est moins importante, sans parler du transport maritime des mâts sur de longues distances, qui est très polluant, et des risques de délais qui y sont associés. »
« Certains autres développeurs, comme Vestas, Invenergy et EDF, reconnaissent ces avantages », ajoute-t-il.
Boralex, le développeur du projet éolien Des Neiges, explique que l’achat de l’équipement du parc a été confié à Nordex, un turbinier allemand qui s’approvisionne partout dans le monde.
« On demande à notre manufacturier de privilégier le contenu local à des prix similaires », précise Kateryne Coulombe, porte-parole de Boralex.
Hydro-Québec, Boralex et Énergir « collaborent étroitement avec Nordex afin de favoriser la chaîne manufacturière québécoise lorsque les composantes sont disponibles à un prix compétitif », indique de son côté une porte-parole d’Hydro-Québec.
Boralex et Hydro-Québec soulignent que 17 des 57 tours du parc éolien Des Neiges viennent de chez Marmen. Les 40 autres viennent d’Asie, essentiellement pour des raisons de coût…
L’énergie solaire et éolienne augmenterait plus vite que la demande d’électricité
2 articles
Mauricie
Des éoliennes à haute tension
Plus de la moitié des dirigeants municipaux du Québec sont déjà élus cette année, parce qu’ils n’ont pas eu d’opposition. C’est le contraire en Mauricie, où les postes de maire et de conseillers municipaux n’ont jamais été aussi disputés. La cause de cette frénésie électorale ? Le projet de TES Canada de construire un parc éolien et un parc solaire déchaîne les passions.
Publié à 5 h 00
Hélène Baril La Presse
Un fort vent d’opposition
Le vent d’opposition souffle fort dans les dix villages des deux MRC ciblés par TES Canada pour l’implantation de ses éoliennes.
Au gouvernement de décider
À Saint-Adelphe, il n’y a eu ni sondage ni référendum. Ces consultations n’ont aucune valeur légale, explique le maire sortant, Paul Labranche. Le projet de TES Canada va être débattu devant le BAPE. « Ça va être la place où les gens pourront dire s’ils en veulent ou n’en veulent pas. Et c’est le gouvernement qui va en décider en bout de ligne. »
TES Canada garde le cap
La décarbonation baisse dans les priorités des entreprises. Le projet d’hydrogène vert de Recyclage Carbone Varennes, sur la Rive-Sud, vient d’être abandonné faute de clients. Mais le projet d’investissement de 4 milliards de TES Canada en Mauricie est toujours sur les rails, assure son président-directeur général.
Plus d’appui que d’opposition
Malgré l’opposition manifeste qui s’exprime dans la région où TES Canada produira l’énergie dont elle a besoin, l’entreprise affirme avoir l’appui de la majorité de la population.
« On a tous les terrains dont on avait besoin, dit son président. Les gens ont levé la main et embarquent dans le projet et signent des ententes. En fait, j’ai presque 10 fois plus de terrains que ce dont on a besoin pour le parc éolien. »
« Les agriculteurs en Mauricie en arrachent pas à peu près. Ailleurs au Québec aussi, mais en Mauricie, c’est le cas encore plus. Et ce projet-là, ils y tiennent puis il compte pour eux à cause des revenus qui vont arriver avec ça, des jobs qui vont arriver avec ça. »
L’entreprise affirme avoir des sondages qui contredisent ceux des opposants au projet. « Il y a des sondages. Nous aussi on sonde. La première fois qu’on a sondé, c’était entre 50 et 60 % [favorable]. Puis là, on est à 69 %. »
Parc éolien Des Neiges Des pales chinoises près du mont Sainte-Anne
(Québec) Les 57 éoliennes qui seront érigées dans les prochains mois au nord du mont Sainte-Anne seront munies de pales fabriquées en Chine et transportées par bateau et par camion sur des milliers de kilomètres.
Publié à 5 h 00
Gabriel Béland La Presse
Les 171 pales de la première phase du plus grand projet éolien en construction au Québec proviennent en effet de Chine, a-t-on appris, même si une usine de pales éoliennes ayant déjà été subventionnée par les gouvernements est en activité en Gaspésie.
Lors d’une visite du port de Saguenay, en octobre dernier, La Presse a aperçu des dizaines de pales chinoises en transit. Elles sont arrivées par bateau dans les derniers mois. Le transport par camion vers la Côte-de-Beaupré, près de Québec, a commencé au mois d’août.
Boralex, qui pilote ce vaste projet avec Hydro-Québec et Énergir, confirme la provenance des pales. Une porte-parole de l’entreprise a expliqué que les composants ont été sélectionnés par Nordex, manufacturier allemand retenu pour la première phase du projet Des Neiges, appelé « secteur sud ».
« Aucun fabricant local n’était en mesure de fournir les pales requises pour ce projet, ce qui explique le choix de Nordex de s’approvisionner à l’international pour cette composante, plus spécifiquement en Asie », fait valoir Katheryne Coulombe, de Boralex. « Nous continuons à prioriser le contenu local dès que cela est possible. »
Hydro-Québec explique que les manufacturiers d’éoliennes Vestas et Nordex, qui sont sous contrat pour les projets éoliens au Québec, « s’appuient sur une chaîne d’approvisionnement internationale ».
Ces fabricants s’approvisionnent en pales partout dans le monde, mais pas au Québec. Les pales de l’usine gaspésienne de LM Wind Power « n’étaient tout simplement pas compatibles avec les éoliennes de Nordex », précise une porte-parole de la société d’État.
À noter que le fournisseur de pales n’a pas encore été déterminé pour les deux prochaines phases du projet Des Neiges, soit les secteurs Charlevoix et ouest. Cette première phase, secteur sud, comptera 57 éoliennes pour une puissance totale de 400 mégawatts.
Inconfort en Gaspésie
Mais à Gaspé, où les quelque 500 employés de LM Wind Power fabriquent des pales, le maire ne cache pas sa déception. Daniel Côté pense que l’achat local doit être une priorité du gouvernement, surtout dans un contexte de guerre commerciale.
« Toutes ces pales chinoises qui nous passent sous les yeux alors qu’on est capables de les fabriquer à Gaspé, c’est presque insultant », a réagi en entrevue le maire de Gaspé.
Les pales ne seront d’ailleurs pas l’unique composant venu de Chine dans le projet éolien Des Neiges. La Presse a récemment révélé que des tours ont été importées d’Asie et fabriquées avec de l’acier chinois 1.
Le fabricant Marmen, qui produit des tours à Matane, a dénoncé cette situation dans nos pages.
Le maire de Matane estime que le gouvernement doit impérativement trouver un moyen de favoriser le contenu local, par exemple en tenant compte de l’empreinte carbone des composants d’éoliennes venus d’outre-mer.
Au lieu de faire le tour du monde, ces pièces-là pourraient juste traverser le fleuve. Tu veux faire de l’économie verte, mais tu vas polluer dans le transport et tu ne vas même pas soutenir ton économie locale ?
Eddy Métivier, maire de Matane
L’usine LM Wind Power de Gaspé aurait-elle pu fournir les pales ?
Une porte-parole de GE Vernova, société mère de LM Wind Power, n’a pas voulu répondre à cette question spécifiquement. « Le Canada est un marché clé pour notre filière éolienne et occupe une place importante dans notre chaîne d’approvisionnement global », a simplement assuré Dalia Rashid.
Le maire de Gaspé indique toutefois qu’à sa connaissance, la production locale est destinée à d’autres marchés.
« L’exportation se fait exclusivement vers les États-Unis, note Daniel Côté. Donc on a une usine de pales éoliennes au Québec qui exporte vers les États-Unis, et pendant ce temps-là, le Québec importe des pales de Chine. »
Une entreprise timide
Des pales québécoises dans les parcs éoliens québécois ? Le préfet de la MRC de Rivière-du-Loup et président de l’Alliance de l’énergie de l’Est dit que ce serait un scénario rêvé.
« Il y aurait une logique de circuit court », note Michel Lagacé.
L’Alliance, dans ses derniers projets éoliens, a d’ailleurs privilégié des tours de Marmen, mais a dû se résoudre à prendre des pales à l’international.
Selon Michel Lagacé, ce sera à GE et LM Wind Power de faire savoir au gouvernement et aux entreprises qu’ils sont prêts à fournir des pales à d’autres fabricants. Or, l’entreprise est plutôt timide sur la place publique.
« On a hâte que GE cogne à la porte du marché québécois en disant qu’il veut rencontrer les spécifications des turbiniers, dit-il. Si eux-mêmes ne souhaitent pas intégrer le marché québécois comme turbinier, ils pourraient le faire comme fabricant de pales. »
LM Wind Power avait misé beaucoup dans les dernières années sur la production de pales géantes de 107 mètres pour des éoliennes en mer (en guise de comparaison, les pales de Des Neiges font 80 m). Mais ces pales ont connu des ratés et l’usine de Gaspé s’est depuis tournée vers la production de pales plus courtes semblables à celles installées dans plusieurs parcs québécois.
Pour la fin du «Far West» de l’éolien, lance un chercheur
Par Patricia Rainville, Le Soleil
26 novembre 2025 à 04h15
Le chercheur à l’Institut de recherches et d’informations socioéconomiques (IRIS) Krystof Beaucaire s’est intéressé à la question du développement éolien québécois, dans un rapport publié mercredi. (Martin Meissner/Archives Associated Press)
«On pense que c’est bien réglementé, mais c’est plutôt le Far West présentement.» Un chercheur de l’IRIS recommande un BAPE générique sur la filière éolienne au Québec, qu’il juge «en manque de planification, de transparence, de démocratie».
Le chercheur à l’Institut de recherches et d’informations socioéconomiques (IRIS) Krystof Beaucaire s’est intéressé à la question du développement éolien québécois, dans un rapport publié mercredi. Ses travaux se sont échelonnés sur plusieurs mois. Il s’est notamment entretenu avec des élus dont les municipalités sont impliquées dans de grands projets éoliens.
L’éolien communautaire
Initialement géré par le privé, le secteur éolien a fait place, en 2013, à un mode dit communautaire, impliquant les municipalités dans les processus de développés. Or, Krystof Beaucaire soutient que les populations locales ne sont pas plus informées et mises à profit.
Encore la semaine dernière, le premier ministre du Québec était de passage à Cacouna, au Bas-Saint-Laurent, pour annoncer la signature d’une entente, prévoyant l’aménagement de 250 nouvelles éoliennes dans l’ouest de la région.
«L’éolien communautaire est régulièrement présenté par le gouvernement Legault comme un des éléments clés de la transition énergétique. Or la transition ne peut se faire au détriment de la démocratie, sans égard aux besoins réels des citoyens des municipalités concernées», souligne le chercheur, estimant que les populations locales devraient être impliquées dès le début du processus.
Ses travaux ont permis de mettre en lumière «les lacunes importantes des projets éoliens dits “communautaires” qui sont gérés de manière particulièrement opaque», soutient-il, en entrevue avec Le Soleil. Il précise que, dans le Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie, l’Alliance de l’énergie de l’Est, une des organisations chargées d’orchestrer les partenariats, est enregistrée comme une entreprise privée, bien qu’elle soit composée d’élus municipaux.
L’étude montre que les trois quarts des municipalités impliquées dans des projets éoliens reçoivent annuellement moins de 100 $ par habitant provenant de la rente éolienne, alors que 51,6 % reçoivent moins de 50 $. (Boralex)
«Les élus impliqués sont souvent liés à des ententes de confidentialité et ces projets sont souvent négociés et développés derrière des portes closes. Il est impossible pour un citoyen de faire une demande d’accès, puisque c’est privé. Au final, c’est toujours la population qui est la dernière au courant», soutient Krystof Beaucaire, estimant qu’un Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) générique, c’est-à-dire la tenue d’audiences qui se pencheraient sur la filière éolienne dans son ensemble plutôt que sur un projet spécifique, est nécessaire.
«Au Québec, il n’y a jamais eu de cadre réglementaire concernant la filière éolienne, alors disons que présentement, c’est pas mal le Far West.»
— Kristof Beaucaire, chercheur à l’IRIS
À titre d’exemple, un BAPE générique a déjà été organisé concernant l’industrie du gaz naturel par le passé.
Le chercheur de l’IRIS n’est pas le premier à recommander la tenue de telles audiences. L’été dernier, dans le secteur de Drummondville, une coalition de citoyens, d’experts et de municipalités a demandé la tenue BAPE générique sur la filière éolienne. Même chose en Mauricie en début d’année.
Des retombées modestes
En plus d’être «aux prises avec un important déficit démocratique», le chercheur affirme que les retombées économiques restent mitigées pour les municipalités qui accueillent ces grands projets, notamment ceux annoncés récemment dans l’est du Québec.
«On parle en moyenne de 3 % du budget d’une municipalité. Bien entendu, plusieurs des projets sont en cours dans des secteurs plus dévitalisés, si bien que pour une municipalité, 3 %, ce n’est pas rien», explique Krystof Beaucaire.
Son étude montre que les trois quarts des municipalités impliquées dans des projets éoliens reçoivent annuellement moins de 100 $ par habitant provenant de la rente éolienne, alors que 51,6 % reçoivent moins de 50 $.
Le chercheur a demandé à l’Alliance de l’énergie de l’Est ce qu’elle pensait de la tenue d’un BAPE générique sur l’éolien. «On n’y voit pas vraiment l’intérêt, apparemment. On dit que ça revient au gouvernement. Le gouvernement, lui, est plutôt silencieux de ce côté», précise Krystof Beaucaire.
Hydro-Québec prévoit lancer un nouvel appel d’offres pour des projets d’énergie éolienne le printemps prochain. Plusieurs secteurs au sud du fleuve Saint-Laurent ont été ciblés comme ayant le potentiel d’accueillir un parc éolien d’ici 2035.
La société d’État promet de renforcer ses critères pour favoriser le contenu québécois et l’acceptabilité sociale dans le cadre de ce processus d’appel d’offres, qui doit s’amorcer en mars prochain.
Elle accordera un « poids accru » au contenu local au moment de l’évaluation des projets. Le producteur d’électricité mentionne valoriser aussi « les dépenses faites au Québec, tout en veillant à ce que les coûts des projets demeurent les plus compétitifs possibles pour maintenir des tarifs abordables et concurrentiels ».
Ce qui est intéressant ici c’est que la ressource serait proche des consommateurs, donc moins couteuse à mettre en place et mettrait en valeur les meilleurs sites potentiels, tout en distribuant une partie des bénéfices aux diverses communautés concernées.
Éoliennes : feu vert à la phase 2 du projet Des Neiges dans Charlevoix
Québec autorise la phase 2 du mégaprojet éolien Des Neiges, dans Charlevoix. Quelque 57 éoliennes supplémentaires seront ainsi aménagées dans la Seigneurie de Beaupré, dont certaines dans l’habitat du caribou forestier, une espèce menacée et dont la harde affectée est déjà en enclos.
Le gouvernement Legault en a fait l’annonce par voie de communiqué jeudi après-midi, confirmant l’aménagement de trois nouveaux parcs éoliens d’ici 2030.
Outre Des Neiges secteur Charlevoix, les projets MacNider (Matapédia) et Madawaska ont aussi obtenu le feu vert de la province. Québec dit aller de l’avant afin “d’accélérer la transition énergétique, augmenter la capacité de production d’énergie verte et répondre à la demande en électricité tout en stimulant l’économie québécoise”.
Le tout s’inscrit dans le Plan d’action 2035, qui vise à doubler la capacité d’Hydro-Québec d’ici une décennie.
Résumé
Éoliennes : feu vert à la phase 2 du projet Des Neiges dans Charlevoix
Des éoliennes de la Seigneurie de Beaupré. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada/Jean-François Nadeau
Publié à 4 h 00 HNE
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Québec autorise la phase 2 du mégaprojet éolien Des Neiges, dans Charlevoix. Quelque 57 éoliennes supplémentaires seront ainsi aménagées dans la Seigneurie de Beaupré, dont certaines dans l’habitat du caribou forestier, une espèce menacée et dont la harde affectée est déjà en enclos.
Le gouvernement Legault en a fait l’annonce par voie de communiqué jeudi après-midi, confirmant l’aménagement de trois nouveaux parcs éoliens d’ici 2030.
Outre Des Neiges secteur Charlevoix, les projets MacNider (Matapédia) et Madawaska ont aussi obtenu le feu vert de la province. Québec dit aller de l’avant afin d’accélérer la transition énergétique, augmenter la capacité de production d’énergie verte et répondre à la demande en électricité tout en stimulant l’économie québécoise.
Le tout s’inscrit dans le Plan d’action 2035, qui vise à doubler la capacité d’Hydro-Québec d’ici une décennie.
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Mégaprojet
La phase 2 du parc éolien Des Neiges figure au mégaprojet piloté par l’entreprise privée Boralex, en partenariat avec Énergir et Hydro-Québec. Scindé en trois volets de 400 MW chacun, il ajoutera à terme 1200 MW de capacité pour la société d’État.
La phase 1, au nord du Mont-Sainte-Anne, est actuellement en cours d’aménagement alors que la phase 3 est à l’étape de l’évaluation environnementale. Chacune des phases, évaluées à 1 milliard de dollars, fait l’objet d’un processus d’évaluation distinct au ministère de l’Environnement.
La carte des différents projets de parcs éoliens de la Seigneurie de Beaupré.
Photo : Capture écran / Boralex
Le parc éolien du secteur Charlevoix, la phase 2, prévoit l’aménagement de 57 éoliennes de 7 MW chacune dans l’arrière-pays de Baie-Saint-Paul. Comme pour l’ensemble du projet, elles seront situées en terres privées appartenant au Séminaire de Québec, à qui Boralex paie une redevance pour l’usage des terrains.
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Selon le rapport final du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), publié en juin 2025, quelque 54 éoliennes seront visibles depuis le mont du Lac des Cygnes, dans le parc national des Grands-Jardins. Les tours auront une hauteur maximale de 200 mètres.
Toujours selon ce rapport, 69 kilomètres de chemins forestiers devront être aménagés pour cette phase précise du projet Des Neiges.
D’une hauteur de 200 mètres, les éoliennes seront visibles depuis certains sommets touristiques de la région de Charlevoix, dont celui du mont du Lac des Cygnes.
Photo : Radio-Canada/Jean-François Nadeau
Risque pour le caribou
L’emplacement des éoliennes fût un enjeu majeur dans le cas de la phase 2.
Dans le cadre du processus du BAPE, des inquiétudes ont en effet été soulevées dès le départ, puisque 17 éoliennes se trouvaient dans l’aire de répartition du caribou de Charlevoix, une harde isolée en état particulièrement critique.
La harde de caribous de Charlevoix a été mise en enclos à l’hiver 2022, en urgence, afin d’assurer son rétablissement. Le gouvernement promet depuis un plan de match pour restaurer son habitat, perturbé à 90 %. Un projet pilote a été annoncé en ce sens en 2024, mais n’a pas encore été dévoilé. Québec retient depuis plus d’un an le rapport de consultation, qui ne contiendra par ailleurs aucune recommandation particulière.
Dans un rapport présenté au BAPE au cours du processus d’évaluation, le promoteur s’était montré ouvert à retirer 4 éoliennes et à en déplacer une autre afin de l’écarter d’une zone plus sensible de l’habitat du cervidé.
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Boralex affirmait cependant que sa marge de manœuvre était limitée si elle souhaitait respecter son entente avec Hydro-Québec et assurer la rentabilité du projet. Le retrait complet des 17 emplacements […] rendrait le projet non viable, ce qui se traduirait par l’arrêt du processus de développement, affirmait l’entreprise.
Malgré des efforts d’optimisation et un projet à 57 éoliennes plutôt que 67, le rapport final du BAPE se montrait encore critique. Dans sa version finale, la phase 2 prévoyait toujours l’ajout de 10 éoliennes et de 18 kilomètres de chemins dans l’aire de répartition de la harde.
Les caribous de Charlevoix, vus ici dans leur habitat naturel, sont en enclos depuis trois hivers pour une durée indéterminée. (Photo d’archives)
Photo : Gracieuseté : Jean-Simon Bégin
Bien que l’initiateur ait consenti des efforts pour optimiser la configuration du parc éolien projeté et qu’il prévoit la mise en place de mesures d’atténuation, de compensation, de surveillance et de suivi, la population de caribous forestiers de Charlevoix pourrait en subir les conséquences.
Des risques pour la grive de Bicknell, un oiseau menacé, et des espèces de chauves-souris étaient aussi cités. Les conséquences ne sont d’ailleurs pas entièrement connues, puisque l’analyse des effets cumulatifs du projet demeure incomplète, écrivait la commissaire du BAPE.
Le rapport mentionnait également que les deux ministères de l’Environnement, provincial et fédéral, considéraient que le projet engendrerait une perturbation supplémentaire de l’habitat.
Plan d’action
Considérant l’ensemble de ces enjeux, le gouvernement du Québec impose à Boralex un plan d’action spécifique visant à soutenir le rétablissement du caribou forestier et la protection de son habitat, en cohérence avec les orientations gouvernementales, précise l’annonce de jeudi.
Nous répondons à la croissance de la demande en électricité, mais nous le faisons en protégeant les milieux naturels, la faune et nos territoires, soutient le ministre de l’Environnement, Bernard Drainville, qualifiant l’approche du gouvernement d’équilibrée.
Aucun échéancier n’a été précisé, tout comme le gouvernement n’a pas encore établi de calendrier pour son projet pilote visant à protéger l’habitat du caribou de Charlevoix.
Lauriane Déry est directrice des affaires publiques et gouvernementales chez Boralex. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Le promoteur, pour sa part, prend acte des exigences de Québec. Nous poursuivrons à cet effet la collaboration avec les instances gouvernementales concernées et mettrons en œuvre les mesures nécessaires afin de répondre aux exigences précises énoncées dans le décret, suite à sa publication, écrit dans un courriel Lauriane Déry, directrice des affaires publiques et gouvernementales chez Boralex.
Cette dernière a salué l’adoption du décret par le gouvernement Legault, une étape déterminante dans la réalisation du projet. Quand le décret sera publié, les partenaires du projet en prendront connaissance afin de se préparer adéquatement aux prochaines étapes.
Déception
L’accueil est beaucoup plus froid chez les groupes environnementaux, en particulier ceux militant pour la conservation du caribou forestier et de son habitat.
Nous sommes très déçus que le gouvernement du Québec approuve un projet éolien qui aura des impacts sur la biodiversité et les espèces en péril, comme le caribou forestier, sans au préalable avoir statué sur un plan de rétablissement pour cet animal emblématique de Charlevoix, a déclaré Pier-Olivier Boudreault, directeur de la conservation à la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP Québec).
Non seulement le gouvernement fait les choses à l’envers, mais il se déresponsabilise en confiant au promoteur le rétablissement d’une population d’à peine 40 individus qui est sur le respirateur artificiel.
Une citation de Pier-Olivier Boudreault, directeur de la conservation, SNAP Québec
Le biologiste déplore de voir le gouvernement du Québec aller à l’encontre des recommandations de ses experts, de la science et du BAPE en autorisant la phase 2 du projet Des Neiges.
Selon M. Boudreault, il faut cesser d’approuver les projets à la pièce et faire une évaluation d’impact de la filière éolienne dans son ensemble, comme l’ont recommandé de nombreux rapports du BAPE récemment.
Je note aussi que ça fait plus d’un an que" nous attendons le résultat de la consultation sur les projets pilotes pour le caribou de Charlevoix. Il semble que le caribou puisse attendre, mais pas les projets économiques", conclut-il.
















