Environnement et biodiversité

Le gouvernement du Québec s’engage à mettre « rapidement » en œuvre des mesures pour lutter contre les propriétaires de camions qui désactivent leurs systèmes antipollution, une pratique illégale répandue qui nuit à l’environnement et à la santé publique. De nouvelles informations démontrent que les autorités étaient informées de ce problème depuis près de trois ans.

La publication d’une enquête de Radio-Canada a fait fortement réagir jeudi. Elle révèle que le ministère de l’Environnement et la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) ont perdu le contrôle de la pollution des camions.

Des dizaines de milliers de camionnettes et de camions circulent sur les routes de la province avec un système antipollution désactivé, ce qui est interdit.
[…]

C’est la démonstration claire que sans les journalistes et leurs publications sur le sujet, la CAQ bien au courant de cette désastreuse situation, n’aurait pas bouger le petit doigt puisqu’elle était au courant de ces illégalités depuis au moins 3 ans. À chaque semaine on constate l’irresponsabilité du gouvernement Legault dans un domaine ou un autre, dont le bilan général à nos jours est de loin le pire de l’histoire du Québec moderne. :-1: :-1: :-1:

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Planète bleue, idées vertes/ Des serveurs informatiques comme chauffe-eau

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

À l’Hôtel et Suites Le Dauphin, à Drummondville, des serveurs informatiques de Splitom Computing servent à chauffer l’eau.

Au moment de prendre leur douche, les clients d’un hôtel de Drummondville ne se doutent pas qu’une ferme de calcul servant à l’intelligence artificielle et aux jeux vidéo a joué un rôle dans le chauffage de l’eau. Coup d’œil sur une union inusitée entre l’hôtellerie et l’informatique en nuage.

Une drôle de boîte ayant la forme d’un réfrigérateur trône dans la bruyante salle des machines de l’Hôtel et Suites Le Dauphin, à Drummondville. Cette tour noire, munie de fils, de lumières et d’un écran, est un chauffe-eau numérique. Installé il y a deux ans, celui-ci héberge des serveurs informatiques de la jeune entreprise montréalaise Splitom Computing.

Splitom Computing offre de la puissance informatique à des entreprises d’effets spéciaux, de jeux vidéo et d’intelligence artificielle. Son entreprise sœur, Splitom Énergie, récupère la chaleur des serveurs pour chauffer l’eau ou l’air de bâtiments. Sans ce système, de l’électricité supplémentaire devrait être utilisée pour refroidir les serveurs. Contrairement à Splitom, les centres de données utilisent le plus souvent le refroidissement à l’air, par la climatisation ou l’utilisation de l’air frais extérieur, particulièrement en hiver.

« Il faut trouver une solution à moyen et à long terme pour que ce ne soit pas catastrophique », indique la propriétaire de l’hôtel, Caroline Milot, à propos de la multiplication des centres de données.

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Dans le chauffe-eau numérique, l’eau circule dans des tuyaux qui serpentent entre les serveurs, en circuit fermé. Cette eau n’est pas celle qui est utilisée pour la consommation. Par un dispositif d’échange thermique, la chaleur récupérée est transférée au chauffe-eau de consommation. L’eau est ensuite utilisée dans les 125 chambres de l’hôtel, les cuisines et la buanderie.

La majeure partie de l’électricité consommée par le serveur est convertie en chaleur. Pour chaque kilowattheure d’électricité utilisé, 875 W sont récupérés, soit 87,5 %.

Dans un hôtel, la consommation d’eau est variable, ce qui oblige Splitom à stocker l’eau dans des réservoirs pour en faire monter la température. « On est capable de chauffer l’eau jusqu’à 65-70 °C la nuit, quand il n’y a pas de consommation », précise le président de Splitom, Gaëtan Hugot. « Le matin, l’eau chaude est prête. » Mais quand le débit de consommation est élevé, l’eau ne peut être préchauffée que de 2 ou 3 °C.

Même 2 °C, ce n’est pas négligeable pour Caroline Milot. « C’est une énergie qu’on n’a pas à dépenser par nos chauffe-eau », se réjouit-elle. Cette première phase du projet permet à l’hôtel de réduire sa facture annuelle de gaz naturel de 2 % (environ 1950 $) et d’éviter l’émission d’environ 6 tonnes de CO2.

Mme Milot aimerait prochainement accueillir davantage de serveurs pour chauffer la piscine intérieure de son établissement.

Fondée par son grand-père en 1963, l’entreprise familiale a depuis plusieurs années le souci de diminuer sa consommation d’énergie. Elle terminera bientôt l’installation de thermopompes dans 60 chambres. Dans les années 1990, l’hôtel a été l’un des premiers au Québec à installer un système de gestion d’énergie informatisé permettant de contrôler la température de tous les locaux.

Payant des deux côtés

L’installation à l’hôtel Le Dauphin est l’un des premiers projets-pilotes de Splitom. Depuis, l’entreprise a déployé sa technologie dans d’autres types de bâtiments, dont un immeuble résidentiel où la récupération de chaleur a permis, en janvier, d’économiser 88 % du gaz naturel utilisé pour le chauffage par rapport à janvier 2025.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Plan rapproché d’un serveur informatique branché à un réservoir à l’Hôtel et Suites Le Dauphin

Les propriétaires qui accueillent les serveurs de Splitom n’ont pas à payer pour l’installation du système. Ils profitent des économies d’énergie, mais une partie de celles-ci est versée à Splitom.

Splitom paie le coût de l’électricité nécessaire au fonctionnement des serveurs. Pour l’entreprise, l’avantage financier est clair.

Ça nous permet d’avoir des infrastructures où installer nos serveurs pour un peu moins cher. On consomme aussi beaucoup moins d’électricité parce qu’on n’a pas à refroidir.

Gaëtan Hugot, président de Splitom

L’idée est pertinente, juge Didier Haillot, professeur à l’École de technologie supérieure (ETS) et directeur du Laboratoire des technologies de l’énergie et de l’efficacité énergétique. « Cette chaleur doit nécessairement être évacuée, car sinon, on atteindrait des niveaux de température qui pourraient endommager le serveur », indique-t-il.

La jeune pousse montréalaise n’est pas la seule à s’intéresser à la valorisation des rejets thermiques. Au Québec, nombre d’industries et de sites d’épuration rejettent de grandes quantités de chaleur. Plusieurs projets ont été réalisés ou sont en cours. Didier Haillot cite l’exemple des Serres Toundra, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, dont environ le quart des besoins en chauffage sont comblés par les rejets de chaleur de l’usine de pâtes de Produits Forestiers Résolu.

La récupération de chaleur dans les industries fait partie des actions mentionnées dans le Plan pour une économie verte 2030 du gouvernement du Québec.

Pour Didier Haillot, d’un point de vue environnemental, une question fondamentale se pose toutefois devant la croissance exponentielle des centres de données servant à des usages comme l’intelligence artificielle et les cryptomonnaies : « Ce développement répond-il à un besoin essentiel pour la société ? »

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  • 40 %
    Proportion de l’énergie consommée par les centres de données dans le monde utilisée pour le refroidissement des serveurs, en 2022

Source : Agence internationale de l’énergie

Un nouvel envol pour les monarques ?

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

La population de papillons monarques a augmenté pour une deuxième année consécutive.

En baisse marquée depuis les années 1990, la population de papillons monarques montre des signes encourageants. À l’approche de sa grande migration, un recensement annuel mené sur leur site d’hivernage au Mexique témoigne d’une augmentation dans l’est de l’Amérique du Nord pour une deuxième année consécutive. L’espèce est toutefois loin d’être tirée d’affaire.

Que montrent les résultats ?

Chaque année, les papillons monarques s’installent dans une région boisée du centre du Mexique où ils recouvrent des arbres entiers. En décembre et en janvier, des chercheurs du Fonds mondial pour la nature (WWF) s’y rendent pour évaluer la superficie qu’occupe la colonie. À défaut de compter les papillons un à un, cela permet d’obtenir un indicateur fiable de l’état de la population. Cette année, les monarques occupaient 2,98 hectares (7,24 acres), comparativement à 1,79 hectare l’année précédente, soit une augmentation de 64 %. En 2023-2024, la superficie occupée était de 0,9 hectare.

Consultez l’étude du Fonds mondial pour la nature (en anglais)

Au Mexique, les monarques subissent une dégradation de leur habitat par la déforestation, les incendies de forêt et la sécheresse. Un autre rapport de WWF montre que, même si 2,5 hectares de forêt ont été dégradés entre février 2024 et février 2025, le rythme de cette dégradation a ralenti par rapport à l’année précédente.

Ce sont de bonnes nouvelles, non ?

Tout à fait. Mais, les monarques partent de loin. Il y a 30 ans, leur site d’hivernage s’étendait sur 45 acres. « La population a augmenté, mais elle a augmenté de presque rien à un peu plus », dit Maxim Larrivée, directeur de l’Insectarium de Montréal et fondateur du programme de science participative Mission monarque.

« C’est vraiment encourageant et je suis très content que la population augmente un peu en ce moment, mais on ne voit pas encore de signe indiquant qu’elle se redresse », déclare Gregory Mitchell, chercheur à Environnement et Changement climatique Canada. Il explique que chez les insectes, il est habituel que la taille des populations varie d’année en année.

PHOTO FOURNIE PAR GREGORY MITCHELL

Les papillons monarques hibernent dans une région boisée du centre du Mexique.

Ces données laissent croire que les monarques ont bénéficié de bonnes conditions à la fois pour leur reproduction l’été dernier, leur migration à l’automne et leur hivernage. Il est cependant trop tôt pour attribuer ces résultats positifs aux efforts de conservation menés au Canada, aux États-Unis et au Mexique. « Mais ces mesures sont certainement aidantes, pense Gregory Mitchell, non seulement pour les monarques, mais aussi pour les autres pollinisateurs. »

Est-ce que cela signifie que nous verrons davantage de monarques au Canada l’été prochain ?

Pas nécessairement. Un long voyage les attend. Ces jours-ci, les papillons nés à la fin de l’hiver quittent le site d’hivernage pour se diriger vers le nord. Plusieurs générations se succéderont sur 4000 à 5000 kilomètres. En juin, ils arriveront au Québec et en Ontario où ils se reproduiront avant de reprendre la route du Mexique à l’automne.

Une étude publiée en 2019, à laquelle Maxim Larrivée et Gregory Mitchell ont participé, suggère que les conditions météorologiques jouent un rôle important dans la capacité des monarques à recoloniser le Canada. « Si on a des conditions printanières où il n’y a pas de gel, où il y a des précipitations dans la moyenne, le taux de succès de migration et de recolonisation des sites de reproduction au Canada va être bon », explique Maxim Larrivée.

La sécheresse peut aussi affecter les monarques en nuisant à la pousse d’asclépiades, la seule plante sur laquelle ils déposent leurs œufs, et à la multiplication et à la qualité des fleurs nectarifères. C’est dans ces fleurs qu’ils puisent le suc nécessaire à leur déplacement et à leur reproduction. À l’automne, les monarques sont aussi menacés par les tempêtes dont la fréquence et l’intensité augmentent avec le réchauffement climatique.

À partir de quand pourra-t-on dire que l’espèce n’est plus en danger ?

Les scientifiques considèrent que la population des monarques de l’Est sera durable lorsque son site d’hivernage occupera 6 hectares (14,82 acres), soit le double de ce qui a été observé cette année. Un hectare équivaut environ à la superficie d’une piste d’athlétisme olympique.

Ce chiffre doit toutefois se maintenir dans le temps. La cible avait été atteinte en 2018-2019, mais la superficie avait chuté de moitié l’année suivante.

Le monarque est officiellement classé comme espèce « en voie de disparition » au Canada depuis décembre 2023. Ce statut est révisé tous les cinq ans. Selon Maxim Larrivée, il faudrait que la taille de la population se maintienne sur une période de cinq à dix ans pour que le statut de protection soit levé. « La pire erreur qu’on pourrait faire en ce moment, c’est d’abandonner », dit-il.

Que peut-on faire pour aider au rétablissement des monarques ?

Leur déclin est attribuable à la perte d’habitat liée à la déforestation, à l’intensification de l’agriculture et à l’usage des pesticides. « Nous avons besoin de plus d’asclépiades, souligne Gregory Mitchell. Une chose toute simple que chacun peut faire, c’est de cultiver des fleurs sauvages indigènes et de l’asclépiade. » Chaque année, les citoyens sont aussi invités à participer à la Mission monarque afin d’identifier les routes à protéger. L’été prochain, à l’occasion du 10e anniversaire du Blitz international de suivi du monarque, des données sur les sites de reproduction devraient être dévoilées, ce qui pourrait permettre de mieux cibler les espaces à protéger, dit Maxim Larrivée.

L’actualité verte de la semaine/ Insectes, méthane et castors

Manger des insectes ? Oui, mais…

Seriez-vous prêt à manger des insectes pour réduire votre facture d’épicerie ? Une équipe de recherche de l’Université Concordia a mesuré l’ouverture des visiteurs de l’Insectarium de Montréal à manger des insectes. Résultat : 44 % des 252 personnes interrogées se disaient prêtes à les essayer, mais seulement 27 % étaient disposées à le faire régulièrement. Le dégoût, la peur des insectes, l’incertitude quant à la sécurité et les préoccupations sanitaires font partie des freins observés. La vaste majorité des répondants ont indiqué préférer les produits dans lesquels les insectes n’étaient pas visibles. Puisque l’Insectarium est un lieu qui attire les personnes intéressées par les insectes, il est possible que ce choix ait influencé les résultats, notent les auteurs de l’étude.

Consultez l’étude (en anglais) Visionnez notre vidéo TikTok à ce sujet

Les plus grosses fuites de méthane

ILLUSTRATION TIRÉE DU SITE CARBON MAPPER

Cette image satellite montre une fuite de méthane à Esenguly, au Turkménistan, dont le débit est estimé à 18 tonnes par heure.

Les plus grosses fuites de méthane

Les pires mégafuites de méthane dans le monde ont été détectées par des chercheurs du Stop Methane Project de l’Université de Californie (UCLA), au moyen de données satellites. Ces fuites proviennent principalement d’installation pétrolières et gazières et ont chacune un impact aussi important sur le réchauffement climatique qu’une centrale au charbon. Quinze des vingt-cinq fuites les plus importantes se trouvent au Turkménistan. Les autres sont situées en Iran, aux États-Unis, au Venezuela et au Pakistan. Elles résultent souvent d’un mauvais entretien et peuvent être faciles à réparer, ont noté les chercheurs, qualifiant la situation « d’exaspérante ».

Avec The Guardian

Consultez le site de l’UCLA

Utiles, les castors

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Les castors aident la biodiversité, réduisent les risques d’inondation et aident à lutter contre les sécheresses, nous apprend une nouvelle étude.

Utiles, les castors

Les castors aident la biodiversité, réduisent les risques d’inondation et aident à lutter contre les sécheresses. Une nouvelle étude nous apprend que leur travail acharné permet aussi d’augmenter le stockage de carbone. L’étude, publiée dans la revue Communication Earth and Environment (Nature), a été réalisée non pas au Canada, mais en Suisse, où le castor d’Europe fait un retour. Elle montre que les zones humides aménagées par les castors permettent une accumulation importante de carbone. En projetant ces données à l’échelle de la Suisse, les chercheurs estiment que la recolonisation par les castors pourrait compenser entre 1,2 % et 1,8 % des émissions annuelles de carbone du pays, et ce, sans coût direct.

Consultez l’étude (en anglais)

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Quarante nouvelles espèces migratrices vont bénéficier d’une protection internationale

PHOTO DAVID BOILY LA PRESSE, ARCHIVES LA PRESSE

Le harfang des neiges fait partie de quarante nouvelles espèces faisant désormais l’objet d’une protection internationale

(Rio de Janeiro) La Convention sur la conservation des espèces migratrices (CMS) de l’ONU a approuvé dimanche l’inclusion de quarante nouvelles espèces faisant désormais l’objet d’une protection internationale, à l’issue de sa 15e réunion (COP15) cette semaine au Brésil.

Cette liste approuvée lors de la dernière séance plénière comprend notamment le harfang des neiges (Bubo scandiacus), la chouette rendue célèbre par la saga Harry Potter, ou la barge hudsionienne (Limosa haemastica), un oiseau au long bec menacé d’extinction qui parcourt 30 000 km par an le long des Amériques.

Le grand requin-marteau (Sphyrna mokarran) y figure également, ainsi que des mammifères terrestres, comme la hyène rayée (Hyaena hyaena), ou aquatiques, comme la loutre géante du Brésil (Pteronura brasiliensis).

La réunion, qui a rassemblé des représentants de 133 parties (132 pays et l’Union européenne), a eu lieu à Campo Grande, dans le Pantanal brésilien, l’une des zones les plus riches en biodiversité de la planète, située au sud de l’Amazonie.

La Convention est juridiquement contraignante, ce qui signifie que ces pays ont l’obligation légale de protéger les espèces classées comme menacées d’extinction, de conserver et restaurer leurs habitats, de minimiser les obstacles à leur migration et de coopérer entre eux pour mener à bien cette préservation.

Selon un rapport publié juste avant la COP15, près de la moitié (49 %) de toutes les espèces répertoriées par la CMS présentent des tendances de déclin de population, et près d’une sur quatre est menacée d’extinction à l’échelle mondiale.

Un autre rapport, publié mardi, a alerté sur « l’effondrement » des migrations indispensables à la survie des espèces de poissons d’eau douce comme les anguilles, causé par la dégradation des habitats naturels, la surpêche ou les barrages.

« Cette Convention […] nous rappelle un message simple, mais puissant : les migrations sont naturelles. En traversant les continents et en reliant des écosystèmes éloignés, ces espèces révèlent que la nature ne connaît pas de frontière entre les États », avait déclaré le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva lors de son discours d’ouverture, il y a une semaine.

« Protéger ces animaux, c’est protéger la vie de la planète », avait-il résumé.

Le Brésil avait déjà accueilli en novembre dernier la COP30, conférence de l’ONU sur le climat, dans la ville amazonienne de Belem.

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L’actualité verte de la semaine Guerre et GES, chaleur extrême et prix des dommages climatiques

La guerre en Iran produit plus de GES que le Québec

La guerre menée en Iran par les États-Unis et Israël génère plus de gaz à effet de serre (GES) que le Québec en entier, concluent deux récentes analyses. Les 14 premiers jours du conflit ont généré au total 5 millions de tonnes de différents GES, a calculé le centre de réflexion Climate and Community Institute. Le calculateur d’empreinte carbone Greenly brosse un portrait pire, estimant que les activités militaires états-uniennes ont généré à elles seules 2 millions de tonnes de GES en six jours. Le Québec a généré 1,5 million de tonnes de GES par semaine en 2023, selon les plus récentes données disponibles. – Jean-Thomas Léveillé, La Presse

Les chaleurs extrêmes seront 10 fois plus mortelles dans les pays pauvres

PHOTO AHMAD AL-BASHA, AGENCE FRANCE-PRESSE

Au Yémen, une femme transporte de l’eau alors que le pays est frappé par une vague de chaleur extrême, en 2021.

Les décès causés par les chaleurs extrêmes seront 10 fois plus importants dans les pays en développement que dans les pays riches à l’horizon 2050, conclut une étude de l’Université de Chicago publiée mercredi. Le manque de moyens pour mettre en place des mesures d’adaptation au changement climatique explique en bonne partie cet écart. Ainsi, les chaleurs extrêmes devraient causer 391 000 morts par année dans les 10 pays les plus pauvres de la planète, contre 39 000 dans les pays les plus riches, pour des bassins de population comparables. Au Canada, l’augmentation des températures entraînera une réduction nette des décès, le froid tuant davantage que la chaleur. – Jean-Thomas Léveillé, La Presse

14 130 milliards en dommages climatiques

PHOTO ADREES LATIF, ARCHIVES REUTERS

De la fumée s’élève d’un brûleur dans une raffinerie de pétrole à Corpus Christi, au Texas.

Les États-Unis sont les premiers responsables des coûts engendrés par le changement climatique entre 1990 et 2020, avec une facture de 14 130 milliards de dollars canadiens, calcule une étude parue mercredi dans la revue Nature. La Chine et l’Union européenne suivent avec respectivement 12 000 et 8870 milliards de dollars. Ce calcul, qui tient compte de la baisse de la productivité et des rendements agricoles, ainsi que des catastrophes climatiques, est nettement plus élevé que ce qui avait été estimé auparavant. Et la facture grimpera encore, puisque les gaz à effet de serre émis durant cette période continueront de contribuer au changement climatique pour des décennies. – Jean-Thomas Léveillé, avec l’Agence France-Presse

Tout ce qui touche l’environnement a été un pur échec avec la CAQ.

Protection du caribou forestier/ « On a perdu 10 ans »

Dix ans se sont écoulés depuis que le gouvernement québécois a annoncé son intention d’élaborer une stratégie pour freiner le déclin du caribou forestier. Une décennie plus tard, le plan se fait toujours attendre. Mais le déclin du cervidé, lui, s’est aggravé.

« Pour notre avenir et celui de nos enfants »

Le communiqué publié dans la matinée du 5 avril 2016 ne manquait pas d’enthousiasme : « Protéger notre environnement, et plus spécifiquement l’habitat du caribou, c’est en quelque sorte se donner une “assurance nature” pour notre avenir et celui de nos enfants », y affirmait le ministre libéral de l’Environnement de l’époque, David Heurtel. Québec annonçait ainsi un plan d’action en deux phases pour la conservation de l’habitat du caribou forestier : d’abord des mesures de protection ciblées immédiates, puis « l’élaboration d’une stratégie à long terme d’aménagement de l’habitat du caribou forestier », une feuille de route qui aurait dicté les mesures à prendre à l’échelle du Québec. Dix ans plus tard, cette stratégie est pour ainsi dire prête, mais dort toujours dans les tiroirs du gouvernement1.

L’urgence d’attendre

« Je ne sais pas ce que ça va prendre » pour que Québec accouche de sa stratégie, lance la doyenne de la faculté de foresterie de l’Université Laval, Nancy Gélinas, qui a présidé la Commission indépendante sur les caribous forestiers et montagnards, en 2022. « On rapportait qu’il y avait vraiment urgence d’agir », rappelle-t-elle2. Beaucoup de choses ont été faites, comme des études et inventaires pour documenter l’état des populations de caribous, reconnaît Mme Gélinas, « mais c’est le passage à l’action » qui fait défaut. La chercheuse est directement touchée par cette tergiversation, qui retarde le démarrage de projets de recherche dans la forêt expérimentale de 400 km⁠2 de l’Université Laval, prête à tester de nouvelles approches sylvicoles visant à protéger l’habitat du caribou.

Ignorer la science

(…)

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L’actualité verte de la semaine/ Glace en Arctique, géo-ingénierie et météo extrême

Un autre recul de l’administration Trump

Sur ordre de l’administration Trump, la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a mis fin à un programme de recherche permettant de compiler de précieuses données sur l’épaisseur de la glace de mer dans l’Arctique. « Des manquements dans ces données réduiront notre capacité d’évaluer à long terme l’épaisseur de la glace de mer arctique », a affirmé le scientifique Zack Labe au site spécialisé Climate Central. Cette décision s’ajoute à plusieurs autres gestes posés par le président américain pour affaiblir les politiques climatiques des États-Unis, qui se sont également officiellement retirés de l’Accord de Paris sur le climat.

L’angle mort de la géo-ingénierie

La géo-ingénierie solaire n’est pas sans risque, rappellent des chercheurs mexicains dans une étude publiée dans la revue Environmental Research Climate. Le recours à des aérosols relâchés dans l’atmosphère permettrait de masquer les effets du réchauffement planétaire, mais à la seule condition de maintenir en permanence un tel dispositif. Dans l’éventualité où l’on cesserait d’injecter des aérosols pour masquer le réchauffement, les températures grimperaient de façon significative en très peu de temps. Les dommages économiques causés par un réchauffement aussi immédiat seraient encore plus importants que ceux provoqués par les changements climatiques sans géo-ingénierie solaire, concluent des scientifiques de l’Université nationale autonome du Mexique.

Lisez l’étude (en anglais)

Météo extrême : les assureurs paient la note

PHOTO ANTHONY WALLACE, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Incendie de forêt à Chiang Mai, en Thaïlande, lundi dernier

En 2025, les évènements météo extrêmes ont provoqué des dommages totalisant 107 milliards de dollars en pertes assurées par les compagnies d’assurance à l’échelle mondiale. Selon l’assureur Swiss Re, plus de 90 % de ces pertes étaient attribuables aux incendies de forêt et aux inondations. Les pertes ont été moins importantes en 2025, la saison des ouragans ayant causé moins de dommages que par le passé. Bon an, mal an, cependant, les pertes provoquées par les changements climatiques augmentent d’au moins 5 %, signale Swiss Re.

Planète bleue, idées vertes/ Nos érables secoués par les changements climatiques

(Saint-Augustin-de-Desmaures) Malgré un soleil radieux, le mercure est resté collé sous le point de congélation durant le jour au mois de mars. La sève n’a pas monté et l’eau d’érable n’a pas coulé dans l’érablière scientifique de l’Université Laval, à Saint-Augustin-de-Desmaures. Chacun de ces érables est un laboratoire vivant. Pour la première fois en Amérique du Nord, une chaire de recherche en acériculture a pour mandat d’assurer la survie de l’espèce lourdement secouée par les changements climatiques.

Le 25 mars dernier, Guillaume Moreau, professeur adjoint au département des sciences du bois et de la forêt de l’Université Laval, a invité La Presse à marcher avec lui à travers les 1100 entailles toutes fraîches de l’érablière sur un terrain de six hectares, près de Québec. Une épaisse croûte de neige recouvrait le sol. On gèle.

Au bout d’un sentier, une cabane à sucre laboratoire unique en son genre est prête à transformer la sève en sirop d’érable. La mission : échantillonner les récoltes, mesurer les nutriments, étudier la composition de la sève, le comportement du microbiote des feuillus emblématiques.

On a beaucoup étudié la forêt boréale au fil des ans, mais on n’a pratiquement rien de scientifique sur les érablières.

Guillaume Moreau, professeur adjoint au département des sciences du bois et de la forêt de l’Université Laval

« Nous savons qu’elles sont stressées par les changements climatiques, par les insectes, les champignons, par les coupes forestières, mais on manque de données pour prévoir les saisons des sucres. Pour savoir quand entailler précisément dans l’année », explique le professeur qui est titulaire d’un doctorat en sciences forestières.

Quand ce n’est pas un soudain redoux, c’est le gel ou de fortes précipitations qui fragilisent nos érablières, et inévitablement, les saisons des sucres. Les acériculteurs sont habitués à s’adapter. Selon les saisons, le sirop est plus pâle ou plus foncé, moins sucré, en plus grande ou en moindre quantité.

Avec son équipe de chercheurs et des experts en acériculture, M. Moreau va prélever de la sève ce printemps dans deux autres érablières laboratoires : dans le secteur Saint-Norbert-d’Arthabaska (Centre ACER) et à Nantes (ProForêt), dans la région de l’Estrie. De longs cylindres – des échantillonneurs sophistiqués – sont disposés au pied des érables.

Prédictions difficiles

La suite

Au lieu de prélever la sève par gravité, avec des chaudières, l’équipement va permettre de récolter la coulée journalière sous vide, d’en mesurer le volume et le taux de sucre. À l’intérieur de la cabane, des extracteurs sont équipés de compteurs d’eau. Ils permettent d’avoir un portrait précis de l’eau d’érable, selon le positionnement des arbres dans la forêt.

« Pour la première fois à l’Université Laval, nous sommes actuellement à la recherche d’un futur professeur en acériculture. Ça n’existe pas, un tel statut professionnel universitaire au pays, c’est dire à quel point tout est à bâtir », ajoute M. Moreau.

Prédictions difficiles

Le 30 mars, au petit matin, la sève a commencé à couler « un peu » des érables de Saint-Augustin-de-Desmaures. L’ingénieur et producteur acéricole Michael Cliche se préparait à aller vérifier le réseau d’extraction sous vide. C’est lui qui a veillé au raccordement.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

L’érablière laboratoire de l’Université Laval à Saint-Augustin-de-Desmaures

En plus d’être ingénieur forestier, il est titulaire d’un diplôme d’études professionnelles en acériculture. C’est un passionné. Joint au téléphone, il raconte qu’il faut laisser aux érables le temps de cicatriser entre chaque entaille, d’un printemps à l’autre, avant l’insertion d’un nouveau chalumeau.

Surtout, il raconte que « le passé n’est pas garant de l’avenir ».

Ce n’est plus vrai de dire qu’il faut entailler avant la pleine lune du printemps ou durant la première semaine de mars. Il est de plus en plus difficile de prédire le bon moment.

Michael Cliche, ingénieur et producteur acéricole

« Éventuellement, on devra peut-être entailler en décembre, janvier ou février. Contrairement à l’agriculture où de nombreux travaux ont été menés, il en reste beaucoup à apprendre en acériculture », ajoute-t-il.

Les découvertes à venir de la chaire de recherche universitaire découlent largement de la campagne « Pas de forêt, pas de sirop » menée par les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) en 2025. L’association a réussi à obtenir du financement du gouvernement du Québec d’un montant de 715 000 $ à travers une campagne percutante montrant les ravages d’une coupe forestière intensive. Elle est devenue partenaire principale grâce à un montant de 625 000 $ sur cinq ans.

À la PPAQ, le directeur des communications, Joël Vaudeville, rappelle que le Québec est le leader mondial du sirop d’érable, avec 85 % de sa production exportée. En 2026, pas moins de 2,1 millions d’entailles seront attribuées à des projets d’érablières en forêt publique.

Malgré cette expansion, la coulée est encore « très mystérieuse », dit-il.

« Il y a plusieurs mythes entourant le sirop d’érable. En général, les règles de sa production sont basées sur l’expérience des acériculteurs. Aujourd’hui, l’aire de répartition des érablières s’étend jusqu’au Tennessee. Avec le réchauffement de la planète, nous ne le savons pas encore, mais peut-être qu’un jour il y aura des érablières plus au nord. Déjà, il y en a en Gaspésie, dans Charlevoix, ce qui n’est pas nécessairement mauvais », ajoute M. Vaudeville.

En savoir plus

  • Impact des changements climatiques
    En 2024 (2e printemps le plus chaud des archives MELCCFP au sud de la province) : 122 millions de livres de sirop d’érable produit.

Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ)

Un message a été fusionné à un sujet existant : Environnement et santé publique

Planète bleue, idées vertes Semer la résilience climatique dans son potager

Depuis 25 ans, à Kamouraska, Patrice Fortier, semeur, cultive des variétés ancestrales de plantes pour les adapter au climat nordique du Bas-Saint-Laurent et en récupère les semences, qu’il distribue grâce à son entreprise, la Société des plantes. Une toute petite semence peut-elle être porteuse de solutions pour lutter contre les changements climatiques ?

« Ma prise de conscience quand j’ai démarré la Société des plantes, c’est qu’on ne pouvait plus juste se fier aux meilleurs endroits dans le monde pour produire des semences », dit-il. Un désir de s’installer dans le Bas-Saint-Laurent, un intérêt pour les plantes et les légumes et le besoin de lutter contre la perte de biodiversité l’ont mené à lancer ce projet au tournant des années 2000.

Semences ancestrales, patrimoniales : le sens des deux expressions est le même. Ces termes désignent les variétés à pollinisation libre, cultivées depuis plusieurs décennies, généralement plus de 50 ans. Elles sont dites patrimoniales, car elles proviennent souvent d’un héritage familial, transmis de génération en génération.

Patrice Fortier évoque les années 1990, avant même la création de la Société des plantes, une époque durant laquelle la perte de diversité végétale était alarmante. Alors que l’agriculture industrielle s’implante, des variétés locales disparaissent, remplacées par des cultivars hybrides adaptés à un mode de production industrielle.

Aujourd’hui, 42 % des plantes en agriculture sont des espèces menacées, selon le plus récent rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

« L’agriculture, telle qu’on la pratique aujourd’hui, c’est l’une des activités humaines qui ont le plus d’impacts sur la planète », explique Bernard Lavallée, nutritionniste et vulgarisateur derrière l’entreprise de semences Le nutritionniste urbain.

Cette famine s’est produite lorsqu’une maladie a décimé les pommes de terre, un aliment dont les Irlandais étaient dépendants. Elle a causé près d’un million de morts.

On récolte ce que l’on sème

Le processus de production des semences est sélectif : Patrice Fortier ne récolte que les graines des plants qui ont survécu et prospéré dans les conditions dans lesquelles ils ont poussé.

Même dans les endroits où on n’a pas le climat idéal, on doit trouver des façons de faire de la graine de qualité. Pour ça, il faut réinventer un peu le métier, les techniques et les calendriers.En plus d’affecter la biodiversité, la monoculture rend l’humain plus vulnérable en matière d’insécurité alimentaire. Lorsqu’une seule espèce est cultivée, tous les plants risquent de subir les mêmes dommages. Elle est donc plus susceptible d’être ravagée par les maladies ou les insectes nuisibles, explique Bernard Lavallée, citant la Grande Famine irlandaise (de 1845 à 1849) en exemple.

Plus de détails

PHOTO FOURNIE PAR LA SOCIÉTÉ DES PLANTES

Patrice Fortier, fondateur de la compagnie de semences la Société des plantes.

Par la sélection, les semenciers mènent l’espèce à développer les traits qu’ils recherchent : une résistance au froid, des fruits plus sucrés, une tolérance plus forte aux maladies. Les semences ont une mémoire. Elles conservent les traces génétiques de leurs meilleures qualités, et les reproduisent lorsqu’elles sont de nouveau semées.

L’avantage des semences ancestrales réside dans leur diversité génétique, estime l’écrivaine Lyne Bellemare, auteure du livre Cultiver la mémoire sur l’histoire du patrimoine végétal québécois et fondatrice de Terre promise, une autre entreprise spécialisée dans les semences anciennes. « Cette variabilité-là permet une adaptation aux changements climatiques, à l’environnement, aux nouveaux ravageurs », explique-t-elle.

Savez-vous planter des choux ?

« Ma mission, c’est de transmettre le pouvoir aux citoyens de récolter leurs propres semences. Ce n’est pas à moi de les garder, comme semencière », explique Lyne Bellemare. Elle constate que ce sont souvent les petites semencières qui portent seules la tâche de préserver certaines variétés en voie de disparition.

À l’heure où ces entreprises tentent de survivre dans un contexte économique difficile, leur fermeture équivaut à la fin de ces espèces. « Je veux pouvoir prendre ma retraite ! », lance-t-elle en riant.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Lyne Bellemare, écrivaine

« Notre patrimoine est fragile. Il se perd », affirme Bernard Lavallée. Beaucoup des semences menacées ne sont conservées que par une poignée d’individus.

Ça doit reposer sur les épaules de plus de monde. On ne peut pas s’attendre à ce qu’une seule personne sauve notre patrimoine.

Bernard Lavallée

Récemment, Patrice Fortier a créé sa propre variété de chou, le chou Branchu de l’Embarras, à partir de trois autres cultivars. Comme lui, des centaines de citoyens dans le monde ont créé de nouvelles tomates ou piments, en utilisant d’autres graines ancestrales existantes.

Trente ans après avoir fondé la Société des plantes, sur fond de perte de diversité végétale, il se réjouit du renouveau amené par ces variétés ancestrales contemporaines.

« Les variétés du patrimoine servent à créer les variétés du futur. L’importance de les conserver est grande, pas juste pour les reproduire à l’identique, mais comme base de développement génétique », constate-t-il.

L’actualité verte de la semaine/ Arbres, feuilles et fleurs

Des forêts d’épinettes noires incendiées ne s’en remettent pas

Le tiers des forêts d’épinettes noires matures ravagées par les flammes se régénère piètrement en boisés ouverts, moins résistants aux futurs incendies, signale une vaste étude portant sur 536 sites de forêt boréale québécoise. Or, les changements climatiques augmentent la gravité et l’étendue des incendies de forêt. C’est donc très préoccupant pour l’approvisionnement en bois, le stockage du carbone, ainsi que les habitats de la faune et de la flore, soulignent les chercheurs.

LISEZ l’article du Journal of Ecology (en anglais)

En papier, les feuilles mortes !

PHOTO FOURNIE PAR RÉJEAN LAQUERRE

Des producteurs agricoles qui ont accepté des feuilles mortes de la Ville de Québec se sont retrouvés avec des débris de sacs de plastique dans leurs champs, comme à Portneuf à l’automne 2023.

Fini les sacs en plastique pour ramasser les feuilles à Québec. Emboîtant le pas à plusieurs municipalités, la Ville exigera des sacs de papier l’automne prochain. La mesure survient après que des agriculteurs ayant accepté des feuilles de la capitale pour enrichir leurs champs se sont retrouvés envahis de débris de plastique. Ce virage évitera d’utiliser un million de sacs de plastique, fera économiser 350 000 $ à la Ville et améliorera la qualité du compost municipal, a indiqué Québec dans son sommaire décisionnel.

LISEZ l’article « Du plastique dans les champs »

La floraison du kapokier perturbée par le climat

PHOTO YAN ZHAO, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Un oiseau perché dans un kapokier en fleurs à Hong Kong à la mi-mars.

Les fleurs rouge vif qui éclosent sur les kapokiers de Hong Kong font encore le bonheur des touristes, mais leur allure inquiète des défenseurs de l’environnement. Avec les hivers adoucis par les changements climatiques, des feuilles restent sur les arbres à l’automne, utilisant une partie des ressources destinées aux fleurs. La floraison pourrait donc être moins abondante, une mauvaise nouvelle pour les oiseaux et abeilles qui comptent sur le nectar et le pollen.

Source : Agence France-Presse

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L’actualité verte de la semaine Requins, incendies, insectes

Filets anti-requins controversés

Des filets anti-requins soulèvent la controverse à trois mois de l’ouverture d’un Club Med en Afrique du Sud, au large des côtes du KwaZulu-Natal, une oasis de plages. L’an dernier, des filets et lignes de pêche ont tué 416 requins et d’autres espèces marines vulnérables ou menacées. Des scientifiques de l’Institut de recherche océanique de Durban, situé dans le secteur, s’insurgent. Ils ne comprennent pas pourquoi le pays ne s’inspire pas de l’Australie où les sauveteurs utilisent des drones pour repérer les requins et une technologie magnétique pour les repousser des vagues de retour océanique. Le Club Med estime que les filets sont la seule solution sécuritaire pour les centaines de baigneurs attendus chaque jour.

Consultez le site web de l’institut

Incendies de forêt

PHOTO CHARLES-FRÉDÉRICK OUELLET, ARCHIVES COLLABORATION SPÉCIALE

Vue de la forêt aménagée en barrière naturelle coupe-feu au sud de Whitehorse, au Yukon

Les accumulations de neige de l’hiver dernier n’ont pas empêché un premier incendie de forêt au Yukon. Selon les pompiers forestiers de ce territoire du nord-ouest du Canada, il s’agirait d’un feu zombie, enfoui dans le sol depuis la saison dernière. D’une superficie d’un hectare, le feu camouflé sous la neige est situé près du lac Aishihik. Pour le moment, il dégage de la fumée, il est sous surveillance et la neige agit comme une sorte d’isolant. Au Yukon, la saison des incendies est ouverte officiellement depuis le 1er avril. Jusqu’au 30 septembre, il faut un permis pour allumer un feu à ciel ouvert autre qu’un feu de camp. En 2025, 6127 incendies de forêt ont été dénombrés au Canada, selon le Sommaire national des feux de végétation.

Consultez le site de la gestion des incendies de forêt du Yukon

Insectes écrasés

PHOTO GERARD JULIEN, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

L’autoroute A1, en France

En France, les citoyens sont appelés à dénombrer les insectes écrasés sur la plaque d’immatriculation à l’avant de leur voiture. L’initiative du Muséum national d’histoire naturelle vise à mesurer le déclin des insectes causé par les pesticides et la dénaturalisation des sols. On demande aux automobilistes de passer un linge sur la plaque avant de prendre le volant et de la photographier une fois à destination via l’application Bugs Matter. L’application a été élaborée au Royaume-Uni où 30 000 restes d’insectes ont été répertoriés en 2025 : moucherons, coléoptères, syrphes, abeilles et papillons de nuit. Leurs données sur cinq ans démontrent un déclin de 19 %.

Consultez la page web du programme

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Planète bleue, idées vertes Quand l’écocentre vient au citoyen

PHOTO FOURNIE PAR LA VILLE DE QUÉBEC

Les écocentres mobiles de la Ville de Québec récoltent près de 25 tonnes de matières par an en moyenne.

Apporter ses restes de peinture et sa vieille télé à l’écocentre quand on n’a pas d’auto, c’est loin d’être évident. Pour faciliter la vie de ses résidants et éviter que des matières critiques aboutissent aux poubelles, la Ville de Québec offre des écocentres mobiles d’une journée dans plusieurs secteurs de son territoire. La Presse a visité l’un d’eux.

(Québec) Avec ses tables pliantes dressées sous des chapiteaux de toile, le stationnement de l’église Mosaïque, dans le quartier Saint-Sauveur, a l’air d’un petit marché aux puces. Le but, toutefois, n’est pas d’y faire des trouvailles, mais de se débarrasser d’objets inutilisables, voire dangereux.

Yanick, Mathilde et le petit Isaac arrivent avec un chariot d’enfant pour seul véhicule. Ils habitent tout près et sont venus porter du ciment et des pots de peinture, à pied. « On n’a pas d’auto. Quand on va à l’écocentre, il faut en louer une. On est abonnés à Communauto, ça ne nous coûte pas si cher, mais quand même », dit Yanick.

Là, ça nous coûte zéro, et on a du plaisir avec Isaac !

Yanick

Jean-Marie Roberge se présente avec un chariot très chargé. Des restes de peinture, encore, et plusieurs appareils électroniques, dont des amplis et une télé. « Je vais aussi à l’écocentre, mais ça faisait longtemps que je n’y étais pas allé, alors j’en profite, vu que c’est à côté. Là, je vais rapporter de la vieille huile à moteur et des piles. »

Maholy Namngeun, lui, a utilisé un diable pour apporter un gros bac rempli de fils électriques. C’est son troisième voyage de la matinée, et il n’exclut pas de revenir.

Moins de deux heures après son ouverture, l’écocentre temporaire a déjà reçu 56 visiteurs. « C’est quand même de bons chiffres », se réjouit la conseillère en environnement à la Ville, Audrey Daganaud.

L’écocentre mobile est une formule bien rodée à Québec, puisque la Ville en organise depuis 2019. Elle en tient huit par an, soit six dans des quartiers centraux et deux dans d’autres municipalités de l’agglomération, L’Ancienne-Lorette et Saint-Augustin-de-Desmaures.

Elle récolte ainsi près de 25 tonnes de matières par an en moyenne. Et non pas grâce à des sofas-lits ou à des brouettes de gravats : les objets trop volumineux et les résidus de construction sont refusés.

Ces 25 tonnes sont surtout composées de résidus domestiques dangereux (RDD), de déchets d’équipements électroniques et électriques (DEEE) et de métaux.

Rebuts « un peu n’importe où »

Sans les écocentres mobiles, une partie de ces rebuts se seraient retrouvés « un peu n’importe où », estime Mme Daganaud. « Les citoyens sont de plus en plus sensibilisés, mais malheureusement, on voit encore des résidus domestiques dangereux comme des batteries de véhicules ou des pneus à l’incinérateur ou au centre de tri. »

Au rayon des RDD, les écocentres mobiles en voient de toutes les couleurs.

Le jour de notre visite, en septembre dernier, les employés ont reçu un vieux composant électrique contenant de l’huile possiblement contaminée aux biphényles polychlorés (BPC), des cancérigènes potentiels interdits de vente au Canada depuis 1977. Sans oublier tous les vieux contenants aux étiquettes illisibles ou inexistantes.

Posté un peu à l’écart, le chimiste Meron Petro Zajac examine tous les produits laissés par des citoyens. « De la poussière blanche, ça peut être n’importe quoi », dit-il en pointant un pot de verre. Celui-là contient de la banale poussière de ciment. « Mais j’ai déjà trouvé des choses dangereuses, comme du cyanure », témoigne M. Zajac. Il faut aussi s’assurer de ne pas mélanger des matières incompatibles, qui pourraient réagir ensemble – comme des acides ou de l’ammoniaque avec de l’eau de Javel.

Les produits chimiques sont triés sur place en 12 bacs. « Celui avec la tête de mort, c’est pour les pesticides. En arrière, ce sont des acides. Là, ce sont les produits oxydants, pour les engrais par exemple », indique M. Zajac. Les piles et batteries sont séparées des ampoules et les peintures au latex, destinées au recyclage, conservées à l’écart des peintures inconnues.

Au total, la journée passée dans le quartier Saint-Sauveur a permis de récolter 1,7 tonne de matières résiduelles, grâce à 174 visites de citoyens.

Les matières reçues dans les points de collecte mobiles ne sont pas envoyées dans un écocentre municipal, mais prises en charge par des entreprises sous contrat avec la Ville, qui sont présentes sur place et apportent les objets recueillis directement à leurs installations.

Le premier écocentre mobile de la saison se tiendra samedi prochain, dans un stationnement derrière le Grand Théâtre de Québec.

Consultez le calendrier 2026 des écocentres mobiles de la Ville de Québec

En savoir plus

  • 171,3 tonnes
    Quantité de résidus domestiques dangereux, de déchets d’équipements électroniques et électriques et de métaux récoltés en sept ans (2019 à 2025) par les écocentres mobiles de la Ville de Québec.

Ville de Québec

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C’est bien beau accorder une valeur pécuniaire à la nature, mais pour cela il faut séparer chaque élément du grand tout pour l’évaluer individuellement (marchandisation). Or dans la nature tout est relié et interdépendant, donc inséparable par nature. C’est ce qui fait que l’environnement dans son tout comme dans ses parties, est à priori globalement inestimable et que le montant accordé ne pourrait jamais en remplacer l’indispensabilité et/ou la nécessité intrinsèque.

Le gouvernement Carney veut accorder une valeur pécuniaire à la nature

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Le gouvernement Carney s’apprête à mettre sur pied un groupe de travail qui définira comment mesurer la valeur économique de la nature. L’objectif derrière ce concept imparfait et qui ne fait pas l’unanimité est de mieux protéger la nature des hommes.

Combien de milliards de dollars vaut la pollinisation des abeilles, nécessaire à la production de nourriture ?

Quelle est la valeur des services écologiques rendus par le contrôle des moustiques par les chauves-souris ?

À quel montant se chiffre la valeur d’une forêt qui capte le carbone ? D’un milieu humide qui purifie l’eau ? Du lac qui apaise les esprits stressés ?

Depuis quelques décennies, différentes initiatives, encouragées par les Nations unies, ont été mises en place pour tenter d’apposer une valeur économique aux services que nous rend la nature.

Par exemple, le Fonds monétaire international (FMI) évaluait, en 2019, à 2 millions la valeur d’une baleine bleue.

Le FMI en est arrivé à cette conclusion en estimant la valeur monétaire des services écologiques rendus par le mammifère, comme la capture et la séquestration du carbone et la fertilisation des océans.

« Pour certains, il faudrait protéger les écosystèmes pour leur valeur intrinsèque et je fais partie de ces gens », a indiqué le député libéral Steven Guilbeault en entrevue avec La Presse Canadienne.

« Mais plus on rend facile pour les gouvernements et les entreprises » de définir des règles qui permettent d’accorder une valeur pécuniaire à la nature, « plus ce sera facile de la protéger », a commenté l’ancien ministre de l’Environnement, en marge du Sommet Climat Montréal, qui se déroulait le 16 avril.

« Quand les gouvernements investissent dans la conservation, c’est considéré comme une dépense », mais il faut trouver le moyen de donner à la nature « une valeur comptable dans nos livres et ça, ça va révolutionner le monde de la conservation », a ajouté le député.

« L’objectif du groupe de travail que le premier ministre Carney veut créer » est donc de voir « comment on peut faire ça au Canada », a précisé Steven Guilbeault, qui ne fait plus partie du cabinet de Mark Carney.

Contrairement à la ministre de l’Environnement Julie Dabrusin et à la secrétaire d’État à la nature Nathalie Provost, Steven Guilbeault était disponible pour répondre aux questions sur le sujet.

Carney veut mettre sur pied un groupe d’experts

En mars dernier, en dévoilant sa stratégie de 3,8 milliards pour protéger la nature, le premier ministre du Canada avait indiqué qu’il souhaitait « mettre sur pied, au printemps 2026, un groupe d’experts sur la comptabilité du capital naturel et le financement de la nature ».

Ce groupe de travail aurait le mandat de déterminer comment mieux prendre en compte la valeur de la nature et comment l’intégrer dans les processus décisionnels.

« C’est en suivant l’état de nos écosystèmes avec la même rigueur que celle dont nous faisons preuve pour suivre les rendements économiques et financiers que nous jetterons les bases nécessaires aux décisions d’investissement visant à protéger les milieux naturels », avait indiqué Mark Carney, sans toutefois donner des détails sur ce projet.

Un concept qui ne fait pas l’unanimité

Fixer un prix ou une valeur à la nature ne fait pas l’unanimité au sein des environnementalistes et des économistes.

Le professeur d’économie à l’Université d’Oxford Alex Teytelboym, qui a publié des articles sur le sujet, fait partie de ceux qui plaident en faveur d’un tel concept.

Parce que les marchés ne comprennent pas la valeur de l’air et de l’eau purs et des sols en santé, nos économies les consommeront jusqu’à épuisement, selon ses travaux.

En revanche, leur accorder une valeur monétaire favorisera leur protection, selon Alex Teytelboym.

De l’autre côté du spectre, des gens comme l’auteur et environnementaliste anglais George Monbiot soutiennent que la valeur de la nature est inestimable.

Accorder des valeurs marchandes aux écosystèmes ne peut qu’encourager leur marchandisation et, au final, leur destruction, selon lui.

Pour la chercheuse Joanna Eyquem, vice-présidente de l’Institut des risques climatiques, accorder une valeur pécuniaire à la nature est un concept « imparfait », mais « c’est la seule façon qu’on a trouvée pour intégrer la valeur de la nature dans un système économique qui, lui aussi, est imparfait ».

Des villes ont déjà commencé le travail

Joanna Eyquem est d’avis que plus les gouvernements vont intégrer tôt la nature à leurs systèmes de gestion et de reddition de comptes, plus les populations et les décideurs seront en mesure de prendre des décisions éclairées pour le bien-être des collectivités.

Au Canada, plus de 150 gouvernements locaux auraient commencé, dans les dernières années, à recenser et évaluer leurs actifs naturels, selon une étude écrite par Joanna Eyquem en 2025 pour le Centre Intact d’adaptation au climat de l’Université Waterloo.

« Les plus visionnaires intègrent aussi des divulgations non auditées sur les actifs naturels dans leurs rapports financiers. Cependant, ces efforts sont pour le moins disparates vu l’actuel vide normatif entourant cette information au pays », peut-on lire dans le rapport intitulé « Inscrire la nature dans les rapports financiers : divulgation des actifs naturels par les gouvernements locaux ».

Dans ce document, Joanna Eyquem présente trois catégories de services découlant des écosystèmes, sur lesquels les gouvernements devraient mettre une valeur.

Il y a les services d’approvisionnement, qui représentent les produits qui proviennent des écosystèmes, comme la nourriture, le bois ou encore l’eau potable.

Les services de régulation et de soutien font quant à eux référence « aux services qui régulent les processus écosystémiques et favorisent la production d’autres services écosystémiques, par exemple la régulation du climat et le cycle de l’eau ».

Enfin, il y a les services culturels que la nature procure, comme les bienfaits spirituels, récréatifs, physiques ou encore mentaux.

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L’environnement? Bof.

Pascale Déry surprendra peut-être. Laissons la chance à la coureuse. Mais pour l’instant, elle a simplement été fidèle au discours en cette ère de recul pour l’environnement : ne jamais, au grand jamais prononcer le mot «climat» ou «environnement» ou «protection» sans ajouter un «oui, mais». (Jacques Boissinot/Archives La Presse Canadienne)

CHRONIQUE / Mon Dieu que ça semble difficile de parler d’environnement quand on est ministre de l’Environnement.

Comme si évoquer la crise climatique pour les générations futures ou souhaiter une amélioration dans notre bilan carbone était soudain devenu louche, déconnecté, un paquet de troubles.

Oui, le contexte économique est difficile et instable. On veut accélérer des projets au nom de la diversité économique, du maintien et de la création d’emplois. Le prix de l’essence fait mal aux contribuables et certaines études environnementales peuvent être lourdes pour les entreprises. C’est vrai.
Mais dans la foulée, on a jeté le bébé avec l’eau du bain: il est hallucinant de voir combien on ne parle tout simplement plus d’environnement.

Il n’en a à peu près pas été question dans la course à la chefferie de la CAQ.

À Ottawa, Mark Carney a aboli la taxe carbone, il est ouvert aux oléoducs et a récemment réduit la taxe d’accise.

À Québec, si on pensait que Bernard Drainville n’était pas trop emballé par ce poste de ministre de l’Environnement dont il avait hérité en septembre, il fallait entendre Pascale Déry à son premier point de presse mardi.

L’environnement? Oui, mais, attention aux entreprises, au développement économique.

Le mot d’ordre: le sacro-saint «équilibre».

La nouvelle ministre assure vouloir «conserver les acquis», mais il ne faudrait surtout pas que le vert prime dans le discours.

«Je vais continuer d’avoir ce même discours. Protéger nos emplois, protéger évidemment les acquis qu’on a en matière de lutte contre les changements climatiques, mais aussi s’assurer d’un développement économique», a dit Mme Déry fraîchement assermentée comme ministre de l’Environnement mardi.

C’était justement la veille du Jour de la Terre.

Une longue séquence vert pâle

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Remarquez, difficile de blâmer la nouvelle ministre Pascale Déry.

Elle surprendra peut-être. Laissons la chance à la coureuse. Mais pour l’instant, elle a simplement été fidèle au discours en cette ère de recul pour l’environnement : ne jamais prononcer le mot «climat» ou «environnement» ou «protection» sans ajouter un «oui, mais».
Christine Fréchette a publié mercredi sur Instagram une vidéo des quelques mots échangés avec chaque membre du conseil des ministres après leur assermentation.

Pour Pascale Déry à l’Environnement: «On va changer la donne pour les PME. On va alléger ça.» Toujours, priorité à l’économie.

L’environnement est devenu un éteignoir, un encombrement comme je l’écrivais en novembre.

À l’époque, on sentait bien que le ministre de l’Environnement, Bernard Drainville, voulait à tout prix repousser les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Ce qu’il a fait en janvier avec le report de 2030 à 2035 la cible de réduction de 37,5 % des GES par rapport à 1990.

Ce qu’il a fait malgré, aussi, une large majorité de groupes et entreprises qui ont plaidé que la cible était atteignable et souhaitable.

La rainette faux-grillon est de retour

La nomination de Pascale Déry a aussi suscité quelques inquiétudes chez les environnementalistes.

Elle s’est notamment fait remettre sous le nez une chronique de 2016 dans laquelle elle évoquait la préservation de la rainette faux-grillon, une espèce menacée.

«Avec la croissance des populations urbaines et l’expansion des villes, il faut concilier, dans la mesure du possible, urbanisation et biodiversité. Sommes-nous obligés de sauver TOUS les habitats d’espèces en péril?» écrivait-elle dans Le Journal de Montréal.

Ce texte était signé à titre personnel alors qu’elle était conseillère principale, communications et développement à l’Institut économique de Montréal, un think tank campé à droite.

Questionnée sur ses prises de position passées, Pascale Déry a nuancé. «C’est clair qu’on va continuer de protéger ces espèces-là. Mais je pense qu’il faut aussi être capable de faire preuve de gros bon sens pour aider les entreprises à aller de l’avant. Encore une fois, il faut trouver un équilibre.»

L’équilibre, toujours. Mais l’équilibre commence à pencher sérieusement du même bord.

Planète bleue, idées vertes Une salle de bains sans papier hygiénique jetable ?

Lingettes démaquillantes en tissu, mouchoirs lavables, culottes hygiéniques… Au Québec, les produits réutilisables font peu à peu leur place dans la salle de bains. Mais qu’en est-il du papier de toilette ? Une idée qui ferait froncer le nez de certains, mais qui gagne en popularité.

« Pourquoi mes enfants ont des couches lavables et moi, j’utilise du papier de toilette jetable ? », demande Marie-Philippe Filteau, fondatrice de la boutique de produits en tissu Marie fil.

Cinq entrepreneures québécoises rencontrées par La Presse ont commencé leur distribution de papier de toilette réutilisable, offert parmi une gamme de produits en tissu, après avoir expérimenté les couches réutilisables.

Pour Karine Létourneau, fondatrice de la boutique Öko Créations, tout a commencé avec une blague. « Le 1er avril, j’ai lancé à mon associé : pourquoi on ne lance pas un papier de toilette qui s’appelle “Je m’en torche” ? » Six ans plus tard, la boutique offre toujours le produit, en le proposant comme complément au bidet.

L’utilisation du papier de toilette lavable est difficile à concevoir d’un point de vue hygiénique, « surtout pour les gars », selon Marie-Ève Lupien, qui a lancé l’entreprise Bateau bateau en 2018. Le bidet apparaît alors comme un bon moyen de réduire sa consommation de papier.

La créatrice du premier bidet québécois estime que deux avenues sont possibles : soit on commence à utiliser le bidet après avoir adopté le papier de toilette lavable, pour plus d’hygiène ; soit on commence par adopter le bidet et on ne se satisfait plus du papier de toilette jetable pour se sécher, car il se décompose au contact de l’eau.

Un impact sur la planète

Le papier de toilette jetable est très énergivore, de sa conception à son traitement dans les eaux usées. L’analyste en cycle de vie de produits Elliot Muller a exposé en 2024 la quantité de ressources nécessaires pour le produire, sur les ondes de l’émission Moteur de recherche 1 de Radio-Canada.

De l’électricité pour broyer, presser, sécher et enrouler les feuilles jusqu’à l’eau nécessaire pour fabriquer la pâte de papier, il estime que pour produire une seule feuille de papier hygiénique, il faudrait compter de 0,5 litre à 2 litres d’eau. Un nettoyage au bidet consomme quant à lui seulement 0,5 litre.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Un bidet proposé par Bateau bateau

Au-delà de l’argument écologique, « les gens ont besoin de comprendre que c’est plus hygiénique et pratique », insiste la fondatrice de Bateau bateau. Depuis la fin de la pandémie, l’argument de la réduction de la consommation n’est plus suffisant pour vendre ses produits. Elle remarque que le mode de vie « zéro déchet » peut être contraignant, cher et fatigant sur la durée.

(…)

L’actualité verte de la semaine Courant AMOC, énergies propres, fientes de bernaches

Le courant AMOC suscite l’inquiétude

Dans le film The Day After Tomorrow, le courant océanique AMOC, dont fait partie le Gulf Stream, s’effondre soudainement, entraînant le début d’une nouvelle ère glaciaire. Dans la réalité, un arrêt aussi subit n’est pas envisagé, mais l’affaiblissement de ce courant, même sur plusieurs décennies, inquiète beaucoup les scientifiques. Des chercheurs français ont récemment avancé que l’AMOC (circulation méridienne de retournement de l’Atlantique) pourrait flancher davantage que prévu sous l’effet du réchauffement climatique. Il pourrait s’affaiblir de 51 % d’ici 2100, dans un scénario d’émissions de gaz à effet de serre modérées, soit la trajectoire actuelle. L’arrêt de ce courant provoquerait un refroidissement en Europe du Nord, des tempêtes, une élévation du niveau de la mer et des sécheresses au Sahel.

Lisez l’étude (en anglais)

Les énergies propres dépassent le charbon

PHOTO ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Des panneaux solaires à Lianyungang, en Chine

Pour la première fois en 100 ans, les énergies renouvelables ont produit plus d’électricité que le charbon dans le monde en 2025. Une analyse du groupe de réflexion britannique Ember montre que les énergies renouvelables ont représenté 33,8 % de la production électrique mondiale, contre 33 % pour le charbon. On y apprend aussi que la production d’électricité a crû de 2,8 % en 2025, mais que cette augmentation a été entièrement comblée par de l’énergie renouvelable, solaire aux trois quarts. Cité dans le rapport, le directeur général par intérim d’Ember, Aditya Lolla, parle d’une « ère de la croissance propre ». « Les énergies propres se développent à un rythme suffisamment rapide pour absorber la demande mondiale croissante en électricité, permettant ainsi de maintenir la production d’énergie fossile à un niveau stable avant son déclin inévitable. »
Consultez l’analyse (en anglais)

Le pouvoir insoupçonné des fientes de bernaches

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Des bernaches à Montréal

Les bernaches et leurs imposants cacas ont envahi les parcs de votre quartier ? Bien qu’elles puissent nuire aux écosystèmes locaux, ces fientes pourraient avoir une valeur écologique. Des chercheurs de l’Université Concordia ont nourri des mouches soldat noires avec des déjections de bernaches. Ils ont ensuite utilisé les excréments de mouches comme engrais pour les lentilles d’eau, une plante aquatique à croissance rapide couramment utilisée dans l’alimentation animale, la bioénergie et le traitement des eaux usées. Le rendement a été de 32 % supérieur à celui de mouches nourries avec une solution standard. D’autres études sont nécessaires avant de déployer ce procédé à l’échelle industrielle, mais selon les chercheurs, il peut représenter une option à faible coût pour les gestionnaires de parcs urbains et les exploitations agricoles.

Lisez l’étude (en anglais)

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Un message a été fusionné à un sujet existant : Arboriculture et foresterie urbaine

L’actualité verte de la semaine Bélugas, pétrole, béton

La mortalité des bélugas en hausse

Dix-neuf carcasses de bélugas ont été trouvées à la dérive ou sur les rives du Saint-Laurent en 2025, révèle le bilan du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), un organisme à but non lucratif. Il s’agit d’un retour à la moyenne des 42 dernières années, après la faible mortalité historique de 2024. Aucune dystocie, c’est-à-dire une complication lors de la mise bas, n’a causé la mort des femelles trouvées, alors qu’elles étaient fréquentes depuis quelques années, ont démontré les nécropsies réalisées sur onze carcasses. Cela pourrait indiquer une diminution de ce problème, ou une diminution des naissances.

Jean-Thomas Léveillé, La Presse

La France publie son plan pour se sevrer du pétrole

PHOTO LOU BENOIST, AGENCE FRANCE-PRESSE

Raffinerie de pétrole à Gonfreville-l’Orcher, en France

La France s’est démarquée mercredi à la première conférence sur l’abandon des énergies fossiles, en Colombie, en publiant sa feuille de route pour éliminer progressivement le charbon, puis le pétrole et enfin le gaz, et devenir carboneutre en 2050. Selon les observateurs, aucun autre pays n’a publié de plan aussi clair et complet. Par ailleurs, l’un des principaux aboutissements du sommet est la création d’un groupe de scientifiques chargés de conseiller les gouvernements de tous niveaux dans la planification de leur transition énergétique. Le prochain sommet aura lieu en 2027 à Tuvalu, petit État insulaire du Pacifique menacé par la montée des eaux.

Diminuer l’empreinte carbone du béton

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L’Université de Sherbrooke a créé un « pôle d’excellence sur les bétons bas-carbone ».

L’Université de Sherbrooke crée un « pôle d’excellence sur les bétons bas-carbone » pour accroître l’utilisation de bétons à faible émission de gaz à effet de serre. L’établissement estrien développe des bétons plus verts depuis trois décennies, mais veut par cette initiative convaincre l’industrie d’adopter ces nouveaux matériaux en faisant travailler ses chercheurs avec les entreprises du secteur et les propriétaires d’infrastructures. L’équipe travaillera par exemple avec le secteur minier pour donner une seconde vie à certains sous-produits en remplaçant une partie du ciment dans les nouveaux bétons développés, dans une approche d’économie circulaire.

Jean-Thomas Léveillé, La Presse