Quelle horreur. Vivement la reconnaissance d’une personnalité juridique du fleuve Saint-Laurent (et de ses tributaires).
Une flaque noirâtre et visqueuse s’étalant sur plusieurs centaines de mètres sur le Saint-Laurent, à la hauteur de Pointe-aux-Trembles, inquiète des citoyens et plusieurs experts interrogés par La Presse. Cette pollution dont les autorités ignorent la source survient deux jours après l’observation d’une autre nappe suspecte dans le port de Montréal.
Résumé
« Marée noire » à Pointe-aux-Trembles
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Une flaque noirâtre et visqueuse s’étalant sur plusieurs centaines de mètres sur le Saint-Laurent, à la hauteur de Pointe-aux-Trembles, inquiète des citoyens et plusieurs experts interrogés par La Presse. Cette pollution dont les autorités ignorent la source survient deux jours après l’observation d’une autre nappe suspecte dans le port de Montréal.
Mis à jour hier à 23h03
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Ce qu’il faut savoir
Une flaque noirâtre et visqueuse flottant sur une large étendue s’est déposée sur les rives du fleuve à Pointe-aux-Trembles, dans l’est de l’île de Montréal.
La source et la nature de la substance n’ont pas encore été déterminées, mais des experts estiment qu’il s’agit fort probablement d’hydrocarbures.
Les autorités se veulent rassurantes, l’eau potable reste propre à la consommation, mais elles conseillent à la population de ne pas s’approcher de la nappe.
« On met notre main à l’eau et elle ressort noire », s’indigne Fannie Martin. Cette dernière, qui se rendait sur l’île Sainte-Thérèse, au large de Pointe-aux-Trembles, raconte avoir constaté la présence d’une importante nappe noire sur l’eau jeudi en début d’après-midi.
Selon les observations de son conjoint, la flaque iridescente s’étendait alors au large sur plusieurs centaines de mètres, entre les boulevards du Tricentenaire et Saint-Jean-Baptiste.
Des dizaines de mètres de rivage étaient couverts de cette matière noire à proximité de la marina de Pointe-aux-Trembles où plusieurs bateaux flottant sur l’eau étaient souillés.
PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE
Des dizaines de mètres de rivage étaient souillés par une substance noirâtre, à Pointe-aux-Trembles.
« C’est comme dur à manquer, c’est une grosse flaque d’huile », a témoigné l’un des entrepreneurs travaillant à cet endroit, Danny Bélanger.
Le ministère de l’Environnement a confirmé avoir été mis au fait de la situation jeudi matin. Une intervenante de son équipe chargée des urgences environnementales s’est rendue sur place afin d’y faire des échantillonnages.
Les résultats de ces analyses devraient être publiés ce vendredi, précise-t-on. « Aucune source terrestre n’a été trouvée », ajoute le Ministère, précisant que les recherches se poursuivaient afin de retracer la source de la pollution.
Des hydrocarbures
Selon le propriétaire de la marina de Pointe-aux-Trembles, Paul-Yvon Valois, le déversement proviendrait d’un trop-plein des égouts de la ville, au lendemain d’un épisode de pluie intense.
Une hypothèse qu’écarte le président de la Fondation Rivières et ancien ingénieur en traitement des eaux, Alain Saladzius, pour qui il ne fait pas de doute qu’il s’agit d’un déversement d’hydrocarbures. « Des eaux usées, on ne les voit pas, ça se dissout dans l’eau, alors que là, la main couverte de noir, c’est comme du goudron », souligne-t-il après avoir analysé les photos fournies par La Presse.
Selon lui, la source de la matière noirâtre pourrait provenir des raffineries présentes dans ce secteur. C’est que ces installations ont « des réseaux indépendants qui ne sont pas raccordés, qui vont directement au fleuve », explique-t-il.
PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE
Les objets et les embarcations flottant sur l’eau étaient souillés.
« Il y a un problème environnemental à régler, peu importe d’où il provient », estime Fannie Martin. « Les poissons vont mourir, les quenouilles, les nénuphars », s’inquiète-t-elle.
Une crainte confirmée par Valérie Langlois, professeure à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS). « C’est sûr que s’il s’agit bien de pétrole, c’est extrêmement toxique. Tout ce qui vit dans l’eau va mourir », prévient-elle.
« Il faut agir rapidement »
Responsable des opérations de récupération, la Garde côtière canadienne indique avoir embauché une entreprise privée, Urgence Marine, afin « d’accélérer les efforts d’intervention initiale ». Elle conseille au public de ne pas s’approcher des nappes de pollution.
« Si on veut intervenir, il faut le faire très rapidement. L’eau du fleuve, elle avance, et plus elle va avancer, plus ça va se disperser », souligne le professeur en chimie de l’environnement à l’Université de Montréal Sébastien Sauvé.
Un avis partagé par Valérie Langlois. La chercheuse avance deux hypothèses : s’il s’agit d’un oléoduc brisé par exemple, qui apporte du pétrole brut provenant de l’Ouest, il va finir par se déposer au fond de l’eau et il sera alors très difficile de l’en retirer. S’il s’agit de pétrole raffiné, il va rester en surface, mais continuera de se répandre. « Dans tous les cas, pour n’importe quel déversement pétrolier, le temps est le facteur le plus important », indique-t-elle.
« L’eau potable peut être consommée »
De son côté, la Ville de Montréal a tenu à assurer la population que l’eau potable pouvait être consommée sans danger.
Rashid Sumaila, chercheur à l’Institut des océans et de la pêche de l’Université de la Colombie-Britannique, pense cependant que le principe de précaution devrait être de mise. « Tant que l’on ne sait pas d’où vient cette pollution, par prudence, on devrait recommander aux gens de ne pas nager dans le fleuve et de ne pas boire l’eau, du moins dans les quartiers adjacents et en aval », dit-il. « Certains produits chimiques peuvent s’étendre bien au-delà de la nappe qu’on voit en surface. »
En attendant que la situation se résorbe, l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles (RDP-PAT) a toutefois fermé sa rampe d’accès à l’eau.
« La Ville de Montréal a envoyé des inspecteurs sur place, suit le dossier et est en communication étroite avec le ministère de l’Environnement […] », précise-t-on également.
D’autres « nappes »
Le ministère de l’Environnement n’exclut pas que le produit qui s’est répandu sur les berges à Pointe-aux-Trembles soit lié à l’observation d’une autre « nappe de pollution » suspecte sur le fleuve deux jours plus tôt.
Cette « nappe de pollution », ainsi que la Garde côtière l’appelle, a été rapportée par un navire marchand dans le port de Montréal le 9 juillet dernier. Plusieurs intervenants, dont la pétrolière Suncor, ont alors été mis à profit pour tenter de la retracer.
Une patrouille aérienne de la Sûreté du Québec a plus tard réussi à repérer l’étendue liquide problématique, mais « n’a pas été en mesure d’identifier s’il s’agissait d’hydrocarbures ou de matière organique », explique-t-on.
Les rives du fleuve n’étaient pas touchées et la nappe était contenue dans le chenal de navigation principal, a-t-on pu confirmer à ce moment. Plusieurs observations ont ensuite été rapportées à différents endroits, jusqu’au-delà de Varennes.
La chasse s’est poursuivie jusqu’en fin de journée, mais aucune trace de la nappe n’avait été aperçue entre 13 h 15 et 20 h.
Le ministère de l’Environnement explique que les municipalités de la Montérégie tout comme celles visées par les prises d’eau en aval ont été avisées.
https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/2024-07-11/maree-noire-a-pointe-aux-trembles.php
Pressé ces derniers mois par des pétitions, des actions citoyennes et des lettres ouvertes, le marché public Jean-Talon s’est finalement doté d’installations de compostage, avons-nous constaté lors d’une visite en compagnie du directeur général. Les marchés Maisonneuve et Atwater emboîteront le pas.
Résumé
Marché Jean-Talon Le compostage finalement de la partie
PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE
Près d’une vingtaine de bacs bruns ont fait leur entrée au marché Jean-Talon, à Montréal.
Pressé ces derniers mois par des pétitions, des actions citoyennes et des lettres ouvertes, le marché public Jean-Talon s’est finalement doté d’installations de compostage, avons-nous constaté lors d’une visite en compagnie du directeur général. Les marchés Maisonneuve et Atwater emboîteront le pas.
Publié à 2h54 Mis à jour à 5h00
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Charles-Éric Blais-Poulin Équipe d’enquête, La Presse
Au mois de novembre dernier, La Presse avait révélé que des tonnes de fruits et de légumes – qu’ils soient encore comestibles ou pas – atterrissaient chaque semaine dans les conteneurs à déchets du marché Jean-Talon, faute de bacs de compost à la disposition des marchands1.
Depuis la parution de l’article, l’Association québécoise Zéro Déchet et l’organisme Mères au front ont multiplié les gestes pour que la situation soit corrigée. Des militantes s’étaient notamment rendues au marché de l’avenue Henri-Julien au mois de mai pour sensibiliser les clients à une situation de gaspillage qu’elles jugeaient « inadmissible ».
PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE
Le marché Jean-Talon, à Montréal
Voilà que 17 bacs bruns ont officiellement fait leur entrée dans la principale salle des déchets, une première phase dans l’attente d’infrastructures mieux adaptées aux matières organiques, par exemple en ce qui concerne la réfrigération.
« La pression a monté, oui, mais en même temps, tout le monde comprend les défis », souligne Nicolas Fabien-Ouellet, directeur général des Marchés publics de Montréal, en nous présentant les nouvelles installations.
Ce qui est beaucoup ressorti des discussions, c’est l’apport que les marchés publics peuvent avoir dans le système alimentaire, mais aussi dans le “manger autrement”, dans l’idée d’être le plus zéro déchet possible. C’est clair que c’est en adéquation avec nos valeurs.
Nicolas Fabien-Ouellet, directeur général des Marchés publics de Montréal
Le nouveau système de tri imposé depuis le début de l’été à la centaine de marchands est clairement énoncé sur une imposante affiche. L’étape prioritaire est de remettre les fruits et légumes invendus à l’organisme de récupération alimentaire La récolte engagée, qui redistribue les denrées à la communauté.
PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE
Nicolas Fabien-Ouellet, des Marchés publics de Montréal, montre des raisins qui seront redistribués par l’organisme La récolte engagée.
Tous les excédents et les restes qui ne sont pas comestibles doivent désormais être dirigés vers les bacs de compost, et non vers le conteneur à déchets. Les marchands qui ne respectent pas les règles de tri s’exposent à une amende de 500 $.
Ce système de collecte doit être répliqué au marché Atwater – il a reçu sept bacs de compost et bénéficie de la récupération alimentaire de l’organisme Partageons l’espoir – et au marché Maisonneuve, où la gestion des matières organiques fait l’objet de discussions avec la Ville de Montréal.
Le but, à terme, est d’éliminer complètement le gaspillage alimentaire dans les marchés publics de la métropole, explique leur directeur général. Jusqu’à ce jour, quelque 330 tonnes de déchets organiques générés par le marché Jean-Talon prenaient le chemin du dépotoir chaque année.
PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE
Le marchand Jérôme Arlabosse montrant des brocolis encore comestibles destinés au dépotoir, en novembre dernier
La Presse avait constaté lors d’une visite en novembre que des fruits et légumes étaient jetés alors qu’ils étaient encore aptes à la consommation. Le marchand Jérôme Arlabosse, de la Crêperie du marché, dénonçait l’inertie de l’administration dans le dossier.
Contraintes logistiques et commerciales
En matière d’éducation publique, l’institution inaugurée en 1933 a été prompte à promouvoir le compostage, par exemple par l’entremise d’ateliers dès 2008 et par la distribution de milliers de sacs de compost gratuits année après année.
Pourquoi la direction a-t-elle attendu si longtemps avant de montrer l’exemple ? En raison de contraintes logistiques et commerciales, selon Nicolas Fabien-Ouellet.
Le haut lieu de l’économie sociale ne cadre pas avec la collecte sélective des matières organiques de la Ville de Montréal, tandis que les fournisseurs privés ont tardé à trouver une solution de rechange satisfaisante, explique-t-il. C’est finalement l’entreprise Matrec qui a pu répondre aux besoins spécifiques du marché quatre saisons.
PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE
Nicolas Fabien-Ouellet, directeur général des Marchés publics de Montréal
Le fournisseur apporte des bacs propres et secs et il repart avec les bacs pleins pour les traiter et les rapporter à la collecte suivante. C’est un système qui réduit la gestion pour nous et qui garantit des installations propres et sécuritaires.
Nicolas Fabien-Ouellet, directeur général des Marchés publics de Montréal
Grâce à un financement de la Ville de Montréal, l’administration s’est adjoint les services du cabinet environnemental Stratzer pour sensibiliser et aiguiller les marchands à l’égard des nouvelles consignes.
Un premier pas
Outre la réfrigération des salles et l’installation de compacteurs, un prochain volet consistera à offrir une option de compostage aux clients contraints de jeter leurs résidus de table, « un défi dans le traitement de la matière », soutient le patron des lieux, Nicolas Fabien-Ouellet.
PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE
Nathalie Ainsley lors d’une mobilisation contre l’absence de compostage au marché Jean-Talon, en mai dernier
En compagnie d’autres militantes, Nathalie Ainsley, présidente du conseil d’administration de l’Association québécoise Zéro Déchet et membre de Mères au front, a rencontré la direction du marché Jean-Talon et a eu droit à une visite des nouveaux équipements de compostage.
Tout en soulignant que les deux organismes vont veiller au suivi des prochaines étapes, elle salue l’ouverture de la direction. Le dénouement positif, dit-elle, « est une preuve que l’action collective paie ». « Le dossier du compostage était quelque part dans les priorités, mais on sent qu’il est revenu sur le dessus de la pile. [L’article de La Presse et notre mobilisation] ont beaucoup accéléré les choses. On en est bien fières. »
1. Lisez « Marché Jean-Talon : à la traîne pour le compostage »
Au Téléjournal
Des scientifiques à la recherche de l’hydrogène blanc au Québec
On connaît l’hydrogène gris, bleu et vert, fabriqué à partir d’eau ou d’énergie fossile. Mais voilà que de plus en plus de scientifiques s’intéressent à l’hydrogène blanc, qui est créé naturellement, sous terre.
Des chercheurs croient que le sous-sol du Québec pourrait contenir des quantités importantes de ce combustible, qui pourrait contribuer à diminuer les émissions de gaz à effet de serre.
Les explications de Camille Carpentier
Waga Energy continue son expansion au Québec en démarrant la production de gaz naturel renouvelable (GNR) à partir d’un troisième site d’enfouissement, soit celui de Cowansville. L’entreprise française planche sur deux autres projets pour extraire le gaz de la matière organique qui représente toujours « plus de 50 % » des ordures ménagères enfouies dans la province.
Résumé
Cowansville Waga Energy ajoute un troisième site de production de gaz naturel renouvelable
PHOTO FOURNIE PAR WAGA ENERGY
Avec le site de Cowansville, Waga Energy ajoute une production frôlant 3 millions de m3 portant à 13,5 millions de m3 qu’elle injecte maintenant dans le réseau du distributeur Énergir.
Waga Energy continue son expansion au Québec en démarrant la production de gaz naturel renouvelable (GNR) à partir d’un troisième site d’enfouissement, soit celui de Cowansville. L’entreprise française planche sur deux autres projets pour extraire le gaz de la matière organique qui représente toujours « plus de 50 % » des ordures ménagères enfouies dans la province.
Publié à 12h15
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« Notre technologie a été développée pour les sites [d’enfouissement] de petites et moyennes tailles. Et on arrive à se déployer assez rapidement, parce que dans les faits, on fait un copier-coller d’un même procédé », déclare Julie Flynn, présidente-directrice générale de Waga Energy Canada.
Cette technologie baptisée Wagabox – de type « brancher et utiliser » – a permis à l’entreprise d’étendre en peu de temps ses activités dans la province. L’entreprise produit déjà du GNR à partir des déchets enfouis dans les sites de Saint-Étienne-des-Grès en Mauricie et celui de Chicoutimi au Saguenay.
Avec le site de Cowansville, Waga Energy ajoute une production frôlant 3 millions de m3 portant à 13,5 millions de m3 qu’elle injecte maintenant dans le réseau du distributeur Énergir. Cela équivaut au volume de GNR nécessaire pour alimenter plus de 8000 foyers québécois.
Le lieu d’enfouissement de Cowansville traite actuellement jusqu’à 75 000 tonnes de déchets par an, provenant de la MRC de Brome-Missisquoi et des MRC limitrophes. C’est l’organisme public Zone-Éco – administré par les municipalités de Bedford, Cowansville, Dunham et Farnham – qui en assure la gestion.
L’entreprise planche actuellement sur le développement de deux autres projets au Québec, qu’elle ne veut pas détailler pour le moment. Au fil des ans, réitère Mme Flynn, le producteur s’est spécialisé dans la captation et l’épuration du gaz qu’émet la matière organique qui n’a pas été détournée des sites d’enfouissement par les « bacs bruns » des systèmes de collectes de résidus alimentaires.
« Il va rester des couches, peut-être des carcasses de poulet ou de certains matériaux de construction comme du bois… Il reste plusieurs types de matières qui ne sont pas toujours déviées dans le compost et qui vont être enfouies », explique-t-elle. En se décomposant, ces matières peuvent émettre du gaz pour une période qui s’étire « entre 10 et 15 ans ».
Au Québec, la mise en place des systèmes de collectes de matières organiques est loin de détourner l’ensemble de ce type de résidus des dépotoirs. « On sait qu’il y a un ratio d’au moins 50 % des ordures ménagères qui est de la matière qui va produire du gaz dans les années qui vont venir », relate Julie Flynn.
Certes, l’encadrement plus serré du gouvernement du Québec pour détourner la matière organique des sites d’enfouissement laisse entrevoir une décroissance de la production dans les prochaines années. « Dans nos modélisations, on sait qu’il y aura certainement une décroissance de la matière organique », dit-elle, ajoutant du même souffle. « Ce que les chiffres disent, malheureusement encore, c’est que le détournement de la matière organique se situe seulement entre 35 % et 40 % », indique-t-elle.
Avec son projet de loi sur les mines, le gouvernement Legault limite à 15 ans le suivi environnemental effectué par l’industrie à la suite des travaux de réaménagement des sites détruits par l’activité minière, après quoi « les contribuables se retrouveront avec la facture », déplore la Coalition Québec meilleure mine.
Résumé
Prise en charge des sites miniers fermés Un « recul net » environnemental, selon Québec meilleure mine
PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE
Le Québec compte plus de 400 sites miniers abandonnés.
(Québec) Avec son projet de loi sur les mines, le gouvernement Legault limite à 15 ans le suivi environnemental effectué par l’industrie à la suite des travaux de réaménagement des sites détruits par l’activité minière, après quoi « les contribuables se retrouveront avec la facture », déplore la Coalition Québec meilleure mine.
Publié à 2h04 Mis à jour à 7h00
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« C’est une question de justice fiscale : ça nous saute aux yeux que ceux qui vont se retrouver avec la facture pour les suivis après ces 15 ans, ce sont les contribuables. Et le ministère des Ressources naturelles est complètement débordé et n’a aucune capacité pour faire le suivi sur les sites miniers », affirme le porte-parole de la Coalition Québec meilleure mine, Rodrigue Turgeon, en entrevue avec La Presse.
En mai dernier, la ministre des Ressources naturelles, Maïté Blanchette Vézina, a présenté sa réforme de la Loi sur les mines, qui doit freiner la spéculation des claims miniers, les interdire sur les terres privées, et rendre obligatoire la tenue d’une consultation du BAPE pour tous les projets de mine.
Pour M. Turgeon toutefois, cette pièce législative cache des « reculs environnementaux ». Il cite l’article 90 de la loi, qui précise que lorsque le ministre se « déclare satisfait des travaux de réaménagement et de restauration », à la suite de la fermeture d’une mine, le propriétaire du site doit effectuer le suivi des travaux pour une durée de temps qui « ne peut cependant excéder 15 ans ».
Au cabinet de la ministre, on estime plutôt qu’« une durée de 15 ans est raisonnable pour le suivi des travaux ». « Le projet de loi propose de donner la possibilité d’exiger, après l’écoulement du délai de 15 ans, le versement d’une compensation financière pour assurer les frais s’il y a encore des infrastructures ou du suivi et entretien à réaliser sur les terres publiques », affirme l’attachée de presse de la ministre, Gabrielle Côté.
« Il est important de rappeler que l’un des objectifs du projet de loi est de s’assurer que le passif minier sous la responsabilité de l’État n’augmente pas », a-t-elle ajouté.
Rodrigue Turgeon juge toutefois cette mesure insuffisante. Il souligne qu’il y a parfois des problèmes qui peuvent survenir après ce délai, et estime que certains plans de restauration peuvent être défaillants.
Contaminants
« Les sites miniers à restaurer sont chargés de contaminants et de substances toxiques entassés dans un lieu, qui est séparé du reste de l’environnement par des structures humaines, comme des digues, des membranes, ou de l’asphalte, par exemple. Mais ces structures ne sont pas infaillibles, à l’échelle du temps et des évènements climatiques extrêmes », explique M. Turgeon.
Il cite en exemple le projet de mine de Lithium Baie-James, « dont les eaux de contacts se chargeront en arsenic pendant plus de cent ans après l’arrêt des opérations ».
En plus du coût pour les contribuables – il indique que le Québec compte déjà plus de 400 sites miniers abandonnés, et que les frais de réhabilitation de ces sites s’élèvent à plusieurs milliards de dollars –, M. Turgeon se questionne sur la capacité du ministère des Ressources naturelles de s’acquitter de cette tâche.
Pas d’expertise
« Le Ministère n’a pas la compétence, l’expertise et la main-d’œuvre, et on aura ces sites à notre charge pour des décennies. Est-ce qu’on doit s’attendre à ce que le promoteur, ça soit à sa charge pendant des décennies ? La réponse c’est oui », laisse-t-il tomber.
« Ce qu’on demande, c’est d’ajouter la possibilité pour le ministre que, malgré l’expiration des 15 ans, il ne libère pas la compagnie s’il a des craintes que la situation sur le site se dégrade », explique M. Turgeon.
La Coalition montre du doigt deux autres « reculs nets » environnementaux : le transfert de la responsabilité des chemins miniers du ministère des Transports vers le ministère des Ressources naturelles, ce qui risque selon l’organisme de provoquer une « accélération de la création de chemins au détriment des consultations locales, et une exemption donnée à l’industrie forestière pour obtenir un bail d’exploitation de substances minérales de surface pour construire des chemins forestiers ».
L’entreprise québécoise Tugliq Énergie projette un train à hydrogène pour transporter les marchandises d’industriels du secteur minier sur la Côte-Nord, a appris La Presse. Le coût de l’initiative se chiffrerait en dizaine de millions de dollars.
Résumé
Côte-Nord Projet de train à hydrogène pour le transport minier
PHOTO JOSIE DESMARAIS, LA PRESSE
Le projet de train à hydrogène serait développé à Sept-Îles, desservie par deux voies ferrées.
L’entreprise québécoise Tugliq Énergie projette un train à hydrogène pour transporter les marchandises d’industriels du secteur minier sur la Côte-Nord, a appris La Presse. Le coût de l’initiative se chiffrerait en dizaine de millions de dollars.
Publié à 2h04 Mis à jour à 6h00
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« C’est quelque chose qui est plus qu’un concept », confirme Laurent Abbatiello, PDG de Tugliq Énergie, questionné sur le développement d’un train à hydrogène sur la Côte-Nord.
« Il reste des ficelles à attacher », précise-t-il, avançant que l’entreprise travaille avec des partenaires – dont de futurs utilisateurs du train à hydrogène – pour réaliser le projet. Il refuse toutefois d’en révéler les noms. « On reste dans le secteur minier, qui est un secteur dans lequel on a de bonnes connaissances, où on sait et on aime travailler », dit-il.
Le projet de train à hydrogène serait développé à Sept-Îles. La ville côtière est desservie par deux voies ferrées. Le chemin de fer de la Côte-Nord et du Labrador (QNS&L) – propriété de la Compagnie Iron Ore du Canada – rejoint le Labrador en passant par Schefferville. Pour sa part, le chemin de fer Arnaud relie QNS&L au port de Pointe-Noire, à Sept-Îles.
Dans le registre des lobbyistes du Québec, Tugliq avance vouloir obtenir un appui financier du gouvernement provincial oscillant entre 10 millions et 15 millions. Cette somme pourrait représenter plus de 10 % du coût total du projet, qui « ne devrait pas dépasser 100 millions de dollars ».
« On sait que les émissions de CO2 au Québec viennent en grande partie du transport, et 50 % des émissions du transport viennent du transport lourd comme les camions ou le train », dit Laurent Abbatiello.
Décarbonation
La locomotive serait alimentée par une pile à combustible à hydrogène, technologie qui permet de produire de l’électricité grâce à une réaction chimique entre les molécules d’hydrogène et d’oxygène. « Nous, on n’a pas la vocation de développer les technologies, mais plutôt d’étudier le contexte dans lequel on souhaite l’utiliser », rappelle-t-il.
L’entreprise s’est fait connaître dans les dernières années pour la décarbonation partielle des opérations de la mine Raglan qu’exploite Glencore dans la péninsule d’Ungava, au Nunavik. Outre une éolienne d’une puissance de trois mégawatts, Tugliq y a d’ailleurs installé une boucle à hydrogène avec électrolyseur et piles à combustible pour un stockage à long terme.
L’hydrogène « n’est pas une mode » pour Tugliq, assure son PDG : « On n’est pas tombés dans l’hydrogène il y a deux semaines. Notre première installation à l’hydrogène a été à la mine Raglan, il y a 11 ans maintenant. »
Le fondateur de Tugliq, Pierre Rivard, a d’ailleurs cofondé et dirigé pendant plusieurs années Hydrogenics, un fabricant de piles à combustible et de produits utilisés dans la production d’hydrogène, racheté par Cummins en 2019.
L’approvisionnement se ferait à partir d’hydrogène « produit localement avec de l’énergie verte, par électrolyse », dit-il, sans toutefois révéler les producteurs potentiels. Quelques projets de production ont été évoqués dans les dernières années, dont celui de l’entreprise allemande Hy2gen qui a obtenu en juin un bloc d’électricité de Québec pour son projet de production d’hydrogène à Baie-Comeau.
Tugliq Énergie en bref
- Fondée en 2011, Tugliq Énergie bâtit et gère des infrastructures d’énergies propres près d’infrastructures industrielles pour réduire leur dépendance au pétrole.
- Le gouvernement du Québec a accordé l’automne dernier 5 millions à Tugliq Énergie pour soutenir sa croissance.
Notre sélection de nouvelles environnementales d’ici et d’ailleurs. LP
Résumé
L’actualité verte de la semaine
PHOTO TIRÉE DE WIKIPÉDIA
Pygargue à queue blanche
Notre sélection de nouvelles environnementales d’ici et d’ailleurs.
Publié à 2h12 Mis à jour à 6h00
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Jean-Thomas Léveillé La Presse
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Quelle est l’amende infligée à un Français accusé d’avoir tué un aigle protégé ?
61 301 euros. En plus de cette somme, qui équivaut à 91 593 $ CAN, l’accusé a été condamné, mercredi à Grenoble, à quatre mois de prison avec sursis. Le chasseur de 35 ans avait abattu en février une femelle pygargue à queue blanche, une espèce d’aigle protégée et en voie de disparition dont il ne reste qu’une trentaine d’individus en France. L’oiseau, qui portait une bague télémétrique, avait été réintroduit dans la nature quelques mois plus tôt après avoir été élevé dans le cadre d’un programme national scientifique.
COP29 : Blocage sur l’aide financière climatique
PHOTO RAFIQ MAQBOOL, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
Moukhtar Babaïev
Les négociations visant à établir le futur montant de l’aide financière climatique que les pays riches devront verser à ceux en développement n’ont pas encore produit « les progrès nécessaires », a déploré mercredi le président de la 29e conférence des Nations unies sur le climat (COP29), qui se tiendra en novembre en Azerbaïdjan. « Nous appelons toutes les parties à accélérer et à dépasser leurs positions de négociations initiales », écrit Moukhtar Babaïev dans sa première lettre officielle aux quelque 200 nations qui y participeront, demeurant toutefois muet sur l’accélération de la sortie du pétrole, du charbon et du gaz, défendu par l’Azerbaïdjan comme « énergie de transition ».
Avec l’Agence France-Presse
Appel à un cessez-le-feu mondial pour la COP29
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Un panache de fumée s’élève à la suite d’une frappe israélienne sur le village de Jibbain, au Liban.
L’Azerbaïdjan appelle à un cessez-le-feu mondial d’un mois à l’occasion de la 29e conférence des Nations unies sur le climat (COP29), qu’il accueillera en novembre. « Cette initiative s’inspire de la trêve des Jeux olympiques », a expliqué le vice-ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères et négociateur en chef de la COP29, Yalchin Rafiyev. L’appel à une trêve n’est pas « seulement destiné à promouvoir la paix » ; il est aussi motivé par le fait que « les activités militaires sont la source de 5 à 6 % des émissions mondiales », a-t-il ajouté.
Cercle polaire : incendies de forêt plus nombreux et plus intenses
PHOTO ROMAN KUTUKOV, REUTERS
Incendie de forêt dans la république de Sakha, en Sibérie
Les incendies de forêt s’intensifient dans le cercle polaire en Sibérie et au Canada, selon l’observatoire européen Copernicus, qui observe des rejets très élevés de carbone, si tôt dans l’été. « La première quinzaine de juillet » a vu une « intensification remarquable des émissions [de carbone] provenant des feux de végétation dans l’Extrême-Orient de la Russie et les régions boréales d’Amérique du Nord, attisés par des températures et une sécheresse au-dessus des normales », après un mois de juin marqué par une intensité exceptionnelle, affirme le Service de surveillance de l’atmosphère de Copernicus, dans un bulletin publié mardi.
Avec l’Agence France-Presse
Le changement climatique allonge les journées
PHOTO ERIC FEFERBERG, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE
Coucher de soleil sur Paris
Le changement climatique ralentit très légèrement la rotation de la Terre, allongeant les journées de quelques millisecondes, révèle une étude publiée le 15 juillet. Le phénomène est dû à l’arrivée dans les régions équatoriales d’eau froide provenant de la fonte des glaces dans les régions polaires. Ce changement dans la distribution des masses sur la planète a un effet sur la façon dont la Terre tourne. L’influence du changement climatique pourrait éventuellement surpasser l’effet de la Lune, qui a aussi ralenti la rotation de la Terre depuis plusieurs milliards d’années. Ces changements peuvent sembler minimes, mais ils ont de grandes implications pour la navigation terrestre et spatiale, indiquent les auteurs de l’étude.
Avec l’Agence France-Presse
https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2024-07-22/l-actualite-verte-de-la-semaine.php
Le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) tente de concevoir des ouvrages qui apportent plus de bienfaits à la nature lors de travaux de stabilisation de berges en incorporant des phytotechnologies, aussi connues comme génie végétal, dans ses projets.
Le terme phytotechnologie est large. Il inclut toutes les utilisations de plantes vivantes destinées à résoudre des problèmes environnementaux.
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Des phytotechnologies verdissent les ouvrages du ministère des Transports
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Photo : Radio-Canada / Bruno Giguère
Publié à 5 h 52 HAE
Le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) tente de concevoir des ouvrages qui apportent plus de bienfaits à la nature lors de travaux de stabilisation de berges en incorporant des phytotechnologies, aussi connues comme génie végétal, dans ses projets.
Le terme phytotechnologie est large. Il inclut toutes les utilisations de plantes vivantes destinées à résoudre des problèmes environnementaux.
Dans le cas des stabilisations de berges, c’est les capacités mécaniques, si l’on veut, des racines qui vont maintenir ensemble les particules du sol, explique le biologiste au MTMD, Jérôme Guay, au MTMD.
Quand les équipes du MTMD ont commencé des travaux d’urgence près du pont de la 138 au-dessus de la rivière des Mares à Baie-Saint-Paul, il aurait été relativement simple de stabiliser les berges selon la recette standard autrement dit de l’enrochement classique. Mais les ingénieurs ont plutôt opté pour des méthodes non standards incluant des phytotechnologies.
Des travaux d’urgence ont été nécessaires le long de la rivière des Mares, à Baie-Saint-Paul. (Archives)
Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc
On a eu la collaboration de nos collègues ingénieurs dès les premières secondes de l’état d’alerte pour intégrer la composante environnementale et la composante paysagère à la solution qui allait être retenue, se remémore Jérôme Guay, biologiste au MTMD.
Plusieurs mètres des berges de la rivière avaient été emportés par la rivière déchaînée lors des inondations historiques du 1 mai 2023. Le pont avait broyé des roulottes du camping le Genévrier, et même un cabanon en bois a sombré devant le regard incrédule des Charlevoisiens et la lentille d’un caméraman de Radio-Canada.
La crue de la rivière des Mares a emporté une partie de la route 138, à Baie-Saint-Paul. (Photo d’archives)
Photo : The Canadian Press / Jacques Boissinot
Parmi les gros blocs de roc le long des berges, une bande de plançons de saules est désormais visible. Un an après les travaux, ces arbustes en devenir n’ont pas l’air de grand-chose, mais le biologiste s’attend que d’ici quelques saisons la zone enrochée aura une toute autre allure. Les saules vont pousser à une hauteur de deux ou trois mètres pour recouvrir les cailloux tout en créant de l’ombre sur l’eau.
Les plançons de saules entre les cailloux atteindront une hauteur de deux ou trois mètres. Si un tapis de trèfles et des petites fleurs jaunes recouvrent le sol maintenant, plus tard des arbres y seront plantés.
Photo : Radio-Canada / Marika Wheeler
C’était important pour nous de rendre l’aspect naturel qui est caractéristique de la région de Charlevoix. L’autre aspect qui a pesé lourd dans notre décision c’est que la rivière des Mares est fréquentée par le saumon atlantique, une espèce très valorisée et qui est une espèce dont l’habitat est très sensible aux perturbations anthropiques comme l’enrochement.
Une citation de Jérôme Guay, biologiste au MTMD
Quand elles sont appliquées dans des projets de stabilisation de berges, les phytotechnologies permettent de recréer un écotone riverain qui est la frontière entre les habitats terrestre et aquatique, explique le biologiste. Cette zone devient fréquentée par des oiseaux, des invertébrés et autres animaux. Cette zone aide aussi à capter des matières en suspension et des contaminants dans les eaux de ruissellement.
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Les travaux effectués en 2019 près de la rue Hibernia à Val-Bélair ont utilisé plusieurs techniques de phytotechnologie.
Photo : Gracieuseté: ministère des Transports et de la Mobilité Durable
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Cinq ans plus tard, les saules et autres végétaux sont bien enracinés. Si des méthodes habituelles avaient été employées, un enrochement aurait été placé sur plusieurs dizaines de mètres le long de la rive.
Photo : Radio-Canada / Marika Wheeler
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Cinq ans plus tard, les saules et autres végétaux sont bien enracinés. Si des méthodes habituelles avaient été employées, un enrochement aurait été placé sur plusieurs dizaines de mètres le long de la rive.
Photo : Radio-Canada / Marika Wheeler
Les travaux effectués en 2019 près de la rue Hibernia à Val-Bélair ont utilisé plusieurs techniques de phytotechnologie.
Photo : Gracieuseté: ministère des Transports et de la Mobilité Durable
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Utilisation des phytotechnologies
Les phytotechnologies existent depuis des décennies, mais le MTMD utilise cette technique dans une petite proportion pour ses projets. Depuis 2014, ils sont une composante de huit projets réalisés par la Direction générale de la Capitale-Nationale.
Un entretien est nécessaire pour s’assurer que les plantes utilisées lors des techniques de phytotechnologie prennent racine. Ce site a été mis en place, il y a un an.
Photo : Radio-Canada / Marika Wheeler
L’absence de standardisation des phytotechnologies, le manque de recherche dans un contexte québécois et le manque de formation des ingénieurs agissent comme des freins à leur utilisation dans plus de projets, explique Chloé Frédette, la présidente de la Société québécoise de phytotechnologies.
On n’a pas encore de documents à ma connaissance, qui permettent aux ingénieurs de réaliser des ouvrages de phytotechnologies avec des calculs techniques prédéterminés. Eux, ils sont habitués à travailler avec des méthodes de calcul qu’ils ont appris dans leurs formations, mais la phytotechnologie n’est pas encore rendue à ce stade-là au Québec.
Cette documentation existe notamment en France et aux États-Unis, ajoute-t-elle, mais le contexte québécois, avec ses milieux côtiers et riverains assujettis aux effets de glaces et marées, fait en sorte que de la recherche reste à faire.
Je connais une personne qui fait des travaux de recherche sur les effets des glaces sur les ouvrages de phytotechnologies […] mais sur la résistance mécanique et les calculs d’ingénierie reliés à ces techniques-là je ne connais personne qui fait de la recherche là-dessus. Donc, oui évidemment, il faut faire des projets pilotes puis bien les suivre, mais justement il ne faut pas hésiter à combiner ces projets pilotes là avec des protocoles de recherche.
Si des phytotechnologies n’avaient pas été utilisées sur ce site, un enrochement comme celui le long du pont aurait été installé sur quelques dizaines de mètres.
Photo : Radio-Canada / Marika Wheeler
Jérôme Guay aimerait voir l’utilisation des phytotechnologies inscrites au corpus normatif du ministère des Transports, mais les projets doivent faire leurs preuves et une expertise est à développer.
On travaille pour s’y rendre. On a besoin de former davantage les ingénieurs, que ce soit à l’école ou dans leur milieu professionnel. Il y a peu de firmes [de génie-conseil] qui sont capables d’offrir une expertise vraiment de confiance en matière de conception, il y a encore peu d’entrepreneurs aussi qui sont capables de bien comprendre les tenants et aboutissants de ces techniques-là sur les chantiers de conception.
Les coûts
Si, généralement, les matériaux requis dans des projets de phytotechnologies sont moins coûteux que l’enrochement classique, l’expertise de professionnels est requise. Le travail d’implantation est délicat et demande plus de temps et plus d’entretien durant les premières années d’implantation.
Une équipe installe des branches de végétaux lors de travaux de stabilisation de berges utilisant des techniques de phytotechnologie.
Photo : Gracieusté: ministère des Transports et de la Mobilité Durable
Les coûts sont généralement égaux, ou voire moindre, donc c’est vraiment de démocratiser ces techniques-là qui offre un paquet de co-bénéfices qui sont super importants, par rapport à une technique qui est probablement plus simple et immédiate, du moins du point de vue de l’ingénieur, mais qui n’a aucun co-bénéfice associé, explique Chloé Frédette.
Utilisation plus large
Au-delà des projets de stabilisation des berges, ces techniques sont utilisées par le MTMD pour créer des haies brise-vent pour limiter la poudrerie, ou pour la phytoremédiation où des plantes sont utilisées pour assainir le sol ou encore des eaux contaminées.
Depuis cinq ou six ans, Jérôme Guay considère que la direction générale du MTMD dans la Capitale-Nationale tente d’identifier tous les projets qui sont propices à l’utilisation des phytotechnologies. Selon lui, ce changement est nécessaire.
Ça permet de faire un projet avec une vision globale qui intègre mieux dans son contexte environnemental, qui va rendre, au bout du compte, davantage de services à la population générale que la solution de base.
Certaines nouvelles sont tout simplement décourageantes pour l’avenir de l’environnement et le climat ![]()
Alors que tout le monde parle de transition énergétique, l’industrie pétrolière américaine nage dans l’argent. Jamais elle n’a extrait autant de brut du schiste du sous-sol texan. LP
Résumé
Il y a un boom dans le secteur pétrolier, et voici pourquoi
PHOTO DÉSIRÉE RIOS, THE NEW YORK TIMES
Un derrick d’Elevation Resources, un producteur de pétrole et de gaz, qui fore dans le plus grand champ pétrolifère d’Amérique, le bassin permien, dans l’ouest du Texas.
Alors que tout le monde parle de transition énergétique, l’industrie pétrolière américaine nage dans l’argent. Jamais elle n’a extrait autant de brut du schiste du sous-sol texan.
Publié le 19 juillet
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Rebecca F. Elliott The New York Times
Le forage horizontal et la fracturation hydraulique ont été déficitaires durant des années, mais l’or noir n’est plus dans le rouge : les pétrolières font beaucoup d’argent et les États-Unis sont le premier producteur mondial. Les actions d’Exxon Mobil, de Diamondback Energy et d’autres entreprises atteignent ou frôlent des niveaux record.
Le prix a monté
Le redressement post-pandémique du secteur s’explique essentiellement par les forces du marché, mais la guerre de la Russie en Ukraine est aussi un facteur. Aux États-Unis, le baril de pétrole vaut environ 80 $ en moyenne depuis le début de 2021. C’était environ 53 $ depuis 1997.
Un prix et une demande aussi élevés suggèrent que le passage aux énergies vertes et à l’auto électrique sera plus long et plus compliqué que ne l’espéraient les écologistes et certains dirigeants mondiaux.
Il n’y a pas que le prix. Sous la pression de Wall Street, qui exigeait de meilleurs rendements financiers, les pétrolières qui ont survécu aux années de vaches maigres ont cessé d’emprunter à tout-va pour financer l’exploitation du pétrole de schiste. Elles ont réduit leurs dépenses et leurs coûts en sabrant les effectifs et en automatisant leurs activités.
PHOTO DÉSIRÉE RIOS, THE NEW YORK TIMES
Depuis 2021, les puits de pétrole et de gaz des 48 États continentaux ont généré plus de 485 milliards de dollars de flux de trésorerie disponible.
Depuis 2021, les puits de pétrole et de gaz des 48 États continentaux ont généré plus de 485 milliards de dollars de flux de trésorerie disponible (l’argent qui reste après les dépenses d’exploitation et les nouveaux projets), estime Rystad Energy, une société de recherche et de conseil. Durant la décennie 2010, le secteur avait dépensé 140 milliards de plus que ce qu’il avait encaissé.
Fini les marins soûls
« On nous traitait de marins soûls », dit Steve Pruett, PDG du producteur de pétrole et de gaz Elevation Resources, de Midland, au Texas, une plaque tournante de l’industrie dans le bassin permien. « J’ai bon espoir que ce n’est plus notre réputation. »
Curieusement, le succès financier des pétrolières américaines est orphelin politiquement : ni le président Joe Biden ni l’ancien président Donald Trump n’en parlent.
Comme Joe Biden prône la lutte contre le changement climatique, il s’est fait discret envers la prospérité renouvelée qu’amène le pétrole. Par contre, sa campagne s’attribue le mérite d’avoir fait baisser le prix de l’essence, après sa flambée en 2022, quand les Russes ont envahi l’Ukraine.
M. Trump présente le secteur pétrolier comme une victime que lui seul peut sauver, alors il ne dit mot sur ses succès. Il promet, s’il est élu, de mettre la hache dans les initiatives climatiques de M. Biden et d’encourager les sociétés pétrolières à forer partout… ce qui pourrait faire baisser les prix et les profits.
PHOTO DÉSIRÉE RIOS, THE NEW YORK TIMES
Le pétrole est une part moins importante du bouquet énergétique mondial, mais la demande continue de grimper.
Les conséquences environnementales de l’embellie du secteur pétrolier sont mitigées. La production et la combustion du pétrole libèrent des gaz à effet de serre qui réchauffent la planète. Mais du pétrole plus cher rend plus attrayantes les énergies plus propres, observe Samantha Gross, directrice à la Brookings Institution, un groupe de recherche non partisan.
« L’abandon du pétrole ne sera pas causé par un tarissement de l’offre, par une pénurie, prédit Mme Gross. Il y en a en masse. C’est la demande qui va baisser. »
Ce n’est pas demain la veille. Le pétrole est une part moins importante du bouquet énergétique mondial qu’avant la pandémie, en partie à cause de l’essor des véhicules électriques. Mais la demande en pétrole continue de grimper. Elle a atteint un record de plus de 100 millions de barils par jour en 2023, soit une hausse de 2,6 % par rapport à 2022, selon la Statistical Review of World Energy.
Du Texas au Nouveau-Mexique
Le bassin permien est enfoui sous un vaste désert couvert de derricks et de cactus qui s’étend de l’ouest du Texas à l’est du Nouveau-Mexique. Il fournit 6,4 millions de barils de brut par jour, soit près de la moitié de la production totale des États-Unis.
PHOTO DÉSIRÉE RIOS, THE NEW YORK TIMES
Des chevalets de pompage près de Midland, au Texas, la plus grande ville du bassin permien.
Ici, le cycle des années fastes et des années maigres fait partie de la vie, l’économie évoluant en fonction du prix du brut.
Quand le baril de pétrole est à 80 $, les hôtels sont complets, les autoroutes sont encombrées de camions et le taux de chômage est faible : 2,4 % en mai dans la région de Midland (4,1 % sur le plan national en juin).
Selon les estimations fédérales, la production dans la région devrait augmenter de 8 % cette année par rapport à 2023.
« On va forer comme ça encore 40 ans », prédit Kyle Hammond, PDG de Permian Deep Rock Oil Co., un petit opérateur qui fore à l’horizontale des dizaines de puits de fracturation sous la ville de Midland.
D’imposantes barrières sonores protègent les quartiers environnants du bruit d’une génératrice et du bip-bip des camions qui reculent.
De nombreuses pétrolières misent gros sur le bassin permien. Exxon, plus grand producteur de la région, vise à y augmenter sa production de pétrole et de gaz d’environ 50 % d’ici la fin de 2027. « C’est le reflet de la demande », affirme Bart Cahir, qui dirige la division schiste d’Exxon.
PHOTO DÉSIRÉE RIOS, THE NEW YORK TIMES
Les festivités du 4 juillet à Midland étaient commanditées par les pétrolières.
Dur, dur d’être un sous-traitant
Cependant, la discipline budgétaire et l’automatisation des grandes pétrolières pèsent sur la rentabilité de leurs nombreux sous-traitants.
Fin 2018, les entreprises exploitaient environ 490 plateformes de forage dans le bassin permien et pompaient 4 millions de barils de pétrole par jour, selon les données fédérales. Aujourd’hui, elles produisent plus de 6 millions de barils avec environ 310 plateformes.
Cela fait mal au portefeuille des sous-traitants en forage et des sociétés qui hébergent les travailleurs qui se relaient sur les champs pétrolifères.
PHOTO DÉSIRÉE RIOS, THE NEW YORK TIMES
Un travailleur pétrolier hébergé par Crew Support Services, qui exploite une douzaine de complexes de maisons mobiles dans le bassin permien.
« Ce n’est pas comme avant, quand les entreprises sortaient le chéquier et ne regardaient pas à la dépense ; c’est plus tranquille », dit en soupirant John Odette, directeur de Crew Support Services, qui exploite une douzaine de complexes de maisons mobiles dans le bassin permien. Son taux d’occupation est de 85 %, mais les tarifs sont bien moindres qu’avant la pandémie, dit M. Odette. Une chambre à 100 $ la nuit en 2018 rapporte aujourd’hui entre 50 $ et 80 $.
Trop de gaz naturel, pas assez de pipelines
Si le prix est assez élevé pour que tout le monde fasse de l’argent avec le pétrole dans la région, tout n’est pas rose dans le gaz naturel : il y en a tellement ici qu’à certains moments, on ne sait plus où le mettre. Les gazoducs ne suffisent pas toujours à l’acheminer vers les marchés où la demande est forte.
Pendant plusieurs jours ce mois-ci, le prix du gaz naturel dans l’ouest du Texas a été négatif. Cela signifie qu’au lieu d’être payés pour le combustible, les producteurs ont dû payer d’autres entreprises pour le prendre.
PHOTO DÉSIRÉE RIOS, THE NEW YORK TIMES
Des ouvriers supervisant le processus de fracturation, dans un centre de contrôle installé dans une remorque sur un site de Permian Deep Rock à Midland
L’atonie des prix génère une certaine frustration dans le secteur envers le président Joe Biden, qui a suspendu cette année l’approbation de nouveaux terminaux d’exportation de gaz naturel. Ce mois-ci, un juge a ordonné à l’administration Biden de lever la suspension, mais des analystes estiment que cela ne change pas grand-chose à court terme. Même si tout se passe sans anicroche, planifier, autoriser et construire un terminal prend des années.
« Nous avons désespérément besoin de ces terminaux maintenant pour créer un marché pour le gaz », affirme Suzie Boyd, consultante établie à Midland qui aide les producteurs à vendre leur pétrole et leur gaz.
Au sein de l’industrie, la campagne présidentielle crée une certaine anxiété quant à l’avenir. La grande majorité des pétroliers sont républicains, mais certains reconnaissent que leur industrie se porte souvent mieux avec un démocrate à la Maison-Blanche. Les démocrates tendent à imposer des réglementations plus strictes, ce qui limite la production et maintient les prix plus élevés que dans un environnement plus favorable au laisser-faire.
Quel que soit le résultat de l’élection de novembre, l’avenir de l’industrie pétrolière dépend d’une question plus large : qu’adviendra-t-il de la demande mondiale ?
L’Agence internationale de l’énergie, une organisation multilatérale établie à Paris, s’attend à ce que la demande mondiale de pétrole atteigne son maximum avant la fin de la décennie, car de plus en plus de personnes et d’entreprises achètent des voitures électriques et ont recours à l’énergie éolienne et solaire. Mais de nombreux dirigeants du secteur pétrolier et l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) affirment que la consommation augmentera jusqu’en 2030, voire au-delà.
Cet article a été publié dans le New York Times.
Lisez cet article dans sa version originale
(en anglais ; abonnement requis)
Bah à ce que je voie aujourd’hui, tu veux que notre pays sois riche ? Alors allons vers le pétrole ! Parce qu’il en reste que 3 milles-milliards de litres de pétrole !
Résumé
L’actualité verte de la semaine
PHOTO ABDEL HADI RAMAHI, ARCHIVES REUTERS
Un homme prend une photo du coucher de soleil à Dubaï, aux Émirats arabes unis.
Notre sélection de nouvelles environnementales d’ici et d’ailleurs.
Mis à jour hier à 9h00
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Quiz
Quelle a été la température ressentie à Dubaï, le 19 juillet, à midi ?
- C’est à la limite de ce que le corps humain est capable de supporter. Au Canada, le gouvernement considère comme « extrêmement élevée » une température ressentie (humidex) supérieure à 40.
Ce jour-là, à Dubaï, la température de l’air n’était « que » de 41 °C, mais le taux d’humidité était de 61 %, ce qui a propulsé la température ressentie à ces sommets alarmants. Et ces conditions persistent depuis plusieurs jours. Or, dans de telles circonstances, la sueur peine à s’évaporer et le corps ne peut pas se refroidir, ce qui constitue un danger de mort.
D’autres régions du golfe Persique sont également touchées par ces conditions extrêmes, comme en Iran, au Koweït, en Irak et dans les Émirats arabes unis. La température de l’eau du golfe aurait, elle, atteint les 35 °C en surface.
De l’« oxygène noir » produit dans les abysses
Dans les abysses de l’océan Pacifique, des scientifiques ont découvert de l’« oxygène noir » produit par des nodules polymétalliques, de gros galets riches en métaux.
PHOTO TAMIR KALIFA, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES
Dans les abysses de l’océan Pacifique, des scientifiques ont découvert de l’oxygène provenant de galets riches en métaux.
Dans les profondeurs, il règne une obscurité totale qui empêche la photosynthèse et donc, la présence de plantes. Les abysses regorgent pourtant d’espèces animales uniques, et nombre d’entre elles pourraient dépendre de cet oxygène noir pour vivre. Les chercheurs indiquent que ces gros galets pourraient produire de l’oxygène selon l’épaisseur de la couche de sédiments qui les recouvre (article publié le 22 juillet dans Nature Geoscience). D’autres recherches seraient nécessaires pour le confirmer. Cela soulève la question des effets sur ces écosystèmes de la prospection pour l’exploitation minière sous-marine, qui perturberait les sédiments sur de vastes étendues dans les profondeurs.
Avec l’Agence France-Presse
Des flamants roses menacés par la sécheresse en Algérie
Des milliers de flamants roses migrent chaque année pour nicher dans le lac Tinsilt, à 450 kilomètres d’Alger. La disparition de la lagune sous l’effet de températures élevées a poussé les flamants adultes à partir, laissant sur place des œufs non éclos ou des poussins, dont beaucoup ont péri.
PHOTO AGENCE FRANCE-PRESSE
Un bénévole intervient auprès d’un flamant rose blessé et déshydraté près d’une lagune asséchée dans la région d’Ain Mlila, dans le nord-est de l’Algérie, le 19 juillet 2024, à la suite d’une opération de sauvetage menée par des résidents locaux.
Un groupe de bénévoles a décidé de transporter les poussins rescapés vers une autre zone humide, le lac Mahidiya, à une cinquantaine de kilomètres de là. Des villageois ont fourni leurs véhicules afin de transférer 283 flamants roses. L’opération fut un succès, et quelques heures après l’arrivée des poussins dans leur nouvel habitat, certains oiseaux adultes les ont rejoints. Les volontaires effectuent des rondes matin et soir pour suivre les poussins jusqu’à ce qu’ils se rétablissent et soient capables de voler.
Avec l’Agence France-Presse
Un herbicide prisé au Canada interdit en Europe
L’Union européenne a décidé fin décembre d’interdire l’utilisation du S-métolachlore, un herbicide utilisé dans les champs de maïs notamment. Les agriculteurs avaient jusqu’au 23 juillet pour écouler leurs stocks.
PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE
L’Union européenne a décidé fin décembre d’interdire l’utilisation du S-métolachlore, un herbicide utilisé notamment dans les champs de maïs.
Le S-métolachlore et ses dérivés étaient régulièrement retrouvés à des concentrations dépassant les normes dans l’eau potable, ainsi que dans les eaux souterraines et de surface. Or, ce produit s’accumule dans l’environnement et est très toxique pour les organismes aquatiques. Il est également suspecté de provoquer des cancers, ce qui soulève de nombreuses préoccupations. Ce désherbant fait pourtant partie des 10 herbicides les plus vendus au Canada. Plusieurs organismes (Ecojustice, Vigilance OGM et la Fondation David Suzuki) réclament son retrait du marché canadien, mais Santé Canada, qui a réévalué ses risques en février, a décidé qu’il n’y avait pas lieu de l’interdire.
La bataille pour l’or bleu de la rivière Shushica
Sous un soleil de plomb, la rivière Shushica irrigue une vallée du sud de l’Albanie. Il s’agit de l’un des affluents du fleuve Vjosa, auquel le gouvernement albanais a accordé en 2023 le statut de parc national, garantissant au fleuve et à ses affluents « le plus haut niveau de protection ».
PHOTO FLORION GOGA, ARCHIVES REUTERS
Un pont enjambe la rivière Shushica, affluent du fleuve Vjosa, en Albanie.
Or, un projet a été lancé en 2019 : il vise à construire un aqueduc permettant d’acheminer de l’eau d’une des sources de la rivière vers la côte, en plein essor touristique.
Des riverains, soutenus par plusieurs ONG internationales, demandent au gouvernement d’y renoncer. Le chantier a été mis à l’arrêt, dans l’attente d’une étude d’impact sur la biodiversité.
« La bataille pour l’or bleu est le plus grand défi de ce nouveau millénaire. Cette région de la Méditerranée orientale en sera l’une des plus touchées », souligne Ferdinand Bego, professeur des sciences naturelles à l’Université de Tirana.
Avec l’Agence France-Presse
https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2024-07-29/l-actualite-verte-de-la-semaine.php
Les tremblements de terre dévastateurs qui ont secoué l’ouest du Texas ces derniers jours étaient probablement causés par l’activité pétrolière et gazière dans une région qui subit des secousses depuis des décennies, selon l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS).
Résumé
Des séismes liés à l’activité pétrolière causent des dommages au Texas
PHOTO MIKE BLAKE, ARCHIVES REUTERS
Les tremblements de terre ont été introduits pour la première fois dans le centre des États-Unis par un processus dans lequel de l’eau est injectée dans le sol pour augmenter la production des réservoirs de pétrole.
Les tremblements de terre dévastateurs qui ont secoué l’ouest du Texas ces derniers jours étaient probablement causés par l’activité pétrolière et gazière dans une région qui subit des secousses depuis des décennies, selon l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS).
Publié le 29 juillet
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Dorany Pineda Associated Press
Une séquence qui a débuté en 2021 a été marquée vendredi par son plus grand séisme, d’une magnitude de 5,1 dans la zone la plus active du pays pour les séismes induits par les activités pétrolières et gazières, selon les experts. Les récents séismes ont endommagé des maisons, des infrastructures, des lignes électriques et d’autres biens, affaiblissant les fondations et fissurant les murs et les plafonds, ont affirmé des responsables.
Aucun blessé n’a été signalé, a indiqué le bureau de gestion des urgences de la ville de Snyder sur Facebook. Les autorités ont déclaré un désastre dans le comté de Scurry.
« La sécurité est notre priorité absolue pour tous nos résidants, et nous voulions donc nous assurer que nous avions toutes les ressources disponibles à portée de main si nous en avions besoin », a déclaré Jay Callaway, coordinateur de la gestion des urgences pour la ville de Snyder et le comté de Scurry. Il a ajouté que malgré les inquiétudes des résidants, une déclaration de catastrophe ne signifie pas qu’ils s’attendaient à une « catastrophe majeure ». Il a indiqué que le secteur avait continué à avoir de petites secousses lundi.
Il y a eu plus de 50 tremblements de terre d’une magnitude de 3 ou plus – les plus petits tremblements de terre généralement ressentis par les gens ont une magnitude de 2,5 à 3 – au cours de cette séquence sur plusieurs années, a déclaré Robert Skoumal, géophysicien de recherche à l’USGS, dans un courriel. Une séquence est généralement une série de tremblements de terre dans une région particulière attribuables aux mêmes activités, a-t-il expliqué.
Bien que celui de vendredi ait été le plus puissant de la séquence, les responsables ont également enregistré un récent séisme de 4,5, un autre de 4,9 le 23 juillet et un de 4,7 l’année dernière. Une conduite d’eau s’est rompue dans la ville de Snyder à cause d’un séisme la semaine dernière, a indiqué M. Callaway, mais le problème a été réparé.
« Cette partie particulière du bassin permien a une longue histoire de tremblements de terre provoqués par les opérations pétrolières et gazières, remontant au moins aux années 1970 », a déclaré M. Skoumal.
Le bassin permien, qui s’étend du sud-est du Nouveau-Mexique et couvre la majeure partie de l’ouest du Texas, est un vaste bassin connu pour ses riches gisements de pétrole, de gaz naturel et de potassium et est composé de plus de 7000 champs dans l’ouest du Texas. Il s’agit de la zone de séismes provoqués la plus active du pays et probablement du monde, selon l’USGS. Il existe de nombreuses façons dont les humains peuvent causer ou provoquer des tremblements de terre, mais la grande majorité des tremblements de terre dans cette catégorie dans le centre des États-Unis sont entraînés par les opérations pétrolières et gazières, a affirmé M. Skoumal.
Une région qui n’est pas naturellement sismique
Les tremblements de terre ont été introduits pour la première fois dans la région par un processus dans lequel de l’eau est injectée dans le sol pour augmenter la production des réservoirs de pétrole.
Quatre autres secousses d’une magnitude supérieure à 5 ont frappé l’ouest du Texas ces dernières années. Le plus puissant était à 5,4. « Ces quatre tremblements de terre ont été provoqués par l’évacuation des eaux usées », a indiqué M. Skoumal.
Une analyse plus approfondie est nécessaire pour confirmer la cause précise des tremblements de terre dans le secteur, mais comme la région n’est pas naturellement sismique et a une longue histoire de tremblements de terre provoqués, « ces récents tremblements de terre ont probablement également été causés par des opérations pétrolières et gazières », a dit M. Skoumal.
L’Oklahoma a connu une augmentation spectaculaire du nombre de tremblements de terre au début des années 2010, que les chercheurs ont liée aux eaux usées provenant de l’extraction de pétrole et de gaz qui étaient injectées profondément dans le sol, activant d’anciennes failles profondément dans la croûte terrestre. Les eaux usées proviennent de la production de pétrole et de gaz naturel et comprennent de l’eau salée, des fluides de forage et d’autres eaux minéralisées.
La forte augmentation des séismes en Oklahoma il y a plus de dix ans a conduit les régulateurs de l’État à imposer des restrictions sur l’évacuation des eaux usées, en particulier dans les zones autour de l’épicentre des séismes. Depuis lors, le nombre de séismes a commencé à diminuer considérablement.
En raison des fortes pressions visant à réduire – voire à éliminer – les plastiques à usage unique, les restaurants se tournent de plus en plus vers des substituts biodégradables ou compostables, notamment pour les plats à emporter. Mais ces options à usage unique sont-elles si bonnes pour l’environnement ?
Résumé
Le facteur humain Le casse-tête des ustensiles, tasses et contenants « verts »
PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE
Les ustensiles en bois sont compostables.
En raison des fortes pressions visant à réduire – voire à éliminer – les plastiques à usage unique, les restaurants se tournent de plus en plus vers des substituts biodégradables ou compostables, notamment pour les plats à emporter. Mais ces options à usage unique sont-elles si bonnes pour l’environnement ?
Publié à 1h32 Mis à jour à 6h00
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« On voit fleurir un peu partout des ustensiles, contenants et tasses “compostables” ou “biodégradables”. Comment s’y retrouver ? », demande André.
« C’est vrai que ça peut vraiment être mélangeant pour le consommateur. Et même pour nous, qui travaillons tous les jours là-dessus », soupire Jérôme Lavoie, analyste au Centre international de référence sur l’analyse du cycle de vie et la transition durable (CIRAIG).
Compostable ou biodégradable : quelle différence ?
Un produit biodégradable se décompose dans des conditions particulières d’oxygénation, d’humidité et de température. Les effets sur l’environnement et le temps de dégradation peuvent cependant beaucoup varier d’un produit à l’autre.
« “Biodégradable”, ça veut vraiment tout et rien dire. Même une roche est biodégradable », lâche Geneviève Dionne, directrice principale, écoconception, tarification et écomodulation d’Éco Entreprises Québec.
Un produit compostable, lui, se dégrade aussi dans des conditions particulières – oxygénation, humidité, température. Mais lorsque ces conditions sont réunies, il peut se décomposer au même rythme qu’un déchet alimentaire, sans laisser de résidus visibles, reconnaissables ou toxiques.
Généralement, un produit compostable se dégrade bien dans le système de collecte des résidus alimentaires des municipalités ; mais il pourrait ne pas se dégrader correctement si on le laisse dans l’environnement ou dans son compost dans son jardin, où ces conditions ne sont pas nécessairement réunies.
La question des plastiques « verts »
Sur l’application Ça va où ? de Recyc-Québec, il est généralement recommandé de mettre contenants, assiettes, tasses et ustensiles en plastique « biodégradable » ou « certifié compostable » à la poubelle – à l’exception des sacs de plastique certifié compostable, qui, eux, vont bel et bien au compost.
La raison est simple : ces plastiques « verts » sont difficilement différentiables des plastiques ordinaires. Ils sont donc retirés s’ils sont trouvés dans le système de compostage des municipalités, pour éviter tout risque de contamination par des plastiques.
De plus, ces plastiques « verts » ne sont pas encore recyclables au Québec et se dégradent difficilement dans l’environnement. « Et certains sont plus coûteux en énergie à fabriquer qu’un plastique issu de la pétrochimie », ajoute Jérôme Lavoie. « Donc ils auront finalement une empreinte plus élevée qu’un plastique que l’on recycle. »
Bref, à choisir, mieux vaut opter pour des matières « clairement » compostables : des ustensiles en bois, ou des tasses et contenants en carton. À noter que le carton peut même être recyclé plutôt que composté, s’il n’est pas trop souillé.
« Plus on se tourne vers des produits naturels ou bruts, plus on a de chances qu’ils aient moins d’impact sur l’environnement », résume Mario Laquerre, professeur au Centre universitaire de formation en environnement et développement durable (CUFE) de l’Université de Sherbrooke.
Le tri au cœur du problème
« Mais si l’on veut que le compostable soit meilleur que le plastique conventionnel, il faut vraiment le composter », martèle M. Lavoie. Car si un contenant en carton finit dans un site d’enfouissement, il sera compacté et privé d’oxygène. Sa décomposition générera alors du méthane, un puissant gaz à effet de serre. Il se dégradera aussi beaucoup plus lentement, ce qui participe à la saturation des sites d’enfouissement.
Or, en pratique, il est souvent difficile de trouver un bac de recyclage ou un bac brun dans la rue, ou même dans les lieux de restauration rapide.
« Donc c’est un peu un faux débat », lâche Mario Laquerre. « On peut discuter des heures sur la composition de ces contenants ou de ces ustensiles. Mais en réalité, on a difficilement accès à un système de collecte des matières organiques en dehors du foyer familial. Donc bien souvent, ces objets finissent à l’enfouissement. »
Un avis partagé par Geneviève Dionne.
PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE
La directrice principale, écoconception, tarification et écomodulation d’Éco Entreprises Québec, Geneviève Dionne
En remplaçant les ustensiles en plastique par des ustensiles compostables, on a remplacé un usage unique par un autre usage unique. On a juste fait un pas de côté.
Geneviève Dionne, directrice principale, écoconception, tarification et écomodulation d’Éco Entreprises Québec
« L’idéal serait plutôt d’aller vers du réutilisable », estime-t-elle.
Le réutilisable : oui, mais…
Les produits réutilisables doivent être utilisés un certain nombre de fois avant d’être « rentabilisés », d’un point de vue environnemental, en comparaison avec l’usage unique.
Et parmi les différentes options réutilisables, « il est préférable, pour ce qui est de l’empreinte carbone, d’aller vers des matières en plastique, en silicone ou en bambou plutôt qu’en verre, en aluminium ou en coton », énumère Jérôme Lavoie.
Mais lorsque l’on met d’autres indicateurs dans la balance, le choix devient plus complexe. « Les microplastiques peuvent être dommageables pour l’environnement et pour la santé, notamment. Mais on n’est pas encore assez avancés dans la recherche pour en mesurer l’impact réel », admet M. Lavoie.
Et surtout, on n’a pas toujours nécessairement sa trousse d’ustensiles réutilisables sur soi…
« Souvent, on compare l’usage unique et le réutilisable, mais il faut faire attention à ne pas comparer des pommes avec des oranges. Tout est une question de contexte, souligne Mme Dionne. Il faut surtout réfléchir à des solutions simples et intuitives pour le consommateur. »
Pour elle, les systèmes de consigne ou de récompense pour inciter les consommateurs à rapporter des contenants réutilisables prêtés par les restaurants sont des solutions intéressantes, qui gagneraient à être plus répandues.
Lisez « Objectif : des cafétérias zéro déchet »
Le chiffre de la semaine
2 millions
IMAGE TIRÉE DU SITE WEB DU CONCOURS NK TEGELWIPPEN
Près de 2 millions de pavés ont déjà été retirés des jardins néerlandais cette année, selon le compteur du concours NK Tegelwippen, qui affiche un total de plus de 10 millions depuis sa création, en 2021.
Le concours NK Tegelwippen, aux Pays-Bas, vise à verdir les villes en incitant les citoyens à retirer les dalles et pavés qui recouvrent le sol dans leur cour. Petites, moyennes et grandes villes s’affrontent ainsi chaque année dans une compétition amicale. Cette initiative permet un meilleur écoulement des eaux de pluie et la diminution des îlots de chaleur. « Ensemble, nous rendons les Pays-Bas un peu plus verts », se réjouit Eva Braaksma, de l’agence Frank Lee, créatrice du concours. Près de 2 millions de pavés ont déjà été retirés des jardins néerlandais cette année, selon le compteur du concours, qui affiche un total de plus de 10 millions depuis sa création, en 2021.
Source : Agence France-Presse
Elle a dit
PHOTO LEONHARD FOEGER, ARCHIVES REUTERS
La ministre autrichienne de l’Environnement, Leonore Gewessler
Je sais que je devrai faire face à l’opposition en Autriche, mais je suis convaincue que le moment est venu d’adopter cette loi.
Leonore Gewessler, ministre autrichienne de l’Environnement. Son vote a été décisif dans l’adoption, le 17 juin dernier, du règlement sur la restauration de la nature au Conseil de l’Union européenne (UE). Ce texte, qui entrera en vigueur le 18 août, prévoit de restaurer 20 % des terres et des mers de l’UE d’ici 2030, et tous les écosystèmes dégradés d’ici 2050.
Feu vert
De l’eau de qualité sur les plages québécoises
PHOTO JOSIE DESMARAIS, ARCHIVES LA PRESSE
La plage du parc Jean-Drapeau a obtenu la note « passable » après l’évaluation de la qualité de son eau.
Chaque année, le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs incite les exploitants de plages à participer au programme Environnement-Plage, pour informer la population de la qualité bactériologique des eaux de baignade. La campagne d’échantillonnage se déroule de la mi-juin à la fin d’août.
En date du 30 juillet, les plages participantes dans tout le Québec affichaient une qualité de l’eau « bonne » ou « excellente » – à l’exception de deux plages : celle du lac Pohénégamook, dans le Bas-Saint-Laurent, et celle du parc Jean-Drapeau, à Montréal, qui ont obtenu la note « passable ». Aucune plage n’était indiquée comme « polluée ». Plusieurs plages de la province étaient cependant encore en attente de résultats d’analyse.
Posez vos questions sur les enjeux liés à la transition écologique
Depuis l’entrée en vigueur du règlement montréalais sur la vente et l’utilisation des pesticides, en janvier 2022, une dizaine de détaillants ont été mis à l’amende pour avoir eu des produits interdits en magasin. Par contre, aucune amende n’a encore été remise pour l’utilisation d’un pesticide interdit sur un terrain privé.
Résumé
Règlement sur les pesticides Une dizaine de détaillants pris en faute à Montréal
PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE
Le gazon de la résidence de Micheline Lévesque, présidente de Solutions Alternatives Environnement, qui a aidé plusieurs villes à se doter de règlements antipesticides
Depuis l’entrée en vigueur du règlement montréalais sur la vente et l’utilisation des pesticides, en janvier 2022, une dizaine de détaillants ont été mis à l’amende pour avoir eu des produits interdits en magasin. Par contre, aucune amende n’a encore été remise pour l’utilisation d’un pesticide interdit sur un terrain privé.
Publié à 1h34 Mis à jour à 5h00
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Dix commerces ont reçu des constats pour avoir « vendu ou offert en vente un pesticide dont l’ingrédient actif » est interdit de vente au détail à Montréal, révèle la liste fournie par la cour municipale au début de juillet.
Deux magasins Canadian Tire, un Home Depot, des quincailleries BMR et Home Hardware, deux commerces aux couleurs de RONA (un RONA L’entrepôt et un affilié), deux jardineries et un centre d’aménagement paysager ont été mis à l’amende en 2022 et 2023.
Durant cette période, 65 commerces étaient visés par le nouveau règlement, mais il n’en reste que 60, nous a indiqué la Ville. La dizaine de magasins pris en défaut représente donc environ 15 % des détaillants concernés.
En janvier 2022, Montréal est devenu la première ville au Québec à interdire la vente et l’usage extérieur d’une trentaine de molécules contenues dans des herbicides, insecticides, fongicides (contre les moisissures) et rodenticides (contre les rongeurs).
Contrevenants*
Le Mega Centre Montréal, spécialisé dans l’aménagement paysager, a été le seul commerce mis à l’amende en 2022. Il a reçu quatre constats (trois pour des herbicides à base de glyphosate, et un pour un insecticide-miticide contenant du malathion). Coût : 6756 $. « Nous avons fermé le dossier et payé les contraventions », nous a indiqué Cristina Di Re, directrice du service à la clientèle. À l’inspection de suivi, effectuée à l’automne 2022, le commerce était en règle, a précisé la Ville.
Le BMR du boulevard Langelier, à Saint-Léonard, a payé une amende de 1250 $, « une situation isolée », assure le porte-parole de la chaîne. « L’employé à la caisse a accepté le retour d’un produit Malathion […] acheté par un client dans un autre magasin du réseau et le produit a malencontreusement été remis en tablette par un commis », écrit Kaven Delarosbil. « La procédure a depuis été rappelée à l’ensemble des employés. »
Les deux Canadian Tire (centre Alexis Nihon et boulevard du Tricentenaire) qui ont été mis à l’amende sont « deux cas isolés, portant sur quelques unités d’un produit [qui] ont eu lieu […] à la suite d’une erreur humaine », nous a écrit la porte-parole de l’enseigne, Cindy Hoffman. « Dès leur découverte, les produits ont été immédiatement retirés des tablettes. » Coût : 1567 $ par magasin.
La quincaillerie Latendresse, de l’enseigne Home Hardware, dans Pointe-aux-Trembles, a acquitté une amende de 1250 $. « On a fait le retrait de la tablette comme demandé, on a retiré le produit de nos inventaires, mais une employée l’a pris en pensant qu’il était mal classé et l’a remis sur la tablette », a indiqué une adjointe administrative, Céline Simard, sans préciser le pesticide.
La jardinerie Valbo, sur le boulevard Henri-Bourassa Est, a reçu deux constats. « On a commandé du Roundup chez un fournisseur et ils nous ont envoyé celui qu’on n’a plus le droit de vendre, au lieu de celui [sans glyphosate] qui est vraiment du vinaigre », nous a expliqué la gérante, Maria Valentini. Coût : 3442 $.
Au RONA L’entrepôt Pierrefonds, l’inspectrice a découvert cinq contenants d’un insecticide-miticide contenant 50 % de malathion. « RONA accorde une grande importance au respect de la réglementation en vigueur et travaille activement à ce que ses opérations y soient conformes. Si un enjeu survient, les mesures appropriées dans les circonstances sont prises sans délai », nous a écrit la chaîne. Coût : 1633 $.
À la Quincaillerie Pont Mercier, affiliée à RONA, à LaSalle, une inspectrice a trouvé deux boîtes renfermant « un petit poison qui est permis sur le restant de la planète, mais pas sur l’île de Montréal », nous a indiqué le propriétaire, Daniel Bourque. Le code du produit, commandé à la demande d’un client, ne mentionnait pas l’interdiction montréalaise, a déploré M. Bourque. Coût : 1250 $.
Jardin Cléroux, à Pierrefonds-Roxboro, a reçu deux constats. « En 65 ans, on n’a jamais reçu d’infraction, sauf l’an passé », a déploré l’un des propriétaires, Daniel Cléroux. Le commerce vient de fermer boutique, mais avait d’abord prévu le faire l’été dernier. C’est dans ce contexte qu’un « nouveau produit pour les souris » a échappé à la vigilance des propriétaires et a été remis sur les tablettes, nous a précisé M. Cléroux, qui dit ne pas avoir reçu le deuxième constat. Coût : 3442 $.
Au Home Depot de la rue Saint-Antoine Ouest, une inspectrice a trouvé 22 pièges à souris contenant de la brométhaline, un rodenticide interdit. « L’amende a été payée », nous a simplement indiqué la chaîne. Coût : 1633 $.
« Anecdotique »
Dix magasins épinglés en deux ans, « c’est anecdotique », estime le directeur du Bureau de la transition écologique et de la résilience (BTER), Sidney Ribaux.
PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE
Sidney Ribaux, directeur du Bureau de la transition écologique et de la résilience
Ce sont de grandes entreprises qui doivent naviguer à travers des cadres réglementaires d’une dizaine de provinces et de territoires, et de milliers de municipalités. Ça ne peut pas être parfait. Je trouve que, de façon générale, les entreprises se sont revirées de bord assez rapidement et se sont conformées.
Sidney Ribaux, directeur du Bureau de la transition écologique et de la résilience
Le règlement montréalais cible « la responsabilité des entreprises », souligne-t-il.
« C’est beaucoup plus facile pour nous d’inspecter une soixantaine de commerces que d’avoir des inspecteurs terrain qui essaient d’attraper quelqu’un qui utilise un produit dont il ne sait sûrement même pas qu’il n’a pas le droit de l’utiliser. »
Le BTER surveille aussi les applicateurs de pesticides commerciaux. Deux entreprises ont été prises en défaut à ce jour.
Une société à numéro spécialisée dans l’extermination a été mise à l’amende (1567 $) pour n’avoir pas transmis son registre d’utilisation des pesticides à temps.
De plus, le Club de golf Elm Ridge, à L’Île-Bizard, a reçu 17 constats de 1567 $ pour ne pas avoir eu de permis municipal. « Il y a eu confusion, c’est tombé entre deux sièges », a fait valoir le directeur général du club, Philippe Duranceau, en évoquant les changements à la direction l’été dernier. Le golf prévoit contester cette pile de constats totalisant plus de 26 000 $. Son permis est « en règle pour l’année 2024 », nous a d’ailleurs indiqué la Ville.
Rien contre le gazon maison
Montréal n’a cependant remis aucune amende pour l’utilisation d’un pesticide interdit sur un terrain privé.
Ce volet est « sous la responsabilité de chacun des arrondissements », a précisé un porte-parole de la Ville, Gonzalo Nuñez.
Or, avant 2022, plusieurs arrondissements avaient admis avoir beaucoup de mal à faire respecter le règlement alors en vigueur, même quand ils soupçonnaient des infractions.
PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE
Micheline Lévesque, présidente de Solutions Alternatives Environnement
« C’est toujours dans l’application que le bât blesse », souligne Micheline Lévesque, présidente de Solutions Alternatives Environnement, qui a aidé plusieurs villes à se doter de règlements antipesticides.
Plus de 150 municipalités québécoises ont, comme Montréal, adopté un règlement plus sévère que le Code de gestion des pesticides provincial. Pourtant, Mme Lévesque dit voir régulièrement des gazons présentant « des symptômes » de traitements à base de pesticides de synthèse interdits, ou des affichettes mal remplies sur les terrains résidentiels.
« À un moment donné, j’ai lâché prise parce que j’appelais toutes les villes », dit-elle en riant.
PHOTO FOURNIE PAR GUILLAUME GRÉGOIRE
Guillaume Grégoire, professeur à la faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation de l’Université Laval
« La vraie manière de faire ça, c’est de prendre des échantillons de gazon et des échantillons dans le réservoir [des produits appliqués], et de les faire analyser pour les pesticides. Mais c’est très laborieux, ça coûte très cher, il n’y a pas beaucoup de villes qui font ça », souligne Guillaume Grégoire, professeur à la faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation de l’Université Laval, spécialisé dans les pelouses.
Surveiller des entreprises horticoles qui ont souvent des activités à l’extérieur de Montréal est « un petit peu plus complexe » qu’inspecter des détaillants, reconnaît M. Ribaux.
PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE
Le gazon de Micheline Lévesque est exempt de pesticides, mais enrichi de trèfle et de graminées. On y trouve des pissenlits au printemps « quand c’est en fleur, mais à cette période de l’année, tu ne les vois plus », dit-elle. Quand une pelouse devient « un champ de pissenlits », c’est que son sol est « trop compact et de mauvaise qualité pour les graminées ».
Le fait que les entreprises d’entretien de pelouse doivent maintenant avoir un permis municipal et fournir à la Ville leur registre des pesticides utilisés, « ça va permettre, avec le temps, de mieux les encadrer et de faire des suivis avec eux lorsqu’on constate qu’il y a des enjeux », prévoit-il.
« Il faut donner un petit peu le temps à ce règlement-là de vivre, pour voir s’il y a vraiment des enjeux ou si ce sont des cas d’exception. »
*Les montants indiqués proviennent des dossiers de la cour municipale et incluent l’amende et les frais applicables.
Lisez l’article « Des pesticides interdits trouvés dans le commerce d’une conseillère d’arrondissement » Lisez l’article « Un règlement pionnier rarement appliqué » Consultez le règlement montréalais sur les pesticides
Notre sélection de nouvelles environnementales d’ici et d’ailleurs.LP
Résumé
L’actualité verte de la semaine
PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE
Selon les chercheurs, il ne fait aucun doute que la préservation d’une ceinture verte autour des zones urbaines aide à maintenir des villes fraîches durant les pics de chaleur.
Notre sélection de nouvelles environnementales d’ici et d’ailleurs.
Publié à 1h34 Mis à jour à 7h00
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Quiz
Une ceinture verte autour d’une métropole peut contribuer à réduire la température de combien de degrés ?
- a) 1,5 °C
- b) 0 °C
- c) 0,5 °C
Réponse
Une ville entourée d’une bande verte a le potentiel de réduire les températures urbaines jusqu’à 0,5 °C (0,9 °F), démontre une étude menée auprès de 30 villes chinoises. Pour en arriver à ce résultat, des chercheurs de l’Université de Surrey, au Royaume-Uni, ont quantifié l’effet sur le refroidissement de 20 ans de données satellites, de 2000 à 2020. Selon leurs conclusions, il ne fait aucun doute que la préservation d’une ceinture verte de campagne autour des zones urbaines aide à maintenir des villes fraîches durant les pics de chaleur. Ils espèrent que leurs résultats inciteront les promoteurs immobiliers à maintenir des zones boisées en périphérie.
Consultez l’étude (en anglais) de l’Université de Surrey
Pic de consommation d’électricité en France
PHOTO BENOIT TESSIER, REUTERS
À Paris, le mercure a atteint 36 °C (97 °F) la semaine dernière, poussant la consommation d’électricité à la hausse.
La chaleur qui frappe la France depuis l’ouverture des Jeux olympiques devrait pousser la consommation d’électricité du pays à un sommet cet été. À la fin de la semaine dernière, le gestionnaire du réseau de l’électricité en France (RTE) prévoyait une demande culminant à 53,3 gigawatts, selon l’indice Bloomberg. À pareille date l’an dernier, la demande était de 47 GW. À Paris, le mercure a dépassé les 36 °C mardi dernier, rapporte Le Monde. En comparaison, la puissance d’Hydro-Québec est d’environ 40 GW, avec une pointe record de 42,7 GW, en février 2023. À partir de ce lundi, la RTE prévoit limiter son exportation, rendant notamment l’Italie vulnérable.
Lisez un article de Bloomberg (en anglais ; abonnement requis)
Les macareux s’adaptent au climat
PHOTO ROBERT. F BUKATI, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
La pêche a été bonne pour ce macareux.
Les macareux qui font escale dans une île du Nouveau-Brunswick en période de reproduction montrent des signes d’adaptation au réchauffement des océans. Des milliers de ces oiseaux marins séjournent à l’île Machias Seal, à l’embouchure de la baie de Fundy, le temps de voir grandir leurs oisillons. Or, des données collectées depuis 1995 par des biologistes marins de la province démontrent que les oiseaux sont plus petits, avec de plus gros becs, lorsqu’ils ont l’âge de quitter l’île pour la mer. Une taille plus petite et un grand bec permettent de mieux évacuer la chaleur. Les macareux sont classés « vulnérables » internationalement.
Avec l’Agence France-Presse
Consultez le site d’Environnement et ressources naturelles Canada concernant les macareux
Moins de requin dans l’assiette
PHOTO FOURNIE PAR OCEAN BANK WILD AID
Plus d’un tiers de toutes les espèces de requins, dont les grands requins-marteaux, sont menacées d’extinction.
Les ailerons de requin sont moins souvent au menu des Thaïlandais, même si la demande persiste, selon un nouveau rapport de l’Association de défense de la faune sauvage WildAid. Depuis 2017, la consommation d’ailerons a diminué de plus du tiers en Thaïlande. La plupart des citoyens qui mangent du requin le font lors de rassemblements familiaux et de mariages, selon les auteurs de l’étude. Malgré cette baisse, le prédateur essentiel à l’équilibre océanique demeure très prisé. Plus d’un tiers de toutes les espèces de requins, notamment les grands requins-marteaux, sont menacées d’extinction à cause de la surpêche et de la transformation en friandises pour animaux.
Consultez le rapport (en anglais) de WildAid
Le nombre de sacs de plastique en déclin
PHOTO STOCK IMAGE
L’encadrement de l’utilisation d’articles à usage unique, comme les sacs de plastique, semble bénéfique pour l’environnement.
Le nombre de sacs de plastique ramassés sur les plages britanniques a chuté de 80 % depuis l’introduction d’une taxe obligatoire pour les acheter à la caisse. La Marine Conservation Society (MCS) révèle dans son enquête annuelle sur les déchets qu’une brigade a ramassé un sac en plastique tous les 100 mètres l’an dernier, contre une moyenne de cinq sacs tous les 100 mètres le long des côtes en 2014. Les grandes surfaces britanniques doivent facturer une taxe aux clients depuis l’introduction graduelle de lois en 2011, 2012, 2013 et 2014. Dans une entrevue accordée au Guardian, la MCS exhorte les gouvernements à resserrer davantage l’utilisation d’articles à usage unique.
Consultez l’enquête (en anglais) de Marine Conservation Society
https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2024-08-05/l-actualite-verte-de-la-semaine.php
Bien que leur nombre ait diminué, les stations d’essence ne sont pas près d’être complètement rayées de la carte avec l’électrification des transports, selon des observateurs. Certaines amorcent tout de même déjà un virage afin de s’adapter à la transition énergétique.
Résumé
Les stations d’essence n’auront pas dit leur dernier mot après 2035
Le Québec comptait 2779 essenceries en 2022, contre 2985 en 2010, indique le dernier recensement de la Régie de l’énergie. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Israel Tanguay
La Presse canadienne
Publié à 5 h 22 HAE
Bien que leur nombre ait diminué, les stations d’essence ne sont pas près d’être complètement rayées de la carte avec l’électrification des transports, selon des observateurs. Certaines amorcent tout de même déjà un virage afin de s’adapter à la transition énergétique.
À l’instar d’Ottawa, Québec veut interdire la vente de véhicules légers à combustion neufs à compter de 2035. Le gouvernement Legault a déposé au début de l’été un projet de règlement en ce sens. Il fait l’objet d’une consultation publique jusqu’au 25 août.
Si cette réglementation se matérialise, elle ne signerait pas pour autant l’arrêt de mort immédiat des essenceries. Plusieurs facteurs laissent croire que ce secteur jouera un rôle important pour encore longtemps, disent des experts.
Il y a notamment le fait que les voitures à combustion vendues avant l’entrée en vigueur de l’interdiction pourront demeurer sur les routes.
Une auto est fonctionnelle pour une bonne dizaine d’années en moyenne. Cela implique que le marché de l’essence pour automobile demeurera assez actif pendant plusieurs années après 2035, souligne le professeur agrégé au département d’économie de l’Université Laval, Patrick Gonzalez.
Le professeur agrégé au département d’économie de l’Université Laval, Patrick Gonzalez. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada
AILLEURS SUR INFO : Les marchés publics toujours aussi populaires à Québec
Certaines catégories de véhicules, comme les camions lourds, seraient épargnées par l’interdiction. Ils resteront donc des consommateurs importants pour de nombreuses stations-service, évoque le vice-président de l’est du Canada de l’Association canadienne des carburants, Carol Montreuil.
Les véhicules légers électriques, c’est un petit secteur du transport et même s’il diminue à l’horizon 2035, 2040 ou 2050, il y aura un besoin de carburant liquide pour encore très longtemps au Canada.
Une citation de Carol Montreui, vice-président de l’est du Canada de l’Association canadienne des carburants
Dans une analyse, le gouvernement québécois présente les impacts de son projet de règlement sur l’industrie pétrolière, qui inclut les grossistes-marchands de pétrole, les raffineries et les stations-service.
Il calcule que 945 000 litres de carburant et 803 000 litres d’essence ne seront pas vendus en 2035. Les pertes annuelles des ventes et des marges sont estimées à près de 495 000 $, dont une part importante est liée aux raffineries.
À titre comparatif, les ventes brutes d’essence pour véhicules automobiles ont atteint plus de 8,7 millions de litres au Québec en 2022, rejoignant presque le niveau prépandémique, d’après des données de Statistique Canada.
Le professeur Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC, avance que 2035 ne sera pas une année de rupture pour les stations-service, mais plutôt une de transition, qui va peut-être rendre encore plus palpable l’électrification des transports.
Le professeur Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada
Selon lui, la tendance à la baisse du nombre des stations-service devrait tout de même en principe s’accentuer. Le Québec comptait 2779 essenceries en 2022, contre 2985 en 2010, indique le dernier recensement de la Régie de l’énergie.
Mais ça va s’accélérer avec la vitesse de la transition [énergétique] et de la crédibilité de cette transition. Aujourd’hui, la transition, elle n’est pas entièrement crédible parce que justement les ventes d’essence ne diminuent pas. On n’est pas du tout sur une trajectoire qui correspond aux cibles du gouvernement, nuance-t-il.
Déjà en mode adaptation
Harnois Énergies, qui compte plus de 450 stations d’essence au Québec et dans les Maritimes, se prépare en vue de 2035. L’entreprise fait des prévisions à l’interne en se basant sur les ventes d’autos à combustion et électriques.
Au cours des prochaines années, on prévoit peut-être des décroissances de 1 %, 2 % [du nombre de litres vendus] jusqu’en 2030. Et après, ça va être des décroissances plus grandes, dit le président-directeur général, Serge Harnois.
C’est dans ce contexte que la société de distribution diversifie son portefeuille d’activités en se tournant notamment vers les carburants pour l’aviation, les lubrifiants et le propane. Elle injecte aussi beaucoup d’argent pour diversifier ses sites au détail.
C’est des dizaines de millions par année pour agrandir les dépanneurs, ajouter des lave-autos, des restaurants, pour ajouter du prêt-à-manger, mettre plus d’épicerie, détaille M. Harnois.
Harnois Énergies souhaite que ces investissements permettent d’éviter des fermetures au sein de son réseau face à une éventuelle décroissance pour l’essence.
Je pense que nos dépanneurs vont se transformer en points d’approvisionnement pour la restauration rapide, le prêt-à-manger […] tout en vendant aussi de l’essence. En 2035, disons que les ventes d’essence ont baissé de 30%, on espère que ces pertes vont être compensées par des marges supérieures et par d’autres ventes que l’essence, expose M. Harnois.
Comme d’autres essenceries, Harnois Énergies s’adapte aussi à l’essor des véhicules électriques avec l’installation de bornes de recharge.
La Régie de l’énergie observe un nombre croissant de stations offrant ce service. Elles étaient 130 en 2022 alors qu’on en recensait 38 trois ans plus tôt. La Régie prévient toutefois que ces chiffres ne sont pas représentatifs de la réalité, étant donné la complexité pour dénombrer les différentes initiatives.
En avril 2024, six stations Petro Canada du Québec offrent des bornes de recharge électrique. (Photo d’archives)
Photo : Petro Canada
M. Harnois note que le retour sur l’investissement des bornes de recharge n’est pas au rendez-vous.
Ce n’est pas notre pain et notre beurre. La technologie change tellement rapidement que ce n’est pas facile à rentabiliser, déclare-t-il, soulignant que la majorité des recharges se font à la maison plutôt que sur la route.
M. Pineau est d’avis que les volumes de vente d’électricité remplaceront difficilement les volumes d’essence.
L’un des éléments qui rendent la voiture électrique supérieure, c’est qu’elle consomme beaucoup moins d’énergie. Ça va être difficile d’augmenter les prix à un point tel qu’on va rattraper les volumes perdus avec des prix plus élevés pour les stations-service. Mais elles savent que c’est une évolution qui est un petit peu inévitable. Donc, elles commencent à se positionner sur le secteur de l’électricité, à diversifier leurs sources de revenus avec la vente de différents produits. Elles s’adaptent tranquillement, analyse le professeur.
Un doute persiste
Il demeure dans le domaine du possible que l’interdiction ne voit jamais le jour ou que son échéancier soit repoussé en raison de facteurs économiques ou politiques, estiment les spécialistes interrogés.
Selon M. Gonzalez, l’année 2035 demeure quelque peu spéculative.
C’est un pari que font plusieurs gouvernements en Europe et en Amérique que le marché des voitures électriques sera suffisamment développé et abordable pour prendre le relais. Les gouvernements indiquent clairement la direction qu’ils souhaitent que l’industrie prenne, mais il n’est pas gagné que le calendrier de 2035 puisse être respecté. Plusieurs conditions doivent être réunies, notamment le renforcement de la grille d’approvisionnement électrique, affirme-t-il.
Il faudra aussi surveiller l’effet de la disparition du programme d’aide financière du gouvernement québécois pour l’achat d’une voiture électrique en 2027, dit M. Montreuil.
Carol Montreuil, vice-président de l’est du Canada de l’Association canadienne des carburants. (Photo d’archives)
Photo : Gracieuseté
Avec l’arrêt des subventions, quelle sera la réaction des consommateurs? On s’aperçoit que dans les pays qui ont déjà débuté à réduire ces subventions, la vente des véhicules électriques a chuté drastiquement
Une citation de Carol Montreuil, vice-président de l’est du Canada de l’Association canadienne des carburants
Sur sa page web présentant le projet de règlement, Québec indique qu’une évaluation de la maturité du marché est prévue par le gouvernement vers 2030, afin de permettre d’éventuels ajustements, pour garantir une transition réussie en 2035.
M. Gonzalez croit également que le projet de transition du parc automobile n’a pas encore subi le test politique crucial des électeur. Il reste une bonne partie de la population qui n’a pas vraiment été confrontée au dilemme de passer ou non à l’électrique.
Si, comme le gouvernement l’espère, l’évolution du marché aura amené de fortes réductions de coûts dans le monde des véhicules électriques, ça pourra aller, mais, dans le cas contraire, des voix s’élèveront pour réclamer des exemptions ou un report du calendrier, pense-t-il.
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Dans la même veine, les pétrolières continuent d’investir dans l’exploration comme si rien ne changeait dans leur prévisions et volonté d’exploitation de nouveaux gisements.


































































