Environnement et biodiversité

(San José) La production aquacole a dépassé la production halieutique pour la première fois en 2022, avec 51 % du total mondial, selon un rapport de l’agence des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) publié vendredi au Costa Rica lors d’une conférence sur la conservation des océans.

Résumé

Rapport de la FAO L’aquaculture dans le monde dépasse pour la première fois la pêche

PHOTO MIKE HUTCHINGS, REUTERS

La pisciculture, la conchyliculture et l’algoculture représentent « 51 % du total mondial » et « fournissent 57 % des produits animaux aquatiques utilisés pour la consommation humaine dans le monde ».

(San José) La production aquacole a dépassé la production halieutique pour la première fois en 2022, avec 51 % du total mondial, selon un rapport de l’agence des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) publié vendredi au Costa Rica lors d’une conférence sur la conservation des océans.

Publié hier à 14h40

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Agence France-Presse

La pisciculture, la conchyliculture et l’algoculture représentent « 51 % du total mondial » et « fournissent 57 % des produits animaux aquatiques utilisés pour la consommation humaine dans le monde », selon ce rapport sur la « situation mondiale des pêches et de l’aquaculture ».

« Alors que la production des pêches de capture est restée pratiquement inchangée depuis des décennies, l’aquaculture a augmenté de 6,6 % depuis 2020 », note le directeur général de la FAO Qu Dongyu dans le rapport.

Celui-ci révèle que le commerce mondial des animaux aquatiques a atteint un niveau record en 2022, avec 195 milliards de dollars, soit en hausse de 19 % par rapport à 2019, avant la pandémie.

Au moins 230 pays et territoires participent à ce commerce international, dont la Chine occupe la première place en termes d’exportations (12 %), suivie de la Norvège (8 %) et du Vietnam (6 %). Ces trois pays représentent ensemble le quart des exportations.

Sécurité alimentaire

L’Union européenne est la principale destination de cette production, mais au niveau des pays, ce sont les États-Unis qui sont en tête avec 17 % de la demande, suivis par la Chine (12 %).

La FAO souligne que 89 % de la production mondiale d’animaux aquatiques est destinée à la consommation humaine. Au cours des 60 dernières années, la consommation d’animaux aquatiques est passée de 9,1 à 20,7 kg par personne.

« Les systèmes aquatiques sont de plus en plus reconnus comme vitaux pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle », note le directeur général de la FAO.

15 % de l’approvisionnement mondial en protéines animales proviennent d’animaux aquatiques, et cette proportion atteint plus de 50 % dans certains pays d’Afrique et d’Asie.

Avec des prévisions de croissance de la population mondiale estimées à 8,5 milliards de personnes d’ici 2030, « fournir une alimentation, une nutrition et des moyens de subsistance suffisants » nécessite des « investissements significatifs », estime Qu Dongyu, soulignant l’importance de l’aquaculture à cet égard.

Les stocks de poissons « biologiquement durables » continuent à décliner, à 62,3 % en 2021.

La FAO propose ainsi trois objectifs : une croissance durable de l’aquaculture pour répondre à la demande croissante, une gestion efficace des pêches pour des stocks de poissons sains, et garantir la durabilité de toutes les étapes de la production des produits aquatiques.

« Un impératif »

L’agence onusienne estime que la production d’animaux aquatiques augmentera de 10 % d’ici 2032, principalement en raison de l’expansion de l’aquaculture et de la reconstitution des stocks de pêche. Plus de 90 % seront destinés à la consommation humaine, soit 21,3 kg par personne.

Essentielles pour la sécurité alimentaire, la pêche et l’aquaculture ont aussi une importance économique déterminante. Le secteur emploie quelque 61,8 millions de personnes dans le monde, selon l’agence onusienne.

Des experts internationaux participent vendredi et samedi dans la capitale San José à la rencontre « Immersed in change » en préparation de la Conférence des Nations unies pour l’océan (UNOC 3), co-organisée par la France et le Costa Rica en juin 2025 à Nice.

Dans un message vidéo, le président français Emmanuel Macron a vanté le sommet qui se tiendra dans le sud de la France comme « un moment fondateur pour la gouvernance de l’océan ».

L’UNOC doit devenir, avec les accords de Nice, le cadre dans lequel la communauté scientifique se rassemble pour alerter, orienter l’action des chefs d’État, comme c’est le cas avec le GIEC pour le climat.

Emmanuel Macron, président de la France

Les experts réunis au Costa Rica discutent des questions de gouvernance, de réchauffement climatique, de la pêche et de la biodiversité marine afin d’aider à la prise de décision lors de la conférence de Nice.

« La protection des océans et l’utilisation durable des ressources marines ne sont pas une option, mais un impératif », a alerté en ouverture de la conférence à San José le sous-secrétaire général des Nations unies aux Affaires sociales, Li Junhua.

https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2024-06-07/rapport-de-la-fao/l-aquaculture-dans-le-monde-depasse-pour-la-premiere-fois-la-peche.php

(San José) Au moins 26 pays ont signé samedi au Costa Rica une « déclaration de paix à l’océan » au terme du forum « Immersed in change », à un an de la Conférence des Nations unies sur les Océans en France.

Résumé

Plus de 20 pays signent une « déclaration de paix à l’océan »

PHOTO EZEQUIEL BECERRA, AGENCE FRANCE-PRESSE

Le président du Costa Rica, Rodrigo Chaves, s’’adresse à l’auditoire lors du forum « Immersed in change », vendredi.

(San José) Au moins 26 pays ont signé samedi au Costa Rica une « déclaration de paix à l’océan » au terme du forum « Immersed in change », à un an de la Conférence des Nations unies sur les Océans en France.

Publié à 7h36

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Alberto PEÑA Agence France-Presse

Parmi les signataires figurent l’Allemagne, l’Espagne, la Suède, le Canada, la Colombie, le Chili, Israël, la Corée du Sud ou encore le Costa Rica et la France, qui seront co-organisateurs de la réunion de l’ONU prévue à Nice (sud-est).

À l’issue de deux journées de discussions, les 50 pays participants ont appelé à prendre des mesures pour protéger les océans.

« Nous sommes déterminés à intensifier les actions transformatrices de l’océan, pour soutenir les activités des économies positives pour la nature, basées sur la meilleure science et la meilleure information scientifique possibles, la connaissance traditionnelle et l’innovation », ont-ils déclaré dans un document.

« L’océan ne peut plus endurer nos mauvais traitements et notre indifférence. C’est pour cela que nous avons décidé, au Costa Rica, qu’il était temps pour nous de déclarer la paix », a dit le ministre des Affaires étrangères costaricien Arnoldo André.

« Protéger l’océan et l’usage soutenable des ressources marines n’est pas une possibilité, mais un impératif », avait lancé en ouverture du forum le secrétaire général adjoint aux Affaires sociales de l’ONU, Li Junhua.

Dans cette « déclaration de paix » en 12 points se trouve un appel à ratifier le traité de protection de la haute mer, adopté en 2023 par plus de 70 pays et visant à protéger les eaux éloignées des zones économiques exclusives (ZEE) des États, soit à environ 370 kilomètres de leurs côtes.

Résumé

( L’actualité verte de la semaine


PHOTO FOURNIE PAR LA SEPAQ

Le grand corégone est un poisson d’eau douce, membre de la famille des saumons. Il se retrouve dans de nombreux lacs du nord-est des États-Unis et du Canada, y compris dans la région des Grands Lacs.

Notre sélection de nouvelles environnementales d’ici et d’ailleurs

Mis à jour le 3 juin

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Sara Champagne
Sara Champagne La Presse

Quiz

Depuis 1970, à combien mesure-t-on le déclin mondial des poissons migrateurs d’eau douce ?

a) 33 %

b) 80 %

c) 65 %

Réponse

b) 80 %

Les populations de poissons migrateurs d’eau douce sont en baisse de 80 % depuis 1970. Un déclin mondial « catastrophique », selon les experts de la dernière mise à jour de l’indice Planète vivante. Les barrages, l’exploitation minière, le détournement des rivières, la pollution des eaux et les activités humaines sont les grands coupables. Le rapport examine les tendances démographiques de 284 espèces de poissons d’eau douce. Le déclin est observé partout, mais il est plus marqué en Amérique du Sud et dans les Car aïbes, avec une chute de 91 %.

Pollution des feux de camp

PHOTO PHILIPPE BOIVIN, ARCHIVES COLLABORATION SPÉCIALE

La pollution autour des feux de camp sera mesurée au cours de l’été dans sept parcs de la SEPAQ.

C’est une tradition, pas question de les interdire. Mais la pollution autour des feux de camp sera mesurée au cours de l’été dans sept parcs de la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ). L’an dernier, des capteurs dans le parc national du Mont-Tremblant ont mesuré les taux de particules fines. Des pics ont été observés les vendredi, samedi et dimanche soir, entre 17 h 30 et 23 h 30. « Pour l’instant, on veut mieux documenter. Nous sommes sensibles aux gens qui ont des conditions pulmonaires particulières. On verra comment agir », a expliqué à La Presse Simon Boivin, responsable des relations de presse à la SEPAQ.

Consultez le site de la SEPAQ

Hausse de la turbulence en avion

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Les turbulences sont 55 % plus fréquentes au-dessus de l’Atlantique Nord selon Paul Williams, de l’Université de Reading au Royaume-Uni.

Ce n’est pas une impression, les turbulences en avion sont plus fréquentes. Le chercheur atmosphérique Paul Williams, de l’Université de Reading au Royaume-Uni, s’est penché sur les turbulences de la Singapore Airlines, le 20 mai, qui a fait 1 mort et plus de 100 blessés. Il trace un lien entre le réchauffement climatique et l’augmentation des turbulences dites « en air clair » (à l’extérieur des nuages) compilées sur 40 ans. Les turbulences sont 55 % plus fréquentes au-dessus de l’Atlantique Nord à cause de l’augmentation des courants-jets, selon ses conclusions. À défaut de pouvoir les prévoir sans faille, mieux vaut boucler sa ceinture, ont déclaré Williams et ses coauteurs dans la revue Nature.

Consultez l’étude (en anglais)

Pollution gazeuse des volcans

PHOTO MARCO DI MARCO, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

L’Islande a dû composer avec une nouvelle éruption volcanique sur la péninsule de Reykjanes, dans le sud-ouest du pays, la semaine dernière.

Lieu de plein air de prédilection, l’Islande a dû composer avec une nouvelle éruption volcanique sur la péninsule de Reykjanes, dans le sud-ouest du pays, la semaine dernière. Cette éruption est survenue peu après l’évacuation de la ville voisine de Grindavík. Sur son site, l’Office météorologique islandais (IMO) indique qu’il y a eu une forte pollution gazeuse et que la qualité de l’air s’est détériorée. Il s’agit de la cinquième éruption dans la région depuis décembre. Les bains touristiques géothermiques du Lagon bleu ont aussi évacué leurs installations le 29 mai, quelques heures avant le début de l’éruption.

Avec l’Agence France-Presse

Consultez le site de l’IMO (en anglais)

Détection des baleines

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Des bélugas dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, à Tadoussac

Dans l’espoir de venir à bout des collisions entre les baleines et autres grands mammifères et les navires, une entreprise montréalaise reçoit 855 000 $ de Pêches et Océans Canada. Whale Seeker s’est spécialisée dans la détection marine à partir d’images aériennes en développant Möbius, une intelligence artificielle. L’outil permet de détecter des mammifères 25 fois plus rapidement que l’œil humain. Il est déjà utilisé par les autorités maritimes, mais l’analyse des données prend des heures. La subvention permettra d’aller plus loin grâce à l’ajout de drones développés à Terre-Neuve qui peuvent prévenir en temps réel de la présence d’un mammifère marin.

Consultez le site de Whale Seeker (en anglais)

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2024-06-09/plus-de-20-pays-signent-une-declaration-de-paix-a-l-ocean.php

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2024-06-03/l-actualite-verte-de-la-semaine.php

Les coûts de la transition énergétique font peur.

Publié à 2h29 Mis à jour à 6h00

Les Québécois voient Hydro-Québec planifier des investissements qui pourraient atteindre 175 milliards – quand même ! – en se disant qu’ils vont écoper d’une sacrée facture au bout du compte.

« Qui va payer pour ça ? C’est-tu les entreprises ? C’est-tu les commerces ? C’est-tu le résidentiel ? C’est-tu le gouvernement ? C’est-tu Hydro-Québec ? », s’est demandé tout haut jeudi dernier le ministre Pierre Fitzgibbon en dévoilant son projet de loi sur l’énergie.

Résumé

La transition sera payante pour vous

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Loin de vous ruiner, la transition énergétique mettra des sous dans vos poches.


Philippe Mercure
Philippe Mercure La Presse

Les coûts de la transition énergétique font peur.

Publié à 2h29 Mis à jour à 6h00

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Les Québécois voient Hydro-Québec planifier des investissements qui pourraient atteindre 175 milliards – quand même ! – en se disant qu’ils vont écoper d’une sacrée facture au bout du compte.

« Qui va payer pour ça ? C’est-tu les entreprises ? C’est-tu les commerces ? C’est-tu le résidentiel ? C’est-tu le gouvernement ? C’est-tu Hydro-Québec ? », s’est demandé tout haut jeudi dernier le ministre Pierre Fitzgibbon en dévoilant son projet de loi sur l’énergie.

Le ministre a même annoncé la création d’un fonds spécial pour aider les particuliers à encaisser les hausses de tarifs d’électricité.

On a un peu l’impression qu’un état de compte d’Hydro-Québec a été attaché à une épée de Damoclès qui pend au-dessus de nos têtes. Et on se demande quand, et sur qui, elle s’abattra.

Mais desserrez les dents et respirez par le nez, citoyens. Car j’ai une nouvelle aussi surprenante que réjouissante pour vous : loin de vous ruiner, la transition énergétique mettra des sous dans vos poches.

Ce n’est pas moi qui le dis, mais le Conseil canadien de l’électricité dans un costaud rapport sur l’avenir de l’électricité au Canada dévoilé lundi1.

Quoi ? Des investissements historiques dans les infrastructures électriques nous feraient économiser ? Vous n’êtes pas seuls à froncer les sourcils. Les chercheurs qui ont fait l’analyse se sont eux-mêmes demandé un moment s’ils n’avaient pas appuyé sur le mauvais bouton de leur calculatrice.

« C’est très contre-intuitif, admet Philippe Dunsky, analyste en énergie et président du Conseil canadien de l’électricité. Mais malgré beaucoup de scepticisme au départ au sein du Conseil, nous sommes arrivés à la conclusion que la transition peut être très bénéfique pour les consommateurs. »

Comment ça se peut ? Suivez-moi.

La transition énergétique aura quatre effets sur votre portefeuille.

  1. Elle fera grimper les tarifs d’électricité, parce que les nouveaux projets produisent de l’électricité à un coût plus élevé que les anciens.

  2. Elle vous amènera à acheter des équipements qui coûtent cher – voiture électrique, thermopompe.

  3. Elle diminuera votre consommation de combustibles fossiles (gaz pour le chauffage, essence pour la voiture).

  4. Elle vous fera consommer moins d’énergie au total, parce que l’électricité est de deux à quatre fois plus efficace que l’énergie qu’elle remplace.

Vous aurez compris que les deux premiers points font grimper vos factures, alors que les deux autres les font baisser.

En brassant tout cela dans des outils de modélisation, les experts calculent que 70 % des Canadiens économiseront davantage qu’ils ne paieront en plus d’ici 2050. Économie moyenne pour un ménage : 1500 $ par année. C’est plus qu’une poignée de change.

Philippe Dunsky me confirme que le chiffre québécois est très près de celui de la moyenne canadienne. Seules l’Alberta et la Saskatchewan, deux provinces pétrolières où les tarifs d’électricité sont très élevés, ont plus à perdre qu’à gagner avec la transition énergétique.

Mieux : si des efforts musclés d’efficacité énergétique sont faits, les économies pourraient même s’avérer plus élevées.

« En termes de communication, c’est le plus grand enjeu qu’on a au Québec, estime M. Dunsky. Tout le monde pense : tarifs = coûts. Sauf que quand on consomme moins de quelque chose de plus cher, la facture peut diminuer. »

Il y a quand même un bémol dans l’affaire. Partout au pays, les ménages à faibles revenus profiteront moins de la transition énergétique. C’est surtout parce qu’ils sont moins nombreux à posséder une voiture et qu’ils ne tireront donc pas autant profit des économies sur l’essence.

L’analyse du Conseil canadien de l’électricité entre-t-elle en contradiction avec le fait que Pierre Fitzgibbon a annoncé jeudi dernier un fonds pour aider les particuliers à affronter les hausses tarifaires ?

Je ne le crois pas. Les modélisations du Conseil canadien de l’électricité sont réalisées sur le long terme et il y aura peut-être des chocs tarifaires à encaisser entre-temps.

Mais disons que cette analyse apporte un éclairage drôlement intéressant. On peut se demander, par exemple, si ce fonds d’aide devrait bénéficier à tout le monde ou seulement aux ménages les plus vulnérables.

Le débat sur les tarifs d’électricité en contexte de transition énergétique ne fait que commencer, mais il part sur de drôles de bases. Le premier ministre François Legault a déjà décidé de plafonner la hausse des tarifs d’électricité résidentiels à 3 % pour tous jusqu’à 2026.

Le problème est que cette décision est politique plutôt que de découler d’une analyse. Et elle vient protéger les plus gros consommateurs – ceux qui chauffent leur spa et leur triple garage l’hiver.

Le ministre Fitzgibbon a bien ouvert la porte à une modulation des tarifs, mais on a fini par apprendre que celle-ci restera volontaire, du moins au début. Pour serrer la vis aux gaspilleurs, on a déjà vu plus convaincant.

Ce qui devrait guider nos choix est pourtant clair : il faut décourager la surconsommation tout en protégeant les ménages vulnérables. Savoir qu’une majorité de Québécois, dont les plus nantis, s’enrichiront à long terme avec la transition énergétique change complètement la donne.

Aucun doute : des discussions intéressantes sur les tarifs d’énergie nous attendent !

1. Consultez le rapport du Conseil canadien de l’électricité

https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2024-06-10/energie/la-transition-sera-payante-pour-vous.php

Une sélection de nouvelles environnementales d’ici et d’ailleurs

Résumé

L’actualité verte de la semaine

PHOTO JIM VONDRUSKA, ARCHIVES REUTERS

Selon une étude du Lawrence Berkeley National Laboratory, l’adoption de sources d’énergie renouvelables entre 2019 et 2022 aura permis des économies de quelque 249 milliards de dollars américains, notamment en coûts de santé.

Notre sélection de nouvelles environnementales d’ici et d’ailleurs

Publié à 2h29 Mis à jour à 11h00

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Éric-Pierre Champagne
Éric-Pierre Champagne La Presse

Quiz

Réduire les émissions polluantes, est-ce rentable ?

Réduire les émissions polluantes en adoptant des sources d’énergie renouvelables améliore la qualité de l’air, c’est bien connu. À combien évalue-t-on ces bénéfices cependant ? C’est la question à laquelle ont voulu répondre des chercheurs du Lawrence Berkeley National Laboratory, aux États-Unis. Entre 2019 et 2022, une hausse de 55 % des éoliennes et des panneaux solaires a permis de diminuer de 900 millions de tonnes le recours aux énergies fossiles pour alimenter des centrales de production d’électricité. Selon les chercheurs, c’est l’équivalent de retirer 71 millions de voitures par année du parc automobile américain. Selon leurs calculs, la réduction des émissions de dioxyde de soufre et de dioxyde d’azote a permis des économies de 249 milliards US, notamment en coûts de santé.

Lisez l’étude (en anglais) du Lawrence Berkeley National Laboratory

Nul besoin de nouveaux forages pétroliers

PHOTO NICK OXFORD, ARCHIVES REUTERS

Les projets d’extraction d’énergies fossiles déjà autorisés à l’échelle mondiale permettent de combler les besoins d’ici 2050.

Selon des chercheurs de l’University College de Londres et de l’International Institute for Sustainable Development, si les gouvernements sont sérieux dans leurs promesses d’atteindre la carboneutralité d’ici 2050, il n’est plus nécessaire d’approuver de nouveaux projets d’extraction d’énergies fossiles. Selon les scientifiques, dont les travaux ont été publiés dans la revue Science, les projets déjà autorisés à l’échelle mondiale permettent de combler les besoins d’ici 2050. « Il est important de noter que notre recherche établit qu’il existe une base scientifique rigoureuse pour la norme proposée en montrant qu’il n’est pas nécessaire de mettre en place de nouveaux projets de combustibles fossiles », a déclaré au quotidien The Guardian l’un des auteurs de l’étude, le professeur Steve Pye.

Promesse d’aide aux pays pauvres remplie

PHOTO GILES CLARKE, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES

Des Somaliennes transportent du bois de chauffage devant une carcasse d’âne près de Doolow, en Somalie, qui a connu en 2023 la pire sécheresse depuis quatre décennies.

Une vieille promesse vient d’être remplie par les nations les plus riches de la planète. En 2009, lors de la COP15 qui s’est tenue à Copenhague, au Danemark, les pays développés se sont engagés à verser 100 milliards de dollars américains par année aux pays du Sud, plus durement touchés par les changements climatiques. Selon l’engagement initial, l’objectif de 100 milliards devait être atteint au plus tard en 2020. En 2022, selon des données compilées par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les pays les plus riches ont atteint et dépassé l’objectif en versant 116 milliards de dollars à ce fonds jugé néanmoins insuffisant par les nations qui ont le moins contribué au réchauffement planétaire. Un nouvel objectif de financement fait déjà l’objet de négociations et doit en principe entrer en vigueur dès 2025.

Loi pour forcer les géants pétroliers à payer

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Inondations dans la ville de Montpelier au Vermont

Le Vermont est devenu récemment le premier État américain à mettre en place une loi permettant de réclamer des compensations financières aux géants pétroliers après une catastrophe provoquée par les changements climatiques. L’État produira un rapport d’ici le 15 janvier 2026 évaluant le coût total des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Vermont, entre 1995 et 2024. Ces données serviront aussi à calculer la quantité d’émissions attribuables à chacune des entreprises pétrolières. Selon l’Associated Press, le Maryland, le Massachusetts et l’État de New York songeraient à établir une mesure similaire. Le lobby pétrolier a indiqué de son côté qu’il entendait contester la nouvelle loi du Vermont.

Haro sur la pub des énergies fossiles

PHOTO DAVID DEE DELGADO, REUTERS

Comme pour l’industrie du tabac par le passé, António Guterres demande que les publicités associées aux énergies fossiles soient dorénavant interdites.

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, demande que les publicités associées aux énergies fossiles soient dorénavant bannies, comme l’ont été celles pour l’industrie du tabac par le passé. « Je demande instamment à tous les pays d’interdire la publicité des sociétés de combustibles fossiles, a-t-il déclaré mercredi dernier. Et j’exhorte les médias et les entreprises technologiques à cesser d’accepter la publicité pour les combustibles fossiles », a-t-il ajouté. M. Guterres a notamment souligné le rôle de l’industrie des énergies fossiles qui a nié les changements climatiques pendant de nombreuses années. « Nous devons affronter directement ceux qui, dans l’industrie des combustibles fossiles, ont fait preuve d’un zèle implacable pour entraver le progrès, et ce, pendant des décennies. »

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2024-06-10/l-actualite-verte-de-la-semaine.php

Deux ans après avoir interdit la vente et l’utilisation des pesticides sur son territoire, la Ville de Montréal devient maintenant la première ville au Canada à interdire l’utilisation des principaux pesticides dangereux sur ses terrains de golf. À compter de la saison 2025, les huit golfs montréalais devront se conformer au Règlement sur la vente et l’utilisation des pesticides, duquel ils étaient jusqu’à maintenant exemptés. Ce renforcement règlementaire est rendu possible grâce à l’étroit travail de collaboration entre la Ville, ses partenaires de la société civile et les organisations visées, au cours des dernières années.

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Résumé

L’actualité verte de la semaine

PHOTO JOSE LUIS GONZALEZ, REUTERS

Les températures élevées des derniers jours ont provoqué une sécheresse intense dans l’État de Chihuahua, au Mexique, une menace pour le bétail.

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Publié à 0h58 Mis à jour à 9h00

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Jean-Thomas Léveillé
Jean-Thomas Léveillé La Presse

Quiz

Quelle proportion du Mexique est-elle frappée par une sécheresse ?

Réponse : 89,6 %. La superficie du pays souffrant d’un manque de précipitations a ainsi augmenté de quatre points de pourcentage en raison de la vague de chaleur enregistrée du 20 mai au 4 juin, la troisième de l’année, rapporte le quotidien mexicain Excélsior, citant l’Observatoire mexicain de la sécheresse. Ce taux est nettement supérieur aux 61 % de l’année précédente, à pareille date. L’État le plus touché par la sécheresse exceptionnelle est celui de Hidalgo, avec 53 municipalités affectées.

Les Innus de Nutashkuan ne chassent plus le caribou

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

La communauté innue de Nutashkuan ne pourra reprendre la chasse au caribou que si les populations sont stables ou en croissance pendant au moins six années consécutives.

La communauté innue de Nutashkuan, sur la Côte-Nord, suspend la chasse au caribou à des fins alimentaires sur son territoire « aussi longtemps que les populations du caribou forestier ne seront pas suffisamment rétablies », emboîtant ainsi le pas à d’autres communautés de la région qui ont mis fin à cette pratique. Cette décision découle d’une entente conclue avec Québec, qui permettra néanmoins la chasse « à des fins culturelles et éducatives » de cinq mâles adultes par année. La chasse à des fins alimentaires ne pourra éventuellement reprendre que si les populations de caribou sont stables ou en croissance pendant au moins six années consécutives.

Hausse des cas de dengue en Europe

PHOTO ORLANDO SIERRA, AGENCE FRANCE-PRESSE

Un enfant atteint de dengue est allongé sur un lit à l’hôpital de La Paz, au Honduras. Les cas de dengue sont maintenant en augmentation en Europe, le changement climatique créant des conditions plus favorables à la propagation de moustiques invasifs.

Les cas de dengue et d’autres maladies liées aux moustiques sont en nette augmentation en Europe, le changement climatique créant des conditions plus favorables à la propagation de moustiques invasifs, a indiqué mardi le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. En 2023, 130 cas de dengue autochtone ont été enregistrés dans l’Union européenne plus l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège, contre 71 en 2022 et 73 de 2010 à 2021. Les cas de virus du Nil occidental suivent aussi une tendance à la hausse, tandis que les moustiques transmettant le chikungunya, le Zika et la fièvre jaune se rapprochent quant à eux de l’Europe. – Avec l’Agence France-Presse

Lourdes sanctions contre Cap-Chat et d’anciens hauts placés

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

La route 132, tout juste avant d’arriver à Cap-Chat

La Ville de Cap-Chat, son ancien maire Judes Landry et son ancien directeur des travaux publics Rémi Lajoie ont été condamnés à des amendes totalisant 190 172 $ pour l’enrochement non autorisé de la rivière Cap-Chat, en mai 2017, a annoncé le ministère québécois de l’Environnement, rappelant que la rivière Cap-Chat constitue un couloir migratoire du saumon et de l’omble de fontaine. Des sanctions avaient aussi été imposées en 2022 pour des infractions à la loi fédérale sur les pêches dans le même dossier, mais Pêches et Océans Canada a refusé de les détailler, même s’il s’agit d’informations publiques. La Ville devra également remettre le site en état.

Les palmiers plantés à Halifax n’ont pas survécu

PHOTO ANDREW VAUGHAN, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Le climat de la côté atlantique aura eu raison des palmiers d’Halifax.

Les deux derniers palmiers plantés en 2018 par la Ville d’Halifax sont morts ce printemps, ce qui a mis fin à une expérience particulière visant à déterminer si ces arbres pouvaient survivre au climat nordique de la Nouvelle-Écosse. Neuf palmiers de variétés connues pour pousser dans des climats plus septentrionaux de l’Asie ou en haute altitude avaient été plantés dans quatre parcs. Les palmiers peuvent survivre dans les zones de rusticité de 7 à 11, alors que la région d’Halifax est classée en zone 6. Des palmiers ont d’ailleurs été cultivés avec succès à Vancouver, où les températures moyennes sont plus douces que sur la côte atlantique. – Avec La Presse Canadienne

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2024-06-17/l-actualite-verte-de-la-semaine.php

Un vaste territoire situé sur le plateau de la rivière Rupert, au nord de Chibougamau et de Chapais, est devenu le terrain de jeu parfait pour l’entreprise ontarienne Flash Forest. Ses drones permettront de reboiser près d’une centaine d’hectares de forêt qui ont été ravagés par les flammes au cours de l’été catastrophique de 2023.

Résumé

Des drones en renfort pour reboiser une forêt brûlée du Québec

Au cœur de la réserve faunique Assinica, en Eeyou Istchee, des drones équipés de capsules de semences résistantes à la sécheresse ont survolé pour la première fois un pan de territoire rasé lors des feux de 2023. Leur but : donner un coup de pouce à la forêt pour qu’elle puisse se régénérer.

Publié à 4 h 00 HAE

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Un vaste territoire situé sur le plateau de la rivière Rupert, au nord de Chibougamau et de Chapais, est devenu le terrain de jeu parfait pour l’entreprise ontarienne Flash Forest. Ses drones permettront de reboiser près d’une centaine d’hectares de forêt qui ont été ravagés par les flammes au cours de l’été catastrophique de 2023.

Dans le Nord-du-Québec, où se trouve la réserve faunique Assinica gérée par la Nation crie d’Oujé-Bougoumou, près de 404 000 hectares de superficie destinés à l’aménagement forestier ont été touchés par les feux, l’an dernier, soit 11,6 % de la région. Certaines zones risquent même d’être incapables de se régénérer naturellement, en raison de la sévérité des incendies.

Par endroits [au Québec], les incendies ont été tellement intenses que le feu a brûlé toute la matière organique au sol, ce qui fait qu’on va se retrouver avec une cicatrice sur le territoire pendant plusieurs décennies, explique William Métivier, président de Forair, une entreprise spécialisée dans l’aménagement forestier.

Préoccupé par ces étendues de forêt laissées à elles-mêmes – et conscient des nombreux obstacles qui ralentissent la remise en production des forêts qui ont brûlé –, cet ingénieur forestier a fait appel à Flash Forest en vue de trouver une solution pour reboiser ce territoire rapidement et le moins cher possible.

Déjà active dans l’ouest du pays, la jeune entreprise n’avait jusqu’alors jamais lancé de projet au Québec.

Toutefois, depuis la mi-juin, ses drones ont commencé à survoler la canopée qui recouvre le territoire montagneux d’Assinica, laissant sur leur passage de petites capsules de semences prêtes à prendre racine au sol. Au cours des derniers jours, 29 hectares ont ainsi été ensemencés dans la forêt boréale, qui abrite une harde de caribous forestiers.

Une vue aérienne d’un site de la réserve faunique Assinica où les arbres ont été brûlés par les feux de 2023.

Photo : Forair

Au total, les drones disperseront environ 2,5 millions de capsules, desquelles on espère pouvoir faire pousser 125 000 arbres, résume William Métivier, dont l’entreprise sert d’intermédiaire à Flash Forest au Québec. Ça va permettre de reboiser de 85 à 100 hectares de forêt, ajoute-t-il.

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Les capsules qui seront semées sont constituées à 70 % d’épinette noire et à 30 % de pin gris.

Contrairement à la majorité des essences reboisées au Québec, ces arbres ne seront pas destinés à la récolte. Flash Forest assurera un suivi pour les trois prochaines années, mais Forair souhaite étudier l’évolution du projet à long terme. On veut voir la façon dont ces arbres ont poussé. Ont-ils réussi à prendre au sol? Ont-ils poussé tout croche? Ça va devenir notre territoire à l’étude.

Résister à la sécheresse

Joint sur la côte ouest, le directeur des opérations de Flash Forest, Cameron Jones, insiste : il ne suffit pas de laisser tomber des semences en espérant qu’elles s’infiltrent dans le sol. Encore faut-il une capsule qui permette à la graine de se frayer un chemin dans la terre.

Les premiers essais de Flash Forest, qui se limitaient alors à distribuer les semences à partir d’un drone, se sont avérés infructueux. De nombreuses graines, larguées sur des zones asséchées où elles étaient incapables de pénétrer le sol, se retrouvaient ainsi gaspillées.

L’entreprise a donc développé une capsule à multiples épaisseurs qui permet de contrer la sécheresse. À l’image d’un oignon, chacune de ces couches qui enrobent la semence lui fournit l’humidité et les nutriments qui l’aideront à croître.

La composition des pastilles dépend du type d’arbre. Certaines peuvent contenir des champignons mycorhiziens, qui aident les plantes à absorber les minéraux et l’eau du sol.

Quand les capsules s’imprègnent d’eau, elles gonflent pour atteindre environ 400 % de leur taille et vont retenir cette humidité après la mise en terre, ce qui permet à la graine de bien s’établir, même s’il n’y a pas beaucoup de pluie, indique Cameron Jones.

Avec les feux de forêt et les épisodes de sécheresse, comme ceux qui ont mené à la perte de plus de 16 millions d’hectares [au Canada l’an dernier], les arbres qui sont plantés sont nombreux à ne pas survivre parce qu’ils manquent d’eau.

Une citation de Cameron Jones, directeur des opérations chez Flash Forest

L’entreprise utilise aussi l’intelligence artificielle pour analyser la zone de reboisement et cibler les secteurs qui présentent les meilleures chances de succès.

On y a aussi recours pour déterminer quelles espèces il serait préférable de planter sur ces sites pour qu’elles soient adaptées aux changements climatiques, note Cameron Jones. C’est inédit, car la plupart des efforts de plantation d’arbres ont toujours consisté, historiquement, à prendre les espèces existantes dans la forêt et à les planter à une densité similaire sur l’ensemble de la zone.

Au Québec, comme c’est le cas dans d’autres provinces, le reboisement est encadré par une loi. Celle-ci exige de maintenir l’écosystème forestier en place et de respecter la dynamique naturelle des forêts, dont leur composition.

La zone de reboisement de la réserve faunique d’Assinica – choisie avec l’aide d’Oujé-Bougoumou et l’accord du maître de trappe Robert S.-Blacksmith, responsable du territoire visé – représente son lot de défis.

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Le site, très éloigné des routes et des villes, est traversé de montagnes. Les drones doivent ainsi ajuster leur trajectoire pour pouvoir suivre la pente et s’adapter au dénivelé, afin de laisser tomber les capsules à la même vitesse et à la même hauteur au-dessus des arbres.

Comme l’altitude varie, le type d’arbre et la densité des espèces qu’il faut planter changent aussi, résume Cameron Jones. Contrairement au projet que nous menons en Saskatchewan, où le terrain est plat et beaucoup plus uniforme, celui du Québec est l’un des plus difficiles où planter des arbres.

Travailler plus rapidement

L’ensemencement par drone doit essentiellement alléger toute la logistique du reboisement – qui est longue et coûteuse. Plus besoin d’aménager de routes pour permettre le passage des scarificateurs et de la machinerie lourde servant à préparer le terrain, fait valoir Cameron Jones.

Alors que le reboisement prend du retard dans la province, l’ensemencement par drone permettrait surtout de planter plus d’arbres en peu de temps, sans avoir à attendre les semis qui poussent deux ou trois ans en pépinière.

Flash Forest, qui détient les installations pour produire jusqu’à un million de capsules par jour, estime pouvoir planter quotidiennement 50 000 arbres. En comparaison, un planteur a une [productivité] moyenne de 1500 à 2000 semis par jour, souligne Cameron Jones.

Non seulement la cadence actuelle est-elle insuffisante, mais la main-d’œuvre n’est pas au rendez-vous pour semer tous les arbres qu’il faudrait mettre en terre afin de compenser les pertes causées par les feux de forêt.

Il en va de même pour les pépinières, qui n’ont pas réussi à augmenter leur capacité pour répondre aux besoins de reboisement d’un bout à l’autre du pays, note de son côté John Innes, professeur à la Faculté de foresterie de UBC et ancien contributeur du GIEC.

L’expert, qui agit à titre de conseiller pour Flash Forest, s’intéresse à l’ensemencement aérien depuis plus d’une vingtaine d’années. De la Californie à l’Australie, ces technologies s’affinent et évoluent rapidement, propulsées par les avancées du domaine militaire – et par la concurrence que se livrent les entreprises de drones, notamment au Canada et aux États-Unis, précise M. Innes.

Un drone de Flash Forest survole une forêt brûlée dans l’ouest.

Photo : Ben Prescott/Flash Forest

En plus de permettre d’atteindre des lieux difficiles d’accès, les drones offrent l’avantage d’éviter de mettre les planteurs en danger. Après un feu, des arbres sont à risque de tomber à tout moment. Les cendres au sol, une fois remuées, restent en suspens dans l’air et peuvent s’infiltrer dans leurs poumons, donne en exemple le spécialiste de l’aménagement durable des forêts.

Il estime néanmoins que l’ensemencement par drone ne sonne pas le glas de la profession de planteur.

Le taux de mortalité des jeunes plants va diminuer exponentiellement avec l’âge. C’est là l’avantage des planteurs : ils mettent en terre des arbres [déjà formés] et qui ont ainsi un taux de survie plus élevé.

Une citation de John Innes, professeur à la Faculté de foresterie de UBC

Certaines forêts, comme celles de la côte ouest où la matière organique s’accumule et empêche les semences de s’enfoncer dans le sol, ne conviennent pas à ce type de technologie, dit-il.

Financement fédéral

Bien que le projet pilote prenne place au Québec, le gouvernement provincial n’en finance pas les activités. La ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Maïté Blanchette-Vézina, estime cependant que l’ensemencement par drone pourrait faire partie des solutions pour améliorer nos façons de faire [en matière de] reboisement.

Même son de cloche du côté du Forestier en chef, Louis Pelletier, qui se dit ouvert à prendre en considération tous les outils […] qui assurent une régénération de nos forêts à moindre coût.

Les tests réalisés dans la réserve faunique Assinica sont financés en grande partie par des partenaires privés, dont Transat. Services autochtones Canada a pour sa part fourni 125 000 $ à Oujé-Bougoumou pour réaliser une étude de faisabilité.

Flash Forest bénéficie aussi du financement d’Ottawa dans le cadre du programme pour reboiser 2 milliards d’arbres en 10 ans. En 2022, l’entreprise a reçu plus d’un million de dollars pour planter un million d’arbres d’ici la fin 2024. D’après un suivi réalisé à l’automne dernier sur les semis plantés par drone, Cameron Jones affirme que la compagnie est en bonne voie d’atteindre sa cible.

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Le projet de Recyclage Carbone qui veut transformer des résidus non recyclables en biocarburants à Varennes avance bien, mais il pourrait bifurquer vers d’autres marchés, comme celui de l’hydrogène.

Résumé

Recyclage Carbone Varennes lorgne le marché de l’hydrogène

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Pour le moment, Recyclage Carbone croit que sa production d’hydrogène, soit 40 tonnes par jour, servira uniquement au processus de transformation des résidus en méthanol.

Le projet de Recyclage Carbone qui veut transformer des résidus non recyclables en biocarburants à Varennes avance bien, mais il pourrait bifurquer vers d’autres marchés, comme celui de l’hydrogène.

Publié à 1h49 Mis à jour à 7h00


Hélène Baril
Hélène Baril La Presse

« On sera le plus gros producteur d’hydrogène vert au Canada et peut-être même en Amérique du Nord », a expliqué Stéphane Demers, directeur général de ce projet d’investissement de 1,3 milliard, lors d’une visite du chantier.

« On suit beaucoup le marché de l’hydrogène, qui originalement dans le projet n’était pas nécessairement une priorité, a-t-il précisé. Mais tout le marché de l’hydrogène évolue rapidement. On regarde TES [à Shawinigan] et Air Liquide. Il y a de l’effervescence dans le marché. »

Pour le moment, Recyclage Carbone croit que sa production d’hydrogène, soit 40 tonnes par jour, servira uniquement au processus de transformation des résidus en méthanol. Mais si la bioraffinerie doit être arrêtée et s’il y a de la molécule d’hydrogène disponible, il pourra être valorisé sur le marché, a fait savoir le directeur général de la future usine.

« C’est quelque chose qu’on va regarder aussi. Il y a un marché local qu’on est en train d’évaluer », a-t-il ajouté, en mentionnant les noms d’ArcelorMittal et d’Énergir comme clients potentiels.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Stéphane Demers, directeur général de Recyclage Carbone Varennes

Bien avant que l’électricité devienne une denrée rare au Québec, Recyclage Carbone a obtenu un approvisionnement de 90 mégawatts d’Hydro-Québec pour alimenter son électrolyseur et fabriquer de l’hydrogène pour transformer des déchets en biocarburants. La production d’hydrogène (40 tonnes par jour actuellement) pourrait encore être augmentée si l’entreprise obtenait un jour 20 mégawatts supplémentaires d’Hydro-Québec.

Un projet variable

De 800 à 900 millions de l’investissement total de 1,3 milliard ont déjà été dépensés ou engagés, a-t-on appris lors de la visite. L’approvisionnement de l’usine en déchets doit provenir pour moitié de la biomasse forestière et pour l’autre moitié de ce que les centres de tri ne peuvent recycler. Des négociations sont en cours pour l’acquisition de 200 000 tonnes par année de la matière première pour laquelle l’entreprise pense qu’elle ne paiera rien. Elle espère même être payée pour s’occuper de ces résidus non recyclables.

De même, le marché pour le produit final, 125 000 litres par année de méthanol vert, n’est pas encore définitif. Recyclage Carbone vise d’abord le marché maritime, où son produit pourrait remplacer le mazout lourd comme carburant des navires.

Mais cela aussi pourrait changer, selon Stéphane Demers.

La molécule de méthanol est très flexible. On peut faire de la gazoline, du carburant d’avion. On suit le marché de près et ça bouge rapidement.

Stéphane Demers, directeur général de Recyclage Carbone Varennes

« On a regardé plein d’options dans ce dossier-là. On n’en est pas arrivé à des conclusions actuellement. »

Le coût du méthanol vert sur le marché est une autre incertitude. Il devrait être au moins le double de celui du méthanol de source fossile, selon Recyclage Carbone.

Depuis son lancement, le projet Recyclage Carbone Varennes a déjà été substantiellement modifié et a reçu beaucoup d’aide publique. Hydro-Québec devait construire l’électrolyseur et produire l’hydrogène nécessaire à la conversion de déchets en gaz synthétique et en biocarburant, avant de se retirer du projet. Enerkem, qui était un actionnaire de l’entreprise, s’est retiré pour devenir le fournisseur de la technologie, qui a été testée pendant 11 ans dans une usine à Edmonton, en Alberta. Cette usine, qui a cessé ses activités plus tôt cette année, a englouti 1 milliard au fil des ans, a indiqué mercredi le président d’Enerkem, Dominique Boies.

Recyclage Carbone Varennes appartient aujourd’hui à quatre actionnaires, soit les pétrolières Shell (36 %) et Suncor (27 %), Investissement Québec (24 %) et Proman (13 %), producteur de méthanol et d’autres produits dérivés du gaz naturel.

Investissement Québec est aussi engagée dans le financement de ce projet de 1,3 milliard, avec un prêt de 150 millions. La Banque de l’infrastructure du Canada (BIC), une société d’État fédérale, a aussi accordé un prêt de 277 millions.

Il s’agit d’un investissement à risque, a indiqué le directeur principal des investissements de la BIC, Saad Rahali, en raison de la volatilité des prix du méthanol. « Mais pour nous, c’était un no brainer à cause de la présence de partenaires privés comme Shell, Suncor et Proman », a-t-il dit.

La construction du complexe industriel de Varennes a commencé en 2021 et la première production est attendue à la fin de 2025. D’ici la fin de l’été, les 72 modules de la bioraffinerie fabriqués en Asie arriveront par voie maritime à Contrecœur et à Bécancour pour être assemblés sur le site de Varennes.

L’histoire jusqu’ici

Depuis 2000, Enerkem veut transformer commercialement les déchets non recyclables en carburants verts, selon une technologie développée par un professeur de l’Université de Sherbrooke, Esteban Chornet, et son fils Vincent.

Une première usine construite par Enerkem à Edmonton pour tester la technologie a été en activité de 2015 à 2024.

Enerkem est devenu le fournisseur de technologie pour Recyclage Carbone Varennes et a des visées internationales avec d’autres projets ailleurs dans le monde, notamment en Espagne et aux États-Unis.

https://www.lapresse.ca/affaires/2024-06-20/recyclage-carbone-varennes-lorgne-le-marche-de-l-hydrogene.php

Notre sélection de nouvelles environnementales d’ici et d’ailleurs. LP

Résumé

Environnement

L’actualité verte de la semaine

PHOTO GETTY IMAGES

L’Australie est l’un des sept pays à respecter les niveaux recommandés de la qualité de l’air. Le Canada figure au 93e rang, tout juste devant la Russie.

Notre sélection de nouvelles environnementales d’ici et d’ailleurs.

Publié à 1h41 Mis à jour à 7h00

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Sara Champagne
Sara Champagne La Presse

Question

Combien de pays dans le monde respectent les niveaux recommandés de la qualité de l’air ?

a) 12

b) 3

c) 7

Réponse : 7

Les habitants de l’Australie, l’Estonie, la Finlande, la Grenade, l’Islande, l’île Maurice et la Nouvelle-Zélande respirent un air très sain, selon le 6e rapport de la société suisse IQAir, une référence dans les sciences de l’air. Le Canada occupe le 93e rang, tout juste devant la Russie. Ce palmarès de 134 pays s’appuie sur les données de 30 000 stations de surveillance. Des taux de particules fines (PM2,5) dangereux sont enregistrés dans 124 régions du globe. Les pays les plus pollués sont le Bangladesh, le Pakistan, l’Inde, le Tadjikistan et le Burkina Faso.

Consultez le rapport publié par IQAir (en anglais)

Pollution de l’air meurtrière

PHOTO SAKCHAI LALIT, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Une épaisse couche de fumée recouvrait la ville de Chiang Mai, dans le nord de la Thaïlande, en avril dernier.

Un autre rapport sur la pollution de l’air révèle qu’elle se classe au deuxième rang des principaux facteurs de risque de décès, devant le tabac, selon la société à but non lucratif Health Effects Institute (HEI). Plus de 8,1 millions de personnes, dont 700 000 enfants de moins de 5 ans, sont mortes en 2021 en lien avec la pollution de l’air, selon des scientifiques du HEI, dans ce rapport soutenu par l’UNICEF. Les citoyens de pays d’Afrique et d’Asie sont particulièrement touchés. Une base de données d’environ 200 pays a été épluchée pour émettre ce constat. Les résultats n’ont toutefois pas fait l’objet d’une publication dans une revue scientifique.

Consultez le rapport du Health Effects Institute (en anglais)

Grizzlis blancs tués

PHOTO FOURNIE PAR PARCS CANADA

Nakoda, une rare ourse grizzli blanche, a été tuée lors d’une collision à la mi-juin, dans le parc national Yoho, en Colombie-Britannique.

En Colombie-Britannique, des écologistes lancent un appel à la protection des ours après la mort de Nakoda, une rare ourse grizzli blanche, lors d’une collision dans le parc national Yoho. L’accident est survenu à la mi-juin, quelques heures après la mort de deux oursons dans les mêmes circonstances. Cinq grizzlis et neuf ours noirs ont été tués au Canada dans des collisions ce printemps, selon Parcs Canada, qui rappelle aux visiteurs l’importance de respecter les limites de vitesse. À l’Université de la Colombie-Britannique, le scientifique de la faune Clayton Lamb a rappelé que chaque mort, en particulier celle des femelles adultes, peut décimer l’espèce.

Consultez les recommandations de Parcs Canada

Contre l’écoblanchiment sur les étiquettes

PHOTO OMAR HAVANA, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Les États-Unis et l’Union européenne ouvrent la porte à une réglementation bannissant les allégations vertes mensongères, slogans farfelus et bilans climatiques douteux.

Produit « vert », « 100 % naturel » ou encore « crème solaire respectueuse de l’océan » ; les États-Unis et l’Union européenne ouvrent la porte à une réglementation bannissant les allégations vertes mensongères, slogans farfelus et bilans climatiques douteux. Le 17 juin, les deux géants industriels se sont entendus sur l’encadrement des étiquettes et publicités dont les allégations parfois trompeuses sont qualifiées d’écoblanchiment (greenwashing). Une vérification préalable des allégations, des critères et des bases factuelles sur lesquels elles doivent être basées, ainsi qu’un cadre concernant la compensation carbone sont prévus dans le projet législatif. Dans un communiqué, le Conseil de l’Union européenne précise que des mesures d’accompagnement des entreprises seront prévues, avec des lignes directrices, des formations, voire un soutien financier.

Tissu rafraîchissant pour affronter la canicule

PHOTO CHARLES WILLIAM PELLETIER, COLLABORATION SPÉCIALE

Un tissu rafraîchissant pour combattre les canicules pourrait bientôt faire son apparition dans les magasins.

Il n’est pas encore en magasin, mais un tissu rafraîchissant ayant la capacité de créer des vêtements pour se protéger de la chaleur environnante des trottoirs et des bâtiments pourrait bientôt faire son apparition. Le textile est composé de fibres, de plastique et de nanofils d’argent. Il est plus performant que la soie (8,9 °C ou 16 °F plus frais) ou le polyester, et abaisse la température corporelle, selon des chercheurs de l’Université de Chicago. Le fameux matériel émettrait une sorte de rayonnement infrarouge qui freine la chaleur émise par le soleil et les structures environnantes et aurait potentiellement la capacité de tripler la durée confortable de l’exposition d’un humain à la chaleur.

Consultez l’étude parue dans Science (en anglais)

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2024-06-24/l-actualite-verte-de-la-semaine.php

Résumé

Isaac Crosby, semeur d’héritage en terre urbaine

Sous un corridor de pylônes électriques de la banlieue de Toronto, de petites fermes urbaines poussent depuis deux ans. L’une d’elles est détenue par Isaac Crosby, un Afro-Autochtone ojibwé, qui remet au goût du jour les techniques agricoles ancestrales et les fruits et légumes qui ont fait prospérer sa nation avant la colonisation. Rencontre avec cet homme de la terre.

Isaac Crosby a toujours sur lui des échantillons de semences, prêt à en donner autour de lui.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Publié à 4 h 00 HAE

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Elles sont rouge écarlate. Juteuses. Fruitées. Et sucrées juste comme il faut. Et surtout, elles goûtent ce qu’elles sont : la fraise. Isaac Crosby les dévoile délicatement, caressant les feuilles, avant de les cueillir puis de les partager.

Les fraises sont cultivées dans son jardin situé en banlieue de Toronto, à la Malvern Urban Farm de Scarborough. Ce projet est dirigé par le Malvern Family Resource Centre, en partenariat avec le Native Child and Family Resource Center.

L’organisme compte différentes petites parcelles détenues par plusieurs membres de la communauté du secteur. Mais celle d’Isaac a une particularité : elle met en valeur des pratiques agricoles autochtones ancestrales.

Isaac Crosby ne cueille jamais tout ce qui pousse dans son jardin, il en laisse un peu pour les animaux du coin.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Isaac Crosby a les mains plongées dans la terre depuis sa plus tendre enfance. C’est lui qui, avec sa sœur et son neveu, s’occupe de cette parcelle de 18 mètres sur 12, depuis deux ans maintenant.

Il vient d’une famille d’agriculteurs, installée à Harrow, en Ontario, au bord du lac Érié. J’ai toujours, toujours, toujours été dans la nature. Et j’ai toujours aimé jardiner et m’assurer que je savais comment cultiver mes aliments, explique-t-il, alors que le soleil ontarien commence à cogner en ce premier jour de canicule.

Lorsque vous grandissez dans une ferme, à la campagne, l’extérieur est votre terrain de jeu. C’est là que l’on fait tout. Nous étions toujours en train de planter des haricots, du maïs. Cela faisait partie de notre vie quotidienne avec nos grands-parents.

Une citation de Isaac Crosby

Et s’il n’a pas eu la chance de grandir connecté à la culture autochtone, comme celle des cérémonies, il a en revanche été baigné dans le monde agricole.

Un héritage qu’il honore aujourd’hui, avec ce jardin qui recèle de petits trésors : de l’ail, des tomates du voyageur, du maïs blanc, des melons d’eau, des fleurs de consoude, des myrtilles, des patates douces…

La ferme urbaine compte plusieurs parcelles cultivées par différents membres de la communauté de ce quartier de Scarborough.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Une encyclopédie de l’agriculture autochtone

Isaac n’a pas grandi dans une communauté autochtone, mais il connaît la terre comme sa poche. Celui qui a aujourd’hui 52 ans sait que son jardin se trouve sur un sol argileux lourd et, surtout, il sait comment cultiver sur ce genre de sol.

Isaac Crosby sait quelles plantes doivent se retrouver près des fraises pour qu’elles poussent en symbiose.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Pour faire pousser la patate douce, par exemple, Isaac Crosby a fait de petits monticules de terre, qui favorisent le développement des tubercules. Véritable encyclopédie des techniques agricoles ojibwées, Isaac utilise aussi les ollas.

Ces pots en céramique enterrés servent à irriguer les plantes. Isaac explique qu’il suffit de remplir les pots jusqu’au maximum, puis l’eau va s’échapper lentement des parois poreuses du pot pour nourrir les racines.

Des Afro-Autochtones sont présents au Canada. Ce mélange est lié à des unions entre des Autochtones et – essentiellement – des esclaves noirs qui se sont enfuis des États-Unis et qui ont parfois trouvé refuge dans des communautés autochtones.

Isaac refuse également l’utilisation de tout intrant chimique sur sa parcelle. Selon lui, tout ce dont il a besoin se trouve déjà dans la nature.

Nous avons, surtout en Amérique du Nord, détruit nos sols ces dernières 100 années, en utilisant des produits chimiques, alors que les plantes ont leur propre fertilisant, peuvent aussi devenir des pesticides, explique-t-il.

Isaac Crosby irrigue la parcelle sur laquelle il fait pousser du maïs grâce au système des ollas, ces pots de terre enfouis dans le sol.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Par exemple, dans son jardin, il fait pousser du consoude. Il en récolte les feuilles et les laisse macérer plusieurs semaines dans l’eau.

Près d’une clôture sur laquelle il a accroché un panneau indiquant à la blague la présence d’ours (son père vient du clan de l’ours), se trouvent ainsi plusieurs seaux remplis de cette mixture. Lorsqu’on y approche son nez, une odeur épouvantable d’égouts et d’eaux usées s’en dégage.

Mais c’est efficace, jure Isaac.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

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Isaac Crosby assure que les sols d’Amérique du Nord ont beaucoup souffert de l’utilisation de pesticides.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Isaac Crosby veut préserver la terre pour les sept prochaines générations.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

À côté, un second contenant dévoile un mélange composé notamment de charbon de bois. Mélangé avec des fertilisants naturels comme les turricules (ces petits amas de terre que les vers rejettent à la surface) et de l’eau, a des propriétés fertilisantes. Il stockera aussi le carbone atmosphérique dans le sol.

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Avec amertume, Isaac regarde de l’autre côté de son jardin, celui de son voisin. Au sol traîne un gros sac de fertilisant. Ces jardins sont tous censés être bio…, déplore-t-il.

La vision de l’agriculture occidentale et autochtone est très différente. Isaac estime que beaucoup de non-Autochtones se disent : OK, qu’est-ce que je peux faire avec cette terre pour me faire de l’argent? Puis, ne rien remettre dans la terre. Une fois qu’ils [l’ont exploitée], ils cherchent un autre terrain.

Isaac ne récolte pas tout non plus. Je vais en laisser pour les animaux, comme les lapins, les petits êtres, ce que vous appelez les fées, dit-il.

Partage de semences

À côté de ses plants de courges se trouvent justement ceux de maïs, mais pas n’importe lequel. Isaac Crosby explique que le maïs jaune est le plus faible en nutriment, contrairement au maïs blanc, rouge, violet…

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

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Isaac Crosby fait pousser des fraises qui ont un véritable goût de fraise juteuses.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Isaac Crosby fait pousser des fraises qui ont un véritable goût de fraise juteuses.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Ici, c’est du maïs blanc. J’ai récupéré ces graines auprès d’une gardienne des semences de la communauté Six Nations, Terrylynn Brant.

C’était la première fois qu’Isaac Crosby recevait des semences d’une aînée et pour lui, c’était tout un honneur. Quand je l’ai rencontrée pour la première fois, j’ai été époustouflé. Je me suis dit qu’elle devait me faire confiance [pour me donner ses semences], qu’elle devait respecter ce que je faisais, détaille-t-il.

Pour elle, me transmettre cela, c’était me dire qu’il était temps pour moi de prendre soin des graines de maïs. Cette graine est maintenant mon bébé. C’est maintenant un membre de ma famille.

Une citation de Isaac Crosby

Isaac Crosby compte d’ailleurs perpétuer ce partage en donnant certaines de ses semences à des agriculteurs, autochtones ou non.

En plus de ses plantes, Isaac et Myra Crosby cultivent aussi la patience. Ils considèrent pratiquer l’agriculture lente et revendiquent un jardin qui n’est pas trop sculpté.

Le mot ojibwé « gitigaan » signifie « petit jardin ».

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Je trouve que les Européens veulent toujours diviser les choses en section. Alors que les jardins autochtones sont plus liés au flux naturel de la vie, de la nature, dit Isaac.

Il a une anecdote à ce sujet. Les non-Autochtones trouvent que nos jardins ressemblent à des jungles. Ils ne nous volent jamais rien! Parce que ça a l’air trop sauvage, dit-il en riant.

Par exemple, concernant les mauvaises herbes, il a un avis bien précis : Vous pouvez dire que ce sont des mauvaises herbes, moi je les appelle des plantes, dit-il en montrant justement quelques pousses que beaucoup auraient immédiatement arrachées.

Le but de l’opération est d’inciter les plants de patates douces à monter le long du tuteur.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

En fait, elles sont bonnes pour le sol. Il ne faut pas tout de suite s’en débarrasser, ajoute Isaac, en cueillant une autre fraise, appelée white soul strawberry, une sorte de fraise des bois, mais couleur crème. Un bonbon lorsque son jus coule au fond de la gorge.

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Faire pousser les fruits et légumes en harmonie est aussi tout un art. Isaac Crosby sait quelles plantes s’entendent. C’est ce qu’il appelle le compagnonnage. Cela a commencé avec les trois sœurs : le maïs, la courge et le haricot, détaille-t-il.

Les fraises, par exemple, bénéficient de la forte odeur de l’ail et des oignons si on les plante côte à côte, ce qui va faire fuir les insectes et les lapins, souvent friands de ce petit fruit sucré à la couleur attirante.

Sur son chemin, Isaac Crosby fait goûter une feuille au parfum de citronnelle, une autre à la réglisse, tout en continuant la visite.

Souvent, ceux qui placent leur confiance dans les intrants chimiques questionnent Isaac sur sa production. Je leur dis de venir voir mon jardin. Je leur dis de ne pas s’inquiéter, dame Nature prend soin de tout.

Le jardin d’Isaac Crosby est situé sous un corridor de pylônes électriques.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Au-delà de l’aspect agricole, la ferme urbaine se trouve aussi sous un corridor de poteaux électriques. Ces espaces sont souvent vierges et à l’abandon, alors les petits lopins de terre cultivés représentent une nouvelle forme de vie.

En 2002, le gouvernement provincial a repris la propriété des corridors d’Hydro One et les jardins sont devenus possibles.

Aujourd’hui, Isaac considère que son rôle est d’aider la terre à redevenir ce qu’elle était après des années d’exploitation frénétique et non raisonnée. Il raconte le faire pour que les sept prochaines générations puissent bénéficier des avantages qu’il a lui-même eus durant son enfance.

Il y voit une chance inouïe : faire ce qu’il aime (jardiner), enseigner aux autres, tout en récoltant les fruits et les légumes de son jardin à la fin de la saison.

C’est la deuxième année que l’Afro-Autochtone s’occupe de ce jardin urbain, à Scarborough.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Très vite, il a réalisé à quel point être dans un bureau s’apparentait à être emprisonné. C’est drôle parce que quand j’étais plus jeune, j’en avais marre de faire de l’agriculture. J’ai essayé d’être un employé de bureau… Mais non. Si vous voulez me tuer, mettez-moi dans un bureau, lance-t-il en riant.

Myra Crosby, la sœur d’Isaac, qui s’implique aussi dans la ferme, partage ce souvenir. Lorsque nous étions petits, nous ne voulions pas cultiver, nous pensions que nous devions suivre une voie différente. Et puis nous sommes devenus des adultes et nous aimons ça. J’ai repris ce contact [avec l’agriculture] et aujourd’hui, je ne sais pas pourquoi je l’avais perdu, raconte-t-elle.

Et lorsque l’hiver arrive et que la terre se met en dormance, Myra n’attend que ça avec impatience : pouvoir retourner dehors, un râteau et une pelle en main.

Myra Crosby n’a pas toujours aimé l’agriculture, maintenant, elle attend avec impatience la fin de l’hiver pour replonger les mains dans la terre.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Conscient que, dans ce monde où les connaissances autochtones ont clairement été dénigrées, Isaac a voulu obtenir un diplôme pour que sa parole soit prise plus au sérieux. À 40 ans, il est retourné sur les bancs de l’école et a obtenu un certificat en horticulture et architecture du paysage au collège Humber, à Toronto.

C’est la seule raison pour laquelle je [suis allé à Humber], car il faut avoir un bout de papier qui dit : “Vous savez comment faire correctement”, ajoute-t-il.

Un partenariat avec l’Université de Toronto

Isaac Crosby ne se contente pas de ce petit bout de terre à la Malvern Urban Farm de Scarborough. Il s’occupe aussi d’un autre jardin, à quelques kilomètres, et qui fait partie d’un projet de l’Université de Toronto, campus Scarborough.

Béatrice Lego explique qu’elle se sert désormais du système des ollas qui permettent une bonne irrigation des plantes.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Cette ferme urbaine, créée en 2018, est axée sur l’enseignement et la recherche. L’initiative est venue de professeurs qui désiraient un espace pour cultiver des produits alimentaires et redonner une expérience pratique et manuelle aux étudiants, détaille Béatrice Lego, coordinatrice de la ferme.

Parmi ces espaces, l’un est géré par Isaac : le jardin autochtone. Cette demande a été faite par une professeure de sociologie pour amener la culture autochtone à l’université.

La coordinatrice présente Isaac comme un gardien du savoir, qui, avec ce projet, a permis à des étudiants d’autres programmes que celui de sociologie de découvrir les cultures autochtones.

Le jardin urbain de l’Université de Toronto, campus Scarborough, permet aux étudiants de découvrir les techniques de culture autochtones.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Des connaissances d’Isaac, Béatrice a récupéré celle des ollas, partagées finalement par plusieurs civilisations anciennes. Quant à Isaac, il a repris le concept de ces sortes de draps blancs pour protéger les plantes et leur permettre, notamment en début d’hiver, de garder quelques degrés supplémentaires.

Nous avons une belle complémentarité et ça nous permet de donner un apport autochtone dans l’enseignement.

Une citation de Béatrice Lego

Béatrice souligne aussi la vision qu’il y a derrière l’agriculture chez les Autochtones et leur rapport à la terre. Un côté spirituel qu’elle observe notamment lorsqu’il est question de la fonction très féminine de la terre qui donne la vie. Ça humanise la terre, précise-t-elle.

Isaac et Béatrice s’échangent des conseils sur les meilleures pratiques agricoles.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Peu à peu, Béatrice apprend qu’il faut écouter ce que la nature a à nous dire et voir les signes qu’elle nous envoie. Isaac prend tout cela comme des messages, et comme une information sur les besoins de la terre, ajoute-t-elle.

À terme, Isaac aimerait obtenir une parcelle de terre plus grande et pouvoir vendre ses produits, mais pour le moment, il chouchoute ses plants de maïs, que le soleil des derniers jours est venu réveiller après un printemps vacillant entre deux saisons.

Béatrice Lego accueille des étudiants qui s’impliquent dans le jardin qui se trouve sur le campus de l’Université à Toronto, installé à Scarborough.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Sous un abri de la ferme urbaine, Béatrice, elle, déguste l’une des fameuses fraises blanches d’Isaac. Elle ferme les yeux et savoure le vrai goût de la nature.

https://www.lapresse.ca/affaires/chroniques/2024-06-25/voyages-en-avion-des-quebecois/nos-ges-aeriens-ont-explose.php

Un sujet crucial pour la transition écologique. Il est important de bien faire les maths et comprendre l’immense impact carbone de l’aviation. Une personne qui habite en 2e couronne qui prend sa voiture pour le moindre déplacement mais qui renonce à l’avion aura un bilan carbone de loin inférieur à l’urbain qui vit sans voiture mais qui part outre-mer chaque année en avion.

Je suis dans la trentaine, j’ai eu la chance d’aller en Europe 5 fois jusqu’à maintenant. Je suis personnellement arrivé à la conclusion qu’à partir de maintenant plus qu’un vol par décennie n’était pas en cohérence avec ma volonté de vraiment tenir compte du problème. Tant mieux si dans le futur les avancées technologiques changent la donne, mais comme c’est expliqué dans l’article c’est davantage une vue de l’esprit que quelque chose de probable.

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J’ai un peu de misère avec l’angle individuel de la réduction des GES. C’est bien connu que la très grande majorité des émissions de GES est causée par une centaine de grandes multinationales (Just 100 companies responsible for 71% of global emissions, study says | Guardian sustainable business | The Guardian). Toute action individuelle est essentiellement une goutte d’eau dans l’océan. Je ne dis pas qu’on ne peut pas faire des changements de modes de vie, mais le focus et même la culpabilisation des individus par rapport aux actions du quotidien est une tactique utilisée depuis des lustres pour détourner l’attention du véritable problème.

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Ce calcul transfère le bilan de tous les consommateurs d’énergies fossiles aux producteurs. Quand une personne prend l’avion, le bilan carbone s’en va à la compagnie qui a fourni le pétrole (probablement dans ce top 100), et non à l’individu, même si c’est un choix personnel.

En bout de ligne aucune compagnie n’existe sans un marché, et le marché sont les individus. C’est notre système économique. Il est donc vrai que les entreprises ont une immense responsabilité. En commençant par le fait que la production du bien doit se faire de la façon la plus soutenable possible. Mais la consommation du bien reste souvent un choix individuel (choix dans le sens large). Personne ne me force à aller dans un avion pour consommer le pétrole produit. Le pétrole est produit parce que je veux prendre l’avion. Et je ne pense pas que je peux me détacher de la conséquence écologique du geste sous prétexte que le pétrole que j’utilise est produit par un autre.

En bout de ligne tout se résume à la consommation. On peut agir à beaucoup de niveau, mais peu importe la façon de s’y prendre, le marché va changer, même pour le consommateur, même s’il est une simple goûte d’eau dans l’océan. Dans le cas de l’avion, soit le consommateur ne prend plus l’avion par choix, soit le carburant n’est plus aussi disponible, plus dispendieux, ou peu importe ce que sa prend pour réduire le bilan carbone à la production. Dans tous les cas, l’habitude change: on va moins prendre l’avion.

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Reste qu’il ne semble pas vraiment y avoir d’obstacles réels à la consommation dans le cas de l’aviation pour les Québécois/Canadiens: les billets d’avion sont incroyablement chers peu importe la destination, que ce soit un vol intérieur, vers les États-Unis ou l’Europe (et je parle même pas des autres destinations) et pourtant le nombre de voyages a explosé et ce, malgré l’augmentation du coût de la vie. Je crois que si on veut vraiment voir un changement de paradigme, il faut se pencher sur les différents facteurs qui influencent ça. Est-ce que le pouvoir d’achat des Québécois a augmenté depuis 1990 (très certainement)? Est-ce que l’augmentation de la population de 2 millions depuis 1990 a fait une différence? Est-ce que les destinations vacances des Québécois ont un impact sur les GES (il semble que oui, puisque l’article mentionne que 71 % de leurs voyages sont hors États-Unis vs 48 % pour le Canada en entier)? Je me demande aussi si peut-être les Québécois en général auront tendance à économiser, se serrer la ceinture afin de se payer des vacances une fois l’an.

Et aussi, on a le chiffre de 4,7 millions de voyages en 2023, mais ça serait intéressant de voir la ventilation de ces chiffres - par exemple, quelle est la proportion dont c’est le seul voyage cette année-là versus ceux qui prennent l’avion une fois par mois voire plus? On a aussi le gros désavantage d’un réseau ferroviaire complètement incapable de compétitionner avec l’avion comparé à l’Europe ou l’Asie, ce qui pèse lourd dans la balance.

Bref, il y a beaucoup de choses à prendre en compte qui je trouve sont souvent éclipsées dans ce genre de débats, et qui malheureusement, pour le Québécois moyen, n’aide pas à justifier un tel changement d’habitude.

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Le problème est complexe et se présente sous plusieurs formes. Le choix de véhicule personnel en est un relativement facile à faire, dont les fameux VUS qui polluent bien davantage et cela à chaque utilisation. Il y a d’autres avenues où l’individu peut agir au quotidien, notamment dans sa consommation d’énergie, d’eau, de ressources diverses etc.

Tandis que les gouvernements ont un pouvoir drôlement plus vaste en tarifant certains produits et habitudes de consommation (taxe kilométrique par exemple, surtaxe sur gros véhicules etc.etc.). Aussi encourager davantage les transports actifs et en commun par un investissement proportionnel, développement de trains longue distance sur certains corridors où notamment la voiture domine.

Quand on dit que l’environnement est l’affaire de tous et que pour assurer le succès des réformes il faut que tout le monde s’y mette, incluant aussi les entreprises et les institutions gouvernementales. Donc tous doivent pousser dans la même direction, en se fixant des objectifs audacieux afin d’accélérer notre action, car plus on attendra plus il sera difficile et couteux d’intervenir, car ici le temps joue clairement contre nous.

C’est vrai que les billets ici sont plus chers qu’ailleurs. Aux USA, en Europe et même dans des marchés plus petits du genre en Océanie les billets sont beaucoup moins chers. Par contre il y a ici beaucoup de destinations abordables où l’hébergement est à bas prix.

Personnellement je ne suis jamais allé dans un tout inclus dans les Caraïbes ou en Amérique centrale, mais une discussion de machine à café suffit pour que je constate que plus de 50% de mes collègues y vont régulièrement. Certains plus d’une fois par année.

J’ai déjà entendu un pilote d’Air France lors de ses remerciements d’avoir voyagé avec eux à l’atterrissage que ce vol équivalait à 2L/100km par passager et de ne pas se sentir mal… :slight_smile:

Pour plusieurs personnes le voyage est essentiel pour leur santé mentale et leur joie de vivre. Rien ne changera cela, incluant les feux de forêt ou les tornades même s’ils savent que tout est relié. Peut être ils compensent avec des crédits carbones ou sont plus raisonnables dans d’autres aspects des gaz à effet de serre (viande rouge, vélo, petits logements verts…)

J’apprécie le commentaire que les gens anti-automobile qui prennent l’avion souvent ne sont pas plus catholiques que les autres au final.

Ce n’est pas encore à l’échelle industrielle, mais Rio Tinto franchit une autre étape dans la production d’aluminium 100 % vert avec une nouvelle usine de « démonstration ». Québec et Ottawa délient les cordons de la bourse pour permettre à ce projet de 375 millions de voir le jour.

Résumé

Technologie Elysis Un autre pas vers l’aluminium vert chez Rio Tinto

PHOTO TIRÉE DU SITE WEB D’ELYSIS

Les lingots d’aluminium produits par la coentreprise Elysis ne génèrent pratiquement aucun gaz à effet de serre.

Ce n’est pas encore à l’échelle industrielle, mais Rio Tinto franchit une autre étape dans la production d’aluminium 100 % vert avec une nouvelle usine de « démonstration ». Québec et Ottawa délient les cordons de la bourse pour permettre à ce projet de 375 millions de voir le jour.

Publié à 10h00

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Julien Arsenault
Julien Arsenault La Presse

La multinationale déploiera la technologie Elysis dans un bâtiment qui sera érigé sur le site de son usine d’Arvida, au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Le démarrage est prévu en 2027. À environ 2500 tonnes par année, la production sera modeste. Par exemple, l’aluminerie AP60, annoncée l’an dernier par Rio Tinto, table sur une production annuelle de 160 000 tonnes de métal gris.

« On a une approche assez prudente, affirme le directeur principal des opérations Atlantique de Rio Tinto Aluminium, Sébastien Ross, en entrevue téléphonique. Étant donné que c’est une technologie de rupture, il y a beaucoup de choses qu’il faut développer de zéro. »

En développement au Saguenay depuis 2018, Elysis est considérée comme très prometteuse, mais elle en est encore à ses balbutiements. Rio Tinto, Alcoa et Apple ont financé une partie du projet. Le gouvernement Legault a déjà injecté 80 millions dans l’aventure, contre 60 millions pour le gouvernement fédéral.

L’industrie québécoise de l’aluminium est moins polluante qu’ailleurs dans le monde grâce à l’hydroélectricité, mais son procédé de fabrication fait de ce secteur le principal émetteur industriel de gaz à effet de serre (GES) du Québec. Elysis parvient à produire du métal gris sans aucun GES, mais à très petite échelle dans un environnement contrôlé.

Pour passer à l’étape suivante, Rio Tinto et Investissement Québec (IQ) mettent sur pied une société en commandite afin d’utiliser la licence d’Elysis. Le géant minier australo-britannique met 235 millions sur la table, tandis que le bras financier de l’État québécois injecte 140 millions.

Ottawa offre également plusieurs dizaines de millions de dollars, mais au moment d’écrire ces lignes, il n’avait pas été possible de connaître le montant. Rio Tinto n’a pas voulu dire si l’argent du gouvernement Trudeau atténuera la somme qu’elle débourse pour la construction de l’usine de démonstration d’aluminium vert.

Ces détails ont été dévoilés, vendredi à Saguenay, dans le cadre d’un évènement réunissant M. Ross, le ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne, le ministre québécois de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Pierre Fitzgibbon, ainsi que sa collègue aux Affaires municipales, Andrée Laforest.

Cet investissement de Rio Tinto s’ajoute à celui de 1,4 milliard annoncé l’an dernier à Saguenay pour la construction de 96 cuves de la technologie AP60, ce qui représente la production d’environ 160 000 tonnes métriques d’aluminium primaire. Ce chantier, qui bénéficie d’un prêt-subvention de 150 millions du gouvernement Legault, permettra de réduire les émissions de GES de 50 % par rapport aux vieilles cuves de l’usine d’Arvida.

Premier pas

Les dix cuves qui seront aménagées dans l’usine de démonstration d’Elysis à Arvida seront quatre fois plus petites que le format habituel. M. Ross assure qu’il y a une demande pour l’aluminium 100 % vert – des entreprises comme Apple et le géant brassicole AB InBev figurent parmi les clients –, mais qu’il y a encore des « apprentissages » à réaliser avec cette nouvelle technologie.

« Ce sont les matières premières utilisées dans le procédé qui sont différentes et qui sont assez rares sur la planète, affirme-t-il. J’irais jusqu’à dire cela. C’est un enjeu technologique important. La plus grave erreur que l’on pourrait faire, c’est de sauter les étapes et faire une faute qui serait fatale et qui aurait le potentiel de tuer la technologie. »

Pour l’instant, il est impossible, selon le dirigeant de Rio Tinto, de savoir quand on pourra industrialiser ce processus. Le niveau de risque doit encore être abaissé, dit-il. Penser aux profits, à cette étape-ci, est un peu « utopique ».

N’empêche, M. Fitzgibbon estime que le risque financier pour l’État québécois est modéré dans ce projet. L’entente avec Rio Tinto prévoit que la multinationale finira par racheter la participation de Québec dans la société en commandite, si tout se déroule comme prévu.

« On a négocié [une mécanique] où le rachat va être égal au coût des fonds et on a un rendement potentiel intéressant que l’on peut faire aussi, affirme le ministre québécois de l’Économie. Que l’on réalise un rendement de 4 % ou de 7 % sur l’investissement, c’est secondaire par rapport à l’avantage comparatif que le Québec aura si nous sommes les premiers à produire de l’aluminium vert. »

Est-ce que le gouvernement québécois pourrait éventuellement être appelé à injecter davantage d’argent dans la société en commandite pour éviter la dilution si d’autres investissements sont nécessaires ? Peut-être, concède M. Fitzgibbon, en ajoutant que Rio Tinto devra être en mesure de mener le projet à terme.

« À un moment donné, ce n’est plus au gouvernement de supporter cela », dit-il.

Selon Rio Tinto, les travaux de démolition et de préparation débuteront « dès maintenant » et la construction de la nouvelle usine devrait s’amorcer « au début de 2025 ».

En savoir plus

  • 37 %
    Participation de Québec dans la société en commandite qui exploitera l’usine de démonstration d’Elysis à Arvida

la presse

220 millions
Somme allongée par le gouvernement québécois dans le projet d’aluminium 100 % vert depuis 2018

la presse

https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2024-06-28/technologie-elysis/un-autre-pas-vers-l-aluminium-vert-chez-rio-tinto.php

Résumé

« La biométhanisation, une activité agricole »

PHOTO PHILIPPE BOIVIN, ARCHIVES LA PRESSE

« Même si la production de GNR agricole s’appuie sur des technologies connues et éprouvées en Europe, elles restent ici incomprises pour plusieurs », selon des acteurs du milieu.

La filière du GNR agricole n’est pas reconnue pour ce qu’elle est, soit un prolongement de l’agriculture, déclare Simon Naylor, PDG de Keridis BioÉnergie.

Publié à 5h00

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Ulysse Bergeron
Ulysse Bergeron La Presse

Depuis plus de 10 ans, l’entreprise se spécialise dans le développement et l’investissement en biométhanisation.

Pensez-y. Tout ce qui rentre dans un digesteur vient de l’agriculture. C’est du fumier, du lisier et un peu de matière résiduelle agroalimentaire. Et tout ce qu’on sort une fois le traitement terminé – le digestat – va être épandu dans un champ de culture à proximité.

Simon Naylor, PDG de Keridis BioÉnergie

Le digestat est cette matière laissée dans le digesteur après le processus de méthanisation. Composé de nutriments, il est utilisé comme fertilisant renouvelable pour remplacer des engrais chimiques.

« Comme tout cela est lié à l’agriculture, on pourrait revoir la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles pour y inclure la biométhanisation comme une activité agricole pour que ce soit plus facile de s’installer en zone cultivable », dit-il.

Perception

Son de cloche similaire de la part de Mélissa Sall, directrice de BioÉnertek. L’entreprise montréalaise a construit et mis en service des projets de biométhanisation aux États-Unis et au Mexique. Elle planche actuellement sur un projet qui doit voir le jour éventuellement à Sainte-Sophie-de-Lévrard, dans le Centre-du-Québec.

On doit constamment défendre notre volonté de s’installer en zone agricole. Pourquoi on ne veut pas aller s’installer en zone industrielle ? C’est parce que la matière se trouve en zone agricole et que ceux qui utilisent le digestat sont les agriculteurs.

Mélissa Sall, directrice de BioÉnertek

La femme d’affaires constate « une forme de peur » dans certains ministères. « C’est comme si on craignait que ces projets soient ou deviennent des projets industriels lourds. »

Cette perception aurait mené à un encadrement plus strict des producteurs de GNR agricole, donc à une augmentation des coûts des projets, un frein pour les producteurs agricoles qui voudraient produire du GNR à partir de leurs résidus agricoles.

« On vend la molécule de GNR à un prix fixé par la Régie de l’énergie. Il faut que ça soit rentable pour l’agriculteur », dit-elle.

Méconnaissance

Le PDG de l’Association québécoise de la production d’énergie renouvelable (AQPER), Luis Calzado, estime lui aussi que la méconnaissance freine le développement de l’industrie.

Au Québec, il y a toujours cette impression que le gaz naturel est d’origine fossile. Ce qui n’est évidemment pas le cas pour celui qui provient du traitement de résidus agricoles.

Luis Calzado, PDG de l’Association québécoise de la production d’énergie renouvelable

Même si la production de GNR agricole s’appuie sur des technologies connues et éprouvées en Europe, elles restent ici incomprises pour plusieurs, dont les investisseurs. Cela se traduit par un intérêt « peu marqué » des institutions financières pour financer ces projets. Une situation qui diffère grandement de la réalité sur le Vieux Continent.

Certes, le Fonds de solidarité FTQ a lancé le fonds de solidarité FTQ Bioénergie, qui prévoit injecter dans un premier temps 100 millions de dollars dans la filière. Seul hic : il s’agit du seul acteur d’envergure à avoir fait le grand saut dans la filière.

« On ne peut pas compter que sur un investisseur. Il en faut plusieurs », dit-il.

« Au Québec, il y a quelques banques qui ont montré de l’intérêt, mais je ne dirais pas que c’est au niveau nécessaire à aider au déploiement de la filière. »

Scepticisme

Raphaël Duquette est vice-président chez Qarbonex, une firme de consultants spécialisée dans les projets de GNR. « On a essayé de partir la filière de la biométhanisation avec le traitement des résidus de table, donc des projets plus complexes », relate-t-il.

Ce choix « a créé beaucoup de scepticisme » à l’égard de la filière, selon lui.

Les résidus de table, c’est de la matière qui est plus difficile à recueillir et qui a plus de contaminants. Ce sont donc des projets de biométhanisation qui sont techniquement plus complexes et plus coûteux à réaliser.

Raphaël Duquette, vice-président de Qarbonex

À cause de cela, la biométhanisation serait considérée par plusieurs – dont des décideurs – comme synonyme de complexité, retards et dépassements de coûts.

« Mais on doit distinguer cette biométhanisation de celle avec des résidus agricoles. Cette dernière est beaucoup plus simple. Prenez les intrants comme le lisier et le fumier : la quantité est plus facile à estimer parce que la cueillette ne se fait pas de façon volontaire. On n’a qu’à connaître le nombre de bêtes. »

Résumé

Nature Energy envisage maintenant une usine à la fois

PHOTO FOURNIE PAR NATURE ENERGY

Des installations de l’entreprise danoise Nature Energy

Le géant danois de la biométhanisation Nature Energy débarquait au Québec, il y a deux ans, à la façon d’un rouleau compresseur. La filiale de Shell voulait construire jusqu’à 10 méga-usines de biométhanisation pour produire du gaz naturel renouvelable à partir de résidus agricoles. Or, elle doit maintenant revoir son approche et adapter ses ambitions à la réalité québécoise.

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Ulysse Bergeron
Ulysse Bergeron La Presse

« On ne se met pas le couteau sous la gorge en se disant qu’il faut faire 10 usines coûte que coûte, déclare Philippe Lamote, responsable de l’approvisionnement en biomasse de Nature Energy au Canada. On y va projet par projet. Si ce n’est que six usines, ce ne sera que six usines. »

Les propos contrastent avec l’assurance qu’affichait en décembre 2022 le grand patron de Nature Energy, Ole Hvelplund, lors de l’annonce de partenariat avec Énergir. L’entreprise danoise – rachetée deux semaines plus tôt par le géant pétrolier Shell – avait alors soutenu vouloir construire jusqu’à 10 méga-usines de biométhanisation pour produire du gaz naturel renouvelable (GNR) agricole à partir de lisier et de fumier.

Le rendement potentiel de ces projets avait de quoi impressionner. Ces usines, avait-on soutenu, permettraient de produire 200 millions de m⁠ètres cubes de GNR et d’« atteindre le tiers de la cible de 2030 du Québec en matière de GNR, ce qui réduirait les émissions de CO2 d’un maximum de 400 000 tonnes, ce qui équivaut à retirer de la circulation environ 100 000 voitures à essence ».

Or, pour alimenter chaque usine, Nature Energy doit recueillir 700 000 tonnes d’intrants, essentiellement constitués de déjections animales. Même s’il y a d’importants élevages au Québec – l’industrie porcine totalise à elle seule 7 millions de bêtes –, les producteurs sont répartis sur un territoire plus vaste que celui du Danemark.

Si on doit faire 100 kilomètres pour aller chercher du fumier, ça devient compliqué d’avoir un projet économiquement viable. Notre modèle repose sur un nombre important de fermes – entre 100 et 150 fermes – qui doivent se trouver dans un rayon de 45 minutes de transport maximum.

Philippe Lamote, responsable de l’approvisionnement en biomasse de Nature Energy au Canada

L’an dernier, Nature Energy a dû mettre une croix sur la construction d’une usine à Louiseville, dans la MRC de Maskinongé. « Il aurait fallu réussir à récolter les intrants de 100 % des fermes dans un rayon de 45 minutes de transport », dit-il.

Deux usines sont pour le moment dans les cartons de l’entreprise. Celle de Farnham, en Estrie, qui devrait être inaugurée en 2026 aurait accès à « trois fois plus d’intrants » que l’approvisionnement nécessaire. Situation similaire pour l’usine projetée à Saint-Georges, en Beauce, qui devrait être en service en 2027. Chacune d’elles devrait produire annuellement 20 millions de mètres cubes⁠, l’équivalent de ce que consomment 10 000 maisons de taille moyenne.

Mieux définir le statut du digestat

À l’instar des autres entreprises du secteur, Philipe Lamote estime que Québec pourrait donner un coup de pouce pour favoriser le développement de la filière en « alignant » les objectifs des ministères et autorités impliqués. « Il y a parfois de petites contradictions qui créent des problématiques d’ordre réglementaire. »

Il cite l’exemple du statut du digestat, résidu qui sort du digesteur après le processus de méthanisation. Composé de nutriments, ce fertilisant renouvelable sert à remplacer des engrais chimiques en agriculture.

Or, s’il est permis au Québec d’épandre du lisier et du fumier dans les champs, l’encadrement de l’épandage du digestat est plus serré. La biomasse traitée par Nature Energy est constituée à 80 % de sources agricoles et à 20 % de restants de l’industrie agroalimentaire.

Et c’est là que le bât blesse, concède Philippe Lamote : « Lorsque les deux sont ensemble – comme on le fait –, c’est considéré comme une matière résiduelle fertilisante (MRF). Et là, ça tombe dans une autre réglementation et les coûts pour les utiliser sont très élevés. »

Résumé

Énergir veut plus de projets québécois

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

« Concernant spécifiquement la production de GNR agricole, des huit projets qui injectent actuellement dans notre réseau, il n’y a qu’un seul projet qui vient du secteur agricole », explique Renault Lortie, vice-président clients et approvisionnement gazier d’Énergir.

Le développement des projets pour produire du gaz naturel renouvelable (GNR) à partir de résidus agricoles s’étale sur plusieurs années. N’empêche, le distributeur Énergir estime pouvoir atteindre son objectif, qui est de porter à 10 % le volume minimal de GNR dans son réseau d’ici 2030. La Presse s’est entretenue avec Renault Lortie, vice-président, clients et approvisionnement gazier chez Énergir.

Publié à 5h00

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Ulysse Bergeron
Ulysse Bergeron La Presse

Pourquoi des projets de production de GNR agricole ne démarrent-ils pas aussi rapidement qu’envisagé ?

Il y a une réalité économique. Tous les projets de production d’énergie verte ont subi les impacts de la hausse des taux d’intérêt, de l’inflation et de la difficulté de trouver de la main-d’œuvre. Ça coûte plus cher de construire des infrastructures. C’est la même chose pour les projets éoliens et solaires. Ce n’est pas pour rien qu’Hydro-Québec annonce que son prix marginal va augmenter à 0,13 $ le kilowattheure, alors qu’on est habitué à payer autour de 0,04 $. À cela s’ajoute l’enjeu de l’acceptabilité sociale ; c’est une nouvelle filière qui n’est pas encore totalement comprise. Il y a des communautés près des projets qui se posent beaucoup de questions : est-ce qu’il y a des odeurs ? Qu’est-ce qui va arriver avec le digestat ?

PHOTO BÉNÉDICTE BROCARD, FOURNIE PAR ÉNERGIR

Renault Lortie, vice-président clients et approvisionnement gazier d’Énergir

Est-ce qu’Énergir aura de la difficulté à atteindre ses objectifs ?

Non. On compte toujours atteindre l’objectif que nous a fixé le gouvernement, soit 5 % de GNR dans notre réseau d’ici 2025 et 10 % d’ici 2030. Actuellement, 20 % du GNR injecté dans notre réseau vient du Québec. Pour ma part, j’aimerais que dans quelques années, la tendance soit inversée pour que le GNR consommé ici soit produit ici. Concernant spécifiquement la production de GNR agricole, des huit projets qui injectent actuellement dans notre réseau, il n’y a qu’un seul projet qui vient du secteur agricole, celui de Coop Agri-Énergie à Warwick, dans le Centre-du-Québec.

Pourquoi faudrait-il développer davantage la filière agricole ?

Lorsqu’on parle de GNR de première génération – fait à partir de matière organique –, c’est la matière agricole qui a le plus grand potentiel. Et aussi, on y gagne à tous les niveaux : il y a beaucoup de matière organique à valoriser, ça représente une nouvelle source de revenus pour les agriculteurs et ça donne du digestat qui remplace des engrais chimiques. La nécessité d’intensifier la production de GNR en milieu agricole est une évidence. Aussi, les émissions en agriculture ont augmenté au fil des ans. Le secteur représente maintenant près de 10 % des émissions totales dans la province.

Pour les producteurs de GNR, le raccordement au réseau d’Énergir peut coûter des millions de dollars. Est-ce que ça ne devient pas un frein pour la filière ?

On a fait des démarches auprès de la Régie de l’énergie du Québec pour qu’une partie du raccordement – celle du conduit qui rejoint notre réseau – puisse être assumée par l’ensemble de la clientèle d’Énergir, plutôt que par le producteur. Il n’en reste pas moins que la situation au Québec est enviable, avec le soutien financier du Programme de soutien à la production de gaz naturel renouvelable. Sur le plan des contrats, Énergir en offre d’une durée de 20 ans – à 45 dollars le gigajoule, indexés au fil des ans –, ce qui n’existe pas vraiment ailleurs en Amérique du Nord. Malgré les défis, quand on se compare, on se console : 10 des 30 projets de production de GNR au pays sont au Québec.

https://www.lapresse.ca/affaires/gaz-naturel-renouvelable/demarrage-difficile/2024-07-01/energir-veut-plus-de-projets-quebecois.php

Le Québec doit s’éloigner des combustibles fossiles pour atteindre ses objectifs environnementaux. L’électricité ne peut toutefois y arriver seule. Mais voilà qu’une nouvelle source d’énergie naturelle aurait le potentiel de lui donner un sérieux coup de pouce… à condition qu’on en retrouve suffisamment dans notre sous-sol.

Résumé

Environnement

L’énergie du futur possiblement dans le sous-sol québécois

Par Philippe Chabot, Le Soleil

1er juillet 2024 à 04h30|

Mis à jour le1er juillet 2024 à 10h26

Des roches pouvant produire naturellement de l’hydrogène ont notamment été identifiées dans les collines montérégiennes. (Archives La Voix de l’Est)

Le Québec doit s’éloigner des combustibles fossiles pour atteindre ses objectifs environnementaux. L’électricité ne peut toutefois y arriver seule. Mais voilà qu’une nouvelle source d’énergie naturelle aurait le potentiel de lui donner un sérieux coup de pouce… à condition qu’on en retrouve suffisamment dans notre sous-sol.


Le gouvernement du Québec abandonne progressivement l’énergie produite à partir de combustibles fossiles pour d’autres formes d’énergies renouvelables afin d’assurer sa transition énergétique.

Or, malgré un secteur largement basé sur l’hydroélectricité, une étude du HEC Montréal révèle en 2021 que près du trois quarts des émissions de gaz à effet de serre (GES) sont liées directement à l’énergie.



Jasmin Raymond, professeur de l’Institut national de la recherche scientifique. (Tirée du site de l’INRS)

Il y a également des secteurs industriels qui seront difficilement électrifiés. Jasmin Raymond, professeur de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), fait notamment mention de l’industrie lourde, de la pétrochimie ainsi que du transport de longue durée puisque les technologies ne s’y prêtent pas bien.

L’hydrogène vert est donc présentement utilisé dans les secteurs identifiés précédemment afin de réduire l’empreinte environnementale de ces activités industrielles. Cette source d’énergie est produite par l’électrolyse de l’eau, ce qui consiste à faire passer un courant électrique dans l’eau pour extraire l’hydrogène.



«L’hydrogène vert est un combustible très intéressant pour décarboner notre économie. Il risque toutefois d’être très dispendieux de l’exploiter parce que la chaine de la production jusqu’à la consommation est complexe.»

— Jasmin Raymond, professeur de l’INRS

Une équipe de l’INRS, sous la supervision de Jasmin Raymond et du professeur associé Stephan Séjourné, également président d’Enki GeoSolutions, a récemment publié une étude mettant en lumière un autre type d’hydrogène possiblement moins coûteux, qui pourrait devenir un élément important de la transition énergétique, en complément à l’hydrogène vert et à l’électricité.

Le professeur Stephan Séjourné est également président d’Enki GeoSolutions. (Alain Roberge/Archives La Presse)

«L’hydrogène naturel ou blanc est produit de manière géologique dans le sous-sol terrestre, donc sans intervention humaine. Si on peut trouver des quantités suffisantes au Québec, on aurait à notre disposition une source d’énergie décarbonée», mentionne M. Séjourné en entrevue avec Le Soleil.



Il y en a ou pas?

L’étude qui se décline en six rapports dresse l’état des connaissances sur l’hydrogène naturel. Les chercheurs de l’INRS ont par le fait même réalisé un inventaire des roches pouvant produire naturellement de l’hydrogène au Québec. On en retrouve potentiellement en Montérégie, en Estrie, en Gaspésie, en Abitibi et au Lac-Saint-Jean.

«On a décelé des indices d’hydrogène naturel au Québec. Est-ce qu’on en retrouve en quantité suffisamment appréciable pour l’exploiter? C’est la grande question à laquelle il faudra trouver réponse», laisse planer Jasmin Raymond.

Il est très tôt pour s’avancer sur la quantité d’hydrogène que renferme possiblement le sous-sol québécois, disent les deux professeurs. Des travaux d’exploration géologique devront d’abord être lancés pour vérifier l’existence de réservoirs intéressants dans la province.

Aux quatre coins du monde, les efforts pour mettre cette ressource en valeur sont encore au stade de l’exploration, sauf pour un projet unique de production au Mali. «Si on retire 10 % de la ressource qui se trouve dans ce réservoir, c’est l’équivalent de l’énergie qu’on peut produire avec un électrolyseur de 20 mégawatts durant 157 ans», lance M. Raymond avec optimisme.

De quelques années à une décennie

La production de l’hydrogène naturel au Québec n’est cependant pas pour demain parce que cette industrie n’est pas clé en main comme le mentionne Stephan Séjourné.

«Il ne s’agit pas d’appliquer un savoir-faire qui est déjà bien maîtrisé ailleurs. Il va falloir découvrir comment bien faire les choses. On devra adapter les techniques d’exploitation à la géologie, à la géographie et à la société québécoise», indique-t-il.

On parle alors de plusieurs années avant le début de la production d’hydrogène naturel si l’exploration s’avère concluante. Développer une filière de cette source d’énergie pourrait prendre jusqu’à une décennie.

Verdure de banlieue

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