Économie et commerce - Actualités

Recyclage Carbone Varennes Débâcle à un demi-milliard pour les contribuables

Un autre mégaprojet en matière de transition énergétique risque de finir en queue de poisson et pourrait coûter plus d’un demi-milliard aux contribuables : Recyclage Carbone Varennes (RCV) est en voie d’être rachetée pour des miettes par une entreprise canado-américaine.

Publié hier à 19 h 45

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Julien Arsenault La Presse

](https://www.lapresse.ca/auteurs/julien-arsenault)

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Hugo Joncas Équipe d’enquête, La Presse

](https://www.lapresse.ca/auteurs/hugo-joncas)

Selon les informations obtenues par La Presse, c’est l’offre du producteur de carburant à base d’hydrogène StormFisher, établie à Toronto et Houston, qui a été retenue dans le cadre de la vente des actifs de l’entreprise insolvable.

« Cette transaction représente le meilleur résultat possible […] dans les circonstances, peut-on lire dans une requête qui doit être présentée lundi prochain devant la Cour supérieure du Québec. Elle permettra de préserver le projet, sous une forme certes modifiée, en tant qu’entreprise en activité. »

Estimé à 1,5 milliard, le chantier de RCV, en Montérégie, à l’est de Montréal, visait à construire un complexe de biométhanol. L’usine de biocarburant était achevée à 75 % lorsque la compagnie s’est placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC), en mars dernier. Les installations comprennent aussi un électrolyseur à hydrogène, construit à 45 %.

Lourdes pertes

Si le chantier doit avoir une deuxième chance, la tournure des évènements est différente pour les créanciers de RCV, parmi lesquels on retrouve Québec, Ottawa et plusieurs dizaines de fournisseurs – une liste où l’on retrouve plusieurs entreprises québécoises.

Il n’a pas été possible d’obtenir le prix offert par StormFisher pour mettre la main sur l’entreprise insolvable depuis mars dernier. Néanmoins, selon nos informations, la somme permettrait à peine de rembourser le financement intérimaire de 50 millions offert à RCV par Québec et Ottawa depuis le printemps dernier.

De plus, bon nombre de créanciers se retrouveront les mains vides.

C’est en raison de l’outil utilisé pour relancer RCV : l’ordonnance de dévolution inversée.

Essentiellement, ce mécanisme permet de transférer à un repreneur les actifs qu’il souhaite racheter et de laisser les passifs (créances, dettes, employés, etc.) dans une autre entité que l’on met en place, une sorte de coquille vide.

« Malheureusement, aucune distribution ne devrait être effectuée aux créanciers non garantis », confirment les documents judiciaires consultés par La Presse.

La tournure des évènements sera également synonyme d’importantes sommes qui s’envolent en fumée pour les gouvernements du Québec et du Canada.

Ensemble, ils avaient financé RCV à hauteur de 530 millions par l’entremise de prises de participation, de prêts, de subventions et de crédits d’impôt, notamment. Également actionnaire du projet, Québec est assuré de perdre son bloc d’actions. Sa valeur était de 117 millions en date du 31 décembre dernier, selon le rapport initial du contrôleur déposé en mars dernier.

En optant pour la dévolution inversée, le repreneur du projet s’assure de conserver les approvisionnements énergétiques garantis par Hydro-Québec, ce qui est essentiel à sa réalisation.

Peu d’intérêt

Contrairement au projet initial, qui reposait sur la gazéification de la biomasse, le promoteur ambitionne donc de produire de l’éthanol « propre issu de l’électricité renouvelable au Québec ».

L’usine de RCV était basée sur la technologie de gazéification d’Enerkem. En octobre 2024, La Presse avait rapporté comment Québec et les fonds de travailleurs avaient perdu près de 100 millions dans cette entreprise, en plus des subventions accordées.

Lorsque le gouvernement avait refusé d’injecter davantage d’argent dans Enerkem en février 2024, ses actions avaient perdu le gros de leur valeur, ce qui avait laissé le contrôle de la société à la pétrolière espagnole Repsol.

Lisez « L’investissement public dans Enerkem part en fumée »

En savoir plus

  • 220 millions
    Total des créances non garanties de Recyclage Carbone Varennes

source : ey

15
Employés à temps plein de Recyclage Carbone Varennes avant sa déconfiture, en mars dernier.

source : ey

https://www.lapresse.ca/affaires/2025-09-25/recyclage-carbone-varennes/debacle-a-un-demi-milliard-pour-les-contribuables.php

La Caisse est née en juillet 1965 et fête son 60e anniversaire cette année. Il a fallu 60 ans pour que l’institution atteigne 500 milliards d’actif, et Charles Emond prévoit qu’il faudra seulement 10 ans pour ajouter 500 milliards, grâce aux rendements composés.

https://www.lapresse.ca/affaires/chroniques/2025-09-25/la-caisse-de-depot-brasse-les-cartes.php

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Encore une fois tout ce que touche la CAQ tourne au vinaigre parce que le gouvernement Legault est toujours dépassé par la situation.


Un combat existentiel

3 articles

François Legault a mis sa réforme du régime forestier à la déchiqueteuse et reprend les consultations à zéro. Pendant ce temps, la crise s’aggrave dans l’industrie de la forêt. De Port-Cartier à Val-d’Or, de Maniwaki à Saint-Michel-des-Saints, les fermetures d’usines se succèdent. À Parent, à 200 km au nord-ouest de La Tuque, l’avenir du village est en jeu. Un dossier de Charles Lecavalier et d’Edouard Plante-Fréchette.
Publié à 5 h 00

(Parent, Ville de La Tuque) Que restera-t-il de Parent si l’usine de sciage qui fait vivre ce village éloigné, perché entre La Tuque et Mont-Laurier, ferme définitivement ? La question hante ses résidants et devient de plus en plus urgente, à mesure que les mois passent.

L’industrie forestière traverse une tempête parfaite. Elle souffre de la concurrence avec l’Ontario, où les droits de coupe, disent les entreprises, sont moins élevés et l’essence, moins chère.

De plus, le lent déclin de l’industrie des pâtes et papiers rend les débouchés moins rentables : lorsqu’on débite un arbre dans une scierie, 50 % de la matière sert à faire des planches, en moyenne. Le reste est notamment vendu aux papetières. La chute des prix réduit la rentabilité des opérations. Puis, évidemment, la guerre commerciale avec les États-Unis bloque le principal marché d’exportation.

Et c’est sans compter les blocus autochtones, liés en partie au controversé projet de loi 97, abandonné la semaine dernière par le premier ministre François Legault, qui promettait au printemps de soutenir l’industrie forestière.

Laissés à eux-mêmes

À Parent, où la survie même du village de moins de 400 résidants est en jeu, ces raisons militent justement pour une implication gouvernementale. Les citoyens rencontrés estiment qu’ils sont laissés à eux-mêmes. La députée caquiste du coin, Marie-Louise Tardif, n’y a pas fait d’apparition publique depuis l’arrêt des opérations, déplorent Valérie Bouchard et Daniel Lavoie, propriétaires de l’Hôtel Central, une institution, qui abrite également le seul restaurant et le seul bar du village.

« Elle n’est même pas venue nous rencontrer. Zéro pis une barre », laissent-ils tomber. Même inaction du fédéral. « [François-Philippe] Champagne, on ne l’a pas vu. »

La députée caquiste a décliné la demande d’entrevue de La Presse. Elle a indiqué qu’elle compte se rendre à Parent « prochainement ».

Comme bien d’autres, ils sont touchés par la fermeture d’Arbec et les blocus autochtones. Déjà, les employés de la scierie qui viennent de l’extérieur – plus de la moitié des effectifs – ne fréquentent plus leur établissement. Et la paralysie des chantiers forestiers a mis à sec leur deuxième entrée d’argent : les services d’hébergement et de cafétéria offerts aux travailleurs. Mais le problème est plus profond.

Si ça ferme, je ne sais pas comment on va faire. Il va falloir renégocier les prêts. On va virer en gros relais de motoneige. On a acheté un restaurant de village, pis il n’y a plus de village.

Daniel Lavoie, copropriétaire de l’Hôtel Central de Parent

Résumé

Quel avenir pour l’école ?

Par une journée chaude de septembre, la cloche de la récréation sonne pour les 19 élèves – du primaire à la 3e secondaire – de l’école Notre-Dame-de-l’Assomption. Trois enseignants s’occupent de cette cohorte tissée serré.

Monica Chhith est à Parent depuis cinq ans. Son conjoint, Francis Desormeaux, et elle ont choisi de quitter la couronne nord de Montréal pour s’installer ici, « loin de la pression de la ville ». Après avoir été maître de poste pendant trois ans, elle travaille maintenant comme secrétaire à l’école.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Francis Desormeaux, Monica Chhith et leurs quatre enfants, Ty-Lee, Liam, Bradly et Ely, craignent le pire pour leur village.

Même si elle n’est pas une employée de l’usine d’Arbec, elle en ressent les impacts. « [Les prestations de] chômage s’arrêtent en novembre. Plusieurs parents se demandent ce qu’ils vont faire. C’est l’aide sociale, ou c’est quitter le village », résume-t-elle. Les maisons n’ont pas une grande valeur à Parent, et ce sera encore pire si un exode survient, craint-elle.

Francis, lui, travaille comme concierge. Leurs quatre enfants fréquentent l’établissement scolaire, et il peut les voir autant qu’il le souhaite. Mais comme bien d’autres, il se questionne, surtout que leur plus grand se dirige vers la 4e secondaire. « Si rien ne bouge, on va devoir prendre une décision », laisse-t-il tomber.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Francis Desormeaux et Monica Chhith travaillent, lui comme concierge, elle comme secrétaire, à l’école du village, fréquentée par leurs quatre enfants.

« Je te vois serrer tes lèvres, Éric. »

À côté de lui, un homme est assis, l’air pensif. Éric, c’est le conseiller municipal de Parent. Celui qu’on appelle lorsqu’on manque d’électricité, quand un ours vient fouiller sur son terrain ou lorsqu’on trouve une bête écrasée devant la maison. « Ça va faire un gros trou si vous partez », répond ce dernier, visiblement ému face au choix déchirant de la famille Desormeaux-Chhith.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Éric Chagnon, conseiller municipal de Parent, au sommet du mont Radar. Ancien travailleur forestier, il chasse, pêche, trappe et organise des courses de chien de traîneau.

Ici, il n’y a pas de maire : malgré la distance, le village a été fusionné avec La Tuque en 2003. Mais il y a un conseiller, Éric Chagnon, et des combats à mener. Ambulance, CLSC, manque de fiabilité du réseau électrique : les Parentois, isolés au milieu de la forêt, doivent constamment se battre pour exister, résume-t-il.

Dans le cas de l’électricité, la situation s’est améliorée avec des investissements de près de 100 millions d’Hydro-Québec pour mettre à niveau de la ligne électrique et pour un projet pilote de système de batteries. D’autres investissements sont à prévoir d’ici 2035.

Mais cette fois-ci, le combat est existentiel.

Ici, on est monoindustriels au boutte. Si l’usine ferme, si le bois est envoyé directement au sud, c’est la mort de notre village.

Éric Chagnon, conseiller municipal de La Tuque pour le secteur Parent

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Éric Chagnon, conseiller municipal de Parent, avec ses chiens de traîneau

Occuper le territoire

Le nerf de la guerre, pour M. Chagnon : s’assurer que le bois récolté dans le secteur de Parent y soit transformé. Il s’agit, dit-il, d’un principe simple : celui de l’occupation du territoire. L’idée même de voir la ressource récoltée dans la région pour être transportée à plus de 200 kilomètres au sud l’indigne.

Parent en a vu d’autres. Roger « Grizzly » Lebrun, l’aîné du village à 93 ans – bientôt 94 –, est arrivé en 1954. Forestier, il sortait le bois avec des chevaux. « Quand j’ai vu la grosseur des poissons, et la quantité d’orignaux, j’ai barré ici. Je ne suis jamais reparti », nous confie-t-il, attablé au bar du Central.

M. Lebrun a participé à la construction de la base militaire de Parent, qui, avec son radar, faisait partie de la ligne Pinetree, un réseau visant à repérer rapidement les bombardiers soviétiques. Et il a vu son démantèlement, tout comme la fermeture des ateliers du Canadien National. Mais cette fois-ci sera rude, pense-t-il.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Roger « Grizzly » Lebrun

Propriétaires de la quincaillerie du village, Christian Lequin et Marline Bazinet croient de leur côté que l’avenir de Parent passe par une diversification de l’économie. Déjà, leur commerce vit grâce aux pourvoiries qui parsèment le territoire, notamment celle du réservoir Gouin, un immense lac réputé pour ses dorés et ses gigantesques brochets.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Les propriétaires de la quincaillerie du village de Parent, Marline Bazinet et Christian Lequin

Christian Lequin est parentois de naissance. Son arrière-grand-père est arrivé par le train au début du XXe siècle pour se construire une fermette et planter des patates. « Je ne sais pas si ça a bien marché », dit-il en riant. Il se porte candidat pour être conseiller municipal.

« On est dans un moment charnière. Faut se battre. Qu’est-ce qu’on va faire ? Ça prend une autre vision. Il y a du monde qui aimerait quitter la ville, retourner en campagne, dans le bois. On peut attirer des familles. Pourquoi on a des bleuets, mais que personne n’a eu l’idée de les transformer ? Ils le font pourtant ailleurs », laisse-t-il tomber.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Pierre Pacarar, ex-patron de forestière maintenant candidat à la mairie de La Tuque

À 200 kilomètres de là, à La Tuque, Pierre Pacarar, un ex-patron de forestière maintenant candidat à la mairie, se montre moins optimiste. Sans intervention gouvernementale, la fermeture définitive de la scierie serait un « très grand coup ».

« Il y aura toujours un Parent, à cause de la villégiature, des pourvoiries, de la gare du CN. Mais sans usine, ça ne fait peut-être plus vivre une école. L’esprit de village va disparaître », se désole-t-il. Ce qu’il appréhende : un deuxième Clova, ce hameau d’une trentaine de personnes qui avait été menacé par les flammes en 2023. « Ça serait triste. Vraiment triste. »

https://www.lapresse.ca/actualites/politique/la-presse-en-haute-mauricie/si-l-usine-ferme-c-est-la-mort-de-notre-village/2025-09-30/un-combat-existentiel.php

Canada Deloitte s’attend à ce que l’économie évite une récession théorique

(Toronto) Deloitte Canada s’attend à ce que l’économie canadienne évite une récession théorique cette année, grâce à une faible croissance au troisième trimestre qui jettera les bases pour des gains plus importants en 2026.

Publié le 29 septembre

La Presse Canadienne

Le mois dernier, Statistique Canada a indiqué que le produit intérieur brut (PIB) réel avait reculé de 1,6 % sur un an au deuxième trimestre, alors que l’économie a connu une baisse des exportations et des investissements des entreprises.

Toutefois, dans l’édition automnale de ses perspectives économiques, Deloitte prévoit que l’économie canadienne progressera « très lentement » au troisième trimestre, ce qui lui évitera de connaître deux trimestres consécutifs de contraction.

Précisément, Deloitte table sur une croissance annualisée de 1,2 % au troisième trimestre, puis de 1,5 % pour le dernier trimestre de 2025.

Selon Deloitte, les droits de douane sectoriels imposés par les États-Unis continueront de nuire aux industries manufacturières canadiennes, mais ces droits de douane demeurent globalement faibles par rapport à ceux qui sont imposés à d’autres pays, ce qui minimise les dommages.

L’économiste en chef de Deloitte Canada, Dawn Desjardins, pense par ailleurs que la Banque du Canada abaissera son taux directeur à 2,25 % d’ici la fin de l’année, ce qui créera des conditions de financement plus favorables.

Dans l’ensemble, Deloitte prévoit une croissance de 1,3 % de l’économie canadienne cette année, suivie d’une croissance de 1,7 % en 2026.

Pour le Québec, Deloitte croit que la croissance économique ralentira à 1,0 % en 2025, principalement en raison des droits de douane américains sur l’acier et l’aluminium qui affectent les exportations.

Or, grâce aux mesures de soutien mises en place par les gouvernements, Deloitte s’attend à une reprise en 2026, avec une croissance du PIB réel de 1,7 %.

https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2025-09-29/canada/deloitte-s-attend-a-ce-que-l-economie-evite-une-recession-theorique.php

Un message a été fusionné à un sujet existant : Hitachi Energy (agrandissement) - ? étages

Billionaire entrepreneur Andrew Lutfy debated going public about his frustrations with Quebec immigration policies that he says are so crippling he’s considering moving his Montreal head office to the U.S.

He accused the government of lacking political courage, of pandering to voters in the regions at the expense of businesses in Montreal and of prioritizing francization over Quebec’s economy. The reaction convinced him he made the right choice.

“I was actually shocked and surprised about the response from the media and the community at large, and especially the business community,” the CEO behind the Groupe Dynamite retail giant, Royalmount and the DIX30 shopping centre told The Gazette.

Business associations, CEOs, even bank presidents applauded his statements, many of them publicly. Quebec government ministers have contacted him.

“So many people said ‘Oh my God,’ because they’re living the same or similar concerns (over policies) they feel are completely illogical or irrational.”

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L’aluminium du Québec dérouté vers l’Europe

Frappé par une taxe de 50 % sur le marché américain, le lingot d’aluminium du Québec a changé de destination et pris le chemin de l’Europe au cours des derniers mois.

Publié à 6 h 00

Hélène Baril La Presse

](https://www.lapresse.ca/auteurs/helene-baril)

https://www.lapresse.ca/affaires/2025-10-08/l-aluminium-du-quebec-deroute-vers-l-europe.php

Relance industrielle Ça bouge à Baie-Comeau

Les ports jouent un rôle essentiel dans l’activité économique québécoise et l’expansion de celui de Montréal à Contrecœur est un bel exemple de la vitalité de cet actif stratégique. À l’autre bout du Saint-Laurent, le Port de Baie-Comeau tente lui aussi de se placer au cœur de la relance industrielle de cette région-ressource qui a subi son lot de revers au cours de la dernière décennie.

Jean-Philippe Décarie La Presse

](https://www.lapresse.ca/auteurs/jean-philippe-decarie)

Résumé

Dix mois après la vente de l’ancienne usine de papier journal de Baie-Comeau, la transformation du site industriel – localisé en plein centre-ville – est bien amorcée.

La création d’un hub industriel multimodal en collaboration avec le Port de Baie-Comeau suscite notamment l’intérêt de projets de la filière de l’énergie verte.

Près de cinq ans après sa fermeture, en mars 2020, l’immense site de la société papetière Résolu a été racheté par le groupe ontarien BMI, spécialisé dans la revitalisation de bâtiments industriels en fin de vie. En Ontario, Norderra a transformé deux vieilles usines de pâtes et papiers en sites industriels qui abritent des projets de développement propres.

BMI a créé une nouvelle division québécoise baptisée Norderra qui a pris en charge les installations de près de 800 000 pieds carrés et le site qui totalise 17 millions de pieds carrés. Norderra s’active présentement à démonter les anciennes machines à papier, à recycler l’acier et à décontaminer le site. Le nouveau hub accueillera des start-up tout comme de plus grands groupes industriels.

« On est le partenaire stratégique de Norderra. Le site de l’ancienne usine à papiers est à 1 km des installations portuaires de Baie-Comeau, où on a créé la zone des énergies dans laquelle on veut développer des projets de la filière des énergies vertes », m’explique Karine Otis, présidente du Port de Baie-Comeau.

Le Port de Baie-Comeau a signé une entente en 2022 avec le Port de Rotterdam, le plus important port d’Europe, dans le but de créer des corridors d’énergies vertes et de décarboner le transport maritime, très grand consommateur d’énergies fossiles.

Les transporteurs européens veulent favoriser les énergies de transition telles que l’hydrogène vert – dont les besoins pourraient totaliser 20 millions de tonnes par année – et le gaz naturel liquéfié (GNL) décarboné.

Le Port de Baie-Comeau souhaite donc jouer un rôle de premier plan dans le développement de cette filière et déjà, l’entreprise norvégienne Marinvest Energy a mis sur pied une division canadienne qui voudrait exploiter une usine de gaz naturel liquéfié décarboné en vue d’en exporter la production vers l’Europe.

« Les réserves de GNL s’épuisent en Norvège, et l’Europe veut s’affranchir du gaz russe. On suit de près ce projet-là, mais il va falloir que le gaz naturel soit d’abord acheminé vers Baie-Comeau. Le GNL décarboné pourrait aussi servir à la fabrication d’hydrogène vert », m’explique Karine Otis, qui était récemment de passage à Montréal dans le cadre de la Table ronde des leaders du Saint-Laurent et des Grands Lacs.

Les représentants de Marinvest Energy Canada s’activent présentement à consulter les communautés autochtones qui vivent sur le territoire où passerait un éventuel gazoduc souterrain venant du nord. L’entreprise norvégienne souhaite en faire des partenaires dans le projet.

Une diversification post-forêt

Outre le projet de production et d’exportation de GNL décarboné de Marinvest Energy Canada, le nouveau hub industriel multimodal de Baie-Comeau pourrait accueillir l’usine de fabrication de matériaux d’anode pour batteries que souhaite implanter l’entreprise Northern Graphite.

Northern Graphite exploite la mine de graphite de Lac-des-Îles, près de Mont-Laurier, et s’est associée à Norderra pour installer son usine de matériaux d’anode dans le nouveau hub industriel, à proximité du port de Baie-Comeau.

Outre le GNL décarboné, le Port de Baie-Comeau veut faire de l’entreposage de méthanol et d’ammoniac dans ses installations.

Un premier jalon en vue de cette nouvelle activité a été posé avec l’implantation prochaine de l’entreprise allemande Hy2Gen dans le parc industriel de Baie-Comeau qui va construire une usine de production d’ammoniac vert pour fabriquer du nitrate d’ammonium.

Hydro-Québec a accordé un bloc de 300 mégawatts pour la réalisation de ce projet d’usine d’ammoniac vert au coût de 2 milliards de dollars dont la construction devrait démarrer en 2027.

Le nitrate d’ammonium sert à la fabrication d’explosifs qu’utilisent notamment les sociétés minières ArcelorMittal et Minerai de Fer Québec sur la Côte-Nord et au Labrador, mais qui va servir à tous les acteurs de l’industrie.

« L’industrie minière veut décarboner son empreinte en utilisant du nitrate d’ammonium produit à partir d’énergie renouvelable plutôt que celui qui est importé des États-Unis et qui est produit avec de l’énergie fossile », m’explique Marcel Furlong, préfet sortant de la MRC de Manicouagan.

Marcel Furlong s’occupe depuis toujours du développement économique de la MRC, ayant participé notamment au comité de relance de la papetière de Baie-Comeau.

Il aurait préféré que l’ancienne usine de papier journal soit transformée en usine de pâte thermomécanique qui sert à la fabrication de papier tissu. L’usine de Baie-Comeau a longtemps été au cœur de toute l’industrie forestière de la région, en absorbant les copeaux des scieries avoisinantes, mais aucun repreneur ne s’est manifesté.

Heureusement, cinq ans après la fermeture de l’usine de papier journal, la diversification industrielle est maintenant bien enclenchée dans la région.

L’implantation prochaine de Hy2Gen, la construction d’une usine de fabrication de matériaux d’anode pour batteries et le projet plus incertain d’une usine de transformation de gaz naturel en GNL décarboné sont porteurs d’optimisme pour la Côte-Nord.

https://www.lapresse.ca/affaires/chroniques/2025-10-08/relance-industrielle/ca-bouge-a-baie-comeau.php

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Le CineStarz qui remplace Guzzo des Sources est ouvert

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Le fabricant de pneumatiques Michelin annoncera vendredi le déménagement de deux lignes d’affaires dans ses nouveaux bureaux au centre-ville de Montréal.

Le Hub d’affaires MQC à Montréal accueillera progressivement deux lignes d’affaires mondiales :
les offres de mobilité urbaine et la ligne hors routes (défense, infrastructure).

https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2025-10-09/michelin-demenage-deux-lignes-d-affaires-a-montreal.php

Des “lignes d’affaires“… OMG. Et un “hub d’affaires”, cherry on top

Honnêtement je ne comprenais pas

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La situation des marchés publics de Montréal devient « intenable », affirment les commerçants. D’après un sondage publié mercredi, près de 90 % d’entre eux sont insatisfaits des infrastructures, mais surtout, plusieurs d’entre eux envisagent de déménager hors de Montréal.

https://www.lapresse.ca/actualites/elections-municipales/2025-10-22/marches-publics/montreal-recolte-la-colere.php

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Affaires

Bilan récoltes 2025 Entre la pluie et la sécheresse, une année moyenne

Les agriculteurs sont rarement tièdes lorsqu’ils parlent de leur production. Ils aiment bien les extrêmes : une année est exceptionnelle ou catastrophique ; rarement moyenne. C’est pourtant le bilan que beaucoup dressent de cette saison 2025 qui se termine, malgré la météo qui, elle, a parfois été intense. Tour d’horizon.
Publié à 6 h 00

Stéphanie Bérubé La Presse

Des fraises bien juteuses

Décevant pour le soya

Mais pas mal pour les céréales

Moins de pommes de terre

La sécheresse a un coût

Une bonne cuvée

Belle macédoine de légumes

Moins de réclamations

La Financière agricole a reçu 7226 avis de dommages au 14 octobre 2025, dans le cadre de son programme d’assurances récolte. C’est au-delà de la moyenne des cinq dernières années – qui est de 5283, pour la même période. La majorité des demandes provient des producteurs de grains (maïs, soya, blé et autres céréales) dont les champs ont été affectés par les pluies du début de saison, suivies de la sécheresse. Une chose est toutefois à noter, les montants qui ont été versés sont plus petits qu’à l’habitude : 15 millions ont été versés, alors que la moyenne est de plus de 35 millions.

https://www.lapresse.ca/affaires/2025-10-27/bilan-recoltes-2025/entre-la-pluie-et-la-secheresse-une-annee-moyenne.php

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Andew Lufty en rajoute

A month after mentioning leaving Quebec, businessman Andrew Lutfy has returned to the fray with his criticism of the François Legault government.

“Let’s not forget all the big bets of recent years, which ended in failure and cost us Quebecers billions of dollars,” he said at a conference on Monday before the Canadian Club of Montreal. “To me, it’s mind-boggling.”

“When François Legault responds by saying ‘there are too many immigrants in Quebec,’ frankly, I have a hard time understanding him,” he said, parodying the premier’s voice. “He doesn’t get it.”

The head of retailer Groupe Dynamite and the Royalmount and Dix30 shopping centres had mentioned leaving Quebec because of immigration policies that prevented him from recruiting the specialized employees he needed. He made a plea in several media outlets at the end of September to make “his despair” heard.

Lutfy added fuel to the fire on Monday with some very harsh words for the premier. “I apologize, I know that he (Legault) worked in business at one point, but he has zero business sense, zero empathy for Quebecers,” he said during a press scrum on the sidelines of his conference.

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En l’occurence, dans sa critique de Legault, je pense que pas mal de Québecois sont sur la même longueur d’onde que Lufty.

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Attractivité des villes nord-américaines Montréal en stagnation

Jean-Philippe Décarie La Presse

Si Montréal est en mesure de faire concurrence à plusieurs des grandes villes nord-américaines pour attirer de nouveaux investissements et de nouveaux talents, la métropole québécoise accuse toujours des retards inquiétants dans certaines sphères déterminantes de son développement économique qui nuisent à son attractivité.
Publié à 6 h 30

Il y a 10 ans, l’Institut du Québec (IDQ), en collaboration avec Montréal International et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, réalisait une étude pour évaluer la performance, en matière d’attraction, de Montréal par rapport à 11 villes nord-américaines, soit Toronto, Vancouver, Atlanta, Austin, Boston, Denver, New York, Philadelphie, San Diego, San Francisco et Seattle.

Si l’IDQ a réalisé des mises à jour périodiques de cette étude, on a décidé cette année de faire le bilan, 10 ans après sa première édition en 2014, et force est de constater que la situation de Montréal ne s’est pas améliorée de façon notable au cours des 10 dernières années.

L’étude compare les données de six grands paramètres – l’activité économique, le capital humain, les coûts d’exploitation, l’innovation, la qualité de vie et l’environnement – pour arriver à produire un classement.

Le constat est clair : la situation de Montréal ne s’est pas améliorée de façon notable au cours des 10 dernières années, mis à part au chapitre de l’innovation, où la métropole québécoise est passée du 8e au 7e rang des 12 villes nord-américaines.

https://www.lapresse.ca/affaires/chroniques/2025-10-29/attractivite-des-villes-nord-americaines/montreal-en-stagnation.php

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Banque du Canada Le taux directeur abaissé à 2,25 %

Après avoir pesé le pour et le contre, la Banque du Canada a décidé de réduire encore une fois son taux directeur de 2,5 % à 2,25 %, son niveau le plus bas depuis 2022.
Publié à 7 h 03 Mis à jour à 10 h 07

Hélène Baril La Presse

« Compte tenu de la faiblesse actuelle de l’économie et du fait que l’inflation devrait rester proche de la cible de 2 %, le Conseil de direction a décidé de réduire le taux directeur de 25 points de base », a fait savoir la banque centrale.

La banque centrale signale en même temps que cette baisse du taux directeur pourrait être la dernière. « Pourvu que l’inflation et l’activité économique évoluent de manière généralement conforme à la projection d’octobre, le Conseil de direction considère que le taux actuel est essentiellement au niveau approprié pour garder l’inflation proche de 2 % tout en aidant l’économie à traverser cette période d’ajustement structurel », dit son communiqué.

Cette baisse d’un quart de point arrive dans un contexte trouble pour l’économie canadienne. D’un côté, l’économie canadienne s’affaiblit et la guerre commerciale avec les États-Unis ne donne aucun signe d’apaisement. Au contraire, le président américain a annoncé il y a quelques jours que de nouveaux droits de douane de 10 % pourraient s’ajouter à ceux déjà en vigueur.

De l’autre, le marché de l’emploi a donné des signes de vitalité en septembre, avec une création d’emplois plus forte que prévu, et l’inflation s’est accélérée, ce qui aurait pu inciter la Banque du Canada à attendre avant de réduire les taux d’intérêt.

> Pour la première fois depuis le début du conflit commercial, la Banque du Canada se risque à faire des prévisions sur l’évolution de l’économie plutôt que de se limiter à différents scénarios. Ces prévisions ne sont pas réjouissantes.

Après un recul de 1,6 % au deuxième trimestre, « la croissance du Produit intérieur brut devrait reprendre, mais demeurer faible, avoisinant 0,75 % en moyenne », prévoit la banque centrale. Elle pourrait se redresser en 2026, mais ne pas dépasser 1,5 % d’ici 2027.

« La faiblesse que nous observons dans l’économie canadienne est plus qu’un ralentissement cyclique, a dit le gouverneur Tiff Mackelm en conférence de presse. C’est aussi une transition structurelle ».

Il estime que la guerre commerciale réduira de 1,5 % la croissance prévue en janvier. « Environ la moitié de cette révision à la baisse s’explique par la capacité perdue à cause de la perturbation du commerce et l’autre moitié est attribuable à l’affaiblissement de la demande », a dit le gouverneur.

Il a rappelé que la Banque du Canada a réduit son taux directeur de 100 points de base depuis le début de l’année pour soutenir l’économie. « La politique monétaire ne peut pas réparer les dommages causés par les droits de douane », a-t-il rappelé.

https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2025-10-29/banque-du-canada/le-taux-directeur-abaisse-a-2-25.php

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Entrevue avec Jimmy Jean, vice-président, économiste en chef, et stratège au Mouvement Desjardins. Nous sommes clairement dans une période de ralentissement économique. On devrait s’attendre à une autre baisse des taux d’intérêt en décembre:

Droits de douane Pas de panique chez Rio Tinto

Frappé par des droits de douane de 50 %, le géant de l’aluminium Rio Tinto réussit à bien gérer le nouveau contexte commercial imposé par Donald Trump et ne s’inquiète pas trop pour la suite parce que la demande de métal blanc reste forte.

Publié à 5 h 00

Hélène Baril La Presse

« Une partie importante des [droits de douane] est passée dans les prix et on ne voit pas de ralentissement de la demande d’aluminium sur le marché américain, qui reste et qui restera pour le Saguenay le débouché principal », explique Jérôme Pécresse, qui a pris la tête de la division aluminium de Rio Tinto en 2023.

Le Français, à qui la multinationale a aussi confié cette année la responsabilité de ses activités liées au lithium, vient du monde de l’énergie, plus précisément de GE Renewables. Il reste en territoire connu « parce que l’aluminium, fondamentalement, c’est de l’énergie », dit-il, lors d’un entretien avec La Presse.

Rio Tinto a inscrit une charge liée aux droits de douane américains de 321 millions dans ses résultats des six premiers mois de l’année. C’est essentiellement dû au coût d’une partie des droits de douane qui n’ont pas pu être transférés aux acheteurs et à l’ajustement aux nouvelles conditions de marché, précise Jérôme Pécresse.

Rio Tinto a redirigé une partie de sa production du Saguenay vers l’Europe. Elle produit et vend autant qu’avant, dit-il. « La prime de marché aux États-Unis s’est adaptée à un niveau qui reflète à peu près ces 50 % [de droits de douane]. »

La demande d’aluminium n’a pas baissé, ajoute-t-il. « On est quand même maintenant dans un schéma qui est un peu stabilisé. »

Jérôme Pécresse estime que les installations de Rio Tinto du Saguenay, qui ont été construites pour servir le marché américain, sont en relativement bonne position. « Quand tout le monde est à 50 %, l’aluminium canadien est la source d’aluminium la moins chère pour le marché américain », affirme-t-il.

Ce n’est pas “tout va bien, madame la marquise”, mais il n’y a pas de catastrophe. On continue de produire ce qu’on produisait. On continue à investir ce qu’on investissait.
Jérôme Pécresse, chef de la direction Aluminium et Lithium de Rio Tinto

Investir aux États-Unis

Des éoliennes au Saguenay

C’est dans ce but que l’entreprise projette de construire un parc éolien d’une puissance de 600 à 1000 mégawatts au Saguenay pour maintenir sa production d’électricité et se prémunir contre les variations des niveaux d’eau.

« On ne le fera que dans une logique d’autoproduction et pour autoconsommation, précise Jérôme Pécresse. Il faut, [premièrement], se préparer à des situations d’hydroélectricité qui soient basses sans avoir à appeler Hydro-Québec à l’aide. Et, deuxièmement, faire face à des besoins accrus d’électricité, qui seront liés à deux choses, le développement d’Elysis et l’électrification de certains de nos besoins. »

« On ne le fera qu’en partenariat étroit et avec l’approbation de Mashteuiatsh, qui est notre partenaire de la région, et qu’avec la bénédiction et le soutien d’Hydro-Québec. Ce sera pour nos besoins propres et pas pour vendre de l’électricité uniquement. »

Les investissements en cours au Québec

Le remplacement des installations d’Arvida (1,7 milliard)
Modernisation de la centrale hydroélectrique de L’Isle-Maligne (1,7 milliard)
L’usine de démonstration de la technologie Elysis (375 millions)
Autres : 1,2 milliard

https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2025-10-31/droits-de-douane/pas-de-panique-chez-rio-tinto.php

Filière batterie « Rio Tinto est dans le lithium pour y rester »

« On s’est engagés à construire une filière lithium au Québec, affirme le chef de la direction de la division Aluminium et Lithium de la multinationale, Jérôme Pécresse, en entrevue avec La Presse. Rio Tinto est dans le lithium pour y rester. »

L’engagement contraste avec le court-circuit qui s’observe dans la filière québécoise des batteries. Après les déconfitures de Northvolt, de Lion Électrique et de Taiga, Lithion Technologies se retrouve maintenant à l’abri de ses créanciers. À cela s’ajoutent les retraits de Ford et de Vale dans d’importants projets.

https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2025-10-31/filiere-batterie/rio-tinto-est-dans-le-lithium-pour-y-rester.php