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Chronique de Les Affaires:

https://www.lesaffaires.com/opinions/42-de-la-population-en-difficulte-financiere/

42% de la population en difficulté financière

Dany Provost|Publié le 29 avril 2026

EXPERT INVITÉ. Dans la mise à jour économique du gouvernement fédéral publiée hier, on nous dit que l’économie canadienne va bien. Et honnêtement, sur papier, on dirait bien que c’est vrai.

La croissance tient le coup. Le Canada attire des investissements étrangers à des niveaux records. Le marché du travail résiste. Le pays fait même meilleure figure que plusieurs économies du G7.

Comment se fait-il, alors, qu’autant de personnes ont l’impression de reculer? Et que d’autres sont si préoccupées?

Parce que l’économie peut aller bien sans que VOUS alliez bien.

Les indicateurs macroéconomiques racontent une belle histoire rassurante: résilience, exportations qui se redressent, entreprises qui recommencent à investir, inflation maîtrisée, etc.

Vu d’en haut, tout semble sous contrôle, malgré un déficit qui nous aurait rendus malades avant la pandémie. Mais il faut croire que nos repères ont changé.

De près, la réalité est peut-être différente.

Le coût de la vie reste élevé. Le logement est toujours hors de portée pour plusieurs. L’épicerie pèse lourd dans le budget. Même si certaines mesures font baisser un peu les coûts (essence, services), il nous reste ce sentiment dominant: tout coûte cher, et l’argent rentre souvent moins vite qu’il ne sort.

D’un côté, nous avons une économie qui produit de la richesse. De l’autre, des ménages qui ont de la difficulté à boucler leurs fins de mois.

Pour combler — ou masquer — cet écart, le gouvernement multiplie les aides. L’Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels en est l’exemple le plus concret: une famille de quatre personnes peut recevoir jusqu’à 1890 $ cette année. Ce n’est pas négligeable. Même que pour plusieurs, c’est nécessaire.

Mais il faut poser une question:

Si on doit donner près de 2000$ par année à une famille juste pour faire l’épicerie, est-ce vraiment un signe que la santé financière du Canada et des Canadiens est bonne?

Qu’est-ce qui cloche dans le système?

En fait, cette nouvelle ACEBE remplace le crédit pour la TPS/TVH instauré il y a 35 ans, en même temps que l’arrivée de la TPS. Son fondement était simple : les familles à revenu modeste paient de la TPS, une sorte d’impôt qui porte un autre nom, sur des biens qu’elles consomment qui y sont assujettis. Or, pour annuler ou réduire cet impôt, en respect de la politique fiscale, une espèce de « remboursement » de cette taxe avait été instauré.

Mais aujourd’hui, avec ce changement de nom et une bonification de 25 % pour les cinq prochaines années, le gouvernement affirme carrément qu’il veut aider 42 % de la population à boucler les fins de mois.

42% ?

Oui. On dit que 12 millions de Canadiens (en 2024-2025, le nombre de bénéficiaires du crédit était de 11,73 millions) vont bénéficier de cette mesure. Sur ce nombre, 2,1 millions de personnes sont en couple. Et puisqu’une seule personne du couple peut toucher au crédit, cela exclut donc les conjoints et les enfants. En les incluant, on arrive donc à quelque 16,7 millions de personnes! En divisant par une population estimée à 41 millions, on arrive à 42%.

Tous mes calculs sont basés sur ce tableau de l’Agence du revenu du Canada (ARC), si vous pensez que j’exagère.

SI le gouvernement veut montrer qu’il aide beaucoup de monde, pourquoi exclure les conjoints et les enfants qui bénéficient, eux aussi, de cette aide?

Mais, en y pensant bien, a-t-il de quoi se vanter que 42% de sa population a de la difficulté à faire son épicerie?

Ces mesures sont utiles, voire nécessaires, mais elles ont l’effet de pansements. Ça fait moins mal à court terme, mais ça ne règle pas le problème de fond : le coût de la vie augmente plus vite que la capacité de nombreux ménages à suivre.

Pendant ce temps, les gros chiffres continuent d’impressionner : investissements qui affluent, projets d’intérêt national qui se multiplient, le Canada qui se positionne comme une destination de choix pour les investissements étrangers et son déficit ne sera « que de » 67 milliards…

On parle beaucoup de « résilience ». C’est devenu le mot clé du discours officiel. Mais qui dit résilience ne dit pas nécessairement prospérité.

Être résilient, c’est encaisser les chocs. S’adapter. Tenir le coup. Ce n’est pas la même chose que s’enrichir.

La vraie question n’est pas de savoir si l’économie canadienne va bien, mais jusqu’à quel point elle vous fait profiter de sa vitalité.

Parce que l’économie ne se vit pas juste dans les statistiques, les gros chiffres et les belles prédictions.

Elle se vit au jour le jour dans votre compte de banque… et à l’épicerie.

Ça ne veut pas forcément et exactement dire que 42% de la population a du mal à vivre. Alors il est possible qu’avec une méthode plus crédible on arrive à un chiffre important quand même de canadiens qui déclarent avoir du mal à vivre mais je ne suis pas sur que le calculer de la sorte avec les bénéficiaires du crédit soit la meilleure chose.

Il y a des gens qui sont à la limite d’avoir ce crédit, pour qui ce n’est pas indispensable pour survivre mais a qui ça aide et ça permet d’épargner un peu plus ou de se payer quelques loisirs.

C’est par exemple le cas pour des étudiants qui sont aidés par leurs parents, qui déclarent un revenu faible, et donc cumulent tous ces crédits d’impôts (au provincial aussi), sans forcément être pauvre car les parents payent leur loyer par exemple.

On en parle que dans cette économie c’est littéralement impossible d’obtenir un emploi à Montréal ? J’vais me tirer une balle si ça continue. Comment payer son loyer sans boulot dans cette ville :sob:

C’est un peu tard dans la saison, les emplois étudiants se trouvent souvent en février / mars / avril et commencent en mai / juin.

En 2023, j’avais du quitter mon emploi vers février, j’ai passé l’été à déposer des cv et ce n’est qu’en septembre que j’ai trouvé (et grâce à une amie en plus), bien que le marché était beaucoup plus favorable qu’aujourd’hui.

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J’ai commencé à appliquer assez tôt, mais j’ai été désavantagé, car je n’étais pas sur place pour aller faire des entrevues… :face_with_bags_under_eyes:

Il faut traiter la recherche d’emploi comme un emploi, donc malheureusement il faut passer beaucoup d’heures à appliquer. Ça m’a pris 3 mois me trouver un emploi, donc tu n’est pas seul.

Si tu es vraiment désespéré, tu peux aller voir n’importe quelle agence de recrutement et commencer un emploi la journée même. Ce n’est pas des emplois très bien payés, mais entre-temps c’est mieux que rien.

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Il y a les emplois saisonniers à la Ville

ou les emplois destinés aux étudiant(e)s

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Oui vraiment
Tu as des agences à me conseiller ? Franchement, rendu où j’en suis, je veux juste un salaire d’appoint pour passer à travers l’été avant de recevoir mes prêts et bourses

Oui, je me suis essayé. J’ai des alertes pour les emplois à la ville de Montréal et j’ai appliqué dans le réseau des bibliothèques aussi, mais pour l’instant aucune réponse :face_with_diagonal_mouth:

Les partis politique semble plus préoccupé de l’identité et de la langue que de l’économie.

Pendant ce temps la. Le Québec a perdu 87000 emplois depuis le début de l’année. Montréal en a perdu 56 000 depuis Janvier.

Le Québec est le champions des pertes d’emplois au Canada. Et de loin.

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Les élections ne peuvent pas arriver plus vite

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J’ai des potes en génie qui ont eu leur offre d’emploi retirer au moment du signature du contrat il y a un ans, faute d’argent au compagnie. Ca c’est certainement empirer depuis. 2 ont partis pour Ottawa, 1 en France et 1 en Californie pour un masters.

Et c’est pas comme si je n’essayais pas, je cherche tous les jours…

Ce n’est pas facile. J’ai galèré tout le long de mon éducation aussi, je sais à quel point ça peut être éprouvant. N’oublies pas de sortir dehors, inviter des amis au parcs et événements gratuits :sweat_smile:. Des fois on peut se négliger quand on capotes pour la recherche d’emploi.

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J’vais allez observer les trains avec @emmacardinal haha :joy:

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Le marché de l’emploi est en effet très compliqué à Montréal, surtout pour les juniors…

Je viens de finir ma maitrise et avec beaucoup de mes camarades de cohorte, c’est assez compliqué en effet… certains continuent aux études, d’autres enchainent des stages et non des emplois permanents, quelques autres ont été chanceux et ont trouvé relativement vite, et plusieurs quittent pour l’étranger, Québec ou Ottawa où il existe plus d’opportunités (dans mon secteur d’activité du moins).

Montréal a perdu en population cela dit, il faut prendre ça en compte pour le calcul total. Au téléjournal ça parlait de 200k habitants en moins dans la métropole d’ici 2030 si je ne m’abuse…

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Dans quel secteur travailles-tu ?

Affaires publiques/science politique, Ottawa et Québec étant des capitales il y a toujours eu plus de jobs là-bas, mais ces dernières années le marché était devenu très ouvert à Montréal aussi, mais ça change.

Effectivement, dans ces domaines les capitales sont beaucoup plus intéressantes j’imagine. Espérons qu’en Urbanisme j’ai de la job à Montréal après mes études haha

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