L’aventure de François Dumontier au Grand Prix de Formule 1 du Canada est en fin de parcours, a appris La Presse. Trois ans après avoir vendu Groupe de course Octane à Bell, l’entrepreneur quitte ses fonctions chez Octane et laisse le volant à un duo formé par une collaboratrice de longue date et un cadre du conglomérat de télécommunications.
Résumé
Grand Prix du Canada François Dumontier cède le volant
PHOTO DOMINICK GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE
Séance d’essais libres lors de la dernière édition du Grand Prix du Canada sur le circuit Gilles-Villeneuve, en juin dernier
L’aventure de François Dumontier au Grand Prix de Formule 1 du Canada est en fin de parcours, a appris La Presse. Trois ans après avoir vendu Groupe de course Octane à Bell, l’entrepreneur quitte ses fonctions chez Octane et laisse le volant à un duo formé par une collaboratrice de longue date et un cadre du conglomérat de télécommunications.
Publié à 1h32 Mis à jour à 6h00


Julien Arsenault La Presse
Ce qu’il faut savoir
- Bell est devenu promoteur du Grand Prix de Formule 1 du Canada en 2021.
- Le conglomérat avait acheté Groupe de course Octane, qui agissait comme promoteur local de l’évènement.
- Cette entreprise appartenait à François Dumontier – également le dirigeant.
- Après être resté en poste pendant trois ans, il passe le flambeau à un duo formé par Jean-Philippe Paradis et Sandrine Garneau.
Ce changement de garde survient néanmoins moins de deux mois après la tenue d’une course marquée par des ratés, ce qui a valu de vives critiques aux organisateurs de l’évènement. Le grand patron de la Formule 1, Stefano Domenicali, s’était d’ailleurs excusé auprès des différentes écuries.
Malgré tout, M. Dumontier, 57 ans, qui travaille au Grand Prix du Canada depuis 30 ans, estime partir avec le « sentiment du devoir accompli ».
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François Dumontier, en juin dernier
« L’arrivée de Bell a insufflé l’oxygène dont nous avions besoin, écrit-il, dans une lettre ouverte diffusée ce vendredi. Il reste bien sûr beaucoup à accomplir, mais les bases sont jetées pour la prochaine génération. »
Lisez la lettre de François Dumontier
M. Dumontier sera remplacé par Jean-Philippe Paradis, qui deviendra président et chef de la direction d’Octane. Ce dernier conservera ses fonctions de vice-président chez Bell Média. De son côté, Sandrine Garneau, actuellement directrice générale, marque et stratégie du Groupe de course Octane, prend du galon et deviendra cheffe de l’exploitation au sein de l’entreprise.
Plusieurs ratés
Plus important évènement touristique au Canada avec des retombées économiques de 67 millions, le dernier Grand Prix du Canada, qui s’est échelonné du 7 au 9 juin, a été entaché par une série de cafouillages. Selon le magazine spécialisé Motorsport, l’affaire a incité la Fédération internationale de l’automobile (FIA) – l’organisation qui chapeaute le sport automobile – à blâmer Octane.
La liste des choses reprochées au promoteur était longue : problèmes d’accès au site, spectateurs refoulés à cause d’informations erronées, une intrusion massive du public sur le circuit avant la fin de l’épreuve, ainsi que des infiltrations d’eau dans les studios de télévision et les autres espaces réservés aux médias aux abords du circuit Gilles-Villeneuve.
Octane n’avait toutefois pas la mainmise sur tous ces éléments. À titre d’exemple, pour les infiltrations d’eau, c’est la Ville de Montréal et la Société du parc Jean-Drapeau qui sont responsables du maintien du site de la course.
La médiatisation de l’affaire a néanmoins échaudé le gouvernement Legault.
« Je suis très gênée de l’image à l’international du Québec et de Montréal », a réagi la ministre québécoise du Tourisme, Caroline Proulx, le 13 juin dernier, en marge d’une séance du Conseil des ministres.
Long parcours
S’il cède sa place comme principal responsable du Grand Prix du Canada, M. Dumontier demeurera « conseiller stratégique » chez Octane dans le but d’assurer une « transition harmonieuse » à l’interne. N’empêche, l’entrepreneur tournera une page importante de sa vie professionnelle.
Ses premiers pas au Grand Prix du Canada remontent à 1994, comme coordonnateur aux opérations. Il est longtemps numéro deux de l’épreuve, à l’époque où Normand Legault en est le promoteur local.
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François Dumontier observant le circuit Gilles-Villeneuve, en 2001
En 2009, faute d’une entente avec les gouvernements sur les subventions, la F1 fait l’impasse sur Montréal. À son retour en 2010 – avec une nouvelle entente avec les gouvernements –, M. Dumontier devient le promoteur local du Grand Prix du Canada par l’entremise de son entreprise, Octane.
Avec l’annulation de l’épreuve en 2020 ainsi qu’en 2021 en raison de la pandémie, Octane n’est pas en mesure de tirer de revenus de la course pendant deux ans. En avril 2021, M. Dumontier vend Octane à Bell, qui devient le promoteur local de l’épreuve. Il suit son entreprise et conserve son titre de président chez Octane.
La plus importante entreprise de télécommunications au pays conclut du même coup une prolongation de deux ans avec la F1 pour demeurer le promoteur local du Grand Prix du Canada jusqu’en 2031. Les chaînes de télé de Bell, RDS et TSN, diffusent respectivement la F1 depuis 1994 et 1992.
En 2021, on indique que l’entrepreneur restera en poste à long terme chez Octane. L’association se terminera finalement après un peu plus de trois ans.
« Je cède la direction d’un évènement en très bonne santé financière et plus populaire que jamais », estime M. Dumontier, sans faire référence aux ratés survenus en juin dernier.
Que fait Octane au juste ?
Comme promoteur du Grand Prix du Canada, Bell/Octane couvre les dépenses d’organisation de l’épreuve et touche les revenus locaux de l’évènement, comme les revenus des billets et ceux de la vente de nourriture et de boissons sur le site. Il doit partager un certain pourcentage des revenus locaux avec la F1. Il ne touche rien des revenus mondiaux (par exemple, les droits de télédiffusion).
De plus, le promoteur local n’est pas partie prenante du contrat entre la F1 et les gouvernements, qui paient des droits annuels aux propriétaires de la F1 (Liberty Media) pour pouvoir présenter une course à Montréal. Ottawa, Québec et Montréal paieront 25 millions en 2030 et 26 millions en 2031. Bell/Octane ne touche rien de cet argent.
L’acquisition d’Octane permettait au conglomérat de télécommunications d’ajouter une autre corde à son arc. Bell est déjà actionnaire minoritaire de Groupe CH et propriétaire du Canadien de Montréal, du Centre Bell, de l’Équipe Spectra et du promoteur evenko. Il gère nombre de salles de spectacle et de festivals en plus de détenir d’autres festivals, comme Osheaga.
En plus de la F1, François Dumontier est aussi impliqué dans l’organisation de l’International Bromont, un concours équestre de calibre international tenu au Québec.
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Nombre d’employés permanents chez Octane
source : la presse
2002
Année où François Dumontier fonde Groupe de course Octane
source : OCTANE