Aménagements urbains et communication : Montréal dit s’être adaptée
L’aménagement du REV sur la rue Bellechasse a entraîné le dépôt de plusieurs plaintes auprès de l’ombudsman, notamment en raison du manque présumé de communications de la part de l’arrondissement.
PHOTO : RADIO-CANADA / MATHIEU PROST
Hugo Prévost
16 h 45 | Mis à jour à 17 h 01
La Ville de Montréal affirme s’est adaptée pour améliorer ses méthodes de communication en lien avec les divers aménagements cyclistes et piétonniers effectués sur son territoire depuis le début de la pandémie, après la publication, en décembre dernier, d’un rapport de l’ombudsman dans lequel les critiques sont nombreuses.
Au bout du fil, Éric Alan Caldwell, responsable du dossier de la mobilité au comité exécutif de la Ville de Montréal, affirme que l’administration Plante a fait ses devoirs.
Dans son rapport d’une centaine de pages, l’Ombudsman de Montréal s’appuie sur l’étude de 240 plaintes reçues depuis le printemps 2020 pour présenter 15 recommandations qui touche autant la gestion des projets que leur conception, leur parachèvement et leur suivi.
Il y est notamment mentionné que plusieurs Montréalais ont déploré ne pas avoir été consultés au préalable, par exemple au moment d’aménager des voies actives sécuritaires (VAS) qui avaient parfois des répercussions sur le nombre de places de stationnement disponibles ou sur les commerçants.
Montréal a aussi été critiquée pour des manquements relativement à l’accessibilité universelle.
Depuis la publication du rapport en décembre 2020, l’ombudsman n’a cependant reçu aucune nouvelle plainte en lien avec les divers aménagements urbains, comme le mentionne son plus récent rapport annuel, publié lundi.
En entrevue, M. Caldwell reconnaît que la Ville est allée très rapidement avec une planification, parfois, de quelques semaines pour mettre en place ses VAS et ses pistes cyclables, ce qui a fait en sorte que l’administration Plante n’a pas toujours eu le temps d’étudier les enjeux et de trouver des solutions, notamment en ce qui concerne l’accessibilité.
Là-dessus, la Ville a clairement appris qu’en ce qui concerne les mises en oeuvre rapides, il est très important de surveiller l’ensemble des éléments liés à l’accessibilité universelle, indique-t-il.
La Ville a d’ailleurs été accompagnée dans ses démarches par l’organisme Société Logique, qui est une firme spécialisée dans le domaine, pour justement identifier là où il y a eu des carences; on a passé tout l’été à les corriger, affirme encore M. Caldwell.
Mieux communiquer avec les citoyens
Autre pierre d’achoppement signalée dans le rapport de décembre 2020 de l’ombudsman, la communication avec les citoyens pour faire connaître les projets à venir et consulter les résidents, qui a été mise à mal durant le « cycle court », soit la période où Montréal a procédé rapidement à des aménagements, le printemps et l’été derniers.
Nous avons porté une attention particulière à l’amélioration de nos mécanismes dans le cycle long [les projets de plus longue haleine, comme le Réseau express vélo (REV)] : la particularité, c’est que nous l’avons fait en temps de pandémie, soit sans les mécanismes habituels de la Ville que sont les séances d’information dans les salles, où l’on reçoit des gens […], soutient Éric Alan Caldwell.
Pour pallier l’absence de ces méthodes traditionnelles, l’administration s’est tournée vers des affichettes de porte, ces cartons que l’on accroche aux poignées de porte pour annoncer des travaux, entre autres, mais a aussi eu plus largement recours aux médias sociaux et au web, grâce à la création d’assemblées virtuelles; ces façons de procéder ont servi lors des consultations sur la réalisation du REV dans la rue Saint-Denis.
M. Caldwell parle ainsi d’une amélioration des mécanismes d’aller-retour avec les citoyens.
Le temps investi à répondre aux questions des citoyens, à parfois mieux expliquer le projet […], ces allers-retours avec les citoyens ont été très productifs.
**Une citation de :**Éric Alan Caldwell, membre du comité exécutif de la Ville de Montréal
Avec le déconfinement progressif à venir, Montréal reviendra-t-elle aux moyens de consultation traditionnels? Il va falloir garder le meilleur des deux, répond M. Caldwell, soit possiblement des rencontres en personne et des assemblées virtuelles.
La possibilité de consulter l’information et des échanges en différé est l’un des avantages des nouvelles façons de faire mises en place en raison de la pandémie, poursuit-il.
C’est intéressant, cette évolution du mode de consultation. […] On a trouvé quelques vertus à un mode de consultation que personne n’avait imaginé.