Discussions et actualités sur les édifices patrimoniaux en dehors de Montréal et Québec.
Résumé
Meunier à bout de bras
PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE
Jean-Guy Tremblay, meunier du Moulin seigneurial des Éboulements
Jean-Guy Tremblay est né et a grandi dans le moulin des Éboulements où sa famille s’est installée en 1948. Il en garde de tendres souvenirs. « C’était notre terrain de jeu. Mais le soir, il fallait moudre les poches de grains pour les cultivateurs. » À l’époque, le moulin servait à produire une moulée pour le bétail. Il a depuis repris ses fonctions originales et moud une farine de blé et de sarrasin destinée aux touristes, aux habitants locaux et aux commerces du coin.
Publié le 14 septembre
![]()
« Nos amis venaient jouer à la cachette. Là, il y avait un jeu de fléchettes, puis à côté, on avait mis une table de ping-pong », pointe le vieux meunier. Entre les deux, une immense roue poussée par le mouvement d’une rivière, s’agitant en dessous, activait de grandes meules en pierre entre lesquelles le grain était broyé.
« Ici, c’était chez nous ! Les parents n’avaient pas peur pour notre sécurité, non, se souvient M. Tremblay. On a appris à faire marcher le moulin à 9 ans, puis à 12, on se mettait debout pour arrêter les tracteurs ! »
Le moulin seigneurial des Éboulements est toujours son « chez-soi » et le seul de la province encore habité. Dans la partie domestique, étroite, la télé côtoie les murs blancs recouverts de chaux. À l’étage supérieur, on trouve cinq chambres qui accueillaient autrefois ses parents et leurs huit enfants. Les meuniers ont progressivement privilégié des habitations à l’extérieur des lieux en raison du bruit, de la poussière et de la machinerie. Pas Jean-Guy, qui y habite maintenant seul et souligne avec fierté l’immuabilité des choses : « Rien n’a pas bougé ici depuis 1792 ! »
Maintenir le patrimoine
PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE
Jean-Guy Tremblay a grandi dans ce moulin. Le bâtiment est encore aujourd’hui son terrain de jeu.
Jean-François Tremblay a construit ce moulin à farine en 1792. Ne cherchez pas de lien de parenté avec Jean-Guy, car lui-même l’ignore : « Des Tremblay, il n’y a rien que ça ici ! » Transmise de génération en génération et par alliance, cette pièce patrimoniale a été reprise en 1962 par Héritage canadien du Québec, un organisme à but non lucratif et non gouvernemental qui assure la conservation de plusieurs bâtiments ancestraux.
Le territoire de la seigneurie a été subdivisé au début du XXe siècle. Toutefois, le site du Moulin, ouvert au public en 1993, accueille encore une chapelle ainsi qu’un manoir devenu tour à tour un juvénat, puis un camp de vacances. Jean-Guy Tremblay a été un témoin de première main de cette évolution.
1/5
En 1985, après être allé faire « rouler la pitoune » à Sherbrooke, où il a été également soudeur, il a été réquisitionné pour restaurer son vieux moulin et il y est resté.
Le meunier connaît chaque engrenage de sa machinerie d’époque et le moindre recoin de sa seigneurie : un savoir inestimable qui repose essentiellement sur ses épaules.
Meunier à tout faire
La farine est produite au Moulin des Éboulements comme jadis, à la meule de pierre. Elle est pulvérisée au sous-sol dans différents casiers, selon sa finesse, pour être ensuite mélangée à la main en respectant les dosages de chaque produit.
Jean-Guy assure toutes les étapes de la production, avec l’aide ponctuelle de quelques employés.
À 72 ans, le meunier a un corps musclé et buriné par le soleil. Sa charpente solide lui permet encore de soulever de lourdes charges, de monter et de descendre des escaliers, de s’accroupir pour nettoyer la machinerie, de répondre à la clientèle, d’assurer la livraison et d’entretenir son bâtiment et le site toute l’année. Le meunier se considère avant tout comme un homme à tout faire.
PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE
Le métier de meunier est très physique.
Des congés ? « Les fins de semaine, répond-il. On ne peut pas quitter les lieux pendant trois semaines. Quand il pleut, le niveau de l’eau doit toujours être contrôlé pour éviter les débordements. » Et il en sera ainsi tant que le passé sera maintenu intact.
Jean-Guy veille inépuisablement au grain, mais pour combien de temps ? Bien sûr, il songe parfois à prendre sa retraite, mais il devra encore repousser son projet. Le meunier le plus expérimenté du Québec nous sert la pince en s’excusant de devoir interrompre l’échange. On l’attend, dit-il en enfourchant sa moto. Livraisons obligent !
Résumé
Un peu d’histoire Naissance et disparition des géants d’autrefois
PHOTO TIRÉE DU SITE DU MOULIN DE LA RÉMY
À Baie-Saint-Paul, le moulin de La Rémy produit en grande quantité sa farine biologique haut de gamme grâce à un système modernisé combiné à des meules de pierre.
Publié le 14 septembre
![]()
Un moulin comme aimant
À partir de 1627, la Compagnie des Cent-Associés administre la colonie. Dans la vallée du Saint-Laurent et de la rivière Richelieu, le territoire de la Nouvelle-France se découpe en seigneuries, comme c’est le cas en France à la même époque. Chacune a l’obligation de construire une chapelle et un moulin. « C’est une promesse sur papier pour attirer une population qui devait défricher le territoire, le cultiver et donner une redevance au seigneur en échange d’une terre. Dans les faits, l’entente n’était pas toujours respectée », précise le vice-président de l’Association des moulins du Québec, Guy Bessette.
Le moteur de la seigneurie
Le moulin est une machine activée par une force motrice, autrefois le vent ou l’eau. Il permet d’actionner différents dispositifs pour scier, meuler, fouler ou carder, selon les besoins, ce qui garantit un certain confort aux censitaires.
« L’assurance de pouvoir moudre ses grains était un argument incontournable pour un seigneur afin d’attirer des censitaires dans sa seigneurie, relève Guy Bessette. À l’époque, un homme adulte mangeait environ un kilo de pain par jour, ce qui équivaut aujourd’hui à six pains en tranches du commerce. » Il faut savoir qu’une grande partie de l’alimentation repose sur les légumes racines, apprêtés en bouilli, avec ou sans viande. Le pain trempé fait office d’ustensile, mais est surtout un moyen de rendre la préparation plus consistante et bourrative.
Une technologie qui évolue
PHOTO TIRÉE DU SITE DU PARC HISTORIQUE DE LA POINTE-DES-MOULINS
Les ailes du moulin de Notre-Dame-de-l’Île-Perrot (sur la photo) tournent encore certains dimanches quand les vents sont favorables, et ne fonctionnent qu’à l’occasion. Il est toutefois l’un des deux seuls moulins à vent encore en opération parmi les quatre en état de fonctionner au Québec.
Les premiers moulins du territoire ont des roues à aubes – aussi dites à pales – entraînées par le courant. Le système a toutefois ses limites. Après une grosse pluie, il tourne rapidement, mais ralentit radicalement par temps sec. « Comme les hivers d’ici n’ont rien à voir avec ceux d’Europe, on va aussi se retrouver très rapidement avec de gros problèmes en hiver, quand l’eau gèle. On se tournera donc vers les moulins à vent, fonctionnels à l’année, mais peu performants, avant d’adopter un système de roue à augets qui constituent une avancée technologique importante », explique Guy Bessette. Au lieu de pales, cette dernière est équipée de compartiments qui se remplissent d’eau. À débit égal, le poids de l’eau active la roue dans un mouvement régulier, contrairement au système hydraulique précédent. Il ne reste plus que quatre moulins à vent en état de fonctionner au Québec et que des moulins à augets du côté des mécanismes activés par des roues.
La disparition des moulins
PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE
Le moulin de Saint-Roch-des-Aulnaies est de ces moulins hybrides qui produisent encore de la farine grâce à un système combinant l’eau et l’électricité.
Avant 1700, la construction de moulins demeure marginale au Québec. Cent cinquante ans plus tard, ces machines à broyer sont à leur apogée. L’arrivée des grandes minotières industrielles de Montréal, alimentées par le développement du réseau ferroviaire au Québec et dans l’ensemble du Canada, annoncera toutefois leur déclin. On peut désormais faire venir du blé de l’Ouest en grande quantité et le moudre dans la métropole. Le produit, une farine fine et extra-fine, se conserve plus longtemps et démocratise des recettes modernes et raffinées : un gâteau des anges, par exemple, ce que la farine intégrale des petits moulins ne permet pas en raison de sa densité. Les moulins qui se tournent vers la production de moulées destinée aux animaux d’élevage ou qui se convertissent au sciage sont les seuls survivants de cette avancée.
Les rescapés
PHOTO TIRÉE DU SITE DE TOURISME CHAUDIÈRE-APPALACHES
Le moulin La Lorraine, à Lac-Etchemin, est une reconstruction érigée sur les fondations du moulin Beaudoin, fondé en 1860.
Il faut attendre les années 1970 pour que soit revalorisé ce patrimoine et que suivent les subventions pour préserver les bâtiments qui, dans bien des cas, ont été laissés en état de décrépitude. Plusieurs seront restaurés et ramenés à leur fonction d’origine, pour faire une farine destinée à la consommation humaine.
Certains sont maintenant actionnés par des moteurs électriques, parfois soutenus par un système informatique. D’autres ont adopté un mode hybride qui leur permet d’alterner entre une machinerie ancestrale et moderne, indique Guy Bessette. « Mais des moulins à farine qui produisent majoritairement de façon traditionnelle et qui sont encore en fonction, il n’en reste que six au Québec. » Du nombre, deux fonctionnent uniquement à l’ancienne à l’année : celui des Éboulements, dans Charlevoix, et le moulin Légaré de Saint-Eustache (présenté dans le texte suivant).
Résumé
Moulin cherche meunier
PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE
Au premier plan, le meunier Martin Trudel et son apprenti, Kevin Lajoie
Ceux qui maîtrisent la meunerie artisanale se comptent sur les doigts des deux mains au Québec. Martin Trudel et son apprenti, Kevin Lajoie, sont parmi les rares meuniers à travailler encore comme on le faisait au temps du régime français. Ils mettent l’épaule à la roue – ou apportent de l’eau au moulin – afin de garder vivant un savoir-faire inscrit dans le patrimoine immatériel provincial.
Publié le 14 septembre
![]()
Au moulin Légaré, à Saint-Eustache, la relève est pour l’instant assurée. L’ancien meunier, Daniel Saint-Pierre, vient de prendre sa retraite. Son apprenti des 12 dernières d’années, Martin Trudel, a heureusement accepté de reprendre le flambeau. Formé en histoire, le nouveau meunier a fait ses premiers pas au moulin en 2005 en tant que guide-interprète. À la fin de sa maîtrise, quand le maître lui a demandé s’il avait envie de l’aider, il a accepté cette mission de vie plutôt inusitée.
« C’est un métier particulier qui ne s’apprend pas du jour au lendemain, dit-il. Ça prend des années avant de connaître les rouages d’une machinerie qui n’a rien de standard – chaque moulin a ses particularités. » Dans la meunerie artisanale, le meunier fait tout, de l’approvisionnement en grains à la production, en passant par l’entretien des mécanismes et le service à la clientèle. Ce savoir-faire s’absorbe « sur le tas » par compagnonnage.
Le métier est extrêmement physique et sensoriel, ajoute le meunier.
Pour s’assurer du bon fonctionnement du moulin, l’artisan doit en écouter le rythme, en sentir les odeurs : celles du brûlé ou de la pierre, par exemple, qui peuvent signifier qu’il manque de grains ou que la roue tourne trop vite. Au toucher, il détectera plutôt la taille de la mouture et ajustera les meules en les rapprochant ou en les distanciant, selon le rendu souhaité.
Travailler à l’aire préindustrielle
PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE
Le moulin Légaré de Saint-Eustache a été classé monument historique en 1976. Il est le plus ancien moulin à farine actionné par la force de l’eau à n’avoir jamais cessé ses activités en Amérique du Nord.
Le moulin Légaré est le plus vieux moulin à eau d’Amérique du Nord à n’avoir jamais cessé d’être opérationnel et le plus authentique de la couronne montréalaise, déclame Martin Trudel, visiblement réchauffé par des années à répéter les mêmes informations auprès des touristes. Le moulin a été construit en 1762 par la famille Lambert-Dumont. Au XIXe siècle, le seigneur Globenski en est devenu propriétaire et fera en sorte que le moulin soit à la fine pointe de la technologie en y ajoutant des turbines. Aucun changement notable n’a été apporté au moulin depuis. Ce dernier produit sa farine comme on le faisait en 1880.
Le métier évolue tout de même avec son époque.
« J’ai une machinerie du XIXe siècle, mais je dois faire avec des lois et des consignes actuelles en matière d’hygiène, de salubrité, de santé et de sécurité au travail. Le seul appareil qui soit automatisé est le tamiseur électrique, qui prévient les tendinites et assure la qualité du produit. Sinon, j’ai une balance électronique, une caisse électronique, de l’éclairage électrique, un aspirateur anti-déflagration et d’autres petits outils modernes. »
Les exigences du métier
PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE
Martin Trudel connaît les rouages de son moulin, ses moindres bruits et odeurs.
Le moulin Légaré fait le choix de produire moins et de conserver une production artisanale et authentique. Cette préservation du patrimoine vient avec ses inconvénients. En hiver, le défi est d’entretenir la porte d’entrée d’eau en brisant la glace chaque jour avec une perche. Le moulin est aussi un bâtiment difficile à chauffer en raison de son âge et de sa constitution : sa structure ancestrale est en pierre et l’eau froide de la rivière passe au deuxième sous-sol. Puisque la poussière de grains est explosive, elle nécessite par ailleurs l’utilisation d’un équipement adapté – un chauffage anti-déflagration qui rayonne à faible intensité, et qu’on ne ressent pas à plus de 5 pieds. L’intérieur du moulin est donc maintenu à des températures qui oscillent entre 15 et 18 degrés par temps froid.
Et puis, il y a le poids de la marchandise – des poches de 20 kg de grains et de 35 à 45 kg de farine –, les contorsions pour réparer les mécanismes, la poussière, énumère le meunier. « Est-ce que je souhaiterais ce métier à mon fils ? Peut-être pas. Mais moi, je l’adore et je vis bien avec la colonne des contre ! »
Porteur d’histoire
PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE
Le site du moulin Légaré, aux abords de la rivière du Chêne, à Saint-Eustache
La responsabilité qui accompagne le métier est à la fois la principale angoisse et la plus grande fierté de Martin Trudel. « Après 260 ans d’existence, tu ne veux pas être le meunier qui aura occasionné la perte du moulin parce qu’il est arrivé tel bris ou qu’il a explosé, nous dit-il. Notre rôle est de protéger le passé pour le transmettre aux générations futures. Si on se met à tout moderniser, on perd malheureusement des savoir-faire et des connaissances inscrites dans le patrimoine national. »
Le gouvernement commence à reconnaître de plus en plus d’éléments de cette richesse culturelle immatérielle.
« Heureusement, souligne-t-il. Ça crée une fierté. Cette culture, c’est l’âme d’une ville. »
Grâce à la formation en ligne créée par le Conseil québécois du patrimoine vivant, quatre étudiants sont devenus apprentis meuniers dans différentes meuneries artisanales de la province l’an dernier. « Pour sauver nos vieux moulins et un métier tout droit sorti de nos racines, il faut de la matière première, des bâtiments en santé et de la relève motivée », estime Martin Trudel. En attendant, le moulin Michel de Gentilly a mis sa production régulière en pause, faute d’avoir trouvé une relève, et le meunier des Éboulements espère toujours sa retraite…
Un autre bâtiment de grand intérêt qui passe sous le pic des démolisseurs : Scies Mercier
L’ensemble du cœur historique de la ville de Terrebonne, au nord de Montréal, pourrait s’ajouter sous peu au Répertoire du patrimoine culturel du Québec (RPCQ).
C’est ce que laisse entrevoir une recommandation du ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, datée du 20 juin dernier et publiée dans la Gazette officielle de mercredi.
Une consultation publique, dont les modalités seront annoncées d’ici quelques semaines, devra maintenant être organisée par le Conseil du patrimoine culturel du Québec pour récolter les avis des citoyens.
Entrevue radio avec un conseiller municipal de Terrebonne
Après le Vieux-Québec et le Vieux-Montréal, le quartier historique de la Ville de Terrebonne pourrait à son tour devenir un site patrimonial. Le ministre de la Culture et des Communications Mathieu Lacombe entend en faire la recommandation. Le conseiller municipal du district 12, qui inclut le Vieux-Terrebonne, et président du conseil local du patrimoine, André Fontaine, explique les avantages d’une telle nomination, notamment pour la sauvegarde du patrimoine bâti.
« C’est une superbe nouvelle. Je suis venu au monde dans ce quartier et j’y ai passé presque toute ma vie. Je le connais sous tous ses angles et je l’ai vu menacé de disparaître à plusieurs occasions. »
— André Fontaine
Le conseiller municipal parle aussi des conséquences pour les propriétaires de bâtiments et des éventuelles aides financières qui seront offertes.
Il y aurait davantage un parallèle à faire avec le site patrimoniale de La Prairie.
La Prairie et Terrebonne ont été établies pas très longtemps après Ville-Marie et ont suivi un parcours assez semblable, dans l’ombre de Montréal, avec un hinterland très agricole, un certain développement industriel. L’architecture est également assez similaire, beaucoup plus qu’avec le vieux Montréal ou le vieux Québec.
Je connais très bien le Vieux-Terrebonne pour y être allé très souvent durant mes 20 années de résidence dans cette jolie ville de banlieue. Le coeur historique est très bien préservé, fort bien entretenu, assez homogène et très fréquenté par les citoyens et les touristes.
En plus c’est un quartier véritablement dynamique sur le plan culturel, commercial et de loisir. Il y a beaucoup d’attraits, de magnifiques bâtiments anciens et de très belles promenades le long de ses berges et l’ile des Moulins.
À faire: parcourir à vélo les berges de la rivière des Milles-Iles jusqu’à Charlemagne et revenir par le rang agricole (Cabane Ronde) puis passer par Mascouche sur la piste cyclable qui traverse notamment La Plaine et retour au Vieux-Terrebonne (soixantaine de kilomètres) un de mes parcours favoris. .
Le Manoir Rouville-Campbell, bâti il y a bientôt 200 ans à Mont-Saint-Hilaire et fermé en 2022, doit rouvrir ses portes au public à l’automne 2026. Un nouveau chapitre se dessine sous le signe de l’hôtellerie pour ce bâtiment patrimonial qui a déjà appartenu à Yvon Deschamps et qui a accueilli plusieurs tournages, dont celui de l’émission Les traîtres, avec Karine Vanasse.
Cela faisait quatre ans que la Ville de Mont-Saint-Hilaire travaillait, avec ses citoyens et des spécialistes, à trouver une nouvelle vocation à ce bâtiment construit en 1832. Les derniers propriétaires du manoir, la famille Imbeau, ont généreusement fait don de l’édifice à la municipalité montérégienne en 2022.
2026-04-04 : Visite gratuite à la Centrale de Beauharnois de 90 minutes.
Première étape dans le centre d’interprétation avec des explications de l’histoire de la centrale avant d’aller visiter la centrale. J’ai été chanceux comme nous étions que deux familles au départ. Mais l’autre famille n’a pas fait la visite de la centrale avec nous à cause d’un des enfant qui ne voulaient pas porter les équipements de sécurité.
Au final, cela nous donnait la chance d’avoir une visite privée avec la guide (Alexandra).
Très belle visite dans la centrale (cellulaire interdit) avec des opérateurs qui travaillait pour la maintenance d’une des 36 turbines dont le rotor avait été enlevé plus tôt dans la semaine et qu’on voyait l’arbre de transmission. Fin de la visite sur le toit comme la neige avait fondu et vu sur le réservoir et le dénivelé avec le lac Saint-Louis en plus de voir la grue en action qui ramassait les troncs d’arbres au niveau des dégrilleurs.
Québec sauve la vespasienne de Shawinigan en la classant immeuble patrimonial
Le ministère de la Culture bloque la destruction de la vespasienne du parc Antoine-St-Onge.
Alors que la Ville de Shawinigan privilégiait la démolition pour des raisons financières, ce bâtiment historique obtient une protection officielle qui force la révision du projet de la piscine Saint-Marc.
Le ministère de la Culture et des Communications classe officiellement la vespasienne du parc Antoine-St-Onge comme immeuble à protéger, mettant ainsi des bâtons dans les roues de sa destruction par la Ville de Shawinigan.
Le bâtiment s’est vu octroyer la catégorie de conservation « extérieur exceptionnel » par le ministère. Cet édifice est donc maintenant classé comme patrimonial, la protection s’applique seulement à l’enveloppe extérieure, et les terrains et espaces intérieurs ne sont pas touchés.
La destruction de la vespasienne a été évitée in extremis l’été dernier, alors que la machinerie était stationnée sur le terrain, un citoyen avait fait une plainte au ministère pour que soit étudié le caractère patrimonial de l’édifice.
[…]
L’église de Saint-Eustache commence les travaux de réfection de la façade. L’organisation qui s’occupe de l’église a indiqué dans les commentaires de l’annonce Facebook qu’ils allaient conserver les impacts de canon.Avertissement de redirectionhttps://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/detail.do%3Fmethode%3Dconsulter%26id%3D92803%26type%3Dbien&ved=2ahUKEwjTsKyblOSTAxWnEFkFHcNwAaYQFnoECEkQAQ&usg=AOvVaw2StuNHS5wn908h4UhvOTni
Voici ce qui se trouve dessous l’enveloppe de l’église historique de St Eustache. Une visite des lieux, par les administrateurs de la Fondation et des gens de la paroisse, afin de constater l’évolution des travaux de restauration. Photos prises par le prêtre modérateur Jean-Thomas Meyong
(upload://kJDMLFwqlrMNLNSyHxVZBwpfPPw.jpeg)
Le Manoir Rouville-Campbell en ce moment-même
Bravo et merci à toutes les personnes qui se démènent pour assurer ces rénovations d’ampleur
La Vieille Douane renaît à Stanstead
Dix ans après sa fermeture, le restaurant La Vieille Douane à Stanstead accueille à nouveau des clients. C’est l’entrepreneure de 30 ans, Charlotte Gorchon, qui s’est donné la mission de redonner vie à ce lieu chargé d’histoire. Un espoir pour la communauté qui souhaite développer le tourisme chez elle.
Un incendie a complètement détruit la maison dite de Saint-Hubert, l’un des immeubles patrimoniaux les plus remarquables de la vallée du Richelieu.
L’incendie a eu lieu durant la fin de semaine, dans la nuit de samedi à dimanche. Le bâtiment était déjà un brasier lorsque les pompiers de la ville de Chambly se sont présentés sur place, en pleine nuit. « Il semblerait y avoir eu une détonation », a indiqué le chef des pompiers au Journal de Chambly. Des témoins ont rapporté la même chose au journal local.
Les circonstances exactes de l’incendie demeurent inconnues. La Régie intermunicipale de police Richelieu–Saint-Laurent conduit son enquête.
Classée immeuble patrimonial depuis 1962, cette demeure de pierre remonte à la fin du XVIIIe siècle. Elle daterait de 1785, selon le Répertoire du patrimoine culturel québécois. La maison Saint-Hubert représentait l’un des exemples les plus anciens de demeure rurale conservés dans la région. Son corps principal et son annexe, probablement utilisée comme cuisine d’été au XIXe siècle, témoignaient d’une architecture traditionnelle du Canada français, avec leurs murs de pierres, leurs cheminées latérales et leurs toits à deux versants retroussés par des coyaux. La demeure était coiffée d’une couverture de bardeaux de cèdre et percée de fenêtres à battants à petits carreaux, caractéristiques de l’architecture rurale de cette époque.
[…]
Alors qu’il y a à peine quelques mois la démolition de la gare historique de Mont-Laurier semblait pratiquement actée par la MRC d’Antoine-Labelle, le gouvernement du Québec a annoncé lundi par la voix du ministre Mathieu Lacombe son intention de la protéger grâce à un classement patrimonial.
Le ministère de la Culture et des Communications a confirmé la désignation du chemin de fer du Nord comme lieu historique et, surtout, le dépôt d’un avis d’intention de classement pour la gare elle-même.
Construite en 1909 et agrandie en 1927, la gare est présentée comme un témoin majeur du développement des Laurentides et de l’ancien chemin de fer du Nord, porté notamment par le truculent curé Antoine Labelle.
Ce geste gouvernemental marque un net contraste avec les orientations récentes des autorités locales. En 2024, une étude commandée par la MRC à la firme C2V Architecture à la demande du ministère lui-même avait largement ouvert la voie à une tout autre logique : la démolition du bâtiment existant et sa reconstruction sous une forme contemporaine, tout en conservant « l’esprit du lieu ». L’affaire avait suscité un tollé.
La MRC d’Antoine-Labelle avait privilégié la démolition de la gare, avait rapporté Le Devoir, au profit d’un nouvel édifice « répondant aux besoins actuels », évoquant la possibilité d’un pastiche ou d’une réinterprétation architecturale.
[…]
Pendant plus d’un siècle, le collège des Ursulines de Stanstead a été l’un des principaux établissements d’enseignement des Cantons-de-l’Est. Aujourd’hui, ce symbole de l’histoire locale est éventré et exposé aux intempéries.
« C’est dans un état pitoyable », déplore Matthew Farfan, historien et ex-conseiller de la Ville de Stanstead. Sur le flanc gauche du majestueux collège des Ursulines, un trou béant laisse voir aux passants l’intérieur de l’école, qui a été, de 1884 à 2004, un haut lieu d’éducation pour les enfants de la région.
Le vent, la pluie et la neige abîment à vitesse accélérée le bâtiment, qui fait pourtant partie du parcours patrimonial du village. Devant, une plaque historique explique toujours l’importance du lieu.
« C’est devant tout le monde, y compris les touristes qui viennent. C’est ce qu’ils voient quand ils arrivent à Stanstead », ajoute M. Farfan.
Le collège des Ursulines est l’un des rares bâtiments de type Second Empire dans la petite ville frontière, qui fut au XIXe siècle une capitale régionale. C’est surtout un lieu de mémoire auquel beaucoup de citoyens sont attachés. « Tout le monde réagit très mal, ajoute M. Farfan. C’est un point de repère, pas juste pour son architecture, son patrimoine. C’est une institution où des générations de Stansteadois ont fait leur secondaire. »
La cause de ce délabrement remonte à la démolition, en 2020, du passage qui reliait le bâtiment à une autre aile, une intervention justifiée par des considérations d’assurabilité. Menée à coups de pelle mécanique, l’opération a laissé une large ouverture sommairement recouverte de feuilles de tôle rouge. Aucun travail de consolidation n’a été réalisé.
Exposé aux intempéries, le mur de brique s’est effondré l’an dernier, entraînant dans sa chute les tôles qui tentaient d’en masquer la cicatrice.
Le complexe appartient à Gestion Fratelli, une compagnie immobilière spécialisée en résidences privées pour aînés. Depuis 2011, l’aile Sainte-Famille, rebaptisée le Manoir Stanstead, accueille plus de 70 résidents. Mais l’ancien collège, juste à côté, n’a bénéficié d’aucuns travaux de reconversion ou de préservation.
Laisser un bâtiment historique dépérir pour rendre sa démolition inévitable est une pratique connue par ceux qui souhaitent se débarrasser d’un immeuble. En plus du mur qui n’a pas été protégé, des fenêtres du devant du collège ont été laissées ouvertes. Est-ce une négligence intentionnelle ? Appelé à faire des commentaires, Jody Stone, le maire de Stanstead, a indiqué que « c’est sûr que du monde n’a pas la même vision du bâtiment patrimonial que d’autres ».
Hésitation de la Ville
Le collège des Ursulines est situé à un jet de pierre de l’ancien édifice Wilder-Pierce, un immeuble patrimonial détruit l’automne dernier après des années de négligence de son propriétaire. Hughes Ménard, directeur général de la municipalité, avait alors dit au Devoir que l’adoption d’un nouveau règlement sur l’entretien et la démolition des bâtiments à la fin de 2025 pourrait à l’avenir donner « plus de mordant » au conseil municipal pour sauver un bâtiment important.
Cette fois, la municipalité compte-t-elle faire pression sur le propriétaire du collège des Ursulines ? « Ce n’est pas facile… Il n’y a vraiment pas beaucoup de jurisprudence encore, c’est ça qui nous fait peur un peu », a avoué Jody Stone, maire de Stanstead.
« On ne peut que se scandaliser, sinon s’interroger, devant tant de négligence et surtout tant d’indifférence »
Sœur Lise Munro
Une réforme de la Loi sur le patrimoine culturel et de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, adoptée en 2021, permet désormais aux municipalités d’entreprendre les travaux nécessaires à la préservation d’un bâtiment patrimonial et d’exiger le remboursement des coûts de ceux-ci au propriétaire. « Les avocats nous disent qu’on peut mettre la pression, a reconnu le maire. [Mais] ce recours-là est dangereux. »
Matthew Farfan reconnaît lui aussi que les moyens d’une ville comme Stanstead sont limités : « Dans une petite municipalité comme celle-ci, ce n’est pas facile. On n’a pas les moyens d’aller en cour. Il faut choisir les batailles. Mais j’espère que la Ville va faire quelque chose. »
Un nouveau bâtiment ?
Pour l’instant, le maire de Stanstead souhaite « trouver une façon de collaborer avec le propriétaire pour trouver une solution ». Celui-ci collabore-t-il avec la Ville ? M. Stone devient hésitant : « Oui… il nous répond, mais c’est sûr que ce qu’il veut et ce qu’on veut, ce n’est pas toujours la même chose. »
Ce que Gestion Fratelli désire, c’est peut-être un nouveau bâtiment, dont la construction serait moins chère que la reconversion d’un édifice patrimonial. « Il a un projet qui, selon nous, devrait être présenté à la population », a dit M. Stone. Est-ce que cette proposition prévoit la conservation du collège ? « Je ne veux pas parler de son projet, je ne lâcherai pas le morceau. »
Pour la sœur Lise Munro, de la congrégation des Ursulines, l’état du collège constitue un spectacle choquant : « On ne peut que se scandaliser, sinon s’interroger, devant tant de négligence et surtout tant d’indifférence. » D’autres sœurs, comme Odile Gardner et Monique Jeanson, ont également fait part au Devoir de leur peine devant le dépérissement de l’école où elles ont étudié et enseigné.
Aux yeux de Julien Mauduit, Stansteadois engagé dans la préservation du patrimoine, le sort du collège des Ursulines et des autres bâtiments patrimoniaux dépendra de l’implication de la population. « La question qu’il faut se poser, c’est : à quel point les citoyens de Stanstead veulent préserver leur patrimoine ? Moi, je pense que c’est gagnant pour beaucoup de monde, pour le tourisme et les habitants, qui vont bénéficier des retombées. »
Contacté à plusieurs reprises par Le Devoir, Gestion Fratelli n’a pas répondu à notre demande d’entrevue.






















































