Le Musée Stewart a recommandé que l’édifice, appartenant à la Société du parc Jean-Drapeau (et donc à la Ville de Montréal), conserve sa vocation muséale afin de peut-être abriter un musée militaire.
Le Musée Stewart, à Montréal, ferme définitivement
Le musée Stewart a annoncé sa fermeture. | PHOTO : RADIO-CANADA / IVANOH DEMERS
Radio-Canada | Publié hier à 14 h 19
Le musée d’histoire Stewart, installé dans le fort de l’île Sainte-Hélène au parc Jean-Drapeau, à Montréal, a annoncé sa fermeture mardi après plus de 65 ans d’existence. La chute de 95 % de ses revenus autonomes, attribuable à la pandémie de COVID-19, explique notamment cette décision.
La fermeture de ce musée est un crève-cœur pour nous, a déclaré, par communiqué, la présidente et chef de la direction du Musée McCord Stewart, Suzanne Sauvage.
Toutefois, c’est la baisse très importante et imprévue des contributions financières de fondations appuyant le musée qui s’est révélée décisive. La Fondation Mcdonald Stewart a fait savoir qu’elle réduisait considérablement son soutien pour 2021 et les années à venir. Et la pandémie a empêché la tenue d’événements-bénéfices qui auraient dû rapporter un million de dollars au musée.
C’était insoutenable de garder le musée ouvert, a expliqué Suzanne Sauvage en entrevue avec Catherine Richer, chroniqueuse culturelle à l’émission Le 15-18.
Une situation financière difficile
Avant même la pandémie de COVID-19, le Musée Stewart peinait déjà à attirer un public important, et ce, depuis sa réouverture en 2011 après plus de deux ans de rénovations.
Les deux vagues de fermeture des musées, décrétées par le gouvernement Legault afin de freiner la propagation de la COVID-19 au Québec, ont fait chuter de 95 % les revenus générés par la billetterie, la location d’espaces et la boutique du musée.
À ces difficultés se sont ajoutées la baisse des contributions financières de fondations qui appuient le musée et l’augmentation de ses frais de fonctionnement, selon le Musée Stewart.
C’est ce contexte financier particulièrement difficile, avec des perspectives incertaines, qui nous amène à prendre cette triste décision. Nous avons jugé préférable de devancer l’intégration physique des deux musées, déjà prévue et annoncée dans le cadre de notre projet de nouveau musée, et de regrouper en un seul lieu, soit au centre-ville, au Musée McCord, ses collections et ses programmes, a indiqué, par communiqué, la présidente du conseil d’administration du Musée McCord Stewart, Monique Jérôme-Forget.
Lorsque les musées Stewart et McCord ont fusionné en 2013, il était déjà prévu de regrouper leurs collections respectives en un seul lieu, c’est-à-dire dans un grand musée consacré à l’histoire sociale.
Ce changement est donc devancé, même si le projet d’agrandissement du Musée McCord, dans le centre-ville de Montréal, a été mis sur pause en raison de la pandémie.
Une collection à voir au Musée McCord et en ligne
La collection du Musée Stewart continuera d’être montrée au public lors d’expositions au Musée McCord ainsi que par l’intermédiaire d’une programmation virtuelle et d’une plateforme en ligne, qui sera lancée à l’automne prochain. Les deux institutions muséales se sont regroupées en 2013.
Il n’est pas question de se départir des collections Stewart.
Suzanne Sauvage, présidente et chef de la direction du Musée McCord Stewart
Le Musée Stewart est déjà fermé au public. Son équipe travaillera au cours des prochains mois au déménagement des collections, qui devrait être achevé à la fin de l’été ou au début de l’automne. Par la suite, une partie du personnel sera réaffectée au Musée McCord.
Ce qui fait l’âme d’un musée, ce sont ses collections et, fort heureusement, avec l’appui de nos équipes, nous pourrons accroître l’accès du public et des chercheurs à cette précieuse collection et maintenir bien vivant l’héritage de David et Liliane Stewart, les fondateurs du Musée Stewart, a ajouté Suzanne Sauvage.
Créé par le philanthrope David M. Stewart, le Musée Stewart conserve une collection de près de 27 000 artefacts, documents d’archives et livres rares témoignant de l’histoire de la présence européenne en Nouvelle-France et en Amérique du Nord.
Que deviendra le bâtiment accueillant le Musée Stewart? Il appartient à la Société du parc Jean-Drapeau, et donc à la Ville de Montréal. Le Musée Stewart a recommandé que l’édifice conserve sa vocation muséale et qu’il abrite peut-être un musée militaire. C’est une recommandation qui a été bien reçue, mais c’est leur décision, et non pas la nôtre, a indiqué Suzanne Sauvage à Catherine Richer.