Actualités - Immobilier résidentiel

Le malheur des uns… fait le bonheur des autres. :thinking:

Méchant hasard ! :face_with_raised_eyebrow:

Habitations Trigone et le Fonds FTQ au cœur d’une mégatransaction


IMAGE FOURNIE PAR TRIGONE | Illustration du Quartier Victoria Saint-Lambert des Habitations Trigone, à Saint-Lambert.

Le Fonds de solidarité FTQ est sur le point de vendre ses participations dans 30 immeubles d’appartements des Habitations Trigone, dans une transaction à plusieurs joueurs frisant le milliard de dollars. Il s’agirait de la plus importante vente de l’histoire de l’immobilier résidentiel au Québec.

Publié le 4 octobre 2021 à 15h24 | HUGO JONCAS | LA PRESSE

La part du Fonds dans l’entente vaut à elle seule plus de 300 millions. Il était propriétaire au tiers des immeubles du portefeuille.

La clôture de la transaction a eu lieu le 1er octobre, le lendemain de la décision du Bureau des régisseurs de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) d’annuler toutes les licences d’Habitations Trigone. Le chien de garde de l’industrie reproche à ses dirigeants d’avoir « contourné une loi d’ordre public » par différents stratagèmes : dettes de jugements non payées, fausses déclarations, absence de collaboration avec les autorités, confusion entre les filiales, manque de discernement quant à la sécurité du public, manquements aux lois, mauvais service et mauvaise qualité…

L’acheteur des appartements d’Habitations Trigone, le fonds de placement immobilier Centurion Apartment REIT de Toronto, met la main sur 3678 unités en location dans la grande région de Montréal.

Centurion ne précise pas si Habitations Trigone reste son partenaire dans la propriété de ces appartements.

Selon nos informations, Montez Corporation, une autre entreprise de Toronto, était elle aussi propriétaire au tiers immeubles résidentiels de Trigone, et elle s’en départit également aux mains de Centurion.

La Presse a tenté de joindre le fonds torontois sans succès.

Quant au copropriétaire d’Habitations Trigone, Patrice St-Pierre, il a renvoyé nos questions à un porte-parole, qui a refusé de préciser si, oui ou non, l’entreprise vend elle aussi ses parts dans ses appartements au fonds torontois.

« Notre réponse c’est : “On est heureux de commenter les transactions que Trigone réalise” », dit Jean-Maurice Duddin, qui a obtenu le mandat de répondre aux journalistes pour Patrice St-Pierre et son partenaire Serge Rouillard. Il n’a fourni aucune autre réponse.

Résultat : impossible de savoir pour le moment si les patrons d’Habitations Trigone restent copropriétaires de ces immeubles ou s’ils liquident leur participation.

« Énorme coïncidence »

Centurion a publié son communiqué au lendemain de la décision de la RBQ, annulant l’ensemble des 19 licences qu’utilisaient les patrons d’Habitations Trigone pour construire des immeubles résidentiels.

Au Fonds FTQ, le porte-parole Patrick McQuilken assure qu’il s’agit d’une « énorme coïncidence ».

« On a mis en vente nos participations dans les projets de Trigone au début 2020 dans le cadre normal de notre horizon d’investissement », dit-il.

Selon le porte-parole, les immeubles dans lesquels le Fonds a investi aux côtés de l’entreprise a fourni « un bon rendement » pour ses actionnaires.

Inspections supplémentaires

Habitations Trigone a deux champs d’activités : la construction de copropriétés et les immeubles d’appartements. Le Fonds FTQ est surtout partenaire de l’entreprise dans les appartements.

Quand un reportage de l’émission La Facture à Radio-Canada a fait état de nombreuses déficiences dans les immeubles de copropriétés qu’a érigés Habitations Trigone, le Fonds dit avoir fait faire des inspections supplémentaires dans les immeubles d’appartements. « Nous n’avons pas trouvé de déficiences majeures », dit Patrick McQuilken.

Selon nos informations, Centurion a aussi réalisé des inspections supplémentaires, sans trouver de problèmes.

Après la transaction, le Fonds FTQ reste partenaire d’Habitations Trigone dans trois immeubles en construction et trois terrains.

« Des discussions se poursuivent quant à ces actifs », dit Patrick McQuilken.

Le Fonds tâche d’ailleurs de mettre en branle un « plan de contingence » pour être en mesure de terminer les immeubles en chantier, dit-il. « Nos dispositions sont déjà en train d’être prises pour s’assurer que les projets soient terminés en temps prévu pour les locataires qui ont signé des baux. »

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oh dear! J’espère que c’est 180 pi² habitable :flushed:

J’ai trouvé la fiche

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Ma chambre de bonne à Paris était à peine plus petite :grimacing:

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2 messages ont été fusionnés à un sujet existant : Marché logements locatifs

:man_shrugging:

Habitations Trigone recouvre ses licences jusqu’en janvier

Les entreprises du groupe Trigone recouvrent leurs licences de construction jusqu’en janvier prochain au moins, le temps que la cour se penche sur la demande du constructeur, qui conteste leur annulation par la Régie du bâtiment du Québec.

Publié le 14 octobre 2021 à 13h10 | HUGO JONCAS | LA PRESSE

Le tribunal administratif du travail vient de rendre sa décision dans le dossier. Il juge que « le préjudice sérieux et irréparable » sur les 12 projets en construction de Trigone l’emporte sur les inconvénients que présentent les activités du groupe pour l’intérêt public et la sécurité.

Plus de détails à venir.

Edit:

:face_with_raised_eyebrow:

Le Tribunal invoque notamment les préjudices sérieux et irréparables qui découlent de la décision de la RBQ pour 12 projets actuellement en cours, et qui totalisent près de 2000 unités d’habitations.

Ces 12 projets sont affectés considérablement par l’annulation immédiate des licences, mais ils ne peuvent pas raisonnablement tous s’arrêter complètement du jour au lendemain, note le Tribunal dans sa décision.

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C’est vraiment une décision regrettable du tribunal administratif du travail. Les habitations trigone ont clairement démontrées qu’elles ne méritent pas leurs licences.

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Il y a seulement 15 inspecteurs pour tout le Québec… :flushed:

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Centre-ville de Montréal Le boom résidentiel est terminé, soutient un expert

ILLUSTRATION FOURNIE PAR LE PROMOTEUR

Le Sherbrooke, un complexe de condos de 515 appartements

Broccolini va néanmoins de l’avant avec un ambitieux complexe de condos

Publié le 16 novembre 2021 à 8h00

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André Dubuc

André Dubuc La Presse

L’un des plus importants promoteurs de la métropole québécoise va commencer sous peu la construction du Sherbrooke, ambitieux projet de condos comme on n’en voit plus au centre-ville depuis la pandémie. Le boom de construction au centre-ville est même derrière nous, avance un spécialiste du marché du condo neuf.

Selon Broccolini, près de 60 % des 515 appartements sont déjà vendus au Sherbrooke, situé dans le quadrant sud-est formé des rues Guy et Sherbrooke.

Ce promoteur poursuit actuellement la construction du 628, Saint-Jacques et de Victoria sur le Parc. Deux projets au centre-ville lancés et vendus bien avant la pandémie.

Broccolini fait équipe avec son agence de prédilection Immobilier Baker pour optimiser le flux des ventes. « Le Sherbrooke répond à un besoin actuel du marché que nous retrouvons dans toutes les grandes villes canadiennes, c’est-à-dire des demeures de prestige qui nécessitent moins d’entretien et permettent une plus grande liberté à leurs propriétaires », dit dans un communiqué Debbie LaFave, vice-présidente d’Immobilier Baker.

Situé dans le quartier prestigieux du Mille carré doré, le complexe, composé d’une entrée de quatre niveaux sur la rue Sherbrooke et d’une tour en retrait de 25 étages, aura une superficie totale de 490 000 pieds carrés. Le prix moyen est élevé, à 1279 $ du pied carré. Il n’y aura pas de logements sociaux ni abordables, le permis de construction ayant été obtenu avant la mise en vigueur du règlement sur la mixité le 1er avril 2021.

L’architecte est Bruno St-Jean, de Neuf architectes, et l’aménagement intérieur est l’œuvre du designer Andres Escobar, chez Lemay Escobar. La construction doit débuter sous peu. La livraison des appartements est prévue pour 2025.

Un nouveau venu au centre-ville

2/2

Dans un entretien, Jean Langlois, directeur, communications et marketing de Broccolini, réitère l’engagement du promoteur à l’égard du centre-ville, ce qui ne l’empêche pas de mener des projets à Kirkland et à Sainte-Anne-de-Bellevue.

Fin du boom de construction

Le spécialiste du marché du condo neuf Vincent Shirley, directeur principal, Innovation et stratégies de croissance du Groupe Altus, n’est nullement surpris du succès remporté par Le Sherbrooke. « Il n’y a pas d’invendus au centre-ville, parce que l’offre et la demande se sont contractées. On a eu beaucoup moins de lancements de nouveaux projets dans les 18 derniers mois. »

En somme, le nombre de nouveaux projets a dégringolé. Mais les rares qui vont de l’avant, comme Le Sherbrooke, obtiennent du succès.

« Le marché du condo neuf au centre-ville a subi un choc depuis 18 mois, poursuit M. Shirley. Notre relation avec le centre-ville a changé. Le marché a subi les contrecoups de la pandémie et les changements d’habitude au travail. »

Une compilation d’Altus montre que le nombre de nouveaux condos par année a chuté de 60 % depuis la pandémie par rapport à 2018.

Les nouveaux projets au centre-ville se limitent au Mansfield, du Groupe Brivia, et au Louis et Auguste phase 2, de Devimco, si on élargit le centre-ville dans l’Est jusqu’au terrain de Radio-Canada.

« On était dans une tendance baissière du nombre de nouvelles unités au centre-ville de Montréal déjà avant la pandémie », indique M. Shirley. La baisse de popularité du condo au centre-ville s’explique, selon lui, par l’attractivité des logements locatifs et de la banlieue.

Le développement immobilier s’est déplacé en banlieue au fil du temps. À mesure qu’on a fait du centre-ville un environnement d’affaires pour construire du condo avec plus de taxes, plus de contraintes et moins de prévisibilité, les promoteurs ont réagi en achetant du terrain en banlieue, où ils sont accueillis à bras ouverts.

Vincent Shirley, directeur principal, Innovation et stratégies de croissance, au Groupe Altus

Les promoteurs Brivia, Cogir, Devimco, LSR GesDev, TGTA et Prével ont tous des projets hors du centre-ville, souligne-t-il.

À défaut de condos, pourrait-on voir surgir des tours locatives au centre-ville comme dans les dernières années ?, lui a-t-on demandé. Pour le moment, le taux d’inoccupation des logements reste élevé au centre-ville, précise M. Shirley. Il demeure pessimiste à moyen terme parce que l’inflation dans le prix des terrains et dans les coûts de construction, si elle s’incruste, finira par rendre périlleuse la rentabilité des nouveaux projets locatifs.

« Est-ce qu’on doit prévoir moins de grues au centre-ville à l’avenir ? C’est clair », répond-il du même coup.

https://www.lapresse.ca/affaires/2021-11-16/centre-ville-de-montreal/le-boom-residentiel-est-termine-soutient-un-expert.php

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On avait aussi prédit la fin du centre-ville au début de la pandémie…

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C’était quand même à prévoir et ça se sent depuis un certain temps que le marché ralentit. À part les constructions déjà entamées, il n’y a pas vraiment de nouveaux projets en branle.

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Avec le locatif, on n’a vraiment pas une tendance à la baisse sur deux ans:

Logements construits centre-ville

(Données de Ville-Marie de la SCHL, ne comprend pas l’est de l’arrondissement)

Le locatif comprend la majorité nette des mises en chantier cette année dans l’entière région métropolitaine aussi, ce n’est pas juste une affaire de centre-ville.

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Exactement, on parle seulement du marché de condos neufs, mais le marché locatif semble encore bon, avec la mise en branle du 900SJ en plein milieu de la pandémie et selon les dires de Budgebendit sur mtlurb, le futur projet de la Cité Internationale.

Bref, cet article ne m’inquiète pas vraiment, on a encore de beaux jours devant nous.

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Bulle immobilière en vue, selon les courtiers


PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE
Le prix médian d’une maison dans la région montréalaise s’élève maintenant à 493 460 $, en hausse de 45 % depuis 2019.

Le marché résidentiel de la région montréalaise montre des signes d’une bulle en puissance, prévient l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ).

Publié le 14 décembre 2021 à 9h00
André Dubuc
LA PRESSE

« On constate effectivement la formation d’un début de bulle immobilière dans la grande région de Montréal qui se caractérise, d’une part, par l’incapacité de la majorité des premiers acheteurs d’accéder à la propriété et, d’autre part, par la vulnérabilité des nouveaux acheteurs et des acheteurs expérimentés », écrit l’APCIQ, dans un communiqué publié mardi matin.

L’association tient sa conférence virtuelle Fenêtre sur le marché immobilier mardi dans lequel elle présente son bilan 2021 et ses perspectives 2022 pour le marché résidentiel au Québec.

« Les enjeux d’abordabilité sont devenus critiques dans la région de Montréal, notamment pour les jeunes ménages, souligne l’organisme. À moins d’envisager de quitter la métropole, les jeunes ménages doivent de plus en plus se rabattre sur la copropriété et mettre une croix sur le projet d’achat d’une unifamiliale dans la région métropolitaine de recensement de Montréal, notamment ceux qui n’ont pas accès à un soutien de la part de leur famille. Les moins nantis et les moins mobiles d’entre eux capitulent et demeurent dans le marché locatif, retranchant autant de transactions sur le marché de la revente. »

Le segment de la maison unifamiliale cossue est particulièrement à risque d’une correction des prix si la conjoncture devait se détériorer. Toutefois, L’APCIQ croit que la remontée des taux d’intérêt attendue en 2022 tombe à point nommé pour éviter le gonflement de la bulle et ses excès indésirables.

« Cette hausse des taux d’intérêt arrive à temps pour désamorcer la formation d’une bulle dans la grande région de Montréal, avance Charles Brant, directeur du Service de l’analyse du marché de l’APCIQ. Nous observerons plutôt une stabilisation, voire une correction, dans plusieurs secteurs, en particulier ceux situés dans les gammes de prix supérieures. »


PHOTO FOURNIE
Charles Brant, directeur du Service de l’analyse du marché de l’APCIQ

Le prix médian d’une maison dans la région montréalaise s’élève maintenant à 493 460 $, en hausse de 45 % depuis 2019. L’ascension du prix médian ralentira enfin en 2022. L’APCIQ prévoit un prix médian tout juste sous la barre du demi-million, à 498 395 $, ce qui représenterait une hausse de prix d’à peine 1 %.

Pour le Québec dans son ensemble, le prix des maisons a gagné 23 % en 2021. Le prix médian s’élève à 363 000 $. L’an prochain, une hausse de 3 % est prévue, à 374 000 $.

Pour l’APCIQ, le marché résidentiel passera de la surchauffe, qui l’a caractérisé en 2021 à une sorte de normalisation forcée en 2022, par la hausse annoncée des taux d’intérêt.

Si la hausse est effectivement de 1% en 2022, combinée à une inflation largement supérieure à cette hausse, on aurait donc une baisse de valeur en 2022.

Le marché immobilier montréalais s’adapte à la flambée des prix


Photo: Darryl Dyck, La Presse canadienne — La publication «L’état du centre-ville de Montréal» notait récemment une poussée «un peu plus forte» des mises en chantier de copropriétés par rapport aux logements locatifs pour cette année.

Zacharie Goudreault
6 janvier 2022
Économie

Des tours résidentielles de grande taille, des appartements de plus en plus petits et un étalement urbain accéléré par l’arrivée prochaine du Réseau express métropolitain sont quelques-unes des tendances qui se dessinent pour 2022 dans le marché immobilier de la région de Montréal, selon divers promoteurs consultés par Le Devoir.

Malgré une pandémie qui s’étire depuis mars 2020, le marché immobilier bouillonne à Montréal, où une flambée des prix a poursuivi son cours dans les derniers mois, notamment au centre-ville. « Il n’y a pas de condos [à vendre] pour moins de 1000 $ le pied carré » dans le cœur de la métropole, dit avec étonnement le président du Groupe MACH, Vincent Chiara, en entrevue au Devoir. Jusqu’à récemment, « on voyait ces prix-là à Toronto, à Vancouver, mais pas à Montréal », indique le promoteur, qui est notamment derrière une partie du développement immobilier prévu sur l’ancien site de Radio-Canada.

L’intérêt des acheteurs est là, malgré tout. Et leur profil change. « Avant la pandémie, il y avait beaucoup d’acheteurs investisseurs. Maintenant, il y a beaucoup d’acheteurs occupants », comme des travailleurs et des personnes retraitées, constate le chef des investissements et du développement au Groupe Brivia, Vincent Kou.

Avant la pandémie, il y avait beaucoup d’acheteurs investisseurs. Maintenant, il y a beaucoup d’acheteurs occupants.

— Vincent Kou

Le promoteur Broccolini a notamment présenté en novembre dernier son projet Le Sherbrooke , qui prévoit la construction d’ici 2025 de 562 appartements dans un immeuble de 25 étages près du centre-ville. La construction d’une tour d’une hauteur similaire, développée par Cogir, se poursuit par ailleurs sur le boulevard Robert-Bourassa en vue de sa livraison en 2024. Celle-ci comprendra 435 condos et appartements locatifs répartis sur 26 étages, en plein cœur du centre-ville, où plusieurs autres développements immobiliers sont en cours.

Les copropriétés résidentielles

Le marché immobilier, qui a accordé une place prédominante aux appartements locatifs au cours des dernières années, semble d’ailleurs changer de cap tranquillement au profit des copropriétés résidentielles.

La dernière édition de la publication L’état du centre-ville de Montréal, sortie en octobre dernier, faisait état d’une « croissance soutenue et ininterrompue depuis le deuxième trimestre de 2020 des ventes de condos neufs et des reventes de condos existants » dans le cœur de la métropole. Le document notait d’ailleurs une poussée « un peu plus forte » des mises en chantier de copropriétés par rapport aux logements locatifs.

« On devrait revenir à quelque chose de central. Le condo devrait regagner en popularité [en 2022], particulièrement au centre-ville de Montréal », entrevoit ainsi Vincent Shirley, directeur principal, innovation et stratégies de croissance, au sein du Groupe Altus. Une situation qui n’est pas étrangère à la hausse de la valeur des terrains et à « l’inflation sur les coûts de construction », estime-t-il.

Le condo devrait regagner en popularité, particulièrement au centre-ville de Montréal

— Vincent Shirley

Le taux d’inoccupation des logements locatifs a par ailleurs grandement augmenté au centre-ville depuis le début de la pandémie, notamment en raison de la chute radicale du nombre d’étudiants étrangers dans la métropole, réduisant ainsi l’attrait des promoteurs pour ce type de logements au profit des copropriétés à vendre, ajoute M. Shirley. D’autant plus, rappelle-t-il, que les fonds d’investissement ne voudront pas financer un projet « qui est voué à un déficit ou à une faillite ». L’expert prévoit donc « un retour du balancier » en faveur des copropriétés en 2022.

Toujours plus haut

Les projets de tours de grande hauteur (dépassant parfois 60 étages) sont par ailleurs de plus en plus nombreux à être entamés au centre-ville de Montréal — que l’on pense au 1, Square Phillips, du Groupe Brivia, ou encore aux tours Maestria, développées par le géant de l’immobilier Devimco.

Encore là, cette situation n’est pas étrangère à la forte montée de la valeur des terrains au centre-ville, mais aussi à la rareté croissante des lots vacants, ce qui stimule les constructions en hauteur. « C’est devenu une réalité, une norme, et les gens s’adaptent », estime M. Chiara, qui note par ailleurs que la taille des logements qui sont mis sur le marché est de plus en plus réduite, afin que ceux-ci demeurent accessibles financièrement aux acheteurs.

« C’est vers là qu’on s’en va. Les terrains deviennent de plus en plus chers, donc la densité devient un élément clé », estime également M. Kou, du Groupe Brivia.

Les possibilités de développement étant de plus en plus restreintes au centre-ville et les logements étant devenus trop dispendieux pour bien des acheteurs, des promoteurs misent de plus en plus sur la banlieue. Un phénomène qui devrait s’accélérer en 2022 dans le contexte de l’arrivée prochaine du REM, selon les promoteurs consultés. C’est notamment le cas dans l’ouest de l’île de Montréal et à Brossard, mais aussi, de plus en plus, dans l’est de la métropole.

« Avec le nouveau REM de l’Est [en planification], il y a fort à parier que ça va se densifier là-bas, sans doute avec des terrains moins chers qu’au centre-ville, mais qui offrent la possibilité de s’y rendre en 20 minutes en train », mentionne le président de Cogir, Stéphane Côté.

Ce dernier estime d’ailleurs que le Règlement pour une métropole mixte de la Ville, en vigueur depuis le 1er avril dernier, contribuera à accélérer cet exode vers la banlieue, puisque les promoteurs refileront aux acheteurs les coûts supplémentaires liés aux exigences en matière d’inclusion de logements sociaux et abordables mises en place par l’administration de Valérie Plante.

« On est à la limite du niveau de tolérance », indique M. Côté, ajoutant que « plusieurs acheteurs vont éventuellement regarder vers d’autres solutions en raison du coût d’achat à Montréal », qui est plus élevé qu’ailleurs.

Vincent Chiara, du Groupe MACH, estime pour sa part qu’il s’agit d’une « obligation sociale » des promoteurs, de répondre aux besoins en matière de logements sociaux et abordables à Montréal et de ne pas, au contraire, « payer pour ne pas en faire », comme cela a souvent été le cas sous forme de compensations financières données à la Ville au cours des dernières années.

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Je pensais que c’était le contraire : les condos deviennent moins populaires et le locatif le deviendra. On utilise le Sherbrooke et Odéa comme preuve que le marché est bon, mais le 900 aussi a été lancé en pleine pandémie et les rumeurs de Budgebandit disent que les tours de la Cité Internationale seront locatives.

On a pas beaucoup construit d’unités locatives dans les dernières années, lorsque l’immigration et les étudiants étrangers reprendront pleinement, est-ce qu’on ne devrait pas s’attendre à un faible taux d’inoccupation?

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Il semble que le Canada fait dur comparé aux autres pays du G7 en matière de construction de logements

Un manque chronique de logements au Canada, des prix à la hausse en 2022

Le prix médian d’une maison a presque doublé entre décembre 2019 et décembre 2021 dans certaines régions du Canada.


Des immeubles dans le centre-ville de Montréal.
PHOTO : RADIO-CANADA / JEAN-CLAUDE TALIANA

Mathieu Dion
à 4 h 00

« Ils n’arrêtent plus de construire! » « Qui habite là-dedans? » La réponse repose sur un problème fondamental : le Canada a le plus faible nombre d’unités de logement par 1000 habitants des pays du G7. La situation est critique en Ontario, tandis que le Québec se trouve près de la moyenne du regroupement.

La Banque Scotia estime qu’il faudrait construire 1,8 million de logements de plus pour avoir un stock équivalent à celui des pays du G7. L’Ontario et l’Alberta sont de loin les provinces faisant face à la plus grande pénurie, d’après une nouvelle étude de l’institution financière.

En Ontario, 650 000 unités d’habitation devraient être construites, seulement pour atteindre la moyenne canadienne. Ça donne une indication du gouffre à combler, affirme l’auteur du rapport et économiste en chef de la Banque Scotia, Jean-François Perrault. Le nombre de mises en chantier a été légèrement inférieur à 100 000 en 2021.

Le problème, donc, s’aggrave depuis quelques années, ce qui a des répercussions considérables sur les prix des propriétés dans cette province. L’Association canadienne de l’immeuble rapporte qu’ils ont bondi de 44 % en deux ans et devraient progresser de près de 12 % en 2022.

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Contrairement à la croyance populaire, les propriétés sont pour la très grande majorité habitées et ne sont pas acquises qu’à des fins spéculatives. La croissance de la population canadienne est de retour aux niveaux prépandémiques grâce à une forte immigration. Ces milliers de personnes qui entrent au pays chaque année – dont beaucoup ont de bons emplois – doivent se loger quelque part.

La Banque Nationale, elle, estime que la population des 25 à 54 ans continuera de grossir de 130 000 personnes par année, de quoi resserrer encore davantage le marché immobilier résidentiel faute de mises en chantier suffisantes.

« Il est clair que l’immigration a mis de la pression sur le marché du logement parce qu’on n’a pas été capable de créer les logements nécessaires pour accommoder cette demande additionnelle. »

— Une citation de Jean-François Perrault, économiste en chef de la Banque Scotia

Une situation moins critique au Québec, et pourtant

Le Québec se situe légèrement sous la moyenne des pays du G7 avec 470 unités d’habitation par 1000 habitants.

Jean-François Perrault fait remarquer que la croissance de la population s’avère moins forte dans la province, mais un changement de préférences des ménages en raison de la pandémie a modifié la structure du marché de la revente.

La quête de plus grands espaces ou le désir de personnes âgées de demeurer dans leur maison plus longtemps font partie de ce changement.

L’exubérance des prix ailleurs au pays et la possibilité de travailler à distance entraîneront aussi, avance-t-il, un déplacement des Canadiens vers le Québec et le Nouveau-Brunswick.

D’ailleurs, les données de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec révèlent qu’entre décembre 2019 et décembre 2021, le prix médian d’une maison dans la province a augmenté de 48 %, soit de 267 000 à 395 000 dollars, et celui d’un condo de 36 %.

« Si on pense en termes d’offre et de demande, c’est difficile d’envisager une situation dans laquelle l’abordabilité des maisons retournerait à quelque chose qui serait plus en ligne avec l’histoire. »

— Une citation de Jean-François Perrault, économiste en chef, Banque Scotia

L’industrie de la construction québécoise était en voie d’atteindre un record en 2021 avec plus de 54 000 mises en chantier de janvier à novembre, l’année la plus forte de l’histoire au chapitre des logements locatifs. Ce rythme risque cependant d’être difficile à soutenir en 2022 en raison de l’inflation et de la hausse des taux d’intérêt.

Pas de solution miracle

Certaines provinces ont entrepris différentes actions pour trouver des solutions à ce phénomène. L’Ontario a créé en décembre le Groupe d’étude sur le logement abordable pour fournir des recommandations afin d’accroître l’abordabilité du logement.

Dans sa récente mise à jour économique, Québec a débloqué 200 millions de dollars pour augmenter plus rapidement l’offre de logements abordables.

Le gouvernement fédéral a prévu tenir en ce début d’année un sommet national sur l’offre de logement avec des partenaires provinciaux et municipaux.

La réalité, avec la grande insuffisance de travailleurs en construction, c’est qu’il sera difficile d’augmenter la production beaucoup plus qu’on le fait maintenant, souligne toutefois Jean-François Perrault.

Explosion des ventes des propriétés à plus d’un million de dollars

Le marché immobilier de luxe a connu une année record en 2021, selon l’agence Sotheby’s. À Montréal, les ventes de maisons et de condos à plus d’un million de dollars ont bondi de 137 % par rapport à 2020 pour un total de 1810 unités. Par ailleurs, 41 propriétés se sont vendues à plus de 4 millions de dollars, dont 2 à plus de 10 millions.

Dans la grande région de Toronto, les ventes de propriétés de plus 4 millions de dollars ont grimpé de 224 %, et celles de propriétés de plus de 10 millions, de 238 %.

La firme attribue ces augmentations importantes à la faiblesse des taux d’intérêt hypothécaires et à la priorité donnée aux espaces de vie en raison de la pandémie.

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